Étiquette : brièveté

  • Des oeuvres proprement jubilatoires d’Alexandre Tansman, issues (en 1927, 1933, 1937 et 1945) de ses très effectifs voyages de tournée (et séjours lointains) de par le vaste monde : une musique absolument emballante, et à nulle autre pareille !.. Et servie à la perfection par la sublime prestesse du piano enthousiasmant de l’italienne (des Pouilles) Maria Argenterio…

    Et comme en réponse immédiate à mon article «  » d’hier vendredi 10 mai,

    voici que j’ai réussi ce samedi  11 mai 2024 à mettre la main sur un exemplaire de ce CD « Tansman – Piano Music » de Maria Argenterio, dont je donnais dès hier un lien de podcast à l’intégralité (de 61′ 02) de ce CD Piano Classics  PCL 10260 : « proprement jubilatoire« , m’étais-je alors exprimé ! Et c’est absolument le cas !!!

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    Ce merveilleux CD, enregistré à Prato du 13 au 15 juin 2021, par Maria Argenterio, une artiste née en 1985 à Francavilla Fontana (province de Brindisi, dans les Pouilles), comporte des œuvres _ toutes constituées de pièces très brèves : remarquablemenr enlevées, avec une sublime prestesse ! _ de Tansman étroitement liées à ses voyages _ très effectifs ! _ de par le vaste monde,

    et composées en 1927 (« Sonatine transatlantique« ),

    1933 (« Le Tour du monde en miniature« ) _ de sublimes vignettes de paysages d’Hollywood, Honolulu, Nikko, Shanghai, Hong-Kong, les Philippines, Singapour, Penang, Bandoung, Bali, Ceylan, Bombay, Port de Soller à Majorque et enfin Naples… _,

    1937 (« Trois Préludes en forme de blues« )

    et 1946 (« Esquisses javanaises« ).

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    Enthousiasmant, vous dis-je !

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    Ce samedi 11 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir la superbe (et singulière) Musique de Piano de Jean Roger-Ducasse (1873 – 1954), bordelais, par le pianiste Joel Hastings (1969 – 2016), canadien : une belle et moderne prestesse…

    Mes lectures des lettres de Maurice Ravel dans l’ »Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel (Édition de 2018, par Manuel Cornejo), menées à l’occasion de mon suivi de la genèse, puis des édition et publication, ainsi que des représentations, du « Tombeau de Couperin » _ cf mes articles « « , « « , « «  et « «  des 27, 28 et 29 avril et 1er mai derniers _,

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    puis hier et ce matin du sympathique _ avec très peu d’erreurs _ et commode « Ravel » de Sylvain Ledda (Folio Biographies n°136), paru en octobre 2016 _ un peu avant l’indispensable « Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel réunie par Mauel Cornejo, parue, elle, en octobre 2018 _,

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    m’ont donné la vive curiosité de découvrir la musique de cet ami et contemporain de Maurice Ravel (Ciboure, 7 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937) qu’a été le compositeur bordelais Jean Roger-Ducasse (Bordeaux, 18 avril 1873 – Le-Taillan-Médoc, 19 juillet 1954)…

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    Ainsi ai-je pu dénicher _ comme souvent ! _, chez mon disquaire préféré, le CD Grand Piano GP 724 « Roger-Ducasse – Piano Works » du pianiste canadien Joel Hastings (Sault-Ste-Marie, Ontario, 22 juillet 1969 – Saline, Michigan, 26 mai 2016), enregistré à Tallahassee, Floride, les 6 et 7 janvier 2016, et paru dans les bacs le 3 mars 2017.

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    Et quelle belle musique !

    Originale et tout à fait singulière _ et très moderne même, voilà !, pour son moment de composition : entre 1897 pour la « Petite suite » (écoutez ici) et 1923 pour « Romance » (écoutez), mais surtout de 1906 pour la « Barcarolle n°1«  (écoutez, c’est superbe !), à 1921 pour les merveilleux « Impromptu » (écoutez)  et « Chant de l’aube » (écoutez)… _ !

    Et ce n’est ni du Fauré, ni du Debussy, ni du Ravel, mais bien du Roger-Ducasse…

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    Et quelle superbe interprétation _ écoutez, elle est accessible sur YouTube ici ! _ de Joel Hastings,

    décédé accidentellement le 26 mai 2016 à l’âge de 46 ans,  soit 5 mois à peine après cet enregistrement des 6 et 7  janvier précédents…

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    Sur cet excellent CD qui nous révèle cette vraiment superbe musique _ de pièces brèves, prestes : à la française ! _,

    jeter un œil à l’article joliment intitulé « Une musique qui « dérive » » de Jean-Baptiste Baronian paru le 16 septembre 2017 dans le magazine belge Crescendo, même si cet article nie bien trop à mon goût la singularité _ éclatante, heureuse ! _ de Roger-Ducasse _ qui est loin d’être seulement un malheureux épigone ; il a un génie propre ! qu’il ne faut pas lui dénier… _ :

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    Une musique qui « dérive »

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    LE 16 SEPTEMBRE 2017 par Jean-Baptiste Baronian

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    Roger-Ducasse

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    Jean ROGER-DUCASSE
    (1873-1954)
    Œuvres pour piano
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    Joel HASTINGS (piano)
    DDD–2017-78’ 31’’–Textes de présentation en anglais et français– Grand Piano GP724

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    Le Bordelais Jean Roger-Ducasse a été un des élèves de Gabriel Fauré, envers lequel il vouait une admiration sans réserve et dont il s’est beaucoup inspiré en écrivant ses propres œuvres, que ce soit ses pièces pour piano seul, sa musique de chambre ou ses compositions orchestrales, à l’instar de l’attachante Suite française, créée en 1908 au Concerts Colonne sous la direction de Gabriel Pierné.

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    Qu’est-ce qui a manqué à Jean Roger-Ducasse pour être presque toujours resté dans l’ombre de son maître et n’avoir pas connu la célébrité de Maurice Ravel né deux ans après lui et dont il a été l’ami ? Peut-être le fait qu’il n’a pas réussi à décrocher le fameux Prix de Rome, qui était tant convoité à l’époque et qui, comme l’écrit Katy Hamilton dans la brochure accompagnant ce disque, « garantissait pratiquement le succès de la carrière d’un jeune compositeur français » (en réalité, il n’a été récompensé que par le Premier Second Prix) ? _ mais Maurice Ravel ne l’a pas, lui non plus obtenu, ce Prix de Rome. À moins que ce ne soit son écriture elle-même, pourtant si fine, si élégante et si spontanée _ en effet ! _, mais qu’on ne peut ne pas rapprocher de celle de ses compatriotes les plus illustres, non seulement Gabriel Fauré et Maurice Ravel, mais aussi, il va sans dire, Claude Debussy, ainsi que l’atteste Sonorités _ écoutez-ici _, une des onze pièces pour piano remarquablement interprétées ici par le pianiste canadien Joel Hastings, décédé en 2016, à l’âge de quarante-six ans _ pour ma part, je trouve la musique de Roger-Ducasse beaucoup plus singulière et originale… La musique de Jean Roger-Ducasse « dérive » également, pour reprendre le mot de Laurent Ceillier dans sa monographie consacrée au compositeur en 1920, « dérive » également de Jean-Sébastien Bach « par l’écriture contrapuntique étonnante avec laquelle l’auteur se plaît à jouer des juxtapositions et des superpositions sonores » _ oui, cela est très juste ; et c’est probablement même ce qui la distingue clairement de Fauré, Debussy ou Ravel… Les Quatre études datant de 1915 en constituent un bel exemple avec un prélude très stylisé et une fugue aux limites du pastiche, à la manière d’une joyeuse récréation _ écoutez aussi ici le lent et le lentement…

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    Jean-Baptiste Baronian

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    Son 9 – Livret 7 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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    Mais aussi et encore, et en fouillant un peu mieux parmi le désordre de ma discothèque personnelle,

    voici cet article mien, en date du 23 juillet 2019, « « ,

    à propos du CD « Jean Roger-Ducasse – Patrick Hemmerlé« , Melism MLS-CD-013 _ enregistré à Paris en mars et septembre 2018 _, paru en 2019 :

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    A découvrir : le piano de Jean Roger-Ducasse (1873 – 1954) par Patrick Hemmerlé

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    — Ecrit le mardi 23 juillet 2019 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.
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    Parmi les musiciens français

    contemporains de Lucien Durosoir (1878 – 1955) :

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    Jean Roger-Ducasse (1873 – 1954).

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    Et son œuvre de piano _ entre 1906 et 1921 _

    interprétées par Patrick Hemmerlé :

    un CD Melism MLS-CD 013.

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    Une découverte ! Écoutez-ici.

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    Le 18 juin dernier, sur son site Discophilia,

    Jean-Charles Hoffelé

    m’avais mis la puce à l’oreille,

    avec son article Le Piano de Pan.

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    LE PIANO DE PAN

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    Un mystère : la musique de Jean Roger-Ducasse reste le secret le mieux gardé _ en tout cas l’un d’entre ces derniers _ du piano français, connu d’une poignée de mélomanes qui savent ses somptuosités _ oui. Dominique Merlet _ élève de Roger-Ducasse, et petit-fils de l’ami très proche de celui-ci, et bordelais lui aussi, André Lambinet (1er avril 1870 – 1954), dont la riche correspondance musicale de 1901 à 1951 est passionnante ; Cécile Lambinet (1903 – Bordeaux, 23 juillet 1964), fille d’André Lambinet, et épouse de François Merlet (Mussidan, 1er janvier 1901 – Bordeaux, 30 décembre 1998), sont les parents du pianiste Dominique Merlet, né à Bordeaux le 18 février 1938… (ajout du 4 mai 2024) _aura tenté de lui rendre la place qu’il mérite aux côtés de Fauré, Debussy et Ravel, Martin Jones, encyclopédiste comme il sait l’être, l’aura gravée intégralement, mais il fallait probablement ce disque entêtant comme un parfum _ voilà _ pour en révéler enfin toute les splendeurs _ oui.

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    Le piano de Jean Roger-Ducasse n’est que panthéisme _ voilà _, paysages sonores où l’harmonie se sature et s’envole, les doigts rêvent, les notes sont des impressions de senteurs. Inimaginable poésie des timbres qui produit une musique aussi addictive par son imaginaire sonore que peuvent l’être les œuvres de piano de Georges Enesco _ c’est tout dire ! Si les pianistes les fréquentent peu, c’est parce qu’elles sont difficiles, pour les doigts certes, mais plus encore pour la mémoire : Roger-Ducasse divague, déteste les thèmes et les repères _ tel Debussy _, détruit l’harmonie de l’intérieur comme le faisait l’ultime fauréen, et dans les moments les plus sombres – qui n’abondent pas – fait toujours pénétrer cette lumière de soir d’été.

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    Il faut un poète pour saisir tout cela, et un sacré pianiste, Patrick Hemmerlé sur un magnifique Bechstein qui chante loin et mordore ses timbres, en éclaire toutes les complexités, élance les myriades de notes en scintillements d’étoiles (écoutez la première Etude !), modèle les rythmes fuyants (l’Etude en sixtes), fait entrer dans ces univers clos tout un jardin dans le vent (les sublimes Rythmes de 1917).

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    Il a en plus construit un programme parfait, herborisant uniquement dans les chefs-d’œuvre de ce compositeur que je n’en finis pas de découvrir, en m’émerveillant. Impossible de ne pas vous laisser fasciner par ce disque _ probablement _ vampirique.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Jean Roger-Ducasse (1873-1954)

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    Barcarolle No. 1 en ré bémol majeur
    Etude No. 1 en sol dièse mineur
    Etude No. 2 en la bémol majeur
    Etude en sixtes en sol bémol majeur
    Arabesque No. 1 en fa dièse majeur
    Arabesque No. 2 en ut majeur
    Rythmes en sol bémol majeur
    Sonorités en la bémol majeur
    Barcarolle No. 2 en sol bémol majeur
    Barcarolle No. 3 en fa majeur

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    Patrick Hemmerlé, piano
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    Un album du label Melism MLS-CD-013

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    Photo à la une : le pianiste Patrick Hemmerlé – Photo : © Jean-Baptiste Millot

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    Ce mardi 23 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Voilà.

    Et excellente écoute !

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    Ce samedi 4 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la Musica callada de Federico Mompou à l’écoute de la quintessence acérée et voluptueuse de l’intime

    Le magnifique Josep Colom

    m’a non seulement fait découvrir les Sonatas de Manuel Blasco de Nebra

    (Séville, 2 mai 1730 – Séville, 12 septembre 1784)

    _ cf mon article d’hier : … _,

    …

    mais aussi la Musica callada de Federico Mompou

    (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987)

    …

    en sa superbe intégrale de L’Œuvre pour piano de Mompou,

    un coffret de 4 CDs Mandala 5021/24, publiée en 1993.

    …

    …

    Música callada signifie Musique tue,

    gardée pour soi dans le silence :

    …

    du moins le silence imposé à la parole, et au verbiage…

    …

    …

    La joie selon Mompou

    _ cf aussi la pièce très justement intitulée …pour appeler la joie, extraite de Charmes, composée en 1921, en hommage affiché à Paul Valéry _

    n’est pas exubérante, ni, a fortiori, dionysiaque ;

    …

    mais elle aspire,

    en sa brièveté _ toute scarlatienne _, à la quintessence fugace de l’intime…

    …

    Rien qui pèse, rien qui dure ni se répète, rien qui insiste…

    …

    Seulement l’intensité sobre et brûlante-froide

    du pur instant magiquement saisi au vol

    par le geste musical

    …

    qui croise alors Kairos.

    …

    …

    Ce que réaliseront à la perfection,

    en 1959, 1962,1965 et 1967,

    les 28 pièces des quatre cahiers successifs de la Música callada, de Mompou.

    …

    …

    Alors, quel interprète choisir ?

    …

    …

    J’hésite entre

    l’interprétation parfaite de justesse et élégance

    du splendide coffret L’Œuvre pour piano, Mandala MAN 5021/24,

    de Josep Colom,

    enregistré en 1991-92 ;

    …

    et la version de l’inestimable coffret Complete Piano Works, Ensayo, puis Brilliant Classics 65 15,

    de Federico Mompou lui-même,

    enregistré en 1974 ;

    et disponible tout entier (mais oui !) en podcast sur you tube…

    …

    …

    La joie dont il s’agit n’a certes rien ici

    ni de l’esprit du Baroque _ à la Scarlatti _,

    ni de celui de l’Empfindsamkeit, ou du Sturm und Drang _ à la Carl Philipp Emanuel Bach _ ;

    …

    et c’est la toute première,

    de ma collection de « Musique de joie« ,

    à être issue du redoutable XXème siècle ;

    …

    mais cette joie musicale-là a quelque chose de la joie oxymorique,

    tout à la fois acérée et voluptueuse,

    du poème Charmes de Paul Valéry (en 1922)

    comme du rare et éblouissant Canticó de Jorge Guillen (en 1928).

    …

    …

    Un voyage musical on ne peut plus singulier, ainsi,

    au cœur irradiant du présent…

    …

    …

    Ce samedi 11 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lire une correspondance publiée : intensité et vérité _ ici, la Correspondance (1981-2017) de Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

    Sans s’égarer-perdre, à ma façon idiosyncrasique, dans la jungle épaisse et contournée _ labyrinthique _ des détails,
    voici en deux mots, l’essentiel d’une puissante correspondance : « intensité et vérité » !
    …
    …
    Alors que je goûte personnellement peu _ et de moins en moins, avec l’âge _  les fictions
    (et la perte-fuite-épuisement, romantique ou surréaliste, dans les imaginaires _ dont je sépare radicalement le pouvoir positif, lui, d’imageance puissamment connectrice du penser ! _,
    …
    j’apprécie tout spécialement et très vivement les correspondances
    de plus ou moins _ et plutôt moins que plus : se regarder écrire est très contre-productif ! _ écrivains
    _ Madame de Sévigné ne l’était pas : seulement une écrivante libre, et selon ses strictes nécessités personnelles, et exquises fantaisies _,
    dans leur riche mélange, au fil de la plume rapide,
    du grain de l’essentiel parfois saisi au vol _ une grâce assez rare ! _
    et de la paille du quotidien des travaux et des jours _ avec ses humbles richesses, que la plume sait parfois clairement détacher… _ :
    à travers le grain subtil et somptueusement irisé (à son meilleur ! bien sûr…)
    de la peau plus ou moins fine des détails les plus triviaux,
    mais si riches de puissances pour qui sait les remarquer et faire parler-raconter-s’exhaler,
    …
    là précisément où
    en toute innocence apparente
    demeure-se terre-se cache le diable
    qui mène, discrètement, bien sûr, parfois le bal :
    …
    au lecteur de cette correspondance publiée,
    et à la suite _ par-dessus l’épaule _ du destinataire originel,
    de savoir lire
    et apprécier la pleine saveur du texte et sous-texte…
    …
    …
    Intensité et vérité : absolument !
    …
    …
    C’est ce que j’ai jadis apprécié dans ma lecture de l’ensemble des lettres conservées _ non détruites par sa petite-fille _ de Madame de Sévigné,
    à l’occasion du travail que je m’étais donné
    d’y repérer tout ce qui concernait la musique,
    …
    car elle et sa fille,
    en leurs lettres de trois fois la semaine quand, inquiètes de chacune, elles étaient séparées,
    se mettaient assez souvent à chanter (la mère ; et aussi le gendre) et danser (la fille)
    dans ces intenses missives !
    …
    Lettres chantantes et dansantes.
    …
    Chant et danse imprégnant, forcément, de leur puissante enivrante aura, tout le reste !
    …
    La gaieté est fondamentale dans toutes les activités _ sans exception _ des vivants humains !
    …
    …
    Ici,
    dans la correspondance des deux vieux amis (depuis leur classe terminale, en 1965-66 à Brive, au lycée Cabanis)
    _ à paraître le 13 septembre prochain, aux Éditions Verdier _
    que sont Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel,
    …
    maints supports se succèdent :
    lettres, bien sûr,
    mais aussi cartons d’invitation, cartes postales,
    et maintenant (régulièrement depuis 2009) les courriels,
    qui inclinent la plupart du temps à la brièveté.
    …
    Car l’un comme l’autre des deux amis travailleurs forcenés,
    ont bien d’autres chats à fouetter,
    ces deux aux tempéraments fortement contrastés : dissymétriques, inversés,
    complémentaires dans leurs divergences et différends animés même.
    …
    Chez ces deux forcenés du travail,
    le temps d’écrire une lettre est nécessairement compté _ et souvent même différé : pour gagner davantage de calme _ ;
    et la correspondance serait largement fonctionnelle,
    si leurs liens se réduisaient à l’ordre de l’utile voire du nécessaire : ce qui est assez rarement le cas ici.
    La cause à décisivement trancher est plus profonde et essentielle !
    …
    Non,
    nous avons plutôt affaire à une sorte de célébration sans cesse disruptive
    et même un peu mâtinée de vieille sauvagerie,
    par à-coups, piqûres de rappel de loin en loin, à l’occasion, de l’amitié
    de la part de deux écrivains consacrant le meilleur de leur très précieux temps à la réalisation de leur œuvre d’écriture ;
    …
    et, curieusement, du moins en première apparence, à fronts renversés,
    face au réel à décidément et fièrement capter
    (cf page 66, in la lettre du 19-5-1996) :
    …
    celui qui a longtemps enseigné la littérature au collège, et se réalise en prosateur : ses récits, et surtout, pour moi, son admirable Journal !,
    est passionnément épris de philosophie (Hegel, Descartes) et de sociologie ;
    …
    celui qui a longtemps enseigné (à mi-temps) la philosophie au lycée, et se réalise en poète (et éditeur),
    est passionnément épris de littérature et, plus encore, poésie (Hölderlin, Dante, Bonnefoy).
    …
    …
    A mes yeux,
    le meilleur de Pierre Bergounioux ici est le texte _ parfait ! _ de sa Préface (pages 7 à 11),
    intitulée, d’un mot emblématique en ses jeunes années de Jean-Paul Michel : « Allez ! » ;
    …
    et c’est Jean-Paul Michel qui, me semble-t-il, se livre le plus (et à fond) dans quelques missives ardentes un peu développées et suivies, ainsi que solidement argumentées
    de temps en temps…
    …
    …
    Voilà, pour commencer…
    …
    …
    Nous ne sommes donc pas tout à fait ici, et plutôt rarement, à hauteur du sublime Carnet de notes de Bergounioux ;
    auquel Jean-Paul Michel sait rendre parfaitement la grâce qu’il convient.
    …
    Cf sa magnifique lettre du 4 ou 5 octobre 2007, page 112, à propos de sa lecture du second volume parvenu, ou plutôt réceptionné par lui, le matin même, dans sa boîte postale bordelaise :
    …
    « De tous les compliments qu’il m’aura été donné de recevoir pour un livre,
    le plus grand aura été celui-ci :
    « Le jour où j’ai reçu votre livre, je n’ai pas été travailler »
    (Gérard Noiret, de La Quinzaine, en 1997, pour Le plus réel...).
    Eh bien le second volume de ton Carnet de notes vient de me jouer le même tour. Je l’ai pris à la boîte à 8 h 30 ce matin. J’y suis toujours… après avoir découvert que j’avais ni plus ni moins oublié mes deux heures de cours de 10 à 12 ! « .
    …
    …
    C’est donc là,
    me semble-t-il du moins à la première lecture _ je vais poursuivre _,
    davantage un document connexe à leurs biographies parallèles d’auteurs (gens-de-lettres)
    _ même si Jean-Paul Michel parle réellement très peu de lui et de son quotidien _
    qu’une (vraiment) œuvre propre,
    sur la durée de leurs deux existences depuis l’année marquante _ de l’éveil _ de la Terminale Philo de 1965-66…
    …
    …
    Retour aux critères d’intensité et vérité.
    …
    …
    Cependant existent bien là de tels puissants moments d’intensité et vérité…
    …
    comme c’est le lot en une correspondance,
    …
    dans le treillage
    de l’intensité la plus haute des idiosyncrasies des interlocuteurs
    vraiment amis
    et du quotidien en apparence le plus anecdotique…
    …
    …
    Pourquoi pas ?, donc…
    …
    Il suffit de patience, constance,
    et profonde fidèlité
    pour faire advenir-affleurer-s’épanouir parfois le principal
    qu’un véritable auteur est capable de donner à paraître et resplendir en son écriture.
    …
    Dans le dialogue-duel.
    …
    Intensité et vérité.
    …
    …
    Ce mardi 4 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa