Étiquette : Berliner Philharmoniker Recordings

  • Jeter une oreille au Schönberg de Kirill Petrenko et ses Berliner Philharmoniker : un somptueux rageur « Concerto pour violon  » de la guêpe Patricia Kopatchinskaja, qui nous emporte…

    Parmi les monuments discographiques marquants érigés en célébration du 150e anniversaire de la naissance, le 13 septembre 1874 à Léopoldstadt, Vienne, du grand Arnold Schönberg (Leopoldstadt-Wien, 13 septembre 1874 – Los Angeles, 13 juillet 1951),

    figure en bonne place l’imposant – et il prend déjà de la place par son large et épais format – coffret de 3 CDs et un Blu-Ray Audio et Vidéo BPHR 250511 du Berliner Philharmoniker, que lui ont consacré ces musiciens du Berliner Philharmoniker et leur présent chef Kirill Petrenko,

    auquel tout mélomane devait probablement se confronter, à sa publication, l’année 2025…

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    Cf ici l’article « Retour à Schoenberg » que le 3 janvier 2026, il y a 3 jours, vient de lui consacrer, sur son site Discophilia, la fine oreille cultivée et compétente de Jean-Charles Hoffelé…

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    RETOUR À SCHÖNBERG

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    Ceux qui espéraient retrouver le geste épuré d’Herbert von Karajan seront surpris : Kirill Petrenko fait de sa Verklärte Nacht un conte névrotique – voilà ! – où les Berliner sont somptueux quasi malgré eux : la baguette fouille les errements harmoniques, dessine au scalpel les motifs, fait surgir chez Dehmel du Trakl plus que du Maeterlinck. Je reste fasciné par la précision de la lecture malgré le vitriol.

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    La Kammersymphonie No. 1 sera de la même eau, bousculée, suractive, comme débordée par un flot d’idées qui ne peut s’empêcher de jaillir, mais l’exaltation du geste n’empêche pas le lacis harmonique de rayonner, les rythmes complexifiant à l’infini un discours tout aussi névrotique que celui de Verklärte Nacht.

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    Ce premier Schönberg sous Freud – de la discographie – n’aura pas disparu dans les roides Variations, chef-d’œuvre que Karajan exposait dans une lumière glaçante à force de perfection. Kirill Petrenko les bouscule par des tempos prestes, donnant à la partition un ton expressionniste jusque-là guère tenté – non plus – au disque. La même veine assez weimarienne anime un fabuleux Concerto pour violon où l’archet – fouailleur – de Patricia Kopatchinskaja ose l’âpreté : elle va si loin dans la partition – oui – , jusqu’au point de rupture qu’elle assume face aux Berliner comme distants devant ce furioso.

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    Clou de ce projet Schönberg, Die Jakobsleiter laissé inachevé par le compositeur, les notes comme les mots, trouve sa version la plus transcendante, raffinements et fulgurances partagée par le chœur, les solistes, l’orchestre, tout un monde qui soudain nous invite dans l’atelier du créateur, ce à quoi Pierre Boulez lui-même n’était pas parvenu.

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    Ecoutez les disques, regardez les concerts filmés, immergez-vous dans ce bel objet, sans oublier de lire l’article – en allemand et en anglais seulement, comme tout le livret de 80 pages – de Martin Kaltenecker.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Arnold Schönberg (1874-1951)

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    Verklärte Nacht, Op. 4 (version pour orchestre à cordes, 1943)
    Symphonie de chambre No. 1, Op. 9
    Variations pour orchestre, Op. 31

    Concerto pour violon et orchestre, Op. 36
    Patricia Kopatchinskaja, violon

    Die Jakobsleiter

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    Wolfgang Koch, baryton (Gabriel) – Daniel Behle, ténor (L’Elu) –
    Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, ténor (Le Rebelle) –
    Johannes Martin Kränzle, baryton (Le combatif) –
    Gyula Orendt, baryton (Le Second élu) – Stephan Rügamer, ténor (Le Moine) – Nicola Beller Carbone, soprano (Le mourant) –
    Liv Redpath, Jasmin Delfs, sopranos (Les âmes) –
    Rundfunkchor Berlin

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    Berliner Philharmoniker
    Kirill Petrenko, direction

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    Un livre-disque au format italien du label Berliner Philharmoniker Recordings BPHR 250511, contenant 3 CD et 1 Blu-Ray Disc Audio et Vidéo
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    Photo à la une : © Berliner Philharmoniker Recordings

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    Pour ma part,

    cette « Verklärte Nacht » – en sa version pour orchestre à cordes de 1943 – des Berliner Philharmoniker m’a laissé sur ma faim, quand m’ont bien plus et la « Kammersymphonie No. 1 » – de 1906 – et les admirables « Variations«  – de 1928  – ; et m’a absolument subjugué et passionné le « Concerto pour violon » – de 1936 – dans lequel le formidable  jeu fouailleur de la guêpe – ici, plutôt qu’abeille… – Patricia Kopatchinskaja, s’escrime et l’emporte, de haute rageuse lutte, pour se faire écouter et merveilleusement rayonner parmi le tapis de miel de velours opulent et terriblement séduisant de la ruche, irradiante et irisée, envoutée et séduite, de la troupe de l’orchestre des Berliner Philharmoniker – écoutez ici – : nous ne l’oublierons pas de sitôt, ce lancinant « Concerto« …

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    Ce mardi 6 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa