Étiquette : chef d’œuvre de la musique

  • Quand un interprète nous fait accéder à un chef d’œuvre de la musique : le violoncelliste Nicolas Altstaedt et le Concerto pour violoncelle n°2 (de 1963) de Grażyna Bacewicz (1909 – 1969), en le CD « Blackbirds – Music from the 1960s – Bacewicz – Britten- Feldman – Veress »…

    Il nous arrive de temps en temps qu’un magnifique interprète nous fasse accéder, jubilatoirement, à un chef d’œuvre de la musique jusqu’alors inconnu de nous :

    c’est en l’occurrence le bonheur qui vient de m’arriver grâce au superbe violoncelliste Nicolas Altstaedt – Heidelberg, 1982 : je l’apprécie depuis longtemps… – en son tout récent CD Alpha 1213 « Blackbirds – Music from the 1960s – Bacewicz – Britten- Feldman – Veress » pour le sublime Concerto pour violoncelle n°2 (de 1963) de Grażyna Bacewicz (Łódź, 5 février 1909 – Varsovie, 17 janvier 1969) – enregistré en février 2025 en Suède, à la Sverige Radio…

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    Et on peut voir ici l’assez juste article de Jean-Marc Petit « Le violoncelliste Nicolas Altstaedt en ex-fan des sixties » paru sur ResMusica hier 18 juillet 2026,

    qui vient à point nommé conforter mon enthousiasme et pour cette œuvre de Grażyna Bacewicz, et pour cette interprétation de Nicolas Altstaedt : 

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    Le violoncelliste Nicolas Altstaedt en ex-fan des sixties

    Le violoncelliste consacre un disque entier à des œuvres composées pendants les années 1960. Un parcours original allant de  à , en passant par… les Beatles – Paul McCartney.

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    n’était pas né dans les années 1960 – mais en 1982 – , années de gloire des Pierre Boulez, Iannis Xenakis, Krzysztof Penderecki, notamment, mais également période dorée – encore… – de la pop music. C’est pourtant à cette décennie – des 60 – que le violoncelliste franco-allemand de 44 ans a décidé de consacrer son dernier disque, le violoncelle servant de « fil conducteur » à un programme d’œuvres assez hétéroclites, dont la chanson Blackbird des Beatles donnant son titre à l’album.

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    nous permet ainsi de redécouvrir l’extraordinaire – vraiment !!! –  Concerto n°2 pour violoncelle de (1909-1969). Composé en 1963, alors que la compositrice polonaise s’éloignait du néoclacissisme pour s’intéresser à une forme modérée de dodécaphonisme, ce concerto est avant tout une prodigieuse leçon de couleurs orchestrales – oui. On pourrait même considérer cette œuvre plutôt comme un concerto pour orchestre et violoncelle, tant l’instrument soliste semble parfois se fondre dans le merveilleux kaléidoscope de percussions, de bois et de cordes que déploie . Nicolas Altstaedt, à la sonorité ample et claire, est tout autant le héros de ce concerto que l’, sous la baguette précise de . Que ce soit dans l’Allegro fantastico introductif, véritable étude de couleurs sonores, l’Adagio en apesanteur, ou l’Allegro percussif final, cette œuvre nous transporte dans « tout un monde lointain » qu’évoquera à son tour quelques années plus tard Henri Dutilleux dans son propre concerto.

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    Après la densité de Bacewicz, Nicolas Altstaedt nous fait basculer dans l’épure, avec Durations II pour violoncelle et piano de . Composée en 1960, cette pièce hypnotique est caractéristique du style du compositeur américain qui n’indiquait sur ses partitions que la hauteur, les nuances et le timbre des notes, laissant aux interprètes le libre choix du rythme et de la durée. Cette musique « indéterminée » abolit donc le temps. Durations II est comme une volute de fumée qui s’élève et disparaît, une musique en apesanteur comme les toiles du peintre Mark Rothko à qui a rendu hommage. Nicolas Alstaedt et son partenaire , cette fois au piano, interprètent avec une concentration extrême cette pièce fascinante.

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    Retour sur terre ensuite avec la Sonate pour violoncelle et piano de (1913-1976). Composée en 1961 à l’attention de Mstislav Rostropovitch, cette vaste partition en forme de suite à l’ancienne, est avant tout un hommage au son si impressionnant du violoncelliste russe. Nicolas Altstaedt et ne prétendent pas rivaliser avec la version anthologique de « Rostro » et Britten, d’une puissance hors norme. Leur vision, fluide et précise, permet de voyager avec aisance tout au long des cinq étapes de cette Sonate, tour à tour fantasque, tragique, échevelée comme le final aux accents de chevauchée « chostakovienne ».

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    Nicolas Altstaedt poursuit son récital avec la méconnue Sonate pour violoncelle seul (1967) de (1907-1992). Puissante partition, assez aride, cette sonate ne puise pas dans les racines hongroises du compositeur, comme celle célèbre – et à très juste titre !!! – de son compatriote Zoltan Kodaly. Beaucoup plus abstraite et théorique (à l’image d’ailleurs du texte de la notice de présentation), cette sonate confronte une multitude de discours opposés (offensif puis apaisé, péremptoire puis hésitant, fragile et éruptif), nécessitant une grande virtuosité de la part du violoncelliste. On sent Nicolas Altstaedt particulièrement engagé dans cette partition qu’il souhaite défendre depuis longtemps.

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    Le contraste est saisissant avec l’adorable Blackbird de Paul McCartney et John Lennon que Nicolas Alststaedt joue en conclusion de son disque en compagnie du luthiste (et chanteur pour l’occasion) . Quoi de mieux qu’une chanson des Beatles, légère et insouciante, pour conclure un disque d’une telle densité ?

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    Blackbirds, Music from the 1960s.Grażyna Bacewicz (1909-1969) : Concerto pour violoncelle n°2.

    Morton Feldman (1926-1987) : Durations II pour violoncelle et piano.

    Benjamin Britten (1913-1976) : Sonate pour violoncelle et piano op. 65.

    Sandor Veress (1907-1992) : Sonate pour violoncelle solo.

    Paul McCartney (né en 1942)/John Lennon (1940-1980) : Blackbird.

    Nicolas Altstaedt, violoncelle. Orchestre symphonique de la Radio suédoise. Maxim Emelyanychev, direction et piano. Thomas Dunford, luth et chant.

    1 CD Alpha Classics. Enregistré en février, avril et juillet 2025 à la Radio suédoise, au studio B-Sharp de Berlin, à Lockenhaus (Autriche) et Rate (Portugal).

    Notice de présentation en anglais, français et allemand.

    Durée : 58:43

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    Et regardez ici cette frustrante par sa brièveté vidéo de présentation par Nicolas Altstaedt lui-même…
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    Merci à Grażyna Bacewicz pour ce magistral chef d’œuvre,
    et à Nicolas Altstaedt pour son interprétation en ce CD, qui sait si bien le servir…
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    Ce dimanche 19 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa