Étiquette : CD « Aline Piboule – Dutilleux et Fauré »

  • Admirer, et plus encore si c’est possible, la merveilleuse sensibilité et intelligence de jeu d’Aline Piboule en sa fantastique « Sonate pour piano » d’Henri Dutilleux : un must discographique !!!

    Je veux clamer ici bien haut le très haut degré d’intensité de ma très chaleureuse admiration pour l’intelligence ultra-sensible du merveilleux – parfait ! – jeu de piano d’Aline Piboule interprétant la singulière « Sonate pour piano » (de 1948) d’Henri Dutilleux (Angers, 22 janvier 1916 – Paris, 22 mai 2013) en son « opus 1 en soliste » au disque – pour reprendre l’expression d’Aline Piboule elle-même à la page 8 du livret de son CD – , le très singulier et très marquant CD Artalinna ATL-A017 « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré » – enregistré à Oxford du 18 au 20 août 2016… – que je viens de recevoir après l’avoir commandé le lundi précédent, 20 avril, à mon disquaire préféré à Bordeaux :  

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    une sonate dont l’interprète tenait à dire ceci : « Très certainement la Sonate de Dutilleux m’a sauvée à une époque  : elle seule avait le pouvoir de convoquer en moi énergie et exaltation – voilà ! (…) Je ressens dans cette partition tout l’enthousiasme – oui ! – d’un compositeur dans sa jeunesse, sa fougue au sein d’une architecture solide ; j’y entends, aux côtés d’influences très fortement françaises (mais également russes), une joie sensuelle – voilà ! – de « faire sonner le piano ». Un plaisir du son, de l’espace et des couleurs » – en toute l’extraordinaire richesse de ce rare chef d’œuvre d’Henri Dutilleux…

    Et Aline Piboule d’ajouter : « Dans son essai sur la virtuosité chez Liszt, Jankélévitch évoque la joie – voilà ; et nous la ressentons ici ! – que l’on peut ressentir lorsque l’on s’affranchit de la gravité, tel un danseur« …

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    J’ai comparé à cette magique interprétation-ci d’Aline Piboule, en 2016, à Oxford, une autre (enregistrée en 2000), et par une autre pianiste qu’elle, présente en un coffret Deutsche Grammophon de 6 CDs « Henri Dutilleux Edition » paru, lui, en 2014, et qui m’a laissé, elle, froid : rien de cette vie et de cette vérité essentielle qu’y révèle et magnifie le jeu si sensible et intelligent d’Aline Piboule, léger, véloce en même temps que profond et attentif aux moindres nuances, en l’enregistrement de ce CD-ci, assumé, et même revendiqué, en ce CD Artalinna « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré« … 

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    Et voici une vidéo (de 23′ 26) enregistrée à Vitry-sur-Seine lors du Festival Claude Helffer en 2015, un an avant l’enregistrement pour Artalinna à Oxford, même si je place encore plus haut le sublime enregistrement d’Oxford d’août 2016 : c’est lui qu’il faut écouter vraiment ; et le CD Artalinna est toujours disponible…

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    Et je tiens à citer ici in extenso le bel et si juste article de Jean-Charles Hoffelé – immense merci à lui ! –  « Piano français« , en date du 20 avril 2017, qui m’a fait connaître – je l’ignorais jusqu’ici – l’existence de cet extraordinaire et singulier – quelle vie ! – CD Artalinna ATL-A017 « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré« … :

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    PIANO FRANÇAIS

    Marier la Sonate de Dutilleux et deux pages majeures de Fauré, quelle étrange idée, non ? Mais lorsque la dernière mesure de la Ballade du second résonne et qu’y succède l’entre chiens et loups qui ouvre l’Allegro de la Sonate, une certaine poésie du son – voilà ! – , du phrasé de l’harmonie, si française – oui – , résonne.

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    Les ponts voulus par Aline Piboule entre ces deux opus que soixante-sept ans séparent laissent percer cette trame diffuse qui fait la singularité d’un art. Pour la Ballade de Fauré et ses nombreux chausse-trappes – Liszt égaré par son écriture fuyante laissera le piano au compositeur après quelques pages, sous l’œil amusé de Saint-Saëns – le ton ample, le son d’orchestre, la simplicité de l’allant mettent partout un ton d’évidence – oui. Cela ne traîne pas, mais pourtant cela rêve, quadrature du cercle que permet un vrai legato, vocal, ombreux.

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    Si la Sonate de Dutilleux commence sans la fièvre qu’y mettaient hier Monique de La Bruchollerie et aujourd’hui Arthur Ancelle, Aline Piboule persiste dans sa poésie trouble – oui, riche, complexe… – , éclairant le médium et le grave d’un clavier de peintre. Sommet de sa lecture d’une précision fanatique, le Lied, grande errance dont la ligne qu’elle soupèse avec art fait sourdre cette mélodie que Messiaen aurait pu composer. Et il faut entendre comment elle entre dans la grande architecture du Choral et variations, trompettes victorieuses, pour construire pas à pas la vaste structure voulue par Dutilleux.

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    La suite de l’album est de pure logique, puisque revenant à Fauré, elle déploie le vaste choral du Thème et variations, le chantant plutôt que le proclamant, l’animant dans le clavier mais sans frapper jamais, léger, joueur – oui, oui, sans jamais rien forcer… – puis soudain tragique. Piano versatile – riche, complexe, mais fluide et merveilleusement évident ! – qui va loin – très loin, profond… – dans cet opus souvent buriné par des mains plus avides. Ici le chant demeure toujours – oui – , vertu fauréenne qui éclaire les structures rythmiques les plus complexes, que porte un très beau Steinway généreusement capté.

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    Je me demande bien ce qu’elle ferait des Barcarolles ou des Nocturnes – c’est désormais réalisé, avec son merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902505 « Gabriel Fauré – Nocturnes & Barcarolles « ; cf mon article en date du 11 avril dernier : « Le rare talent, et à un tel degré de justesse aussi merveilleusement sensible, d’Aline Piboule : découvrir et admirer aussi, avec retard, son CD « Gabriel Fauré – Nocturnes et Barcarolles », de 2024 : une magie de pureté absolue d’interprétation-incarnation de la musique…« …

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Gabriel Fauré (1845-1924)

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    Ballade, Op. 19
    (version pour piano seul)

    Thème et variations, Op. 73

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    Henri Dutilleux (1916-2013)
    Sonate pour piano

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A017
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    Photo à la une : © Jean-Baptiste Millot

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    Et j’y ajoute ici ces quelques recensions d’articles de presse – avec quelques menues farcissures miennes – :

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    « Aline Piboule comprend aussi bien les deux musiques – Dutilleux et Fauré . Mieux, elle les sent – oui. Son instinct lui permet, entre autres, de boucler la boucle des périples les plus aventureux avec une rare évidence – absolument ! Et sa technique – parfaite – d’en éclairer chaque orientation avec fidélité. » (Pierre Gervasoni, Le Monde, 28 avril 2017)

    « L’on admire la pertinence et l’originalité – les deux ! – de ce premier disque en soliste (…) Si elle s’adapte aux particularités de chaque compositeur (son Fauré est gourmand, son Dutilleux tonique), Aline Piboule leur offre à tous deux un jeu puissant et gracieux – oui – , aux effusions – toujours – bien maîtrisées. » (Sophie Bourdais, Télérama, 14 juin 2017)

    « Disque splendide » – vraiment ! (Alain Lompech, Diapason, Juin 2017)

    « A travers une interprétation raffinée – oui – , architecturée, libre – oui, oui – , de la Sonate pour piano de Dutilleux, ainsi que de la Ballade op. 19 ou de Thème et variations de Fauré, elle affirme une autorité et une science du clavier – sans didactisme aucun, mais avec le plus parfait et profond naturel, et la joie de jouer… – dont il faudra se souvenir » (Michel Le Naour, Cadences, Septembre 2017)

    « le ton ample, le son d’orchestre, la simplicité de l’allant – oui – mettent partout un ton d’évidence – voilà ! Cela ne traîne pas, mais pourtant cela rêve, quadrature du cercle – en effet – permet un vrai legato, vocal, ombreux. »  (Jean-Charles Hoffelé, Discophilia, Avril 2017)

    « … une prise de son exemplaire. Dans les trois œuvres, [Aline Piboule] parvient à conjuguer le mystère et la lumière, la rigueur et la souplesse – oui, c’est cela. La riche texture polyphonique de Thème et Variation est d’une clarté absolue – oui – , mais sans sécheresse, avec bien de la sensualité – oui, voilà… – dans le toucher – merveilleux – (…) On admire également la subtilité – magnifique ! – de la gestion du flux musical, toujours sobre et rigoureux – et fruité – , avec de délicats dégradés de volume (…) particulièrement inventive dans le jeu des timbres et les chatoiements sonores. » (Jacques Bonnaure, Classica, Juin 2017)
    « Un très beau début qui suscite de grands espoirs » – qui seront splendidement avérés – (Jacques Bonnaure, Pianiste, Été 2017)

    « Très bien enregistré (…) une sonorité faite de délicatesse, de tendresse – oui, oui – , c’est merveilleusement phrasé, c’est une interprétation fantastique – oui – de cette Ballade de Fauré (…) simplicité et beauté de l’expression (…) » (à propos de la Ballade de Fauré) … « On ne l’entend jamais joué comme cela (…) Elle en propose une lecture un peu moins musclée, un peu moins athlétique, un peu moins hystérique, il y a une finesse – magnifique – dans le jeu d’Aline Piboule, une manière d’orchestrer son piano de manière différente, où il y aurait plus de place pour certaines des percussions, où l’on entendrait des vibraphones, des instruments à vents, des harpes, et pas forcément des grosses caisses, des cymbales (…) Cela donne un éclairage étonnant, surprenant, et très convaincant. » – mais oui – (à propos de la Sonatede Dutilleux, et notamment de son premier mouvement) (Philippe Cassard, 6 mai 2017)

    « C’est une merveille – absolument ! – d’intelligence musicale, de maîtrise pianistique, d’allant » (pour la Sonate de Dutilleux) … « Pas de Fauré de salon ici, c’est « toutes voiles dehors », presque caracolant dans la Ballade et c’est tout aussi enthousiasmant. Un grand disque de piano. » – tout à fait ! – (Thierry Vagne, 16 avril 2017)

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    Aline Piboule : une idéale et parfaite musicienne du piano…
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    Ce lundi 27 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa