Étiquette : civilisation

  • Quel interprète choisir au disque pour l’extraordinaire Sonate pour violoncelle seul Op. 8 de Zoltan Kodály ? Qui, après (ou avec) Janos Starker ?..

    C’est mon article « Un magique bijou bartokien ! : le CD « Béla Bartók – 44 Duos – including Bartók’s original field recordings » d’Alexandra Preucil, violon, et Antoine Tamestit, alto : une miraculeuse merveille de musique !!!« , en date du 11 août dernier, qui en me faisant découvrir que la violoniste superbe de ce CD – en idéal duo avec le merveilleux altiste Antoine Tamestit – , Alexandra Preucil, était la petite fille du violoncelliste d’exception qu’a été l’immense Janos Starker (Budapest, 5 juillet 1924 – Bloomington, 28 avril 2013), m’a mis sur la piste des plus magnifiques interprétations, au disque, de celui-ci, avec, au tout premier rang, ce chef d’œuvre singulier qu’est la « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 (composée en 1915 et créée le 7 mai 1918 par Jenö Kerpely) de Zoltan Kodaly (Kecskemet, 16 décembre 1882 – Budapest, 6 mars 1967), un compositeur que personnellement je porte au pinacle… 

    …

    Et demandant à mon disquaire préféré s’il avait en rayon des CDs de Janos Starker, il me cite un CD paru assez récemment de cette « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8, le CD Urlicht Audiovisual « Janos Starker – Kodály – Duo for violin and cela Op. 7 – with Elmira Darvarova – Sonata for solo cell Op.8 » – cette dernière en une reprise d’un enregistrement pour le Period Records SPL-510, de 1950…

    …

    Revenu avec ce CD à mon domicile,

    je commence à essayer de répertorier les CDs de ma discothèque comportant une interprétation de cette célébrissime « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 de Kodály ;

    et je parviens à mettre ainsi peu à peu la main sur quelques interprétations de choix, même si quelques autres – telles celles de Truls Mörk et Peter Wispelwey, par exemple, ou Jean-Guihen Queyras… – , pour le moment, demeurent encore cachées à ma vue  :

    …

    Et si je ne mets pas la main sur l’interprétation de Pierre Fournier en 1959 – fait-elle partie ou pas de ma discothèque ? je n’en ai pas souvenir… – ,

    je déniche celle de Paul Tortelier pour EMI de 1977,

    celle de Miklos Perényi pour Hungaroton – sans date d’enregistrement ; et écoutez ceci...  – ;

    celle de Julian Steckel pour Avi-Music en 2018 – cf mon article du 3 septembre 2022 : « Superbe Julian Steckel dans un éblouissant CD de trois chefs d’oeuvre de Zoltan Kodaly« … – ;

    celle de Daniel Müller-Scholl pour Orfeo de 2019 – cf mon article du 23 décembre 2019 : « De Zoltan Kodaly (1882-1967), ce chef d’oeuvre foudroyant qu’est sa Sonate pour violoncelle seul, opus 8 (de 1915)« … – ;

    celle de Marc Coppey pour Audite en 2020 – cf mon article du 16 avril 2022 : « Du « Duo pour violon et violoncelle » Op. 7 de Zoltan Kodaly, l’été 14, comparer diverses interprétations discographiques _ ou la plus grande proximité avec la voix humaine…«  ; et écoutez ceci… – ;

    et tout récemment, celle du jeune Simon Tetzlaff pour Hänssler de 2025 – cf mon article du 4 janvier 2026 : « Admirer le CD « Kodaly – Sibelius – Ysaÿe » du jeune Simon Tetzlaff, violoncelliste, avec sa sublimissime incarnation de la géniale Sonate pour violoncelle seul Op. 8 de Kodaly, et une miraculeuse « Malinconia » de Sibelius, en un duo magnifique avec le piano de feu de Kiveli Doerken : un flamboyant CD de début pour le très imposant, déjà, Simon Tetzlaff…«  ; et écoutez ceci… – …

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    Et ces divers articles passionnés témoignent de mon degré d’admiration pour ce chef d’œuvre absolu qu’est cette « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 (de 1914) de l’immense Zoltan Kodaly,

    et de ma recherche poursuivie de ses meilleures interprétations…

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    Et à défaut de pouvoir présenter ici cette interprétation de Janos Starker, en son grand geste épique – peut-être un brin raide, un brin froid, malgré sa fulgurance… – , de l’enregistrement du CD Period Records SPL-510 de 1950 repris dans ce récent CD d’Urlicht Audiovisual UAV-5983 (d’une durée de 27′ 36),

    voici à écouter ici le podcast d’une autre interprétation de Janos Starker (d’une durée voisine de 27′ 56), saisie, celle-ci, en 1957…

    …

    Et nous pouvons mesurer tout ce qu’apportent de vie à ce chef d’œuvre sidérant de Zoltan Kodaly (de 1915) de jeunes magnifiques interprètes d’aujourd’hui :
    Julian Stekel, Daniel Müller-Schott, Marc Coppey, Simon Tetzlaff, par exemple,
    par rapport au grand Janos Starker, en 1950, en le CD de réédition d’Urlich Audiovisual de l’année dernière : un témoignage d’époque marquant…
    …
    D’où le vif intérêt évident d’être bien vigilant dans ce que peut venir nous proposer d’enthousiasmant l’actualité discographique…
    Et nous en avons bien besoin parmi tout ce qu’a de morose et d’affligeant-consternant, tragique, notre époque…
    La musique ayant ce considérable pouvoir de nous enthousiasmer, pourvu qu’on l’écoute avec attention et amour, à défaut de soi-même la jouer…
    Et l’écouter ainsi, et en jouir, est déjà un privilège – culturel indispensable : à défendre, préserver et aider à son extension à tous, à un moment où scandaleusement la culture devient une variable d’ajustement de la part de tant de misérables pouvoirs décérébrés, à tous les échelons : en train de suicider, rien moins,  la civilisation… – vital… 

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    À suivre…

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    Ce mardi 18 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les merveilleuses conversations-rencontres que peut parfois offrir le blog : un très réconfortant dialogue avec Françoise Martin-Moro, musicienne…

    Sur les merveilleuses conversations-rencontres que peut parfois offrir le blog,
    voici ce vendredi 17 juillet 2026, un très réconfortant dialogue – avec en rouge les réponses que je joins à son courriel… – avec Françoise Martin-Moro, musicienne (organiste paroissiale à Urrugne), qui m’a adressé avant-hier 15 juillet, à 23h 37, le magnifique courriel suivant :
    …
    …
    Bonsoir Monsieur Lippa,
     
    Mon  amie Agnès Jacqueminet m’a fait découvrir votre blog et elle m’encourage – merci à elle ! J’ai fait sa connaissance très sympathique samedi 4 juillet dernier à Ciboure lors de la réunion de Jakintza à laquelle je m’étais rendu… – à vous écrire pour vous dire le plaisir – Merci ! – que j’ai pris à ces lectures (tout comme j’avais apprécié votre ouvrage « à quatre mains » – avec Guy Lalanne : « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz », publié par Jakintza le 2 novembre 2025… – sur la généalogie  – basque, via les Delouart… – de Maurice Ravel : un apport indispensable !) – Merci ! Merci ! En regrettant l’absence de témoignages de sa réception : par exemple de la part de Bertrand Chamayou auquel je ne parviens hélas pas encore à faire parvenir effectivement les courriels que pourtant je lui adresse régulièrement : un Cerbère y faisant obstinément obstacle : c’est stupéfiant d’absurdité !!!
    Concernant le blog – encherchantbien.fr – j’ai tout d’abord été très heureuse de constater qu’alors que le monde du disque s’effondre dans l’indifférence générale – trois fois hélas ! – , il reste encore des chroniqueurs sachant prendre le temps d’argumenter leurs enthousiasmes avec goût et conviction ! – Merci ! Merci ! Cela fait très grand plaisir de recevoir de tels compliments… Il n’est pas possible d’assister sans rien faire du tout à l’étiolement mortifère de la culture vraie, exigeante et authentique : c’est là un processus suicidaire menant, et à bride abattue, à la barbarie : les preuves s’accumulant, et à l’échelle mondiale, ces derniers temps-ci… Il est vrai aussi que je dispose à Bordeaux, à la librairie Mollat, d’un magnifique disquaire, ultra-compétent : Vincent Dourthe, avec lequel mes échanges sont vraiment passionnants : il sait merveilleusement écouter la musique…
    J’ai  aussi découvert que vous partagiez – en effet – ma passion – une passion du déchiffrage-défrichage des contextes pouvant éclairer, même si ce n’est apparemment qu’à la marge, la création – pour l’histoire et la généalogie (c’est une de mes marottes : au regard de votre ouvrage ravélien, j’aurais dû me douter que c’était aussi la vôtre ! – absolument… J’ignorais que vous aviez soutenu – par un modeste échange de courriels le 4 septembre 2024 – Mélina Burlaud – pianiste et chercheuse en musicologie – dans ses recherches sur le camps de Gurs : c’est une ancienne élève de mon mari – Jesus Martin-Moro – , devenue sa collègue – bravo ! Je regrette que son projet de livre n’ait pas – encore – abouti (un jour peut être ?! – mais oui, il faut le souhaiter… – ). Étiez-vous présent – hélas non – lorsqu’elle était venue jouer avec une autre de nos amies, la violoniste Clara Cernat ? C’était à Saint-Jean-de-Luz en mai 2023, dans le cadre du cycle FestiOrgues que nous organisons : un programme entièrement dédié aux compositrices féminines, comprenant la création de deux pièces composées au camp de Gurs. Un moment très émouvant, la gaîté de ces courtes pièces (le papier était rare ! – au camp de Gurs : bien sûr – ) contrastant avec le sort tragique – présent alors et à venir bientôt : Auschwitz… – de leurs auteurs – la musique aide vraiment beaucoup la joie de vivre…
    J’ai vu – en mon article en date du 16 octobre 2024 : https://encherchantbien.fr/le-fabuleux-concert-bach-bwv-593-528-530-et-564-de-lexceptionnel-benjamin-alard-a-lorgue-dominique-thomas-de-leglise-saint-vincent-de-ciboure-le-dimanche-6-octobre-dernier/ … – que vous appréciez également – beaucoup ! beaucoup ! – l’art de Benjamin Alard – il est l’élève et ami très proche de mon amie Élisabeth Joyé – : nous l’avions invité en 2024 – le 6 octobre – sur l’orgue de – l’église Saint-Vincent de – Ciboure, il revient en septembre prochain – le 3, à 17h 00 – aux Récollets, au clavecin, dans le cadre du Festival Ravel. Peut-être nous y verrons-nous ! – oui, j’espère y venir…
    Je suis bien consciente que mon avis n’a guère d’importance – mais si ! J’y suis extrêmement sensible !!! – , mais je vous adresse tous mes encouragements – merci ! merci ! – à continuer – je suis un fidèle et un opiniâtre : un passionné… – à alimenter votre blog au fil de vos coups de cœur et de vos rencontres ! – partager est essentiel… Et je suis pour jamais un passeur de vraie culture en ayant été 42 années durant professeur de philosophie au lycée : j’ai adoré mon métier ; et ce Blog encherchantbien.fr le poursuit en quelque sorte, au service du vrai et du beau… Sur la rencontre, cf mon texte « Pour célébrer la rencontre » rédigé en 2007, reproduit en mon article en date du 26 octobre 2016 https://encherchantbien.fr/pour-celebrer-la-rencontre-un-texte-mien-de-2007-retrouve/ …
    Bien sincèrement, 
     
    Françoise Martin Moro
    organiste paroissiale,
    responsable artistique du cycle FestiOrgues
    …
    …
    Voilà qui fait vraiment grand bien !
    …
    …
    Ce vendredi 17 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…

    En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,

    voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :

    …

    De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :

    …

    Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années. 
    Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain. 
    C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière. 

    Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales. 

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? 

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.

    …

    Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :

    …

    En forme de conversation à distance, et par l’écrit…
     
    Mes coordonnées :
    Francis Lippa
    à Bordeaux
    Je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires…
    …

    Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément. 
    Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain. 
    C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple
     par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! –  sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…

    Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc,  avec plaisir et même (et surtout !) passion…

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert 
    enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques…

    …

    Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :

    …
    L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.
     
    En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…
     
    Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…
    Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!
    Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…
     
    Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et ‏tout prêt à m’y enthousiasmer !
    Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :
    Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :
    consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…
    Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…
     
    Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…
    Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…
     
    Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,
    vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…
     
    Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    avec le compositeur Karol Beffa le 25 mars 2022 : vidéo  ;
    et le musicologue ravelien Manuel Cornejo le 17 avril 2025 : vidéo .
    Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
    … 
    Et à suivre bien volontiers…
    …
    Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • De vraies voix qui soient vraies : sur le chemin que se trace, en éditrice des Editions du Canoë, Colette Lambrichs, son projet courageux et passionné de résistance civilisationnelle telle qu’elle l’exprimait en décembre 2020…

    En forme de suite un peu fouillée à mon très simple hommage d’hier 1er septembre 2025, « De vraies voix : le beau mot de rentrée de Colette Lambrichs, sur son chemin…« , et en m’étant demandé au passage de ma lecture qui était ce Pierre Stapf cité par Colette Lambrichs – et, en cherchant un peu, j’ai découvert qu’il est né à Berlin le 12 janvier 1998 – ,

    …

    voici que ce mardi 2 septembre, je désire donner aussi accès à un manifeste splendide de Colette Lambrichs, paru le 9 décembre 2020 sur le blog « Sous les pavés la plume » de Martine Roffinella

    en un article passionné et passionnant intitulé « Pleins feux sur les Editions du Canoë !« , dans lequel la très belle écriture de Colette Lambrichs présentait le sens puissant de la poursuite de son activité d’édition au Canoë…

    …

    J’ai expliqué précédemment à Martine Roffinella, qui a eu la gentillesse de m’inviter sur ses plateformes, dans quelles conditions sont nées les Éditions du Canoë. Je ne vais pas y revenir. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est comment donner de la visibilité – voilà – aux textes que je publie, comment leur permettre d’atteindre leurs lecteurs – voilà ! – , et cela m’amène tout naturellement à parler d’édition d’une façon plus large et de la place du livre, et plus généralement de l’écrit dans la société actuelle – dont les enjeux sont tout simplement vitaux pour le devenir et le sens même de la civilisation…

    Je pense depuis longtemps qu’il y a une confusion volontairement entretenue – ah ! ah ! -, inscrite dans les mots « livre » et « édition », lesquels signifient en même temps le support et le contenu pour le premier, une technique de multiplication d’un texte et un métier pour le second – des distinctions fort bienvenues…

    Qu’y a-t-il de commun entre le bottin du téléphone et un recueil de poèmes, entre la Bible et Comment soigner mes varices ?

    Les seuls points communs sont les procédés d’impression et l’argent généré par ce qu’on a définitivement enfermé dans le vocable « produit ».

    Il fut un temps où on disait : « le livre n’est pas un produit comme un autre », mais la mise en coupe réglée de toute marginalité économique- voilà – a abouti au fait que le livre est un produit comme un autre, soumis à la concurrence, aux lois de la distribution commerciale, à celle de la publicité, bref à la loi du plus fort – voilà, c’est dit ; et je rappelle que ce texte a été écrit en 2020, pas en 2025 où nous en mesurons un peu mieux les dégâts qui nous atteignent plus directement…

    Il fut un temps en France, dans les années qui ont suivi 1968, où « les œuvres de l’esprit » – art, littérature, philosophie, poésie – jouissaient d’un prestige qui n’était pas lié à l’argent ; plus : qui se moquait et méprisait l’argent. Les gens de ma génération ou de celle qui m’a précédée s’en souviennent encore – oui !

    Ces temps sont révolus. L’Amérique que je haïssais pour sa mercantilisation de tout – voilà ! – s’est installée en France, a gangréné les esprits – oui – et va peut-être – et nous y sommes déjà – aboutir – par ses décérébrations divertissantes accélérées – à un illettrisme de masse – voilà ! – , généré tant par la pauvreté d’une partie toujours plus grande de la population, que par la privatisation rampante – et accélérée, sans complexes – de l’enseignement – ici aussi, cela se mesure un peu mieux aujourd’hui – et par la généralisation des pratiques digitales, induites par les technologies de pointe – tout cela est très lucidement perçu et magnifiquement clairement dit ici.

    Dans ce contexte, à quoi peut rêver une petite maison d’édition – campée-retranchée dans la petite ville médiévale fortifiée de Bourg-sur-Gironde… – telle que le Canoë ?

    Cela va vous paraître ridicule, prétentieux, mégalomane mais elle a déjà publié, peut, veut et va continuer à publier le meilleur – oui ! Car le meilleur est destiné, malheureusement, aujourd’hui, à un petit nombre – qualifié d’élitistes – de lecteurs passionnés qui ne se résolvent pas à acheter – en suivistes aveugles et décérébrés – des livres parce qu’ils se trouvent sur une quelconque liste – chiffrée – de meilleure vente. Ce sont des fouineurs – voilà , de vrais curieux de ce qu’ils ne connaissent pas encore, et ont l’appétit gourmand de découvrir vraiment… – , alertés par des libraires indépendants – quand (et tant que…) il en reste : cela aussi, c’est une culture… – qui ne se sont pas soumis aux pressions des grands distributeurs.

    Les Éditions du Canoë ne sont pas les seules à avoir cette ambition. D’autres petites maisons, aux chiffres d’affaires – ah les chiffres ! ah les affaires ! – méprisés par les grands groupes, sortent des chefs-d’œuvre – rien moins, voilà ! C’est là qu’il faut aller – mais oui ! – chercher – sans guère de boussole , étant donné ce que deviennent les médias inféodés et stipendiés… – son bonheur – de vrai lecteur… Car la lecture d’un bon livre, d’un vrai livre, c’est du bonheur garanti – absolument ! et librement ! non panurgique…

    Les Éditions du Canoë sont diffusées et distribuées par Paon et Serendip, une équipe de jeunes gens, filles et garçons, qui appliquent réellement les règles d’un commerce équitable, ne placent pas des titres dont les libraires ne veulent pas, lisent – vraiment, mais oui !.. –  les livres qu’ils diffusent, veillent à ne pas s’endetter, choisissent les éditeurs qu’ils représentent, ne travaillent pas avec Amazon. Des mises en place parfois trop petites mais pas de retour et l’estime générale de leurs clients – voilà, voilà…

    Depuis leur création en 2017, les Éditions du Canoë ont publié – jusqu’en décembre 2020 – vingt livres. Vous les trouverez sur le site des éditions du Canoë.

    Certains me demandent : « Mais quelle est votre ligne éditoriale ? »

    Elle est aussi fluctuante – et ouvert ! libre ! – que l’est ma curiosité – une fondamentale vertu, dico Titus Curiosus ; cf l’article de présentation de mon blog en date du 2 juillet 2008 : « Le Carnet d’un curieux« ) ; et il n’a pas vieilli… J’adhère pleinement à ce qu’écrivait Simon Leys, grand esprit que je ne me lasse pas de fréquenter, dans Le Bonheur des petits poissons : « Les distinctions de genres – romans et histoire, prose et poésie, fiction et essai – sont conventionnelles et n’existent que pour la commodité des bibliothécaires – et des maniaques des classements étanches… Les romanciers sont les historiens du présent, les historiens sont les romanciers du passé, et tout écrit qui présente une certaine qualité littéraire aspire essentiellement à être poème. » – comme c’est juste !

    Et Colette Lambrichs passe ici en revue ce qu’étaient en 2020 ses chantiers d’édition. Je passe donc directement à la conclusion de ce superbe manifeste…

    Je ne suis pas en manque de matière. Ce serait plutôt le contraire. Mes journées et une partie de mes nuits s’y envolent. Mais après tout, n’est-ce pas le signe de la passion ? – autre vocable bien sûr fondamental ; versus l’intérêt… Pascal Quignard le dit si bien dans L’Homme aux trois lettres : « Lire n’est pas rêver mais lire est comme rêver en ceci qu’il perd le temps » – au profit d l’éternité qui s’y atteint et gagne, mais oui ! Lire ici Spinoza… –  et, plus loin : « C’est le temps enchanté. »

    Pour m’aider dans cette entreprise, un jeune étudiant talentueux et brillant qui fit d’abord un stage dans la maison, Pierre Stapf, y travaille maintenant plusieurs heures par semaine pour ma plus grande joie. Je ne parle pas de Charoux, mon compagnon intransigeant et doux qui dévoile ce qu’il pense des livres que je publie sur Instagram. Il ne mâche pas ses mots !

    …

    Pierre Stapf. Photo : ©HalimaMoldi.

    Pour le reste, je demeure fidèle à ce qui est exposé dans le liminaire des Enseignements de la Peinture du jardin grand comme un grain de moutarde – composé en Chine entre 1682 et 1701 par des artistes et des érudits dont la passion dominante était l’admiration de l’Antiquité – , qui s’applique à toute discipline : « Pour ce qui est d’étudier la peinture, les uns préfèrent la complexité, les autres, la simplicité. La complexité est mauvaise, la simplicité est aussi mauvaise. Les uns préfèrent la facilité, les autres, la difficulté. La difficulté est mauvaise, la facilité est aussi mauvaise. Les uns considèrent comme noble d’avoir de la méthode, les autres, de ne pas en avoir. Ne pas avoir de méthode est mauvais. Rester entièrement dans la méthode est encore plus mauvais. Il faut d’abord observer une règle sévère ; ensuite, pénétrer avec intelligence toutes les transformations. » – soit conquérir par l’effort, combinant avec fluidité et élégance si possible, culture et imageance, sa liberté…

    Le logo du Canoë a été dessiné par Julio Le Parc, qui le premier m’a fait confiance dans cette nouvelle aventure. Je ne l’oublie pas.

    Colette Lambrichs et Pierre Stapf. Photo : ©HalimaMoldi.

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    Voilà !

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    Les enjeux de l’écriture, de l’édition-diffusion, et de la lecture par de vrais lecteurs de vrais livres, exprimant des voix vraies, est ainsi tout simplement, à son apparemment toute petite échelle d’abord de la personne, rien moins que civilisationnel ;

    comme les enjeux de l’école et des divertissements vulgaires inféodés qui de toutes parts, et non innocemment, la cernent et menacent de Laurine et détruire…

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    Résister à ces diverses menaces mortifères est le combat – contre les assauts insidieux et les plus souriants possibles, forcément, du nihilisme mercantile – , de chacun, à sa modeste place…

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    Ce mardi 2 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa