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  • De l’auto-décapitation consentie, recherchée et courue, par paresse et lâcheté par refus d’oser penser par soi-même, de ceux qui courent, panurgiquement, têtes baissées et à bride et ventre abattus, se livrer, écervelés décervelés qu’ils deviennent et sont, pieds et mains liés, vers la fausse et très illusoire – cédant à un complaisant très aveuglant mirage ! – sauvegarde mortifère et mortelle, en fait, de la bienheureuse auto-proclamée « Intelligence artificielle » (I. A.) qui prétend gentiment et sans effort de notre part nous guider – il suffit de la suivre : elle sait tout ! et mille fois mieux que nous… – : le très salutaire et archi-nécessaire « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de Marie-José Mondzain, qui paraît le 3 avril prochain à La Fabrique…

    De l’auto-décapitation consentie, recherchée et courue, par paresse et lâcheté par refus d’oser penser par soi-même (« Sapere aude !« , nous a prévenus Kant en son admirable « Qu’est-ce que les Lumières ?« ), de ceux qui courent, panurgiquement, têtes baissées et à bride et ventre abattus, se livrer, écervelés décervelés qu’ils deviennent et sont, pieds et mains liés, vers la fausse et très illusoire – cédant à un complaisant très aveuglant mirage ! – sauvegarde mortifère et mortelle, en fait, de la bienheureuse auto-proclamée « Intelligence artificielle » (I. A.), qui prétend gentiment et sans effort de notre part nous guider – il suffit de la suivre : elle sait tout ! et mille fois mieux que nous… – :

    voici que contre quoi vient très salutairement nous mettre en garde le très nécessaire « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » de Marie-José Mondzain, qui paraît le 3 avril prochain aux Éditions de La Fabrique…

    …

    Penser vrai, et de tout son corps et tous ses sens, et avec toute sa tête, versus croire faussement savoir via la faussement secourable machine : tel est l’enjeu de ce livre effectivement capital de l’amie Marie-José Mondzain, dont j’ai lu la plupart des livres – cf par exemple mon article du 15 mars 2017 : « Le superbe « Nettoyer une expression » de Marie José Mondzain en son « Confiscation des mots, des images et du temps »« …

    …

    Et pour commencer, je me permets de donner ici le très parlant texte de présentation de la lumineuse quatrième de couverture de ce « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » :

    …

    Qu’est-ce donc qu’une « intelligence » sans cerveau et sans corps ? Alors qu’on nous promet avec l’IA le meilleur comme le pire, Marie José Mondzain choisit, au gré de ses échanges avec ChatGPT, d’interroger le robot sur ses « angles morts ». Exercice à la fois ludique et sérieux où la machine, « privée de toute imagination faute d’accès au désordre et au chaos » – « Il faut encore porter du chaos en soi pour pouvoir donner naissance à une étoile dansante« , écrit sublimement Nietzsche au merveilleux chapitre « Lire et écrire«  de son indispensable « Ainsi parlait Zarathoustra« , me faut-il ajouter ici : Marie-José Mondzain le rapporte fort justement à la page 11 de son essai… – , ne peut nier par exemple le dessein qui anime ceux qui la programment – lequel a tout à voir avec le pouvoir et la dépossession que nous impose le règne du Capital : « la décapitation symbolique et programmée de toutes les têtes dont on attend la soumission ». Se dessinent pourtant au détour de cette « conversation » des voies pour résister au décervelage par la « grâce de nos ruses », dont quelques personnages de Lewis Carroll, une exposition au Jeu de Paume, la puissance des plantes saxifrages et d’autres motifs empruntés à la philosophie, aux arts et aux sciences forment le prétexte.

    …

    Sur cet indispensable oser juger par soi-même, et le courage de se servir de son propre entendement, auxquels nous a si prestement conviés Kant en son indispensable « Qu’est-ce que les Lumières ?« ,

    je redécouvre, non sans me surprendre un peu moi-même – du temps et de l’oubli ayant bien sûr, et heureusement, passé entre temps… – , mes propres anciens articles au cours desquels j’y renvoyais déjà,

    en date des

    14 juillet 2008 (« de la longueur et du style : du contrat de lecture (d’un blog)« ),

    7 août 2008 (« Continuer d’apprendre à marcher« ),

    5 avril 2009 (« Energie, joie, reconnaissance _ et amitiés aussi : la grâce des oeuvres et de l’Art : François Noudelmann, Gilles Tiberghien, Bruce Bégout« ),

    29 décembre 2010 (« La désobéissance patiente de l’essayeur selon Georges Didi-Huberman : l’art du monteur dans « Remontages du temps subi »« )

    et 25 janvier 2013 (« Créer versus s’adapter : l’urgence du comment contrer la logique mortifère du totalitarisme des normes d’existence, selon Roland Gori dans son si juste « La Fabrique des imposteurs »« ) :

    …

    On y retrouve – et bien heureusement ! – le fil à peu près cohérent et fort de tout ce qui fait ma grande proximité-parenté même de penser avec l’amie Marie-José Mondzain…

    …

    Et je me souviens aussi avoir bien apprécié tout récemment la lecture, un peu par hasard, sur le site du Figaro, d’un entretien donné par David Le Breton – auteur en 2024 de « La Fin de la conversation ? La parole dans une société spectrale« , et qui est grand ami de mon ami Bernard Plossu… – , intitulé « Une conversation c’est d’abord la rencontre d’un visage face à un autre visage », sur l’art de la conversation, à la lecture duquel je renvoie ici, au passage, par ce lien-ci, et qui me semble se tenir sur une ligne de penser assez proche :

    voici donc ces mots très justes de David Le Breton :

    …

    La conversation, c’’est d’abord une reconnaissance mutuelle et un face-à-face. C’est même la rencontre d’un visage face à un autre visage – –  Elle n’est pas seulement un échange de mots, mais une expérience partagée – absolument ! Elle avance librement – de manière absolument ouverte – , sans objectif utilitaire, contrairement à la communication moderne souvent guidée par l’efficacité. Ses ingrédients essentiels sont le temps – un temps suffisant, et ouvert – l’attention réciproque – de chacun envers l’autre : c’est capital… Une bonne conversation suppose aussi une part d’incertitude – bien sûr ! – , car on ne sait jamais où elle va mener – à l’inouï gratuit et généreux de l’imprévu. On découvre l’autre – en personne, pas en impersonnel ou mécanique… – au fil des phrases – qui s’entre-suivent non mécaniquement… C’est un cheminement commun – oui, partagé dans la commune improvisation de l’échange absolument ouvert… La voix – et ses intonations infinies, telles celles de la musique… – est à mes yeux aussi essentielle – tout à fait – que le visage. C’est une signature intime – oui, et c’est très important. On reconnaît quelqu’un à sa voix – oui ! et elle ne vieillit pas… – avant même qu’il se nomme. Les voix font partie de ces dimensions incarnées – voilà, dans la chair même de la personne – que les échanges numériques altèrent – réduisent et oblitèrent – ; on sait combien certaines voix apaisent, d’autres stimulent. Nous connaissons ces voix qui nous portent, nous enveloppent physiquement, dont on peut dire qu’elles nous font du bien – oui ! – dans une expérience sensible. On peut certes avoir des échanges stimulants par le téléphone et la visio-conférence, mais il leur manque la dimension physique, l’environnement partagé, la spontanéité – tout ce qu’apportent les signes du visible et de la proximité ressentie. Le numérique produit plus de réactions – voilà – que de conversations, car il fragmente attention et mémoire. Ses autres ennemis sont la dispersion, d’abord. Beaucoup parlent tout en faisant autre chose. Converser exige une attention entière – absolument ! Je repense à une scène que j’ai observée : une petite fille répétait à son père, absorbé par son écran, de l’écouter. Lui répondait machinalement «oui…». Agacée, elle lui lance : «Papa, écoute-moi avec les yeux !». Sans ce regard sur nous, l’écoute semble factice – oui. Cette écoute fantomatique, que je nomme spectrale dans mon livre, ne nourrit pas l’échange, mais le fait mourir. L’autre ennemi, c’est la personne qui monopolise la parole – hélas ! De la part de ceux qui préfèrent s’écouter monologuer, que s’apprêter à écouter vraiment l’autre qui va leur répondre… Une conversation réussie repose sur un va-et-vient – voilà, qualitatif et riche de nuances… – respectueux du rythme de chacun – un facteur en effet décisif. Ce moment suspendu – mais oui : à l’écoute du miracle inespéré de l’inouï qui peut en résulter… – de la conversation ne suppose pas forcément la mise à nu de nos secrets. Je crois d’ailleurs que c’est assez rarement le cas, sinon avec des très proches. Dans la vie courante, on peut se réjouir de conversations inattendues avec des inconnus – en effet. Une rencontre dans un train, le partage d’anecdotes, la découverte de goûts communs en matière d’art ou de littérature… Parce que la conversation nous donne le sentiment d’exister pour l’autre – c’est cela : par la richesse de l’attention mutuelle. Même quelques mots échangés suffisent. Ce n’est pas la profondeur du sujet qui compte, mais l’expérience de la rencontre – et c’en est une, riche et subtile quand elle advient. C’est un «don de rien», un moment gratuit, et pour moi le sel de la vie – c’est très exactement cela. Converser est un art, oui – cf ici les belles analyses sur cet art de la conversation, à la fois formidablement simple en même temps qu’infiniment subtil, de Marc Fumaroli… – , mais c’est un art discret – tout de nuances – , qui ne demande pas de parler beaucoup, qui consiste plutôt à être réellement là, à écouter avec attention – voilà, voilà, voilà. Quand cette qualité est présente, quelques phrases suffisent pour transformer un instant ordinaire en un moment à part – tout à fait ; cf les analyses de mon propre « Pour célébrer la rencontre« , un texte de 2007 auquel je tiens… Il faut considérer la conversation comme un espace rare – oui, mais qu’on peut faire advenir avec qui s’y prêtera lui aussi : une source possible de vraie amitié… Dans un monde saturé de messages, elle reste l’une des expériences les plus simples – en effet, pour qui en est capable – pour se sentir vivant parmi les autres.

    …

    À mon envoi ce matin à 7h 14 de cet embryon d’article sur son « Peine Kapital : monologue avec l’intelligence artificielle » ,

    à 10h 29, Marie José Mondzain m’a adressé, en réponse, ceci :

    …

    « Cher Francis,

    je viens de lire votre réponse à ce livre, et votre texte instaure magnifiquement et généreusement un véritable dialogue à deux voix contre tout monologue algorithmé !!
    Défendre la pensée  est inséparable de la défense de la liberté.
    S’il est possible de nous rencontrer à Bordeaux, nous ferons la preuve vivante que la pensée ne vit que dans l’adresse. L’I.A. est sans adresse à tous les sens du terme. 
    Cher Francis,
    la vie continue et il faut qu’elle gagne sur tous les fronts et dans tous les crânes !!
    Je vous embrasse,
    mj »
    …
    C’est parfait !
    …
    Ce mardi 31 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Admirer le merveilleux « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot pour ses analyses ultra-sagaces de la curiosité ardente en ses actes complexes, inventifs et féconds, en situations sur divers terrains de pistage très concrets : Alpes, Rocheuses, Himalaya…

    En son absolument magnifique « Sur la piste animale » paru chez Actes-Sud en 2018, Baptiste Morizot nous offre d’ultra-sagaces aperçus-analyses de la curiosité-pistage en actes – ultra-concrets et très détaillés en leur complexité ultra-nécessaire chaque fois – sur le terrain, et cela quel qu’il soit, ce terrain de recherche-pistage : de loups dans les Alpes, d’ours dans les Rocheuses, de panthères dans l’Himalaya, etc.

    …

    C’est la citation que le claveciniste magnifique Pierre Gallon a placée en exergue du livret – à la page 4 – de son merveilleux double album L’Encelade ECL 2103 « Bach – Suites françaises«  – cf l’admiration que j’y exprime pour ce CD en mon article « Découvrir et admirer le superlatif jeu de clavecin de Pierre Gallon, dans les Suites françaises de Bach, comme dans celles de Louis Couperin… » en date du 13 décembre dernier – qui m’a fait me précipiter vers ce livre du philosophe que je n’avais pas encore lu jusqu’ici, alors même que nous avions évoqué – je m’en souviens fort bien ! – de faire venir Baptiste Morizot à notre Société de Philosophie de Bordeaux une de ces dernières années – et je ne me rappelle pas, en revanche, pour quelles circonstances cela n’avait pas pu se réaliser…

    …

    La voici donc, cette incisive et marquante citation-indice : « Nul ne peut exister sans laisser de traces. (…) Le pistage n’est pas une science exacte : c’est une science-action où chaque hypothèse oriente le pas et le regard ailleurs – où elle aiguillonne le désir non de conclure, mais de chercher encore », que l’on trouve à la page 121, au chapitre « L’art discret du pistage« , de ce très riche « Sur la piste animale » de Baptiste Morizot.

    …

    Voici donc quelques autres passages de Baptiste Morizot que j’ai surlignés à ma première lecture :

    …

    _ « Vivre, c’est être généreux en signes. C’est donner des signes à tous, à son corps défendant, sans le désirer, sans qu’ils soient appropriables : c’est la définition phénoménologique d’un don pur. Donner et recevoir des signes, en échanger, c’est le fondement et la nature de la grande politique vitale qui tisse les vivants dans la communauté écologique. La pratique du pistage apparaît comme une pratique symétrique du point de vue géopolitique : ce n’est pas seulement lire les signes, mais tout à la fois être lu par d’autres », page 127.

    _ « Le point fixe du déplacement qui caractérise le pistage, c’est le corps : on ne voyage pas hors du corps, et il n’y a personne pour voyager hors de lui. Il n’y a que du corps. Mais ce n’est pas le même corps que celui des naturalistes : le corps-matière véhicule de l’esprit désincarné. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’animal dont on hérite, ce sont elles qui nous animent parfois, lorsqu’on s’est rendu assez disponible, lorsqu’on a suffisamment travaillé à sa propre disparition. (…) De telle sorte qu’en toute rigueur, il ne s’agit pas de se déplacer dans l’esprit d’un autre, mais dans son corps : c’est son corps avec ses puissances de voir et de faire propres qui fonde sa perspective sur le monde. (…) Il s’agit d’ »activer en soi les pouvoirs d’un corps différent ». (…) C’est la perspective sur le monde qui se métamorphose, en tant qu’elle est commandée par le corps lui-même, mais en un sens non naturaliste : le corps comme attracteur d’invites spécifiques. Il s’agit « d’activer en soi les pouvoirs d’un corps différent », c’est-à-dire d’accéder aux invites propres à un autre corps. (…) Dans la métamorphose du pisteur, ce sont les invites de l’autre qu’on va chercher. Lorsque parfois cela fonctionne, on voit pour un moment ce col comme le loup le voit, il nous invite en tant que loup, il invite le loup qu’un instant on est devenu. C’est peu spectaculaire, et à visée pratique, mais ça n’en est pas moins intrigant. (…) Le pistage revient à emprunter de temps en temps, et pas à volonté, le corps d’un autre animal qui est une perspective configurant le monde autour. C’est à cause, par, grâce, à partir de son corps qu’un animal (nous compris) déploie une perspective sur le monde qui l’entoure, c’est-à-dire qu’il isole des saillantes, des invites dans les espaces qu’il traverse », pages 130 à 134.

    _ « On pourrait appeler pistage écosensible toute attention d’un vivant aux signes des vivants, à tout indice des structures immatérielles qui les régissent, à toute trace qui les concerne, engage leur manière d’habiter et de cohabiter, et appelle l’enquête. (…) Par pistage, il faut entendre ici toute aptitude à accéder à l’immatériel et à l’invisible structurant des communautés de vie à partir d’éléments empiriques versatiles et invisibles pour d’autres. « Tu ne peux pas exister sans laisser de traces » est la formule magique du pisteur. Elle fait lever les signes. (…) Le pistage (…) transforme l’expérience de la nature () en une immersion avide de signes dans des habitats partagés et enchevêtrés. L’écosensibilité passe par des expériences qui consistent à repeupler des espaces vidés par les présences qui les constituent, les habitent, se lient les unes aux autres , et à soi. (…) L’art du pistage revient à faire lever les peuples invisibles qui habitent avec nous ce monde en décryptant les indices visibles. (…) Pister restitue ici cet état intérieur devenu rare : l’état d’alerte, d’attention flottante et amoureuse à l’égard de l’imprévu. À l’aube, partir juste pour rencontrer, sans savoir qui ni quoi. C’est un nom possible de la vie. », pages 138 à 142,

    tous extraits de ce même formidable chapitre « L’art discret du pistage« .

    …

    Et aussi :

    _  « La dopamine serait l’hormone, non du plaisir, mais de la quête. Le pistage comme ardente recherche, ce serait l’essence animale de la quête humaine. L’ensemble complexe des émotions d’intérêt, d’anticipation, de curiosité attentive, d’énergie inépuisable, de sensation de flow, serait une exaptation, donc un détournement, d’un circuit cérébral dont la fonction originelle était de nous intéresser immodérément à ce qui était important pour notre survie : suivre et trouver l’animal fuyant. « Nous restons vifs et alertes dans les forêts disparues du monde ». (…) « Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue », écrit René Char dans les Feuillets d’Hypnos », pages 185-186, du chapitre final « L’Origine de l’enquête« .

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    Un admirable passionnant – et très poétique aussi – travail de Baptiste Morizot, philosophe dynamique de terrain, né à Draguignan le 26 septembre 1983,

    qui vient éclairer aussi au passage ce que j’ai nommé, d’après Marie-José Mondzain, « Imageance « …

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    Ce mercredi 17 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Superbe et très émouvant et très riche discours de réception à l’Académie de Bordeaux en tant que membre d’honneur du général d’armée François Lecointre, Grand chancelier de la Légion d’honneur : hauteur d’esprit et grandeur d’âme, ainsi que de cœur… Admiration !

    Hier jeudi 13 mars à 15 heures,

    à l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux,

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    superbe et très émouvant – et très riche, philosophiquement aussi : quelle hauteur d’esprit ! quelle grandeur d’âme ! C’est assez peu fréquent… – discours de réception, en tant que membre d’honneur, du général d’armée François Lecointre,
    Grand chancelier de la Légion d’honneur.
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    Un homme qui, par son intelligence de penser lumineuse – et très hautement cultivée, il faut y insister aussi : Dumézil, Lévinas, Paulhan, a-t-il très judicieusement cités (cf aussi ce que Platon dit de l’ordre juste, dans la cité comme dans la personne : « La République« , « Les Lois« )… ; François Lecointre vient aussi de publier un profond (à propos de l’office de soldat et du corps uni et fraternel que constitue ce corps qu’est aussi et d’abord , au premier chef, une armée…) « Entre guerres« , aux Editions Gallimard… – autant que par son courage héroïque au combat – au pont de Vrbanja, en Bosnie, et sur bien d’autres fronts : Guerre du Golfe, Somalie, Rwanda, Bosnie, Côte d’Ivoire… – , fait mieux qu’honneur aux très hauts postes successifs qui lui ont été confiés aux armées, ainsi qu’aux postes de conseils – remarquablement lucides et avisés – auprès des plus hautes instances de l’Etat…
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    Et qui ne manque ni d’élégance d’esprit, ni d’humour – François Lecointre a aussi des attaches béarnaises…
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    …
    Une réception particulièrement intense et marquante – d’autant plus marquante en raison du contexte et conjoncture intensément tendus, tragiques, de la présente situation, jour par jour si peu prévisible (Trump…), des menaces (Poutine…) pour nous aussi (et pas seulement Zelinsky et les Ukrainiens), par nos hélas durables imprévisions militaires (à commencer par celles des stocks d’armes et munitions, ainsi que les formations de soldats : « Si vis pacem, para bellum« …), tant en Europe qu’en France même, de la si présente, donc, pour nous aussi, Européens et Français, guerre d’Ukraine –,
    à laquelle a aussi brillamment contribué par sa présentation excellemment détaillée le général Gilles Robert, membre résidant de l’Académie…
    …
    …
    Un moment assurément mémorable, par conséquent, aussi, pour chacun d’entre nous qui écoutions,
    et admirions – et cela aussi est assez peu fréquent ; et « tout ce qui est beau est difficile autant que rare« , ainsi que clôt son « Ethique » le grand Spinoza…
    …
    …
    Ce vendredi 14 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Face au stupéfiant du réel, le souci de tenir-réponse-révélation crépitant de la poésie : un entretien avec Jean-Paul Michel à la Station Ausone

    Vendredi 3 mai dernier,

    Jean-Paul Michel m’a fait la joie

    d’être son interlocuteur, à la Station Ausone,

    pour un entretien (vidéocasté, et podcasté, de 82′) présentant trois livres

    importants pour lui :

    …

    _ Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ les Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    _ et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier.
    …
    …

    C’est à ce qui vient, là,

    nous saisir-prendre,

    …

    face au réel

    _ présent (en personne, allais-je presque dire ! et nous défiant de le saisir-penser-pénétrer vraiment-connaître…) ;

    ou à l’expérience implacablement marquante de son puissant souvenir, du moins,

    aussi formidablement vivant pour nous, alors, que présentement extrêmement actif encore,

    et terriblement incitatif ! en son défi, justement ! _,

    …

    que la poésie _ c’est-à-dire le poème lui-même qui survient,

    ou plutôt survenant, le poème ;

    car c’est au participe présent que toute la grâce de l’opération en nous,

    et par nous qui le pensons et l’écrivons,

    est en train de se passer… _

    …

    que la poésie-le poème

    tente de _ s’essaie à,

    en un certain affolement (inspirant, si l’on veut) vertigineux de tous nos sens,

    quasi asphyxiant pour le souffle, nous respirons à peine,

    à tenter de saisir-capter-retenir-faire revenir un peu, là, sur le champ ;

    mais c’est aussi extraordinairement euphorisant

    et transportant-élevant-envolant ! _ ;

    …

    que le poème

    tente de donner

    _ et puis donner à partager à quiconque, en suite, sera en situation (tellement improbable et si rare a priori, comme a posteriori ) de l’écouter, ou le lire vraiment,

    en s’y branchant entièrement, de tous les sens de son corps (pris, le corps, en l’acception la plus large)

    à son tour… _

    …

    l’incandescente réponse _ le feu à survenir-retrouver-recouvrer-raviver

    des braises qui reposaient-dormaient-veillaient, là, encore timidement et humblement, sous la cendre, de la parole captée au vol

    parce que tant bien que mal, et avec les moyens disponibles, de bric et de broc !, du bord

    (soient les ressources vives du langage, pour ce qui est du poème),

    cette parole prononcée

    enregistrée ou écrite : gardée _

    …

    de son _ propre _ feu à lui 

    _ en tentative désespérée de réponse au feu premier

    d’un incroyable (incalculé) moment du réel survenu et éprouvé, et puis ressouvenu, conservé,

    de ce qu’il faut bien nommer, probablement improprement, une expérience poétique subie

    et en même temps un peu cultivée aussi ; et nous défiant :

    car on apprend quand même, et plus ou moins à son corps défendant,

    à s’y faire un peu, et tant bien que mal ;

    car parfois aussi (voire souvent) ça rate !.. Il faut recommencer !

    Mais c’est toujours midi, le grand midi, midi le juste ! qui vient sonner,

    quand nous osons essayer de répondre si peu que ce soit à ce défi-là…

    …

    que le poème

    tente de

    donner

    l’incandescente réponse

    de son feu à lui

    …

    musicalement noté…

    …

    …

    Car « ça crépite sous les pylônes« ,

    …

    pour retenir _ et glorifier un peu : avec forcément humilité _

    le mot si juste _ comme toujours _ de l’ami Pierre

    Bergounioux…

    …

    …

    Et il arrive, mais oui, parfois,

    que ça « matche« …

    …

    …

    Ce mardi 14 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa