Étiquette : cruauté

  • Des mérites comparés de ce qu’apprend vraiment d’un livre une vidéo brève (de 9′) de monologue de son auteur et une vidéo longue (de 45′) de vrai dialogue de l’auteur avec un interlocuteur compétent et qui a vraiment lu le livre, en long et en large, sur lequel ils vont ouvertement échanger…

    Ce mercredi matin 16 septembre 2026,

    et en complément illustré par 2 vidéos à mon article d’hier « Un courriel à l’ami bruxellois Pascal Chabot, en avant-propos à mon article détaillé à venir sur son très essentiel « Nos vies encapsulées – Quel devenir pour l’humanité ? » : de l’art d’apprendre (et enseigner) à combiner harmonieusement l’utile, commode, et le subtil, fondamental, avec la plus délicate et désirable, et jubilatoire, justesse…« ,

    je désire méditer ce matin sur les mérites comparés de ce qu’apprend vraiment, vraiment, d’un livre une vidéo brève (de 9′) de monologue de son auteur – l’ami Pascal Chabot présentant son passionnant et très riche « Nos Vies encapsuléées – quel devenir pour l’humanité ?«  , paru le 27 août dernier aux PUF… – et une vidéo longue (de 45′) de vrai dialogue un peu développé et beaucoup plus détaillé de l’auteur avec un interlocuteur compétent et qui a vraiment lu le livre, en long et en large, sur lequel ils vont ouvertement échanger… – ici le philosophe Olivier Jacquemond (né à Paris le 17 novembre 1980), vrai lecteur patient et vraiment attentif de ce si riche et très important livre de Pascal Chabot, bruxellois, né à Liège en 1973…

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    Dans un cas, un résumé squelettique de la part de l’auteur, pressé – pressuré ! – qu’il est par la brièveté du temps trop chichement accordé (9′) pour l’enregistrement compté et prédéterminé de la vidéo de présentation de son livre;

    dans l’autre cas, une investigation vraiment ouverte sur l’altérité en dialogue de l’interlocuteur et de l’auteur, à partir d’abord des questions qui sont venues à l’esprit du lecteur très très attentif – et très compétent, et lui-même curieux… – du livre, et dont bénéficie le vagabondage en partie improvisé issu des questions venant à l’esprit des deux interlocuteurs se répondant l’un l’autre, sans pré-méditation, sur le vif de leur dialogue ouvert, que nous offre la vivante détaillée vidéo (de 45′)…

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    Une durée ouverte et libre d’entretien important beaucoup, beaucoup, pour commencer à pénétrer un peu vraiment en les arcanes du travail ouvert de penser de l’auteur, déposé en ce livre, et amener, à sa suite, le regardeur-auditeur, potentiel lecteur à venir, à sa suite, à désirer à son tour se plonger dans la traversée-aventure de lecture du livre ; ce qui est la fonction effective de la diffusion de tels entretiens…

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    Dans un cas, il s’agit de simple communication informative – de l’ordre, le temps hélas pressant, du résumé trop rapide, qui énumère plutôt des thèmes généraux que des thèses un peu précises et vraiment fouillées, ouvrant sur une vraie singularité de ce qu’apporte vraiment le livre… – qui court au plus pressé, même de la part de l’auteur du livre ;

    dans l’autre, d’un premier début d’analyse un peu, déjà, détaillée, de ce qu’il y a de vraiment marquant dans le livre, à partir de détails relevés par la lecture de l’interlocuteur compétent qui a pris soin de vraiment lire et relire – peut-être plusieurs fois en entier le livre – , par confrontation improvisée, là sur le champ, des regards et paroles de l’auteur et de son interlocuteur compétent – et si possible empathique, en confiances respectives, qui ouvrent bien des chemins… –, telle une illustration des incomparables mérites de la véritable curiosité attentive et exploratrice, et de l’ouverture irremplaçable à l’altérité – voilà ! – de chacun des deux interlocuteurs de l’entretien sur le vif de leurs écoutes (et lectures) respectives ; l’auteur continuant d’apprendre ainsi – mais oui ! – de ce qu’avait relevé de son penser sa propre écriture…

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    D’où mon attachement personnel à l’entretien en présentiel – comme ils disent – en une durée suffisante pour se permettre d’aller un peu fouiller dans les coins des phrases les plus singulières du livre…

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    Plusieurs fois en ses admirables, et de plus en plus longs et détaillés – au 3e livre ! – , Essais – le mot dit déjà tout : essayer, s’essayer, rechercher : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier » et un souffle de vie pour continuer de penser et écrire… – , Montaigne réaffirme, au passage, sa très simple détestation des résumés – et de la simple squelettique communication.

    Ce qui n’a en rien nui au prodigieux succès, immédiat, de son livre – irrésumable ! – une fois publié, au point même, avec son lecteur anglais Francis Bacon, de fonder le genre de l’essai… Même si à ce moment de l’histoire de la culture et du livre, le lectorat était forcément limité, et de qualité…

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    Et j’ai plaisir à rappeler ici la vidéo (de 64′) de mon entretien à la Station Ausone – de la librairie Mollat à Bordeaux – le 22 novembre 2022 avec l’ami Pascal Chabot sur son Avoir le temps : Essai de chronosophie, ainsi que Après le progrès et Les sept stades de la philosophie et Global burn-out et L’Âge des transitions et Exister, résister _ ce qui dépend de nous et Traité des libres qualités…

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    Ces temps-ci ne sont hélas guère propices ni à la générosité, ni à l’ouverture à l’altérité …

    Mais ne perdons pas notre part d’optimisme quant au « devenir » un peu plus humain, moins cruel – selon le critère très justement privilégié par Pascal Chabot – de l’humanité : à construire de mieux en mieux, plus que jamais, par nos efforts et œuvres personnels et collectifs, contre vents et marées contraires…

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    Ce mercredi 16 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’élégance si juste et si vraie _ à la Marivaux, toujours… _ d’Emmanuel Mouret dans un très épatant « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait »…

    Il y avait longtemps que je n’avais regardé _ et toujours avec un si grand plaisir ! _ un film de ce cinéaste que décidément j’aime toujours beaucoup

    _ sur cette profonde afición envers l’œuvre cinématographique d’Emmanuel Mouret, consulter mes précédents articles, des 17 août 2008 : « «  ; 3 juillet 2009 : «  » ; 7 juillet 2009 : «  » ; 18 avril 2012 : «  » ; et 21 avril 2012 : «  » …  _,

    Emmanuel Mouret

    _ j’avais stupidement laissé passer, et pour des raisons qui totalement m’échappent (!), ses films suivants : « Une autre vie« , en 2013 ; « Caprice« , en 2015 ; « Mademoiselle de Joncquières« , en 2018 (mais je viens d’en commander le DVD) ; et ce « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait« , en 2020 ; et très prochainement, courant janvier 2023, paraîtra le DVD de son tout récent, en 2022, « Chronique d’une vie passagère » : je l’attends donc impatiemment… _

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    en l’occurrence son assez récent (en 2020) « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait« …

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    Un film que je situe entre son merveilleux inaugural  « Un baiser, s’il vous plaît !« ,

    et le très intéressant court-métrage _ marivaldien _ présent dans le DVD de ce « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait »,

    intitulé, lui, « Le Consentement« …

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    Du film, lire l’assez juste commentaire qu’en donne Critikat, en un article, en date du 15 septembre 2020, déjà, de Jean-Sébastien Massart, intitulé, probablement un peu restrictivement, « Un Rohmer; s’il vous plaît« …

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    15 septembre 2020
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    Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait

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    LES CHOSES QU’ON DIT, LES CHOSES QU’ON FAIT

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    de Emmanuel Mouret© Pyramide Distribution

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    Vive le cinéma si profondément juste d’Emmanuel Mouret !

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    Ce mercredi 21 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Cosi de Chéreau en DVD

    Regarder et écouter un opéra de Mozart _ même en DVD _

    est d’un plaisir extrême.

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    Ainsi en va-t-il pour moi du DVD de Cosi fan tutte de Patrice Chéreau,

    qui m’est tombé sous la main,

    avec une direction musicale de Daniel Harding,

    et enregistré au Festival d’Aix-en-Provence en juillet 2005.

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    Les Mozart-Da Ponte, déjà, sont merveilleux de mouvement et de subtilités-finesses.

    Mais Chéreau y ajoute sa touche de cruauté terrible

    en son regard sur les rapports humains…

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    On se souvient de La Reine Margot,

    et plus encore de la fascination d’Intimité...

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    Alors, là, avec le Mozart-Da Ponte,

    tout s’enflamme !

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    A comparer avec la lecture qui en fut faite, en son temps,

    sur le site de Res Musica, par Nicolas Pierchon, le 17 septembre 2006 :

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    COSÌ FAN TUTTE SELON PATRICE CHÉREAU

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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Così fan tutte.

    Mise en scène : Patrice Chéreau ;

    Décors : Richard Peduzzi ;

    costumes : Caroline de Vivaise ;

    Lumières : Bertrand Couderc.

    Avec : Erin Wall, Fiordiligi ; Elīna Garanča, Dorabella ; Stéphane Degout, Guglielmo ; Shawn Mathey, Ferrando ; Barbara Bonney, Despina ; Ruggero Raimondi, Don Alfonso.

    Arnold Schönberg Chor (chef de chœur : Jordi Casals)

    Mahler Chamber Orchestra, direction : Daniel Harding.

    Réalisation : Stéphane Metge.

    Filmé au Festival d’Aix-en-Provence, 7, 17, 21 et 23 Juillet 2005.

    Sous-titrages en anglais, allemand, français, espagnol et italien.

    2 DVD Virgin Classics 0094634471695.

    Toutes zones. 89’et 90’

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    Pas de décor. Comme si tout n’était pas encore prêt au moment de la première. Fiordiligi et Dorabella semblent répéter leur « Ah guarda sorella ». Peut-être est-ce la générale. Elles sont déjà en costumes, mais pas encore dans un décor. Elles commencent à chanter sans avoir en main les indispensables médaillons qui représentent leurs fiancés et qu’elles sont censées se faire admirer l’une à l’autre. Vite un accessoiriste leur distribue des médaillons au cours de l’aria ! C’est une répétition, pas une représentation (mais l’accessoiriste est en costumes, alors est-ce une vraie représentation ? Difficile à dire…). Nous sommes dans les coulisses d’un théâtre italien. Des cintres, un panneau « Vietato fumare », des échelles, un peu de crasse. On sait que dans Così fan tutte Fiordiligi et Dorabella sont deux jeunes filles manipulées par Despina, leur servante et Don Alfonso, un ami de leurs fiancés. Mais là, elles ne sont pas sur scène, elles ne jouent pas un rôle. Et c’est peut être dès l’instant qu’une certaine gravité pèse sur cette vision de Così. Difficile de ne plus plaindre ces jeunes filles. Si elles ne jouent pas, elles sont alors vraiment le jouet des deux manipulateurs. Dès l’instant, le Così de Patrice Chéreau est celui de l’amertume, de la désillusion. Et si tout cela n’était pas qu’un jeu ? Si, au-delà du plaisir de la musique, Mozart délivrait comme vérité supérieure une leçon morale ? L’inconstance comme règle universelle de l’être humain. Così fan tutte, elles font toutes ainsi. Toutes ? Passe pour Despina qui ne cesse de pousser ses jeunes maîtresses à l’infidélité. Passe encore pour Dorabella qui l’écoute. Mais même la candide Fiordiligi succombera au charme d’un albanais et oubliera son fiancé Guglielmo. Les deux amants ne sont pas non plus innocents dans la vision de Chéreau, et Despina ne pousse pas ses maîtresses à l’infidélité par légèreté mais semble s’y acharner par malice. Au finale du I, Alfonso, Despina, Guglielmo et Ferrando marchent en ligne d’un air menaçant vers les deux sœurs. Plus personne n’est irréprochable. Dans cette optique, pourquoi ne pas suivre la lecture de Chéreau ? Mais ne cherchez plus alors le lieto fine… On pense à Musset, lorsqu’il fait dire à Perdican dans On ne badine pas avec l’amour que « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ».

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    Deux histrions tirent les ficelles de la comédie. Les rôles en sont confiés aux deux vedettes de la distribution. Ruggero Raimondi montre en Alfonso une fatigue évidente mais quel métier ! Ses talents d’acteur font oublier les aspérités vocales et l’usure du timbre. Il n’en est malheureusement pas de même pour Despina. Barbara Bonney déçoit, définitivement hors du rôle, ne montre que sécheresse, ornementation douteuse, prononciation exotique. La distribution des jeunes amants est équitable sans être exceptionnelle. Les deux sœurs sont bien caractérisées. Erin Wall est une émouvante Fiordiligi, malheureusement un peu lisse, très petite fille dans son jeu et qui manque terriblement de poids vocal. L’émission est difficile, l’aigu atteint péniblement, le grave absent. Reconnaissons-lui qu’elle sait être émouvante. Le « Come scoglio » reste malheureusement très en deça de ce que l’on est en droit d’attendre d’une grande scène mozartienne. La voix d’Elīna Garanča, aux formidables possibilités, donne l’impression d’une débauche de moyens pour un rôle comme celui de Dorabella. On la préfère dans les emplois rossiniens. Les deux chanteuses n’offrent pas moins de beaux personnages et sont crédibles l’une face à l’autre. Stéphane Degout, brillant mozartien et Shawn Mathey ne déméritent pas. Chez ce dernier la prononciation est encore nasale mais la prestation sincère et engagée. Son « Un aura amorosa » et ses piani délicats pourrait en remontrer à beaucoup d’interprètes du rôle.

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    La direction laisse songeur. Il y a de bonnes choses, tels ces tempi très tranchés et mœlleux cependant, ou l’attaque du « Bella vita militar » avec finesse et moins « pompier » que bien souvent. Mais aux instants de grâce succèdent des moments de grandes interrogations sur les choix de certains tempi. Assez critiquée, la direction se pose peut-être en compromis entre lecture baroque d’une vélocité étourdissante et classicisme dépassé. Restent certaines lenteurs étonnantes, voire dérangeantes, entre certains enchaînements.

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    L’image est superbe, le tout très bien filmé avec une intéressante concentration sur les détails. Que l’on adhère ou non au parti pris de Chéreau, on ne peut que louer de judicieux éléments de mise en scène, comme la présence récurrente d’Alfonso qui surveille depuis un balcon le bon déroulement de sa machination. La gravité de ce Così se retrouve dans la pseudo scène de mariage qui est tout sauf joyeuse et dans l’attitude des couples qui peinent à se reformer à la fin et ne se referaient peut-être tout simplement pas si Alfonso et Despina ne les y contraignaient.

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    Et pourtant… Così fan tutte ce n’est pas que cela. Si elles font toutes ainsi, le monde ne s’arrête pas de tourner. Il faut continuer à vivre et prendre les choses avec un peu de légèreté. N’est ce pas la conclusion de Don Alfonso ? Elles font toutes ainsi et pourtant il faut les épouser. Les deux sœurs ont été les premières victimes de leur infidélité, elles ne recommenceront plus. N’est-il pas dommage de ne pas laisser Perdican finir sa tirade ? « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées […] mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé ».

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    Ce mercredii 22 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • L’altérité de la personne de l’autre : pourquoi un tel abîme entre pratique et discours ?..

    A l’occasion du colloque à Bordeaux L’Âge classique dans les fictions du XXIe siècle,

    ce matin au Studio Ausone,

    deux communications d’universitaires auxquelles j’ai assisté :

    …

    La Carte de Tendre dans L’Eveil de Line Papin (2016), par Frédéric Briot ;

    La Chine dans La Blessure et la soif  (2009), par Laurence Plazenet.

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    …

    La communication de Frédéric Briot m’a au moins appris l’existence d’au moins trois Cartes de Tendre au sein de l’œuvre de Madeleine de Scudéry

    _ dont la plus célèbre, la seconde, se trouve dans son roman Clélie (10 volumes, publiés de 1654 à 1660) _ ;

    …

    alors que l’usage qui est fait de cette fameuse Carte, dite _ de façon bien erronée ! _ « du tendre« ,

    est d’un extraordinaire succès à travers les siècles ;

    et toujours aujourd’hui…

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    Il faudrait aussi s’interroger sur le succès, en 1668, des Lettres de la religieuse portugaise,

    et du thème des Bérénice de Racine et de Corneille…

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    La communication de Laurence Plazanet porte, elle, sur son propre roman, La Blessure et la soif, de 2009.

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    Et nous y apprenons que son goût, ici, pour la très grande estrangeté _ ou estrangèreté ? _ de la Chine (au XVIIe siècle,

    au moment très précis de la violente disparition de la dynastie des Ming ; en 1644, Pékin est conquise par les Mandchous)

    fonctionne, en la singularité de son imaginaire d’auteur de fictions _ à distinguer de ses fonctions (annexes) d’universitaire, prend-elle bien soin de préciser… _,

    comme un analogue de son goût pour l’estrangeté profonde _ et fascinante _ de l’augustinisme _ et du jansénisme de Port Royal _,

    exactement au même moment en France (sous la Fronde et ses suites) : de 1648 à 1662…

    …

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    Et la conférencière de citer comme exemple d’écrivain admiré par elle

    en ses méthodes comme en ses goûts d’écriture,

    Pascal Quignard _ dont elle a rencontré l’œuvre au moment du film Tous les matins du monde ; avant de la lire goulûment in extenso très vite…

    …

    …

    Il se trouve que j’ai moi aussi lu presque tout Quignard,

    du moins jusqu’à un certain moment _ celui (2009) du film Villa Amalia…

    Film et livre m’ont profondément agacé. Le charme était rompu.

    Cf mon article du 26 avril 2009 : 

    …

    …

    De même que j’ai fini par m’agacer de la thématique (de l’altérité _ sacralisée en paroles _) de François Jullien,

    que j’avais fait inviter à de nombreuses reprises chez Mollat et à la Société de Philosophie de Bordeaux,

    avant de m’apercevoir de la très profonde cécité _ narcissique ; et en actes… _ à l’autre de cet auteur…

    Les yeux se décillent. 

    …

    …

    A ma question sur les rapports entre son goût de la passion et le masochisme _ un mot électrique ! _, le sadisme _ qui évoque déjà le raffinement (extatique ! ) de cruauté de certains supplices chinois, au moins dans nos imaginaires… _, la pulsion de mort et les pulsions de vie _ et autres concepts freudiens ! _,

    …

    Laurence Plazanet a choisi de botter immédiatement en touche,

    en avançant que toute référence postérieure au XVIIème siècle

    tombait forcément hors de propos _ pour profond anachronisme ; et incapacité d’approcher la singularité historique et civilisationnelle visée par son approche documentaire extrêmement rigoureuse et poussée, mais aussi fictionnelle… _ pour elle…

    …

    Dont acte.

    Son dolorisme se trouve ainsi placé comme au-dessus de toute approche, et par conséquent hors d’atteinte.

    Dogmatiquement : il n’a pas à être _ confusément et hors de propos _ discuté.

    …

    J’ai trouvé cette position archi-romantique…

    …

    J’ai relevé aussi l’aveu de la conférencière de sa vive passion des ruptures…

    Ah ! bon…

    …

    Pour ma part, je préfère Montaigne à Pascal _ et Augustin et l’augustinisme _,

    et j’aime la subtilité sobre et infiniment fine de Marivaux.

    …

    …

    Ce jeudi 24 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa