Étiquette : Cécile Glaenzer

  • Accéder à d’autres musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigée par Albert Recasens : le CD « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna »…

    Accéder à d’autres belles musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigées au CD par Albert Recasens – cf mes articles des : « Des chefs d’oeuvre d’Espagne à découvrir : l’oeuvre vocale en latin du Padre Antonio Soler (1729 – 1783)« , « Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675) » et « Continuer à découvrir le charme envoûtant et splendide de l’oeuvre du compositeur du Siglo de Oro, Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)« , en date du 14 octobre 2018, et des 1er et 2 juillet 2023… – :

    voici ce que vient nous offrir le tout nouveau CD Lauda LAU 027 « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna » – enregistré à Valladolid les 8 et 9 novembre 2024… et écoutez ici… – ;

    dont m’a fait découvrir l’existence l’article de Cécile Glaenzer « Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle » paru le 29 mai dernier sur le site de ResMusica :

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    Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle

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    A la croisée des influences espagnoles et italiennes, Naples connaît une vie musicale intense dans les premières années du XVIIᵉ siècle. C’est là que nous emmène dans son voyage à travers l’Espagne baroque.

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    En 1600, Naples est espagnole depuis plus d’un siècle. La cour des vice-rois accueille de nombreux artistes et son rayonnement est grand dans toute l’Europe. Sur la colline – napolitaine – du Pausilippe, les nobles organisent des fêtes somptueuses dans leurs villas. L’activité musicale se développe avec la naissance des premiers conservatorii, fondés au XVIᵉ siècle comme établissements caritatifs destinés à accueillir les orphelins. A l’époque choisie pour ce programme, le vice-roi est le Duc d’Osuna – Pedro Tellez-Gijon, troisième duc d’Osuna (1574 – 1620)… – , personnalité complexe et flamboyante, qui fréquente autant les lieux de plaisir populaire que les salons aristocratiques. Le programme proposé ici est à son image, brassage du madrigal savant et des danses populaires.

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    Après deux disques remarqués qui nous ont amenés dans l’Espagne du XVIIIᵉ siècle, fait donc étape à Naples au début du XVIIᵉ siècle. Le programme de cet enregistrement comporte trois parties : des œuvres vocales pour la chapelle royale – « Nella Real Cappella« … – , des madrigaux de cour –  »Dopo il banchetto« … – , les danses d’un bal au palais – « Festa a ballo in Palazzo« … Les motets sacrés de la première partie sont tous de Trabaci – Giovanni Maria Trabaci (Montepeloso, ca. 1575 – Naples, 31 décembre 1647)… – , le compositeur le plus important à la cour des vice-rois à cette époque. On y retrouve l’écriture polyphonique vénitienne à deux chœurs. Les voix des chanteurs sont magnifiquement timbrées. La deuxième partie s’ouvre sur une danse instrumentale à la fois noble et bien rythmée avec l’arrivée des castagnettes, suivie par deux madrigaux – de Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca. 1587 – 1653) et Scipione Lacorcia (ca. 1585/95 – 1620)… – riches de chromatismes qui rappellent Gesualdo – 1566 – 1613… Les réjouissances de la dernière partie, un bal donné à l’occasion de la guérison du roi Philippe III en 1620, nous ramènent vers la musique d’inspiration populaire. On dispose des textes décrivant précisément la mise en scène éblouissante de ce bal, qui représente l’équivalent des grands ballets de cour français. Remarquables sont les interventions des ensembles de vents, chalemies et sacqueboutes. , avec sa verve habituelle, nous donne ainsi à découvrir une nouvelle facette de la vie musicale espagnole – voilà ! – ,  servie ici par des compositeurs italiens ; et nous saluons le choix d’un programme original et festif – oui – , où de nombreuses pièces sont ici enregistrées pour la première fois.

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    Delizie di Posillipo.Musiques de Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Ettore de la Mara (fl.1609-1620), Pietro Antonio Giramo (fl.1619-1630), Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca.1585-1653), Scipione Lacorcia (ca.1585-1620), Francesco Labardi (1587-1642), Giacomo Spiardo (?).La Grande Chapelle. Direction Albert Recasens.

    1 CD Lauda. Enregistré en novembre 2024 à Valladolid.

    Notice de présentation en français, anglais, allemand et espagnol.

    Durée 58:10

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    Un très beau CD qui vient nourrir notre curiosité musicale…

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    Ce vendredi 19 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P.s. :

    Et à l’appui de la satisfaction éprouvée à l’écoute de ce bien beau CD proposé par Albert Recasens,

    ce très instructif et très détaillé article-ci « Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III« , de Christophe Steyne, sur l’excellent site du Magazine Crescendo, paru à la date du lundi 29 juin 2026 :

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    Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III

    par Christophe Steyne
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    Delizie di Posilipo. Música para el virrey de Nápoles. Œuvres de Giovanni Maria Trabaci (c1575-1647), Ettore de la Marra (fl. 1609-1620), Giuseppe Palazzotto e Tagliavia(c1587-1653), Scipione Lacorcia (c1585-1620), Pietro Antonio Giramo (fl. 1619-c1630), Franceso Lambardi (1587-1642), Andrea Ansalone ( ?-1656)…

    La Grande Chapelle. Albert Recasens.

    Novembre 2024. Livret en espagnol, anglais, français, allemand ; paroles en langue originale, traduction trilingue. 58’07’’. Lauda LAU 027

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    Peu taillé pour l’exercice du pouvoir, Felipe III laissa opérer le Duc de Lerma, qui concéda à Pedro Téllez-Girón y Velasco le gouvernement de la Sicile (1610-1615), puis de Naples, alors sous domination de la branche hispanique des Habsbourg. La cité parthénopéenne s’affirmait comme un des centres européens les plus peuplés – oui ! – en ce début de XVIIe siècle. Lors d’une trouble conspiration contre la République de Venise, le vice-roi, titré Duc d’Osuna, fut suspecté de vouloir affranchir Naples de la couronne espagnole, voire de la détourner à son profit personnel. Ces intrigues et l’accession de Felipe IV en 1621 précipitèrent sa disgrâce et son emprisonnement, jusqu’à sa mort en 1624.

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    De complexion maladive, Felipe III recouvra la santé en 1620, certes brièvement puisqu’il mourut de déshydratation l’année suivante, à l’âge de quarante-deux ans. Avant cette issue fatale, la liesse fut décrétée pour fêter l’heureuse nouvelle. À l’instar des célébrations dynastiques, on organisa offices religieux, banquets et spectacles, d’autant volontiers que ce mois de mars coïncidait avec le carnaval. Par ce protocole, le vice-roi entendait célébrer la guérison du souverain autant qu’exalter la majesté de la cour napolitaine, et opportunément glorifier sa propre stature, voire assourdir les soupçons qui accablaient son obscure diplomatie.

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    C’est à Álvaro de Mendoza, gouverneur de la forteresse du Castel Nuovo, que fut confiée l’organisation d’une festa a ballo à grand renfort de danses et de scénographie. Parent du Mask anglais et du ballet sous Henry IV, ce Delizie di Posilipo boscarecce e maritime faisait écho au palais La Goletta, somptueuse villa de Don Álvaro située sur la colline de Pausilippe, ici investie comme allégorie du Mont Parnasse – voilà. Dans des décors de l’ingénieur Bartolomeo Cartaro résonnèrent des chants de Giovanni Maria Trabaci, de Francesco Lambardi (organiste du vice-roi) et de Pietro Antonio Giramo (compositeur de villanelles populaires), ainsi que la musique de ballet d’Andrea Ansalone et Giacomo Spiardo, ce dernier réglant également la chorégraphie.

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    Le sujet mythologique confronte deux empires, celui sylvestre patronné par le dieu Pan, celui marin de Vénus et Cupidon. Créatures rustiques, comiques et grotesques (bergers, singes et satyres) campent une sphère profane qui s’oppose à la grâce et à la séduction de cygnes et sirènes. L’Amour et le retour de la concorde viendront bien sûr concilier ces deux mondes, au gré d’une danse des chevaliers. Un narrateur et des personnages symboliques (Fortune, Temps, Gloire, Envie) briguaient la connivence avec l’aristocratique audience de l’époque.

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    La disposition spatiale dans la Real Sala contribuait à ce rapport métadiégétique, essentiel pour saisir les ressorts politiques plus ou moins évidents véhiculés par cet ouvrage. Le livret signé de Giambattista Basile s’incarnait dans « des attitudes chargées d’émotion, souvent difficiles à déchiffrer, capables de suggérer à la fois une expression sincère et une ambivalence ironique dans un même geste scénique » signale Nathan Kent Reeves dans son captivant mémoire*. Les limitations du langage sont d’ailleurs au cœur de la louange Lenguas son de este monte, évoquant l’indicible beauté de la nature.

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    Textes et musique furent aussitôt préservés et édités, facilitant la compréhension du public, et favorisant la réhabilitation pour les entreprises d’aujourd’hui. Philip Pickett et son New London Consort s’y étaient déjà risqués (L’Oiseau-Lyre, avril 1988), se limitant au Delizie mais le complétant par quelques appoints, comme une fanfare dérivée de Girolamo Fantini.

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    La réalisation d’Alberto Recasens se déploie dans une perspective élargie, en trois parties – voilà. La première renvoie aux cérémonies religieuses qui se tinrent probablement dans la chapelle du Palazzo Vecchio, par une sélection de psaumes et antiennes de Trabaci, maestro di cappella de la Real Cappella, s’exprimant dans une écriture polychorale sous allégeance des modèles vénitiens. Intitulée « Dopo Il Banchetto » et introduite par une Spagnoletta, la seconde section du programme invite le madrigal polyphonique a capella, dont Naples fut un foyer – dans l’orbite de l’immense génie de Carlo Gesualdo, et c’est bien sûr à relever… La troisième déroule le Delizie et se conclut par un madrigal strophique qui a fait l’objet d’une reconstitution musicologique et se trouve enregistré pour la première fois. Già spiega’l raggio honore l’éveil du printemps et le triomphe de l’amour, donc en lien direct avec le ballo di cavalieri qui le précède.

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    Neuf chanteurs, une vingtaine d’instrumentistes : La Grande Chapelle rivalise sans peine – oui – avec les effectifs du New London Consort et s’avère proche des circonstances historiques, du moins dans leur effet – voilà. D’un côté le studieux collectif britannique, un brin figé et muséal, de l’autre un plateau vivant et charismatique – c’est tout à fait cela… Superbement captée – oui – , la prestation surclasse ainsi son prédécesseur anglais, par sa chaleur, sa suavité et son lustre – oui, oui, oui. Comparons par exemple le Ballo De’ Selvaggi E Delle Simie, sur la seule cornemuse au Henry Wood Hall, et ici délurée sur un – riche – panel d’anches et cuivres.

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    On saluera la somptueuse – oui – rumeur des cornets et sacqueboutes. Aux chirimias, bajoncillos, bombardas, bajóns, l’on admire ici quelques pointures – bien connues et reconnues dans ce répertoire – : Elsa Frank, Adrien Reboisson, Stéphane Tambuy, Jérémie Papasergio. La parure est des plus suggestives – oui – , ainsi le Ballo de cigni aux cordes frottées et triangle, ou le parterre de flautas de pico qui nimbe le dernier tableau. Les basses d’archet de Marta Vicente assurent un confortable élan rythmique, pimenté par les percussions de Pere Olivé Aymerich – tout cela archi-vivant et délicieux.

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    Tant à l’aise – voilà – dans la ferveur des motets que dans la verve des madrigaux et la trame dramatique du Delizie – très contrastés – , l’équipe vocale parachève la réussite – réjouissante, en effet – de cet album. Lequel s’enrichit d’une instructive, profuse notice – de 13 pages, oui – , exemplairement traduite en français par Pierre Élie Mamou. Parrainé par le Centro de Estudios Europa Hispánica et la Fundación Tatiana pour le quatre-centième anniversaire de la disparition du troisième duc d’Osuna, voilà un disque à fêter – voilà ! – pour tout amateur du décorum à la charnière de la Renaissance et du Baroque. Et un digne, splendide tribut à cet événement politico-musical de 1620 qui, comme conclut la présentation de Rodulfo Hazen, connut un retentissement majeur sur les deux rives de la Méditerranée.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 10 – Répertoire : 9 – Interprétation : 10

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    [*] Reeves, Nathan Kent, Delights of Posillipo, Terrors of Vesuvius: Music, Spectacle, and Identity in Early Modern Naples. Master’s Thesis, University of Tennessee, 2015 (page 134)

     

  • Découvrir le CD « Artemisia » de l’Ensemble Agamemnon dirigé par le cornettiste François Cardey, un récital d’émouvantes œuvres musicales de l’Italie baroque en l’honneur d’Artemisia Gentileschi (1593 – 1656), peintre marquante du Seicento : un très beau CD de l’inventif label Seulétoile……

    Le CD Seulétoile SE 14 « Artemisia«  – enregistré à Saint-Amant-de-Boixe du 29 avril au 4 mai 2024 – de l’Ensemble Agamemnon dirigé par le cornettiste François Cardey, et avec la soprano Amandine Trenc – en voici une judicieuse vidéo de présentation, de 4′ 56 – , est à la fois très intéressant et très beau, par le répertoire qu’il arpente et incarne pour nous ici au disque,  constitué d’œuvres des compositeurs Giovanni Battista Fontana (1589 – 1630), Lucretia Orsina Vizana (1590 – 1662), Orazio Tardini (1602 – 1677), Salomone Rossi (1570 – 1630), Domenico Mazzocchi (1592 – 1665), Girolamo Frescobaldi (1583 – 1645), Francesca Caccini (1571 – 1640), Ippolito Tartaglino (1535 – 1582), Orlando di Lasso (1532 – 1594) et Alessandro Grandi (1590 – 1630), toutes en rapport avec la remarquable peintre Artemisia Gentileschi (Rome, 8 juillet 1593 – Naples, ca. 1656)…

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    Sur ce CD original – de l’imaginatif et créatif label Seulétoile d’Alice Julien-Laferrière – ,

    consulter l’article de Cécile Glaenzer intitulé « L’ensemble Agamemnon dans un programme de musiques caravagesques« , paru sur le site de ResMusica le 14 janvier 2026, qui me l’a fait découvrir et rechercher, goûter et apprécier…

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    L’ensemble Agamemnon dans un programme de musiques caravagesques

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    Les pièces vocales et instrumentales choisies par le cornettiste  et son ensemble illustrent les peintures les plus marquantes d’ et mettent en musique l’art du clair-obscur caractéristique de la peinture baroque.

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    Trois figures féminines issues des Ecritures parcourent l’œuvre picturale d’ : la Vierge Marie, l’infortunée Susanne et la repentie Marie de Magdala, qui ont également inspiré la production musicale de la première moitié du Seicento italien – voilà ! Ce sont elles que l’on retrouve dans les pièces vocales de ce programme, en alternance avec des pièces instrumentales de la même époque, dont le cornet et le violon se partagent la déclamation. Il est tout à fait dans l’air du temps de s’intéresser à cette artiste, victime d’un viol dans sa jeunesse – voilà ! – et qui s’identifie pour cela à la chaste Susanne surprise au bain par les vieillards lubriques ; le musée Jacquemart-André a récemment consacré une grande rétrospective à celle qui est devenue malgré elle une icône féministe. Le livret abondamment illustré qui accompagne le disque donne la parole à une historienne de l’art (Anne Delage) pour un portrait de cette artiste qui s’inscrit dans la lignée des peintres caravagesques.

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    Créé en 2015 par le cornettiste , l’ se consacre aux répertoires italien et germanique du XVIIᵉ siècle. Il s’attache à faire découvrir des pièces  oubliées, en tissant des liens thématiques avec la littérature, la poésie, les arts plastiques et les cinq sens plus généralement. Comme ce que nous donne à voir la peinture de cette époque, le répertoire baroque italien décrit les émotions humaines – les passions… – en se basant sur les contrastes. Pour illustrer l’histoire malheureuse de Susanne et les vieillards, la cantate Susana combattuta de occupe la partie centrale du programme – oui : 13′ 14 – et nous offre une véritable scène d’opéra, où la voix bien timbrée de la soprano exprime les affects les plus variés. Pour Marie-Madeleine en extase, il est fait appel à un motet très virtuose d’, puis c’est à nouveau Mazzocchi qui illustre les larmes de la sainte au pied de la croix. Ce Lagrime amare d’une grande sensualité est riche d’incroyables chromatismes – oui – , et la voix glisse sur des inflexions microtonales d’un effet saisissant. Les musiques vocales mariales d’, Lucretia Vizzana et sont plus sages et pleines de tendresse. Mais ce sont les épisodes instrumentaux, où le violon d’ et surtout le cornet de font assaut de virtuosité, qui nous réjouissent le plus, et en particulier les diminutions au cornet sur la chanson « Susane un jour » d’. Après l’ombre des sentiments tourmentés apparaît la lumière de l’espérance.

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    Artemisia. Œuvres de Giovanni Battista Fontana (1589-1630), Lucrezia Orsina Vizzana (1590-1662), Orazio Tarditi (1602-1677), Salomone Rossi (1570-1630), Domenico Mazzocchi (1592-1665), Girolamo Frescobaldi (1583-1645), Francesca Caccini (1571-1640), Ippolito Tartaglino (1535-1582), Orlando di Lasso (1532-1594), Alessandro Grandi (1590-1630). Amandine Trenc, soprano. Ensemble Agamemnon, cornet et direction artistique François Cardey. 1 CD Seulétoile. Enregistré en mai 2024 à Saint-Amant-de-Boixe. Notice de présentation en français. Durée : 60:27

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    Un programme tout à la fois beau et très intéressant.

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    Ce dimanche 8 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La collection Alessandro Stradella d’Andrea De Carlo dirigeant l’Ensemble Mare Nostrum s’enrichit d’un intéressant CD « Un Angelo del Paradiso – The Orrigani Songbook »…

    Sans avoir été totalement charmé,

    c’est avec cependant une curiosité assouvie que je me suis procuré de CD Arcana « Alessandro Stradella – Un Angelo del Paradiso – The Orrigani Songbook« , d’Andrea De Carlo dirigeant son Ensemnble Mare Nostrum…

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    L’article de Cécile Glaenzer « Un angelo del Paradiso : un florilège d’airs de Stradella« , paru tout juste hier sur le site de ResMusica, rend mieux compte que moi de la richesse de ce nouveau CD Stradella d’Andrea De Carlo,

    un florilège d’airs composés par Stradella pour le castrat Marc’Antonio Orrigani (ou Origoni) :

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    Un angelo del Paradiso : un florilège d’airs de Stradella

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    L’ et la soprano nous proposent ici une anthologie d’airs extraits d’opéras d’Alessandro Stradella.

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    poursuit avec bonheur l’enregistrement de son « Stradella Project » (qui en est à son huitième volume _ voilà ! _) de manière originale, autour _ cette fois _ de la figure du castrat Marc’Antonio Orrigani. Il reconstitue un Songbook imaginaire qui réunit des airs de six opéras et d’un oratorio que Stradella a composés pour son interprète préféré. Orrigani, castrat soprano au service du duc de Modène, était qualifié par Stradella lui-même d’ « ange du paradis ». Entre les airs, symphonies et danses instrumentales servent de ritournelles pour constituer un programme d’une belle cohérence aux enchaînements très fluides, qui met en avant les qualités dramatiques du compositeur.

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    On avait déjà remarqué dans le CD consacré à Il Trespolo tutore en 2021 que Stradella était maître dans l’art de la veine burlesque, précurseur de l’opera buffa. C’est encore ce qui ressort à l’écoute de ces extraits variés, mais pas seulement. La voix très théâtrale de la soprano italienne passe avec aisance de la légèreté comique aux accents désespérés de la tragédie. Dans l’air d’Antico en forme de bataille, l’appel aux armes étonne par des aigus volontairement forcés. Le contraste avec le grand air de désespoir de Susanna, dans l’oratorio éponyme, est saisissant, et les chromatismes de l’écriture viennent nous surprendre. Tous ces effets théâtraux sont parfaitement soulignés par des intermèdes instrumentaux dégageant une belle énergie. Malgré un effectif relativement réduit (deux violons et une basse continue), l’ donne l’impression de disposer de tout un orchestre grâce à l’inventivité d’un pupitre de basses très fourni, à l’instrumentarium varié. Les symphonies guerrières, nombreuses dans ce programme (« où battent autant de coups que de notes »), sont soulignées par des basses aux allures de percussion, et il nous semble entendre l’appel des trompettes dans le jeu des violons. Dans les ballets, les instrumentistes font preuve d’une dynamique contagieuse. Un programme exemplaire qui offre de bien belles découvertes  _ voilà qui est excellemment dit.

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    Un angelo del Paradiso. The Orrigani songbook. Alessandro Stradella (1643-1682). Airs, symphonies et ballets.

    Silvia Frigato, soprano. Ensemble Mare Nostrum. Andrea De Carlo, direction.

    1 CD Arcana. Enregistré en août 2021 et août 2023 à Viterbe.

    Notice de présentation en français, anglais, italien.

    Durée : 67:40

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    Ce lundi 16 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter la tendresse touchante du « Céphale et Procris » (de 1694) d’Elisabeth Jacquet de La Guerre (1665 – 1729), par A Nocte Temporis et Reinoud Van Mechelen…

    La curiosité envers les successeurs de Lully (1632 – 1687) en France et en Europe _ Collasse (1649 – 1709), Desmarest (1661 – 1741), en France, Kusser (1660 – 1727), Fischer (1656 – 1746) _ me porte à prêter attention à la nouvelle réalisation discographique de la tragédie lyrique « Céphale et Procris » _ créée au Théâtre du Palais Royal, à Paris, le 15 mars 1694 _ d’Élisabeth Jacquet de La Guerre (Paris, 17 mars 1665 – Paris, 7 juin 1729)  que vient de nous donner Reinoud van Mechelen (Louvain, 1987) à la tête de son ensemble a nocte temporis et du Chœur de Chambre de Namur,

    soit le double CD Château de Versailles Spectacles CVS 119 (n° 21 de sa collection Opéra Français) _ d’une durée de 147′ 15…

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    En 2018, l’Ensemble Musica Fiorita dirigé par Daniela Dolci nous en avait donné une première réalisation discographique, ORF CD 3033, d’une durée plus réduite, de 117′ 23,

    dont je possède le double CD…

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    Voici le commentaire que donne de cette nouvelle réalisation discographique Cécile Glaenzer ce jour même sur le site de ResMusica : 

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    Reinoud Van Mechelen dirige Céphale et Procris d’Élisabeth Jacquet de La Guerre

    Premier opéra composé par une femme, Céphale et Procris s’inscrit dans l’héritage des tragédies lyriques lullystes. en dirige le premier enregistrement intégral _ voilà. 

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    En 1694, Élisabeth Jacquet, épouse de l’organiste Marin de La Guerre, jouit déjà d’une belle réputation de musicienne accomplie. Enfant prodige, elle se produisait au clavecin devant le roi, qui la tenait en haute estime. A 22 ans, elle publiait son Premier Livre de pièces de clavecin. Sept ans plus tard, sa tragédie lyrique est créée au théâtre du Palais Royal, mais ne remportera pas le succès espéré. Céphale et Procris restera donc l’unique œuvre lyrique de la compositrice. S’inspirant librement des Métamorphoses d’Ovide, le livret de Duché de Vancy conte les amours malheureux de Céphale et Procris, contrariés par la jalousie de L’Aurore éprise de Céphale. Une fin tragique attend les deux amants, puisque Céphale tue accidentellement sa bien-aimée en voulant atteindre son rival Borée, le dieu des vents.

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    Après une tournée de cette œuvre en version de concert en janvier 2023 à Bruxelles, Namur et Versailles, Reinoud Van Mechelen dirige ici son ensemble A nocte temporis, tout en assurant le rôle central de Céphale. Déjà enregistré en 2008 par Musica Fiorita _ oui _, cet opéra est donné ici pour la première fois sans coupures, bénéficiant d’un beau travail de reconstitution à partir d’une partition lacunaire _ dont acte. Dès le prologue, on est surpris _ en effet ! _ du parti pris pour la déclamation : une prononciation moderne du français à l’exception du son oi prononcé we ; un choix hybride donc, réalisé avec plus ou moins de bonheur par les interprètes. Dans l’ensemble, la diction des chanteurs n’est pas le point fort de cette interprétation, à quelques exceptions près. La soprano Déborah Cachet est une Procris émouvante et pleine de fraîcheur, mais parfois un peu trop lisse. Le Céphale de Reinoud Van Mechelen est particulièrement expressif, et la tessiture du ténor aigu à la française lui convient fort bien. Le dialogue des malheureux amants dans la scène finale, entrecoupé de grands silences, est un beau moment dramatique _ oui. Cette fin tragique et cette conclusion de l’œuvre tout en pianissimi soulignent l’originalité de la compositrice qui ose ici ce que Lully n’avait jamais tentévoilà. Parmi les rôles principaux, citons la mezzo-soprano Ema Nikolovska dans le rôle explosif de L’Aurore, très engagée dans les scènes de jalousie. Le baryton Lisandro Abadie, au timbre chaleureux, campe un Borée très convaincant. Mais c’est dans les rôles secondaires, dont certains sont confiés à des solistes issus du chœur, que l’on trouve les prestations les plus remarquables. Citons en particulier le ténor Marc Mauillon, à la diction parfaite, dans son interprétation très incarnée de La Jalousie, et Gwendoline Blondeel, parfaite dans le personnage d’Iphis et celui de la Prêtresse.

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    L’orchestre A nocte temporis offre une belle palette de couleurs et de dynamiques variées ; les danses et les scènes de divertissement sont particulièrement réussies. L’excellent Chœur de chambre de Namur souligne la très belle écriture de la compositrice, comme dans le beau chœur des Suivants de la Volupté à l’acte III, accompagné par le concert des flûtes. Et à l’acte IV, c’est l’impressionnant Chœur des Démons qui se déchaîne dans une scène infernale qui est un des sommets de l’œuvre, et n’est pas sans rappeler les scènes de tempêtes de Lully ou Marais. Il est bien dommage que le mauvais accueil du public de l’époque n’ait pas permis au talent d’Élisabeth Jacquet de La Guerre de nous offrir d’autres tragédies lyriques de cette qualité.

     

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    Elisabeth Jacquet de La Guerre (1665-1729) : Céphale et Procris, tragédie lyrique en un prologue et cinq actes.

    Avec Déborah Cachet, Lore Binon, Ema Nikolovska, Gwendoline Blondeel, Marc Mauillon, Lisandro Abadie, Samuel Namotte. Ensemble A nocte temporis. Reinoud Van Mechelen, direction musicale et haute-contre.

    Enregistré à Namur en janvier 2023.

    2 CD Versailles Spectacles.

    Notice de présentation trilingue. Durée : 147:15

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    Une réalisation très intéressante, par conséquent, de cette œuvre de tendresse touchante…

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    En août, à la tête de son ensemble a nocte temporis, l’excellent Reinoud van Mechelen, à la plage 20 de son beau CD « Dumesny haute-contre de Lully« , le CD Alpha 554 _ cf mes articles «  » et « «  des 17 novembre 2019 et 10 janvier 2020 _, nous avait donné le très bel air d’ouverture de l’Acte III de « Céphale et Procris« , « Amour, que sous tes lois cruelles On souffre de maux rigoureux ! » :

    écoutez-le ici (2′ 39)…

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    Ce jeudi 11 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa