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  • Les délices des « Nocturnes » de John Field (1782 – 1837) par le très délicat piano idoine de la délicieuse Alice Sara Ott…

    Longtemps, j’ai négligé de jeter une oreille aux « Nocturnes » de John Field (Dublin, 26 juillet 1783 – Moscou, 23 janvier 1837) – peut-être parce que les « Nocturnes » de Chopin (Zelawola Wola, 1er mars 1810 – Paris, 17 octobrere 1949) ne sont pas mes œuvres préférées de lui… – ,

    de même que longtemps j’ai négligé de m’intéresser à la pianiste nippo-allemande Alice Sara Ott (née à Munich le 1er août 1988), sur le simple fait que ses concerts à Paris étaient ceux qui remplissaient le mieux les salles de concert – je me méfie des virtuoses qui croulent sous les succès publics…

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    Et voici que, m’intéressant ces derniers à un compositeur-pianiste contemporain de Fields, Jan Vaclav Hugo Voříšek (Vamberg, 11 mai 1791 – Vienne 19 novembre 1825), je me suis finalement laissé tenté par l’écoute de ce CD Deutsche Grammophon 186 6238 « Alice Sara Ott – John Field – Complete Nocturnes » qui vient de paraître,

    et que je trouve tout à fait délicieux…

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    Et voici ce qu’en déclare le bon Jean-Charles Hoffelé – à l’excellente oreille… – , en son article intitulé – sans excès d’originalité… – « Avant Chopin« , publié sur son blog Discophilia en date du 24 mars dernier :

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    AVANT CHOPIN

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    Ils peuvent s’avérer dangereux les Nocturnes de l’Irlandais ! Tant de pianistes en auront joué l’un ou l’autre pour l’exemple, et en les sucrant fort – à l’excès, donc. Alice Sara Ott préfère l’épure, et nous conduit de l’anecdotique premier, une esquisse en quelque sorte, aux grands espaces sélènes auquel Chopin ne fut pas indifférent, soulignant la césure qu’opère le 6e Nocturne – en fa majeur, H. 40 « Berceuse » -, berceuse hypnotique.

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    Tout un monde passe dans cette musique – oui ! -, qui est très peu celui des salons comme l’on croit trop souvent, Alice Sara Ott fait entendre l’irruption du monde bellinien – comme pour Chopin… – dans le fantasque Nocturne-pastorale – No. 10 en mi majeur, H. 54 « Nocturne-pastorale » – qui semble écrit comme un décor pour La sonnambula : son clavier de perle vocalise – oui -, merveilleusement dosé – oui, oui.

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    Elle ne se départira jamais de cette élégance – toute mozartienne et chopinienne – qui ici ne saurait amoindrir : Field reste toujours dans le demi-caractère, et ne l’estompe que pour la triade finale des trois Molto moderato – No. 16 en ut majeur, H. 60, No. 17 en ut majeur, H. 61 et No. 18 en fa majeur, H. 62 – , barcarolles lunaires piqués d’éclats dramatiques, de fantaisies étranges, petits chefs-d’œuvre du piano romantique trop peu courus, dont Ott entend la poésie comme les enjeux – voilà…

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    LE DISQUE DU JOUR

    John Field
    (1782-1837)

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    Nocturne No. 1 en mi bémol majeur, H. 24
    Nocturne No. 2 en ut mineur, H. 25
    Nocturne No. 3 en la bémol majeur, H. 26
    Nocturne No. 4 en la majeur, H. 36
    Nocturne No. 5 en si bémol majeur, H. 37
    Nocturne No. 6 en fa majeur, H. 40 « Berceuse »
    Nocturne No. 7 en la majeur, H. 14
    Nocturne No. 8 en mi bémol majeur, H. 30
    Nocturne No. 9 en mi minor, H. 46
    Nocturne No. 10 en mi majeur, H. 54 « Nocturne-pastorale »
    Nocturne No. 11 en mi bémol majeur, H. 56
    Nocturne No. 12 en mi majeur, H. 13 « Nocturne caractéristique/Noontide »
    Nocturne No. 13 en ut majeur, H. 45 « Rêverie-nocturne »
    Nocturne No. 14 en sol majeur, H. 58
    Nocturne No. 15 en ré mineur, H. 59 « Romance sans paroles »
    Nocturne No. 16 en ut majeur, H. 60
    Nocturne No. 17 en ut majeur, H. 61
    Nocturne No. 18 en fa majeur, H. 62

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    Alice Sara Ott, piano

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    Un album du label Deutsche Grammophon 4866238
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    Photo à la une : la pianiste Alice Sara Ott – Photo : © Hannes Caspar

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    Un album délicat et délicieux, parfaitement accompli, et très agréable,

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    d’une artiste qui a été soignée avec succès d’une sclérose en plaques déclarée en 2019 – ce dont nous nous réjouissons bien évidemment : ce très réussi CD confirmant qu’elle est en pleine possession de ses moyens…

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    Ce mardi 1er avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Eblouissant Michael Spyres, une nouvelle fois sublimement au sommet, en un somptueux « In the shadows – Wagner », dans lequel il élargit encore son répertoire, ici jusqu’à Wagner, de son autorité naturelle d’une rayonnante douce évidence et parfait art du chant… Chapeau bien bas, Monsieur !

    Après son flamboyant CD « Baritenor«  _ enregistré à Strasbourg en août et octobre 2020, avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg dirigé par Marko Letonja, soit le CD Erato 019029516664 ; cf, par exemple, mon article du 22 octobre 2021 « « … _

    et son passionnant CD « Michael Spyres – Contra-Tenor«  _ enregistré à Lonigo (Vicence) en septembre 2022, avec Il Pomo d’Oro dirigé par Francesco Corti, soit le CD Erato 5054197203467 ; cf, par eremple, mon article « «  du 5 mai 2023… _,

    …

    voici qu’aujourd’hui _ regardez ici cette vidéo de présentation de leur CD par Michael Spyres et Christophe Rousset (d’une durée de 6′ 52) : elle est vraiment très intéressante dans la précision même des détails donnés, et par Michael Spyres, et par Christophe Rousset, et sur la composition magnifique du programme de ce trèsremarquable CD, et dans le choix et la fraîcheur, comme d’improvisaion pour une première sur la scène, de leur interprétation enregistrée et partagée ici des divers airs si minutieusement et intelligemment choisis… _  l’incomparable Michael Spyres nous fait la grâce d’un admirable somptueux CD « In the shadows – Wagner » _ enregistré à Paris, Salle Colonne, en décembre 2022, avec cette fois Les Talens lyriques dirigés par Christophe Rousset, soit le CD Erato 5054197879821 _ dans lequel il met en parfaitement convaincante lumière beaucoup de ce que l’ombrageux génie musical de Richard Wagner (1813 – 1883) _ ici en un air d’Arindal de l’opéra « Les Fées«  (créé en 1834), en un air de Cola Rienzi de l’opéra  « Rienzi«  (créé en 1842), et dans un air de Lohengrin de l’opéra « Lohengrin«  (créé en 1848) ; regardez-ici cette vidéo de l’enregistrement (d’une durée de 5′ 09) _ doit, aussi, même si c’est resté jusqu’ici assez peu visible _ et pas assez remarqué, avant, justement, la curiosité sagace et experte du merveilleux Michael Spyres… _, à certains de ses prédécesseurs compositeurs du premier XIXe siècle opératique,

    de 1807, pour la date de création de l’opéra « Joseph » d’Étienne Méhul, à 1833, pour la date de création de l’opéra « Hans Heilig » de Heinrich Marschner,

    pour ce qu’il en est du choix réalisé ici en ce programme magnifique (!) de ce que Richard Wagner doit à ses immédiats prédécesseurs en l’histoire de la musique et l’opéra… :

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    Étienne Méhul (1763 – 1817) _ pour un air de Joseph dans « Joseph » (créé en 1807) ; admirez-ci ce sublime podcast (d’une durée de 5′ 06)… _,

    Ludwig Van Beethoven (1770 – 1827) _ pour un air de Florestan dans  « Fidelio » (créé en 1814) _,

    Gioachino Rossini (1792 – 1868) _ pour un air de Leicester dans « Elisabetta, regina d’Inghilterra«  (créé en 1815) ; écoutez-ici le podcast (de 9′ 57) _,

    Giacomo Meyerbeer (1791 – 1864) _ pour un air d’Adriano dans « Il Crociato in Egitto » (créé en 1824) _,

    Carl Maria Von Weber (1786 – 1826) _ pour un air de Max dans « Freischütz » (créé en 1821) _,

    Daniel Auber (1782 – 1871) _ pour un air de Masaniello dans « La Muette de Portici » (créé en 1828) ; écoutez-ici le podcast (de 5′ 01) _,

    Gaspare Spontini (1774 – 1851) _ pour un air de Heinrich dans « Agnes von Hohenstaufen » (créé en 1829) ; écoutez-ici le podcast (de 5′ 12) _,

    Vincenzo Bellini (1801 – 1835) _ pour un air de Pollione dans « Norma » (créé en 1831) _

    et Heinrich Marschner (1795 – 1861) _ pour un air de Konrad dans  « Hans Heiling » (créé en 1833). 

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    Et, à nouveau,

    Michael Spyres, ténor, avec une autorité naturelle qui jamais ne force rien, mais vient délicatement, doucement, illuminer tout,

    avec la clarissime évidence de son timbre magnifique, de sa voix si justement posée, de sa parfaite élocution en les diverses langues, français, italien, allemand, et de son idéal art du chant le plus naturel qui soit,

    vient cette fois encore ici nous surprendre,

    et fait merveille absolue !

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    Et c’est tout simplement, et à nouveau _ j’y insiste, pardon, mais comment ne pas rendre les armes devant un tel, à nouveau sublime, sommet d’art du chant ?!. _ un éblouissement…

    …

    Chapeau bien bas, l’artiste !

    Bravissimo, Monsieur !

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    Ce mardi 5 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un présent retour en grâce de la musique pour clavier de Muzio Clementi (1752-1832), au moins sur les platines…

    En mes articles récents des 2, 3 et 6 mars derniers

    _ « « ,

    « « ,

    et «  » _,

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    j’ai eu l’occasion, à propos de mon regard porté sur le passionnant CD de Jean Rondeau « Gradus ad Parnassum »  (Erato 5054197416170), de mentionner l’interprétation impressionnante sur clavecin _ voilà l’audace, et la merveille !!! _, notamment de deux morceaux de Muzio Clementi, le Studio n°14 et le Studio n°45 du « Gradus ad Parnassum » Op. 44, pour piano _ un recueil de 100 Études pour piano composées en 1817, 1819 et 1826 _, de celui-ci…

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    Or une récente actualité discographique nous a proposé et offert un bien intéressant CD « Clementi Piano Sonatas & Preludes« , par Ilia Kim, au piano _ le CD Piano Classics PCL 10254 _,

    chroniqué notamment, sur son site Discophilia, par Jean-Charles Hoffelé, sous le titre « Secret bien gardé« , le 9 janvier dernier…

    …

    …

    SECRET BIEN GARDÉ

    Maria Tipo aura osé graver la première intégrale des Sonates _ au nombre de 54 pour piano seul, composées entre 1771 (Opus 1) et 1821 (Opus 50) _, de Muzio Clementi, révélant les splendeurs _ voilà _ d’un monument érigé comme en regard du massif des trente-deux Sonates de Beethoven. Las !, malgré tant de merveilles déjà auscultées par Horowitz et par une poignée d’autres pianistes, ce corpus passionnant sera retombé dans l’oubli.

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    …

    Ilia Kim en ressaisit tout l’esprit si divers avec un talent pianistique éclairant. Dès le Piuttossto allegro de la sublime _ rien moins ! _  Sonate en fa dièse mineur, on balance de Scarlatti à Mendelssohn, l’œuvre souligne bien cet « entre-deux mondes » qui fait la singularité de la grammaire de ce génie méprisé _ oui… _ : même en composant pour demain, il ne peut s’empêcher de regarder _ aussi _ dans les siècles passés, voulant faire cohabiter dans un même geste des époques et des styles antithétiques, ne renonçant ni aux paysages romantiques, ni à la musique narrative des contemporains bohémiens, entendant les échos de Lieder de Schubert et le bel canto de Bellini, et se souvenant des fantaisies des clavecinistes italiens.

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    Mais tout cela ne serait rien si Ilia Kim ne saisissait pas la dimension expressive _ voilà ! _ qui fait tout le prix des trois sonates qu’elle a choisies d’un œil expert, les agrémentant des impertinents petits croquis stylistiques de l’Op. 19. Aurait-elle rouvert cette boîte de Pandore où sommeille un des trésors _ voilà ! _ du grand piano de l’orée du romantisme ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Muzio Clementi
    (1752-1832)

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    Sonate pour clavier en fa dièse mineur, Op. 25 No. 5
    Sonate pour clavier en ré majeur, Op. 25 No. 6
    Musical Characteristics,
    Op. 19 (4 extraits : II. Preludio alla Haydn ; VI. Preludio II alla Mozart ; XI. Preludio I alla Clementi ; XII. Preludio II alla Clementi)

    Sonate pour clavier en sol majeur, Op. 37 No. 2

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    Ilia Kim, piano

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    Un album du label Piano Classics PLCL10254

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    Photo à la une : la pianiste Ilia Kim – Photo : © DR

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    Une interprétation d’Ilia Kim qui sert excellemment l’élégance au moins de l’art de Muzio Clementi…

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    Ce samedi 11 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un passionnant article « Ténor 2021 » sur l’histoire de la voix de ténor (et ses variantes), dans le numéro 704 du mois d’octobre 2021 de la revue Diapason

    Le numéro 704  de la revue Diapason de ce mois d’octobre 2021,

    comporte, aux pages 32 à 37, et 38 à 42,

    un passionnant et très instructif double article, « Naissance d’une voix » et « Folles aventures au siècle romantique« , sous les signatures d’Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg _ bravo et merci à eux ! _,

    formant les deux volets successifs d’un grand article intitulé « Ténor 2021 »  _ « un modeste survol« , dit bien trop modestement Jean Cabourg, à la page 42… _,

    …

    présenté ainsi :

    …

    …

    « Voici un siècle disparaîssait Enrico Caruso _ Naples, 25 février 1873 – Naples, 2 août 1921 _, l’année même où naissait Franco Corelli _ Ancône, 8 avril 1921 – Milan, 29 octobre 2003.

    Un anniversaire _ voilà ! _ que partagent Giuseppe di Stefano _ Catane, 24 juillet 1921 – Milan, 3 mars 2008 _, Mario Lanza _ Philadelphie, 31 janvier 1921 – Rome, 7 octobre 1959 _ … et en amont le pionnier Francesco Rasi, mort en 1621 _ Arezzo, 14 mai 1574 – 30 novembre 1621.

    Occasion _ mais oui ! _ de faire le point _ de très belle et instructive manière _ sur un phénomène, un univers, une voix et une histoire mouvementées :

    le ténor »…

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    …

    En fait,

    et bien au-delà de l’accroche _ pragmatique _ de l’article

    par les quelques noms, Caruso, Di Stefano, Lanza, et Rasi, qu’offre la réminiscence, en effet bien commode _ pour le journaliste un peu en mal d’inspiration, ou bien saisi par une lumineuse intuition d’un peu féconde recherche à mener : ce qui se révèle être bien le cas en cette occurrence… _, par le nombre des décennies en 21, des anniversaires à célébrer (de ténors un peu célèbres _ à commencœer par celui de l’emblématique Enrico Caruso, décédé à Naples le 8 août 1921 _) répertoriés en cette année 2021,

    …

    c’est la très grande qualité et la précision très fine des analyses musicales _ et même musicologiques _ du « modeste survol » effectué ici par Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg,

    qui constitue le fort grand mérite pédagogique de cet article, pour un tout à fait utile et très éclairant panorama de l’histoire de l’opéra,

    …

    via la nomination-catégorisation vraiment très pointue des variétés des nuances très fines de voix,

    au fur et à mesure de la surgie tout à fait imprévisible et imprévue des besoins qualitatifs nouveaux qui surgissaient dans les inventions successives, constituant autant de sauts et d’étapes dans la chronologie, des créations des œuvres par le génie d’imageance _ cf mon usage personnel de ce concept inspiré du travail de mon amie Marie-José Mondzain, par exemple en mon article du 22 mai 2012 :  … _ des compositeurs,

    en liaison, forcément, avec les capacités extra-ordinaires _ c‘est-à-dire proprement inouies (et impensées !) jusqu’alors _ à solliciter, et on ne peut plus in concerto, dans l’urgence hic et nunc de l’interprétation à mettre impérativement et très urgemment en œuvre, de la part des chanteurs-interprètes disponibles hic et nunc sur la place, à ce moment précis de leur création,

    autour de l’appellation de base de la voix de ténor…

    …

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    Ce sont ces nuances très fines qui vont complexifier remarquablement ce qui a d’abord été repéré comme constituant la voix de ténor,

    qui constituent l’apport extrêmement intéressant de ces deux articles de Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg, en ce « Ténor 2021 » du numéro du mois d’octobre, n° 704, de la revue Diapason,

    au fur et à mesure des générations de chanteurs,

    dont les noms sont très heureusement cités _ je les donne dans leur ordre d’apparition en ces deux articles _ :

    …

    Scipione Del Paola, Giovanni Maria Nanino, Jacopo Peri, Giulio Caccini, Francesco Rasi, Giovanni Buzzoleni, Carlo Carlani, Anton Raaf, Antonio Borosini, Francesco Borosini, Francesco Guicciardi, Alexander Gordon, Annibale Pio Fabri, John Beard, Gregorio Babbi, Giovanni Paita, Angelo Maria Amorevoli, Guglielmo d’Ettore, Antonio Baglioni, Francesco Morella, Valentin Adamberger, Vincenzo Calvesi _ que Ivan A. Alexandre compare alors à Fritz Wunderlich, Anton Dermota, Léopold Simoneau _, Bernard Clédière, Demesny, Boutelou père et fils, Jacques Cochereau, Muraire, Denis-François Tribou, Pierre Jélyotte, Latour, Poirier, Pillot, Ottavio Albuzzi, Jean-Baptiste Guignard dit Clairval, Antoine Trial, Joseph Legros,

    dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Giovanni David, Andrea Nozzari, Manuel Garcia, Adolphe Nourrit, Gilbert Duprez, Giovanni Battista Rubini, Domenico Donzelli, Fraschini, Ludwig Schnorr, Georg Unger, Jean de Rezké, Hermann Winkelmann, Enrico Caruso, Tito Schipa, Giacomo Lauri-Volpi, Beniamino Gigli, Mario Del Monaco, Franco Corelli, Carlo Bergonzi, Alfredo Kraus, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, José Carreras, Jussi Björling, Lauritz Melchior, John Vickers, Sergueï Lemeschev, Ivan Kozlovsky, Roberto Alagna, Juan-Diego Florez, Joseph Calleja, Jonas Kaufmann,

    dans l’article de Jean Cabourg ;

    …

    et des créations des compositeurs suivants :

    Jacopo Peri, Giulio Caccini, Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli, Antonio Cesti, Antonio Ziani, Alessandro Stradella, Giovanni-Battista Pergolesi, Leonardo Vinci, Georg-Friedrich Handel, Johann-Adolph Hasse, Robert Cambert, Jean-Baptiste Lully, Jean-Philippe Rameau, André Grétry, François-Joseph Gossec, Etienne-Nicolas Méhul, André Campra, Jean-Joseph Mouret, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, Christoph-Willibald Gluck,

    dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Gioacchino Rossini, Giacomo Meyerbeer, Fromental Halévy, Daniel-François-Esprit Auber, Vincenzo Bellini, Gaetano Donizetti, Giuseppe Verdi, Richard Wagner, Carl-Maria von Weber, Antonio Cilea, Umberto Giordano, Alfredo Catalani, Giacomo Puccini, Ruggero Leoncavallo, Pietro Mascagni, Jules Massenet, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns, Georges Bizet, Claude Debussy,

    dans l’article de Jean Cabourg ;  

    …

    elles aussi très précisément mentionnées :

    …

    La Pellegrina (en 1589), Dafne, Euridice (1600), Euridice (1602), Orfeo (1607), Andromeda (1637), Il Ritorno d’Ulisse in patria (1640), L’Incoronazione di Poppea (1642), Apollo e Dafne (1640), Egisto (1643), Didone (1641), Giasone (1649), Agrippina (1709), Giulio Cesare (1724), Tamerlano (1724), Rodelinda, Lotario, Partenope, Poro, Ariodante (1735), Saul, Hercules, Acis and Galatea (1718), Rinaldo (1711), La finta semplice, La finta giardiniera (1775), Die Entführung aus dem Serail, Le nozze di Figaro, Don Giovanni (1787), Cosi fan tutte, Mitridate (1770), Lucio Silla, Idomeneo (1781), La clemenza di Tito, Ercole amante (1662), Pomone (1671), Atys, Bellérophon, Armide, Dardanus, Pygmalion, Zoroastre, Le Déserteur (1769), Les Contes d’Hoffmann (1881), Eugène Onéguine (1879), Iphigénie en Aulide (1774), Iphigénie en Tauride (1779),                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Aureliano in Palmira (1813), Demetrio (1812), Otello, Armida, L’Italienne à Alger, Le Turc en Italie, Le Barbier de Séville, Guillaume Tell (1829), Robert le diable (1831), Les Huguenots, La Juive, La Muette de Portici, Le Pirate, Les Puritains, La Somnambule, Norma, Anna Bolena, Lucia di Lammermoor, La Favorite, L’Elisir d’amore, La Fille du régiment, Pigmalione, Caterina Cornaro, Stiffelio (1850), Rigoletto, Il Trovatore, La Traviata, Un Bal masqué, La Force du destin, Aida, Falstaff, Giovanna d’Arco, Tannhaüser (1845), Lohengrin, La Walkyrie, Parsifal (1882), L’Arlésienne, Fedora, La Wally, La Fanciulla del West (1910), Paillasse, Cavalleria rusticana, La jolie fille de Perth, Carmen, Faust, L’Africaine,

    dans l’article de Jean Cabourg ;

    …

    en leur singularité d’œuvres innovantes _ au moins quant aux variations de la voix de ténor _ marquantes…

    …

    …

    Et il faut porter la plus grande attention au passionnant insert, page 35, intitulé « Ténor, ténors« , sous la plume d’Ivan A. Alexandre,

    qui procède à l’historique de ces variantes de la voix de ténor,

    à partir de la voix de « teneur« , la voix de soutien de la polyphonie, assurant le cantus firmus, le « chant ferme« , la ligne fondamentale, au XIVe siècle.

    …

    …

    Ces variantes de la voix de ténor

    sont les voix de :

    …

    _ ténor central (Orfeo, de l’Orfeo de Monteverdi ; Don Ottavio, de Don Giovanni de Mozart ; Otello, de l’Otello de Rossini) ;

    _ ténor proche du baryton (Bajazet, due Tamerlano de Handel ; Eisenstein, de La Chauve-souris de Johann Strauss II ; Pelléas, de Pelléas et Mélisande de Debussy) ;

    _ haute-contre (tout Lully, tout Rameau, les Gluck français, Arnold du Guillaume Tell de Rossini) ;

    _ contraltino  (Ramiro, de La Cenerentola de Rossini) ;

    _ tenore di grazia (Nemorino, de L’Elisir d’Amore de Donizetti) ;

    _ ténor léger (Tonio, de La Fille du Régiment de Donizetti) ;

    _ ténor de demi-caractère (Faust, du Faust de Gounod) ;

    _ fort ténor d’essence dramatique (Samson, du Samson de Handel) ;

    _ tenore lirico (Rodolfo, de La Bohème de Puccini) ;

    _ tenore lirico-spinto, plus large (Calaf, de Turandot de Puccini) ;

    _ tenore di forza (Otello, de l’Otello de Verdi) ;

    _ lyrischer tenor (Max, du Freischütz de Weber) ;

    _ Heldentenor (Siegfried, du Siegfried de Wagner) ;

    _ le ténor aérien (l’Astrologue, du Coq d’or de Rimsky-Korsakov) ;

    _ le ténor terrestre (Hermann, de La Dame de Pique de Tchaikovsky) ;

    _ etc.

    …

    …

    Voilà donc une contribution _ pour le magazine Diapason _ tout à fait remarquable,

    et fort utile,

    pour enrichir notre connaissance de cet élément bien intéressant de l’histoire de notre musique occidentale,

    qu’est l’histoire de la voix de ténor, et les diaprures de ses riches variantes…

    …

    À partager…

    …

    …

    Ce samedi 16 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa