Étiquette : Colette Lambrichs

  • Parution à venir, le 6 juin prochain, de l’ »Ut musica, ut poiesis » de Michel Deguy, avec Bénédicte Gorrillot, aux Editions du Canoë de Colette Lambrichs…

     

    L’information, par Colette Lambrichs, de la parution le 6 juin prochain, à ses Éditions du Canoë, de l’ « Ut musica, ut poiesis » du cher Michel Deguy avec Bénédicte Gorrillot,
    …
    me donne l’occasion de re-faire bien volontiers part sur ce blog « En cherchant bien » d’un précieux lien au podcast de l’entretien (de 75’) que j’ai moi-même eu l’honneur d’avoir avec Michel Deguy le 9 mars 2017 à la Station Ausone, à propos de son « La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes » ;
    …
    ainsi que de l’article de mon blog en date du 15 mars 2017, intitulé «  »,  dans lequel je revenais sur cet entretien, et ce livre, de Michel Deguy…
    …
    …
    Alors, vous pensez comme cette publication à venir le 6 juin m’intéresse et avive ma curiosité…
    …
    …
    Il me semble donc que la perspective de m’entretenir à mon tour avec Bénédicte Gorrillot _ cf le très riche « Noir, impair et manque : dialogue avec Bénédicte Gorrillot » de Michel Deguy, paru aux Éditions Argol le 21 octobre 2016 _ pour une exploration de cet ultime très précieux legs, « Ut musica, ut poiesis »,
    de ce maître s’il en est de la poïétique qu’est Michel Deguy, est particulièrement séduisante.
    …
    …
    On doit à Bénédicte Gorrillot, Maître de conférences en poésie latine & littérature française contemporaine à l’Université Polytechnique des Hauts-de-France, de pouvoir lire les réflexions de Michel Deguy sur la musique. Elle a mené ces entretiens chez lui alors qu’il était déjà souffrant. Ils s’achèvent très peu de temps avant sa mort en janvier 2022, mais il lui faudra les transcrire et restituer au plus juste une parole orale. Elle l’avait déjà fait dans le très remarquable Noir, impair et manque publié aux Éditions Argol en 2016, où, déjà, il s’agissait de laisser s’exprimer Michel Deguy sur la façon dont il envisageait son œuvre en miroir aux autres arts – mais c’était à l’exception précisément de la musique… sur laquelle ils s’étaient promis de revenir. Voilà donc qui est maintenant réalisé  pour le plus grand intérêt du lecteur, car il y a probablement autant de façons de considérer le rapport musique/poésie qu’il y a de poètes et de musiciens… La parole de Michel Deguy est infiniment précieuse parce que c’était un poète, et que c’était un poète qui aimait passionnément la musique _ voilà ! Beaucoup de questions vont y être évoquées : dans la « ronde des arts », quelle place pour la musique, quelle place pour la poésie ? Pourquoi la poésie n’est-elle pas la musique ? Comment envisager la mise en musique du poème ? Qu’est-ce qu’une chanson, qu’est-ce qu’un poème ? En somme, et surtout : comment la musique permet-elle de penser la poésie, et vice-versa, la musique, la poésie ?
    …Et à ré-écouter avec attention le podcast du très riche entretien du 9 mars 2017 à la Station Ausone, nous voilà l’eau à la bouche…

    …

    Ce petit livre-ci de 120 pages est donc un bréviaire pour tous ceux qui s’intéressent à ces questions, et restitue la voix si intelligente, émouvante et presque enfantine de celui qui fut – qui est – l’un des plus beaux poètes de langue français…

    …
    …
    Ce vendredi 27 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Pour marquer la réception de la nouvelle édition-traduction de l’opus « monstre », « Pétrole », de Pier-Paolo Pasolini, en sa nouvelle présentation en français par l’ami René de Ceccatty…

    De retour à l’instant de chez Mollat,

    je viens de trouver au courrier ton « Pétrole » de Gallimard,
    de même qu’avant-hier le « C’est moi, François » d’Édith Bruck que tu viens de traduire aussi aux Éditions du sous-sol.
    … 
    J’ai croisé Pierre Coutelle, qui a joint aussitôt la responsable des mises en ligne des vidéos _ à propos de la mise en ligne de la vidéo format-portrait (de 20′, enregistrée le 4 novembre dernier, au moment de ta participation à la très belle Journée d’études et hommage à Pier-Paolo Pasolini, en la salle capitulaire de la Cour Mably…) de présentation de ton « Le Soldat indien » aux Èditions du Canoë, de Colette Lambrichs, de janvier dernier…
    … 
    Voilà pour aujourd’hui.
     …
    Je reste vigilant…
     …
    Bon courage, cher René, pour tes divers travaux…
    … 
    Je suis ravi, aussi, du contact montpelliérain (Céline Baudillon et ses Éditions Hors Œil),
    en partant de l’amitié qui a lié Pascal Chabot et François Lagarde (décédé en 2017), 
    et Mathilde Monnier _ autour de la superbe réalisation, en 2012, de l’extraordinaire (!) film « Simondon du désert »…
    … 
    Je vais bientôt joindre Céline Baudillon…
    … 
    À suivre,
    … 
    Francis
    …
    …
    Voilà donc quel a été, jeudi 1er décembre dernier, mon courriel de réception à l’ami René,
    afin de simplement marquer la réception de sa nouvelle traduction de cet opus « monstre » _ puisque c’est là le titre que choisit de joliment lui donner, page 11, Bertrand Bonello, le cinéaste, en sa préface, aux pages 11 à 16 de cette nouvelle édition, en la collection L’Imaginaire des Éditions Gallimard _, ce « Pétrole« , de Pier-Paolo Pasolini, en sa nouvelle édition-traduction _ la troisième qu’i réalise, après celles de 1995 et 2006 (et René en détaille les raisons aux pages 29 à 37, en une « Note pour la présente édition » …), après sa propre préface intitulée, elle, « Un laboratoire et un brûlot », donnée aux pages 19 à 28… _ en français par l’ami René de Ceccatty,
    qui m’adresse ce gros livre si étrange de 900 pages…

    …

    …

    Bien sûr, je vais y revenir prochainement bien plus précisément, pour cet opus majeur de l’œuvre de ce poète fondamentalement ouvert, multiforme et prospectif qu’est Pier-Paolo Pasolini (Bologne, 5 mars 1922 – Ostie, 2 novembre 1975)…

    …

    …

    Ce lundi 5 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En reprenant « Le Soldat indien » de René de Ceccatty (aux Editions du Canoë) : résister à la profanation et l’effacement…

    En relisant mes notes sur « Le Soldat indien« de René de Ceccatty, paru le 2 février 2022, aux Éditions du Canoë _ lire surtout mon article vraiment très fouillé, et donc utile (j’en suis le premier surpris !), du mardi 25 janvier : « « … _,

    …

    j’en dégage que René de Ceccatty, suite à sa découverte très violemment affligée, le 12 avril 2019, de la récente dévastation-profanation des tombes ouvertes et cassées, détruites, du cimetière de Mégrine _ sa petite ville natale _, dans la banlieue de Tunis

    _ « profanation qui n’est pas seulement l’insulte faite à un mort, mais son oubli, la volonté même de son effacement« , lit-on page 10 ;

    et « c’est alors que mon autre idée a refait surface, celle de remonter dans une des branches de ma famille, en quête du fameux prétendu gouverneur de l’île de Bourbon » (…) ; « cet ancêtre, Léopold (…) n’avait jamais vécu sur l’île de Bourbon, tout au plus avait-il pu y faire escale, en route vers l’Inde, ou les Indes, ainsi qu’on disait autrefois. Il n’avait jamais été gouverneur de l’île de Bourbon, mais, en revanche, avait été major militaire de la forteresse de Karikal, au sud de Pondichéry, et avait participé à la guerre de Sept Ans et aux conflits multiples qui avaient opposé l’armée française à l’armée anglaise et aux divers pouvoirs indiens, perses, moghols, marathe qui eux-mêmes guerroyaient« , page 10 ;

    et encore, page 12 : « L’histoire de Léopold et le rapport que j’entretiens avec elle sont des formes d’effacement accepté, mais aussi de lutte contre l’oubli.

    J’ai voulu, à ma manière, résister à la profanation« … _ ;

    …

    que René de Ceccatty, donc,

    s’est donné pour « sujet«  de son livre, non pas « l’incarnation _ romanesque _ d’un passé _ tant historique, collectif, que familial _ qui a laissé peu de traces« , mais « au contraire l’effacement de figures vouées à l’échec et à l’oubli » _ qu’il fallait, et de cette façon, par la voix s’élevant de l’écriture, sauver en quelque sorte d’un abyssal, et définitivement mortel, oubli, page 15 ;

    …

    et afin, aussi, tout au moins au départ _ puisque là se situe la source occasionnelle de la méditation-recherche dont va naître le livre _, de « comprendre la logique ou l’illogisme de l’installation de mes grands-parents dans les colonies nord-africaines.

    N’y avait-il pas une fatalité _ en quelque sorte atavique et comme compulsivement répétitive… _ dans ces départs, ces défaites, ces exils, ces confrontations avec d’autres langues, d’autres cultures, d’autres modes de vie ? Les deux branches, maternelle et paternelle, ne s’étaient guère enrichies aux dépens des peuples colonisés : elles avaient seulement tenté de réagir à leurs ruines respectives. Du côté des ancêtres de mon père, le phyloxéra avait dévasté les vignes du Jura. Du côté d ceux de ma mère, une auberge albigeoise qu’ils tenaient avait pris feu. Les deux familles ruinées avaient tenté leur chance, l’une en Algérie, l’autre en Tunisie. Mes parents, deux ou trois générations plus tard, avaient réuni les sangs« , page 8 ;

    …

    et de cela témoigner un peu en l’élan de son écriture,

    sans « éclat, ni silence » non plus, page 8.

    …

    …

    Voilà donc ce qui a donné l’impulsion initiale vivante et superbe à cette écriture, et la force et la lumière chaleureuse de cette voix fluide et ferme qui s’élève maintenant de ces pages, pour nous aussi, à leur lecture !

    …

    …

    Et le « secret » d’une œuvre de littérature un peu vraie _ et ce trait-là est bien sûr capital ! _se niche précisément dans la qualité idiosyncrasique de « la voix » quand celle-ci, vraiment, « s’élève de la page« , avec une sorte de nécessité, comme en ce lumineux et un poil mélancolique aussi « Soldat indien » de René de Ceccatty…

    …

    …

    Cela rédigé en forme de préparation un peu consciencieuse _ scrupuleux et perfectionniste, j’aime essayer de tendre toujours au meilleur… _ à mes questions de la vidéo, en format court, de René, à propos de ce petit bijou de 162 pages qu’est « Le Soldat Indien » (des Éditions du Canoë, de Colette Lambrichs _ résidant désormais en la girondine très proche (et historiquement « filleule de Bordeaux« ) Bourg-sur-Gironde, en face du Bec d’Ambès… _), dans le tout petit studio ad hoc, niché tout derrière la vaste salle sombre de la Station Ausone, prise ce vendredi 4 novembre pour une conférence, à 18 h, de l’ancien président François Hollande…

    Quel contraste !

    …

    …

    Ce vendredi 4 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un bouleversant et grandiose hommage, hier samedi 2 juillet à 15h 30, à Eduardo Lourenço, penseur majeur et crucial, à la Halle des Chartrons, à Bordeaux

    Hier, à 15h 30, à la Halle des Chartrons, à Bordeaux, un événement culturel extrêmement émouvant _ je l’ignorais ; et ne m’y attendais pas du tout _, dont témoigne ce courriel de remerciement a posteriori à mon amie Martine Fragoas, qui avait eu la gentillesse de m’informer samedi matin même de la présence à Bordeaux _ pour une rencontre-hommage, en ce lieu-là, à Eduardo Lourenço _, de mon amie Sylviane Sambor, laquelle avait fait part à Martine de son plaisir à m’y rencontrer… 

    …
    …
    Chère Martine,
    …
    alors que, grâce à toi, je me suis rendu, vers 14 h, à la Halle des Chartrons afin d’avoir le plaisir de converser un peu avec Sylviane Sambor _ toujours merveilleuse de positivité féconde ! _,
    c’est en fait tout l’après-midi que j’ai passé là,
    pour assister d’abord à l’hommage à Eduardo Lourenço, à 15 h 30…
    Cet hommage fut non seulement profond et bouleversant, mais même grandiose :
    _ par la lecture d’un merveilleux texte d’Eduardo Lourenço, Montaigne ou la vie écrite, écrit directement en français, à Vence le 28 juin 1992 (et sur la demande de Sylviane pour ses Éditions de L’Escampette),
    _ par un témoignage précis et développé de Sylviane elle-même sur ses diverses riches rencontres avec Eduardo Lourenço _ en particulier pour son magnifique très marquant Carrefour des Littératures _,
    _ mais aussi par un discours extraordinairement puissant de Manuel Dias Vaz,
    qui, à la fin, a fait entonner à l’assistance entière, debout, le « Grandola Vila morena » de ton cousin Zeca Afonso…
    …
    A mon arrivée à 14 h, Sylviane m’a très gentiment invité à venir prendre un café avec les organisateurs de cette manifestation ; et les échanges de la conversation, déjà, ont été passionnants.
    …
    Mieux encore, une des participantes de cette riche conversation ayant cité le nom de Blaye où elle organisait prochainement des manifestations culturelles,
    j’ai prononcé le nom de Bourg-sur-Gironde, en indiquant que venait de s’y installer, le 9 mai dernier, l’éditrice Colette Lambrichs _ des si importantes Éditions de La Différence, et maintenant du Canoë.
    …
    Mais j’ignorais que les parents de Sylviane habitaient Bourg-sur-Gironde.
    Et j’ai pu alors, peu après, donner à Sylviane les nouvelles coordonnées de Colette Lambrichs _ nous devons nous rencontrer bientôt _, qu’elle a pu joindre, à la suite, très vite, au téléphone :
    présente à Bourg ce dimanche pour un important anniversaire familial, Sylviane devait passer venir dire quelques mots à Colette Lambrichs à son nouveau domicile de Bourg…
    …
    Voilà comment fonctionnent les connexions ! et les mémoires fidèles et reconnaissantes…
    …
    Un grand merci, donc, chère Martine, pour cette transmission de l’information sur la très mémorable rencontre d’hier après-midi aux Chartrons en hommage au grand Eduardo Lourenço…
    Un événement marquant et proprement bouleversant.
    Manuel Dias Vaz, surtout, m’a beaucoup impressionné.
    Quelle stature !
    …
    Et qu’il ait été un ami très proche de ce penseur majeur qu’a été Eduardo Lourenço (Sao Pedro do Rio Seco, 29 mai 1923 – Lisbonne, 1er décembre 2020) _ tous deux sont originaires de la région de Guarda _ permet peut-être de mieux comprendre sa propre dimension humaine…
    …
    À suivre,
    …
    Francis
    …
    …
    Ce dimanche 3 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa