Étiquette : Claude Laharie

  • Avec un vif désir de secouer un peu certaines torpeurs béarnaises, et suite aux passionnantes demandes de précisions de Marie Sanchez, conservateur au patrimoine retraitée, concernant le devenir de l’avocat berlinois Frédéric-François Wachsner né à Ohlau, en Silésie, en 1893, l’enrichissement de mon déjà riche article du 30 août 2024 « Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn… »…

    Avec un vif désir de secouer un peu certaines torpeurs béarnaises du côté de Navarrenx – le temps passant, et les personnes susceptibles de pouvoir témoigner peu à peu disparaissant… – , et suite aux passionnantes demandes de précisions de Marie Sanchez, conservateur au patrimoine retraitée, ayant rencontré, grâce à Google, le nom de Frédéric-François Wachner sur mon blog encherchantbien.fr , concernant le devenir de l’avocat berlinois Frédéric-François Wachsner, né à Ohlau en Silésie en 1893, dont elle a trouvé diverses passionnantes traces du passage à Elbeuf, en Normandie, dès 1937,

    voici, et à toutes fins utiles pour les chercheurs un peu curieux, patients et passionnés, ce jour, l’enrichissement que je viens d’opérer à mon déjà riche article du 30 août 2024 « Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn… » :

    Frédéric-François Wachsner, ressortissant allemand, ayant été interné au camp de Vernuche (Nièvre), puis au camp de Cepoy (Loiret), avant d’être transféré, en 1940, au camp de Gurs (Basses-Pyrénées), puis autorisé à quitter le camp par le commandant de GTE Marcel Brenot, afin de donner, à Navarrenx, au Vieux Logis d’Henriette Verdalle, des cours d’allemand au fils de celle-ci, André Laclau-Barrère, qui préparait alors le bac à son domicile de Navarrenx ; puis réussissant à passer en Espagne, puis gagner Londres, et retournant, la guerre finie, à Navarrenx, venir épouser Henriette Verdalle le 8 décembre 1945 ; et achevant ses jours à Navarrenx le 28 février 1958…

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    Voici donc mon article du 30 août 2024, enrichi de nouvelles précisions à destination des chercheurs de micro-histoire un peu curieux, patients, et passionnés :

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    Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn…

    Voici le recueil actualisé des articles de mon blog « En cherchant bien » – tel qu’il était alors hébergé par la Librairie Mollat, à Bordeaux,  depuis le 3 juillet 2008 jusqu’au mois d’août 2025, avant de devenir autonome… –que je viens d’adresser, à sa demande, à Miléna Burlaud – paloise, et native de Pau en 1977 – qui travaille à une thèse sur les musiciens internés au camp de Gurs sous l’Occupation ; afin de l’aider si peu que ce soit à obtenir quelques contributions (documentation – témoignages) à un film-documentaire sur les évadés du camp de Gurs qu’a actuellement en chantier le documentariste Dietmar Schulz…

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    Ces articles (longs et fouillés) ne sont pas rédigés en vue de leur vulgarisation auprès du grand public – leur lecture requérant probablement une patience un peu rare, et vraiment motivée, voire carrément passionnée, pour ne pas paraître indigeste…  – ,
    mais ils comportent un maximum d’informations de détails susceptibles d’aider si peu que ce soit les chercheurs désireux d’informations précises et inédites de micro-histoire…
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    Et c’est moins aux évadés du camp de Gurs – déjà, ceux-là furent-ils très nombreux ? Et c’est surtout sur les filières des réseaux de résistance locaux, qui les ont aidés à passer en Espagne, qu’il faudrait aller puiser des renseignements… – que je me suis personnellement intéressé qu’aux membres des divers GTE retenus en ce camp dit de Gurs, qui en furent alors les prisonniers,
    tel mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislawow, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), de juillet 1942, à son arrivée, depuis Grenade-sur-Adour, où il avait été interpellé et détenu quelques jours fin juin par des gendarmes du régime de Vichy – il avait franchi clandestinement la ligne de démarcation à Hagetmau, le 7 juin 1942, à l’heure du repas de midi : ma mère Marie-France Bioy, sa fiancée, et ma tante Marcelle Bioy, l’avaient accompagné jusque là en un transport de fugitifs organisé par une infirmière de la clinique Bagatelle, à Talence… – , à août 1943, où il a pu légalement, contrat de travail en règle en poche, gagner Oloron avec, donc, un contrat dit « agricole » pour travailler, en tant que membre du 526e GTE (Groupe de Travailleurs Etrangers) d’Izeste, puis Oloron, auprès de la famille de Pierre Klingebiel (Bordeaux, 11 juillet 1896 – Talence, 24 mars 1984), professeur de philosophie au collège d’Oloron.
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    Au mois d’août 1943, en effet, et sur l’initiative, en amont, un peu plus tôt, de Marcel Brenot (Saint-Laurent-lès-Mâcon, 18 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986), qui a commandé, après le 152e GTE du camp de Gurs, le 526e GTE départemental d’Izeste, puis Oloron,
    mon père bénéficie en effet d’un contrat dit « agricole » de pure complaisance, passé avec Pierre Klingebiel (1896 – 1984), protestant très actif, et proche des Résistants d’Oloron, dont son ami Jean Bonnemason (Gère-Bélestein, 20 novembre 1894 – Oloron-Sainte-Marie, 8 décembre 1955), résistant actif de l’Armée secrète à Oloron, et qui dirigera un temps la municipalité d’Oloron à la Libération de la ville, au départ des Allemands et retrait des Collaborateurs – une voie d’Oloron porte aujourd’hui le nom de Jean Bonnemason ; et celui-ci a appuyé la demande de mon père d’être reconnu comme « Résistant« … – ;
    Pierre Klingebiel avait déjà aidé plusieurs républicains espagnols, protestants – dont plusieurs membres de la famille Maso, et le pasteur Arias Salvador Castro, que mon père, à son tour, aidera à échapper au pire, en 1944 à Muret, en Haute-Garonne… – , et d’autres encore, à quitter le camp de Gurs grâce à des contrats de travail, agricoles ou industriels, passés avc Marcel Brenot.
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    Et je tiens à citer ici in extenso le paragraphe suivant, de onze lignes, aux pages 269 et 270, de la plume d’André Klingebiel en son infiniment précieuse « Contribution à l’Histoire de la famille de Pierre Klingebiel, de 1919 à 1947« , un document de témoignage exceptionnel sur Oloron ces années-là :
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    « Le Commandant de la Compagnie de Travailleurs Etrangers de Pau-Oloron (n° 526) – Marcel Brenot ! (Alcide-Pierre-Marcel Brenot : Saint-Laurent-sur-Saône, 17 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986) – connaît bien Pierre Klingebiel qui a déjà accueilli des T.E. espagnols  en « contrat agricole » pour les sortir d’un internement d’attente à Gurs. Il – Marcel Brenot, donc, et c’est à souligner – recherche un contrat pour un jeune polonais qui a terminé ses études de médecine à Bordeaux en 1942 – non, c’était au mois de juin 1939 ; ensuite, mon père a été Assistant en Oto-Rhino-Laryngologie du Professeur Georges Portmann à la Faculté de Médecine de Bordeaux, jusqu’à son départ précipité de Bordeaux, le 7 juin 1942, sur les conseils très avisés du Pr Portmann lui-même, qui avait appris (il était extrêmement bien informé !) que la Gestapo allait venir l’arrêter… – , et qui alors est clandestinement passé en zone libre pour ne pas être incorporé dans l’armée allemande – ou bien pire… Les compétences de ce jeune médecin étranger seront fort utiles à la Compagnie auprès des travailleurs dispersés – chez divers employeurs agricoles ou industriels de la région d’Oloron. Mais pour qu’il ne soit plus interné à Gurs, il faut lui trouver un « travail agricole ou industriel ». Le professeur Klingebiel accepte avec complaisance de signer un contrat agricole pour le Dr Lippa qui pourra ainsi exercer ses talents au service de ses compagnons de la Compagnie » – tel était donc, comme on le voit ici, le souci prioritaire du commandant de GTE Marcel Brenot… 
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    Le fils de Pierre Klingebiel, André Klingebiel – né à Oloron-Sainte-Marie le 24 avril 1930, et toujours de ce monde : nous nous sommes parlé au téléphone le 14 mars dernier… Cependant André Klingebiel est décédé à Bordeaux le 4 mai 2025 – , m’a très aimablement remis aussi tous les documents concernant mon père (TE au 526e GTE) que son père avait très méticuleusement conservés ;
    ainsi qu’un merveilleusement détaillé et passionnant travail d’hommage familial rendu à ses propres parents Klingebiel : une mine d’informations très précises sur leur vie à Oloron tout particulièrement…
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    Mes recherches les années 2013 – 2014  -2015 – entreprises et effectuées à partir de mon entrée en retraite de l’Enseignement Public, le 12 décembre 2012  – , ainsi que mes fréquentes virées à Pau, à Oloron, et puis à Navarrenx, au cours desquelles j’ai patiemment recherché des documents, et surtout recueilli de très précieux témoignages de personnes presque toutes hélas décédées aujourd’hui (en 2024), ont constitué pour ma curiosité passionnée une très féconde aventure, qui vient se réactualiser ce mois d’août 2024 autour de ce projet de conférence l’année prochaine, 2025, à Navarrenx, à l’invitation du Centre Historique de l’Arribére (le CHAr), afin de rendre, en la belle cité de Navarrenx, l’hommage que méritent Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), active militante des Droits de l’Homme et de la lutte contre l’antisémitisme, et son père Paul Verdalle (Mauléon-Barousse, 19 février 1860 – probablement Navarrenx, 9 mars 1948), maire et conseiller général de Navarrenx, celui-là même qui avait accédé à la demande de Jean Mendiondou (Oloron-Sainte-Marie, 25 juin 1885 – Biarritz, 26 octobre 1961), député-maire d’Oloron, de bien vouloir aider à « accueillir », en 1938, les républicains espagnols de la Retirada réfugiés en France, sur le territoire de sa circonscription d’Oloron :
    ce fut ainsi sur les territoires des communes de Dognen, Préchacq-Josbaig et Gurs, que fut construit, avec des matériaux précaires – la durée de ce camp (provisoire) était initialement prévue comme devant être brève : un été… – , le camp de rétention dit de Gurs…
    Et Paul Verdalle l’avait effectivement accepté, en 1938…
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    Et les liens très amicaux qui ont demeuré toute leur vie durant, entre Henriette Verdalle (1896 – 1988) et Marcel Brenot (1893 – 1986) – Frédéric-François Wachsner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 28 février 1958), bénéficiaire d’un semblable « contrat agricole » de complaisance octroyé par Marcel Brenot à Henriette Verdalle afin que cet avocat berlinois donne des cours d’Allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001) qui préparait alors le bac chez lui, au Vieux-Logis, au faubourg de Navarrenx, s’évada ensuite en Espagne, passa par le camp de Miranda de Ebro, de là réussit à rejoindre Londres, puis revint à Navarrenx la guerre finie, en 1945, où il épousa le 8 décembre 1945 Henriette Verdalle, qui devint ainsi pour le reste de sa vie Madame Wachsner-Verdalle… – ont incontestablement permis, eux aussi, la protection et l’évasion de certains prisonniers des GTE retenus au camp de Gurs ;
    cf là-dessus les travaux remarquables de mon ami Bruno Le Marcis, époux de la petite-fille de Marcel Brenot, et découvreur, au décès de sa belle-mère Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014) des archives parfaitement conservées dans une armoire du père de celle-ci, Marcel Brenot (1893 – 1986)…
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    Afin de s’éclairer davantage sur la présence et les activités comme commandant du 152e GTE du camp de Gurs de Marcel Brenot, Bruno Le Marcis – prenant connaissance des archives minutieusement conservées de celui-ci, qu’il venait ainsi de découvrir en leur armoire, et cherchant bien sûr à les déchiffrer et comprendre… – avait pris contact avec LE spécialiste de ce camp de Gurs, qu’est le palois Claude Laharie ; et celui-ci l’a sur le champ envoyé – le premier contact entre Bruno et moi-même, par courriel, puis par échange téléphonique, a eu lieu le 2 février 2015 – à mes propres recherches sur les GTE des Basses-Pyrénées, dont j’étais devenu, sans le vouloir, entre 2013 et 2015, en quelque sorte LE spécialiste, au moins pour Claude Laharie…
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    Une amitié est ainsi née et s’est construite par nos fréquents échanges, entre les chercheurs que Bruno Le Marcis et moi-même sommes ainsi devenus, sans être ni l’un ni l’autre des historiens professionnels. Fin de l’incise…
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    Henriette Verdalle a aussi aidé, réfugiés qu’ils étaient un peu par hasard, à Navarrenx – ils avaient franchi la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et s’étaient immédiatement plu à Navarrenx, après un très bon repas au restaurant Camdeborde, comme s’en souvient fort bien Nelly Cassin, alors qu’ils envisageaient jusque là de chercher à rejoindre Nice, le berceau de la famille Cassin, depuis leur retour de Cuneo, au Piémont… – , Pierre Cassin (Paris, 1er octobre 1910 – Paris, 26 juillet 2000), son épouse Hélène Caroli (Trieste, 2 juillet 1905 – Paris, 15 novembre 1985) et leurs deux enfants, Nelly (née à Paris le 8 septembre 1932) et Jacques (Paris, 1938 – Saint-Céré, 2020) – leur seconde fille, la philosophe Barbara Cassin, née plus tard, le 24 octobre 1947 à Boulogne-Billancourt, est désormais membre de l’Académie française : elle y a été élue le 3 mai 2018 – :
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    De leur minuscule maison, avec petit jardin, du quartier excentré en lisière de la forêt, du Bois de Navarrenx – Barbara Cassin la qualifie, d’après le témoignage de sa sœur Nelly, de « maison de la putain« … – , Pierre Cassin, avocat, et cousin parisien de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976), se rendait quotidiennement au Vieux-Logis du faubourg de Navarrenx afin d’aider le jeune André Laclau-Barrère (né le 4 novembre 1925), le fils d’Henriette Verdalle, à préparer le bac ;
    et plus tard, après la fin de la guerre, l’avocat Pierre Cassin a reçu chez lui à Paris André Laclau-Barrère qui, envisageant alors de devenir avocat, avait entamé des études de droit à Paris…
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    Et c’est Nelly Cassin (née donc en 1932) qui lors de plusieurs longues conversations au téléphone, et qui m’a invité chez elle à Chaville – pour une très joyeuse rencontre à laquelle avaient été aussi conviés Didier Laclau-Barrère (Bayonne, 31 mars 1976), fils d’André Laclau-Barrère, et son épouse la cantatrice Sophie Koch, pour évoquer ensemble la vie à Navarrenx au Vieux-Logis, chez Henriette Verdalle, sous l’Occupation : ce fut le vendredi 12 juin 2015, chez Nelly Cassin-Jamet à Chaville, avec les membres de sa famille : ses filles Capucine et Eugénie et leurs époux Eric Naepels et Ivan Augusto, et son fils David Jamet et son épouse Marianne Deseilligny, tous très sympathiques… – , m’a fait partager ses souvenirs précis et très vivaces de la vie de sa famille Cassin à Navarrenx, où Nelly a été alors élève de l’école communale…
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    Tout cela est bien sûr passionnant, et très peu connu jusqu’ici.
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    Et en espérant pouvoir aider si peu que ce soit en ses recherches sur la musique au camp de Gurs, et par la bande de menues voire infimes précisions de faits, mais ayant eu un certain retentissement sur l’histoire – méconnue jusqu’ici – des circonstances entourant la création, Miléna Burlaud, pianiste et chercheuse… 
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    À Bordeaux, ce vendredi 30 août 2024, Francis Lippa – Titus Curiosus

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    Ce jeudi 16 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour compléter, au chapitre crucial de l’Histoire, ma première esquisse de CV…

    Comme en prolongation, absolument nécessaire, de complément à ma toute première esquisse de CV, « Pour une esquisse de sorte de CV de mon parcours de chercheur-déchiffreur-défricheur-découvreur passionné d’approches et apports divers, variés et multiples de la culture et des arts, et du philosopher vraiment… » entamée, dans l’urgence, lundi 20 janvier dernier,
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    ee dimanche 26 janvier 2025, ces considérations suivantes, adressées à l’éditeur de CDs du Palais des Dégustateurs, Eric Rouyer :
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    Oui, cher Eric, j’ai bien reçu le double CD PDD 040 Brahms – Beethoven…
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    En ce moment, je suis plutôt stressé par des négociations un peu compliquées pour obtenir la réalisation effective à Saint-Jean-de-Luz – Ciboure d’un entretien qui me tient très à cœur avec Manuel Cornejo au mois d’avril prochain, dans une salle et avec un public qui conviennent, et en un calendrier permettant l’alignement des diverses disponibilités (dont celle de Manuel Cornejo, qui est lillois et très occupé) – une vidéo d’un entretien d’une heure avec lui, sur sa nouvelle édition (en Tel Gallimard, en 2 volumes) de son édition de la Correspondance intégrale de Maurice Ravel, sera réalisée à Bordeaux le 17 avril prochain à la Station Ausone de la librairie Mollat, mais sans public : voilà c’est ce que j’ai pu obtenir de la librairie Mollat : et j’en suis très heureux et reconnaissant – ;
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    et cela alors même que j’ai reçu, pour cet entretien à réaliser avec Manuel Cornejo à Saint-Jean-de-Luz, l’aval des Affaires culturelles de la mairie de Saint-Jean-de-Luz ; mais c’est la disponibilité d’une salle adéquate qui coince pour le moment…
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    Et en novembre prochain, la très dynamique, compétente et efficace Association Jakintza, dont le siège se trouve dans la superbe maison de naissance de Maurice Ravel, Quai Ravel, à Ciboure (!), publiera le fruit de mes recherches, entreprises depuis 1919, sur les cousins basques « cibouro-luziens » de Maurice Ravel, auxquels personne étrangement – au moins pour moi – ne s’était interessé jusqu’ici (!!!) : probablement du fait que Marie Delouart (1840 – 1917), la mère de Maurice Ravel, était fille et petite-fille de deux filles-mères : Marie Delouart (1882 – 1855) et Sabine Delouart (1809 – 1874). D’où la transmission de ce nom de Delouart de l’ancêtre cibourien Gratien Delouart (1748 – 1798) à la mère de Maurice Ravel Marie Delouart (1840- 1917) : via les filiations féminines Delouart…
    Maurice Ravel ne s’étant jamais vraiment interessé pour sa part – et il l’a lui-même écrit – à cette généalogie basquaise de sa branche maternelle : et sa mère ne s’en vantant probablement pas non plus…
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    Avec, en plus, un vraiment étrange déni de parenté du cousin Edmond Gaudin (1903 – 1988), qui n’a pas manqué, bien sûr, de susciter, au-delà de mon étonnement, ma curiosité !
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    Ce qui fait que la fille de celui-ci, Maylen Gaudin-Lenoir (née en 1942), luzienne très aimable, et avec laquelle je suis en correspondance régulière, a appris ce cousinage bien effectif des Gaudin-Hiriart avec Ravel, de ma révélation le 19 mai 2019 :
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    « Cher Monsieur,
    Merci de votre mail que j’ai lu avec beaucoup d’attention et de plaisir . Vous m’apprenez beaucoup de choses sur ma famille, j’ignorais absolument ces liens familiaux avec Maurice Ravel et j’en suis d’ailleurs très étonnée. En effet mon père, Edmond Gaudin nous avait toujours dit qu’il appelait ma grand-mère «  cousine » parce qu’il l’aimait bien !! C’était une forme amicale …
    Je serai ravie de vous rencontrer lors d’un de vos prochains voyages à Saint Jean de Luz, je suis très curieuse de savoir comment vous avez pu trouver toutes ces informations »…
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    A la question « A quoi pourriez-vous attribuer cette amnésie segmentaire familiale ?  » que vous m’aviez posée, cher Eric, le 9 octobre 2021, j’avais répondu précisément ceci : 
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    Et figurez-vous, cher Eric, que je dois rédiger dare-dare un CV 
    pour, sollicité par un ami, formuler comme il convient ma candidature à l’Académie Nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux (créée le 5 septembre 1712 par lettres patentes de Louis XIV !),
    qui comporte, comme l’Académie française, 40 membres résidents (à Bordeaux) !
    …
    Quémander quoi que ce soit est la dernière chose qui me plaît ou m’amuse !!!
    Et mon profil assez atypique de chercheur gourmand et passionné, mais en rien institutionnel – je ne suis pas un universitaire  -, n’ayant pas grand chose de vraiment académique à présenter en un CV un peu officiel…
    …
    Mais il se trouve que le présent président de cette prestigieuse Académie, pour cette année 2025, est mon ami le Pr Joël Dehais, excellent rhumatologue (proche du magnifique Pr Raoul Tubiana), qui a spécialement soigné certaines maladies professionnelles des musiciens, et qui pratique lui-même, pour son plaisir, la viole de gambe et le hautbois, désire, pour son année 2025 de présidence de cette belle Académie, permettre à l’Académie de mettre un focus tout spécial sur la musique – en particulier en sa riche histoire à Bordeaux – ;
    et qu’il se trouve aussi que, et alors que sont présentement à élire 4 nouveaux membres résidents bordelais, manque présentement à cet auguste aréopage un philosophe !
    Et philosophe viscéralement je suis !
    Socratique, montanien : conférant…
    …
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    Outre mes recherches et lectures personnelles – je suis en train de lire avec jubilation les délicieux « Changements d’adresse – Une philosophie du déménagement » et « Petit traité de la ponctualié » du philosophe Thibaut Sallenave : lieux et temps, sont mes ancrages de prédilection au réel et au bien vivre ! -,
    il se trouve que je suis aussi un actif vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – fondée en 1927 -, pour laquelle je m’entretiens – j’adore le conférer jouissif ! dont s’enchantait Montaigne, et avec son humour malicieux : mon philosohe préféré… – régulièrement avec d’éminents et brillants collègues philosophes à la Station Ausone de la librairie Mollat,
    dont les derniers en date, et que j’ai tout spécialement choisis – tous, comme par hasard, sont très mélomanes et ont écrit magnifiquement sur la musique ! -, sont :
    le lillois Bernard Sève pour son « Les Matériaux de l’art » ,
    le new-yorkais François Noudelmann pour son « Les Enfants de Cadillac »,
    le bruxellois Pascal Chabot pour son « Avoir le temps _ essai de chronosophie »,
    etc…
    …
    … 
    J’ai donc commencé à rédiger une première esquisse de CD
    mais je n’y avais encore rien mentionné de mes recherches et découvertes en Histoire (!), importantes pourtant, et même cruciales, mais demeurées discrètes, impubliées ailleurs que sur mon blog confidentiel… :  je répugne en effet à devoir me soumettre aux desirata d’un éditeur, l’entière liberté de ma fantaisie m’étant considérablement plus chère, et l’expression sur mon discret blog « En cherchant bien » – il porte doublement bien son nom ! – me suffisant : les vrais lecteurs curieux des sujets pointus que j’y aborde pouvant y accéder par Internet ; prudent, je ne recherche pas de consécration universelle sur des sujets assez pointus, donc, n’intéressant a priori pas grand monde ; et donc peu vendeurs pour des éditeurs…
    …
    Voici par exemple un message tout récent, en date du 8 janvier dernier, sur mes recherches de la généalogie en Algérie d’un des neveux, Amédée Ducos du Hauron (Agen, 1867 – Alger, 1935), de l’inventeur de la photographie de couleurs, à Lectoure en 1868, Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920, époux à Orléansville de Marie-Louise Rey (Orléansville,1879 – Agen, 1933) – cf mon article du 27 février 2024 : «  » -, des recherches rendues difficiles du fait principalement de la destruction des archives d’état-civil d’Orléansville lors des deux tremblements de terre ayant ravagé la ville et sa région, le 10 septembre 1954, puis le 10 octobre 1980 – Orléansville s’appelle désormais El Asnam – :
    « Posté par Villanova Mélanie,
    descendante des Bonopera d’Orléansville, liés aux Rey et Ducos du Hauron.
    …

    Bonjour Monsieur,
    Je vous écris après être tombée par hasard sur vos articles alors que je faisais une recherche sur mon arrière grand mère Aimée Villanova, puis Riquier.
    Je n’ai pour l’instant pas eu la possibilité de tout lire, tant vos écrits sont nombreux et détaillés.
    Auriez-vous la grande sympathie de me contacter. Je suis particulièrement curieuse de connaître les raisons de vos recherches et serais ravie de pouvoir échanger avec vous à ce sujet.
    Bien cordialement. Mélanie
     »..

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    Parmi les recherches historiques que j’ai publiées sur mon blog « En cherchant bien »,
    celles-ci :
    …
    _ sur les Groupes de Travailleurs Etrangers (GTE), notamment ceux du camp de Gurs, dont je suis devenu de facto LE spécialiste ! – dixit Claude Laharie, le spécialiste du camp de Gurs, qui ignorait jusqu’alors l’existence des GTE, dont ceux du camp de Gurs… –
    …
    _ sur le parcours géographique en partie méconnu jusqu’ici de Hannah Arendt (1906 – 1975) en France entre 1939 et 1941, son passage d’internement au camp de Gurs (1939-1940), son passage à Lourdes où elle rend visite à Walter Benjamin, et son séjour à Montauban avant de réussir à parvenir à passer en Espagne et au Portugal, pour gagner les USA : j’ai pu localiser le petit appartement où elle et son mari Heinrich Blücher (1899 – 1970) se sont cachés à Montauban, au dessus du Studio d’un photographe…
    …
    _ sur la généalogie de la famille de René Cassin (1887 – 1976), dont certains des membres (les parents et la sœur et le frère aînés de Barbara Cassin – née, elle, après la guerre rt l’Occupation, en 1947 -), résidèrent à Navarrenx, proche du camp de Gurs, de 1940 à 1943, prohégés par Henriette Verdalle (1896 – 1988), la fille du maire et conseiller général de Navarrenx, Paul Verdalle (1860 – 1948) : je suis ami de Gilbert Cassin (né en 1929), le dernier neveu vivant de René Cassin…
    …
    _ sur le cercle de résistants autour du Pr Georges Portmann, le grand ORL dont mon père a été l’assistant à la Faculté de Médecine de Bordeaux entre 1939 et 1942, et qui a permis à mon père d’échapper aux griffes de la Gestapo au mois de juin 1942 (mon père se faisant arrêter fin juin 1942 par la police de Vichy, et étant intégré alors, comme apatride, à divers GTE, dont un au camp de Gurs !) : cf mon important article «   » ; et j’ajoute que jusqu’ici aucun travail majeur n’a été consacré à la carrière de ce très grad bordelais qu’a été Georges Portmann (1890 – 1985), qui a fini sa brillante carrière politique au poste de vice-président du Sénat ; je suis en contact avec le Dr Didier Portmann, le petit-fils de Georges…
    …
    …
    Tous ces travaux et découvertes sont les fruits indirects de ma recherche du parcours de mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislaus, 1914 – Bordeaux, 2006) entre juin 1942 et septembre 1944,  une recherche patiente et minutieuse dont j’ai publié les démarches et résultats successifs dans divers articles de mon blog « En cherchant bien », dont l’un, décisif, est le suivant, et a été salué, en date du 21 avril 2015, par ce commentaire de Denis Peschanski :  «   ». 
     
    «  Cher Monsieur,
     
    C’est à une enquête exemplaire que vous vous livrez
    et, ainsi, vous éclairez, par une histoire singulière, un pan important de l’histoire de la France des années noires.
    Simple détail que vous connaissez bien sûr: les ponctions massives dans les GTE ont commencé dès 1941.
     
    Bonne continuation
     
    Bien amicalement
    ——————–
    Denis Peschanski
     »…
     
    …
    …
    Mon père, taiseux et à jamais blessé, n’aurait jamais répondu à nulle question sur son histoire familiale, question que, d’abord, nous n’aurions jamais pu oser lui poser ;
    et deux fois seulement une très vive émotion l’a submergé et fait nous évoquer certains éléments toujours à vif de son passé :
    …
    _ en 1962, sur le chemin entre Saint-Jean-de-Luz et Oloron, où nous allions rendre visite à un cousin Bioy de ma mère, nous nous sommes arrêtés à la lisière de l’ancien camp de Gurs, et avons marché jusqu’à l’ancien cimetière du camp, qui, racheté par la communauté des Juifs du Land de Bade, venait d’être nettoyé et réaménagé. Là, mon père a clairement parlé de son séjour au camp de Gurs. Et la forêt qui en occupe aujourd’hui la surface, n’avait pas encore poussé : mon père montrait le terrain nu où se situait le baraquement où il avait vécu plus d’une année, en 1942-43. Mais il n’en avait pas donné les raisons ; ou du moins je ne m’en souviens pas… L’étrange est que ni ma mère, ni mon frère, tous deux pourtant dotés d’une excellente mémoire, ne se souviennent de ce discours de mon père, sur le terrain du camp de Gurs, qui m’a personnellement très puissamment marqué, et donné lieu au tout début de mes recherches sur son parcours sous l’Occupation, à son décès en janvier 2006 ;
    …
    _ l’autre fois, c’était l’été 1967, à Karlo-Vivary – Karlsbad, lors d’un voyage comme mon père aimait beaucoup les faire vers l’Europe centrale, la nuit était tombée sur la ville thermale située dans une gorge, et là, au bord des flots noirs de la rivière, adossé à un muret, mon père, très ému, s’est souvenu d’avoir accommpagné là sa mère, vers la fin des années 20, pour une cure de trois semainede celle-ci s à Karlsbad, sa mère Fryderika,, décédée peut-être à Vienne ou bien à Stanislawow, d’un cancer, en 1938 : imon père, Bendykt, était peu avant venu depuis Bordeaux où il était étudiant en médecine, lui rendre une dernière visite à Stanislawow, en Galicie alors polonaise : ils s’étaient dit Adieu…
    _ 
     
    Voilà pour le côté d’Europe centrale et orientale  –  qui me fascine toujours, notamment via la musique qui me touche tout particulièrement : Szymanowsky, Weinberg, Tansman, Janacek, Martinu, Bartok, Kodaly, Enescu, etc. – de mon père.
     
    …
    Le coté de ma mère, née Marie-France-Bioy (Tarbes, 1918 – Bordeaux 2018), étant celui des racines béarnaises (Oloron-Sainte-Marie) de la famille Bioy, avec ses très notables excroissances en Argentine, où des Bioy se sont très tôt installés, dès la décennie 1820 :
    le cousin gerrmain de mon grand-père Paul Bioy (Oloron, 1878 – Bordeaux, 1954 – c’est lui, et je l’aimais beaucoup, qui m’a appris à lire et écrire, et avec lequel j’ai pris le goût des cartes et Atlas de géographie : lieux et temps me passionnent ! -) étant Adolfo Bioy Domecq (Pardo, 1882 – Buenos Aires, 1962), ministre des Affaires Etrangères d’Argentine en 1930-31, puis représentant de l’Argentine à l’ONU après la chute de Peron ;  
    et dont le brillant fils, Adolfo Bioy Casares (Buenos-Aires, 1914 – Buenos-Aires, 1999), est le très grand écrivain, ami le plus proche de Jorge-Luis Borges ;
    il est l’auteur du célèbre récit fantastique « L’Invention de Morel » et d’un extraordinaire – paru posthume – « Borges », soit la collection des articles de son Journal personnel comportant le nom de Borges (un travai magistral, mais non traduit en français), et qui, pour l’ensemble de son œuvre, a reçu, en 1990, le prestigieux prix Cervantes à Madrid…
    …
    …
    On découvre un mieux ainsi la polyvalence – pour commencer géographique, mais historique et artistique aussi, bien sûr – des curiosités en divers azimuts de celui qui s’est donné le pseudonyme de « Titus Curiosus » sur son blog.
    …
    Mon QI, testé 151 quand j’avais 10 ans : peut-être une des raisons de mes curiosités ouvertes et indépendantes, parfois rétives au carcan un peu trop raboteur de conventions trop étroites.
    …
    Mais je suis fondamentalement un gourmand de la vie, de tempérament optimiste et heureux, et partageur de mes curiosités et passions ;
    et comblé par des rencontres magnifiques, via particulièrement des œuvres d’art, mais aussi via de jubilatoires amitiés admiratives :
    cf mon « Pour cébrer la rencontre » : «  »…
    …
    A suivre,
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    Ce dimanche 26 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Recueil actualisé d’articles sur le parcours en Béarn (dont le camp de Gurs) du Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) entre le 7 juin 1942 et le 30 septembre 1944 : les GTE du camp de Gurs, Marcel Brenot, Pierre Klingebiel à Oloron, Henriette Verdalle et Paul Verdalle à Navarrenx ; et les réseaux de Résistance en Béarn…

    Voici le recueil actualisé des articles de mon blog « En cherchant bien » que je viens d’adresser, à sa demande, à Miléna Burlaud, qui travaille à une thèse sur les musiciens internés au camp de Gurs sous l’Occupation ; afin de l’aider si peu que ce soit à obtenir quelques contributions (documentation – témoignages) à un film-documentaire sur les évadés du camp de Gurs qu’a actuellement en chantier le documentariste Dietmar Schulz…

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    Ces articles (longs et fouillés) ne sont pas rédigés en vue de leur vulgarisation auprès du grand public _ leur lecture requérant probablement une patience un peu rare, et vraiment motivée, voire carrément passionnée, pour ne pas paraître indigeste… _,
    mais ils comportent un maximum d’informations de détails susceptibles d’aider si peu que ce soit les chercheurs désireux d’informations précises et inédites de micro-histoire…
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    Et c’est moins aux évadés du camp de Gurs _ déjà, ceux-là furent-ils très nombreux ? Et c’est surtout sur les filières des réseaux de résistance locaux, qui les ont aidés à passer en Espagne, qu’il faudrait aller puiser des renseignements… _ que je me suis personnellement intéressé qu’aux membres des divers GTE retenus en ce camp dit de Gurs, qui en furent alors les prisonniers,
    tel mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislawow, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), de juillet 1942, à son arrivée, depuis Grenade-sur-Adour, où il avait été interpellé et détenu quelques jours fin juin par des gendarmes du régime de Vichy _ il avait franchi clandestinement la ligne de démarcation à Hagetmau, le 7 juin 1942, à l’heure du repas de midi : ma mère Marie-France Bioy, sa fiancée, et ma tante Marcelle Bioy, l’avaient accompagné jusque là en un transport de fugitifs organisé par une infirmière de la clinique Bagatelle, à Talence… _, à août 1943, où il a pu légalement, contrat de travail en règle en poche, gagner Oloron avec, donc, un contrat dit « agricole » pour travailler, en tant que membre du 526e GTE (Groupe de Travailleurs Etrangers) d’Izeste, puis Oloron, auprès de la famille de Pierre Klingebiel (Bordeaux, 11 juillet 1896 – Talence, 24 mars 1984), professeur de philosophie au collège d’Oloron.
    …
    Au mois d’août 1943, en effet, et sur l’initiative, en amont, un peu plus tôt, de Marcel Brenot (Saint-Laurent-lès-Mâcon, 18 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986), qui a commandé, après le 152e GTE du camp de Gurs, le 526e GTE départemental d’Izeste, puis Oloron,
    mon père bénéficie en effet d’un contrat dit « agricole » de pure complaisance, passé avec Pierre Klingebiel (1896 – 1984), protestant très actif, et proche des Résistants d’Oloron, dont son ami Jean Bonnemason (Gère-Bélestein, 20 novembre 1894 – Oloron-Sainte-Marie, 8 décembre 1955), résistant actif de l’Armée secrète à Oloron, et qui dirigera un temps la municipalité d’Oloron à la Libération de la ville, au départ des Allemands et retrait des Collaborateurs _ une voie d’Oloron porte aujourd’hui le nom de Jean Bonnemason ; et celui-ci a appuyé la demande de mon père d’être reconnu comme « Résistant« … _ ;
    Pierre Klingebiel avait déjà aidé plusieurs républicains espagnols, protestants _ dont plusieurs membres de la famille Maso, et le pasteur Arias Salvador Castro, que mon père, à son tour, aidera à échapper au pire, en 1944 à Muret, en Haute-Garonne… _, et d’autres encore, à quitter le camp de Gurs grâce à des contrats de travail, agricoles ou industriels, passés avc Marcel Brenot.
    …
    Et je tiens à citer ici in extenso le paragraphe suivant, de onze lignes, aux pages 269 et 270, de la plume d’André Klingebiel – Oloron, 24 avril 1930 – Bordeaux, 4 mai 2025 – en son infiniment précieuse « Contribution à l’Histoire de la famille de Pierre Klingebiel, de 1919 à 1947« , un document de témoignage exceptionnel sur Oloron ces années-là :
    …
    « Le Commandant de la Compagnie de Travailleurs Etrangers de Pau-Oloron (n° 526) _ Marcel Brenot ! (Alcide-Pierre-Marcel Brenot : Saint-Laurent-sur-Saône, 17 juillet 1893 – Voisins-le-Bretonneux, 1er janvier 1986) _ connaît bien Pierre Klingebiel qui a déjà accueilli des T.E. espagnols  en « contrat agricole » pour les sortir d’un internement d’attente à Gurs. Il _ Marcel Brenot, donc, et c’est à souligner _ recherche un contrat pour un jeune polonais qui a terminé ses études de médecine à Bordeaux en 1942 _ non, c’était au mois de juin 1939 ; ensuite, mon père a été Assistant en Oto-Rhino-Laryngologie du Professeur Georges Portmann à la Faculté de Médecine de Bordeaux, jusqu’à son départ précipité de Bordeaux, le 7 juin 1942, sur les conseils très avisés du Pr Portmann lui-même, qui avait appris que la Gestapo allait venir l’arrêter… _, et qui alors est clandestinement passé en zone libre pour ne pas être incorporé dans l’armée allemande _ ou bien pire... Les compétences de ce jeune médecin étranger seront fort utiles à la Compagnie auprès des travailleurs dispersés _ chez divers employeurs agricoles ou industriels de la région d’Oloron. Mais pour qu’il ne soit plus interné à Gurs, il faut lui trouver un « travail agricole ou industriel ». Le professeur Klingebiel accepte avec complaisance de signer un contrat agricole pour le Dr Lippa qui pourra ainsi exercer ses talents au service de ses compagnons de la Compagnie » _ tel était donc, comme on le voit ici, le souci prioritaire du commandant de GTE Marcel Brenot… 
    …
    …
    Le fils de Pierre Klingebiel, André Klingebiel _ né à Oloron-Sainte-Marie le 24 avril 1930, et toujours de ce monde : nous nous sommes parlé au téléphone le 14 mars dernier… André Klingebiel est décédé à Bordeaux le 4 mai 2025 _, m’a très aimablement remis aussi tous les documents concernant mon père (TE au 526e GTE) que son père avait très méticuleusement conservés ;
    ainsi qu’un merveilleusement détaillé et passionnant travail d’hommage familial rendu à ses propres parents Klingebiel : une mine d’informations très précises sur leur vie à Oloron tout particulièrement…
    …
    …
    Mes recherches les années 2013 – 2014  -2015 _ entreprises et effectuées à partir de mon entrée en retraite de l’Enseignement Public, le 12 décembre 2012 _, ainsi que mes fréquentes virées à Pau, à Oloron, et puis à Navarrenx, au cours desquelles j’ai patiemment recherché des documents, et surtout recueilli de très précieux témoignages de personnes presque toutes hélas décédées aujourd’hui (en 2024), ont constitué pour ma curiosité passionnée une très féconde aventure, qui vient se réactualiser ce mois d’août 2024 autour de ce projet de conférence l’année prochaine, 2025, à Navarrenx, à l’invitation du Centre Historique de l’Arribére (le CHAr), afin de rendre, en la belle cité de Navarrenx, l’hommage que méritent Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), active militante des Droits de l’Homme et de la lutte contre l’antisémitisme, et son père Paul Verdalle (Mauléon-Barousse, 19 février 1860 – probablement Navarrenx, 9 mars 1948), maire et conseiller général de Navarrenx, celui-là même qui avait accédé à la demande de Jean Mendiondou (Oloron-Sainte-Marie, 25 juin 1885 – Biarritz, 26 octobre 1961), député-maire d’Oloron, de bien vouloir aider à « accueillir », en 1938, les républicains espagnols de la Retirada réfugiés en France, sur le territoire de sa circonscription d’Oloron :
    ce fut ainsi sur les territoires des communes de Dognen, Préchacq-Josbaig et Gurs, que fut construit, avec des matériaux précaires _ la durée de ce camp (provisoire) était initialement prévue comme devant être brève… _, le camp de rétention dit de Gurs…
    Et Paul Verdalle l’avait effectivement accepté, en 1938…
    …
    Et les liens très amicaux qui ont demeuré toute leur vie durant, entre Henriette Verdalle (1896 – 1988) et Marcel Brenot (1893 – 1986) _ Frédéric-François Wachsner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 28 février 1958), bénéficiaire d’un semblable « contrat agricole » de complaisance octroyé par Marcel Brenot à Henriette Verdalle afin que cet avocat berlinois donne des cours d’Allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001) qui préparait alors le bac chez lui, au Vieux-Logis, au faubourg de Navarrenx, s’évada ensuite en Espagne, passa par le camp de Miranda de Ebro, de là réussit à rejoindre Londres, puis revint à Navarrenx la guerre finie, en 1945, où il épousa le 8 décembre 1945 Henriette Verdalle, qui devint ainsi pour le reste de sa vie Madame Wachsner-Verdalle… _ ont incontestablement permis, eux aussi, la protection et l’évasion de certains prisonniers des GTE retenus au camp de Gurs ;
    cf là-dessus les travaux remarquables de mon ami Bruno Le Marcis, époux de la petite-fille de Marcel Brenot, et découvreur, au décès de sa belle-mère Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014) des archives parfaitement conservées dans une armoire du père de celle-ci, Marcel Brenot (1893 – 1986)…
    …
    Afin de s’éclairer davantage sur la présence et les activités comme commandant du 152e GTE du camp de Gurs de Marcel Brenot, Bruno Le Marcis _ prenant connaissance des archives minutieusement conservées de celui-ci, qu’il venait ainsi de découvrir en leur armoire, et cherchant bien sûr à les déchiffrer et comprendre… _ avait pris contact avec LE spécialiste de ce camp de Gurs, qu’est le palois Claude Laharie ; et celui-ci l’a sur le champ envoyé _ le premier contact entre Bruno et moi-même, par courriel, puis par échange téléphonique, a eu lieu le 2 février 2015 _ à mes propres recherches sur les GTE des Basses-Pyrénées, dont j’étais devenu, sans le vouloir, entre 2013 et 2015, en quelque sorte LE spécialiste, au moins pour Claude Laharie…
    …
    Une amitié est ainsi née et s’est construite par nos fréquents échanges, entre les chercheurs que Bruno Le Marcis et moi-même sommes ainsi devenus, sans être ni l’un ni l’autre des historiens professionnels. Fin de l’incise…
    …
    …
    Henriette Verdalle a aussi aidé, réfugiés qu’ils étaient un peu par hasard, à Navarrenx _ ils avaient franchi la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et s’étaient immédiatement plu à Navarrenx, après un très bon repas au restaurant Camdeborde, comme s’en souvient fort bien Nelly Cassin, alors qu’ils envisageaient jusque là de chercher à rejoindre Nice, le berceau de la famille Cassin… _, Pierre Cassin (Paris, 1er octobre 1910 – Paris, 26 juillet 2000), son épouse Hélène Caroli (Trieste, 2 juillet 1905 – Paris, 15 novembre 1985) et leurs deux enfants, Nelly (née à Paris le 8 septembre 1932) et Jacques (Paris, 1938 – Saint-Céré, 2020 – non : Angers, 30 octobre 1939 – Toulouse, 16 mai 2020 ! – ) _ leur seconde fille, la philosophe Barbara Cassin, née plus tard, le 24 octobre 1947 à Boulogne-Billancourt, est désormais membre de l’Académie française : elle y a été élue le 3 mai 2018 _ :
    …
    De leur minuscule maison, avec petit jardin, du quartier excentré en lisière de la forêt, du Bois de Navarrenx – Barbara Cassin la qualifie, d’après sa sœur Nelly, de la « maison de la putain« … – , Pierre Cassin, avocat, et cousin parisien de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976), se rendait quotidiennement au Vieux-Logis du faubourg de Navarrenx afin d’aider le jeune André Laclau-Barrère (né à Cierp le 4 novembre 1925), le fils d’Henriette Verdalle, à préparer le bac ;
    et plus tard, après la fin de la guerre, l’avocat Pierre Cassin a reçu chez lui à Paris André Laclau-Barrère qui, envisageant alors de devenir avocat, avait entamé des études de droit à Paris…
    …
    Et c’est Nelly Cassin (née donc en 1932) qui lors de plusieurs longues conversations au téléphone, et qui m’a invité chez elle à Chaville _ pour une très joyeuse rencontre à laquelle avaient été aussi conviés Didier Laclau-Barrère (Bayonne, 31 mars 1976), fils d’André Laclau-Barrère, et son épouse la cantatrice Sophie Koch, pour évoquer ensemble la vie à Navarrenx au Vieux-Logis, chez Henriette Verdalle, sous l’Occupation : ce fut le vendredi 12 juin 2015, chez Nelly Cassin-Jamet à Chaville, avec les membres de sa famille : ses filles Capucine et Eugénie et leurs époux Eric Naepels et Ivan Augusto, et son fils David Jamet et son épouse Marianne Deseilligny, tous très sympathiques… _, m’a fait partager ses souvenirs précis et très vivaces de la vie de sa famille Cassin à Navarrenx, où Nelly a été alors élève de l’école communale…
    …
    …
    Tout cela est bien sûr passionnant, et très peu connu jusqu’ici.
    …
    …
    À Bordeaux, ce vendredi 30 août 2024, Francis Lippa – Titus Curiosus
  • Répondre à la question : « Qu’était le 526e GTE d’Izeste ? »

    Hier, lundi 19 août, à 20h 56,

    et suite à une communication téléphonique avec le maire d’Arette,

    je reçois ce courriel-ci de Madame Hepburn, historienne britannique :

    …

    …

    « Cher Monsieur Lippa,

    Je vous remercie de votre courriel, et de votre appel avec Monsieur Pierre Casabonne cet après-midi. Le Maire a vous appelé en mon nom parce que je recherche les traces des grandparents (de mon mari, Peter Hepburn) qui habitaient Arette pendant 1941 et 1942. Ils s’appellaient Hermann et Henny Hartog et ils étaient réfugiés juifs d’Allemagne.

    En particulier, en ce moment je m’intéresse à la Groupe des Travailleurs Étrangers 526e à Izeste. Je sais que le grandpère de mon mari, Hermann Hartog, y travaillait mais j’ai plusieurs questions sans réponse.

    Une carte de travailleur (numéro 2179) était déposée pour Hermann Hartog à Izeste le 2 decembre 1941. Je suppose que c’est le jour quand il a commencé d’y travailler – mais pêut-être pas?

    Je ne sais pas quel travail s’occupe GTE 526e à Izeste en decembre 1941/janvier 1942. Est-ce qu’il y a des informations?

    Comment est Hermann Hartog allé à son travail? Il habite Arette avec sa femme depuis janvier 1941. Est-il allé du quotidien, et si oui, comment? Où faut-il rester à Izeste pendant le travail? Si oui, où?

    Je crois que Hermann Hartog a quitté cette GTE vers mars 1942, parce qu’un cultivateur à Arette avait besoin des mains. Comment découvrir la date de son départ?

    Hermann Hartog et sa femme étaient déportés par Camp de Gurs le 1 septembre 1942, et puis par Drancy vers Auschwitz le 4 septembre 1942.

    Je m’intéresse d’autres informations concernant GTE 526e pendant 1941 et 1942, mais surtout de ces questions. 

    Je reste près d’Arette jusqu’à mercredi matin le 21 août.

    Je m’excuse pour le mauvais français et je vous remercie de votre aide.

    Cordialement,

    Ainslie

    Ainslie Hepburn

    writer, tutor, historian »

    …
    …

    Ce matin, à 8h 10,

    je lui réponds par ce très long courriel-ci :

    …
    …

    « Chère Madame,
    …
    avant de me joindre au téléphone,
    peut-être pouvez-vous lire attentivement ces articles de mon blog,
    ainsi que, en post-scriptum, le courriel du 5 juin 2014 dans lequel je faisais un point sur le parcours de mon père, le Dr Benedykt Lippa, sous l’Occupation…
    …
    …
    …
    …
    Et aussi, en complément :
    …
    …
    …
    …
    A très bientôt,
    pour davantage d’explications et réponses à vos questions,
    …
    Francis Lippa
    …
    …
    P. S. :
    voici la copie de ce courriel en date du 5 juin 2014 dans lequel je faisais un point très détaillé sur le parcours de mon père, le Docteur Benedykt Lippa, sous l’Occupation,
    à partir du 5 juin 1942, date de son départ précipité de Bordeaux pour fuir la zone occupée et gagner la zone libre :
    …
    …
    Début du message réexpédié :
    De : Mr Lippa 
    Date : 5 juin 2014 17:31:57 HAEC
    À : Raymondis
    Cc : Roger Bonne, Famille Giannerini, malé j-c, Jacques BORDENAVE, Charles DOERR, André Klingebiel,
    Objet : Un point-synthèse sur l’enquête sur le parcours du Dr Benedykt Lippa du 5 juin 1942 au 1er octobre 1944 : Gurs, Oloron, Beaupuy, Toulouse, Oloron
    …
    …
    Chers amis, 
    …
    à cette date du 5 juin 2014,
    …
    voici un point sur l’enquête que je mène depuis une année environ
    sur le parcours de mon père le Dr Benoît (ou Benedykt) Lippa (Stanislawow, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006)
    en zone non-occupée
    entre le 5 juin 1942 _ cela fait aujourd’hui 72 ans ! _ ,
    date de son départ précipité (sur le conseil pressant de son maître en ORL _ et fort bien informé ! _ le Professeur Georges Portmann) de Bordeaux vers Oloron
    _ Oloron, où résidaient deux des frères (Pierre Bioy, pharmacien à Oloron, et Xavier Bioy, maire d’Herrère) du père de sa fiancée (et depuis, ma mère : Marie-France Bioy, née le 18 février 1918, et toujours en vie, et avec une très bonne mémoire ! _ décédée le 27 octobre 2018 à Bordeaux, en sa 101e année) _, Paul Bioy (mon grand-père maternel),
    et son retour définitif à Bordeaux le 1er octobre 1944, au domicile de mes grands-parents maternels Bioy, 117 rue Judaïque.
    …
    Entre ces deux dates du 5 juin 1942, son départ de Bordeaux, et du dimanche 1er octobre 1944, son retour à Bordeaux,
    mon père a été interné au camp de Gurs
    …
    _ mais à ce jour j’ignore encore à partir de quand ; et donc combien de temps !..
    Et s’il y faisait déjà partie (ou pas) d’un GTE à l’intérieur du camp de Gurs
    _ comme me le suggère Claude Laharie, étant donné que mon père était l’assistant en ORL du Professeur Georges Portmann,
    et qu’il parlait, outre le français et le polonais, l’allemand, le russe et l’espagnol : il y exerçait la médecine, et faisait office de traducteur et secrétaire.
    A ce sujet, j’indique que je détiens un livre offert à Gurs et dédicacé à mon père par son auteur le Pasteur Charles Cadier ;
    ce livre est recouvert d’une feuille
    dont le verso n’est autre qu’un formulaire (vierge) de demande d’engagement d’un travailleur étranger à un GTE !
    …
    Je dispose pour le moment seulement du « contrat agricole » qui a ex-filtré mon père de Gurs,
    contrat passé le jeudi 26 août 1943 au siège du 526e GTE à Oloron (pour un mois, mais il a été renouvelé les mois d’octobre, novembre et décembre 1943) :
    ce contrat a été passé entre le commandant du 526e GTE
    _ probablement Philippe Grandclément à cette date, venant de succéder à Marcel Brenot à la tête du 526e GTE d’Oloron _,
    et à l’initiative _ c’est important à noter ! _ du commandant de ce 526e GTE,
    et Pierre Klingebiel, professeur de philosophie à Oloron, et ami de Jean Bonnemason, un des chefs du réseau de résistance de l’Armée secrète de la région d’Oloron
    _ Pierre Klingebiel avait permis à plusieurs républicains espagnols d’être exfiltrés de Gurs grâce à de tels « contrats agricoles ».
    …
    Mon père a fait partie de cette organisation de Résistance (« Région oloronaise _ Capitaine Bonnemason« ) dès le mois de juillet 1942,
    indique son Etat des services (18e Région militaire _ Direction du Service de Santé)
    en date du 29 mai 1945 (comme Médecin-Lieutenant).
    …
    Si mon père est demeuré interné au camp de Gurs du mois de juin 1942 au jeudi 26 août 1943,
    je recherche des documents
    ou des témoignages
    à même de le confirmer :
    ainsi, par exemple, ai-je rencontré à Pau (le 15 novembre 2013) l’infirmière Eva Laügt (née en 1914),
    mais ni le nom, ni les photos de mon père, n’ont parlé à sa mémoire _ et pour cause : Eva Laügt a quitté le camp de Gurs un peu avant l’arrivée de mon père….
    …
    Puis mon père a fait partie (sous le matricule 2091 _ contrat n° 452, en 1943)
    du 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées et Landes non occupées :
    …
    _ une première fois, de septembre à décembre 1943 (Philippe Grandclément dirigeant alors ce GTE) :
    le jeudi 9 décembre, mon père est en effet transféré en région toulousaine, au 561e GTE de Beaupuy,
    où il est incorporé le vendredi 10 décembre 1943 (cf le Registre des Contrôles nominatifs du 561e GTE).
    …
    _ puis, une seconde fois, du vendredi 21 juillet 1944 à la fin septembre 1944 (cette fois sous le matricule 3693 _ contrat n° 601) :
    le jeudi 20 juillet 1944, mon père a en effet quitté Toulouse et la gare Matabiau
    (et la veille, le mercredi 19 juillet, le cantonnement du 561e GTE de Beaupuy ;
    à moins que ce ne soit le 562 GTE de Toulouse, rue de Belfort (mon père y avait été muté le vendredi 16 juin 1944 ;
    mais cette mutation a été ensuite notée sur le Registre des Contrôles nominatifs de ce 562e GTE comme « nulle et non avenue » (!) ;
    avec l’inscription « RdC le 21-7-44 a. c. du 19-7-44« 
    _ sur les Registes des Contrôles nominatifs de ces deux GTE 561 et 562, mon père est immatriculé déjà sous le numéro 3693) ;
    …
    le vendredi 21 juillet mon père se rend au siège du 526e GTE à la Villa Montréal (28 Avenue Henri IV) à Jurançon
    et il revient à Oloron le samedi 22 juillet 1944…
    …
    J’ignore à ce jour si c’est encore Philippe Grandclément qui dirige ce 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées à la date du 21 juillet 1944
    _ c’est en effet l’adjoint Gourmençon (?) qui signe le document accompagnant le nouveau « contrat agricole » de mon père, adressé ce 21 juillet à Pierre Klingebiel _,
    mais sur un nouveau document daté cette fois du vendredi 4 août 1944,
    le nouveau chef du 526e GTE départemental est alors E. Delluc (qui dirigeait précédemment le 525e GTE départemental des Hautes-Pyrénées).
    …
    Le siège de ce 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées était encore situé à Oloron à la date du jeudi 26 août 1943 ;
    mais ce siège fut transféré à Pau-Jurançon,Villa Montréal, 28 Avenue Henri IV, dès les premiers jours de septembre 1943
    (sans doute par la volonté de son nouveau chef, Philippe Grandclément, qui succédait alors au commandant Marcel Brenot) ;
    et quand mon père revient dans les Basses-Pyrénées, le vendredi 21 juillet 1944,
    le siège du 526e GTE départemental des Basses-Pyrénées se trouve toujours à la Villa Montréal à Jurançon.
    _ à la Villa Montréal, j’ai rencontré Georges et Gérard Bacqué, ses actuels propriétaires,
    et fils de Cyprien Bacqué, lui-même résistant, ami de Gabriel Delaunay et d’Honoré Baradat…
    C’est en 1945 que Cyprien Bacqué est devenu locataire de la Villa Montréal ; et quelques années plus tard, son propriétaire…
    …
    Entre ces deux dates du vendredi 10 décembre 1943 (arrivée de mon père à Beaupuy) et du vendredi 21 juillet 1944 (son passage à Jurançon),
    mon père est immatriculé (sous le numéro 3693) au 561e GTE de Beaupuy (à 8 kms au nord-est de Toulouse),
    de la mi-décembre 1943 au 16 juin 1944.
    …
    Le vendredi 16 juin 1944, mon père est muté au 562e GTE de Toulouse – rue de Belfort (Services Généraux).
    …
    Mais peut-être est-il demeuré cantonné au 561e GTE de Beaupuy jusqu’au jeudi 20 juillet 1944, date de son départ effectif de Toulouse,
    la mutation du 561e GTE au 562e GTE ayant été déclarée « annulée« ,
    d’après ce qui est inscrit sur le Registre des Contrôles Nominatifs du 562e GTE de Toulouse,
    pour des raisons qui m’échappent pour le moment…
    Une lettre (n°699 / CI du 19-7-44 _ un lundi _) est censée justifier cette « annulation-radiation » ; mais cette lettre manque hélas ! dans le Registre du 562e GTE !
    En effet, je viens de découvrir aux Archives départementales de la Haute-Garonne, grâce à Madame Chantal Pagès,
    que le registre des Contrôles nominatifs du 562e GTE de Toulouse, rue de Belfort,
    indique que mon père a bien été muté du 561e GTE de Beaupuy au 562e GTE de Toulouse (Services Généraux) le vendredi 16 juin 1944 ;
    mais que cette mutation a été ensuite considérée comme « nulle et non avenue » (sic) ;
    et que mon père a été rayé de ce registre le vendredi 21 juillet 1944, à compter du vendredi 16 juin !..
    Pataquès qu’il serait bien intéressant de démêler…
    …
    A moins que la mutation évoquée par la lettre n° 699 / CI du 19-7-44 concerne
    non plus le 562e GTE de Toulouse (rue de Belfort, Services Généraux),
    mais cette fois le 526e GTE de Pau-Jurançon !
    et permettant le retour de mon père à Oloron,
    grâce à  un nouveau « contrat agricole » (n° 601) passé par le chef du 526e GTE, à nouveau avec Pierre Klingebiel…
    …
    Tout cela renforçant d’abord ma conviction qu’il y a une enquête à mener sur les chefs des divers GTE :
    certains (par exemple François Malinvaud au 647e GTE départemental de Chancelade, en Dordogne) sont engagés dans la Résistance ;
    d’autres (par exemple Alexandre de Moroge au 618e GTE de Buzy, dans les Basses-Pyrénées), dans la Milice ;
    d’autres demeurent attentistes, en attendant de voir comment le vent  et la force des armes, vont tourner… Surtout à partir du Débarquement de Normandie le 6 juin !
    …
    Et tout cela posant aussi, et plus précisément, la question des liens
    et de mon père
    et des chefs des divers GTE auxquels il a eu à faire
    _ d’abord, peut-être à l’intérieur même du camp de Gurs (si je suis l’intuition de Claude Laharie :
    mais je n’ai jusqu’ici découvert aucun document administratif concernant la présence de mon père dans un GTE à Gurs,
    exceptés les archives et témoignages _ écrits ou oraux _ de Pierre et André Klingebiel…),
    puis Marcel Brenot (?), Philippe Grandclément, E. Delluc, au 526e GTE des Basses-Pyrénées ;
    Georges Ledoux, au 561e GTE de Beaupuy ;
    M. Brouguière, si c’est encore lui qui dirige le 562e GTE de Toulouse rue de Belfort en juin-juillet 1944 _
    avec les réseaux de résistance,
    et d’abord celui de l’Arme secrète _ Jean Bonnemason, Pierre Klingebiel, etc., à Oloron…
    …
    A ce sujet, je suis en contact avec plusieurs descendants des résistants de ce réseau de l’Armée secrète à Oloron,
    afin de réunir méthodiquement ce qui demeure d’archives privées concernant ce réseau !
    …
    …
    Voici un rapide résumé de quelques avancées à ce jour de ma recherche :
    …
    _ 5 juin 1942 : afin de rejoindre Oloron (et les oncles de sa fiancée Marie-France Bioy : Pierre Bioy, pharmacien à Oloron, et Xavier Bioy, maire d’Hérère :
    deux des frères de mon grand-père Paul Bioy),
    et sur les conseils de son maître (ORL) le Pr Georges Portmann qui (très bien informé !) l’avertit de l’imminence de prochaines rafles à Bordeaux,
    le Dr Benedykt (ou Benoît) Lippa quitte son domicile (chez les parents de sa fiancée, Marie-France Bioy) à Bordeaux (177 rue Judaïque)
    et franchit la ligne de démarcation à Hagetmau, à l’heure du repas de midi _ ma mère et ma tante l’avaient accompagné jusque là.
    Mon père était ami du Dr Hoffmann-Martinot : j’en ai parlé à son fils…
    …
    _ date ? Benedykt Lippa, interpellé par la gendarmerie _ vers la fin du mois de juin : il est interné un moment à Grenade-sur-l’Adour _, 
    est interné au camp de Gurs (quand ? _ au début du mois de juillet _ et avec quel statut, et combien de temps il y demeure, je l’ignore à ce jour _ je l’apprendrai plus tard… :
    je note que page 134 de la thèse de Peter Gaida « Camps de travail sous Vichy« , on lit ceci :
    « En août 1941, une circulaire informe les préfets que chaque ex-militaire polonais franchissant la ligne de démarcation
    _ ce qui est le cas de mon père, engagé volontaire le 20 septembre 1939 _,
    est à incorporer dans un GTE » ; en principe, donc…).
    Parmi les archives de Pierre Klingebiel, je remarque qu’un document d’avril 1945 indique que
    la pénalité-amende infligée à mon père pour franchissement illégal (clandestin) de la ligne de démarcation,
    avait été « levée« !
    Dans quelles circonstances, et comment, et par qui, je l’ignore à ce jour aussi…
    …
    _ juillet 1942 _ au camp de Gurs… _ : mon père s’est « engagé dans la résistance, Région oloronaise, Capitaine Bonnemason« 
    selon son « Etat des Services » (18e RI _ Direction du Service de Santé) du 29 mai 1945, à Bordeaux :
    est-ce alors même qu’il se trouve interné au camp de Gurs ? je l’ignore _ formellement, mais c’est très probable…
    Henri Duchemin (Oloron, 22-3-1918 – Roquiague, 14-8-1944), frère des futurs amis protestants de mon père, Laurent et Anna Duchemin
    (et amis des Klingebiel), à Oloron,
    est gardien au camp de Gurs, ainsi que résistant :
    blessé lors de combats (de membres du Corps-Franc Pommiès) le 10 août à Mauléon-Licharre,
    Henri Duchemin est achevé à coups de baïonnette par les Allemands le 14 août dans une ferme, à Roquiague…
    Ou bien mon père n’a-t-il été interpellé et interné à Gurs qu’un peu plus tard? A ce jour, je l’ignore…
    Je suis assez intrigué par le fait que ma mère, qui a pu _ tant bien que mal… _  correspondre tout le temps de la guerre avec mon père,
    ne garde pas de souvenir que mon père a été interné (et peut-être plus d’un an : possiblement de fin juin 1942 à fin août 1943) à Gurs,
    quand il se trouvait en Béarn…
    …
    _ octobre 1942 : date présente sur une carte de visite du Professeur Georges Portmann
    recommandant son assistant, le Dr Lippa, au Dr Rigaud (chargé de cours d’ORL à la Faculté de médecine de Toulouse)…
    Qui est ce Dr Rigaud ? Mon père l’a-t-il rencontré à Toulouse ?
    Jacques Lartigue se souvient des gros livres de médecine que mon père avait sur sa table
    au domicile de son oncle et sa tante Joseph et Léonie Castille, 40 rue des Oustalots, à Oloron _ où mon père résidait alors _,
    quand mon père l’a soigné : il avait 9 ans…
    Ces livres de médecine, mon père les a probablement ramenés de Toulouse…
    …
    _ le 26 août 1943, un contrat « agricole » (d’un mois : il sera renouvelé mensuellement, jusqu’au mois de décembre 1943 compris)
    est passé entre le commandant du 526e GTE d’Oloron
    (Marcel  Brenot ? Philippe Grandclément, plus probablement _ oui ; on peut lire la signature de son adjoint, Joseph de Goussencourt _,
    le nom de Philippe Grandclément remplaçant celui de Marcel Brenot dès le 26 août 1943 sur les papiers officiels :
    le nom de Marcel Brenot est toutefois encore présent _ et c’est bien sûr à relever ! _ sur un document imprimé faisant partie du dossier de ce contrat)
    et Pierre Klingebiel, professeur de philosophie au collège d’Oloron et protestant actif
    (et très lié aux activités du cercle de résistants de l’Armée secrète d’Oloron, que dirigeait Jean Bonnemason ;
    Pierre Klingebiel est ami de Jean Bonnemason ; et il reçoit (= cache et nourrit) de nombreux candidats à l’évasion par l’Espagne…) ;
    et cela sur l’initiative du chef du 526e GTE d’Oloron :
    _ d’une part, afin que le 526e GTE dispose « à demeure » des services de ce médecin ;
    _ et, d’autre part, que Benedykt Lippa dispose, ainsi exfiltré du camp de Gurs, de davantage de liberté de mouvement
    (j’ignore à partir de quelle date mon père a été interné au camp de Gurs _ probablement fin juin ou début juillet 1942 _) ;
    _ d’autre part encore, un brouillon de courrier de Pierre Klingebiel, en date d’avril 1945, indique que
    la pénalité-amende pour franchissement illégal de la ligne de démarcation infligée à mon père, a été annulée :
    par qui ? et dans quelles circonstances ?..
    …
    Ma mère se souvient bien de ce lien de mon père à « Grandclément » !
    mais il s’agit de Philippe Grandclément (25 juillet 1904 – 26 avril 1974),
    le frère aîné d’André (18 juillet 1909 – 27 juillet 1944),
    le célèbre chef de la Résistance en région bordelaise, assassiné au Muret le 27 juillet 1944…
    Je cherche à joindre les descendants de Philippe Grandclément (mort à Saint-Laurent-La-Prée, près de Rochefort, en 1974),
    via Jérôme Allard, petit-fils (belge) d’André.
    En vain jusqu’ici, malgré un premier contact téléphonique positif avec Jérôme Allard ; ensuite, il ne m’a plus répondu…
    …
    _ le Dr Lippa quitte ainsi le camp de Gurs en devenant TE du 526e GTE d’Oloron
    (ou Izeste-Louvie-Juzon : mon père a coupé du bois pour l’entreprise Morello-Lombardi, à Arudy-Louvie-Juzon :
    cela, il le racontait…) ;
    ainsi qu’en témoignent les archives de Pierre Klingebiel
    (archives méthodiquement exposées en un copieux et très précieux ! fascicule par son fils André Klingebiel),
    ainsi que les souvenirs personnels de son fils, André Klingebiel
    (né en 1930, professeur de Géologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux, et ayant une excellente mémoire) ;
    et ceux, aussi de Jacques Lartigue (né en 1934), à Oloron :
    mon père a résidé à Oloron, 40 rue des Oustalots, chez l’oncle et la tante, Joseph et Léonie Castille, de ce dernier
    _ membre d’une famille d’industriels toujours très actifs à Oloron…
    …
    _ vers le 8 décembre 1943 _ probablement le jeudi 9 _ : mon père a quitté Oloron ;
    et doit installer l’infirmerie du 561e GTE de Haute-Garonne,
    qui (déménagé de Clairfont ; la chose est avérée au moins le 3 mars 1944 : sur un document préfectoral de Haute-Garonne)
    est installé au château de La Gaillarde, à Beaupuy,
    où mon père réside déjà depuis le vendredi 10 décembre
    (sans eau courante ni électricité pour le moment : le château, inoccupé depuis plusieurs années, est délabré…)
    _ cf la lettre de mon père à Pierre Klingebiel, le lundi 20 décembre 1943.
    …
    _ 31 décembre 1943 : résiliation officielle du « contrat agricole » de Benedykt Lippa auprès de Pierre Klingebiel et du 526e GTE d’Oloron
    _ archives de Pierre Klingebiel…
    Mais le Registre des Contrôles nominatifs du 561e GTE inscrit le nom de mon père en date du 1er décembre ;
    et indique que son installation au château de La Gaillarde a eu lieu à la date du 10 décembre 1943
    (ce qui est confirmé par une lettre de mon père (datée du 20 décembre) à ses amis Klingebiel à Oloron…
    …
    _ samedi 29 janvier 1944 : visite, à Muret (Haute-Garonne) du Dr Lippa au Pasteur Arias Castro
    (qui dispose, lui, d’un « contrat industriel » à l’usine d’aiguilles pour seringues médicales de M. Thiébaud),
    au domicile du Pasteur Arias Castro, à Muret, 8 Chaussée de Louge.
    Mon père aide alors le Pasteur Arias Castro à éviter de partir en Allemagne, ou d’être expédié à l’Organisation Todt
    _ ma mère se souvient bien de cela…
    Un courrier d’Arias Castro à Pierre Klingebiel (daté du dimanche 6 février 1944) indique la date de cette visite de mon père à Muret.
    …
    _ 3 mars 1944 : recensement préfectoral attestant du transfert du 561e GTE de Clairfont à Beaupuy, au Domaine de La Gaillarde
    (cf l’article de Lilian Pouységur, in Les Camps de travail du Sud-Ouest de la France, page 31).
    …
    _ mercredi 29 – jeudi 30 mars 1944 : Marie-France Bioy, sa fiancée, vient en train de Bordeaux à Toulouse
    _ un attentat vient d’être commis dans le quartier de la gare Matabiau, qui est en émoi ! _ ma mère passe la nuit en un des hôtels en face de la gare, infesté de soldats allemands _ ;
    et rend visite à mon père au cantonnement du château de La Gaillarde, à Beaupuy
    …
    _ mercredi 17 mai et mercredi 14 juin 1944 : deux rapports de police citent le nom de Benedict Lippa au Domaine de La Gaillarde à Beaupuy
    (561e GTE, dirigé par M. Ledoux) _ Archives départementales de Haute-Garonne (5795 W 1381).
    Le 17 mai, l’Inspecteur de police Pierre Boyreau adresse son rapport d’enquête
    au chef de la 2e section de la 8e Brigade de Police de Sûreté,
    suite à une « dénonciation anonyme (du mardi 11 avril 1944)
    sur les agissements de certains T.E. du groupe n°561, cantonné au château de La Gaillarde à Beaupuy » :
    le cuisinier Mariano Rincon Garcia, le garde-magasinier Jose Ubeda Navarro et le conducteur de charrette Jose Rodriguez Agudo
        _ les deux derniers fréquentant le café du limonadier Bourgeois à Beaupuy ;
    et le fils Bourgeois venant aussi leur rendre visite au cantonnement du château de La Gaillarde.
    Le vendredi 20 mai, l’inspecteur Boyreau est invité par son supérieur hiérarchique à donner davantage de détails sur son enquête
      (de détournement de nourriture ! « graisse et pâtes alimentaires » !), qui n’avait retenu aucun motif avéré d’incrimination…
    D’autre part, mon père _ accusé de pratiquer la médecine en dehors du cantonnement (et des T. E. dispersés) _
    a reçu des « avertissements » du chef du 526e GTE, Georges Ledoux, pour « exercer (la médecine) en violation de la loi ».
    Il s’agissait pour lui, crevant de faim, d’améliorer son ordinaire en se procurant (contre ses services médicaux), des œufs _ qu’il gobait ! _ ;
    comme il l’indiquait dans une lettre à ses amis Klingebiel, le mercredi 22 février 1944…
    Avant de diriger le 561e GTE de Beaupuy, le commandant Georges Ledoux avait dirigé le 862e GTE de Montestruc (Gers),
    un GTE constitué de Polonais anciens engagés volontaires (pour la France) dans la guerre.
    Et le mercredi 14 juin, le Commissaire de Police de Sûreté Paul Mollard-Chaumette, chef de la 3e section de la 8e Brigade de Police de Sûreté,
    rédige à son tour un rapport (de vérification !) sur l’enquête de l’Inspecteur Boyreau :
    aucun élément délictueux n’est retenu par lui ni contre les T. E. _ dont mon père _ du 561e GTE de Beaupuy, ni contre l’Inspecteur Boyreau…
    …
     _ vendredi 16 juin 1944 : Benédict Lippa est muté du 561e GTE de Beaupuy au 562e GTE de Toulouse (rue de Belfort), Services Généraux ;
     mais cette mutation est notée « nulle et non avenue » (sic) sur le Registre des Contrôles nominatifs de ce 562e GTE,
    qui ajoute « RdC le 21-7-44 a.c. du 16-6-44 (lettre n°699 / CI du 19-7-44)«  : des éléments à décrypter…
    …
    _ jeudi 20 juillet 1944 : Benedict Lippa quitte Toulouse _ probablement de son initiative : la situation militaire se détériore gravement déjà pour les Allemands _ pour Oloron, par le train,
    via une journée (le vendredi 21 juillet) passée à Pau-Jurançon (à la Villa Montréal, siège du 526e GTE), pour formalités administratives :
    un nouveau « contrat agricole » (de complaisance) est rédigé là entre le chef de ce 526e GTE
    _ est encore Philippe Grandclément ? Est-ce déjà E. Delluc, qui lui succède,
    et signera un autre document adressé à Pierre Klingebiel le vendredi 4 août suivant… _
    et, à nouveau, Pierre Klingebiel, à Oloron…
    J’en déduis que mon père bénéficie d’appuis au siège de ce 526e GTE de Jurançon…
    En avait-il aussi à Toulouse ? Probablement…
    …
    _ jeudi 11 août 1944 : à Oloron : échange de courrier de mon père (domicilié 40 rue des Oustalots à Oloron : chez Joseph et Léonie Castille)
    avec sa fiancée demeurant à Bordeaux,
    lui demandant de ne pas craindre de prendre le train pour venir de Bordeaux lui rendre visite à Oloron.
    Léonie Castille (née Brun) est la sœur de Marthe (née Brun) la mère de Jacques Lartigue,
    que mon père a soigné alors pour des crises d’asthme.
    Jacques Lartigue se souvient très bien de mon père, et de ses gros livres de médecine (probablement ramenés de Toulouse) !
    De plus, l’épouse _ déjà décédée _ de Jean Bonnemason, est née Alexandrine Brun.
    Léonie, Marthe (sœurs) et Alexandrine (cousine) sont toutes trois des membres de la famille Brun, d’Oloron…
    …
    _ date ? Marie-France Bioy, ma mère, vient voir son fiancé, mon père, à Oloron ;
    elle déjeune chez Joseph et Léonie Castille, d’une part ;
    et elle dort chez Laurent et Anna Duchemin (amis des Klingebiel) et protestants actifs, de l’autre.
    …
    _ samedi 23 septembre 1944 : lettre de mon père, depuis Oloron, à sa fiancée à Bordeaux,
    lui annonçant son retour prochain d’Oloron à Bordeaux, le samedi 30 septembre ;
    et où il s’inquiète très concrètement de son avenir professionnel à court terme en région bordelaise…
    …
    _ dimanche 1er – dimanche 15 octobre 1944 : de retour en région bordelaise, le Dr Lippa est homologué provisoirement
    au grade de Médecin-lieutenant au groupe FFI « Dick » à Pessac…
    …
    …
    …
    Voilà où j’en suis à ce jour de mon enquête,
    qui avance donc pas à pas.
    Je pense que les divers chefs des GTE :
    Marcel Brenot peut-être ; Philippe Grandclément à coup sûr ; E. Delluc dont le nom apparaît le 4 août 1944, pour le 526e GTE siégeant à Oloron, puis à Pau-Jurançon, pour les Basses-Pyrénées ;
    et à Toulouse, MM. Lemay (chef du Groupement n°2), Georges Ledoux (chef du 561e GTE de Beaupuy) et Brouguière (chef du 562e GTE de Toulouse, rue de Belfort)
    ont probablement aidé mon père à éviter de faire partie de ceux qui ont été envoyés à Noé et expédiés à l’Organisation Todt ;
    et cela en liaison avec les mouvements de Résistance _ probablement l’Armée secrète, comme dans les Basses-Pyrénées, avec Jean Bonnemason à Oloron…
    …
    Bien à vous,
    …
    Francis Lippa

    …
    …

    Plus tard,

    le contact que facilitera Claude Laharie avec Bruno Le Marcis,

    qui vient de découvrir les archives personnelles du grand-père de son épouse, le commandant Marcel Brenot,

    me permettra de mettre des noms et des visages sur certains des protagonistes de ces GTE du camp de Gurs (le 182e), et d’Izeste (puis Oloron, puis Jurançon : le 526e) ;

    dont l’adjoint direct de Philippe Grandclément, Joseph de Goussencourt, dont la signature est fréquente sur les documents de T.E. de mon père qu’a conservés Pierre Klingebiel…

    …

    …

    Soit un très précieux dossier sur quelques uns des GTE du Sud-Ouest.

    …
    …
    Ce mardi 20 août 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa