Étiquette : charme

  • Une seconde étape du périple discographique du répertoire de ténor chanté en français, par Benjamin Bernheim : un passionnant « Boulevard des Italiens »…

    Après son inaugural magnifique et marquant récital _ soit le CD Deutsche Grammophon 481 6078 _ tout simplement intitulé « Benjamin Bernheim« , constitué d’airs pour ténors de Massenet, Donizetti, Gounod, Verdi, Tchaikovsky, Godard Berlioz et Puccini,

    que le superbe Benjamin Bernheim _ cf mon article du 24 novembre 2019 : « « … _ nous a donné en 2019,

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    voici que celui nous livre maintenant une seconde magnifique étape de son périple de ténor chantant en français,

    consacrée cette fois à des airs de compositeurs italiens ayant composé, ou bien tout spécialement pour des scènes fraçaises d’opéra, ou bien des œuvres ayant très vite rencontré le plus vif et large et durable succès en France,

    en un récital très judicieusement intitulé cette fois « Boulevard des Italiens« , en un nouveau très réussi CD Deutsche Grammophon, numéro 486 1964.

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    Cf l’article que, sur le site de ResMusica, et le 27 avril dernier, Steeve Boscardin, a consacré à ce CD, sous le titre de « Benjamin Bernheim rend hommages aux Italiens à Paris« …

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    Benjamin Bernheim rend hommage aux Italiens à Paris

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    Ce nouvel enregistrement de Benjamin Bernheim sort des sentiers battus et apparaît beaucoup plus original que les traditionnels récitals de ténors, grâce à la collaboration du Palazzetto Bru Zane qui a concocté un programme autour de l’engouement des compositeurs italiens pour Paris.

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    L’avantage de ce programme est d’éviter la succession de « tubes » archi-connus, et d’aborder les compositeurs italiens dans leurs compositions en langue française. L’’intitulé, « Boulevard des Italiens », rappelle que Paris et sa « grande boutique » était un pôle d’attraction important pour les compositeurs italiens qui ont été amenés à écrire des opéras en français pour un public avide : on retrouve ainsi le traditionnel Don Carlos de Verdi, mais aussi des pages de son Jérusalem et des Vêpres Siciliennes, ainsi que La Vestale de Spontini ou La fille du régiment et La favorite de Donizetti, et des raretés de Cherubini et Mascagni. Enfin, le programme du disque s’ouvre et se referme avec deux airs de Puccini (extraits de Tosca et Madame Butterfly) dont la simple traduction en français – comme cela se faisait encore jusque dans les années 60 avant l’apparition du sur-titrage – apporte une écoute renouvelée et quasiment « exotique ».

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    Reconnaissons toutefois que l’enchainement de ces cavatines et romances où la « démonstration » technique semble mesurée quels que soient les styles abordés (romantisme, vérisme et classicisme), manque un peu de variété et aboutit à une absence de relief qui peut susciter une relative monotonie. Relative, car l’élégance suprême _ voilà ! _ domine, et toutes ces pages sont magistralement défendues et interprétées. Et puis quel plaisir d’entendre une telle évidence _ oui _ entre un répertoire et un interprète, car Benjamin Bernheim semble ici sans rival dans la domination naturelle de la prosodie, la clarté d’émission, le legato ondulant prétexte à de longues phrases lancées sur un souffle _ absolument…

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    A ce titre la cavatine de Dom Sébastien de Donizetti est peut-être le bijou, le point d’acmé de cet album qui résume toutes les qualités du ténor, ici tout en intériorité et raffinement pour peindre le portrait d’un monarque solitaire et mélancolique. Justesse du phrasé, belles dynamiques, maitrise absolue de la demi-teinte et de l’aigu puissant _ oui, oui, oui. L’extrait de la Favorite est du même acabit avec cette ligne de chant ondulante et si, pour donner plus de contrastes, on aurait aimé que Bernheim aborde le personnage de Tonio de La fille du régiment du côté de sa virtuosité, reconnaissons que la romance « Pour me rapprocher de Marie » abordée ici expose là encore une diction parfaite et une émission d’une grande clarté conférant beaucoup de fraîcheur _ oui _ à son interprétation.

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    Les Verdi sont aristocratiques et d’un grand raffinement _ comme il leur convient. Bernheim y apparait souverain, d’une ligne de chant et d’un legato flottants, et le duo jeune et plus « viril » du Don Carlos avec Florian Sempey (Posa) atteint des sommets dans de superbes harmoniques. La délicatesse des romances de Jérusalem et des Vêpres siciliennes donnent à admirer une grande qualité du phrasé et le souffle infini du ténor ainsi qu’une parfaite maîtrise de la voix mixte.

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    Le programme donne l’occasion au ténor d’aborder le répertoire plus « classique » – avec notamment le très rare Ali Baba de Cherubini – qui se révèle plein de promesses, même si l’extrait de la Vestale de Spontini nous semble encore manquer un peu de mordant, d’urgence et de drame.

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    Enfin, Amica, seul opéra en français que Mascagni a composé (1905), est une belle découverte qui nous permet de savourer cette voix duveteuse et moelleuse associée à une clarté d’émission qui sonne avec beaucoup de finesse dans ce répertoire vériste souvent plus trivial chez d’autres artistes.

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    A la tête de l’Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, le chef français Frédéric Chaslin aborde avec la même élégance les divers styles qui composent le programme. Si on aurait parfois aimé – comme pour le ténor – un peu plus de mordant dans certaines pages, l’orchestre offre une belle variété de couleurs et une valorisation des pupitres qui enrichissent l’écoute de ces œuvres que l’on prend plaisir _ oui _ à découvrir ou redécouvrir.

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    Giacomo Puccini (1858-1924) : « Adieu, séjour fleuri » extrait de Madama Butterfly ; « Ô de beautés égales dissemblance féconde ! » extrait de Tosca.

    Gaetano Donizetti (1797-1848) : « Pour me rapprocher de Marie » extrait de La Fille du régiment ; « Ange si pur que dans un songe » extrait de La Favorite ; « Seul sur la terre » extrait de Dom Sébastien, Roi de Portugal.

    Giuseppe Verdi (1813-1901) : « Fontainebleau ! forêt immense et solitaire », « Je l’ai vue », « Le voilà ! c’est l’enfant ! – Ô mon Rodrigue ! », « Dieu, tu semas dans nos âmes » extraits de Don Carlos ; « L’Emir auprès de lui m’appelle » et « Je veux encore entendre ta voix » extrait de Jérusalem ; « Ô toi que j’ai chérie » extrait des Vêpres siciliennes.

    Gaspare Luigi Pacifico Spontini (1774-1851) : « Qu’ai-je vu ! … Julia va mourir ! » extrait de La Vestale.

    Luigi Cherubini (1760-1842) : « C’en est donc fait, plus d’espérance ! » et « C’est de toi, ma Délie, que dépendait mon sort » extrait d’Ali Baba.

    Pietro Mascagni (1863-1945) : « Amica ! Vous restez à l’écart … » et « Pourquoi garder ce silence obstiné ? » extrait d’Amica.

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    Benjamin Bernheim, ténor ;

    Orchestra del Teatro Comunale di Bologna, direction : Frédéric Chaslin.

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    1 CD Deutsche Grammophon réalisé en coopération avec le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française.

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    Enregistré au Teatro auditorium Manzoni de Bologne en avril 2021.

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    Texte de présentation en français, anglais et allemand.

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    Durée : 59:13

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    La profondeur du charme _ tant de la splendeur du timbre de ténor que de cette conduite admirable, si aisée, de l’art maîtrisé du chant en français _ emportant tout…

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    Ce dimanche 1er mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Ré-écouter de Frederic Mompou (1893 – 1987) les quatre « Cuadernos » (1959, 1962, 1965 et 1967) de sa sublime « Musica callada »… Et le génie de l’interprétation du merveilleux Josep Colom…

    De l’extraordinaire Frederic Mompou (Barcelone, 13 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987),

    le couronnement de l’œuvre si singulier _ et si profondément émouvant, en sa lumineuse sobriété _,

    est probablement réalisé par les quatre « Cuadernos » (de 1959, 1962, et 1967) _ en vingt-huit (9 + 7 + 5 + 7) pièces brèves… _, de sa prodigieuse « Musica callada » _ sous l’inspiration fulgurante du « Cantique spirituel entre l’âme et le Christ, son époux«  de Saint-Jean-de-la-Croix (1542 – 1591).

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    J’en étais jusqu’ici resté aux interprétations magiques, d’abord de Frederic Mompou lui-même, enregistrées en 1974 au Casino de l’Alianca del Poblenou, disponibles au sein d’un coffret de 4 CDs Brilliant 6515 ;

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    mais aussi du magnifique pianiste catalan _ lui aussi _ Josep Colom _ né à Barcelone le 11 janvier 1947 _, enregistrées en décembre 1991 et février, mars et juin 1992, disponibles au sein d’un coffret de 4 CDs Mandala MAN 5021/24…

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    Or voici que je m’aperçois qu’est assez récemment paru un nouveau CD de cette sublimissime « Musica callada« , par ce même Josep Colom, cette fois enregistrée les 16 et 17 avril 2019, à l’Auditorio de Zaragoza, publié pour le label Eudora, le CD Eudora SACD 2101.

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    Sur l’œuvre si singulière et si intensément vibrante et touchante, en sa terrible discrétion, de Mompou,

    je ne veux surtout pas manquer de renvoyer ici au merveilleux « Le Message de Mompou » de Vladimir Jankélévitch,

    aux pages 157 à 172, de son excellentissime « La Présence lointaine _ Albeniz, Séverac, Mompou » paru en 1983 aux Éditions du Seuil, et qui vient de reparaître, le 12 mai 2021, en Points-Seuil…

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    Une finesse d’analyse d’une justesse indispensable !

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    Et à propos de cet admirable interprète qu’est décidément Josep Colom,

    il me faut ajouter que c’est lui qui, en 1995, m’a fait découvrir _ en une écoute impromptue absolument émerveillée sur mon auto-radio, sur la route en partant au travail, d’une émission de France-Musique qui diffusait un extrait de cette musique, dont je n’avais hélas pas perçu le nom du compositeur, qu’il m’avait ensuite fallu rechercher ; et que j’avais heureusement trouvé alors ! Et j’avais donc pu commander ce CD à ma chère libraie Mollat ; et Vincent Dourthe ne l’a pas oublié !… _, ce tout à fait extraordinaire compositeur, si singulier, lui aussi, qu’est Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784).

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    Ce qui, consécutivement, a aussi fait de la librairie Mollat _ et sur une très longue durée : tant que ce stupéfiant CD a été distribué et disponible… _, le meilleur vendeur en France de ce magistral CD _ écoutez-le ici ! Il est miraculeux de poésie… _ des « Pièces pour clavier » de Manuel Blasco de Nebra par Josep Colom, enregistré à Paris en 1995, le CD Mandala MAN 4847 :

    tellement la diffusion au magasin du moindre extrait de cette merveilleuse musique sur la platine du magasin, avait pour immédiat effet (de séduction !) de déclencher l’achat, ou la commande, de ce CD par quiconque l’entendait et l’écoutait et tombait sous son charme si prenant…

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    Le charme idéalement conjugué de la rencontre enregistrée de l’œuvre du compositeur, Manuel Blasco de Nebra, et de son interprète ici, le tout simplement merveilleux Josep Colom !

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    Cf, dans la série de mes articles consacrés à des »musiques de joie » _ durant la période de confinement de la pandémie de Covid _, mon article du 10 avril 2020, qui s’en faisait l’écho toujours ébloui :

    « « …

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    Cette « quintessence acérée et voluptueuse de l’intime« , écrivais-je ce jour-là,

    et alors que j’ignorais, et pour cause, les formulations si heureuses, de cet extraordinaire si juste « écouteur de musique« , qu’est l’incomparable Vladimir Jankélévitch…

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    De Manuel Blasco de Nebra (1730 – 1784) à Frederic Mompou ()1893 – 1987),

    l’interprète splendide qu’est Josep Colom (1947) est bien le plus magique passeur…

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    Écoutez et ré-écoutez pour votre propre joie la joie rayonnante et discrète que l’interprétation, en ces CDs _ tant de Frederic Mompou, par deux fois, en 1991-92 et 2019, que de Manuel Blasco de Nebra, en 1995 _ de Josep Colom, nous donne si généreusement à recevoir et partager…

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    Ce samedi 23 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter le cher Ian Bostridge chanter un très harmonieux choix de « Songs » d’Ottorino Respighi…

    Le cher Ian Bostridge, ténor, fait partie de ces excellents chanteurs-diseurs de mélodies, lieder, songs,

    auxquels va ma prédilection,

    et cela, depuis pas mal de temps déjà…

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    Je suis donc toujours bien attentif aux nouvelles réalisations discographiques de ce très remarquable interprète.

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    Ainsi, pour ce très beau récent CD « Respighi Songs«  _ le CD Pentatone 5186 872 _,

    avec la pianiste italienne Saskia Giorgini.

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    Pour un répertoire assez peu fréquenté, au concert comme au disque ; et bien à tort…

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    Ainsi l’art de bien chanter-dire de ce cher Ian Bostridge, n’a-t-il pas pris une ride ;

    et le charme, idéalement paisible, dépassionné, de son écoute est encore une fois absolument au rendez-vous : ici, pour l’art d’Ottorino Respighi…

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    Voici ce qu’en dit, aussi, le plus qu’à son tour sagace Jean-Charles Hoffelé, en la chronique du 21 janvier dernier de son Discophilia,

    sous le titre parfaitement idoine d’ »Arcadie« … :

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    ARCADIE

    Jadis, Robert Tear révélait au disque, dans sa parure d’orchestre, Deità silvane et son univers de faunes et de dryades. Voici que Ian Bostridge, avec le piano versicolore de Saskia Giorgini, les révèle dans leur mouture originale _ avec piano _, cycle d’une sensualité tempérée _ voilà _ d’une onde de rêve où pointe une nostalgie _ pour un passé qui s’est bien éloigné, en son élégance discrète _ que le timbre androgyne du ténor évoque avec les subtilités _ oui _ qu’on lui connaît.

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    Ses détracteurs l’accusent d’être un « ténor à voix blanche », n’entendant pas à quel point les couleurs pour lui sont dans les mots _ oui _, et ce sont les mots qui, les années passant, auront envahi son chant. Pour les subtilités littéraires des poèmes que Respighi choisit, c’est _ tout à fait _ merveille, d’autant que l’italien, même avec son petit accent anglais, lui dore le timbre (et son français précieux pour Au milieu du jardin _ du délicatissime Jean Moréas _ lui donne l’occasion de quelques aigus très Pelléas).

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    Jusque dans le très sombre de Nebbie dont il ose la terrible gradation chromatique sans rien masquer, ce disque ne vous quittera pas _ certes _, découvrant la part la plus méconnue _ en effet _ d’un compositeur que la voix aura autant inspiré que Puccini, ce que l’on ne sait pas assez.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ottorino Respighi
    (1879-1936)

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    Deità silvane, P. 107
    6 Liriche, Série 1, P. 90
    (3 extraits : I. O falce di luna, III. Au milieu du jardin, VI. Pioggia)

    6 Liriche, Série 2, P. 97
    (3 extraits : I. Notte, III. Le repos en Égypte, IV. Noël ancien)

    Nebbie, P. 64
    La statua, P. 122
    4 Liriche, P. 125 (2 extraits : II. La naiade, III. La sera)
    Notturno, P. 44 No. 3
    5 Canti all’antica, P. 71 (extrait : IV. Bella porta di Rubini)
    Stornellatrice, P. 69
    4 Chansons écossaises, P. 143
    Canzone sarda, P. 155
    Le funtanelle, P. 164 (Canzone dell’abruzzo)

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    Ian Bostridge, ténor
    Saskia Giorgini, piano

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    Un album du label Pentatone PTC5186872
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    Photo à la une : le ténor Ian Bostridge – Photo : © Benjamin Ealovega

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    Ce mercredi 26 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Vincent Dumestre essaie son Poème harmonique sur les « Symphonies pour les soupers du Roy » de Michel-Richard Delalande…

    Ce 20 décembre,

    et alors que mon ami Philippe Trouvé vient de m’offrir, hier, pour mon anniversaire, le CD _ Château de Versailles-Spectacles CVS048 _  des « Soupers du Roi » de Michel-Richard de Lalande par le Poème Harmonique sous la direction de Vincent Dumestre,

    voici que je découvre ce matin même que c’est précisément, et sous le titre « Le Goût français« , à ce CD-ci

    que, sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé consacre sa chronique quotidienne .

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    J’ai donc aussitôt adressé ce courriel-ci à mon ami Philippe :

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    Ce matin, je découvre la chronique que Jean-Charles Hoffelé consacre au CD Delalande de Vincent Dumstre et son Poème harmonique,

    sous le titre « Le Goût français » .

     
    Je connais bien Vincent Dumestre, qui a débuté sa carrière _ en 1994 _ comme théorbiste pour Hugo Reyne et La Simphonie du Marais.
    Et j’ai été plusieurs fois récitant lors de concerts avec eux,
    comme, par exemple, à Garges (avec aussi Philippe Pierlot, à la viole de gambe)…
     
    Et la musique de François Francœur (Paris, 21 septembre 1698 – Paris, 5 août 1787) évoquée au final de l’article de Jean-Charles Hoffelé
    a elle aussi été explorée et enregistrée par La Simphonie du Marais : dans son très réussi CD FNAC-Music 592287, en 1993, « Musique des Tables royales« …
     
    Francis

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    LE GOÛT FRANÇAIS

    Vincent Dumestre avait déjà immergé son art éloquent dans quelques grands motets _ Cf l’article que Cécile Glaenzer a consacré, le 19 mai 2018, et sous le titre « Majesté« , à ce CD Alpha 968 de trois des Grands Motets de Delalande : Deitatis Majestatem, Ecce nunc Benedicite & Te Deum… _, le voici qui ose un premier album sans voix, retournant naturellement à Delalande dont il offre ici trois Suites pour le Grand Couvert en les aménageant à partir des diverses sources.

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    Merveille, il habille de son orchestre versicolore où paraît une vraie musette les musiques savantes et savoureuses que Delalande assembla au long de ces pages qui sont d’abord _ en effet... _ des suites de danses. Mais il fait entendre surtout cette confluence entre le grand style français imposé par Lully – les Symphonies pour les Soupers du Roi ont composées après la mort _ le 22 mars 1687 _ du Surintendant, Delalande _ Paris, 15 décembre 1657 – Versailles, 18 juin 1726 _ règne désormais en maître absolu sur la musique de la Chapelle, comme sur celle du Palais – et les innovations que Delalande fait paraître en y mêlant des pièces de caractère, en y réemployant des éléments de ses fééries théâtrales ou de ses ballets mythologiques.

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    Dumestre et sa belle bande se régalent de ces musiques et n’hésitent pas à les encanailler _ peut-être un poil trop… _ d’habillages rustiques (le Tambourin de la Suite en sol), c’est tout le goût français qui y rayonne avec ce mélange inimitable de brio et de mesure _ certes ! _, mais il faudra revenir _ oui !!! _ à l’intégrale d’Hugo Reyne et de la Simphonie du Marais (harmonia mundi) pour prendre la mesure des audaces si sensibles de la nouvelle proposition : c’est en participant _ mais oui ! en tant que théorbiste… _ à cet enregistrement _ ici, Jean-Charles Hoffelé fait erreur : les théorbistes de cet enregistrement De Lalande des mois de mai et juillet 1990 étaient Pascal Monteilhet et Marco Horvat ; le premier enregistrement de La Simphonie du Marais auquel participa Vincent Dumestre, théorbiste, fut le CD « Marches, Fêtes & Chasses Royales pour Louis XIV« , d’André Philidor l’aîné, enregistré du 4 au 7 juillet 1994 ; un CD auquel j’ai participé aussi, en tant que récitant à la plage 13… _ que Vincent Dumestre se toqua _ là, c’est un peu trop dire… _ des œuvres de Delalande, qui pourrai(en)t lui donner tort ! _ ou plutôt : qui pourrait lui donner tort ? Jean-Charles Hoffelé aurait dû se relire…

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    Demain, quitte à poursuivre dans la divulgation des musiques de festins _ qu’explora déjà bien Hugo Reyne et sa Simphonie du Marais… _, aurait-il la curiosité d’aller voir du côté de Francœur ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Michel Richard Delalande(1657-1726)

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    Symphonies pour les Soupers du Roi
    Suite en sol mineur
    Suite en ré mineur
    Suite en mi mineur

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    Le Poème harmonique
    Vincent Dumestre, direction

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    Un album du label Château de Versailles Spectacles CVS048
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    Photo à la une : le compositeur Michel Richard Delalande – Photo : © DR

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    Une musique colorée et riche du très délié et délicat doux charme français…

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    Ce lundi 20 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa