Étiquette : Cristiano Gaudio

  • Bach ardent expérimentateur des limites : l’enthousiasmant CD « Bach on the Edge » du jubilatoire Cristiano Gaudio au clavecin…

    C’est un Bach ardent expérimentateur des limites que sait nous faire découvrir et admirer le très enthousiasmant CD Arcana A 595 « Bach on the Edge – A sélection of harpsichord works » – enregistré à Montecastelli Pisano du 13 au 16 mai 2024  – d’un jubilatoire Cristiano Gaudio – né à Bassano del Grappa en 1995 – au clavecin…

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    À Cristiano Gaudio, et à propos de comparaisons entre Domenico Scarlatti (1685 – 1757) et Georg Friedrich Haendel (1685 – 1759) s’étant « affrontés » lors d’une célèbre joute à Rome au clavecin et à l’orgue,  j’avais consacré une bonne moitié de mon article du 11 novembre 2021 intitulé « Le tout récent merveilleux CD « Scarlatti – Händel » de Pierre Hantaï salué comme il le mérite… » en commentaire d’un article de Jean-Charles Hoffelé intitulé « LE SOIR ET LE JOUR » dans lequel cet excellent critique comparait les brillantissimes CDs Mirare MIR 560 « Händel – Scarlatti » de Pierre Hantaï, et L’Encelade ECL 2003 « Händel vs Scarlatti » de Cristiano Gaudio…

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    Le nom de Cristiano Gaudio apparaît aussi, cette fois en tant que claveciniste au sein de l’Ensemble La Centifolia, dans mon article du 25 février 2026 intitulé « Se ré-enchanter aux sublimissimes « Sonates du Rosaire » (1678) de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644 – 1704) en un sidérant double CD Glossa de Leila Schayegh et La Centifolia…« … 

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    Son nom ne m’est donc pas inconnu, et même très favorablement connoté…

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    Or voici qu’hier 8 juillet, le blog Discophilia du bon Jean-Charles Hoffelé vient de consacrer un article intitulé « Parcours libre » à ce nouvel opus de Cristiano Gaudio « Bach on the Edge – A sélection of harpsichord works » qu’est ce CD Arcana A 595… Qui m’amène à me rendre chez mon disquaire préféré, où je constate qu’il dispose d’une étiquette « Le choix des disquaires« …

    Et rendu à mon domicile, je suis saisi dès ma toute première écoute par le jeu superlatif – de vivacité mieux qu’exultante autant que de la plus délicate subtile poésie… – de Cristiano Gaudio, dès la « Chromatic Fantasia and Fugue in D miner, BWV 903 » aux plages 1 et 2, et la « Sonata in D minor, BWV 964« , aux plages 3 à 6 ;

    un jeu qui me rappelle à la fois les jeux flamboyants de Francesco Corti – dont Cristiano Gaudio a été l’excellent élève – et de mon cher Pierre Hantaï, capables de faire dresser les morts hors de leurs cercueils…

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    Admirez-le en cette vidéo (de 6′ 37),

    et cette vidéo (de 4′ 06)…

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    Ce jeudi 9 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se ré-enchanter aux sublimissimes « Sonates du Rosaire » (1678) de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644 – 1704) en un sidérant double CD Glossa de Leila Schayegh et La Centifolia…

    Lors de nombreuses parutions d’enregistrements discographiques des merveilleuses « Rosenkranzsonaten » de Heinrich Ignaz Franz Biber (Wartenberg, 1644 – Salzbourg, 1704), depuis celui, éminemment marquant, de Reinhard Goebel pour Archiv Production – enregistré à Cologne au mois de janvier 1990 – , j’ai régulièrement  consacré divers articles sur mon blog à ces CDs,

    le plus récent de ces articles étant celui du 24 février 2023 « Une nouvelle enthousiasmante interprétation des fameuses Sonates du Rosaire, du grand Heinrich-Ignaz-Franz Biber, soit le double CD des « Mystery Sonatas », par Amandine Beyer et Gli Incogniti… » pour l’interprétation d’Amandine Beyer en son double CD Harmonia Mundi HMM 902712.13…

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    Et voici que la très excellente violoniste Leila Schayegh vient de nous offrir, avec de sublimes violons – au nombre de 4 : son Andrea Guarneri (Crémone, 1675) et son Dmitri Badianov (La Haye, 2023), et deux Jakobus Stainer (Absam, 1654 et Absam, 1655) qui lui ont été prêtés pour cet enregistrement… – , avec l’ensemble La Centifolia – constitué ici d’Alberto Gaspardo à l’orgue, Cristiano Gaudio au clavecin, Daniele Caminiti au théorbe et à l’archiluth, Brigitte Gasser au liront, et Federico Abraham, au G violone, intervenant selon les réquisits (et les choix de Leila Schayegh) des 15 Sonates réclamant la participation d’un continuo ; l’ultime 16e Sonate, Passagaglia, étant , elle, a violino solo… – , un sidérant double album Glossa GCD 924208 « Rosenkranzsonaten » – enregistré au Kloster Fischinger au mois de novembre 2024 – , d’une stupéfiante mystique intériorité – probablement pour satisfaire les goûts du très exigeant prince-évêque de Salzbourg, Maximilian Gandolf, comte von Kuenburg (Graz, 1622 – Salzbourg, 1687), distincts de ceux du précédent magnifique employeur, intensément mélomane, de Biber, à Olmütz et Kremsier, le flamboyant évêque Carl II von Liechtenstein-Castelcorn (Glatz, 1623 – Olmütz, 1695)…  – , dont Leila Schayegh s’explique superbement dans le détail passionnant du livret, aux pages 14 à 18…

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    Mais, ayant procédé à une écoute comparative de l’extraordinaire Passagaglia conclusive, a violino solo, par Leila Schayegh – ni podcast ni vidéo disponible pour le moment… – , d’une durée de 9′ 15, en novembre 2024, par Amandine Beyer – écoutez ici – , d’une durée de 7′ 50, en septembre 2022, et par Hélène Schmitt – écoutez ici – d’une durée de 10′ 35, en septembre 2014, en son extraordinaire double album Aeolus AE – 10256,

    il me faut avouer que ma préférence va à l’interprétation d’une sensualité mystique encore plus sidérante de la merveilleuse Hélène Schmitt…

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    Ce mercredi 25 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le tout récent merveilleux CD « Scarlatti – Händel » de Pierre Hantaï salué comme il le mérite…

    Hier même 10 novembre,

    à l’occasion de mon plaisir de célébrer les joies que procureur le splendide CD des « Grands Motets sur le Cantique des Cantiques » de Pierre Robert,

    que vient  de publier l’intéressant label Château de Versailles – Spectacles,

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    j’évoquais aussi, très brièvement, et au passage,

    en ajoutant, surtout que je ne manquerais pas d’y revenir bientôt _ cf mon article  _,

    le génie admirable de l’interprétation _ toujours (ou presque) si parfaitement juste, sans hystérie ni virtuosisme _ de l’ami Pierre Hantaï…

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    Je ne croyais pas si bien dire,

    puisque l’article de ce jour de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

    joliment intitulé « Le Soir et le jour« ,

    vient saluer comme il le mérite ce splendide CD « Scarlatti – Händel« de Pierre Hantaï ;

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    et vient me donner l’occasion, justement, d’y revenir tout de suite…

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    Voici donc cet article :

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    LE SOIR ET LE JOUR

    Scarlatti et Haendel se croisèrent _  physiquement ; et musicalement… _ plusieurs fois, à Londres, à Venise, et à Rome où le cardinal Ottoboni les réunira le temps d’une joute _ célèbre _ de claviers. C’est que le jeune Haendel éblouissait autant par ses talents de claviériste, plus même à l’orgue qu’au clavecin, que ne le faisait ce diable de Scarlatti. Les destins de leurs œuvres se croisèrent _ oui _, au moment où Scarlatti abandonnait pour le seul clavecin de sa chère princesse portugaise _ Maria-Barbara : à Lisbonne, puis Séville, puis la cour de Madrid, une fois devenue reine d’Espagne… _ l’opéra dont il avait hérité la veine lyrique de son père Alessandro, Haendel délaissait son clavecin pour mettre tout son art au service de la scène. De tout cela, Gaëtan Naulleau, dans un texte épatant, nous conte _ pour le livret de ce CD _  le détail, contrepoint éclairant au disque où Pierre Hantaï réunit _ mais pas gratuitement… _ les deux objets de ses amours.

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    Voici enfin confrontés ces deux diables de l’instrument à cordes pincées. Pas forcément dans l’idée d’une joute comme l’avait voulue Ottoboni, chez lui _ Pierre Hantaï _ la virtuosité _ et très heureusement ! _ reste invisible, dès le grand geste qui ouvre l’Ouverture d’Il Pastor fido qu’il a transcrite à son propre usage, c’est le génie _ dramatique : et Händel en est un maestro… _ du théâtre qui paraît, nous entraînant dans un univers flamboyant _ oui : Hândel a, en effet, le génie d’enflammer…. La grande Suite en ré mineur apporte une touche de _ douce _ nostalgie française, sentiments mis en musiques ; les trois Sonates de Scarlatti qui y répondent sont des feux d’artifice (la K. 24, littéralement ébrouée), mais Pierre Hantaï y met tant de musique, jusque dans les effets de fandango de la K. 429, que la pyrotechnie n’en est _ très heureusement _ plus le sujet : un génie musical répond à un autre _ voilà !

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    Le ton réflexif de la Suite en mi majeur apporte des ombres _ oui _, le claveciniste lui donnant une ampleur qui fait songer à Bach, et rappelle à quel point les œuvres de clavecin de Haendel furent tenues en estime de son vivant. La nuance française qui _ à nouveau _ charme tout au long de l’Air et variations ne croit-elle pas déjà apercevoir Mozart ? Les sonneries de la Sonate K. 443, les « emberlificotements » de la K. 12 et même les pas dansés de la Sonate en si bémol majeur ne font pas oublier le ton nostalgique de l’admirable _ oui _ Cantabile. Est-ce le si beau clavecin de Jonte Knif d’après des instruments allemands du XVIIIe siècle, prêté par Olivier Fortin, qui apporte un éclairage un rien mélancolique _ anticipant en quelque sorte ce que Mozart rendra bientôt de la vraie joie… _ à ce disque si amplement respiré, une nuance vespérale _ voilà _ aux danses et aux saillies scarlatiennes ? Où bien l’ombre de Gustav Leonhardt _ qui ne jouait jamais le trop théâtral à son goût Händel _ venu écouter son élève dans cette église d’Haarlem qu’il fréquenta si souvent ?

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    La joute, vous la trouverez _ en revanche _ dans l’album spumante que le jeune Cristiano Gaudio signe pour L’Encelade. Deux clavecins, celui déduit par Bruce Kennedy d’après Mieke pour les opus de Haendel, et toujours du même facteur, une solaire création d’après des modèles italiens du XVIIe siècle.

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    Virtuose _ lui _ dès l’entrée, le jeune homme nous précipite dans une des Toccatas du Manuscrit de Bergame, aux folies de laquelle William Babell a ajouté une pincée d’épices supplémentaires. Ces Toccatas diaboliques rythmeront un album fulgurant où s’invite un Scarlatti résolument ibère qui saisit dans son instrument transformé en guitare les musiques des rues et des champs, culminant dans les formules obstinées de la Sonate K. 43.

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    Une merveille signée Haendel lui succède, celle en forme de capriccio, la HWV 483, Toccata lente. Aussi brillant que soit le disque, aussi tonique que paraisse le jeu de ce jeune virtuose formé par Olivier Baumont et Francesco Corti, et même si dans une première écoute l’album semble pencher du côté de Scarlatti, le jeune homme atteint une dimension poétique dans la Suite en fa majeur de Haendel, et c’est encore chez Haendel qu’il prend sa plume pour transcrire l’aria parfaite de l’Adagio d’une Sonate pour violon en la majeur, preuve qu’il a plus d’une corde à son art. Et si demain il nous mariait Bach et Couperin ?

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    LE DISQUE DU JOUR

    Georg Friedrich Haendel(1685-1759)

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    Il pastor fido, HWV 8a (extrait : Ouverture, arr. pour clavecin : P. Hantaï)
    Suite en ré mineur, HWV 437
    Suite en mi majeur, HWV 430, « The Harmonious Blacksmith »

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    Domenico Scarlatti
    (1685-1757)

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    Sonate en mi mineur, K. 147
    Sonate en la majeur, K. 24 (Presto)
    Sonate en la majeur, K. 429 (Allegro)
    Sonate en ré majeur, K. 443 (Allegro)
    Sonate en sol mineur, K. 12 (Presto)
    Sonate en sol mineur, K. 546 (Cantabile)
    Sonate en si bémol majeur, K. 16 (Presto)

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    Pierre Hantaï, clavecin

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    Un album du label Mirare MIR560
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    Georg Friedrich Haendel(1685-1759)

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    Toccata VI en ut majeur
    (extrait : attr. William Babell)

    Toccata XI en ut mineur
    (extrait : attr. William Babell)

    Sonate (Allemande) pour clavecin en la mineur, HWV 478
    Toccata IX en sol mineur, HWV 483 (extrait : attr. William Babell)
    Suite pour clavecin en fa majeur, HWV 427
    Toccata I en sol majeur (extrait : attr. William Babell)
    Chaconne en sol majeur, HWV 435
    Sonate pour violon en la majeur, HWV 372 (extrait : I. Adagio, arr.: Gaudio)

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    Domenico Scarlatti (1685-1757)

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    Sonate en fa majeur, K. 82 (Fuga)
    Sonate en fa mineur, K. 69 (Presto)
    Sonate en ut mineur, K. 32 (Aria)
    Sonate en ut mineur, K. 64 (Gavotta Allegro)
    Sonate en sol mineur, K. 43 (Allegrissimo)
    Sonate en ut majeur, K. 33
    Sonate en ut majeur, K. 53 (Presto)
    Sonate en ut majeur, K. 86 (Andante moderato)
    Sonate en ut mineur, K. 84
    Sonate en ut mineur, K. 58 (Fuga)

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    Cristiano Gaudio, clavecin

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    Un album du label L’Encelade ECL2003
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    Photo à la une : le claveciniste Cristiano Gaudio – Photo : © Julian Bowen Levendusky

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    Ce jeudi 11 novembre 2021, Tutus Curiosus – Francis Lippa