Étiquette : délicatesse

  • Musiques de joie : le délicieux bonbon fondant de la mélodie « A Chloris » de Reynaldo Hahn

    La mélodie française,

    pour poursuivre l’élan de mon inspiration d’hier à propos des saisissantes Nuits d’été de Berlioz

    _  _,

    est très souvent capable d’un charme fou, vraiment ;

    …

    avec la capacité de légèreté, tendresse, douceur, élégance

    et merveilleuse délicatesse,

    de l’art français.

    …

    J’en veux pour preuve quelques unes des mélodies de Reynaldo Hahn

    (Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1947),

    absolument délicieuses.

    …

    Par exemple _ et je ne m’en lasse pas _,

    sur un poème de Théophile de Viau (Clairac, 1590 – Paris, 25 septembre 1626),

    la merveilleuse À Chloris.

    …

    Dont m’a enchanté l’interprétation

    _ au tout premier abord un peu surprenante _,

    en un CD étonnant et magnifique, le CD Virgin Classics 50999 216621 2 6, intitulé _ d’après une très belle mélodie, aussi, de Camille Saint-Saëns _ Opium,

    de Philippe Jaroussky ;

    qui avait, pour l’occasion _ très heureuse ! _, troqué sa voix de haute-contre, pour celle de ténor léger :

    …

    son meilleur disque, à mon goût, tout du moins…

    …

    …

    Sur ce magnifique CD Opium de Philippe Jaroussky,

    …

    une autre très réussie interprétation

    d’une autre merveilleuse mélodie de Reynaldo Hahn,

    et sur un poème, cette fois, de Charles d’Orléans (Paris, 24 novembre 1394 – Amboise, 5 janvier 1465) :

    …

    Quand je fus pris au pavillon…

    …

    …

    Bien sûr, on trouvera des interprétations un peu moins surprenantes de ces deux mélodies,

    sur ces petits merveilleux chefs d’œuvre de la plus haute poésie française

    _ quel goût, déjà, de la part de Reynaldo Hahn ! _,

    …

    telle, par exemple, celle

    et celle encore

    de la magnifique Véronique Gens, en son très beau récital intitulé Néère,

    soit le CD Alpha 215.

    …

    …

    Reynaldo Hahn sait être prodigieusement simplement délicieux…

    …

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    Ce samedi 23 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la tendresse, à la française du très doux François Couperin

    François Couperin

    (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733)

    est un musicien tout à fait singulier.
    …
    La joie que sécrète sa musique,
    d’une délicatesse rare,
    est probablement la plus pure expression de la tendresse à la française…
    …
    J’ai choisi ici le Concert « dans le goût théâtral », de 1724,
    soit le huitième de ses dix Concerts dits des Goûts réunis,
    qui font suite à ses quatre premiers Concerts, dits Concerts Royaux.
    …
    Et dans l’interprétation,
    en 1973,
    de
    Sigiswald Kuijken, Lucy Van Dael, Janine Rubinlicht, violons,
    Wieland Kuijken, Sigiswald Kuijken, Adelheid Glatt, violes de gambe,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, Frans Brüggen, flûtes traversières,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, flûtes à bec,
    Bruce Haynes, Jürg Schaeftlein, Paul Dombrecht, hautbois,
    Hansjürg Lange, Milan Turkovic, bassons,
    et Robert Kohnen, clavecin.
    …
    Soit le CD RCA Victor GD 71968.
    …
    …
    Une joie tendre discrète, mais profonde…
    …
    Un répertoire succulent
    qu’on n’entend vraiment plus assez en ce XXIe siècle :
    pourquoi pareille si injuste désaffection ?
    …
    Voir aussi, pour l’exemple, cette vidéo d’extrait de concert.
    …
    …
    Ce vendredi 15 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musique de joie : Michele Mascitti (1664 – 1760), ou la gaîté heureuse d’un angélique violoniste napolitain installé à Paris en 1704, et protégé par le duc d’Orléans…

    C’est en 1997 que j’ai rencontré

    _ par hasard, sinon le fait de l’ouverture extra-large de ma curiosité _

    le charme de la gaîté communicative

    de la musique de Michele Mascitti (Villa Santa Maria (Chieti), 1664 – Paris, 24 avril 1760)

    …

    un musicien napolitain installé à Paris à partir de 1704

    _ protégé tout d’abord par le duc d’Orléans (et Régent en 1715), homme de très grand goût (1674 – 1723) ;

    puis, plus tard, par le richissime banquier Antoine Crozat (1655 – 1738) _

    …

    via un merveilleusement séduisant CD

    _ espagnol, Cantus _,

    le CD Cantus C 9610 de 6 Sonate da camera, op. II

    …

    par Fabrizio Cipriani, violon et Antonio Fantinuoli, violoncelle.

    …

    …

    Je n’ai jamais oublié le nom de Michele Mascitti,

    en dépit du silence de la plupart des médias

    non plus que du manque d’empressement et de l’inertie _ incompréhensible au mélomane passionné que je suis _ des éditeurs de CDs

    _ mais ce n’est pas cela qui m’arrête : je suis fidèle à ce que j’aime !

    …

    …

    Aussi n’ai-je certes pas manqué, à leur parution en 2008, onze ans plus tard,

    les 2 CDS

    édités en Pologne (par l’éditeur Acte Préalable)

    _ les CDS Acte Préalable APO 156 et 157 _

    comportant les 6 Sonate a violino solo col violone o cimbalo et les 6 Sonate a due violini, violoncello e basso continuo de l’Opera Prima

    de Michele Mascitti,

    …

    interprétées par l’Ensemble _ polonais _ Baroques-Graffiti

    …

    constitué des violons de Jaroslaw Adamus et Sharman Plesner,

    violoncelle de Frédéric Audibert,

    viole de gambe d’Agustina Meroño,

    violone de Jean-Christophe Deleforge

    et clavecin de Jean-Paul Serra.

    …

    …

    Cette fois, à nouveau, une musique merveilleuse

    de délicatesse, élégance …et simple et évidente joie !!!

    …

    une musique alliant merveilleusement les délicatesses du grand goût romain d’Arcangelo Corelli

    et les délicatesses subtilissimes du goût français…

    _ soit ce que François Couperin baptise alors « les goûts réunis« …

    …

    D’où un durable très grand succès avéré de la musique de Mascitti en France,

    sous les règnes de Louis XIV, du Régent et de Louis XV…

    …

    …

    On comprend d’autant mal, j’y insiste, le peu d’empressement des éditeurs de CDs

    à donner à partager au grand public des mélomanes

    une aussi séduisante et heureuse musique !

    …

    …

    En 2018, Arcana nous a gratifié d’un magnifique, à nouveau, CD Mascitti

    _ le CD Arcana A  111 _

    comportant 6 des 12 Sonate a violino solo e basso de l’Opera Ottava de Michele Mascitti,

    publiées à Paris en 1734,

    …

    par le Quartetto Vanvitelli,

    constitué du violon de Gian Andrea Guerra,

    du violoncelle de Nicola Brovelli,

    du violone de Matteo Cicchitti

    et du clavecin de Luigi Accardo.

    …

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    Et voici que vient de paraître ce mois d’avril 2020 (de confinement !)

    un nouveau CD _ Arcana A 473 _ de la musique de Michele Mascitti,

    à nouveau par le Quartetto Vanvitelli,

    et à nouveau chez Arcana :

    …

    l’Opera Nona, publié à Paris en 1738 :

    …

    VIDÉO

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    Ce que je découvre ce matin même en rédigeant cet article…

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    Une musique de profonde gaîté !

    à partager _ au moins grâce à mes liens ci-dessus aux podcasts et vidéos de youtube…

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    Ce dimanche 19 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos du Roma de Bernard Plossu : un très bel article de Fabien Ribéry

    Ce jour,

    mon ami Bernard Plossu m’a fait parvenir un superbe article de Fabien Ribery

    à propos de son superbe album, aux Éditions Filigranes,

    Roma.

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    Voyages à Rome, par Bernard Plossu, photographe

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    par fabienribery

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    © Bernard Plossu
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    « Tout au 50 mm en noir et blanc, effets interdits, vision pure, classique – moderne quoi !»
    Il y a le monde, oui, peut-être, gisant là comme un pantin effondré _ qui se découvre, ainsi donné et surtout saisi, au vol, en marchant voire dansant, en une sorte de sidération émerveillée, mais active et lucidissime : quel œil fantastiquement lucide que celui de Plossu ! _, et le monde _ aussi : quel plus ! délicieusement richissime, instantanément cultivé pluriellement, tout surgit immédiatement en ce regard… _ selon William Klein, Robert Frank, Walker Evans, Pablo Picasso, Jean Siméon Chardin, Giorgio Morandi, et Le Bernin, Borromini, Mimar Sinan _ c’est-à-dire le monde vu par bien d’autres artistes éclaireurs vivaces du regard (sur les espaces) ; et pas des moindres ; et des plasticiens d’abord (photographes, peintres, sculpteurs, architectes), mais pas uniquement ; la culture faite sienne par soi est nécessairement ouvertement plurielle (la musique y a aussi sa part, comme la cuisine, et les odeurs et les parfums, un peu typés ; comme les couleurs). La culture, ce sont des ponts, des voies, et pas des murs ou des remparts et fossés…
    Il nous faut Paul Cézanne pour approcher un peu ce qu’est une pomme _ certes ; et l’on connaît l’assidue fréquentation aixoise par Plossu de l’atelier de Cézanne au chemin des Lauves…
    Il nous faut Marcel Proust pour comprendre les mystères du temps _ merveilleusement retrouvé, repris, et travaillé, re-travaillé.
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    © Bernard Plossu
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    Il nous faut Le Christ voilé _napolitain _ de Giuseppe Sanmartino pour ne plus craindre de mourir totalement.
    Il nous faut Ordet de Carl Theodor Dreyer _ là, j’y suis un peu moins : Rome est ultra-catholique… _ pour recommencer à prier.
    Et il nous faut maintenant Bernard Plossu pour entrer à Rome _ entrer est magnifiquement choisi ! Entrer, et arpenter, ré-arpenter, joyeusement, à l’infini…
    Livre publié par Filigranes Editions – tirages de l’ami italianophile Guillaume Geneste -, Roma _ 1979 – 2009  _ est le fruit de trente ans d’arpentages _ ce mot qui me plaît tant ! cf mes 5 articles sur Arpenter Venise du second semestre 2012 : , , et … _, de déambulations, de flâneries amoureuses _ voilà _ dans la ville délicieuse _ on ne le soulignera jamais assez : quelles délectations nouvelles rencontrées à l’improviste chaque fois !
    …
    …
    voilà
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    © Bernard Plossu
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    Le regard est d’un passionné de cinéma (De Sica), de peinture (La Scuola Romana), de littérature (Andrea Camilleri _ mais plus encore les vraies romaines que sont Rosetta Loy et Elisabetta Rasy ! _), parce que la culture _ plurielle, formidablement, et sans casiers jamais clos : la culture vraie, ce ne sont que des ouvertures et des invites à regarder toujours mieux un peu plus loin et d’abord tout à côté ; et pas toujours fétichistement au même endroit et sous la même sempiternelle focale… _ n’est pas que l’apparat de la domination analysé par Bourdieu, mais un mode d’accès majeur _ voilà : accéder (et surmonter) n’est pas si courant, tant nous en barrent les clichés des copier-coller à l’identique de la comm’ _ à l’autre, à l’être, à soi _ oui : l’autre, l’être, soi : constitué de myriades de pièces s’ajointant (et s’enrichissant ainsi) à l’infini d’une vie vraiment ouverte.
    Ici, les ruines ne sont pas abordées comme un spectacle de délectation romantique _ à la Gœthe lors de son long séjour (de plus de deux années) romain : c’est seulement à la fin de son séjour que Gœthe en vient à s’affranchir enfin des clichés partagés ; cf mes articles des 22 et 23 mai 2009 :  et … Et en les relisant, je me rends compte que je m’y entretenais avec Bernard Plossu ! _, mais comme une source de vie _ oui ! _, une puissance _ éminemment constructive de joie bien effective _ existentielle _ à la Spinoza _, des directions sensibles _ à arpenter, step by step, toujours un petit pas plus loin ; cf le regard sur Rome du sublime L’Eclisse d’Antonioni (en 1962)…
    A Rome, malgré la vulgarité marchande effrayante (relire les Ecrits corsaires de Pier Paolo Pasolini _ cher à mon ami René de Ceccatty _ ; revoir Ginger et Fred, de Federico Fellini), nous pouvons ne pas être seuls, mais portés, aspirés, exaltés _ oui _, par des siècles de raffinement, de délicatesse _ oui _, de _ très _ haute civilisation.
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    © Bernard Plossu
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    Pour Plossu, Rome est un aimant, un amer, un amour : « Rome m’attire sans arrêt, j’y vais presque chaque année et je photographie en désordre _ oui _, surtout rien de systématique ni d’organisé ! _ bien sûr : en parfaite ouverture à l’inattendu du plus parfait cadeau de l’imprévu non programmé, qu’il va falloir saisir au vol de sa marche dansée, quand il va être croisé… Divin Kairos ! Quartier par quartier _ bien sûr : aux frontières-passoires étranges, par exemple celles du Ghetto du Portico d’Ottavia, avec sa fantastique pâtisserie… _, n’écoutant que mon instinct et surtout ma passion _ pour Rome _ : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps _ c’est un autre pan essentiel du goût de Bernard pour quelque chose d’essentiel de l’Italie _, de toutes les petites îles italiennes où je vais le plus souvent possible » _ et je suis impatient aussi de la publication à venir de ses regards sur les îles (surtout les plus petites : les plus îliennes des îles !) de la Méditerranée.
    A Rome, il y a les amis, installés ou de passage _ les Romains de longtemps, c’est tout de même mieux… _, le couple Ghirri, l’architecte Massimiliano Fuksas, Jean-Christophe Bailly, Patrick Talbot qui lui fait découvrir l’intégralité du _ sublime _ palais Farnèse _ pas seulement la galerie des Carrache _ (un cahier de plus petit format est inséré dans l’ouvrage), tant d’autres.
    Toute occasion, invitation, proposition, est _ certes _ bonne _ utile _ à prendre _ pour le photographe voyageur _, qui permettra d’effectuer _ voilà : œuvrer, et s’accomplir, en photographe de la plus pure et simple, non banale (à qui sait la percevoir et la capter), quotidienneté... _ de nouvelles photographies, de faire des découvertes _ voilà le principal ; en tous genres, et à foison !
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    © Bernard Plossu
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    Non pas d’épuiser le lieu _ ce qui est bien heureusement impossible : quel fou rêverait de cela ? _, mais de l’ouvrir toujours davantage _ et l’attention aux détails les plus particuliers des instants intensément ressentis, au passage si furtif du présent, mais ainsi saisis (par le pur instantané de l’acte photographique) en leur éternité, est ici tout particulièrement d’une richesse incroyablement profonde et infinie pour qui les regarde, ne serait-ce qu’un instant, ainsi vivifié-magnifié, maintenant… Voilà ce qu’apporte le regard sur le livre.
    Aucune grandiloquence _ superficiellement décorative et extérieure, répétitive _ ici _ non : rien que du singulier délicieux raffiné _, mais de l’intimité _ oui _, de la familiarité _ mieux encore _, du simple _ comme le plus chaleureux et fraternel de ce qu’offre une vie, notamment dans les rues _, comme dans un tableau du maître Camille Corot.
    Le sublime est un kiosque à journaux inondé de soleil, une devanture de magasin, un tunnel de périphérique, une moulure de cadre, une chaise, les longues jambes d’une passante, un pavé luisant, un if _ l’un après l’autre, et en une telle diversité : à l’infini de ce qui se prodigue si généreusement à qui passe ; tels les si incroyables merveilleusement imprévisibles, et surtout plus délicieux les uns que les autres, parfums des glaces de Giolitti, Via degli Uffici del Vicario, 40, peut-être le centre même du monde. A fondre de bonheur sous la langue… Il y a aussi les restaurants romains que connaît si bien ma fille Eve, pour avoir été romaine une année…
    Venant de Santa Fe, passé par le désert _ oui : le contraste est assez impressionnant, mais pas tant que ça, à un peu y réfléchir : il y a en chaque vie un côté de Guermantes et un côté de chez Swann… _, Bernard Plossu découvre à Rome _ et s’en réjouit à l’infini _ un summum de présence _ voilà : fémininine, généreuse, maternelle ! _, une énigme métaphysique _ offerte _ à sa mesure, une joie de Nouvelle Vague _ cinématographique aussi, en effet _ poursuivie jusqu’à aujourd’hui _ sauf que le cinéma italien a, lui aussi, maintenant, pas mal hélas décliné. Bernardo Bertolucci est décédé le 26 novembre 2018.
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    © Bernard Plossu
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    De la classe _ toujours : et à un point extraordinaire ! _ en pantalon moulant ou robe de soirée, de la piété _ aussi, et aussi populaire _, des palais _ à foison ; des églises aussi, même si le plus souvent fermées au public ; avoir la chance d’y pénétrer quelques instants, à l’occasion furtive de quelque messe ou cérémonie, se prend et reçoit avec gratitude comme un petit miracle…
    Des statues ont perdu leur nez, ou leur tête, ou leur phallus, si belles et fortes dans leur vulnérabilité même _ une richesse poétique du temps et de son œuvre ouverte.
    Cité du dieu unique des catholiques, Rome est aussi _ bien sûr _ païenne, polythéiste _ oui _, animée de mille entités de grande vigueur _ assurant sa pérennité.
    Le photographe la parcourt en tous sens _ bien sûr, Rome, elle aussi, est un labyrinthe : peu de voies qui soient tout uniment droites _ à pied, la regardant aussi de la vitre d’un train, d’un autobus, d’une voiture _ un dispositif très plossuien, intégrant (et surmontant) une dimension de défi à la vitesse, tout en étant protecteur : une distance demeure, hors viol. Et aidant au cadrage…
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    © Bernard Plossu
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    Rome est Cinecittà, kinésique, cinétique, cinématographique _ oui.
    Vous arrivez à Roma Termini _ ou à Roma Ostiense, parfois aussi : en plein cœur déjà de la Ville… _ mais tout ne fait pourtant que commencer, recommencer, reprendre vie _ voilà, avec éclat, mais sans excès de théâtralité : pas pour quelque galerie extérieure ! juste pour dérouler son propre innocent plaisir, sa joie… Ni vulgarité trash, ni affèterie, jamais, chez Plossu… _ dans la bande passante _ voilà _ de votre regard _ dont témoigneront quelques unes, heureuses, des milliers de photos alors prises.
    Un pyramidion, une arche, un parapluie _ oui.
    Des voitures, des escaliers, des jardins _ belles spécialités romaines, en effet.
    Des empereurs, des cyclistes, des naïades _ voilà ; les fontaines sont aussi une splendeur romaine…
    Comme dans ce que donnent à apercevoir de Rome, par exemple, les merveilleux Journal intime de Nanni Moretti (en 1993) et La Luna de Bernardo Bertolucci (en 1979).
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    © Bernard Plossu
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    Des rails et des murailles.
    Le Colisée _ sans y _ et ses lions.
    Les toitures et les chambres d’hôtel _ Bernard m’a fait cadeau d’un tirage d’une magique vue de nuit prise d’une fenêtre de sa chambre d’hôtel près de Sant’Eustacchio… Un quartier que j’idolâtre, moi aussi, autour du sublime Panthéon, et non loin de Navona.
    Les anonymes, le peuple, la rue _ si importants ici, en la noblesse sans apprêts de leurs allures chaloupées et rapides.
    Roma témoigne du corps de son auteur _ marchant, dansant, lui aussi _, d’un esprit _ ouvert _ sans cesse en mouvement, d’une volonté de voir _ vraiment ce qui passe, se croise, dans le plus vif de l’instant bientôt évanoui _, encore et encore, jusqu’à l’ivresse _ oui, comme en témoignent les photos qui restent. Bref, ce qu’offre Rome à qui s’est dépris des œillères des clichés.
    Roma _ le livre que, page après page, nous regardons _ traverse le temps, entre ici et là, regarde un arbre, une place, une foule, un prêtre, une femme.
    Roma ? Amor fati bien sûr _ en ayant le malicieux divin Kairos de son côté, avec soi : à la suite du regard de Bernard Plossu…
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    Bernard Plossu, Roma, 1979-2009, textes Alain Bergala, Patrick Talbot et Bernard Plossu, Filigranes Editions, 2019, 320 pages
    Filigranes Editions
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    © Bernard Plossu

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    Roma, pour rajeunir dans l’éternité la plus fraîche et vive que peut offir une vie

    _ sa vie à soi, ouverte au meilleur le plus réjouissant de la vie des autres,

    par la grâce d’un vrai pur regardeur tel que Bernard Plossu _,

    ou la joie même.

    …

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    Un bien bel article de Fabien Ribery.

    …

    Pour un nouveau chef d’œuvre de l’ami Bernard Plossu.

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    Ce samedi 11 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa