Étiquette : Cézanne

  • De la place de la pudeur dans l’ »intimité Plossu » : conversation à distance…

    Pour continuer d’explorer l’intimité dans la poïétique des artistes qui me touchent le plus,

    telle Elisabetta Rasy _ cf mon article du 22 février : « Les mots pour dire la vérité de l’intimité dévastée lors du cancer mortel de sa mère : la délicatesse (et élégance sobre) parfaite de “L’Obscure ennemie” d’Elisabetta Rasy » _,

    ou tel Bernard Plossu _ cf mes articles du 27 janvier : « L’énigme de la renversante douceur Plossu : les expos (au FRAC de Marseille et à la NonMaison d’Aix-en-Provence) & le livre “Plossu Cinéma” » ; et du 14 février derniers : « Bernard Plossu de passage à Bordeaux : la photo en fête ! pour un amoureux de l’intime vrai… » _,

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    voici un article, « Plossu Cinéma au FRAC PACA » _ signé Nathalie Boisson _, du magazine (gratuit) marseillais Ventilo tel qu’il vient de m’être transmis, hier soir, par l’ami Bernard Plossu :

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    De :   Bernard Plossu

    Objet : Trans. : suite mail précédent interview Taktik Ventilo en fait !!
    Date : 24 février 2010 19:15:11 HNEC
    À :   Titus Curiosus

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    interview dans la revue Ventilo

    plo
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    —–E-mail d’origine—–
    De : Denis Canebière

    A : Bernard Plossu

    Envoyé le : Mercredi, 24 Février 2010 17:03
    Sujet : suite mail précédent interview Taktik Ventilo en fait !!

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    Bernard,
    Dans mon mail précédent, je te parle de Taktik qui est l’ancêtre du journal gratuit actuel Ventilo !
    C’était au siècle dernier !
    Correction donc !
    Il s’agit de Ventilo et pour me faire pardonner, au cas où tu ne l’aurais pas déjà, voici le lien : http://www.journalventilo.fr/expo/ 
    Amitiés
    Denis C

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    Le voici donc ici aussi ! Farci, selon ma coutume, de commentaires miens (en vert)…

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    expo

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    Plossu cinéma au FRAC PACA

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    Publié le 24 fév 10 dans Expo

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    L’interview : Bernard Plossu

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    Rencontrer Bernard Plossu, c’est un peu comme réactiver la célèbre formule de Lautréamont : « Beau comme la rencontre _ voilà _ fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection » _ en un peu moins potache (!) et surréaliste, probablement… C’est convoquer _ gentiment ! _ une esthétique de la surprise _ en effet ; en douceur _, une poésie du quotidien où la beauté est une trouvaille fugace _ c’est tout à fait cela ! à apprendre à accueillir… Généreux _ et comment ! _, le photographe a accepté de partager une partie de sa sagesse _ ça peut se dire ainsi… _ en se soumettant au questionnaire de Sophie Calle _ même si assez peu plossuïen (ou plossuïenne : pour la dame) ; et c’est un euphémisme ! : remarquer le niveau particulièrement gratiné de « négativité«  de la moindre des pistes proposées par ce « questionnaire«  callien ! : « mort« , « rêve« , « détester« , « manquer« , « renoncer« , « défendre« , « reprocher«  et « servir«  ! nous voilà en plein dans l’air nihiliste du temps ; et donc aux antipodes d’un Bernard Plossu !!! mais Bernard n’entre pas dans ce piège… _, puis de se dévoiler _ un peu : avec délicatesse _ le temps d’un abécédaire improvisé _ pourquoi pas ?

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    Plossu-portrait.jpg

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    Quand êtes-vous déjà mort ?

    Je suis mort de douleur en 1985, mais je ne révèlerai pas pourquoi. En revanche, je suis retourné à la vie en 1986.

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    Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
    Eh bien je les rêve encore. Plutôt que de rêves, je parlerais du réel de l’enfant _ « réel«  tout imaginatif, ludique ; lire là-dessus (le génial) Winnicott… _, et en ce qui me concerne, un enfant qui lisait beaucoup de bandes dessinées et a donc appris à cadrer avec la ligne claire très tôt _ un élément important dans l’historique de la poïétique photographique Plossu ! A quand, après le Plossu Cinéma, un « Plossu BD ligne claire«  ?.. Ce qu’il y a dans le carré explique _ fait comprendre _ tout le reste, ce qui se passe autour _ le hors cadre : le monde autour… Et en fait la photo, c’est la mise en rectangle ou en carré des leçons _ voilà comment procède l’intuition foudroyante (à mille à l’heure) de l’artiste _ que j’ai apprises _ voilà ! quand la plupart n’apprennent jamais rien ! de rien ! ni de personne ! ah ! la pédagogie ! quel art d’atteindre (= dégeler ; et disposer à l’élan et à la joie de réfléchir) les cervelles !… _ de la ligne claire en BD. Donc, ce ne sont pas les rêves d’enfant, c’est plutôt le côté rêveur _ à la Bachelard (l’art de la rêverie), alors ; pas à la Freud (et le rêve nocturne : inconscient, lui) ; ou plutôt « le côté joueur« , à la Winnicott !.. Un très grand ! A re-découvrir ! _ d’une vie d’enfant _ continué toute sa vie d’adulte par l’artiste, « jouant«  : mais oui !!! on ne peut plus sérieusement et joyeusement à la fois. Vivre, c’est « habiter«  la vie « en poète«  : en dansant… Et c’est divin : cf Nietzsche : « je ne croirais qu’en un dieu qui sache danser«  !…

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    Citez trois artistes que vous détestez
    Le mot est trop fort _ un peu violent _, il y a _ seulement _ une énergie _ voilà ! _ qui ne me correspond pas _ simplement… _ : « entrer en correspondance«  avec une énergie est bien, en effet, la « proposition«  de l’artiste ; et au spectateur, lui, et alors, de « se connecter«  ou pas (« à la chinoise«  : cf François Jullien, par exemple dans La Grande image n’a pas de forme…), à l’énergie « proposée« , en fonction de la co-disposition des formes (elles-mêmes encore un peu mouvantes ; et plus ou moins émouvantes) présentées, par cette œuvre rencontrée, venant entrer ici et maintenant en composition avec ses propres dispositions cinesthésiques du moment (de cette rencontre avec l’œuvre) ; ou de toujours, aussi : c’est cette « connexion« -là que Baldine Saint-Girons nomme on ne peut mieux proprement « acte esthétique » (son livre, passionnant, est magnifique !) ; et souvent, sinon le plus souvent même, nous, spectateurs potentiels, nous y refusons, à cette « connexion«  d’énergies, nous n’y sommes pas prêts ; ou carrément la rejetons ; et ce pour des raisons de non agrément qui peuvent même être, parfois, parfaitement fondées !.. D’autres fois, et même le plus souvent, nous subissons seulement les conditionnements des autres, sous forme de goûts (socialement) institués (c’est ici qu’on peut lire Bourdieu ; ou Lahire ; ou Nathalie Heinich…), formatés, et figés, fossilisés ; et notamment sous l’aspect de « modes«  (sociales ; et idéologiques). Bref, que ce soit pour de bonnes, ou pour de mauvaises raisons, je veux dire qui soient fondées ou pas, nous nous anesthésions nous-mêmes le plus souvent face aux « propositions«  (ludiques pourtant) des œuvres des artistes… En peinture, je n’aime pas Fernand Léger, De Stael, Mathieu _ trop massifs, probablement ; voire, pour le dernier du moins, poussifs, ajouterais-je… En photo, plutôt que de nommer _ un Gary Winogrand ? un Sebastiaõ Salgado ?.. là, c’est moi seul qui m’avance ! pas Bernard ! _, je préfère ne dire que ce que je n’aime pas : le trop grand angle _ trop embrassant, mal étreignant… _, le spectaculaire _ voilà ! soit l’inverse de ce que je qualifierais de l’attention fine du  « choix de l’intime«  plossuïen… _ qui en fonçant le ciel des images rajoute _ vulgairement : en surlignant ; pour les un peu trop lourds, ou pas assez finauds, qui risqueraient, les disgraciés, de ne pas assez vite « piger » ce qu’il y aurait ici à leur « communiquer« , en le pointant plus fort du doigt : ce sont, ceux-là, des « communiquants«  (et ils « savent faire »…) ; et on comprend que le succès, via les médias, leur arrive ; et se répande, massif : c’est plus gros et facile à repérer (comme « marque«  de fabrique)… _

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    le spectaculaire qui en fonçant le ciel des images rajoute, donc, une couche au drame _ à ces « couches«  massives lourdingues, la touche toute de vivacité de Bernard Plossu préfère un grain léger très fin… C’est exactement le même principe qu’au cinéma, lorsque la musique devient _ pléonastiquement _ dramatique _ trémolos aidant _ pour que le public soit bien conditionné _ et pris : voilà ! Une bonne photographie, c’est une photo qu’on _ ou qui ? _ ne doit pas conditionner à l’avance _ ce qu’Umberto Eco baptise du joli nom d’« œuvre ouverte« … Enfin, je n’aime pas le manque de pudeur _ voilà le mot-clé lâché. Ils sont plus que trois, les photographes qui font de mauvaises photos de nu _ par exemple : trop près d’être « pornographiques«  ! _ et n’ont pas compris que la plus grande beauté de la photo, c’est la pudeur _ et on en trouve quelques unes, de ces photos de « nu«  éminemment pudiques, dans l’œuvre Plossu, sans chercher très loin.

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    Vous manque-t-il quelque chose ?
    Vu la passion _ voilà : sans ce moteur (proprement thaumaturge), que peut-il jamais se faire, en Art du moins (mais dans la vie aussi) ?.. rien qui ait de l’élan, en tout cas… _ que j’ai pour l’objectif de 50 mm, il ne me manque rien, je crois _ c’est magnifique ! Bernard n’a rien, lui, chère Sophie Calle, d’un frustré : de Sophie Calle, je me souviens surtout de l’inénarrable « No sex to-night » : quelle sublime expérimentation ! Combien de gogos suivent cela ?.. Le 50, c’est l’objectif de la redoutable intelligence et de l’acuité visuelle _ voilà ! l’acuité du regard et son intelligence ! C’est une jolie métaphore que de s’apercevoir qu’un objet technique peut t’apporter _ en prolongement du travail propre de l’œil, en quelque sorte ; c’est à dire le déploiement de l’acte crucial du regard : sur ces « lunettes« -là, se faisant parfois « télescope« , et parfois « microscope« , bref : mouvement d’accommodation constant, on trouve une sublime remarque de Proust dans Le Temps retrouvé ; le passage est fort justement célèbre… _ l’âme _ voilà _ que tu recherches _ et c’est la tienne, l’artiste ! qu’il te faut simplement désherber de ce qui l’encombre… _, et en même temps c’est un choix très rigoureux _ au résultat photographique net et impitoyable (y compris avec du flou !)…Et c’est aussi cela que je trouve dans le cinéma (= l’œil en mouvement formidable) d’Antonioni…

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    Sur cet œil-là « au travail« , je conseille le très beau journal de travail du film Par delà les nuages (Al di là delle nuvole), en 1995, qu’a tenu très scrupuleusement Wim Wenders : Avec Michelangelo Antonioni _ chronique d’un film (aux Éditions de l’Arche, en 1997)… C’est un document irremplaçable sur la poïesis du cinéaste Antonioni _ à l’œil incomparablement photographique ; là-dessus j’ai écrit tout un essai : « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise« , avec ce sous-titre un peu explicitatif : « Un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni«  : inédit…

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    A quoi avez-vous renoncé ?
    Aux voyages lointains, pas uniquement à cause de l’âge, parce que j’ai déjà beaucoup voyagé, mais aussi parce que les pays « motivants » ont été complètement matraqués _ oui _ de voyages organisés, où les gens _ débarqués en « touristes«  et constamment pressés… _ ont abusé _ oui _ de la photo et emmerdé le Tiers Monde _ oui _ en leur mettant un numérique sur le nez sans aucun respect, aucune pudeur _ par rien moins que « vols d’âmes« … Il faut voyager en ami _ mais oui _, pour partager ses photos _ et être « reçu » avec une hospitalité « vraie« … _, pas en conquérant _ que de malotrus prédateurs (= touristes grossièrement voyeurs en même temps qu’exhibitionnistes) de par tous les déserts (forêts, montagnes) les plus reculés du monde, désormais !..

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    Que défendez-vous ?

    Les jeunes photographes, passionnément _ mais oui ! Et, je déteste qu’on dise d’un jeune photographe qu’il me copie. Il ou elle a tout à fait le droit de copier _ = prendre modèles, pour « commencer« … _ ses aînés _ qui l’ont simplement « précédé«  dans le temps ; c’est-à-dire « essayé«  déjà, eux aussi, un peu, avant lui-même… _ pour se trouver _ voilà, voilà le but : un artiste a à « se former« , peu à peu, acte après acte, avec patience et obstination, afin de « se découvrir« , peu à peu, et « devenir« , enfin, peu à peu aussi, et de plus en plus, et de mieux en mieux, presque « lui-même«  (la coïncidence n’étant qu’un idéal asymptôtique ! jamais complètement pleine ! ni, encore moins, et heureusement, définitive ! il y a toujours, et joyeusement, à continuer à « œuvrer«  !) ; l’identité se construit (toute une vie) dans la multiplicité des rencontres, des apports, des échanges, des « introjections«  assumées et dépassées ; et surtout celles, rencontres, qui sont « vraiment«  fécondes et « vraiment«  ouvertes ; pas dans la fermeture et l’isolation ! qui sont pauvreté ; et négation de soi ! Moi aussi, j’ai copié _ c’est-à-dire imité : « mimesis«  est le mot qu’employaient Platon et Aristote… _ tout le monde _ comme les peintres débutants (et continuant toujours à se former, évoluer), apprennent en imitant les maîtres (= en apprenant d’eux et par eux) ; l’isolement est une stérilisation ! une barbarie ! qu’on y réfléchisse un peu plus et mieux à l’heure de la diminution imposée (pour raisons de « saine économie« , qu’ils serinent et claironnent ! en pratiquant la charité la mieux « ordonnée«  qui soit, bien entendu, ces « vertueux«  en exhibition ! ici, lire Molière, en plus de La Fontaine…), à l’heure de la diminution imposée des horaires d’enseignement (eh ! oui !) en classe… Là-dessus, lire aussi l’indispensable Prendre soin _ de la jeunesse et des générations du vigilant et infatigable et passionnant Bernard Stiegler… L’exposition Plossu cinéma, ça n’est que _ ici, comme une exagération orale : rhétorique… _ de la copie de cameramen

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    _ ceux d’Antonioni ; ou le Coutard de Godard : cf la phrase, page 180 de Plossu Cinéma, dans l’échange magnifique et si important avec Michèle Cohen dans la voiture entre la Ciotat et Aix : « Récemment je t’ai écrit que je trouvais les scénarios d’Antonioni rasoirs et bourgeoisement convenus ; mais je dois, je me dois, en homme d’image, de dire que la photographie de la trilogie en noir et blanc est grandiose ! La Notte avait pour directeur de la photo Gianni di Venanzo, L’Avventura, Aldo Scavarda, et L’Eclisse, Enzo Serafin _ Bernard le sait par cœur ! Comme c’est étrange que ce soient trois directeurs différents ! Pourtant le ton, ultra photographique, est si semblable : du coup totalement du Antonioni ! La séquence de la fin de L’Eclisse, ces quinze ou vingt minutes tout en photographies filmées, est tellement belle, tellement moderne, comme on aime à dire maintenant, d’un mot qui veut tout dire vaguement.«  Etc.. Et Bernard de citer derechef Raoul Coutard, par exemple dans Alphaville de Godard… « Le rôle des « directeurs de la photo » n’est pas assez connu du public. Les musiques, après tout, font parler d’elles au cinéma. Alors pourquoi ne parle-t-on pas plus des photographes de films ? » Voilà !.. _, et c’est ce que j’aime dans cette expo _ Plossu Cinéma… _, montrer d’où je viens _ ce que Alain Bergala nomme, dans sa contribution (aux pages 16 à 27), dans le livre, si beau, Plossu Cinéma : « Le cinéma séminal de Bernard Plossu » : « séminal » en sa poïétique photographique ! rien moins !.. Fin de l’incise sur la photo au cinéma lui-même ! _

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    Il y a un côté courageux et culotté de montrer ses racines _ voilà _ et de dire qu’on a copié _ c’est-à-dire qu’on s’est « inspiré » des autres, tout simplement… Nul n’est une île !

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    Que vous reproche-t-on ?
    De faire trop de livres. L’expo du FRAC montre à quel point je fais des livres comme un cinéaste fait des films. Je fais deux sortes de livres : les purement créatifs ou expérimentaux, comme Plossu Cinéma _ sur une idée (de génie !) de Michèle Cohen, la directrice de la galerie LaNonMaison à Aix-en-Provence : comment le petit Bernard est devenu Plossu ! _, qui correspondent à mon langage _ ainsi que sa poïétique, en mon vocabulaire (cf Le Poétique de Mikel Dufrenne, en 1963, aux PUF)… _, et les commandes _ ce sont celles-là qui lui sont reprochées (ou plutôt, en fait, jalousées !) ; cf mon article d’indignation du 15 juillet 2008 : « Probité et liberté de l’artiste« , à propos d’une critique acerbe à l’égard du si beau et si juste (= si rigoureux dans la réalisation de ses objectifs) Littoral des lacs, une « commande« , en effet, du Conservatoire du littoral pour les deux départements de Savoie… L’article n’a pas vieilli ! Donc, au final, ça fait beaucoup _ soit une œuvre ! Mais cette démarche a permis _ oui ! Eluard dit que le poète est « moins l’inspiré que l’inspirant« … _ à d’autres jeunes photographes d’oser _ oui ! on est d’abord timide ! trop craintif, pour la plupart… _ le faire. Au fond, un éditeur a plusieurs auteurs pour vivre, pourquoi un auteur n’aurait-il pas droit lui aussi à plusieurs éditeurs ?

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    A quoi vous sert l’art?
    L’art sert

    _ un mot bien ambigü… ; mais l’art a toujours des visées, en effet ; même s’il n’est jamais simplement « moyen«  en vue d’une rien qu’« utilité«  (servile) ; auquel cas, il s’agit seulement d’une « technique« , mécanique et reproductive : mécanisable… ; et quant à l’Art (avec la majuscule) servile, il s’agit de celui des propagandes, et pas seulement celles, plus commodes à stigmatiser (tant elles sont peu discrètes), évidemment, des régimes totalitaires !.. Par exemple, ce pseudo Art admirable qui se met au service relativement discret des saints et saintes « Communication« , « Idéologie » (relookée et maquillée style invisible-imperceptible, désormais) et « Marketing« … _

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    l’art sert, donc, avant tout à partager (pour les autres _ ce qu’il donne à ressentir et éprouver : merci de cette générosité inépuisable… _) et à être curieux (pour soi _ et à l’infini : et Titus Curiosus d’opiner ! à son tour… _). Je dis souvent à mes élèves de ne pas s’intéresser _ de manière désintéressée : cela ne se forçant pas… _ qu’à la photo _ certes ! les « voies«  du sens et de la sensibilité (et donc de la création : tout ensemble !) sont multiples ; et s’interconnectent, aussi !.. Aujourd’hui, je rentre du jardin de Monet à Giverny. A quoi sert ce jardin ? Il a été un prétexte, « un motif » _ oui ! qui met en « mouvement » et « émeut« , rend plus « mobile«  : voilà son étymologie ! il « inspire«  ; et fait mieux respirer ! _ pour l’art de Monet _ lui-même, d’abord _, et il a tellement marqué l’histoire de l’art que c’est devenu un jardin pour le monde entier. On retombe sur cette idée de partage entre le particulier et l’universel _ et du jeu d’ouverture entre ce qui est « dans«  le cadre, et ce qui du monde autour y entre, « venant y pénétrer«  discrètement, presqu’invisiblement, aussi, pour qui s’y sensibilise, à ce « cela«  (presqu’invisible) du monde, avec et grâce à l’artiste, qui nous le fait ainsi délicatement « entrevoir« , percevoir et recevoir ; a contrario des foules d’« anesthésiés«  (et donc insensibles, sourds, aveugles, etc.., Béotiens satisfaits d’eux-mêmes, « idiots«  au sens littéral du terme !) « auto-anesthésiés«  par précaution ; en expansion, hélas, par les temps qui courent : l’humanité est en train d’en crever !.. Cf la fausse sagesse mesquine (criminelle autant que suicidaire pour la civilisation !) des trois singes… D’où la bêtise sans nom et le crime grave qu’est l’absence d’apprentissage véritable (grâce à un enseignement, d’abord, effectivement digne de son nom ! suffisant ! et pas light !) et suffisamment développé de ce que sont les démarches d’Art (= la poïesis en acte et en œuvres !) à l’école : au lycée !!! L’art, c’est aussi un effort _ un geste, un écart, d’un millième de seconde même, le plus souvent… _ qui nous oblige à ralentir _ voilà : dans un monde de pressés, aux « ratiches«  si longues, qu’elles labourent le sol ! ceux-là ne sont pas des artistes !_, à ne pas faire comme cette personne qui vient de passer à toute vitesse avec son 4×4 _ ah ! les 4×4 ! et le mépris des autres… _ dans un endroit où il y a des gens _ qui passent, eux aussi ; et peuvent se faire écraser : par ceux-là, du 4×4, sans égard… L’art, c’est être capable de lever le pied _ tel le narrateur de Du côté de chez Swann, s’abîmant une heure entière à contempler en son détail, tellement luxueux, une haie (éblouissante en son éclat) d’aupébines… _, c’est lutter contre la vulgarité _ certes : que de faux artistes blin-bling, encore, courant nos rues, nos places, nos avenues ; et même nos palais de la république : avec la complicité obséquieuse des micros et caméras des medias ! cf mon article, par exemple, du 12 septembre 2008 : « Decorum bluffant à Versailles : le miroir aux alouettes du bling-bling« …

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    PETIT ABECEDAIRE

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    Plossu

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    A comme… Afrique :

    le continent de l’origine _ peut-être pas toute, tout de même… Mozart, ainsi, n’était pas « Africain« … Bernard parle ici surtout du jazz… et du rythme… _ de la musique, de la danse… L’Amérique ne serait rien culturellement _ hum ! hum ! _ sans la musique africaine. Tous les musiciens blancs, d’Elvis à Dylan, ont été influencés par elle _ certes ; mais ce n’est là qu’un type de musique : celui que diffusent le plus (et aident à « consommer«  et faire acheter, plus encore, sans doute…) les radios…
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    C comme… Chocolat :

    j’aime beaucoup / Cézanne : j’avoue ne pas aimer ses verts et ses bleus _ moi si ! mais Cézanne est (comme il s’est reconnu lui-même !) un « couillu » ; Bacon, aussi : Bernard ne l’apprécie pas trop, lui non plus, je sais ; moi, si !.. _, pour moi le sud, c’est Soutine _ pulvérisant sublimement les clichés ! en effet ! _ / Cubisme : un photographe, c’est un danseur qui du haut de son entrechat voit cubiste _ merveilleuse définition ! qu’on se le dise ! Quand on bouge, les lignes de force _ oui ! voilà le vivant ! la « Nature naturante« , dirait un Spinoza, à côté des Chinois !.. se mouvant juste, juste en-dessous des « formes«  un peu moins (mais à peine…) mobiles, elles, et donc un tout petit peu plus (c’est affaire de degrés : infinitésimaux !) arrêtées ; un peu, à peine, moins musicales, en conséquence de quoi, ou un peu, à peine, moins rythmées, si l’on préfère, de la « Nature naturée«  ! Cf ici, en France (et même en Provence, au pays des cyprès qui s’élancent, se tordent…) un Van Gogh à Arles et Saint-Rémy ; ou un Cézanne se posant face à la Sainte-Victoire afin de la regarder se mettre à danser !.. _

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    quand on bouge, les lignes de force , donc,

    que l’on voit tout le temps _ déjà ! et en relief, donc ! _ changent _ voilà : c’est là le bougé-dansé, musical, de Plossu ! La photo, c’est du cubisme en mouvement _ c’est magnifique !

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    E comme… Espagne :

    j’adore y aller. C’est le pays du très grand photographe Baylon _ un grand ami ; et un complice en poïesis… _ et du peintre Miguel Angel Campano.

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    H comme… Histoire / Hésitation :

    donc la connaissance, mais le doute _ certes : lire Popper (et son critère décisif de « falsiabilité«  pour la « vraie«  recherche scientifique) ; ou Alain : « penser, c’est dire non« … Mais Hélas l’Histoire n’hésite pas à se répéter _ sans « leçons«  ; cf Hegel…

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    I comme… Italie !

    A lui seul ce mot veut _ pour Bernard ; pour moi aussi : (presque) tout y virevolte et danse ; avec le charme de l’élégance et, aussi, passablement d’humour… _ tout dire…
    Illusiones optica : le dernier film que j’ai vu.

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    J comme… Jawlensky :

    j’aime ses portraits _ moi aussi : ils fouillent loin ; quelles profondes couleurs !..
    Jalousie :

    le sentiment le plus difficile à vaincre, à surmonter _ peut-être pas pour tous, pourtant…
    Je :

    Céline disait « Je, le pronom le plus dégoûtant » ou un truc comme ça. Je, c’est l’ennemi de l’intelligence _ quand le Je n’est qu’égocentrique, du moins ; mais il peut aussi être « départ de perspective«  (et de construction « vraie«  d’une « personne« …), par son ouverture, précisément, profonde et grave, en même temps que joyeuse, sans peur, sur l’altérité ; cf Montaigne… Ne pas trop le détruire, ce Je-là ! ni le « haïr«  (à la Pascal)…

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    L comme… Lumière :

    en photographie, c’est le noir et blanc, le gris _ leur infini intense camaïeu ; le jeu profondément soyeux de leurs vagues. En beauté, j’aime celle _ si sensible par la tension calme et tellement puissante de sa quasi transparence flottante _ du nord : Vermeer, Brueghel, Constable…

    …
    N comme… Napoléon :

    l’homme qui n’a pas hésité à faire mourir de froid des milliers de soldats pendant la campagne de Russie. Quelle folie de pouvoir envoyer des êtres humains mourir de froid ! _ sur le froid : lire Le Froid de l’immense Thomas Bernhard, avec son rire formidablement si « humain«  : « tout est risible quand on pense à la mort« … Un rire, à ce degré d’« humain« , qui nous manque très fort aujourd’hui ; même si nous avons, tout de même, l’immense, lui aussi, Imre Kertész (l’auteur du grand Liquidation) : en ces temps de « déshumanisation«  galopante…

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    Propos recueillis par Nathalie Boisson

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    Intime conviction

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    Au FRAC, l’exposition Plossu cinéma présente une œuvre singulière _ eh ! oui ! _ au carrefour de la photographie et du cinéma autour de cinq thématiques. Brillant !

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    Plossu.jpg

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    Montrer ses racines, dire d’où l’on vient _ en deux expos (au FRAC de Marseille et à La NonMaison d’Aix-en-Provence) et un livre tels que ce (en trois volets, si l’on veut) Plossu Cinéma… _ est un exercice difficile _ a priori, du moins, dans une société assez intimidante et plutôt décourageante, en général. Il s’agit de se livrer _ oui : un peu, au moins… _ à travers l’autre _ effleuré : dans les photos _ tout en gardant une distance respectueuse, une distance amoureuse _ voilà ! Cette distance, c’est celle du regard de Plossu _ absolument ! Il s’est construit très tôt _ en effet ; par son regard même… _ à travers le cinéma de la Nouvelle Vague, où l’image, en prise avec le réel _ oui ! _, dénuée de tout artifice _ quel défi ! _, retrouvait de sa brutalité _ du moins de sa probité, de sa vérité et de sa liberté face au réel (et par là de sa force !) ; puis par l’exercice de plus en plus passionné de la photographie ! à la Plossu… Ces images constituent un double, une entité _ réalisée _ pour lui _ et qu’il lui fallait (existentiellement, humainement !) retenir (du vivre passant : qui passe vite…)… On retrouve à la lecture du Livre de l’Intranquillité de Pessoa quelque chose de cette doublure photographique interprétative, et plus précisément dans le regard de Bernardo Soares : « Voir, c’est avoir vu » _ avec la perspective, nourrissante, de la mémoire : une culture vive et vivante incorporée, en quelque sorte… Comment être proche et distant ? _ par le regard : voilà ! Comment être intime et pudique ? _ c’est l’essentiel !!! Pour l’artiste _ « vrai«  qu’est Bernard Plossu _, la pudeur est l’une des clés de la photo _ davantage : le sas « humain » obligé ! _ et c’est ce qui ressort de cette exposition _ oui ! oui ! _ où la réflexion _ du spectateur convié et comblé _ doit se saisir d’un paradoxe _ oxymorique, comme tout ce qui est essentiel ! _, des deux faces _ absolument indissociables _ de l’intime : « enfoui et fouillé, dedans et dehors »

    …

    _ lire aussi là-dessus mon article juste précédent (du 22 février) sur l’écriture sublime, en la sobriété de sa pudeur, d’Elisabetta Rasy, se retournant sur l’histoire de son « intimité«  avec sa mère, mise à vif (à pleurer ! sinon hurler…) lors du cancer terminal de celle-ci, dix huit mois durant, dans L’Obscure ennemie : « Les mots pour dire la vérité de l’intimité dévastée lors du cancer mortel de sa mère : la délicatesse (et élégance sobre) parfaite de “L’Obscure ennemie” d’Elisabetta Rasy« …

    …

    L’intime opère _ voilà : il est dynamisant ! c’est un élan ! _ donc systématiquement dans un entre-deux _ absolument : se mouvant quasi reptiliennement, en danses… _, se situant entre l’apparition et la disparition _ oui ! _, la « monstration » et l’effacement du sujet _ avec, à la réception (active) de l’Homo spectator, encore, ce qui doit s’appeler un Acte esthétique du même ordre (clignotant !)… Le sujet ici, c’est à la fois _ et tout ensemble ! : l’« intime«  est une relation, un vecteur magnifiquement en tension : vers l’altérité désirée et à jamais possédée, hors de « saisie«  (et de « maîtrise« ) en tant que telle, de l’autre… _ celui qui est photographié et le photographe _ en un unique mouvement se déployant, dansé. Au spectateur, à travers ses déambulations au sein des cinq thématiques (« Plossu cinéma », « Le déroulement du temps », « Les cinémas de l’ouest américain », « Réminiscences » et « Train de lumière » _ de l’exposition Plossu Cinéma… _), de se laisser porter _ oui : avec délicatesse et plénitude d’attention, aussi… en toute amitié… et avec douceur… _ par l’univers poétique et mystérieux _ qui tout à la fois vient nous cueillir et vient nous accueillir _ d’un homme _ « humain » !.. _ à l’âme voyageuse et au cœur cinéphile.

    …

    Nathalie Boisson

    …

    Plossu cinéma : jusqu’au 17/04 au FRAC Provence Alpes Côte d’Azur (1 place Francis Chirat, 2e) et à la Non-Maison (22 rue Pavillon, Aix-en-Provence). Rens. 04 91 91 27 55 / www.fracpaca.org

    …

    A noter également :
    Le 27/02 à 14h au Cinémac (63 avenue d’Haïfa, 8e) : présentation en avant-première des films Le voyage mexicain
    (30 mn) de Bernard Plossu et Un autre voyage mexicain (1h50) de Didier Morin,  en présence des réalisateurs.
    Le 20/03 à 14h30 au FRAC, dans le cadre du Week-end Musées Télérama : projection du film Le voyage mexicain, en présence de Bernard Plossu et Dominique Païni.
    Le 26/03 à 17h à l’Alcazar : rencontre avec Bernard Plossu autour du processus de création de ses livres : « Faire un livre, c’est comme faire un film », suivie d’une projection cinématographique.

    …

    …

    Merci beaucoup à ce très intéressant article de Nathalie Boisson !

    Celle-ci a su obtenir de Bernard Plossu _ et quasi mine de rien… _ des analyses (de son Art) profondes : absolument passionnantes ! Chapeau !

    …

    Titus Curiosus, le 25 février 2011

  • De _ et autour de (« sur les pas de ») _ Cézanne : avec Rilke ; et Jaccottet

    A propos de deux publications autour de Paul Cézanne :

    une « merveille » : les « Lettres sur Cézanne » de Rainer Maria Rilke, traduites _ de l’allemand _ par Philippe Jaccottet (aux Éditions du Seuil, en janvier 1991) ;

    et une _ relative _ déception (commandée _ en anglais) : « Hidden in the Shadow of the Master _ The Model-Wives of Cézanne, Monet & Rodin« , par Ruth Butler (à la Yale University Press, en 2008)

    …

    D’abord, le récit d’un « génie » _ tel que Rilke _ détaillant

    _ et comment !!! « la clairvoyance fervente, la densité et la cohérence« , en dit Philippe Jaccottet en ouverture de sa préface, page 7)_,

    à l’automne 1907, à sa jeune épouse, le sculpteur Clara Westhoff, demeurée, elle, loin de Paris, son émerveillement _ « presque chaque jour en vrai pélerin » (dit la Préface de Philippe Jaccottet) _ devant le « travail » des « Cézanne » exposés au « Salon d’automne » ;

    et ce que le poète y « découvre », avec l’humilité d’une extrême concentration d’attention, du « travail de création » d’un « génie » tatonnant, lui aussi, mais pinceau à la main, et avec sa palette de couleurs _ se « salissant » copieusement : des photos de 1906 en témoignent ! _, face au(x) motif(s)…

    mais « en peinture »…

    …

    Ce dialogue patient de deux poïesis, auquel Rilke convie, par la correspondance

    _ « dans cette forme de relation à distance, il trouvait la conciliation idéale entre ses exigences de solitude et son besoin de l’autre _ son besoin, aussi, soyons juste, d’aider l’autre » (dit Jaccottet, page 9) _,

    son épouse sculptrice,

    est littéralement « merveilleux » :

    …

    « C’était quelqu’un de raffermi, de fortifié, conscient d’avoir progressé dans son long _ propre _ apprentissage _ de la poésie _

    qui allait découvrir, à travers cette première rétrospective Cézanne _ d’octobre 1907 _, une confirmation, vraiment admirable dans sa souveraine plénitude, de son propre choix _ d’artiste créateur _, sur le plan de l’art comme de celui de la vie (qu’il ne pouvait, ni ne voulait séparer) » _ page 11.

    …

    La « leçon de  Cézanne« , « est celle de l’objectivité sans limites« 

    _ dit Philippe Jaccottet, page 12 :

    « Le peintre lui apparaît tel un humble et patient ouvrier, un artisan anonyme,

    quelqu’un qui ne laisse pas ses sentiments ou ses idées personnelles interférer dans son travail,

    quelqu’un qui ne fait pas de charme, qui ne cherche pas à séduire,

    …

    qui ne fait pas non plus de commentaires sur son œuvre« …

    (comme c’est remarquablement interprété ! pages 12 et 13).

    …
    Et « Cézanne est aussi

    quelqu’un qui ne fait pas de différence entre le beau et le laid, le noble et l’ignoble ;

    qui accueille avec équanimité _ quelle justesse de Jaccottet ! _ la totalité du réel dans son œuvre » _ page 13.

    …

    Et encore : sachant « rester en permanence à l’intérieur de son travail »,

    « Cézanne avait pu produire des œuvres parfaitement closes, « miraculeusement absorbées en elles-mêmes », ces œuvres où tout est dans le commerce des couleurs _ mais oui ! _ entre elles

    …

    _ là il faut suivre dans leur plus parfait détail

    (au sens de « dé-tailler », remarque de détail après remarque de détail, au fil de la plume, comme au fil du regard)

    les phrases de Rilke en ces admirables lettres à sa femme _

    …

    dans l’échange de la moindre parcelle du tableau avec toutes les autres ;

    …

    grâce à quoi la réalité,

    toute la réalité,

    est à la fois transfigurée

    et sauvée dans la peinture«  _ pages 13 et 14…

    …

    Quant au livre de Ruth Butler,

    c’est ma curiosité envers l’œuvre en train de se faire de Cézanne,

    à Aix tout particulièrement

    (et au Jas de Bouffan,

    et à l’atelier du chemin des Lauves,

    et alentours _ au dit « terrain des peintres« , face à la Sainte-Victoire),

    …

    qui m’a fait remarquer la mention de la parution de ce livre,

    en une édition _ sur le net _ du New-York Times ;

    …

    et un questionnement sur la sensualité _ je préfère le dire ainsi _ de Paul Cézanne,

    jusqu’aux années 1902-1906,

    pour ses « Grandes Baigneuses« 

    _ et même « Baigneurs »

    (cf le magnifique album « Cézanne en Provence » ;

    ainsi que mes articles sur « Cézanne et Aix » :

    « Art et tourisme à Aix _ la mise en tourisme des sites cézanniens 1, 2, 3 & 4 « ),

    aussi…

    …

    Aussi, une « recherche » sur le rôle de l’épouse

    _ tardivement épousée : Hortense Fiquet _

    de Paul Cézanne en son travail de peinture

    (éventuellement comme « muse », inspiratrice, ou _ et surtout (?) _ protectrice

    …

    _ cf aussi le rôle de « Nena »,

    elle aussi tardivement épousée,

    la « protectrice » (romaine) de l’autre grand peintre aixois François-Marius Granet :

    je n’avais guère développé ce « pan » de « curiosité » en mon article « Admirable tremblement du temps : Aix-Paris-Rome » sur Granet)

    …

    m’avait incité à rechercher à lire ce livre

    sur les « Model-Wives« …

    …

    Qui demeure, in fine _ las !.. _, assez extérieur

    _ c’est-à-dire, en fait, hélas, anecdotique  _

    quant au processus poïétique,

    sur les traces duquel je m’étais « figuré » (a priori) aller un peu…

    …

    l’ouvrage appartenant, probablement, au genre

    à la mode, assez ravageuse

    _ aux États-Unis, mais ailleurs, maintenant aussi (cf Judith Butler : par exemple, « Trouble dans le genre : le féminisme et la subversion de l’identité« …) _

    des « gender studies« …

    …

    Peu de profit de découverte,

    encore moins d’émerveillement

    _ ce que j’ose attendre de mes lectures des livres ! _

    à sa lecture, a posteriori, donc :

    …

    Se plonger, et mille fois, dans les lettres

    (somptueuses, tant elles sont éblouissantes de perspicacité _ et en 1907, qui plus est !  _, elles)

    de Rilke,

    donc…

    …

    Jaccottet concluait sa préface, page 14, ainsi :

    « Ne nous étonnons pas que Rilke ait su

    si bien voir

    et si bien dire

    l’œuvre de Paul Cézanne »

    _ les deux allant, pour lui et avec lui (génialement !), de pair…

    …

    Cependant, et à la relecture de cet article-ci,

    il n’est sans doute pas facile, pour Ruth Butler, de succéder, à la lecture

    ni à Rainer Maria Rilke

    _ dont je n’ai presque pas cité d’extrait (des lettres à sa femme, Clara Westhoff) : tout y est admirable de précision (= d’opération de « détail-lage », si j’ose dire) _ ;

    ni à Philippe Jaccottet

    _ lui aussi (et quel !) poète ! : existe-t-il, « au monde », plus précise (détaillée et vibrante) écriture (du rythme du « faire » ?..) _ ;

    …

    et pourtant, son enquête est intéressante

    _ sur les conditions de « cohabitation », à Paris, à l’Estaque

    (et bientôt Hortense réside, elle, à Marseille, rue de Rome),

    et partout ailleurs, en de multiples

    (avec combien d’incessants déménagements !)

    « résidences » ;

    …

    sur les conditions de « cohabitation »

    _ et « la vie », « toute la vie » : la vie en général… _

    avec un artiste « au travail » :

    …

    la « cohabitation » fut particulièrement difficile

    pour Paul et Hortense, et très bientôt Paul « junior »,

    dans de très pauvres (et très petits, « étroits ») logis ;

    …

    l’artiste-créateur ayant « spécifiquement » besoin de concentration, de silence, de lumière,

    tant intérieure qu’extérieure,

    si tant est qu’elles soient seulement dissociables !.. _ ;

    …

    de même que rétrospectivement _ mais elle, Ruth Butler, ne « fouille » pas assez loin _, quand,

    « enquêtant »,

    elle va rencontrer Philippe Cézanne à propos de ce que son père, Jean-Pierre Cézanne (né en 1918),

    ou sa tante, Aline Cézanne (née en 1914),

    ont pu recueillir de la bouche de leur père, Paul Cézanne fils (1872-1947), sur Hortense Fiquet-Cézanne (1850-1922)…

    …

    L’enquête mérite de se poursuivre bien davantage, me semble-t-il…

    Et le temps (des témoins : sollicitant leur mémoire « vive »…) presse…

    …

    De même

    qu’il n’est pas nécessairement, non plus, « commode »

    d’être fils

    d’un artiste « génial », travaillé en permanence et en priorité (pour lui) par son « génie » propre, singulier

    _ furieux, gourmand, insatiable, gargantuesque _,

    à enrichir, certes, mais aussi à protéger, de tout le reste,

    y compris d’autres désirs _ sensuels, nous y revenons _ qui vivent, frémissants, à côté (et « sur les bords » même) du désir d’ »œuvrer » de l’artiste…

    …

    Ainsi, qu’est-ce,

    aussi

    _ à côté de qu’est-ce qu’être « épouse-modèle », ou « muse » (et « protectrice ») d’artiste ? _,

    …

    qu’est-ce

    qu’a pu être fils

    _ fils de Matisse, pour un Pierre Matisse

    (cf le passionnant « Matisse père & fils » de John Russel, aux Éditions de La Martinière, en avril 1999) ;

    ou fils de Picasso, pour un Pablito ?.. _ ;

    …

    qu’est-ce, donc

    _ à côté de « Qu’est-ce qu’être Hortense Fiquet-Cézanne  ? » _,

    qu’a pu être

    « fils de Cézanne« 

    pour un Paul Cézanne le fils (1872-1947) ?..

    …

    Il y a là matière à rêver, mener et écrire

    d’autres enquêtes

    sur « les sentiers« 

    _ rives et abords _

    « de la création« …

    …

    Titus Curiosus, ce 9 octobre

  • Art et tourisme à Aix _ et ailleurs (4)

    Enfin, un essai de synthèse de réflexion _ sur « Art et Tourisme » _, après ces diverses impressions de « terrain » sur quelques uns des sites cézanniens d’Aix
    ainsi que sur Aix-en-Provence elle-même,
    et, en particulier, aussi, la fréquentation à toute heure très importante de l’Office de Tourisme,
    à la Rotonde sur laquelle débouche la promenade archi-fréquentée, et belle, du cours Mirabeau…
    …
    Aix dispose d’un remarquable patrimoine artistique
    architectural
    _ pour commencer : celui de cette très, très jolie ville provençale _,
    …
    mais aussi avec sa large collection de Musées
    _ et pas seulement le très riche et nouvellement splendidement ré-aménagé Musée Granet
    (avec sa magnifique exposition rétrospective « François-Marius Granet » ;
    après la très importante « Cézanne en Provence« , en 2006 ;
    et avant une exposition, pour l’été 2009, « Picasso-Cézanne« ) :
    le Musée du Vieil Aix,
    le Musée des Tapisseries,
    le Musée Paul Arbaud,
    les Fondations Vasarely et Saint-John Perse,
    etc…

    …
    ainsi que son si justement célèbre festival de musique…
    …
    Autant d’atouts
    qui,
    en plus du nom de Cézanne et des sites cézanniens
    et de la « figure de proue »
    de la montagne Saint-Victoire
    dominant la ville ;
    …
    qui attirent en permanence des flots de touristes
    qui viennent y passer et séjourner,
    faisant affluer une importante manne
    financière ;
    à savoir « gérer »
    …
    …
    De fait,
    l’Office de Tourisme d’Aix
    aide à organiser et répartir
    , géographiquement ou urbainement, la demande « touristique » d’Art
    de la part de ses visiteurs
    de satisfaisante manière pour les demandes variées, forcément _ à commencer en fonction de la durée prévue du séjour (notamment hôtelier) dans la ville _,
    des uns
    et des autres…

    …
    Tels ceux, par exemple, qui se satisfont d’un circuit commenté par haut parleur
    en petit train roulant

    à travers les ruelles de la vieille ville…
    …
    Ou ceux qui ont une demande plus « ciblée » :
    mettre leurs pas
    dans ceux des mieux connus des aixois,
    tels Paul Cézanne ;
    ou Émile Zola.

    Pour lesquels ont été rédigés _ par Michel Fraisset pour l’Office de Tourisme d’Aix _ d’excellents fascicules, avec plans de la ville,
    « Sur les pas de » :

    « Sur les pas de Cézanne » ; « Sur les pas de Zola« …
    …
    Il se trouve que
    désirant connaître les auteurs de l’excellent diaporama du Grand-Salon du « Jas de Bouffan »,
    j’ai été acheminé par les très serviables hôtesses de l’Office de Tourisme
    vers le bureau de la responsable de la communication,
    Bernadette Marchand, qui m’a très gentiment fourni le renseignement (« Gianfranco Iannuzzi », auteur de ce passionnant _ très instructif et très beau _ diaporama) que je désirais obtenir pour rédiger mon article ;

    …

    et que, lui signifiant mon haut degré de satisfaction des visites des sites cézanniens,
    je lui ai indiqué l’unique point qui m’y avait un peu « gêné » _ le panneau « L’art m’emmerde«  (selon Érik Satie ; et Ben !…)
    se balançant à la brise juste à l’entrée de l’ »Atelier Cézanne » ; de la responsabilité de Ben, donc ;
    ainsi qu’une expo Ben
    dans l’appentis adjacent à la bâtisse de l’ »Atelier« 
    _ ;
    …
    il se trouve que
    le responsable de l’initiative d’accueillir une expo Ben en ce lieu (de pélerinage cézannien) _ Directeur de l’ »Atelier Cézanne », ainsi qu’Adjoint de Direction et Responsable de la Communication
    de l’Office de Tourisme _,
    Michel Fraisset,
    se trouvait présent en ce même bureau de l’Office de Tourisme…

    …
    Nous avons donc pu, Michel Fraisset et moi-même, échanger _ très aimablement _ un peu,
    là-dessus…

    …
    Donner à connaître (si peu que ce soit ; ou, plus encore, donner _ ou alimenter _ le désir de mieux connaître) d’autres artistes
    à ceux qui viennent « sur les pas de » Cézanne

    _ tel un Jean Amado : passionnant ! cf mon article « Parcours d’Art à Aix _ préambule » _ est excellent ;

    …

    mais je ne suis pas certain qu’un Benjamin Vautier, en l’occurrence,
    « agisse » dans une catégorie (d’Art) du même ordre (d’authenticité et de valeur
    _ objective !)
    qu’un Cézanne
    ;

    …

    ce qui pose la question de ce qu’il en est,
    depuis Marcel Duchamp
    , en 1914,
    de l’art dit « contemporain » ;

    parmi des impostures…
    …
    Sur ce point-là,
    je me situerai personnellement
    , en tant que « spectateur »-« amateur d’Art »,
    plutôt dans la mouvance d’un Jean Clair,
    l’auteur exigeant de « Malaise dans les musées » (en septembre 2007)
    et « Journal atrabilaire » (en janvier 2006) ; « Lait noir de l’aube » (en mars 2007) ; « Autoportrait au visage absent _ Ecrits sur l’art 1981-2007 » (en mars 2008) :
    ainsi que de « La barbarie ordinaire _ Music à Dachau » (en avril 2001)…
    …
    Bref,
    les mal (ou contre) façons d’Art
    agacent

    _ un brin _
    mon épiderme (de curieux d’Art vrai)…
    …
    La question _ de fond _ devient alors
    comment satisfaire la « demande »
    _ qualitativement variée _
    de ces divers « clients »…

    …
    Je reprends ici, et à la lettre près, le très précis paragraphe intitulé « Les Faits »
    _ page 178 de la contribution « Aujourd’hui, l’Atelier Cézanne… » de l’album si riche « Atelier Cézanne » (en 2002, chez Actes-Sud) _
    sous la plume de Michel Fraisset :

    …

    « Comment l’Atelier Cézanne est-il devenu le musée le plus visité des Bouches-du-Rhône en 1999 et le second en 2000 derrière la Vieille -Charité de Marseille ?
    Cette augmentation considérable de la fréquentation
    et des recettes engendrées
    est bien entendu l’effet
    d’actions mises en œuvre dès 1998

    _ « l’équipe mise en place par l’Office de Tourisme d’Aix arrive _ à l’ »Atelier Cézanne » _ fin 1997 » (page 177) _
    et largement développées les années suivantes. »
    …
    Michel Fraisset précise alors :
    « Ces actions peuvent se regrouper autour de quatre pôles :
    La communication, l’animation, la gestion, la commercialisation.
    En premier lieu, l’idée même du « musée » au sens traditionnel est abandonnée.
    On ne parle plus du
    « Musée Atelier Cézanne »,
    mais de l’
    « Atelier de Cézanne »
    ,
    lieu de mémoire et d’histoire,
    mais surtout lieu de convivialité, de partage et d’émotions.
    Il n’y a plus de
    « conservateur »,
    ni de
    « gardiens »,
    ni de
    « droits d’entrée »,
    vocabulaire impropre pour un lieu
    ce culture ouverte.

    …
    Les visiteurs
    sont aussi
    des clients

    _ voilà le point crucial.
    …
    Dès lors leur satisfaction
    doit être prise en compte.
     »
    Fin de ce paragraphe,
    page 178 d’ »Atelier Cézanne » (publié aux Editions Actes-Sud en 2002 par la « Société Paul Cézanne »).
    …
    « Être prise en compte » : mais comment ?
    Financièrement ? _ et seulement financièrement ?..

    …

    Et les « satisfactions » des uns
    « équivalent-elles »
    _ par quels circuits ? _ à la « satisfaction » _ ou « insatisfaction » _ des autres ?..

    Sur quels critères les évaluer ? Est-ce bien de l’ordre _ quantitatif (et visible) _ du « mesurable » ?…

    …

    Comment pèsent ici les diverses _ et peu « homogènes » _ « demandes » :
    « demandes d’Art »
    et « demandes de Tourisme » ?

    …
    La « demande » de ceux qui empruntent le petit train parcourant les ruelles de la Cité aixoise _ un semblable petit train est apparu récemment à Bordeaux _ en écoutant le déroulé
    du discours pré-enregistré,
    est-elle « équivalente »
    à la « demande » de ceux qui se mettent « sur les pas » du créateur Cézanne ?..
    Ou du créateur Émile Zola ?..

    « Sur les pas » étant le titre même

    des remarquables fascicules _ avec plans _ diffusés par l’Office de Tourisme d’Aix, rédigés _ fort pertinemment dans le détail même des renseignement fournis et des localisations données avec beaucoup de précision _ par Michel Fraisset lui-même…

    …

    Chacun _ « acteur æsthétique » (cf l’excellent livre de Baldine Saint-Girons : « L’Acte esthétique » ; ou le tout aussi nécessaire « Homo spectator » de Marie-José Mondzain) _ peut, bien sûr, en « avoir » « pour sa mise » ; ou « pour son argent »
    _ voire pour son désir : même si, là, pour le cas du « désir », c’est considérablement moins facilement,

    et encore ! c’est un euphémisme,

    calculable et encore moins réalisable « à coup sûr » ;
    au contraire, même :

    …

    n’est « agréé » et « reçu » _ et au centuple, qui plus est ! _, ici,
    que ce qui n’était _ même pas _ demandé !..

    prévu, prémédité, imaginé, rêvé !..
    …

    Ah! ce qui peut être rêvé sur le seul nom d’une ville !…

    Sur cela, lire Proust, la « Recherche« …

    …
    La seule précaution à (essayer de) prendre _ pour les metteurs en place des « dispositifs » d’organisation des « visites » _
    étant
    que ne se gêne (pas trop) la « cohabitation » des uns et des autres
    ;

    …

    et en espérant, même _ peut-être avec l’appoint d’un minimum de « pédagogie », mais pas trop « didactiquement » non plus, qui aurait, cette trop didactique pédagogie, le désastreux effet (de fuite) inverse ! _

    que
    les « touristes » de passage
    deviendront
    des « ravis »
    d’une véritable « émotion »
    (= « æsthétique« ) d’Art ;

    …

    et plus de simples consommateurs de « clichés » touristiques

    _ de type « on connaît ! on vient, même, pour çà !.. »

    …
    En cela,
    le « système » des « réservations » à l’Office de Tourisme
    constitue un utile sas
    _ un commode et précieux « goulot d’étranglement », en amont des « flux » d’ »inondation »… _
    à l’égard des risques de « bouchons » (de foule)…
    …

    J’ai en souvenir, par exemple,
    le nombre faramineux d’autobus
    affluant (et s’alignanten kyrielles) aux (immenses) parkings du château de Chenonceaux
    pour y mener des charters entiers de visiteurs de jusque l’autre côté de la planète ;
    quand d’autres lieux (tout aussi beaux et tout proches de Chenonceaux, en Touraine)
    sont encore préservés de ces foules « consommatrices » bruyantes _ et assez peu « vraiment curieuses » _,

    sur le circuit international

    des « tour operators« …

    …
    Qui a vraiment « intérêt » à cela ? et à « faire du chiffre » ?..

    …
    Ou, encore, à Venise, autre exemple, le contraste entre le secteur, passablement encombré (de touristes), entre la Place Saint-Marc et le Pont du Rialto, d’une part,
    et Dorsoduro, si tranquille _ lire le merveilleux livre du dorsodurien Pier Maria Pasinetti (1913-2006) : « De Venise à Venise » (« Dorsoduro » étant le titre original de ce livre, en italien)…
    …
    Comment éviter que l’afflux en grand nombre
    gâte
    la rencontre « personnelle »
    _ et singulière : c’est un « acte esthétique », pas si fréquent, jamais « normalisé », ni, a fortiori, « formaté »… _
    avec l’œuvre
    _ en un Musée, ou en une église _
    ou avec le lieu…

    …

    Se reporter sur ce point

    (de la rencontre-découverte : avec une œuvre ou avec un lieu)

    au magnifique premier chapitre ( intitulé « La paix du soir _ au risque d’halluciner« )

    aux pages 39 à 66 de « L’Acte esthétique » de Baldine Saint-Girons,

    à Syracuse,

    décrivant par le détail ce qu’elle qualifie si justement d’« expérience forte« , indiquant même : « Toute expérience forte est nécessairement datée et localisée : c’était le 29 avril 2005 à Syracuse, à la fin d’une journée intense«  (page 42) ; « j’étais en compagnie d’amis siciliens, tous deux aussi émus que moi par ces hasards objectifs _ l’expression est aussi superbe que magnifiquement juste ! _ : mon collègue _ philosophe _ Giovanni Lombardo, et le jeune Emilio Tafuri » _ car les autres participent pour beaucoup aux rencontres et des lieux, et des œuvres… « Nous cheminions sul longomare, las et heureux. Moins directement heureux peut-être que sensibles à un accord musical inattendu surgi entre le monde et nous : nos sentiments et nos pensées nous semblaient atteindre à l’unisson, malgré des destins séparés. « La paix du soir », ai-je alors murmuré, comme si cette expression m’avait été soufflée. Une douce émotion nous envahit tous les trois. Impossible, semblait-il, de ne pas la reconnaître : elle nous enveloppait et nous absorbait, tissant entre nous un double lien, substantiel et musaïque » (page 43).

    …

    Je poursuis ma lecture : « Devait-elle davantage sa force à un état du monde ou au vocable ? Quels rôles fallait-il attribuer respectivement à la perception mondaine _ syracusaine, ici et alors _ et à sa formulation ? Silencieux et retenant notre souffle, nous croyions bien « entendre » la respiration du cosmos, miraculeusement pacifiée : n’était-ce pas le monde qui nous parlait diirectement à travers l’équilibre éphémère du crépuscule, alors que le jour le cédait au soir ? N’entendions-nous pas cette voix de façon quasi endophasique, presque comme une hallucination verbale ? Pourtant quelque chose de nouveau se produisit, dès lors que nous nommâmes « la paix du soir » ; la force poétique du phénomène du monde sembla décupler«  (page 44).

    …

    Et l’analyse se poursuit… Page 64, Baldine Saint-Girons pose la question : « L’acte esthétique peut-il se programmer ? » ; et elle y répond positivement : « Programmer des actes esthétiques nous est essentiel » (page 65) ; mais cet art demeure, toutefois, extrêmement subtil : « il suffira _ dit optimistement Baldine Saint-Girons _ de se déprendre de toutes choses _ qui retiennent et alourdissent _, de se faire bohémien, de se mettre en voyage _ combien, partis hors et loin de chez eux, y parviennent « vraiment », réellement ? _ : l’ailleurs s’ouvrira« , pose-t-elle, alors, page 65… Soit un acte d’ouverture à une réceptibilité ;

    …

    et à une réception effective, quand celle-ci advient, comme en réponse à quelque demande informulée, forcément, de notre part.

    …

    Et elle conclut ce beau chapitre liminaire de « L’Acte esthétique » par ces mots : « La « vraie vie » dont l’absence nous taraude serait-elle à notre portée grâce à l’acte esthétique, qui suppose un sujet tourné vers le dehors et un monde réenchanté ? Plus on y songe, plus on se demande si le véritable savoir, celui qu’il est inutile d’arborer, mais qui aide à vivre, n’est pas le savoir esthétique. « La paix du soir » pourrait s’élever de la sorte au rang de mathème, mais de mathème secret, dont la force opérative ne se révèlerait qu’à celui qui vacille sous l’aiguillon de l’æsthesis«  _ qu’il nous faut apprendre, avec délicatesse, à « recevoir » et « accueillir » : avec la plus pure _ épurée _ simplicité… Voilà tout ce qui peut se préparer _ sur (voire contre) soi _, mais ne se produit certainement pas _ jamais, du côté de la rencontre avec l’altérité _ sur commande… Ni ne s’achète ! par conséquent…

    …

    Sans compter que la ville, elle-même, doit demeurer vivante ;
    pas rien qu’un « conservatoire de patrimoine »,

    (ou une accumulation de boutiques de « marques » interchangeables, hélas, d’une ville à une autre)
    pour visiteurs étrangers pressés
    consommateurs de « clichés » seulement
    parmi lesquels ils « se figurent » « reconnaître » quelque chose d’ »attendu », déjà, d’eux, sans jamais rencontrer quelque altérité _ objective, et non pas fantasmée, ou virtuelle _ que ce soit !.. C’est qu’elle pourrait bien les « effrayer », pareille altérité…

    …

    Car une ville est tissée aussi, et consubstantiellement, de ses propres habitants…

    …
    Soit une question que se pose aussi, pour le devenir de sa ville,

    l’excellent maire (et philosophe) de Venise,
    Massimo Cacciari (de lui, en français, on peut lire : « Le Dieu qui danse« )…
    …
    Des questions pour non seulement
    l’Office de Tourisme _ et la Ville _ d’Aix-en-Provence,

    …

    mais pour les mairies de villes à important capital patrimonial artistique
    _ telle la mairie de Bordeaux ;

    …

    à l’heure de la candidature au label de
    « capitale européenne de la culture »
    pour 2013.

    …

    Titus Curiosus, ce 7 septembre 2008

  • Art et tourisme à Aix _ à la recherche du « Terrain des Peintres » (3)

    Toutefois,
    avant cette réflexion de synthèse,
    sur « Art et tourisme à Aix »
    _ et la « mise en tourisme » des « sites cézanniens » d’Aix,
    …
    un petit détour
    sur ma « recherche »
    du « Terrain des Peintres »
    sur la colline des Lauves,
    au-dessus de l’ »Atelier de Cézanne« 

    le 21 juillet dernier…
    …
    La visite du « Jas de Bouffan » m’avait littéralement « enchanté » :
    d’abord, la bâtisse _ ou « bastide » (du XVIIIème siècle) : splendide _ déjà, par elle-même, est magnifique ;
    …
    et le domaine,
    du moins ce qui en demeure
    _ contre les constructions et l’autoroute péri-urbaine qui assaillent et ont déjà considérablement « rogné » ses « terrains » _
    est comme miraculeusement « intact », « conservé », « protégé »
    _ telle quelque « oasis »
    luxuriante, fraîche, « ravissante »
    au milieu d’un désert
    (de modernité pas aussi belle) « qui croît »…
    ..
    Dès le portail d’entrée du domaine,
    et passé l’enclos (de protection),
    s’ouvre la perspective de la maison,
    en son ordonnance classique tranquille
    ,
    servie
    _ pour le regard du visiteur s’avançant _
    par la perspective du triangle (s’ouvrant, à mesure des pas) du gazon, entre la (récente) allée rectiligne de peupliers qui s’élargit vers la maison : magnifique.
    …
    En cet espace d’accueil,
    les œuvres temporairement exposées
    _ et triangulairement, elles aussi _
    de Jean Amado,
    sont « comme à leur place »
    _ comme en ce qu’Aristote nomme un (et leur) « lieu naturel« …
    La paix du lieu, la fraîcheur du matin déjà tranquillement entamé, vers 10 heures,
    le peu de monde
    _ un couple seulement est déjà là
    (et nous avons trois-quart d’heure d’avance sur le moment de la visite _ fixé par la « réservation ») _ :
    …
    tout concourt à une fête de « rencontrer » quelque chose de Cézanne présent
    _ toujours peut-être (à qui le « perçoit ») _
    en ce lieu…

    …
    Et de fait, le Grand Salon (du « Jas »)
    qui fut déjà le premier immense atelier de Paul Cézanne
    _ avant l’aménagement _ au second étage _ de l’atelier à la haute verrière
    (en partie supprimée depuis : comme en témoigne une photo ancienne) _ ;
    …
    le Grand-Salon désaffecté de cet ancien usage sien _ d’accueil, réception, séjour _ du temps des Cézanne,
    étant alors _ seulement _  un entrepôt de fruits (des vergers),
    …
    est émouvant dans son délabrement ;
    …
    « aggravé » encore
    par le fait que lui ont été ôtées, décollées, arrachées, les peintures que Paul Cézanne y avaient apposées, déposées,

    avec l’autorisation, sans doute arrachée elle-même, et non sans quelque lutte, à son banquier (ayant spectaculairement « réussi », lui…) de père…
    …
    Le lieu encore désaffecté ainsi
    (et même _ ou surtout _ « dépouillé » des « œuvres » du jeune et maladroit _ et « couillard« , selon sa propre expression _ Paul Cézanne)
    émeut profondément :
    …
    nous sommes invités à pénétrer non pas en un Grand Salon d’apparat,
    mais en une sorte de « remise » (ou grenier) littéralement « désaffectée »…
    …
    A cet égard,
    les images _ accompagnée d’une musique prenante, qui leur convient excellemment _ du diaporama de Gianfranco Iannuzzi
    font (re-) vivre, en leur mobilité _ et leur propre « disparition » _ le « génie » mouvant de celui
    qui y exerça son activité tâtonnante et fébrile
    de créateur _ de peinture, de couleurs vives…

    …
    Puis,
    le grand jardin _ ou « parc » _ derrière ;
    la marre rectangulaire au lion et dauphin de pierre ;
    et l’allée de marronniers :
    Cézanne est à 1000%
    là pour nous…

    …
    A l’ »atelier gris«  _ ainsi que le nomme Vincent Bioulès _ du chemin des Lauves,
    Cézanne est aussi encore présent ;
    …
    avec ses vêtements, suspendus à des patères,
    ses instruments (de peinture),
    ses « motifs » de natures mortes
    _ que Marcel Provence
    a scrupuleusement « conservés », (r-) ajoutés, mis en scène ;
    puis John Rewald et James Lord (et le « Cézanne Mémorial Committee« , en 1954) ;
    et Marianne Bourges (« de 1965 à 1996« )…
    …
    Le lieu a quelque chose, en effet d’un « sanctuaire« 
    _ selon l’expression choisie de Bruno Ely,
    intitulant (page 152) sa troisième très précise (et par là très précieuse) intervention _ pages 152 à 165 d’ »Atelier Cézanne » (d’Actes-Sud, en 2002) _
    concernant la période 1951 (« Mort de Marcel Provence » et « Achat de l’atelier 1951-1954« )
    – 1969 (« De l’Université à la Ville d’Aix : 1954-1969« ) :
    « Du sanctuaire
    au tourisme culturel
    « …

    …
    Même encore pour nous, visiteurs aujourd’hui, en 2008…
    …
    Et on peut comprendre par là la tentation malicieuse
    d’un Ben
    (« l’art m’emmerde« …)
    sous l’autorité _ cependant ! _ de la signature _ ah ! mais… _ d’un « Érik Satie« …
    …
    De fait, les visiteurs
    _ même en petit nombre (du fait de l’ »écrémage » sévère de la « réservation ») _ ;
    …
    de fait, les visiteurs
    tournant en rond, telles des mouches devant une vitre,
    face à ce bric-à-brac (hagiographique) sur lequel ils ne cessent de faire « circuler » leur regard,
    de l’un à l’autre objet, puis au suivant,
    forment un dispositif de « visite » un peu agaçant et frustrant…
    …
    Aussi,
    sortir de l’atelier,
    et partir
    à la recherche des lieux _ un peu plus en hauteur sur la colline _ sur lesquels Cézanne plantait son chevalet face au « motif » de la Sainte-Victoire
    est séduisant
    :
    le dépliant de l’Office de tourisme « Sur les pas de Cézanne » indique
    sur un plan baptisé « Les Paysages de Cézanne »
    cette mention-ci : « Les Lauves » : « Terrain des peintres« ,
    « à deux kilomètres » (de l’ »Atelier de Cézanne »)
    _ une citation d’Emile Bernard, de février 1904, le formule même, aussi, en toutes lettres :
    …

    Sainte-Victoire Pins
    …

    « C’était à deux kilomètres de l’atelier en vue d’une vallée, au pied de Sainte-Victoire,
    montagne hardie
    qu’il ne cessait de peindre à l’eau et à l’huile
    (sic),
    et qui le remplissait d’admiration« …
    …
    Le dépliant rédigé par Michel Fraisset lui-même commente cette expression
    (« En février 1904, Emile Bernard accompagne Cézanne « sur le motif » « )
    je cite :
    …
    « Cézanne s’installe face à la montagne avec son chevalet _ il fallait le transporter _
    sa boîte à peinture, sa palette et ses pinceaux.
    Il se protège du regard des indiscrets à l’abri d’ombrelles de paysagistes
    « …
    …
    « A quelques mètres de là, il peint le cabanon de Jourdan« .
    …
    Qui ne sait que
    « le 15 octobre 1906,
    un orage éclate. Cézanne reste plusieurs heures à peindre sous la pluie. Une syncope le foudroie
     » ?..
    ainsi que l’énonce (et rappelle) ici Michel Fraisset…
    …
    Qui cite encore ceci :
    « On l’a ramené rue Boulegon _ son dernier domicile, au numéro 23 _ sur une charrette de blanchisseur
    et deux hommes ont dû le monter dans son lit.
    Le lendemain, dès le grand matin

    _ fidèle à son habitude : vers les quatre heures du matin !!! _,
    il est allé au jardin de l’atelier des Lauves travailler à un portrait de Vallier _ son jardinier _ sous le tilleul.
    Il est revenu mourant
    « …
    Fin de la citation par Michel Fraisset ; qui poursuit :
    « Cézanne voulait mourir en peignant.
    Il s’éteint une semaine plus tard, dans la nuit du 22 au 23 octobre 1906 _  « le décès est enregistré à 7 heures du matin« , est-il précisé en commentaire de l’adresse du 23 rue Boulegon _, des suites d’une pleurésie. »
    …
    Avec cet ultime paragraphe de Michel Fraisset
    en précision en quelque sorte du titre (du dépliant _ remarquable !!! autant qu’utile) « Sainte-Victoire vue des Lauves » :
    …
    « Dans le cadre de sa politique de mise en valeur des sites cézanniens,
    la Ville d’Aix-en-Provence a procédé à l’aménagement du
    « terrain des peintres »,
    aujourd’hui inscrit dans le périmètre du Domaine de la Marguerite.

    …
    Face à la  montagne qui, depuis ce panorama, devient
    _ en effet
    (cf l’œuvre « Le doute et la pierre » de Jean Amado
    _ qui était cet été exposée, splendidement, sur le parterre d’entrée du « Jas de Bouffan » ;
    et pourrait y demeurer !..) _ ;
    …

    Sainte-Victoire Cézanne
    …

    face à la  montagne qui, depuis ce panorama, devient
    figure de proue,
    10 panneaux reproduisent les principales
    « Montagne Sainte-Victoire » peintes par Cézanne
    depuis le chemin de Marguerite.
    « 

    …
    Pour ma part,
    j’ai suivi avec un immense profit (de joie !),
    ce lundi 21 juillet autour de 15 heures,
    le chemin de la Marguerite
    _ jusqu’au petit square aménagé en bordure d’une route passagère, vers l‘oppidum d’Entremont, et juste avant l’autoroute _,
    avec une série de très belles « vues » sur la montagne ;

    …

    Sainte-Victoire Trois Arbres

    …

    j’ai même félicité une dame sortant de sa villa pour le spectacle permanent dont elle bénéficiait de sa demeure ;
    …
    mais je n’ai pas découvert ce lieu « aménagé » (= le-dit « Terrain des Peintres« …) ;
    …
    faute d’indications assez précises ;
    tant sur le terrain lui-même
    (et d’abord, bien sûr !
    en dépit de quelques « panneaux », mais insuffisants…) ;
    que sur les divers plans disponibles à l’Office de Tourisme d’Aix…
    …
    Ici, chez moi, et maintenant,
    à tête reposée (et sans urgence) ;
    en re-« cherchant » mieux,
    je découvre un « numéro 5« 
    faisant suite, mais sans commentaire, lui (!)
    aux numéros « 1 » (« Musée Granet« ),
    « 2 » (« les carrières de Bibémus« ),
    « 3 » (« le Jas de Bouffan« ),
    et « 4 » (« l’Atelier de Cézanne« , ou « Atelier des Lauves« ) ;
    …
    légendé seulement, ce « numéro 5 »
    (en un encadré sur la gauche d’un plan général d’Aix
    sur le dépliant « Plan Guide _ Aix-en-Provence _ Source d’inspiration » ;
    et non pas sur le dépliant ( » Sur les pas de Cézanne« )
    ;
    …
    légendé seulement
    « Terrain des Peintres« …
    en un emplacement situé entre les Avenues Paul Cézanne, à l’est, Léo Lagrange, au nord, Philippe Solari, à l’ouest,
    et la traverse des Capucins
    , au sud…
    …
    En revanche,
    j’ai pu, ce 21 juillet-là,
    guidé par des panneaux indicateurs, sur la route,
    suivre le chemin de la Marguerite ;
    m’ y abreuver à une fontaine ;
    et croiser d’autres admirateurs de Cézanne,
    dont plusieurs japonais et anglais, à la recherche de ce

    à quoi se mesurait, pinceau à la main, l’œil de Cézanne…
    …
    La prochaine fois,
    je me repérerai mieux ;
    et

    découvrant ces « 10 panneaux
    reproduisent les principales
    « Montagne Sainte-Victoire » peintes par Cézanne
    depuis le chemin de Marguerite
    « ,

    …

    je pourrai me confronter au « motif »
    tel que Cézanne passionnément
    s’y confrontait
    en ses ultimes années de vie « pour la peinture » (1902-1906)…
    …
    Voilà pour cette étape _ sur le chemin de la Marguerite,
    et tout près du « Domaine de la Marguerite« , pas encore assez bien indiqué… _ ;

    et avant ma synthèse sur « Art et Tourisme à Aix » _ et ailleurs…
    J’y viens…

    …
    Titus Curiosus, ce 5 septembre 2008

    Photographies : Sans Titre, © Bernard Plossu