Étiquette : Benoît Dratwicki

  • Pourquoi la si belle tragédie en musique « Médée et Jason », créée en 1713, de Joseph-François Salomon (1649 – 1732), est-elle demeurée si longtemps ignorée des interprètes baroqueux, au concert comme au disque ? Par incuriosité ?.. La très bienvenue parution du magnifique double album « Médée et Jason » d’a nocte temporis et Reinoud Van Mechelen !!!

    Pourquoi la si belle tragédie en musique « Médée et Jason« , créée à l’Académie royale de musique le 24 avril 1713, de Joseph-François Salomon (Toulon, avril 1649 – 5 mars 1732), et que vient de si splendidement nous révéler le somptueux double album Château de Versailles Spectacles CVS 189 « Médée et Jason » de l’ensemble a nocte temporis de Reinoud Van Mechelen – enregistré à Namur  du 11 au 14 juillet 2025  – , est-elle demeurée si longtemps ignorée des interprètes baroqueux, au concert comme au disque ? Par incuriosité ?.. C’est assurément une assez étonnante, voire dérangeante, énigme pour tous les amoureux du répertoire baroque français…

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    Écoutez déjà ici, en forme de délicieuse mise en bouche, cette splendide Ouverture (d’une durée de 4′ 18)…

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    Et ne vous privez pas de regarder cette très remarquable vidéo de présentation (d’une durée de 2′ 40) de Reinoud Van Mechelen et Benoît Dratwicki…

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    Le magazine Diapason de ce mois de mars 2026 vient de décerner à ce double album-révélation un Diapason d’or, argumenté par un très juste article de Loïc Chahine,

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    Diapason Découverte pour “Médée et Jason” de Salomon

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    – Publié le 4 mars 2026 à 09:34
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    SALOMON : Médée et Jason

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    Reinoud Van Mechelen, un orchestre exemplaire et une belle équipe de solistes où brillent particulièrement Mélissa Petit et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur font revivre cette tragédie en musique oubliée de 1713.
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    Né à Toulon, Joseph-François Salomon reçoit une formation à la maîtrise de la cathédrale d’Aix-en-Provence, intègre le Chapitre. Il devient sous-diacre en 1666, est nommé organiste… mais quitte son poste en 1671. On le retrouve à Versailles parmi les instrumentistes qui prennent part à la création du Triomphe de l’Amour de Lully en 1681 ; il joue de la viole lors de représentations à l’Académie royale de musique en 1682, participe au concours de recrutement des sous-maîtres de la Chapelle royale en 1683, reçoit une charge d’ordinaire de la Musique du roi entre 1706 et 1713. C’est sur le tard, en 1713 – il a cinquante-quatre ans –, qu’il livre son premier opéra, appelé à un grand succès : Médée et Jason. « Avec cinq reprises en moins de quarante ans, c’est incontestablement l’un des piliers – voilà ! – du répertoire de l’Académie royale de musique au milieu du XVIIIe siècle », indique Benoît Dratwicki dans la notice. Bien plus que la partition de Charpentier, vite tombée dans l’oubli, c’est en effet l’œuvre de Salomon sur un livret de Pellegrin (à qui l’on doit également celui d’Hippolyte et Aricie – de Jean-Philippe Rameau – ) qui assure la présence de l’infanticide –Médée – sur la scène de l’Opéra de Paris au siècle des Lumières.

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    La musique se place dans la lignée de Lully, toujours attentive – et c’est heureux ! – à la clarté de la déclamation – oui ! Salomon soigne les monologues qui introduisent les actes : celui de Jason, au III, et celui de Créuse au IV sont parmi les sommets de la partition. L’écriture possède aussi un charme typique de la première moitié du XVIIIe siècle français, qui transparaît dans les danses, délicieuses.

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    Incarnations

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    Les trois protagonistes s’équilibrent parfaitement. Comment pourrait-on détester le Jason de Reinoud Van Mechelen ? La sensibilité au mot, les phrasés parfaits, l’idéal mélange de passion et de tenue : la haute-contre allie – oui, oui – toutes les qualités. On aime autant la Créuse de Mélissa Petit, soprano aussi touchant que corsé, au sens aiguisé du discours et de ses gradations ; rarement la rivale de Médée aura trouvé incarnation si aimable. D’incarnation, il est bien question chez Marie-Andrée Bouchard-Lesieur qui habite le rôle de la magicienne : le timbre est opulent, immense et presque terrible, le caractère hors norme. Bref, la chanteuse rend à Médée sa démesure : – immense – merci ! Seul le timbre âpre, voire élimé, de Cyril Costanzo n’a pas la noblesse attendue pour le roi Créon, et son expressionnisme déplacé agace plus d’une fois. On s’en console avec des seconds rôles bien tenus.

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    Si l’on a pu regretter naguère dans la direction de Van Mechelen un refus du grandiose, le prologue – somptueux, en effet – prouve que le chef s’est libéré de cette réserve : trompette et timbales tonnent dans le Bruit de guerre, le chœur exulte. On admire partout – mais oui – un orchestre à la pâte généreuse et colorée. Ces hautbois gouailleurs dans la Marche des habitants du bord de la Seine ! Ecoutez encore le prélude qui ouvre la scène 3 de l’acte I : quelle tragique majesté ! L’usage des percussions, dans les limites du bon goût, n’obère jamais l’agrément mélodique des danses. Il fallait bien ces séductions orchestrales pour faire revivre dignement Médée et Jason : avec les trois premiers rôles, A nocte temporis est le grand vainqueur de cette résurrection réussie.

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    Joseph-François Salomon
    1649-1732
    Médée et Jason.
    Marie-Andrée Bouchard-Lesieur (Médée), Mélissa Petit (Créuse), Cyril Costanzo (Créon), Reinoud Van Mechelen (Jason et direction), Chœur de chambre de Namur, A nocte temporis.
    CVS (2 CD). Ø 2025. TT : 2 h 21’.

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    SALOMON, Médée et Jason

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    5 février 2026
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    Un beau simple
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    Après Céphale et Procris, Reinoud van Mechelen et son ensemble continuent d’explorer les raretés – voilà : très injustement oubliées !  – du catalogue de l’Académie royale de musique. Une rareté ici couronnée de succès en son temps – mais oui ! et à fort juste titre… – : on n’a guère retenu le nom de Joseph-Français Salomon, mais sa tragédie de Médée et Jason, créée en avril 1713, fut redonnée en octobre de la même année, puis 1727, 1736 et 1749.

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    Instrumentiste toulonnais employé à la musique ordinaire du roi, Salomon a plus de 60 ans quand il fait jouer ce premier opéra – il n’y en aura qu’un autre – Théonoé, créé à l’Académie royale de musique le 3 décembre 1715… Mlle Journet, élève de Marie Le Rochois, incarne Médée, avec Cochereau et Thévenard en Jason et Créon. Le livret est signé sous pseudonyme par l’abbé Pellegrin, futur auteur d’Hippolyte et Aricie de Rameau. Les auteurs s’inscrivent dans le goût du moment pour le terrible – voilà… Sans renoncer – non plus – à une mesure toute française – et qui est consubstantielle à tout le goût français, on ne le soulignera jamais assez… – , le public aime à s’émouvoir d’horribles situations ; des hordes de démons envahissent la scène, les opéras s’achèvent dans la noirceur. Dans une veine similaire, on peut (ré)écouter – mais oui ! – Callirhoé de Destouches (1712), Hypermnestre de Gervais (1715) ou Polydore de Stuck (1720) – merci beaucoup de ce très judicieux rappel…

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    L’épisode corinthien – meurtrier, avec ce comble de l’horreur qu’est l’infanticide de ses propres enfants… – qui scelle dans la violence la vengeance de Médée est parfaitement connu, et avait déjà été traité par Charpentier notamment. Conscient de cela, Pellegrin prend des partis intéressants. Renonçant au deus ex machina ou à la robe empoisonnée, il resserre l’intérêt sur les états d’âme des protagonistes – voilà – , peignant Jason, Créuse avec bien des nuances – oui. L’inquiétude et le doute rongent les nouveaux amants, les divertissements se déploient quand l’horreur s’apprête : tout cela est très fécond – absolument ! – sur le plan dramatique. Créon lui-même apparaît plus bonhomme que d’habitude, tandis que Médée, dont la menace est évoquée d’emblée, s’impose en magicienne terrible dès son entrée à l’acte II, suivie d’un spectacle infernal. Ainsi, l’intérêt va croissant jusqu’à de très beaux actes IV et V, où le décalage entre ce qui est dit et ce qui se trame s’exacerbe.

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    Salomon ne marque pas par son audace ; son langage a pourtant quelque-chose d’évident et expressif, et le Mercure de France loua pertinemment le « beau simple » de l’œuvre – voilà, voilà… Citons néanmoins quelques hardiesses, comme le duo Jason-Créon du IV, dont les frottements harmoniques évoquent déjà Rameau – mais oui… – , tout comme le groupe des furies au V. Jason et Créuse ouvrent respectivement les actes III et IV par de fort beaux épanchements, et les divertissements, bien caractérisés et jamais longuets, nourrissent pleinement la dramaturgie – tout cela est fort juste.

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    Reinoud van Mechelen s’affaire – avec subtilité et parfaite justesse – à la baguette tout en incarnant Jason avec la suavité et l’expression – radieuse – qu’on lui connaît. Le rôle est d’un bel intérêt, et c’est lui – qui survit – qui clôt l’opéra de façon poignante. A nocte temporis respire avec tendresse, danse avec grâce – voilà, voilà… – et se cabre avec vigueur selon les atmosphères – très tranchées, en effet de ce drame… Tandis que le gracieux et le sentiment coulent de source, les scènes « terribles » restent – cependant – un peu sages.

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    C’est aussi que Marie-Andrée Bouchard-Lesieur s’efforce de canaliser son ample et beau mezzo, avec une intelligibilité fluctuante. Cette Médée jouit d’un indéniable charisme vocal sans pour autant s’imposer autant qu’on le voudrait – ah !.. Un peu légère en Créuse, Mélissa Petit se saisit du rôle avec finesse mais sans relief particulier – ah !.. Cyril Costanzo prête sa voix moelleuse à Créon, et récite avec une belle clarté. Il trouve des accents justes et équilibrés pour sa scène de folie – les avis sur les performances des chanteurs de la part de Clément Demeure et Loïc Chahine, dans Diapason, sont, on le constate ici, diamétralement opposés… Les rôles de confident·es (Arcas, Nérine, Cléone) sont bien tenus, Annelies Van Gramberen et Lore Binon s’arrogeant aussi Europe et Melpomène dans le prologue. Les solistes des divertissements (et autres furies), issu·es du Chœur de chambre de Namur, assurent leurs interventions efficacement, même si quelques limites se font entendre çà et là. Les parties chorales n’appellent – elles – que des louanges, qu’il s’agisse de gazouiller les plaisirs ou de faire tonner les puissances maléfiques.

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    Encore une – bien – belle découverte à porter au crédit de Reinoud van Mechelen – incomparable défricheur déjà... – et du Centre de musique baroque de Versailles.

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    Soit un double CD indispensable pour tout amoureux de ce merveilleux répertoire baroque français, bien trop méconnu !!!

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    Ce samedi 28 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et si la tragédie en musique « Les Boréades » était le chef d’oeuvre des chefs d’oeuvre de Jean-Philippe Rameau ?.. Une magistrale évidence de clarté – lisibilité de l’interprétation de György Vashegyi et sa troupe, de ce sommet de tout l’art français…

    Et si la tragédie en musique « Les Boréades » était bel et bien le sublimissime chef d’œuvre des chefs d’œuvre de Jean-Philippe Rameau ?..

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    Telle est la puissante impression première qui me vient à l’esprit à l’écoute des ultimes minutes de l’enregistrement, en 2 CDs, de ces « Boréades« , tragédie en musique en cinq actes, du double CD Erato 5021732372734 du Purcell Choir et de l’Orfeo Orchestra, sous la direction de György Vashegyi,

    avec les chanteurs Sabine Devieilhe (Alphise), Reinoud Van Mechelen (Abaris), Benedikt Kristjänsson (Calisis), Philippe Estèphe (Borilée), Thomas Dolié (Borée), Tassis Christoyannis (Adamas/Apolllon), Gwendoline Blondeel (Sémire/Une Nymphe/L’Amour/Polymnie) _ superbement enregistré à Budapest du 18 au 21 septembre 2023…

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    Avec une très impressionnante lumineuse force de clarté et lisibilité, à la française, de cette magistrale interprétation _ écoutez-la ici…

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    Et ce n’est là que la toute première impression, mais saisissante, de ma toute première écoute _ des 157 minutes de cet enregistrement…

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    Ce à quoi s’ajoutent les lumineuses présentations, aux pages 22 et 23, puis 24 à 28, de Benoît Dratwicki et, « Les Boréades de Rameau, envers et contre tout« ,  de Sylvie Bouissou.

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    Oui, c’est proprement stupéfiant d’évidence de beauté…

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    Un sommet de tout l’art français !

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    Ce jeudi 11 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Prendre plaisir à la découverte d’oeuvres d’un compositeur trop oublié jusqu’ici : Pierre-Montan Berton (1727-1780), à l’Opéra de Paris, et dans le beau sillage de Rameau (1683-1764)…

    Ce sont les très brillantes réussites des CDs d’Alexis Kossenko (le double CD Château de Versaille Spectacles CVS101 « Simphonie du Festin royal de Monseigneur le Comte d’Artois – Versailles 1773« ), d’une part,

    et Cyrille Dubois (le CD Aparté AP319 « Jouissons de nos beaux jours !« ), d’autre part,

    qui comportent, le premier, des airs (l’un, un « air vif » ajouté en 1760 à une reprise de « Camille reine des Volsques » d’André Campra _ à la plage 3 du premier des deux CDs ; à regarder ici (2′ 13) _, et  l’autre, une « chaconne » ajoutée en 1761 à une reprise d’ »Iphigénie en Tauride » de Desmarets et Campra _ à la plage 9 du second des deux CDs _),

    et le second, l’air « Dans ce fatal instant, quels vœux puis-je former ? » du ballet en un acte « Deucalion & Pyrrha« , de 1755 _ à la plage 18 du CD _,

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    qui m’ont vivement incité à me renseigner bien davantage sur ce compositeur, Pierre-Montan Berton (Maubert-Fontaine, 7 janvier 1727 – Paris, 14 mai 1780),

    sur son parcours de musicien et compositeur ; ainsi que sur son œuvre, et les interprétations de celle-ci au disque jusqu’ici _ soient seulement des extraits d’oeuvres, passés relativement inaperçus, de ma modeste part de mélomane au moins…

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    Ainsi ai-je pu découvrir _ et prendre vraiment conscience _ qu’au moins deux autres airs chantés extraits d’œuvres de Pierre-Montan Berton avaient aussi connus de belles réalisations discographiques, et de la part de Reinoud van Mechelen et son ensemble A nocte temporis,

    en ses très remarqués CDs Alpha 753 « Jeliote, haute-contre de Rameau« , pour l’air « Ce n’est pas un crime en aimant« , extrait de la pastorale en un acte « Érosine« , de 1765 _ à la plage 19 de ce CD ; à écouter ici (2′ 24) _ ;

    et Alpha 992 « Legros, haute-contre de Gluck« , pour l’air d’Amintas « Conduisez ces captifs » _ à écouter ici (2′ 54) _ ; ce CD « Legros » comportant aussi deux autres airs de Pierre-Montan Berton, instrumentaux seulement, eux : un « air pour les cyclopes » _ à écouter ici (1′ 46) _ et un « air gracieux » _ à écouter ici (1′ 59) _, tous les trois extraits de la pastorale héroïque en trois actes « Sylvie« , de 1749 _ ces trois airs de la « Sylvie » de Pierre-Montan Berton se trouvant aux plages 4, 5 et 6 de ce CD…

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    Et au passage, il me faut souligner la part prise pour ces quatre très belles réalisations discographiques par Benoît Dratwicki, le directeur du Centre de Musique Baroque de Versailles, qui signe les quatre remarquables présentations des livrets de ces CDs...

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    On peut aussi trouver des interprétations de la célébre « Nouvelle Chaconne« , en mi mineur, de Berton, en 1762, par exemple par la Bayerische Kammerphilharmonie sous la direction de Reinhard Goebel, en un CD OEhms OC705 « Mozart in Paris« , en 2007 _ en voici une vidéo de 8′ 45…

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    Bref, nous aimerions découvrir _ son talent le mérite ! _ bien davantage que ces brefs _ très beaux _ extraits d’œuvres, issus du génie musical bien trop méconnu jusqu’ici de Pierre-Montan Berton, qui fut très actif à l’Opéra, à Paris, de 1749 à son décès, le 14 mai 1780, date à laquelle celui-ci était rien moins que directeur-général de l’Opéra…

    Et c’est ainsi qu’il a pu composer beaucoup de très réussis nouveaux airs _ tels que ceux, donnés ici, pour la « Camille reine des Volsques«  de Campra, créée à l’Académie Royale de Musique le 9 novembre 1717 ; ou l’« Iphigénie en Tauride » de Desmarets et Campra, créée à l’Académie Royale de Musique le 6 mai 1704… _ pour des reprises « actualisées » de très nombreux opéras _ tragédies en musique, ballets, etc. _ du répertoire de l’Opéra à Paris, depuis ceux de Lully, Desmarets, Campra, etc., jusqu’à ceux de Rameau et consorts, comme cela se pratiquait beaucoup alors… 

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    Ce mardi 3 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Cyrille Dubois, ou la perfection de l’art du chant français : l’époustouflant CD Aparté « Jouissons de nos beaux ans ! »

    L’art de chanter le français de l’époque baroque (Rameau, etc.)

    _ mais pas seulement en ce répertoire baroque dans lequel, effectivement magnifique, Cyrille Dubois a participé à de très très nombreux CDs (cf ici sa très riche discographie) ; cf aussi, et en priorité, son merveilleux coffret de 3 CDs Aparté AP 284 « Fauré – Complete songs » !.., chroniqué dans mes articles des 3 juin « «  et 6 août 2022 « «  ;

    mais aussi son CD « Liszt – O Lieb !«  Aparté AP 200 (cf mes articles des 5 novembre « «  et 25 novembre 2019 « « ) ;

    et son CD « Lili & Nadia Boulanger – Mélodies«  Aparté AP 224 (cf mes articles des 26 février « «  et 2 mars 2020 « « ) ;

    et encore le CD « So romantique !«  Alpha 924 (cf mon article du 19 mars 2023 « « )… _, 

    atteint ici un sommet véritablement époustouflant

    _ à comparer avec les performances superbes, elles aussi, de Reinoud van Mechelen, en sa trilogie des haute-contres du baroque français, les CDs Alpha 554 « Dumesny« , Alpha 753 « Jeliote » et Alpha 992 « Legros« , parus respectivement les 8 octobre 2019, 3 septembre 2021, et à paraître après-demain 22 septembre 2023… _

    avec le CD Aparté AP 319 « Jouissons de nos beaux ans ! » du haute-contre/ténor Cyrille Dubois,

    sur un très remarquable programme élaboré avec la collaboration ultra-compétente de Benoît Dratwicki _ qui présente ce programme aux pages 14 et 15 de ce CD Aparté _ et du Centre de Musique Baroque de Versailles

    _ un programme composé semble-t-il en partie à partir du très riche « Concert François arrangé par Mr Francœur Surintendant de la musique du Roy Pour le Festin Royal de Mgr Le Comte d’Artois, Année 1773«  (pour ce festin royal qui eut lieu le 16 novembre 1773 au château de Versailles), un manuscrit conservé aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale sous la cote H383 ;  

    cf ici le remarquable CD pionnier, enregistré au mois de juin 1993, « François Francœur – Musique des Tables royales«  de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne (dont j’étais alors le conseillé artistique), le CD Fnac Music 592287 ; Hugo Reyne n’ayant retenu de ce manuscrit que des œuvres de la main de François Francœur (Paris, 21 septembre 1698 – Paris, 5 août 1787)… ;

    et c’est sur ce même très précieux manuscrit que vient d’être élaboré le passionnant double CD, seulement instrumental lui aussi, « Simphonie du Festin Royal de Monseigneur le Comte d’Artois – Versailles 1773« , un très riche double CD Château de Versailles Spectacles CVS101, d’Alexis Kossenko dirigeant ses ensembles Les Ambassadeurs et La Grande Écurie, dont le livret du CD comporte lui aussi, aux pages 11 à 13, une présentation de Benoît Dratwicki : je reviendrai prochainement sur ce récent CD…

    Et je remarque au passage que ni le CD (Château de Versailles Spectacles CVS101) d’Alexis Kossenko, ni le CD (Aparté AP 319) de Cyrille Dubois, ne mentionnent ce passionnant travail pionnier d’Hugo Reyne en son CD Fnac-Music 592287 de 1993… _,

    et avec les somptueuses prestations de l’Orfeo Orchestra et du Purcell Choir, sous la direction absolument idoine, elle aussi, à ce répertoire français baroque, du décidément, CD après CD, excellentissime chef hongrois György Vashegyi…

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    Le premier _ mais loin d’être le principal ! _ mérite de ce CD « Jouissons de nos beaux ans ! » de Cyrille Dubois, par rapport aux CDs de Hugo Reyne en 1993, et d’Alexis Kossenko, cette année 2023, est donc de nous donner à entendre, lui _ et enfin ! _, pas mal de beaux airs chantés issus des plumes de compositeurs _ au nombre de 12 : 4 déjà décédés à la date du concert composé par François Francœur pour le Festin Royal de Mgr le Comte d’Artois, donné à Versailles le 16 novembre 1773, et 8 toujours vivants à cette date… _ dont des extraits d’œuvres ont été donnés lors de ce Festin Royal du 16 novembre 1773, au château de Versailles,

    soient, ici pour ce CD du moins, 21 airs _ ainsi, aussi, que 8 pièces instrumentales ; seuls les airs chantés (par Cyrille Dubois, ou/et les chœurs du Purcell Choir) sont mentionnés par moi ici en gras… _ extraits de 19 œuvres de

    Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris 12 septembre 1764) _ « Castor & Pollux » (créé en 1737) ; « Platée«  (1745) ; « Les Fêtes de Polymnie«  (1745) ; « Zaïs » (1748) ; « La Guirlande«  (1751) ; « Daphnis & Églé » (1753) ; et « Les Boréades » (de 1763) _,

    Antoine Dauvergne (Moulins, 3 octobre 1713 – Lyon, 11 février 1797) _ « Les Amours de Tempé«  (1752)  _,

    Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (Narbonne, 25 décembre 1711 – Paris, 8 octobre 1772) _ « Titon & L’Aurore«  (1754) et « Les Fêtes de Paphos«  (1758) _,

    Pancrace Royer (Turin, 12 mai 1703 – Paris, 11 janvier 1755) _ « Zaïde, reine de Grenade » (1739) et « Les Pouvoirs de l’Amour » (1743) _,

    François Rebel (Paris, 19 janvier 1701 – Paris, 7 novembre 1775) _ « Tarsis & Zélis«  (1728), avec François Francœur _,

    François Francœur (Paris, 21 septembre 1698 – Paris, 5 août 1787) _ « Tarsis & Zélis«  (1728), avec François Rebel _,

    Louis-Joseph Francœur (Paris, 8 octobre 1738 – Paris, 10 mars 1804) _ « L’Aurore & Céphale«  (1766) _,

    François-Lupien Grenet (1700 – 1753) _ « Le Triomphe de l’Harmonie«  (1737) _,

    Pierre-Montan Berton (Maubert-Fontaine, 7 janvier 1727 – Paris, 14 mai 1780) _ « Deucalion & Pyrrha«  (1755) _,

    Bernard de Bury (Versailles, 20 août 1720 – Versailes, 11 novembre 1785) _ « Les Caractères de la Folie«  (1743) _,

    Jean-Baptiste-Philibert Cardonne (26 juin 1730 – après août 1792) _ « Ovide & Julie«  (1771) _,

    et Pierre Iso (1715 – 1794) _ « Phaétuse«  (1759) _ :

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    21 airs qui constituent ainsi, en ce splendide CD « Jouissons de nos beaux ans !« , énormément de premières discographiques, d’une sorte de chant du cygne de l’art du chant baroque français, juste avant le règne des musiques de Glück et de Piccinni à la cour de Louis XVI et Marie-Antoinette, après le décès de Louis XV, le 10 mai 1774…

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    À suivre…

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    Ce mercredi 20 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa