Étiquette : Daniil Trifonov

  • Les bons souvenirs de Philadelphie de Daniil Trifonov

    En suite _ et confirmation _ de mon article  du 23 octobre dernier,

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    cet article-ci Bons souvenirs de Philadelphie

    de Jean-Charles Hoffelé

    à la même date

    sur son site Discophilia d’Artamag : 

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    BONS SOUVENIRS DE PHILADELPHIE

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    Le timbre d’argent qui ouvre le premier volet du chef-d’œuvre choral de Rachmaninov, Les Cloches, résonne dans l’aigu du clavier avant que tout le meuble n’y fasse résonner l’orchestre : le ténor prononce son « Entendez ! » magique : deux notes, puis une liesse de sons, mais quel génie ! dans cette transcription que la gourmandise de Daniil Trifonov pour tout ce que Rachmaninov n’aura pas écrit pour le piano lui aura commandé de placer en tête du second volume de son intégrale des Concertos.

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    J’avais un peu négligé le premier album, encore froissé par son épuisante et si métallique (la prise de son ?) intégrale des Etudes d’exécution transcendante de Liszt, j’avais tort, déjà dans les abymes maîtrisés du Deuxième Concerto, dans l’électricité fulgurante du Quatrième, il avait abandonné les façons, les manières, les singularités qui chez Chopin surtout lui faisaient trop dire « moi je », la direction classique et fusante de Yannick Nézet-Séguin, la présence pour ainsi dire philologique de l’Orchestre de Philadelphie, formation Rachmaninov par excellence depuis Stokowski et Ormandy, l’inspirant. Trifonov ajoutait la Suite que Rachmaninov avait tirée de la Partita pour violon BWV 1006.

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    Allez, le second volume est tout aussi éblouissant et peut-être même plus encore. Preste, drastique, d’une énergie assez folle dans le Finale, leur Premier Concerto est un modèle de style, ils y osent cette tension si particulière, un rien névrotique, qui rend la musique de Rachmaninov si addictive. Comme un postlude au Concerto, Trifonovajoute dans des teintes très sombres la transcription de Vocalise, façon de rappeler que l’échec rencontré par l’Opus 1 entraîna la dépression que l’on sait.

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    Le Troisième Concerto est une splendeur, une symphonie avec piano où Yannick Nézet-Séguin dore les paysages dépeints par les philadelphiens, lecture d’une cohérence, d’une ampleur, d’une simplicité surtout qui convoque le souvenir de la gravure du compositeur.

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    Le pianisme solaire de Trifonov y est aujourd’hui probablement unique : écoutez seulement le passage ornementé de l’Intermezzo, merveille pas entendue ainsi depuis le disque assez peu connu de Jorge Bolet et Ivan Fischer. Maintenant, il faut que je réécoute leur Rhapsodie sur un thème de Paganini. Irais-je cette fois encore à Canossa ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Sergei Rachmaninov
    (1873-1943)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en ut mineur, Op. 18
    Concerto pour piano et orchestre No. 4 en sol mineur, Op. 40
    Suite d’après la « Partita pour violon seul No. 3 en mi majeur, BWV 1006 » de J. S. Bach

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    Daniil Trifonov, piano
    The Philadephia Orchestra
    Yannick Nézet-Séguin, direction
    Un album du label Deutsche Grammophon 4835335

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    Sergei Rachmaninov
    (1873-1943)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en fa dièse mineur, Op. 1
    Concerto pour piano et orchestre No. 3 en ré mineur, Op. 30
    Les Cloches – extrait : I. Allegro ma non tanto (arr. Trifonov)
    Vocalise, Op. 34 No. 14 (arr. Trifonov)

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    Daniil Trifonov, piano
    The Philadephia Orchestra
    Yannick Nézet-Séguin, direction
    Un album du label Deutsche Grammophon 4836617

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    Photo à la une : le pianiste russe Daniil Trifonov – Photo : © DR

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    Ce samedi 26 octobre 2017, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Brillantissime Daniil Trifonov dans son flamboyant russo-américain voyage Rachmaninov

    Après un premier très brillant CD Rachmaninov,

    Variations (Deutsche Grammophon 00289  479 4970),

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    Daniil Trifonov

    nous livre un Destination Rachmaninov

    en deux volets-étapes :

    Departure (DG 00289 483 5335) ;

    et maintenant Arrival (DG OO289 483 6617) ;

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    comportant principalement les 4 Concertos pour piano

    _ op. 1, op. 18, op. 30 et op. 40 _

    du compositeur (1873 – 1943) ;

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    tous avec The Philadelphia Orchestra,

    et sous la direction _ souple et extrêmement vivante, elle aussi _ de Yannick Nézet-Séguin.
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    Le pianiste, comme l’orchestre, sont prodigieux de vie !

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    Quel merveilleux voyage !

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    Il me rappelle le flamboyant _ fantastique _ voyage _ et séjour _ russo-américain

    de Vladimir Nabokov,

    dans son étourdissant Ada, ou l’ardeur… 

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    Ce mercredi 23 octobre, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et à nouveau à propos du renversant CD Beethoven de Pavel Kolesnikov

    Á nouveau à propos du renversant CD Beethoven du prodige Pavel Kolesnikov

    _ cf mon article du 10 octobre dernier :  … _,

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    ce matin, et sur son site, l’article de Jean Charles Hoffelé : ÉTONNEZ-MOI,

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    avec cette même très jouissive impression musicale

    éprouvée et exprimée…

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    Étonnez-moi

    ÉTONNEZ-MOI

    Pavel Kolesnikov ne fait rien comme autrui _ sans rechercher quelque artificielle originalité d’interprétation ; non, il ressent autrement… Un disque Beethoven, oui, mais alors sans aligner trois ou quatre sonates, deux suffiront. Et quel choix ! _ et composition inventive de son programme ! La petite sol majeur, Op. 14 No. 2, pure pièce d’humeur, de fantaisie _ de plaisir _, qui permet au jeune pianiste de distiller des couleurs en estompe et de faire usage d’une pédale virtuose. Il faut entendre comment il compose les images sonores du Finale, ce presque rien où Haydn _ et tout son humour _ semble s’être invité.

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    Surprendre dans la Clair de lune semble _ en effet _ plus improbable, mais pourtant il y parvient _ et combien superbement !!! mais pas pour faire l’original… _ : il entend _ voilà ! _ le sostenuto noté par Beethoven pour l’Adagio comme un sostenuto rythmique, tempo rapide tel celui d’un astre lointain qui tournerait sur lui-même, le tout murmuré _ oui _ dans les feutres des marteaux, théâtre d’ombre pour une lune couleur d’amande, pâle, hivernale _ mais oui. Quelle vision _ voilà _ dans ce presque silence, si ce n’est pas d’un magicien _ en effet ! au pur service de la musique _, ce son-là ! L’Allegretto, posé, se regarde dans le miroir, mystérieux _ et fascinant _ avec ses rallentendos, étrange ! Lunaire. Alors que le Presto agitato est un galop _ beethovenien _ dans la brume.

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    L’album s’ouvre _ mais ce n’est pas du tout là simple rhétorique _ par quatre pièces brèves, ponctuations _ mais pas seulement ! _ dites avec une sorte de réserve, de distance, même dans les deux Allegretto assez pince-sans-rire. L’ombre de Haydn à nouveau ? Ou l’anticipation de quelque facétieux Schoenberg ? ou Webern ? En son centre, les Bagatelles Op. 33 étonnent par leur ton musardant, leur fantaisie sans nuage, quelque chose de lisse qui les met à cent lieux des fantaisies d’un Stephen Bishop _ que l’on apprécie tant, aussi. Interpréter est forcément acte d’ouverture de sa lecture. Et écouter aussi… Etrange là encore, mais fascinant _ oui !!! _, alors que les Variations sur un thème original manquent soudain d’incarnation : il ne faut pas avoir Gilels en tête _ autre grand lecteur de musique. Bémol mineur pour un disque majeur _ voilà _, qui me donne envie d’entendre Kolesnikov chez Haydn. Et ailleurs, tant son spectre de curiosité, je pense ici à son Louis Couperin au piano, comme à ses Mazurkas chopiniennes, est large… Cf mon article du 4 avril … Oui, nous sommes impatients d’écouter le prochain CD de Pavel Kolesnikov !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ludwig van Beethoven(1770-1827)
    Andante en ut majeur, WoO 211
    Presto en ut mineur, WoO 52
    Allegretto en ut majeur, WoO 56
    Allegretto en ut mineur, WoO 53
    Sonate No. 14 en ut dièse mineur, Op. 27 No. 2 “Clair de lune”
    7 Bagatelles, Op. 33
    Sonate pour piano No. 10 en sol majeur, Op. 14 No. 2
    32 Variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80

    Pavel Kolesnikov, piano

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    Un album du label Hypérion CDA68237
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    Photo à la une : Le pianiste Pavel Kolesnikov – Photo : © Colin Way

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    Sur la question de l’interprétation

    et de la place de l’interprète

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    face aux œuvres à interpréter

    et servir le mieux possible,

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    cf aussi cet article mien du 13 octobre dernier :

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    Ce mardi 23 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A nouveau la question de l’interprétation (et de l’interprète) : Daniil Trifonov et Sergei Rachmaninov

    Incontestablement,

    l’évidence de la puissance et de la sagacité de certains interprètes de la musique

    _ au concert, bien sûr, mais aussi au disque tel qu’il est enregistré _

    s’impose à nous ;

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    et ramène sur le tapis

    la question cruciale de la légitimité ou pas de l’interprétation _ et de sa part _ dans la simple réalisation sonore _ pour d’autres, comme pour soi-même, dans la solitude _ de la musique,

    telle qu’elle peut _ et plus encore a pu être _ être notée sur une partition,

    quand cette musique,

    jouée,

    n’est pas purement et simplement improvisée sur le champ,

    en une seule et unique à jamais

    performance _ absolument et définitivement irrépétable.

    …

    …

    Cette question vient de m’être plus ou moins posée

    _ retournée _

    lors de l’éloge que je viens de commettre,

    et diffuser _ à quelques amis mélomanes _,

    de l’interprétation par Pavel Kolesnikov de la sonate Au Clair de lune de Beethoven

    _ cf mon article d’il y a à peine trois jours, le 10 octobre dernier : … _ :

    …

     doit-on seulement remarquer _ et admirer, ou vilipender _ la plus ou moins grande singularité

    du jeu de l’interprète

    face à la qualité intrinsèque

    de l’œuvre

    voulue par son auteur : le compositeur-créateur ?

    …

    …

    La part de la virtuosité

    de l’interprétation

    s’enfle considérablement à l’époque des concerts romantiques,

    tout particulièrement avec les triomphes en salles

    que s’assurent un Liszt

    ou un Paganini…

    …
    …

    Ici, le virtuose

    que le mélomane,

    même à son corps défendant

    _ eu égard au culte qu’il voue à la création de l’oeuvre par le compositeur _

    ne manque pas d’admirer

    _ voire vénérer, à son tour _,

    …

    est

    Daniil Trifonov,

    …

    dans les Concertos pour piano n° 2 & 4 de Sergei Rachmaninov,

    …

    en un CD Deutsche Grammophon 483 5335

    intitulé Destination Rachmaninov – Departure ;

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    soutenu par The Philadelphia Orchestra,

    …

    tout aussi brillammente dirigé

    par Yannick Nézet-Séguin.

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    …

    C’est lumineux, et transportant !

    …

    …

    Déjà, j’avais été sidéré par de précédents CDs de Daniil Trifonov :

    …

    son Carnegie Recital,

    son double Transcendental (Liszt),

    son double Chopin Evocations…

    …

    …

    L’interpréte d’exception

    est

    _ à côté d’autres : plus fades et moins justes _

    celui qui nous fait accéder

    avec la plus grande évidence de lumière

    _ qui peut être, bien sûr, ombreuse, en maintes de ses parties… _

    de son jeu,

    …

    à l’œuvre même du créateur

    …

    en sa plus simple et forte

    _ qui peut aussi être très douce ; mais jamais plate ! _

    vérité.

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    J’aime Rachmaninov, mais oui.

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    Ce samedi 13 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et ce tweet,

    à propos de l’enthousiasme de mon article du 10 octobre 

    pour le CD Beethoven de Pavel Kolesnikov,

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    de la part de la librairie Mollat :

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