Étiquette : Bénédict Hévry

  • Reconnaissance unanime du sublime CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177), un des sommets discographiques parfaits de cet été 2026…

    Reconnaissance unanime du sublime – écoutez ici – CD « Fauré – Sonatas for violin and piano – Transcriptions » de Kerson Leong et Jonathan Fournel (CD Alpha 1177) – enregistré au Domaine Forget de Charlesoix, à Saint-Irénée, au Québec – , un des incontestables sommets discographiques de cet été 2026, avec la parution ce lundi 24 août du très bel article, sur ResMusica, de Bénédict Hévry « Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel« ,

    confirmant mon propre vibrant hommage « « Suivre le pouls d’une âme en perpétuel mouvement » : le touchantissime CD « Fauré – Sonatas for Violin and Piano – Transcriptions » des délicatissimes Kerson Leong, violon, et Jonathan Fournel, nous faisant accéder sublimement à la très riche intimité musicale de Gabriel Fauré… » en date du 28 juin dernier, il y a presque deux mois déjà..

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    Les Fauré fluides, radieux ou épurés, de Kerson Leong et Jonathan Fournel

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    Leur croisement, voici une dizaine d’années à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et leurs récitals partagés depuis, laissaient présager de belles affinités entre et . Ce premier jalon discographique du duo consacré à en est l’éclatante – en effet – confirmation.

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    Quarante ans séparent la rédaction des deux sonates pour violon et piano de : la Sonate n° 1 en la majeur op. 13 (1875), contemporaine des fiançailles rompues avec Marianne Viardot, devance de dix ans celle de Franck écrite d’ailleurs dans la même tonalité, une œuvre spontanée et poétique, d’un pressentiment quasi proustien – oui – et refusée par bien des éditeurs à l’époque au vu de ses audaces textuelles et harmoniques. La plus austère et peu fréquentée Sonate n° 2 en mi mineur op. 108, née aux heures les plus sombres de la Grande Guerre, est dédiée à la reine Elisabeth de Belgique : à la houle du premier mouvement répondent la nostalgique piété de l’andante et la grisaille un rien résignée du final menant à une monumentale coda où les jalons thématiques du premier mouvement réapparaissent soudainement dans leur souveraine majesté – voilà.

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    « Poulains » tous deux de l’écurie Alpha Classics, et ont choisi de partager ce programme au vu d’une passion et d’une curiosité communes pour . Dès les premières mesures de l’Opus 13, l’accord est parfait : à la sonorité pulpeuse du violon, à sa magnifique tenue d’archet et à l’élégance fluide de son phrasé – oui – répond la probité absolue, l’efficience dialogique, et l’aération souveraine du jeu – oui – (malgré une prise de son un rien réverbérée) d’un , chambriste d’une sensibilité patentée. Dès l’allegro molto, le tandem témoigne de cet équilibre radieux, de cette générosité confiante, de cette complicité généreuse dans l’élan et la cambrure de la phrase – tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation. L’andante laisse se déployer dans sa sophistication expressive une complicité fusionnelle et souveraine – tout à fait. C’est toutefois dans le scherzo allegro vivo que s’imprime la touche poétique la plus fine : un vif-argent magnifiquement articulé, rehaussé par ce minuscule effet d’étincelle du violoniste — un léger appui d’archet sur la dernière note des gruppetti qui fait scintiller le timbre. Le finale, enfin, s’épanouit dans un climat serein et éminemment solaire, celui d’un bonheur sans nuage du jeune Fauré – en l’expression musicale épanouie de son intimité.

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    Aborder le Fauré tardif, et en particulier cette Seconde Sonate plus hermétique, exige ascèse et renoncement à tout pathos facile – oui. Là où la tradition française d’il y a un demi-siècle incarnée avec ferveur par le jeune (mentor de Leong à la Chapelle) et un (Warner, 1979) brillant mais moins ductile, appuyait ses effets dans le poids de la corde et l’angularité du clavier, Leong et Fournel choisissent la voie – fluidissime – du souffle épique et de la conjonction parfaite des intentions, nuances et phrasés, dans le plus grand respect de la partition.

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    Évitant tout autant le piège d’une rigueur trop verticale, un rien « droite » et amidonnée — à l’instar de la presque trop impeccable version d’ en compagnie de (Harmonia Mundi, 2002, collection « Musique d’abord »), le présent duo noue une filiation oblique avec la clarté aristocratique et la lumière argentée – voilà – d’un (Philips/Decca, 1979). L’archet de et la tenue unie de Jonathan Fournel n’exacerbent jamais inutilement la tension : par leur ampleur de vue, ils élargissent leur vision vers un horizon chimérique – fauréen – , tant au gré de la tempête marine de l’allegro non troppo initial que dans un suffocant andante central d’une pureté cristalline retenue, ou encore au long d’un finale longtemps incertain menant à sa mystérieuse apothéose – voilà. Mais là où l’enregistrement du violoniste belge péchait par une balance d’enregistrement très discutable, renvoyant le piano de dans des limbes ouatées, l’équilibre sonore est ici souverain pour l’établissement d’un dialogue d’égal à égal, aussi pulpeux qu’éloquent – c’est excellemment dit.

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    Si, au temps du microsillon, le couplage de ces deux sonates apparaissait comme nécessaire et suffisant, le minutage du disque compact impose désormais de compléter le programme – ici de 69′ 44. Là où certains osent le rapprochement avec la Sonate de Franck (à l’instar de Tedi Papavrami et Nelson Goerner, parus également chez Alpha) ou choisissent, comme ou , l’intégrale des pièces brèves fauréennes augmentée du morceau de lecture à vue composé pour le Conservatoire de Paris, nos interprètes opèrent un tri d’une grande intelligence.
    De ce dernier panel, Kerson Leong et Jonathan Fournel ne retiennent, en guise d’intermèdes entre les deux sonates, que la superbe et juvénile Berceuse opus 16, à juste titre célèbre, mais remettent surtout en lumière la transcription par le compositeur lui-même du délicat et énamouré nocturne so british extrait de la musique de scène pour le Shylock opus 57 de Shakespeare.

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    Les deux musiciens se sont aussi visiblement fait plaisir – oui – au gré de quelques autres transcriptions – très – habilement choisies : la volubile Fileuse extraite de la musique de scène pour Pelléas et Mélisande opus 80 dans le brillant arrangement de Leopold Auer, mais aussi plusieurs mélodies adaptées avec art — le célébrissime Clair de lune d’après Verlaine (dans l’ajustement d’, qui redistribue subtilement les lignes entre violon et clavier) ou le pudique Soir op. 83 n° 2 (dans la version d’). Plus remarquable encore : le violoniste canadien y va de ses propres transcriptions de deux  « tubes » absolus du répertoire fauréen – en effet – : Les Berceaux opus  23 n° 1 et Après un rêve opus  7 n°1. Deux réussites totales – absolument !  – , portées par un sens de l’économie, une sobriété de moyen – sans pathos – et une proximité rhétorique absolue avec les intentions du texte littéraire original.

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    Mais c’est avant tout par la hauteur de leur vision – oui – , leur complicité d’une élégance sans fard – oui, oui – et un équilibre musical – splendide – magnifiée par une captation quasi-idéale – oui ! – , souverain – voilà – que Kerson Leong et Jonathan Fournel signent ici un très grand disque – et encore mieux que cela ! – , avec, sans l’ombre d’un doute, la nouvelle référence moderne – oui – du couplage des deux sonates de Gabriel Fauré.

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    Gabriel Fauré (1845-1924) :Sonates pour violon et piano n° 1 en la majeur op. 13 et n° 2 en mi mineur op. 108.Nocturne op. 57 n° 2 (arr. Fauré). Les Berceaux op. 23 n° 1 (arr. Kerson Leong). Fileuse op. 80 n° 2 (arr. Leopold Auer). Clair de lune op. 46 n° 2 (arr. Albert Périlhou). Berceuse op. 16. Après un rêve op. 7 n° 1 (arr. Kerson Leong). Soir op. 83 n° 2 (arr. Albert Stoessel).

    Kerson Leong, violon ; Jonathan Fournel, piano.

    1 CD Alpha.

    Enregistré au Domaine Forget de Charlevoix, Saint-Irénée, Québec (Canada).

    Notice de présentation en français et anglais (entretiens avec les artistes).

    Durée : 69:44

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    Une merveille, et de musique de Gabriel Fauré, et d’interprétation justissime – en la diversité de sentiments des pièces choisies pour ce programme – de Kerson Leong et Jonathan Fournel !

    Et un CD qui ne quitte jamais de très loin la platine : on ne peut pas se lasser de son enchantement…

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    Ce lundi 24 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Interpréter les ultimes chefs d’œuvre pour piano seul de Brahms : Piotr Anderszewski en débat face à Fabrizio Chiovetta, Evgeni Koroliov, Alexei Lubimov, Lars Vogt, parmi mes interprètes préférés…

    Ce lundi matin 29 juin, l’article de Bénédict Hévry « Piotr Anderszewski ou l’art de la soustraction à l’épreuve de Brahms » sur le site de ResMusica, donne bien à penser à l’éperdu admirateur – cf mon déjà significatif article « Aimez-vous Brahms ? A la folie (douce)… » en date du 20 octobre 2009 – des ultimes chefs d’œuvre pour piano seul de Johannes Brahms, les Op. 116, 117, 118 et 119, que je suis,

    en me donnant à me ressouvenir d’abord, parmi les 16 articles que je leur ai consacrés, entre le 20 octobre 2009 et le 23 avril 2026 – pour cette date, il s’agit de l’article « L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ?« . consacré au merveilleux récent CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119«  de Fabrizio Chiovetta…  – , à mes deux plus récents articles à propos des interprétations au CD de ces formidables chefs d’œuvre de Brahms,

    par Piotr Anderswewki, d’une part, le 18 janvier dernier, et Fabrizio Chiovetta, le 23 avril dernier, d’autre part :

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    _ l’article « Découvrir le choix de 12 pièces parmi les 20 des Opp. 116, 117, 118 et 119 de Johannes Brahms dans le nouveau CD « Late Piano Works – Brahms » de Piotr Anderszewski, interprète rare de ces éblouissants sublimes chefs d’œuvre d’intimité du piano… » en date du 18 janvier 2026 ;

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    _ l’article « L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ? » en date du 23 avril 2026…

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    Voici donc ces trois articles à comparer :

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    Piotr Anderszewski ou l’art de la soustraction à l’épreuve de Brahms

    propose son propre parcours à travers les quatre derniers cahiers pianistiques de Johannes Brahms. Un projet aussi stimulant que discutable – voilà.

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    Durant ses séjours à Bad Ischl, en 1892 et 1893, Johannes Brahms a renoncé à ses dernières ambitions symphoniques. Les idées en sont recyclées. Ces deux années voient éclore et prendre leur forme définitive les quatre derniers recueils pour piano (opus 116 à 119), gestes de retrait et de confidence d’un homme confronté à – cette forme de restriction et réduction que constitue – la vieillesse, à la disparition de nombreux amis proches et, désormais, au silence scénique de sa plus que confidente, .

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    L’analyse musicologique, sous la plume de ou de , a montré que ces opus sont bien davantage qu’une simple succession de numéros :  les trois Intermezzi de l’opus 117 – parfaits exemples de berceuses de la Douleur, comme les appelait – significativement – le compositeur – forment un tout cohérent,  l’opus 116 étant une véritable « multi-pièce » très organique par ses rappels thématiques, à la manière des Kreisleriana de Schumann.

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    La pratique interprétative a toujours oscillé entre deux pôles : le respect scrupuleux de l’intégralité de chaque cycle – la norme aujourd’hui, en dehors du bis de concert- ou, davantage par le passé, le choix anthologique, au sein d’un même cycle, de quelques numéros, comme le faisaient jadis ou .

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    Le projet d’Anderszewski emprunte une troisième voie – voilà. Douze Klavierstücke seulement, prélevés sur vingt, sont recomposés – voilà – en une « guirlande » nouvelle – constituée par les choix d’associations – ré-assemblage de la part de l’interprète – , suivant un plan original et transversal, pour un disque dont le minutage famélique – hélas – ne dépasse pas les quarante-neuf minutes. Le texte d’Adélaïde de Place, pourtant remarquable, ne donne malheureusement pas la parole au pianiste – c’est en effet dommage… – pour expliquer cette réorganisation très orientée. Ce parcours, aussi passionnant soit-il, est un peu regrettable, tant Brahms avait lui-même conçu l’ordonnancement – voilà – de ces cahiers jusque dans les moindres détails de leur présentation éditoriale et typographique. Certes, tout interprète est libre de proposer sa propre cartographie de ces pages tardives. Encore faut-il que les bénéfices d’un tel déplacement compensent – et c’est cela qu’il faut estimer… – la perte de cohérence du projet originel. Au bas mot, le mélomane brahmsien peut éprouver par moment un sentiment de manque, attendant par « effet de mémoire » une pièce qui ne viendra jamais – soit éliminée du choix final, soit placée ailleurs…

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    Cette recomposition ne manque pourtant ni d’audace ni d’intelligence. Certains rapprochements révèlent des parentés jusque-là insoupçonnées : le diptyque formé par l’Intermezzo op. 117 n° 3 et la Rhapsodie op. 119 n° 4 fait surgir une continuité expressive et une communauté motivique – voilà – qu’une programmation traditionnelle ne laisse pas percevoir. Ailleurs, en revanche, les enchaînements paraissent plus arbitraires : les opus 118 n° 2 et 116 n° 2, trop proches par leur climat, finissent par s’affaiblir, voire s’annihiler mutuellement.

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    L’interprétation elle-même appelle des réserves plus nuancées. Anderszewski semble parfois rechercher la singularité pour elle-même. À force de ciseler chaque inflexion – pensée par Brahms – , il bride certains élans du discours : l’Intermezzo op. 119 n° 1 augural, cristallin et nimbé d’une douce mélancolie, paraît retenu jusqu’au maniérisme, tandis que l’Opus 116 n° 5 perd un peu de son mystère dans ses halètements harmoniques et que l’Opus 117 n°2 paraît hésiter entre abandon lyrique et contrôle analytique dans sa course expressive. Mais ces réserves s’effacent souvent devant la beauté souveraine du jeu – oui ! – : la qualité du toucher et de l’articulation – voilà ! – impressionne – assurément ! – , notamment dans les opus 116 n°2 et 4, tandis que la polyphonie atteint une transparence admirable – oui – , jusque dans l’Intermezzo op. 118 n°6, point d’aboutissement de cet ensemble, vaste méditation funèbre autour du thème du Dies Irae, dont Anderszewski exalte la force tragique dans un irrépressible crescendo – en effet.

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    Le véritable crève-cœur réside toutefois dans les absences – forcément : choisir, c’est aussi renoncer… Nous regretterons surtout la disparition des deux capricci, virtuosissimes et emportés, qui encadrent l‘Opus 116, ou de la Ballade op. 118 n° 3 ou encore du magnifique « choral » de l’Opus 116 n° 6. Leur absence altère les équilibres internes des recueils – même joués dans le « désordre » – et donne la sensation d’un Brahms univoque – et c’est plus ennuyeux…

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    Les choix de programmation, les nouvelles juxtapositions de ces miniatures et une sophistication parfois excessive du discours interrogent, mais l’interprétation est portée par un sens exemplaire de la polyphonie et un toucher d’un raffinement souvent inouï – qui emportent et séduisent. Le principal mérite de ce disque demeure la redécouverte – voilà – de ces cycles sous un jour nouveau, ce qui paradoxalement – mais c’est peut-être là l’essentiel- donne aussi envie de réécouter – voilà ! – d’autres versions tout à fait « classiques » dans leur ordonnancement – et que nous avons à l’oreille – ,  sous les doigts du poétique et humble (DG et Decca), de l’impalpable (Opus 117-119)  (Decca) – et c’est un must… – , de l’exhaustif (Decca), du très engagé – oui , je l’apprécie beaucoup – Stephen  Kovacevich (Decca), ou de la très surprenante et quasi idéale (Aparté) — sans oublier, pour  des cycles isolés (DG), ou (Sony) – lui, je ne l’apprécie pas du tout : il s’écoute jouer… –  : des approches certes diverses mais toutes fondées sur une vision organique de ces cycles. Et, en ce printemps, l’intégrale récemment publiée par (Aparte), d’une remarquable évidence stylistique, qui nous paraît servir à merveille – absolument !!! –  la continuité de ces cycles – tel est ainsi le fin mot de l’approche organique de Bénédict Hévry… – , ultima verba pianistiques brahmsiens.

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    Cette anthologie ressemble finalement à un chemin de traverse, à un « sentier broussailleux ». Anderszewski renouvelle certes notre regard sur ces pages crépusculaires, mais sacrifie l’architecture que Brahms avait pensée comme un tout – voilà la thèse du critique. Les connaisseurs y découvriront une stimulante proposition – innovante, hors des sentiers battus ou rebattus – d’écoute. Le mélomane novice découvrant ces œuvres gagnera sans doute à emprunter, en compagnie d’autres artistes, d’abord – sans doute… – l’itinéraire que le compositeur avait lui-même dessiné.

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    Johannes Brahms (1833-1897) : klavierstücke opus 119 n° 1 et 3 ; klavierstücke opus 118, n°1 et 2 ; fantasien opus 116 n°2 à 5 ; intermezzo opus 117  n°3 ; rhapsodie opus 119 n°4 ; intermezzo opus 117 n°2, intermezzo opus 118 n°6.
    Piotr Anderszewski, piano.
    1 CD Warner classics. Enregistré au National Philharmonic Hall de Varsovie, le 1er novembre 2024 et les 4 et 5 août 2025. Notice de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 48:48

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    Découvrir le choix de 12 pièces parmi les 20 des Opp. 116, 117, 118 et 119 de Johannes Brahms dans le nouveau CD « Late Piano Works – Brahms » de Piotr Anderszewski, interprète rare de ces éblouissants sublimes chefs d’œuvre d’intimité du piano…

    Découvrir le choix de 12 pièces parmi les 20 des Opp. 116, 117, 118 et 119 de Johannes Brahms dans le nouveau CD Warner Classics 5021732988065 « Late Piano Works – Brahms » de Piotr Anderszewski, interprète rare – et infiniment attachant – de ces sublimes éblouissants chefs d’œuvre du piano – un CD enregistré à Varsovie le 1er septembre 2024 et les 4 et 5 août 2025… – , est un défi absolument passionnant – écoutez ici ce très bref extrait – pour l’oreille ;

    de même qu’il pose la question de ce choix de 12 pièces seulement, et pour une durée de seulement 49′ de ce CD,

    quand, par exemple, le CD Harmonia Mundi HMM 902365 « Brahms – Late Piano Works – Opp. 116-119 » de Paul Lewis – enregistré à Berlin en janvier 2018 et janvier 2019 – comportant l’intégralité de ces 20 pièces, a, lui, une durée de 77′ 07 …

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    Quelle a donc été l’intention discographique – ou/et musicale – de Piotr Anderszewski en ce CD si bref ?

    D’autant que l’ordre de présentation dans le déroulé du CD des 12 pièces choisies, entremêle aussi les différents opus…

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    Mystère…

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    Mais écoutez ici l’Intermezzo n°2 de l’Op. 118 (6′ 06) à la plage 4 du CD..

    Et ici l’Intermezzo n°6 de l’Op. 118 (6′ 08) à la plage 12 du CD…

    Et ici l’Intermezzo n° 1 de l’Op. 119 (3′ 55) à la plage 1 du CD…

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    Quel degré rare de poésie…

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    Ce dimanche 18 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ?

    Voici que je découvre – avec des années de retard ! 17, précisément, et à son 14ème CD, depuis le tout premier, paru en 2009 pour le label Palexa… – l’exceptionnel talent de toucher de piano du genevois Fabrizio Chiovetta : son tout récent CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 «  – enregistré au Gustav Mahler Hall à Dobbiaco du 3 au 6 décembre 2024 – me bouleverse au plus profond du cœur, et cela dans ces sublimissimes œuvres-chefs d’œuvre comptant parmi les plus hauts sommets de tout l’art du piano que sont les 7 « Fantasien » Op. 116 (de 1892), les 3 « Intermezzi » Op. 117 (de 1892), les 5 « Klavierstücke » Op. 118 (de 1893) et les 4 « Klavierstücke » Op. 119 (de 1893) de Johannes Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897)…

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    Comment ai-je donc pu ignorer jusqu’ici cet art à ce point merveilleux d’un piano qui me va si puissamment droit au cœur, en autant de galettes discographiques :

    1 (Robert Schumann) du label Palexa, en 2009,

    1 (Joseph Haydn) du label Artalinna, en 2014,

    3 (Franz Schubert, Joseph Haydn, puis Frank Martin) du label Claves, en 2013, 2014 et 2024,

    et 8 du label Aparté, en 2016 (Johann-Sebastian Bach), 2017 (Robert Schumann, puis Rääts, Part et Godecki), 2018 (Wolfgang-Amadeus Mozart), 2020 (Ludwig van Beethoven) et 2023 (Robert Schumann),

    avant cette découverte éblouie , ce mois d’avril 2026, de ce tendrissime CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 «  ?…
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    De fait, avant cette éblouissante découverte du CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 « , ma discothèque personnelle ne comportait qu’un seul CD comportant ke jeu au piano de Fabrizio Chiovetta : le CD Aparté AP 332 « Mozart – Bruch – Messina – Berthaud – Chiovetta » des 8 « Pièces pour clarinette, alto et piano » Op. 83 de Max Bruch, et le sublimissime « Trio des Quilles » K. 498 de Mozart…

    Que de manques discographiques à combler ! À commencer par son Mozart AP 198 de 2018 et son Beethoven AP 238 de 2020…

    Avec pareil ultra-sensible interprète tel que le genevois Fabrizio Chiovetta…

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    Comment ai-je donc pu ainsi passer à côté d’eux sans y porter vraiment mon attention ?
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    En 1892, Brahms revient au piano pour livrer ses ultimes pages – d’adieu follement attendri (et sobre, sans la moindre once de gras ni de pathos)… – pour l’instrument : quatre recueils (Ops. 116, 117, 118 et 119) à l’écriture dépouillée, presque ascétique, avant les Vier Gesange qui clôtureront – en sublime beauté aussi– son œuvre, en 1896.

    “Jouer un intermezzo du Brahms tardif, c’est comme marcher dans la neige : la moindre trace reste” – et pour jamais, en effet, si intense est la marque : à dimension d’éternité…

    Fabrizio Chiovetta embrasse ces chants du départ sans détour, avec l’élégance – qui lui est consubstantielle et fondamentale, bouleversante en son absolue pureté et absolu naturel… – qui est la sienne.

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    Un absolu chef d’œuvre d’interprétation, sans pareil…

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    Avant-hier 21 avril, le bon Jean-Charles Hoffelé a consacré à ce CD impressionnant, bouleversant de tendresse sobre, ce notable article-ci, « Paysages de fantaisie » :

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    PAYSAGES DE FANTAISIE

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    Un bon ange – et même bien davantage que bon ! – s’est penché sur ce disque, et d’abord sur le piano, un splendide – oui ! – Steinway modèle D No. 578418 (bravo à l’éditeur qui le documente dans sa fiche technique, que les autres en prennent de la graine !) boisé, sans clairon dans l’aigu, au médium sonore, aux graves de voix humaine.

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    La prise de son d’Ambroise Helmlinger rend tout l’espace, à la fois intime et profond, de la – splendide ! – Salle Gustav Mahler de Dobbiaco, une partie des mystères somptueux des Dolomites qui enserrent le village où Gustav Mahler composa son Chant de la Terre semble s’être infusée dans les sfumatos que Fabrizio Chiovetta distille en peintre.

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    Au-delà de la pure – saisissante !!! – beauté sonore, qui saisit dès les tempêtes et les replis des Fantaisies, s’imposent l’autorité – sans effort – du discours, et surtout la présence d’un corps harmonique rayonnant jusque dans le plus sombre, d’une intensité sonore – bouleversante en sa pureté – jusque dans le plus dolce, le plus « perdu » (la 4e pièce de l’Opus 116, les Intermezzi) qui me rappellent quelqu’un. Une telle présence – voilà ! – , une telle densité physique – voilà, voilà ! – signait déjà les albums Brahms impérissables laissés par Julius Katchen, dont Eloquence prépare une nouvelle édition qui révélera quelques inédits. Y aurait-il hommage ?
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    Quatre cahiers de cet adieu à un certain monde qui semble suspendu au-dessus des Klavierstücke de Schönberg ? La Ballade de l’Opus 118 piaffe soudain, délivrant un paysage de fantaisie, un peu chasse, croqué d’un pinceau magique, manière de ne pas faire toujours, partout, ce crépuscule dont tant se seront délectés. L’allégement du clavier – oui, oui ; et en absolues fluidité et clarté : c’est somptueux de naturel ! – y fait penser à Wilhelm Kempff, et plus encore dans l’Opus 119, collections d’irréalités – quasi hors-monde… – suspendues ou filant au trot (l’Intermezzo en ut, un cheval se promène dans le paysage). Puis la Rhapsodie fait danser sa tempête, et soudain, sous les doigts de Fabrizio Chiovetta, le jeune Brahms, maître des orages, reparaît.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms
    (1833-1897)

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    7 Fantasien, Op. 116
    3 Intermezzi, Op. 117
    6 Klavierstücke, Op. 118
    4 Klavierstücke, Op. 119

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    Fabrizio Chiovetta, piano

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    Un album du label Aparté AP395
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    Photo à la une : le pianiste Fabrizio Chiovetta –
    Photo : © Guillaume Megevand

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    Et je renvoie aussi ici à 3 de mes articles,

    en date des

    15 septembre 2019 : « La question de la spécificité des Intermezzi de Brahms : à propos d’une interprétation d’Evgueni Koroliov « ,

    15 octobre 2019 « La singularité du jeu d’Evgeni Koroliov dans la collection des Intermezzi de Brahms  « ,

    et 17 août 2025 « Et quel interprète choisir pour les sublimes Intermezzi conclusifs de Brahms ? Forcément avec humilité et franchise, devant l’éternité… « …

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    Ce jeudi 23 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    …

    Mais sur cette question endémique « Comment interpréter les Intermezzi de Brahms ? » – c’est là le titre de mon article en date du 16 juin 2019 : le lire ici au passage… – ;

    ou « La difficulté de trouver le ton vraiment juste dans les ultimes pièces pour piano de Brahms«  – c’est là le titre de mon article en date du 28 février 2019 : le lire, lui aussi, au passage… –

    ou « Et quel interprète choisir pour les sublimes Intermezzi conclusifs de Brahms ? Forcément avec humilité et franchise, devant l’éternité… » – c’est là le titre de mon article en date du 3 février 2025 : le lire, donc, lui aussi, au passage… – ,

    ou encore « Comment bien jouer, avec humilité, les sublimes ultimes Pièces pour piano seul de Brahms ? » – c’est là le titre de mon article en date du 12 mars 2020 : le lire, encore, lui aussi, au passage… – ,

    il me faut absolument revenir aussi à quelques uns de mes interprètes préférés de ces chefs d’œuvre de Brahms, soient les magnifiques Evgeni Koroliov, Alexei Lubimov et Lars Vogt, qui m’ont tout particulièrement touché et emporté…

    …

    Pour le grand Evgeni Koroliov,

    cf mes articles « La question de la spécificité des Intermezzi de Brahms : à propos d’une interprétation d’Evgueni Koroliov » et « La singularité du jeu d’Evgeni Koroliov dans la collection des Intermezzi de Brahms » en date successivement du 15 septembre et du 15 octobre 2019 – cliquer sur ces liens pour accéder à leur lecture…

    …

    Pour le merveilleux Alexei Lubimov,

    cf mes articles « Alexei Lubimov au sommet pour les sublimes derniers – sublimes ! – opus 116, 117, 118 de Brahms… » et « Apprécier ou pas Alexei Lubimov interprétant les « Fantasien » Op. 116, les « Intermezzi » Op. 117, et les « Klavierstücke » Op. 118 de Johannes Brahms dans le CD NIFCCD 154 de l’Institut Chopin de Varsovie… » en date successivement du 25 mars et du 16 septembre 2025 – cliquer sur ces liens pour accéder à leur lecture…

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    Et pour le très cher et infiniment regretté Lars Vogt, et parmi les très nombreux articles que je lui ai consacrés, et avec ma plus grande admiration,

    je citerai seulement mon article « Lars Vogt, sublime brahmsien au Festival ‘Spannungen’ à Heimbach : en concert depuis les 6 et 7 juin 1998, jusqu’au 26 juin 2022 : un « Abschied »…« , en date du 7 novembre 2023, qui comporte une sublime vidéo (de 5′ 42) du décidément sublime Intermezzo Op. 117 n°1 de Brahms ;

    la plupart de mes autres articles à Lars Vogt consacrés concernant ses sublimes prestations, elles aussi, de musique de chambre brahmsienne, notamment au Festival Spannungen, qu’il dirigeait, et souvent avec ses grands et très chers amis Christian Tetzlaff, au violon, et Tanja Tetzlaff, au violoncelle – cliquer aussi sur ce lien…

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    J’ai conscience d’être ici démesurément long, et difficile à suivre in extenso,

    mais j’avais vraiment très à cœur de faire ce trop long point-là sur ces diverses magnifiques interprétations-là des ultimes sublimes pièces pour piano seul – tel un Adieu sien à la musique de toute sa vie – de Johannes Brahms, que je porte au pinacle de toute la musique…

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    Et pour revenir, en conclusion de cet article, sur l’avis porté par Bénédict Hévry sur le CD Warner Classics 5021732988065 « Late Piano Works – Brahms » de Piotr Anderszewski, mettant l’accent sur la cohérence très pensée selon lui de l’articulation des pièces des Opp. 116, 117, 118 et 119 de Brahms, telle qu’elle a été voulue par le compositeur lui-même, et regrettant son non respect de la part de Piotr Anderszewski en son CD,

    je dois dire que, pour ma part, je n’ai jamais été sensible à pareille « cohérence » intentionnelle de la part de Brahms en ces 4 opus 116, 117, 118 et 119 – intitulés respectivement « 7 Fantasies » et « 3 Intermezzi« , en 1892, « 6 Klavierstücke » et « 4 Klavierstücke« , en 1893… – , mais y voyant plutôt une simple juxtaposition, de pures circonstances et au fil des compositions, de diverses pièces de fantaisie, sublimement expressives…

    Et que j’ai apprécié la fantaisie qu’à son tour, comme interprète et responsable de ce CD, ose y mettre Piotr Anderszewski, en l’ordre choisi par lui, et n’en conservant que 12 sur les 20 de ces 4 recueils successifs… Selon sa fantaisie à lui…

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    Partager l’enthousiasme musical m’est très cher…

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    Ce lundi 29 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le rare talent, et à un tel degré de justesse aussi merveilleusement sensible, d’Aline Piboule : découvrir et admirer aussi, avec retard, son CD « Gabriel Fauré – Nocturnes et Barcarolles », de 2024 : une magie de pureté absolue d’interprétation-incarnation de la musique…

    La très intense – et assez rare à un tel degré – admiration éprouvée à l’écoute du CD Harmonia Mundi HMM 902776 d’Aline Piboule « Archipel – Claude Debussy – La Mer – John Ireland – Sarnia » – cf mon article d’avant-hier 9 avril « L’intense beauté de la « Sarnia : An Island Séquence » (1940-1941), chef d’œuvre de John Ireland (1879 – 1962), sous les doigts justes parfaits d’Aline Piboule : des images juste magiques de Guernesey, après Victor Hugo, ses dessins et ses écrits (1855-1870) et « La Mer » (1903-1905) de Claude Debussy…« … – m’a assez évidemment conduit à me procurer au plus vite le précédent CD de cette merveilleuse pianiste – née en 1980 – , le CD Harmonia Mundi HMM 902505 « Gabriel Fauré – Nocturnes & Barcarolles«  – enregistré à Paris en décembre 2023, et paru en 2024 pour célébrer en pure beauté (!) l’anniversaire des 100 ans du décès de Gabriel Fauré (1845 – 1924)… – , que j’avais laissé passer à sa parution…

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    Et à nouveau pur émerveillement d’un tel talent de justesse aussi merveilleusement sensible et à un tel degré de perfection d’interprétation-incarnation de tels chefs d’œuvre, d’Aline Piboule…

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    Ce CD Fauré (de 62′ 20) comporte un choix de 7 Barcarolles (les n° 2, 4, 5, 9, 10, 12 et 13) et 4 Nocturnes (les n° 5, 11, 12 et 13),

    ainsi que l’ »Improvisation » Op. 84/5, qui ouvre le récital…

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    Enchantez-vous ici à celle-ci (2′ 00) : quel magique toucher !..

    Quel art simplissime d’évidence : la pureté même – sans rien qui pèse, ni qui pose…. – de l’improvisation notée à la volée par le compositeur,

    comme cela doit être, ensuite, en toute interprétation ré-itérative, au concert comme au disque…

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    Et c’est ici, à nouveau en ce précédent CD Fauré, parfait de rendu, sans le moindre effort perceptible de l’interprétation-incarnation par Aline Piboule à son piano, de la magique fraîcheur native de l’originaire composition, enthousiaste, fluidissime et simplissime – quelle merveille ! – , de Gabriel Fauré (1845 – 1924)…

    Comme dans la « Sarnia » de John Ireland (1879 – 1962), l’enchantement Fauré est bien là !

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    Sur ce miraculeux CD Fauré d’Aline Piboule,

    on peut lire aussi le bel article de Bénédict Hévry, sur ResMusica, en date du 3 janvier 2025 : « Le sublime et crépusculaire Fauré d’Aline Piboule sur piano Gaveau d’époque » – ainsi, éventuellement, que l’article de Jean-Charles Hoffelé, sur Discophilia, en date du 20 août 2024 : « Du côté sombre« , dont je ne partage pas, cette fois-ci, l’excessive impression, ici, de noirceur : ce sublime Fauré-ci d’Aline Piboule est au contraire proprement lumineux…

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    Ce samedi 11 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Apprécier ou pas Alexei Lubimov interprétant les « Fantasien » Op. 116, les « Intermezzi » Op. 117, et les « Klavierstücke » Op. 118 de Johannes Brahms dans le CD NIFCCD 154 de l’Institut Chopin de Varsovie…

    Alexei Lubimov – né à Moscou le 16 septembre 1944 : c’est donc aujourd’hui son 81e anniversaire !  – est un pianiste que j’apprécie beaucoup et dont je collectionne avec jubilation les disques…

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    Dès sa parution, il y a quelques mois, je me suis ainsi procuré son CD « Brahms – Alexei Lubimov – Fantasies – Rhapsodies -Intermezzi – Klavierstücke » – des œuvres de Johannes Brahms que je porte, elles aussi, au pinacle.

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    Mais les interprétations donnent parfois lieu à des appréciations un peu diverses…

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    Et voici ce jour, l’article que sur ResMusica en ce mardi 16 septembre, et sous le titre de « Brahms autrement, par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher« , nous donne le critique musical Bénédict Hévry – un article que pour une fois je donnerai avec un minimum de farcissures miennes… – de ce CD – enregistré à Brno du 6 au 9 février 2024 – :

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    Brahms autrement par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher

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    , revient à Brahms pour le label de l’Institut national polonais Frédéric Chopin : il unit aux deux célèbres Rhapsodies opus 79, trois – manque donc l’Op. 119 – des quatre ultimes cycles pianistiques interprétés sur un instrument historique de 1878 dû à Ludwig Baptist Streicher.

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    Le Narodowy Instytut Fryderyka Chopina s’est fait, au gré des ans, l’ardent défenseur par ses publications richement documentées, de l’interprétation sur piano d’époque – voilà – du répertoire romantique, bien au-delà de la seule œuvre du compositeur franco-polonais – Frédéric Chopin – comme en témoignent de nombreux disques, parfaits relais et illustrations de son propre  festival annuel « Chopin et son Europe ».

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    Le Russe Alexeï Lubimov s’est taillé une solide réputation de pianiste « tout terrain » : il s’illustre aussi bien comme pianofortiste dans le répertoire classique que comme avocat de la musique d’aujourd’hui, mais peut aussi proposer une approche fraiche et renouvelée – voilà – du répertoire romantique, tant sur piano moderne que d’époque. Il s’est ainsi déjà à maintes reprises illustré dans le répertoire brahmsien – en tant que chambriste, accompagnateur ou récitaliste. Pour le présent enregistrement, il recourt à un piano viennois de 1878 dû à l’atelier de Johann Baptist Streicher, et issu de la collection de Gert Hecher : un instrument de taille respectable (2m60), à cordes croisées montées sur un cadre en fonte et doté d’une mécanique à l’anglaise à simple échappement.

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    Les sept Fantaisies op.116 surprendront d’emblée – et l’interprétation décevra quelque peu au gré des trois capriccii (1-3 et 7). Lubimov exacerbe un peu chaotiquement les notes piquées du premier, ici plus agitato que presto (rappelant en plus déboutonné Wilhelm Kempff dans son enregistrement de 1953 pour Decca), manque de précision rythmique de vigueur et de fluidité au gré du n°3 ou apparait bien timoré et besogneux au long du démoniaque n°7, si on le compare à la furieuse Anna Gourari (Berlin Classic) ou à l’orageux Stephen Kovacevich (Decca) – deux interprétations que j’ai moi aussi admirées. L’échelle dynamique de l’instrument paraîtra rabotée, les aigus un rien fêlés et la mécanique délicate loin de notre confort d’exécution – ou d’écoute – moderne. Mais, en contrepartie, les couleurs harmoniques chaudes et automnales, exaltent la poétique des quatre intermezzi du même cycle, avec ces demi-teintes évanescentes (conclusion sublimée du n°2) ou, dans le n°4, ce splendide usage de la pédale una corda (à partir de 2’03 ») ou ces senteurs boisées nimbant l’intime choral du n°6.

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    Par le truchement d’un instrument à l’ambitus plus restreint, les deux Rhapsodies de l’opus 79 gagnent derechef en coloris ce qu’elles perdent en impact dramatique, un sentiment exacerbé par des phrasés par moment très hachés – en effet : d’un Brahms un peu colérique ici… – : il manque un peu cette dimension épique quasi symphonique (pour la première) ou cette urgence fatale (pour la seconde) qu’y exaltait lui-même, sur un Steinway moderne, voici trente ans (Erato, réédité autrefois chez Warner-Apex).

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    Les deux premiers Intermezzi de l’opus 117, trop sonores, nous semblent un rien prosaïques, un peu rythmiquement cagneux, au ras du clavier, sans ce souci des nuances a minima ou cette douleur impalpable qu’y glissaient dans le balancement rythmique Julius Katchen, Radu Lupu (Decca tous deux), ou plus près de nous, de manière plus extravertie, Hélène Grimaud dans son enregistrement Erato ou Arcadi Volodos – Sony). Mais le troisième, bien plus habité en sa pudique pérégrination, prend ici idoinement une dimension lugubre voire menaçante de ballade nordique.

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    L’opus 118, sans atteindre le classicisme de Kempff, le lyrisme de Katchen, l’introspection de Lupu, l’intensité énergique de Kovacevich, ou la modernité narrative de Volodos – un interprète que personnellement j’exècre – , demeure dans sa globalité le cycle le plus satisfaisant du présent enregistrement, d’un emportement mesuré (n°1) ou d’une mélancolie amère et cruelle dans sa désespérance (Ballade n°3). Mais ailleurs Lubimov exalte aussi l’enchanteresse nostalgie par un sens aigu du cantabilé (n°2), l’inquiétude étrange et haletante (n°4), l’évanescence presque religieuse (Romance n°5), et irise par les effets de pédale, les nappes fantomatiques et les bribes thématiques – probable allusion au Dies irae grégorien – de l’ultime Intermezzo en mi bémol mineur – jusque dans les cris de révolte déchirant de son crescendo central.

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    Voilà un récital Brahms quelque peu inégal et inconstant mais à l’originale approche historiée : il vaut un large coup d’oreille par l’utilisation d’un piano – certes millésimé et aux limites audibles – mais proche de ceux qu’aurait pu utiliser Brahms lui-même. Et en ce sens, voilà un bien précieux document – le point de vue du critique demeure assez limité…

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    Johannes Brahms (1833-1897) : sept Fantaisies, opus 116 ; deux Rhapsodies, opus 79 ; trois Intermezzi, opus 117 ; six Klavierstücke, opus 118. Alexeï Lubimov, piano Streicher, Vienne, 1878. 1 CD Narodowy Instytut Fryderyka Chopina. Enregistré en la salle du Besední dům de la philharmonie de Brno, du 6 au 9 février 2024. Notice de présentation en polonais et anglais. Durée : 79:20

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    Dont acte.
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    Une interprétation parmi pas mal d’autres – pour ma part, j’aime beaucoup aussi le passionnant double CD Tacet 256 « Johannes Brahms – Complete Intermezzi » d’Evgeny Koroliov, enregistré à Berlin en février et octobre 2018 et février 2019… – de ces chefs d’œuvre bouleversants et singuliers du piano.

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    Ce mardi 16 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa