Étiquette : Chantal Santon Jeffery

  • Rameau (1683 – 1764) comme perpétué : la tragédie en musique « Omphale » (Paris, 1769) de Jean-Baptiste Cardonne (1730 – après 1790), superbement ressuscitée par György Vashegyi et son Orfeo Orchestra à Budapest. Un extraordinaire régal de radieuse musique !!!

    Oui, c’est bien à un Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764) comme perpétué  que nous sommes conviés d’assister, et comblés – c’est un extraordinaire régal !!! – , par la tragédie en musique « Omphale » (Paris, 1769) de Jean-Baptiste Cardonne (Versailles, 26 juin 1730 – Paris, après 1790), superbement ressuscitée par György Vashegyi et son Orfeo Orchestra, et une enthousiasmante réunion de chanteurs idoines – Chantal Santon Jeffery, Judith van Wanroij, Reinoud Van Mechelen, Jérôme Boutillier, Jehanne Amzal – , à Budapest, en un double CD Glossa 924016 « Omphale » – l’enregistrement, splendide, a eu lieu à Budapest du 15 au 17 septembre 2021… – d’une durée de 2 heures et 20’…

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    Et écoutez déjà ce 2e Air vif pour le Magiciens (1′ 22) de l’Acte des Enfers à la plage 27 du CD n°2…

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    Ce 6 avril 2026, sous un titre plutôt bâclé « Rareté« , et sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé rend l’hommage absolument mérité qu’il convient à cette lumineuse résurrection discographique de l’ « Omphale » de Cardonne :

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    RARETÉ

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    Quel destin pour la tragédie lyrique après Rameau ? La révolution Gluck allait survenir, mais Mondonville, La Borde, Le Moyne, Montéclair et quelques autres n’ont pas encore cassé le moule, remettant sur le métier quelques livrets emblématiques. Jean-Baptiste Cardonne est de cette veine-là, et son Omphale, reprenant le poème d’Antoine Houdar de la Motte – Paris, 17 janvier, 1672 – Paris, 26 décembre 1721 – sans en changer un mot, montre de savoureuses accointances avec l’univers de Mondonville.

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    Comme celui de l’Occitan, son orchestre est somptueux, paré en fête – oui ! – , sans l’audace de Rameau, mais avec les charmes que le Dijonnais distillait dans ses opéras-ballets – voilà… Pourtant Cardonne ne tombe pas dans le piège du genre mineur, il assume – superbement – le grand geste de la tragédie lyrique crânement, ses récits sont beaux comme l’antique et sa vocalité surveillée.

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    Son art s’est formé au Saint des saints, Page de la Musique de la Chambre du Roi, composant à peine sorti de l’enfance pour la Chapelle Royale, il avait assimilé le grand style. Avec Omphale, il voulait renouer – voilà ! – avec les ultimes visages que Rameau avait déduits de la tragédie lyrique, y ajoutant une note solaire (l’air de Céphise à l’Acte III) mais sacrifiant à la tradition de l’acte infernal avec une puissance certaine – tout à fait ! Le Quatrième Acte est le chef-d’œuvre – la grande scène avec chœur d’Argine – de cet opéra – oui ! – qui fut un rien boudé par le public de l’Académie Royale de Musique, étrangement plutôt pour la reprise du livret, qu’on jugea vieilli, que pour ses splendeurs musicales.

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    Amaryllis (1752) avait tenté le genre de la pastorale, sans plus de ce succès qui se refusa à Omphale, au point que Cardonne ne retoucha plus à la tragédie lyrique, sans pour autant connaître de meilleurs accueils avec Ovide et Julie (1773) ou Epaphus et Memphis, si ce dernier ne fût jamais donné, ultime ouvrage pour la scène d’un compositeur qui disparut à la chute de Louis XVI au point qu’on ne sait s’il aura survécu à la Terreur.

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    Formidable Argine selon Judith von Wanroij, Alcide volcanique de Jérôme Boutillier (Ah ! périsse avec moi l’ingrate). Reinoud van Mechelen style Iphis jusque dans sa moindre vocalise, et Chantal Santon Jeffery magnifie le rôle-titre au long d’un Cinquième Acte assez fabuleux dont György Vashegyi exalte la poésie et les divertissements comme il aura cerné l’essence de ce drame de la jalousie confinant à la folie – tout cela, d’une parfaite justesse…

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    Puisqu’il faut poursuivre en découvertes, les Hongrois tenteront-ils l’Amadis de Gaule de Jean-Benjamin de La Borde ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Jean-Baptiste Cardonne (1730-1792)

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    Omphale (1769)

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    Chantal Santon Jeffery,
    soprano (Omphale)
    Judith van Wanroij,
    soprano (Argine)
    Reinoud van Mechelen,
    ténor (Iphis)
    Jérôme Boutillier,
    baryton (Alcide)
    Jehanne Amzal, soprano (Céphise, Une bergère, Une Thébaine)

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    Purcell Choir
    Orfeo Orchestra
    György Vashegyi, direction

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    Un album du label Glossa GCD 924016

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    Photo à la une : © Glossa Music

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    Infiniment merci à cette splendide résurrection du merveilleux génie musical ramiste !!!

    Quelle redécouverte musicale !!!

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    Ce lundi 6 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un excellent « Le Retour des Dieux sur la Terre » de François Colin de Blamont par Alexis Kossenko dirigeant Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, le Helsinki Baroque Orchestra et 6 très bons chanteurs…

    Un excellent _ l’œuvre elle-même comme son interprétation _« Le Retour des Dieux sur la Terre«  _ créé à Fontainebleau le 5 septembre 1725  _ de François Colin de Blamont (Versailles, 22 novembre 1690 – Versailles, 14 février 1760),

    par Alexis Kossenko dirigeant Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, le Helsinki Baroque Orchestra et 6 très bons chanteurs : Chantal Santon-Jeffery, Hasnaa Bennani, Marine Lafdal-Franc, Jehanne Amzal, Clément Debieuvre et David Witczak, 

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    voilà ce qu’en un double album très réussi _ avec aussi « Le Caprice d’Erato« , créé à Versailles le 3 décembre 1729 _ vient nous proposer pour notre réjouissance le label Château de Versailles Spectacles, avec ce très brillant album  CVS 139 _ écoutez ici le podcast…

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    Ce samedi 14 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Mieux connaître les chanteuses de l’Académie Royale de Musique entre 1736 et 1769 : le CD « Brillez, astres nouveaux ! » de Chantal Santon Jeffery…

    Après le très intéressant CD Alpha 554 Dumesny, haute-contre de Lully,

    de Reinoud van Mechelen et A Nocte Temporis

    _ cf mon article du 10 janvier 2020 : … _, 

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    Chantal Santon Jeffery,

    avec le Purcell Choir et l’Orfeo Orchestra,

    sous la direction de György Vashegyi,

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    nous propose un passionnant florilège d’airs chantés

    par les principales chanteuses à l’Académie Royale de Musique,

    entre 1736 et 1769 :

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    le CD Brillez, astres nouveaux !,

    soit le CD Aparté AP223.

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    En effet, Chantal Santon Jeffery vient incarner ici

    diverses héroïnes de compositeurs d’opéras du XVIIIème siècle français,

    autour de Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764)

    _ pour une Planète de Castor et Pollux, de 1737 ;

    pour l’Iphise des Fêtes d’Hébé, de 1739 ;

    pour une Phrygienne de Dardanus, de 1744 ;

    pour une Dame romaine ainsi qu’une Bergère du Temple de la Gloire de 1745 ;

    et pour Argie des Paladins, de 1760 ;

    pour La Naissance d’Osiris, de 1754, c’est une Musette tendre instrumentale qui est donnée.

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    tels Charles-Hubert Gervais (1671 – 1744)

    _ pour la Pomone de l’opéra de même titre, Pomone, en 1720 _,

    Joseph Bodin de Boismortier (1689 – 1755)

    _ pour la Daphné des Voyages de l’Amour, de 1736 ;

    et une nymphe de Daphnis et Chloé, de 1747  _,

    Jean-Marie Leclair (1697 – 1764)

    _ ici, c’est symphonie instrumentale de Scylla et Glaucus, de 1746, qui nous est donnée _,

    Pancrace Royer (1703 – 1755)

    _ pour un air du chœur du Pouvoir de l’Amour, en 1743 _,

    Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 – 1772)

    _ pour un air du chœur du Carnaval du Parnasse, en 1749 ;

    et pour l’Erigone ainsi que pour la Vénus des Fêtes de Paphos, en 1758 _,

    Antoine Dauvergne (1713 ) 1797)

    _ pour la Canente de l’opéra de même titre, Canente, en 1760 _,

    Bernard de Bury (1720 – 1785)

    _ ici, c’est l’ouverture des Caractères de la Folie, de 1743, qui nous est donnée _,

    et Jean-Baptiste Cardonne (1730 – 1792 ?)

    _ pour l’Argine de l’Omphale, de 1769.
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    Les principales titulaires _ et stars adulées ! _ de ces rôle

    à l’Académie royale de Musique

    ont été

    Melle Petitpas (1706 – 1739),

    active entre 1727 et 1739,

    Marie Fel (Bordeaux, 24 février 1713 – Chaillot, 2 février 1794),

    active entre 1734 et 1758,

    Marie-Jeanne Lemière (1733 – 1786), épouse Larrivé,

    active entre 1750 et 1778

    et Sophie Arnould (Paris, 13 février 1740 – Paris, 22 octobre 1802),

    active entre 1757 et 1778 ;

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    ainsi que l’indique l’excellent livret

    rédigé par Benoît Dratwicki…

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    Le travail d’interprétation qu’offre ce CD

    est à marquer d’une pierre blanche !

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    Ce mardi 18 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa