Étiquette : Camille Saint-Saëns

  • D’admirables éblouissantes interprétations des Concertos pour piano de Saint-Saëns par Alexandre Kantorow au clavier et et son père Jean-Jacques à la direction de l’orchestre du Tapiola Sinfonietta : deux CDs absolument jubilatoires !

    Le centième anniversaire, le 16 décembre 2021, du décès de Camille Saint-Saëns

    (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921)

    …

    est magistralement (!!!) célébré au disque

    par deux superlatifs SACDs BIS _ à grimper au rideau de pur plaisir ! _ d’Alexandre Kantorow, au piano, et son père Jean-Jacques Kantorow dirigeant le Tapiola Sinfonietta,

    les CDs BIS 2300 et 2400, parus respectivement en 2019 et 2022,

    …

    qu’a superbement chroniqués, sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé,

    en deux articles successivement intitulés « Bravoure » (en date du 21 mai 2019) et « Grand Piano » (en date du 14 juin 2022).

    …

    …

    BRAVOURE

    …

    …

    Et si le coup de génie pour réussir les Concertos de Saint-Saëns était l’entente intime et donc absolue entre le piano et l’orchestre ? À ce titre là, aucun pianiste n’aura eu cette chance, sinon peut-être Magda Tagliaferro pour son Egyptien _ le n°5 _ avec Jean Fournet.

    …

    …

    Il aura fallu qu’un fils et un père s’y attellent. Evidemment, ce disque insensé doit être le premier volume d’une intégrale de tout ce que Saint-Saëns aura écrit pour son piano – il était un virtuose, cela s’entend : oui, oui… – et son orchestre. Car l’écoute délicate et fusante entre Alexandre et Jean-Jacques Kantorow expose enfin le génie de ces œuvres qui ne sont pas du tout des concertos classiques, se jouent des genres, revendiquent le droit à une fantaisie absolue _ voilà : Saint-Saëns ne manquait certes pas d’esprit !

    …

    …

    Ce n’est pas peu écrire qu’ils sauvent l’opus le plus délicat de la série, ce Troisième _ composé en 1868 _, généralement le pont aux ânes des intégrales, ici en dessin clair _ oui _ et malgré ses ombres il rayonne _ mais oui… Le Quatrième _ composé en 1875 _ par le naturel absolu _ voilà ! _ de leur interprétation, rejoint Casadesus, les mêmes lignes lumineuses, mais l’ampleur des timbres en plus.

    …

    …

    Et l’Egyptien ? Concerto redoutable _ composé en 1896 _, un peu Douanier-Rousseau, mais chéri des fortes personnalités : Tagliaferro l’aimait autant que Sviatoslav Richter, tous les deux y voyaient des Espagnes et un exotisme où le piano inventait d’autres sonorités tout au long de l’Andante qui n’est pas qu’un voyage en felouque : Saint-Saëns y produit une divagation poétique inouïe _ oui _ dont Alexandre Kantorow saisit les alliages subtils avec des caresses de grand fauve. Lorsque le motif de la musique nocturne sur le Nil résonne, il évoque dans le battement des accords qui stridulent le haut du clavier une dimension onirique que personne n’avait poussé aussi avant, avec une telle précision, ni Magda ni Sviatoslav.

    …

    …

    La finesse _ oui _ des couleurs et des dessins que lui offrent son père et ses musiciens finnois sont de la pure poésie _ voilà. Le Finale peut venir, Alexandre fait fuser tranquillement son clavier, envole tendrement son piano avec des agilités de chérubin, petit génie dont ce n’est que le troisième opus ! J’admire !

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Camille Saint-Saëns
    (1835-1921)

    …
    Concerto pour piano et orchestre No. 3 en mi bémol majeur, Op. 29
    Concerto pour piano et orchestre No. 4 en ut mineur, Op. 44
    Concerto pour piano No. 5 en fa majeur, Op. 103 “L’Égyptien”

    …

    Alexandre Kantorow, piano
    Tapiola Sinfonietta
    Jean-Jacques Kantorow, direction

    …

    Un album du label BIS 2300
    …

    Photo à la une : le pianiste Alexandre Kantorow – Photo : © DR.

    …

    …

    GRAND PIANO

    …

    …

    En ouvrant l’album, une photographie montrant Saint-Saëns jouant sous la direction de Pierre Monteux, Salle Gaveau le 6 novembre 1913 me saute aux yeux. Quelle belle idée, pour illustrer le deuxième volume d’une intégrale de tout ce que le compositeur du Carnaval des animaux aura écrit pour le piano et l’orchestre.

    …

    …

    L’ampleur _ oui _ de la déclamation initiale du Deuxième Concerto _ composé en 1868 _, jusqu’au tonnerre qui ouvre le grave du piano, puis ce thème modelé avec une douleur sourde, quel art, quelle façon de faire entendre dans cette partition si courue comme une autre musique _ exotique… Saint-Saêns fut un immense voyageur de par le globe…

    …

    …

    Le père aide le fils, cet orchestre n’est pas en retrait, il est absolument consubstantiel aux sons qui murmurent ou jaillissent du grand meuble dont Alexandre Kantorow joue comme d’un orgue, rappelant à quel point Saint-Saëns savait élargir le piano en creusant l’espace entre les registres. Faire entendre cela est simplement inouï. Finale épique, l’orchestre bondissant autant que le pianiste dans un saltarello à perdre haleine.

    …

    …

    Génial _ absolument ! _ , comme tout le disque où le fils et le père rédiment le Premier Concerto _ composé en 1858 _ et se délectent des bizarreries _ en effet délicieuses _ d’Africa  _ terminé de composé au Caire, le 1er avril 1891 : Saint-Saëns adorait séjourner en Afrique ; et est, d’alleurs, décédé à Alger… _, de la fantaisie pince-sans-rire du Wedding Cake _ de 1885 _ (comme ce jeune homme sait se moquer, ses doigts rire !) ou encore de la pétillante bourrée _ en 1884 _ de la Rhapsodie d’Auvergne !

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …
    …

    Camille Saint-Saëns (1835-1921)

    …
    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en ré majeur, Op. 17, R. 185
    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en sol mineur, Op. 22, R. 190
    Wedding Cake, Op. 76, R. 124
    Allegro appassionato en ut dièse mineur, Op. 70, R. 37
    Rhapsodie d’Auvergne, Op. 73, R. 201
    Africa, Op. 89, R. 204

    …

    Alexandre Kantorow, piano
    Tapiola Sinfonietta
    Jean-Jacques Kantorow, direction

    …

    Un album du label BIS Records 2400
    …

    Photo à la une : le pianiste Alexandre Kantorow – Photo : © DR

    …

    …

    Œuvres superbes _ et magistralement classieuses… _ d’un immense, très grand, compositeur français,

    à redécouvrir comme ici…

    …

    Et interprétations magnifiques _ que dis-je, absolument éblouissantes ! _

    absolument idoines à l’idiosyncrasie du puissant génie singulier de l’élégant et clair et imaginatif et fantasque Saint-Saëns,

    des Kantorow, fils et père,

    saisis ici, au Tapiola Hall, à Espoo, en Finlande, en un jubilatoire enthousiasmant état de grâce…

    …

    …

    Un double enchantement discographique, donc.

    …

    Et un must pour toute vraie discothèque !

    Constituant une aubaine à ne surtout pas laisser passer…

    …

    Aux bons entendeurs de musique à ce point de perfection-là incarnée, salut !

    …

    …

    Ce mardi 21 juin 2022 _ Fête de la musique… _, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter « Le Carnaval des animaux, Grande fantaisie zoologique », de Camille Saint-Saëns : une réjouissante pochade…

    Camille Saint-Saëns

    (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921)

    avait pas mal d’humour,

    …

    ainsi que le montre son Carnaval des animaux, Grande fantaisie zoologique ;

    composée pour célébrer, en privé, un mardi-gras.

    …

    …

    L’œuvre fut créée le 9 mars 1886,

    puis jouée chez l’amie Pauline Viardot le 2 avril de la même année…

    …

    …

    Les premières auditions publiques et intégrales

    _ de cette très réussie pochade ! _

    ont été posthumes :

    …

    les 25 et 26 février 1922,

    et sous la direction de Gabriel Pierné.

    …

    …

    J’en écoute ici une interprétation

    par Henri Demarquette, violoncelle,

    Boris Berezovsky et Brigitte Engerer, pianos,

    et l’Ensemble orchestral de Paris

    _ deux violons, un alto, une contrebasse, une flûte, une clarinette et des percussions diverses _,

    dirigé par Joseph Swensen ;

    …

    en un CD Mirare MIR 108,

    enregistré au Studio 104 de la Maison de la Radio à Paris en novembre 2009 ;

    et publié en 2010.

    …

    …

    Et voici la vidéo d’une interprétation en concert, à Varsovie,

    de ce réjouissant Carnaval des animaux,

    par de jeunes musiciens polonais.

    …

    …

    Ce vendredi 17 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le délicieux bonbon fondant de la mélodie « A Chloris » de Reynaldo Hahn

    La mélodie française,

    pour poursuivre l’élan de mon inspiration d’hier à propos des saisissantes Nuits d’été de Berlioz

    _  _,

    est très souvent capable d’un charme fou, vraiment ;

    …

    avec la capacité de légèreté, tendresse, douceur, élégance

    et merveilleuse délicatesse,

    de l’art français.

    …

    J’en veux pour preuve quelques unes des mélodies de Reynaldo Hahn

    (Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1947),

    absolument délicieuses.

    …

    Par exemple _ et je ne m’en lasse pas _,

    sur un poème de Théophile de Viau (Clairac, 1590 – Paris, 25 septembre 1626),

    la merveilleuse À Chloris.

    …

    Dont m’a enchanté l’interprétation

    _ au tout premier abord un peu surprenante _,

    en un CD étonnant et magnifique, le CD Virgin Classics 50999 216621 2 6, intitulé _ d’après une très belle mélodie, aussi, de Camille Saint-Saëns _ Opium,

    de Philippe Jaroussky ;

    qui avait, pour l’occasion _ très heureuse ! _, troqué sa voix de haute-contre, pour celle de ténor léger :

    …

    son meilleur disque, à mon goût, tout du moins…

    …

    …

    Sur ce magnifique CD Opium de Philippe Jaroussky,

    …

    une autre très réussie interprétation

    d’une autre merveilleuse mélodie de Reynaldo Hahn,

    et sur un poème, cette fois, de Charles d’Orléans (Paris, 24 novembre 1394 – Amboise, 5 janvier 1465) :

    …

    Quand je fus pris au pavillon…

    …

    …

    Bien sûr, on trouvera des interprétations un peu moins surprenantes de ces deux mélodies,

    sur ces petits merveilleux chefs d’œuvre de la plus haute poésie française

    _ quel goût, déjà, de la part de Reynaldo Hahn ! _,

    …

    telle, par exemple, celle

    et celle encore

    de la magnifique Véronique Gens, en son très beau récital intitulé Néère,

    soit le CD Alpha 215.

    …

    …

    Reynaldo Hahn sait être prodigieusement simplement délicieux…

    …

    …

    Ce samedi 23 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un après-midi d’écoute de musique, à la maison : un beau panier de CDs…

    Cet après-midi, beaucoup de musique, à la maison : des CDs.
    …
    D’abord, un beau Purcell (et autres) par La Rêveuse
    _ le CD London circa 1700 volume 1, le CD Mirare Mir368 _,
    même si un poil trop mélancolique pour moi (mais c’est leur habitude).
    Cela dit, ce CD London circa 1700 est vraiment très réussi dans son genre ; avec beaucoup de découvertes superbes
    de compositeurs moins connus que Henry Purcell, si exceptionnel, lui ; tels que Godfrey Finger, Daniel Purcell, William Croft, etc.., vraiment intéressants
    …
     
    Ensuite, un magnifique CD Erlebach Complete Trio Sonatas, par L’Achéron, dirigé par François Joubert-Caillet, toujours très musical _ il s’agit d’un CD Ricercar, RIC 393 ; et qui paraît ce jour même. Philipp-Heinrich Erlebach (1657 – 1714) est vraiment un excellent compositeur, proche de Buxtehude et Reincken (= le stylus fantasticus), en un peu plus apaisé. C’est un vrai régal de musique !
    Qui me fait penser à un merveilleux CD Alpha _ le CD Alpha 018 _, Zeichen in Himmel, de l’ensemble Stylus Fantasticus, dirigé par l’excellente Friederike Heumann, et avec la basse Victor Torres : une révélation de ce compositeur !
    …
    Puis, changeons tout à fair de genre, et d’époque : un très, très bel album Debussy à l’orchestre, par Les Siècles et François-Xavier Roth, Prélude à l’après-midi d’un faune, Jeux et Nocturnes _ soit le double CD/DVD Harmonia Mundi HMM 905291. C’est littéralement envoûtant !!! Une merveille d’interprétation orchestrale !
    …
    Et en ce moment, tout autre chose : un CD Tindersticks, The Waiting Room _ un CD LuckyDog18/Slang588. J’aime beaucoup la voix grave du chanteur, Stuart Staples :
    je n’ai pas résisté quand j’ai reconnu sa voix sur le CD qui passait au rayon Musique chez Mollat. Oui, j’aime décidément beaucoup Tindersticks.
    …
    …
    Pour en revenir à Goliarda qui continue d’occuper mes pensées _ en ses Carnets _, avec Rome, Gaeta, Catane et la Sicile,
    je dois dire que j’aimerai un jour découvrir enfin Naples et les petites îles de Ponza, Ventotene, Palmarola _ l’ami Bernard Plossu m’en a souvent parlé…
    …
    …
    Je pense aussi à La Luna de Bertolucci,
    avec une superbe villa près du Mont Circeo ; comme celle (ou même carrément celle !) de Moravia et Pasolini…
    J’aime beauucoup ce film, qui nous montre une Rome quasi africaine ; et aussi la musique (dont Mozart, Cosi.., avec un sublimissime Soave sia il vento…).
    Quelles lumières !!! _ une pensée pour Bernardo Bertolucci, le tendre et vif poète parmesan de l’image, qui vient de nous quitter.
    …
    J’ai aussi déniché l’autre jour un superbe Paris 1900, 3 sonates pour violon et piano (de Fauré, Pierné et Saint-Saëns),
    par Geneviève Laurenceau et David Bismuth. C’est un CD absolument parfait ! Soit la musique française à son acmé _ le CD Naïve V 5446.
    …
    Geneviève Laurenceau était, avec Lorène de Ratuld, du tout premier CD Durosoir : sa Musique pour violon et piano, dont Aquarelles _ il s’agit du CD Alpha 105. Aquarelles que Lorène de Ratuld, avec Vanessa Szigeti, cette fois au violon, avai(-en)t joué au Palazzetto Bru-Zane en ouverture raffinée du colloque Durosoir, en février 2011, dans le délicieusement baroque salon de musique du Palazzetto ;
    un merveilleux souvenir pour moi, ce séjour vénitien,
    avec ces déambulatons dans le labyrinthe des calli, et les moments en vaporetto sur la lagune,
    en plus de la musique de Durosoir à explorer…
    …
    Voilà.
    …
    A suivre…
    …
    Ce vendredi 11 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa