Étiquette : Blog encherchantbien.fr de Francis Lippa

  • Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…

    En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,

    voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :

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    De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :

    …

    Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années. 
    Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain. 
    C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière. 

    Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales. 

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? 

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.

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    Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :

    …

    En forme de conversation à distance, et par l’écrit…
     
    Mes coordonnées :
    Francis Lippa
    à Bordeaux
    Je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires…
    …

    Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément. 
    Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain. 
    C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple
     par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! –  sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…

    Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc,  avec plaisir et même (et surtout !) passion…

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert 
    enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques…

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    Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :

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    L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.
     
    En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…
     
    Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…
    Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!
    Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…
     
    Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et ‏tout prêt à m’y enthousiasmer !
    Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :
    Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :
    consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…
    Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…
     
    Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…
    Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…
     
    Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,
    vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…
     
    Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    avec le compositeur Karol Beffa le 25 mars 2022 : vidéo  ;
    et le musicologue ravelien Manuel Cornejo le 17 avril 2025 : vidéo .
    Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
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    Et à suivre bien volontiers…
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    Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Faire mieux connaître les bijoux de la musique française demeurés trop méconnus : le CD « So Poétique ! », d’un goût parfait de délicatesse et raffinement, sans mièvrerie ni préciosité, de Cyrille Dubois (suite)…

    En quelque sorte en renfort à mon article « Une nouvelle brillantissime pépite du très épatant ténor Cyrille Dubois : un superbissime récital de mélodies françaises avec orchestre, le CD « So Poétique ! « avec le Brussels Philharmonic dirigé par un excellent Pierre Dumoussaud. Un trésor de plus que ravissantes découvertes de l’art français du chant entre 1870 et 1914… » en date du 12 avril 2026,

    avant-hier 27 mai, est paru sur ResMusica, et sous la plume de Matthieu Roc, l’article « Cyrille Dubois, chantre de la mélodie française avec orchestre« , faisant lui aussi un vif éloge du CD Alpha 1214 « So Poétique ! » en son fervent et très réussi service en faveur de la musique française méconnue,

    que j’ai bien sûr plaisir à partager ici ;

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    Cyrille Dubois, chantre de la mélodie française avec orchestre

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    Après son excellent récital « So romantique » (Clef ResMusica) composé de raretés du répertoire lyrique pour ténor léger, continue son service en faveur de la musique française méconnue avec « So poétique ! », un disque dédié aux mélodies avec orchestre.

     

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    , dans son excellente notice de présentation, explique que ce répertoire des mélodies françaises avec orchestre est à la fois spécifique et encore peu exploré. Voilà de quoi stimuler l’intérêt des enfants de la révolution baroque, c’est-à-dire nous tous, mélomanes et artistes curieux de vérité historique et gourmands de couleurs sonores différentes – voilà. Ces mélodies françaises présenteraient dans leur grande majorité un accompagnement instrumental réduit, léger, qui permet au chanteur de ne pas forcer la voix et de prioriser la mise en valeur du texte, et ceci les différencierait des Lieder avec orchestre d’outre-Rhin. Autre caractéristique : nombre d’entre elles seraient restées inconnues, car n’ayant pas dépassé le stade fragile de manuscrit. Bien sûr, on peut trouver des contre-exemples, mais quand Alexandre Dratwicki énonce les noms de Saint-Saëns, Massenet, Gounod, Godard, Dubois, Caplet, Vierne, de La Tombelle, Holmès, Fauré, Franck, David, Thomas…on est bien obligé de reconnaitre notre faible connaissance de ce qu’il appelle « un continent oublié du répertoire romantique français », malgré les progrès récents dus à l’activité du , partenaire de cette parution.

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    Voici donc, sans être exhaustif, Le Soir de Gounod, délicieux de couleurs crépusculaires, puis l’énergique Embarquez-vous ! – à découvrir en cette vidéo… – de . Des trente mélodies avec orchestre de Saint-Saëns, nous en avons trois ici, dont seule Extase a été gravée récemment par Tassis Chritoyannis et l’Orchestra della Svizzeria italiana. Le rayonnant Lever de soleil sur le Nil était, semble-t-il, inédit. Il y a beaucoup de merveilles à redécouvrir et surtout, simplement, à découvrir. Avouons une tendresse particulière pour le piquant Ne nous oubliez pas d’, et l’envoûtante Berceuse pyrénéenne de Fernand la Tombelle, mais tout le programme est d’une belle hauteur d’inspiration, y compris – hum, hum... – les exquises bondieuseries Pourquoi les oiseaux chantent de , Procession de Franck et En prière de Fauré. Pour alléger le programme et estomper un possible excès de sucre, on y a inséré quelques vers simplement parlés, et trois magnifiques pièces orchestrales de : Lamartine, Alfred de Musset, Victor Hugo. Ca ne vient pas mal.

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    Si on évite l’effet de saturation en confiserie, c’est surtout grâce au remarquable travail sur les couleurs – oui – opéré par les artistes. – une fois encore excellent ! – à la baguette gère avec une précision d’orfèvre les sonorités du , très souple et transparent – absolument. Dans cette dentelle musicale, n’a aucune peine à dérouler son souffle long, son phrasé exceptionnel, ses nuances subtiles et la prodigieuse intelligibilité de sa diction – oui, oui, oui, oui : quatre fois oui… Ce point est à louer avec vigueur – en effet ! – : entendre chaque mélodie et comprendre chaque mot sans avoir à lire le livret – voilà ! – , c’est rare même avec un piano – tout à fait ! Avec un orchestre, c’est exceptionnel – absolument. Son talent – rare – de diseur joue alors à fond, et valorise le texte au premier plan – absolument – , confirmant ainsi pleinement – oui – l’exposé d’ – ainsi que le choix du titre « So Poétique ! » donné à ce CD…

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    Un excellent album – voilà ! – , utile à la connaissance de la musique française et d’un goût parfait – oui !!! – , sur lequel se précipiteront tous ceux qui aiment la délicatesse et le raffinement – voilà, voilà ! -, sans les confondre avec mièvrerie (étrangère à ce programme) et préciosité (où n’est jamais) – tout cela d’une parfaite justesse…

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    Charles Gounod (1818-1893) : Le soir, Ma belle amie est morte ; Benjamin Godard (1849-1895) : Embarquez-vous, 3 fragments poétiques Op. 13 No. 1 Lamartine, No. 2 Alfred de Musset, No. 3 Victor Hugo ; Camille Saint-Saëns (1835-1921): Aimons-nous, Extase, Lever de Soleil sur le Nil ; Louis Vierne (1870-1937) : Chanson d’automne ; Théodore Dubois (1837-1924) : Printemps, Pourquoi les oiseaux chantent ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Les roses d’Ispahan ; Fernand de La Tombelle (1854-1928) : Berceuse pyrénéenne, Sonnet d’Estienne de la Boétie ; Jules Massenet (1842-1912) : Le poète et le fantôme ; Augusta Holmès (1847-1903) : Ne nous oubliez pas ; Gabriel Fauré (1845-1924) : En prière ; César Franck (1822-1890) : La procession ; Félicien David (1810-1876) : La vengeance des fleurs ; Ambroise Thomas (1811-1896) : Le Soir. Cyrille Dubois, ténor ; Brussels Philarmonic ; Pierre Dumoussaud, direction. 1 CD Alpha-Classics. Enregistré du 31 mars au 4 avril 2025 à Flagey, Bruxelles. Notice de présentation en français, anglais, allemand. Textes des poésies fournis avec traduction en anglais. Durée : 68:43

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    Un travail musical parfait, et délicieux à savourer !

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    Ce vendredi 29 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une magique pépite de CD qui vous colle une jubilatoire dose de bonne humeur pour toute la journée : le CD Colin Currie Records « Colin Currie et Steve Reich – Live at Fondation Louis Vuitton », enregistré à Paris les 2 et 3 décembre 2017…

    Oui, c’est bien là une magique pépite de CD qui vous colle une jubilatoire dose de bonne humeur pour toute la journée que ce magistral CD Colin Currie Records CCR 9990 « Colin Currie & Steve Reich – Live at Fondation Louis Vuitton« , enregistré à Paris les 2 et 3 décembre 2017, que j’ai trouvé dans la bac des CDs soldés du rayon Musique de la librairie Mollat, et que, sur les conseils, comme toujours très très avisés, du formidable Vincent Dourthe, je me suis empressé de prendre et ramener chez moi…

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    Cet extraordinaire magique CD Live (de 64′ 24) de Steve Reich (né le 3 octobre 1936 à New-York) et Colin Currie (Edimbourg, 25 septembre 1976), avec le Colin Currie Group, enregistré à la Fondation Louis Vuitton à Paris en décembre 2017 et paru en 2019, comporte les merveilleux 5 morceaux suivants de Steve Reich (né le 3 octobre 1936 à New-York) :

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    _ « Clapping« , créé en 1972 (3′ 51) – enchantez-vous ici ! – ;

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    _ « Proverb« , créé en 1995 (15′ 25)  – émerveillez-vous ici... – ;

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    _ « Mallet Quartet« , créé en 2009 (14′ 44) – et admirez encore ceci : I Fast, II Slow, III Fast – ;

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    _ « Pulse« , créé en 2015 (15′ 48) – voici la pièce , et aussi voir ici cette vidéo… – ;

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    _ « Music for Pieces of Wood«  , créée en 1973 (14′ 36) – et écoutez encore cette autre merveille magique…

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    Une fraîcheur qui fait un formidable bien par ces journées de canicule – qui déchaînent, et c’est le bouquet !, les délires négationnistes des climato-sceptiques…

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    Et je rappelle au passage ici la vidéo de mon passionnant entretien à la Station Ausone le 25 février 2022 avec le compositeur Karol Beffa à l’occasion de la publication de son magnifique « L’Autre XXe siècle musical » : c’est en effet lui, l’ami Karol Beffa, qui m’a engagé à découvrir, pour ma plus grande joie, l’œuvre splendide de Steve Reich, dont il salue l’exemple magnifique à partir de 31′ 20 de ce très riche entretien ; il en cite ainsi « Proverb« , de 1995…

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    Et je signale aussi que ce merveilleux et si jubilatoire CD Colin Currie Records CCR 9990 « Colin Currie & Steve Reich – Live at Fondation Louis Vuitton » enregistré à Paris les 2 et 3 décembre 2027, et paru en 2019, ne figure pas dans le magistral coffret Nonesuch de 27 Cds et 1 DVD « Steve Reich – Collected Works » – qui figure lui aussi dans ma discothèque personnelle – : un trésor,

    auquel j’ai consacré un article en date du 2 mai 2025 « Une merveille absolue du coffret Nonesuch « Steve Reich – Collected Works » : son « Jacob’s Ladder », un chef d’œuvre sidérant de 2023…« …

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    Plongez-vous vous aussi dans le si rafraîchissant et jubilatoire Steve Reich…

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    Ce jeudi 28 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…

    deux amis profondément mélomanes, le philosophe Bernard Sève et le rhumatologue Joël Dehais, ont répondu aussitôt par des courriels intéressants,
    que je m’empresse de partager ici :
     
    …
     
    _ à 11h 29, l’ami Bernard Sève, philosophe, m’adresse ceci :
     
    …
     

    Cher Francis,

     
    je suis comme toi attaché au CD, mais l’opposition n’est pas entre CD et concert comme tu le dis. L’opposition, pour moi, est entre CD et écoute sur Deezer ou autres plate-formes gratuites ou payantes.
     
    J’ai voulu offrir il y a quelques mois le CD d’une amie à des amis. Ils ne connaissaient ni le compositeur ni l’interprète, et le CD venait de paraître : ils l’ont trouvé immédiatement sur Deezer, avec une qualité de son incroyable. Ils ont quand même pris mon CD, à cause du livre d’accompagnement (qu’on ne trouve pas sur Deezer).
     
    De très nombreux amis se débarrassent de tous leurs CD, encombrants – voilà donc la principale raison : gagner de la place chez soi – , et ils vont plus que moi au concert ! Ils écoutent tout sur Deezer…..
     
    Le CD que j’évoquais s’appelle étrangement a fancy hattar (mélange d’anglais et de hongrois paraît-il). Il s’agit de l’enregistement par une amie violoniste, Anaëlle Blanc-Verdin, de certains des Assaggi de Johan Helmich Roman (1694-1758), fondateur de la musique baroque suédoise. Ce sont des pièces pour violon seul, très originales selon moi, des notations de ses improvisations qu’il n’a jamais fait imprimer. Anaëlle a souhaité insérer dans le livret du CD un entretien avec moi.  Le CD a paru au label Seule Étoile : https://seuletoile.fr/a-fancy-hattar/
     
    Tant que j’y suis, je te signale le CD qui sortira le 5 juin d’Iris Daverio, première flûte supersoliste de l’Opéra de Paris. Elle est très jeune et très douée, c’est une amie. Le CD s’appelle « Les amoureux en bleu », pièces de Debussy, Holmès, Lili Boulanger, Dutilleux, Ravel, etc. https://www.cultura.com/p-les-amoureux-en-bleu-13110688.html
     
    Amitiés,
     
    Bernard
    …
    Auquel courriel, à 13h 18, je réponds ceci :
    …
     

    Merci de ta très intéressante réponse.

     

    Je connais le label Seuletoile, créé par Alice Julien-Laferriere ; de même que le compositeur suédois Johan Helmich Roman, remarquable en effet.
    Mais tu n’expliques pas ici pourquoi tu préfères, toi, le CD à Deezer (et autres plate-formes numériques)…
     
    Pour ma part, je ne fie pas du tout a ce que je contrôle pas, et qui risque de disparaître du jour au lendemain, et devient alors irrécupérable… Le CD, lui, demeure à portée de la main !
     
    Merci, cher Bernard, de tes conseils et de ta vigilance…
     
    À suivre…
     
    Francis
     
    …
     
    Et à 18h12, c’est l’ami Joël Dehais qui m’adresse ceci :
     
    …
     
    Merci, cher Francis,
    mais tu ne parles pas du format vidéo comme média de la musique couplé à l’audio, qui permet le revisionnage associé à une réécoute à volonté, et qui est essentiel pour moi car il montre le ou les musiciens en action et ajoute une dimension esthétique et émotionnelle par l’expression des visages, l’élégance et la beauté des postures et des gestes (quand ces éléments sont au rendez-vous et que le cinéaste a du talent…).
     
    Ecouter la musique en voyant le musicien en streaming permet aussi, élément important, de résoudre le problème – de commodité matérielle – de l’espace occupé par les centaines ou milliers de CD que l’on finit par posséder quand on a une tendance addictive – une passion constitue-t-elle nécessairement une addiction ?..
     
    Je me promène tous les jours sur YouTube avec le plus grand bonheur.
     
    Amitiés,
     
    Joël 
    …
     
    Auquel, à 19h 22, je réponds cela :
     
    …
     
    Merci, cher Joël,

    de tes remarques sur ce qu’apportent les images-vidéo de musiciens-interprètes saisis dans leurs gestes et expressions en concert, ou lors de l’enregistrement d’un disque.

    Un point de vue qui passionne bien sûr, en plus du mélomane et de l’interprète que tu es, à la viole, au hautbois, l’observateur professionnel, rhumatologue, des postures de musiciens que tu es aussi.
     
    Mais, ce n’est pas sur les gestes et expressions des interprètes que se centre la priorité de mon attention personnelle de simple mélomane passionné,
    mais aux tentatives de saisie au plus juste de l’œuvre musicale même, « en son esprit » dirais-je,
    c’est-à-dire telle qu’elle est sortie de l’écriture improvisée, au plus vif de son inspiration, du génie créateur du compositeur…
    Car tel est bien l’objet de mon désir de mélomane…
     
    Un idéal souvent visé par certains interprètes, jamais atteint bien sûr par aucun – lire là-dessus Harnoncourt…
    D »où l’intérêt pour le mélomane et discophile de découvrir toujours de nouvelles interprétations qui s’en approcheraient davantage,
    ou qui seraient autrement révélatrices de l’essence même de l’œuvre, d’abord pour le compositeur lui-même :
    ce de quoi se rapprochent certains chefs d’œuvre d’interprétations, que je privilégie, au disque, pour cette profonde et honnête humilité-là de leur part…
     
    D’où ma préférence toute personnelle peut-être pour le medium seulement audio du disque, en cette visée-là de ma part,
    même si je conviens que des vidéos peuvent être elles aussi intéressantes – mais pour ce qu’elles pourraient révéler de la musique même, et pas des interprètes – pour cet essai de saisie « idéale » de l’œuvre ;
    et il m’arrive en effet d’utiliser aussi des vidéos de youtube, par exemple, bien sûr, pour des opéras – mais l’opéra, lui, n’est pas seulement musical, c’est un spectacle fondamentalement spectaculaire, pour les yeux aussi… ; et pour ma part, j’appréciais davantage, voilà, des interprétations d’opéras en mode oratorio…
     
    Mais beaucoup moins pour la musique instrumentale…
    Car je crains en effet, pour ma part, que centrer l’attention de mon regard sur les images des postures des interprètes au travail ne me détourne un peu trop de l’écoute de la musique elle-même, et de l’appréhension que je recherche personnellement de l’œuvre telle qu’elle est sortie de l’écriture du compositeur…
    Ce ne sont donc certainement pas les interprètes qui m’intéressent en priorité, ni même leur travail, et encore moins leur virtuosité – parasite, auto-centrée qu’elle est bien trop souvent !.. – , mais l’œuvre elle-même…
    Ce que permet l’écoute très attentive seulement audio du disque…
     
    Pour moi, la mission unique (!) d’un interprète-musicien, est de servir, avec humilité et tout le sérieux nécessaire, au plus juste et du mieux qu’il le peut, l’œuvre même,
    et pas du tout se servir d’elle… 
     
    Francis
     
    …
     
    Se centrer donc, soi-même auditeur – à son tour, et en bout de chaîne de telles successives médiations… – , de la musique, sur la priorité de l’appréhension de l’oreille, et de l’écoute en priorité, quitte à même se fermer les yeux pour mieux écouter… : 
    l’interprétation par les musiciens-interprètes d’une œuvre musicale ne devant être que la plus probe et humble possible médiation, par eux, nous rapprochant, interprètes eux-mêmes comme nous auditeurs-mélomanes, de la respiration essentielle de l’œuvre elle-même issue, un jour passé, du génie singulier et admirable, confondant, du compositeur…
     
    …
     
    Ce mercredi 27 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa