En quelque sorte en complément à mon article « De l’importance de l’orchestre dans les Concertos pour Piano de Ravel : une perplexité…« , en date du 20 septembre dernier, à propos du CD Alpha 1162 « Ravel – Piano Concertos » du grand Nelson Goerner et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par son chef Kazuki Yamada,
voici que je découvre ce soir que l’article de ce jour de Jean-Charles Hoffelé, intitulé « Classique ?« , prononce, lui, l’expression similaire de « mi-figue mi-raisin »…
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Voici donc, à son tour, sur cette performance qui m’a laissé perplexe, ce très pertinent article « Classique ? » de l’excellent Jean-Charles Hoffelé :
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CLASSIQUE ?
Nelson Goerner aurait-il écouté attentivement Marguerite Long ? Les deux Allegro de son Concerto en sol majeur, si droits, et filant, le laisseraient penser. Ce piano classique est admirable comme l’antique, mais on ne trouvera pas ici l’évocation sonore de la scie musicale que Kazuki Yamada ignore, ni les sortilèges de l’épisode central du premier mouvement où Arturo Benedetti Michelangeli (qui les habillait de petites notes) comme Martha Argerich convoquaient un onirisme – voilà ! – digne de Salvador Dali – ici, je lui laisse bien volontiers pareille étrange association…
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Et l’Adagio ? Pas très « assai » à force de vouloir dire, volontiers décalé, mais sans la nostalgie – voilà – qu’y infusait Samson François, en fait si contraire à l’esprit Long dont Anne Queffélec proposa une réinterprétation éclairante.
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Mi-figue mi-raisin donc – oui, oui… – et pour l’orchestre assez loin – et c’est même un euphémisme – des splendeurs qu’Andris Nelsons obtenait de Boston pour Seong-Jin Cho – absolument d’accord ! Non, le plus saisissant du disque sera pour le Concerto en ré majeur, soudain Nelson Goerner est chez lui, il tient les ténèbres – voilà – d’une main de sorcier, et laisse sourdre ce désespoir élégiaque – un très juste oxymore – que Samson François avait su y débusquer.
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Les cadences sont dessinées à l’encre noire, mais là encore un hiatus paraît, ou du moins un retrait de l’orchestre – en effet – qui dans le kaléidoscope central manque de folie – cherchez la, entre jazz et pagodes, chez Andris Nelsons ou André Cluytens – dommage, car le Concerto « pour une patte » coule dans les veines du pianiste, ses mains le tenant dans un classicisme dont la pudeur va comme un gant à la Pavane pour une infante défunte, mais ignore – oui – les parfums empoisonnés, les danseurs fantômes des Valses nobles et sentimentales dont Vlado Perlemuter caressait les fantasmagories d’une main faussement ingénue.
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LE DISQUE DU JOUR
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Maurice Ravel (1875-1937)
Concerto pour piano et
orchestre en sol majeur, M. 83
Valses nobles et sentimentales, M. 61
Concerto pour piano main gauche et orchestre en ré majeur, M. 82
Pavane pour une infante
défunte, M. 19
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Nelson Goerner, piano
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Kazuki Yamada, direction
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Un album du label Alpha Classics 1162
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Photo à la une : le pianiste argentin Nelson Goerner –
Photo : © Hugues Duchêne
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Un CD qui n’emporte hélas pas l’adhésion enthousiaste….
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Ce jeudi 2 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
