Étiquette : désert

  • Une bien belle année discographique Ravel 2023 : 6 passionnants articles du Discophilia de Jean-Charles Hofffelé, qui m’ont porté à me procurer les CDs ainsi superbement chroniqués…

    Découvrir au jour le jour les récentes parutions discographiques, n’est pas chose forcément très aisée…

    …

    …

    En plus de magazines tels que « Diapason » ou « Classica« ,

    et en plus, biensûr, de fréquents passages _ et entretiens avisés et ultra-compétents : de confiance ! _ chez mon disquaire préféré _ Vincent Dourthe a l’oreille musicale quasi infaillible !!! Et nous nous trouvons vraiment très rarement en désaccord… _,

    …

    existent les sites accessibles sur le web,

    tels le Discophilia (d’Artamag), de Jean-Charles Hoffelé, ArsMusica ou Crescendo, que je consulte quotidiennement…

    …

    …

    Aujourd’hui,

    je tiens à saluer la qualité d’excellence des régulières chroniques de la discographie ravélienne de Jean-Charles Hoffelé ;

    dont je vais ici donner les liens à 6 articles, parus entre le 14 mai dernier et le dernier, tout récent, à la date d’hier 1er août 2023 :
    …

    …

    _ l’article « Nocturnes« , en date du 1er août 2023, à propos du CD « Correspondances Enescu Ravel Scott » (le CD Antartica Records AR 043),

    par le pianiste Christian Sandrin,

    et comportant de Maurice Ravel « Miroirs«  M. 43 ;    

    …

    _ l’article « Poèmes et Contes« , en date du 19 juillet 1023, à propos du CD « Poétiques de l’instant II Ravel Mantovani » (le CD Alpha 933),

    par le Quatuor Voce, ainsi que Juliette Hurel, flûte, Rémi Delangle, clarinette, et Emmanuel Ceysson, harpe,

    et comportant de Maurice Ravel le « Quatuor à cordes en fa majeur » M. 35, ainsi que « Ma mère l’oye » M. 60, et « Introduction et Allegro » M. 46, en transcriptions pour septuor d’Emmanuel Ceysson ;        

    …

    _ l’article « Pour le disque« , en date du 12 juillet 2023, à propos du CD « Hough, Dutilleux & Ravel String Quartets » (le CD Hyperion CDA68400),

    par le Quatuor Takacs,

    et comportant de Maurice Ravel le « Quatuor à cordes en fa majeur » M. 35 ;       

    …

    _ l’article « Les deux mondes« , en date du 5 juillet 2023, à propos du CD « D’un matin de printemps Saint-Saëns Ravel Boulanger » (le CD Mirare MIR 564),

    par le Trio Hélios,

    et comportant de Maurice Ravel le « Trio pour violon, violoncelle et piano en la mineur » M. 67 ;    

    …

    _ l’article « Fantaisie française« , en date du 16 juin 2023, à propos du CD « Maurice Ravel L’Heure espagnole Bolero » (le CD Harmonia Mundi HMM 905361),

    par Les Siècles sous la direction de Fançois-Xavier Roth,

    et comportant de Maurice Ravel « L’Heure espagnole » M. 52 et le « Bolero » M. 81 ;      

    …

    _ et l’article « En trio« , en date du 24 mai 2023, à propos du CD « Maurice Ravel In search of Last Dance » (le CD CAvi music 8553526),

    par le Linos Piano Trio,

    et comportant de Maurice Ravel le « Trio pour violon, violoncelle et piano en la mineur » M. 67, et, en transcriptions pour trio avec piano, la « Pavane pour une infante défunte » M 19 et « Le Tombeau de Couperin » M. 68.     

    …
    …

    De telles très heureuses interprétations renouvellent ainsi magnifiquement notre réception, de mieux en mieux acérée, de la musique plus que jamais merveilleuse de Maurice Ravel,

    en nous offrant, par leur jeu subtil, profond, et juste, une perception toujours plus raffinée et précise de l’idiosyncrasie _ en la plénitude de sa verve la plus pure, et en chaque œuvre si diverse… _ du génie musical du compositeur (1875 – 1937) cibourien…

    …

    …

    Et de telles médiations, qu’elles soient par la lecture d’articles pertinents, ou par de vivants entretiens et de vivantes écoutes de CDs, constituent un indispensable maillon de la curiosité, et de la qualité juste et affinée de l’écoute et de la réception esthétique…

    …

    Et sans ces maillons-là, la culture vraie s’asphyxie…

    Au profit du désert et de la barbarie.

    …

    …

    Ce mercredi 2 août 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La remarquable humanité profondément vraie du maire Bernard Mounier dans l’affaire de la tragédie des Plantiers (Gard)

    Le traitement de l’affaire de la tragédie des Plantiers _ le meurtre de Luc Teissonnière et Vincent Guérin, puis la traque quatre jours durant de Valentin Marcone _ par les autorités locales,

    soient

    le maire de la commune des Plantiers, M. Bernard Mounier,

    le procureur de la République de Nîmes, M. Eric Morel,

    le général de Gendarmerie de la Région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, M. Arnaud Browaeÿs,

    la préfète du Gard, Mme Marie-Françoise Lecaillon,

    …

    a été tout particulièrement remarquable ; 

    …

    et tranche singulièrement _ au moins à mon regard _ avec bient des comportements politiciens _ d’un éhonté cynisme démagogique instrumentalisant _ auxquels nous ne sommes désormais hélas que trop bien habitués…

    …

    …

    Pour ma part,

    j’ai été très touché de l’humanité profonde et vraie _ telle que je l’ai ressentie _ de M. Morel, le procureur, et de M. Mounier, le maire,

    tout spécialement,

    et, bien entendu, chacun à sa place institutionnelle

    _ mais transcendant aussi cette place institutionnelle et légale de tout le rayonnement de leur personne humaine…

    …

    …

    De quoi ne pas désespérer de la fonction publique, au moins,

    de notre présente République…

    …

    …

    À mon jugement, 

    le Procureur Morel a simplement été parfait ;

    …

    et le maire Mounier, admirable d’humanité profonde,

    dans le moindre de ses mots et gestes : sobres, humbles, et surtout vrais.

    …

    …

    Aussi ai-je désiré en apprendre un peu plus sur la personnalité et le parcours de vie de ce maire

    de cette toute petite commune du Gard cévenol, qu’est le village des Plantiers _ dans le canton de Saint-André-de-Valborgne (Gard) _,

    au flanc du Mont Aigoual, sur les confins des départements du Gard et de la Lozère

    _ non loin du lieu où est décédée, au pied d’une falaise, côté Lozère, la fille de Bernadette Lafont, Pauline : les Lafont sont de Saint-André de Valborgne. Un haut pays de camisards et résistants.

    …

    …

    Et là je suis tombé, sur le Net, sur le Discours de Réception à l’Académie de Nîmes, le 9 janvier 2004, de Bernard Mounier : admirable d’humanité déjà _ aux pages 10 à 32 de ce document accessible en entier : lisez-le !

    …

    …

    Bernard Mounier est natif _ le 6 février 1955 _ de la ville minière de La Grand Combe, quelques kilomètres au nord d’Alès, dans le département du Gard.

    …

    …

    Et c’est au cours de ses années d’études à la Faculté libre de Théologie protestante, à Aix-en-Provence _ en 1979, il y présente son mémoire sur la pensée de René Girard : « Réflexion sur la violence, et recherche sur le bouc-émissaire«  : tiens, tiens… _ qu’il fait la connaissance de celle qui devient, le 5 juin 1977, aux Plantiers (dans le Gard), son épouse : Sylvette Bonfils _ les Bonfils y disposent d’une résidence secondaire…

    …

    …

    De 1977 à 1984,

    Bernard Mounier est pasteur, dans les Cévennes, à Sainte-Croix-Vallée-française (Lozère),

    à une vallée de distance de Saint-André-de-Valborgne (Gard).

    …

    …

    Jusqu’à ce que Bernard Mounier estime qu’ »il ne suffit plus d’être croyants,

    mais qu’il faut aussi devenir crédibles,

    et entrer dans un chemin de risque« …

    …

    C’est ainsi que le 12 juillet 1987, Bernard Mounier crée une société de production audio-visuelle : Acor Vidéo Télévision.

    …

    Il a en effet remarqué que dès 1929 _ cf la publication en 1928 de « Propaganda _ comment manipuler l’opinion en démocratie« , le maîtrelivre du marketing, d’Edward Bernays, le neveu (devenu américain) de Freud ; cf par exemple mon article du 25 janvier 2013 : … _, a commencé l’ère du marketing,

    pour lequel « il faut communiquer pour faire désirer et acheter« …

    …

    …

    D’où sa volonté de s’engager, dès lors, dans la vie de la société telle qu’elle se transforme ;

    et adopter les langages qui vont devenir dominants,

    afin d’être un peu compris de ceux auxquels on veut s’adresser un peu plus efficacement…

    …

    Etc. Etc…

    …

    Et c’est ainsi que le 15 mars 2020

    Bernard Mounier est élu au premier tour des élections municipales aux Plantiers,

    dont il va devenir le nouveau maire,

    succédant au maire précédent, Francis Maurin.

    …

    …

    La fonction publique de notre république a donc encore quelques beaux restes, bien vivants

    là même où « le désert gagne« …

    …

    …

    Ce samedi 15 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour commencer, les images de nature : montagnes, déserts, campagnes, forêts…

    Bernard Plossu est un adepte bien connu de marches-randonnées dans la nature _ plus ou moins sauvage… _ :

    montagnes, déserts, hauts-plateaux, voire grandes prairies,

    campagnes, et même jardins,

    ainsi que sous-bois et forêts…

    …

    …

    En ce chapitre-ci d’une « nature » au sein de laquelle cheminer, sac au dos

    _ et appareil-photo à portée immédiate de main, tel le large filet pour le collecteur de papillons (cf ici Vladimir Nabokov…)… _,

    un peu à l’aventure,

    …

    au moins 7 images (sur 80) de ce « Tirages Fresson« 

    sont consacrées à des images disons _ et pour bien mal le résumer _ « vertes« ,

    je veux dire peu ou prou « écologiques« ,

    …

    avec des degrés d’ailleurs fort divers entre sauvagerie et civilisation,

    entre nature quasi vierge _ « wilderness«  américaine (cf Catherine Larère…) _, et culture _ européenne _ un tant soit peu peignée…

    …

    …

    En ce « Tirages Fresson » qui vient de paraître,

    au moins 7 images de « nature » se trouvent aux pages

    …

    13 (« Ardèche, France, 2012« ),

    …

    15 (« Taos Mountain, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1978« ),

    …

    29 (« Californie, États-Unis, 1977« ),

    …

    30-31 (« Cantal, France, 2014« ),

    …

    …

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    …

    …

    …

    …

    …

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    …

    …

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    …

    …

    …

    …

    …

    53 (« Port-Cros, France, 2011« ),

    …

    69 (« Sud du Nouveau-Mexique, États-Unis, 1980« )

    …

    La librairie Artazart, sur les bords du Canal Saint Martin à Paris, vous propose de venir à la rencontre du photographe Bernard Plossu pour la parution de son album Western Colors, ce jeudi 23 juin à partir de Nouveau Mexique, Photographie Couleur, Onirique, Peinture, Rencontre, Yeux, Photographie Numérique, Photographie De Voyage, Les Photos Noir Blanc

    …

    …

    et 80 (« Giverny, France, 2010« ).

    …

    …

    On remarquera au passage l’imprécision _ bien évidemment par force ! _ de localisation _ quelque part… _ des sites

    où ont été saisies ces images… 

    …

    …

    Ce qui donne, cette fois au sein de ma liste de 13 images entre toutes préférées,

    pour ce qui concerne le chapitre de l’ »extérieur-nature« ,

    …

    le fait que j’ai retenu 2 images proprement sidérantes, à mon œil,

    …

    les images des pages 30-31 (« Cantal« )

    _ peut-être un poil trop majestueuse (spectaculaire !) et photogénique, celle-ci, pour pouvoir servir véritablement d’emblème de la singularité extraordinaire du mode de faire, foncièrement modeste, aux antipodes du « m’as-tu vu« , de Plossu…,

    et servir, du moins à mon goût personnel, pardon !, de couverture à l’album :

    mais quelle infiniment tendre sensualité caressante se dégage des courbes, au premier plan, de cette merveilleuse « vue verte«  surplombante d’un très vaste, quasi infini, panorama cantalien, en Auvergne…

    Bernard Plossu n’est pas l’homme des bien trop époustouflants vertigineux à-pics des Dolomites… _

    …

    et 53 (« Port-Cros« )

    _ celle-ci (peut-être une image inédite ; à moins, et c’est plus vraisemblable !, qu’elle n’ait déjà paru, en 2013, en un album que je ne possède hélas pas ! : « L’Incertaine apparence de Port-Cros«  de Bernard Plossu et François Carrassan, paru aux Éditions de l’Égaré, en 2013 : un album probablement tiré alors à très peu d’exemplaires…) est, entres toutes, ma préférée : celle que j’aurais personnellement encouragé à choisir pour la couverture !

    Quel infiniment doux plaisir sensuel de cheminer-s’enfoncer sans se perdre sur (ou dans) le chemin de ce vert sous-bois à la fois un peu sombre et combien chaleureusement lumineux d’Eden méditerranéen, accueillant, où vagabonder à l’envi sans jamais risquer de se perdre… Le paradis est juste là ! Et l’on s’y meut, en une île ! cette île de Port-Cros…

    Port-Cros, Porquerolles, l’ïle du Levant : le paradis même du « Pierrot le fou » de Godard, dont Bernard avait si justement saisi les orgasmiques « ambiances«  en quelques magiques images de son si beau Plossu Cinéma, en 2010 (aux Éditions Yellow now) ; cf mon article du 27 janvier 2010 : … _ ;

    …

    …

    ainsi que, aussi,

    et cette fois dans ma liste supplémentaire de 22 autres images, cette fois,

    _ il est si difficile de réduire le nombre de ses choix ! _,

    …

    les 2 images, encore,

    …

    des pages 69 (« Sud du Nouveau-Mexique« )

    _ ici encore un chemin, ou plutôt cette fois une route pierreuse, mais désertique, sec et aride, celui-ci ! Et cette fois encore, un Plossu emblématique, et presque trop, pour le coup, pour que j’eusse choisie cette image-ci comme couverture… Et, à dire vrai, ma préférence, très subjective, bien sûr (et injuste !), va au Plossu européen, et même, assez souvent (mais pas exclusivement non plus : cf ici même son extraordinairement beau « Giverny« , de la page 80, ou, et à propos des villages, son admirable « Bourgogne« , de la page 81…), au Plossu méditerranéen… _

    …

    et 80 (« Giverny« )

    _ une nature superbement peignée, cette fois, mais surtout pas trop, non plus, ici chez Monet : une merveille de classicisme (français, je le constate…) ouvert, à la fois retenu et déboutonné, et hyper-détendu, idéalement paisible, en sa respiration, pleine de fantaisie, amusée, et en même temps d’une idéale sérénité ; paradisiaque encore, mais d’une autre façon : apollinienne, dirai-je, cette fois, plutôt que dionysiaque (comme était le si chaleureux « Port-Cros« ) : quelle sublimissime renversante image, que ce « Giverny« – là, en son tendre délicatissime équilibre-déséquilibre (à la Marivaux), si français !..

    …

    …

    Mais on comprend très bien aussi le degré d’embarras de choix de Bernard Plossu à sa table de travail,

    face aux nécessaires choix éditoriaux à réaliser, à la profusion fastueuse de ses images, offertes, là, sous ses yeux ;

    …

    disponibles images, parmi _ et au sein de _ ses innombrables richissimes planches-contact _ qui les recèlent et les conservent _ ;

    …

    Bernard Plossu en face de ses milliers de somptueuses images saisies, qui, beaucoup d’entre elles, méritent vraiment, les unes ou les autres

    _ et surtout celles au tout premier abord apparemment les plus « ratées«  ! _,

    une nouvelle chance de parvenir à paraître, au moins une fois, quelque jour à venir, à nos yeux de regardeurs, à notre tour :

    …

    en quelque prochain nouvel album, ou quelque prochaine nouvelle exposition.

    …

    Oui, parmi les images qui n’ont pas été retenues cette fois-ci, pour ce « Tirages Fresson« -ci,

    des centaines, probablement, l’archi-méritaient _ et méritent toujours _ pleinement,

    mille fois davantage même, peut-être parfois, que celles sur lesquelles a porté, ce jour-là, le magnifiquement judicieux choix, déjà !, de leur auteur-capteur-saisisseur-receveur-partageur, à sa table de La Ciotat _ comme je l’y ai vu procéder, le 22 juillet 2008, pour son « Plossu Cinéma« , assis que j’étais auprès de Michèle Cohen et de Pascal Neveux, présents là pour ce tout premier choix…

    …

    …

    Mais, et soyons-en certains,

    ce n’est, pour ces belles endormies, sommeillant, pour le moment encore, en leurs planches-contact,

    que partie remise, pour la prochaîne occasion de publication d’un album, ou d’une exposition ;

    …

    et grâce, bien sûr aussi, à la médiation féérique, décisive, elle aussi, du tirage de l’image,

    par les doigts de fées de magiciens

    tels que, ici, de père en fils _ Pierre, Michel, Jean-François _, les Fresson, à Savigny-su-Orge…

    …

    …

    Car Bernard Plossu sait mieux que personne tout ce qu’il doit à la perfection infiniment soignée du travail de ses tireurs d’images préférés,

    son épouse, Françoise Nunez, et Guillaume Geneste ;

    …

    et, ici, pour ces fabuleux tirages-couleurs-Fresson,

    Pierre, Michel et Jean-François Fresson, à Savigny-sur-Orge… ;

    …

    dont la perfection infiniment soignée _ pardon de la répétition !, mais il faut y insister, comme le fait d’ailleurs lui-même, et à nouveau,  après le « Plossu couleurs Fresson » de 2007, le titre si justement reconnaissant de cet album de 2020 : « Tirages Fresson« … _ de ce travail de tirage

    lui permet, à lui _ le rencontreur passionné d’images à faire sourdre-surgir, de ce réel inattendu à apprendre à vraiment, et vraiment presque partout, surprendre et percevoir vraiment (il faut insister aussi, et toujours, sur ce très profond souci de vérité de Bernard Plossu à toutes les étapes de son travail, et son refus absolu et même forcené du moindre trucage falsificateur !), en un clin d’œil, sur le champ, décisif ; et saisir, pour l’éternité désormais, par ses images photographiques qui vont être engrangées, conservées, tirées et publiées… _,

    de vraiment se consacrer quasi exclusivement _ voilà ! c’est simplement un gain de temps et d’énergie à répartir (de confiance !)… _ à la pure rencontre _ miraculeuse _ offerte de ce si vaste réel à parcourir,

    ce réel tout à la fois le plus normal et quotidien possible _ et ce peut-être celui-là même de sa propre maison à La Ciotat, comme jadis à Grenoble ; comme celui d’absolument le plus banal n’importe où (telle la plus simple chambre d’hôtel)… _, et en même temps fantastiquement riche, et à quasiment inépuisable profusion _ pour qui sait, « sur le motif » d’abord, et c’est bien sûr le principal, le percevoir (puis, une fois « pris« , « saisi » sur la pellicule photographique et conservé, bien sûr encore apprendre à le reconnaître et identifier, très a posteriori, à sa table de travail), en sa merveilleuse fulgurance poétique iconique _, de formidables fabuleuses surprises ;

    …

    dont, Kairos aidant, et hic et nunc,

    lui va pouvoir réaliser, l’éclair d’un clic instantané sur la pellicule photographique, ces fantastiques images vraies

    qui vont demeurer à partager _ en une admirable œuvre réalisée _ pour jamais :

    …

    le défi, quasi permanent alors _ en ces très intenses autant que très sereines (de concentration paisible, vierge de tout parasite…) chasses aux papillons iconiques « sur le motif« … _, est immense…

    …

    …

    Que de merveilleux trésors de poésie _ déjà réalisés, mais encore en partie dormants, en attente qu’ils sont de « réalisation finale«  lors du tirage sur du papier adéquat… _ attendent donc, encore,

    dans les inépuisables rangements de planches-contact de Bernard Plossu, chez lui, à La Ciotat,

    la grâce de lumière d’un tirage parfait enfin réalisé ;

    …

    puis d’un livre édité, ou d’une exposition exposée !

    …

    …

    Et,

    tout en bout de course, et presque accidentelle _ et assez pauvre en nécessité _,

    la découverte émerveillée, consécutive,

    par nous,

    de nos regards éblouis de spectateurs _ de ces images, dans le livre, ou à l’exposition _ attentifs admiratifs,

    infiniment reconnaissants de ces sublimes éclats si merveilleusement bienfaisants

    de lumière

    que nous recevons instantanément alors, tout en bout de course, en cadeau…

    …

    …

    Car ces couleurs nous font vraiment du bien…

    …

    …

    Ce dimanche 8 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lumière de l’acte même de penser (l’Esthétique… et autre) : la force de la conférence de Baldine Saint-Girons

    C’est aussi à partir

    et au-delà

    du pouvoir de la rhétorique _ à commencer par celle des Anciens, Grecs et Romains… _

    que Baldine Saint-Girons a entrepris, en son Fiat lux _ une philosophie du sublime (paru aux Éditions Quai Voltaire, en 1993),

    son travail proprement philosophique

    de dévoilement, compréhension et analyse

    des pouvoirs _ divers, subtils et d’autant plus efficaces qu’assez mal identifiés par ceux qui d’abord les subissent : notre siècle en expérimentant de nouvelles formes diablement performantes ! _ de l’Esthétique,

    …

    et qu’elle en met au jour,

    de sa formidablement vive intelligence,

    le faisceau hyper-ramifié et ultra-fin des composants et linéaments, lignes de force :

    …

    particulièrement en ses très brillants, magnifiquement justes et merveilleusement fouillés,

    récents livres

    L’Acte esthétique, aux Éditions Klincksieck, paru en janvier 2008,

    et Le Pouvoir esthétique, aux Éditions Manucius, paru en novembre 2009 :

    des travaux _ d’enjeux civilisationnels ! _ décisifs !..

    …

    Avec Francis Lippa, elle a convenu

    que sa conférence, sous une forme un peu dialoguée d’échanges à partir de questions,

    porterait sur la présentation-explicitation de son parcours _ philosophique _

    d’investigation-exploration-analyse de l’Esthétique…
    …

    …

    Le mieux est maintenant

    de l’écouter _ l’enregistrement dure 70 minutes _ ;

    …

    on va en être subjugué ;

    …

    mais ce sera au service _ prioritaire : éminemment rationnel ! _ de l’intelligence

    de ces pouvoirs subtils terriblement incisifs

    ici lumineusement mis au jour

    en démêlant leur riche complexité…

    …

    Je détacherai, personnellement, et en particulier

    …

    _ outre la reprise ici, par la parole (et c’est splendide !..), de l’analyse sublimissime (!!!) du constat de « la paix du soir » sur le Lungomare, à Syracuse, « avec«  ses deux amis siciliens : tous trois « partageant«  et « développant« , ensemble, par leurs paroles se répondant en se déployant (et se déployant en se répondant), le même sentiment « inspiré«  de « présence partagée«  de cette « pace della sera« ,

    …

    ainsi « confirmée«  !.., et allant, plus encore, « s’épanouissant«  en (et par) ce déploiement de paroles co-« inspirées«  s’échangeant ; et ne cessant, ainsi même (et c’est là le miracle presque sans pareil de ce phénomène !), de se préciser (détailler) et approfondir en le ressenti (= l’aisthesis) « activé«  de cette « présence«  en (et par) cette « conjonction«  (objective-subjective) radieuse tout à la fois objectivement constatée et subjectivement, et par les trois co-« présents«  (se répondant…), « éprouvée«  en se le disant, et précisant, et déployant !!! (car telle est la trouvaille ici mise au jour !),

    …

    en ouverture absolument magnifique (pages 39 à 66) de L’Acte esthétique !.. une analyse d’une précision, finesse et justesse tout bonnement géniales ! et je pèse mes mots ! _,

    …

    je détacherai, donc,

    la célébration

    à laquelle Baldine Saint-Girons procède, vers la fin _ vers les 55′ de la conférence… ; et d’après le final en apothéose (!), aux pages 130 à 134, de son Pouvoir esthétique… _, et avec une admirable délicatesse,

    de l’action d’ »enseigner« 

    (des professeurs : Baldine soulignant ici, avec une aussi juste que magnifique éloquence, « le courage du profateor« …),

    en une mission _ cruciale !  :

    …

    aider, si peu que ce soit, « une jeunesse très déboussolée« , dit-elle, à (un peu) mieux « comprendre comment s’orienter« 

    dans le « vivre«  une vie (pour chacun en sa personne et personnalité en puissance : qui peut (ou devrait) accéder à la singularité, en voie d’émergeance alors : face à l’alternative de demeurer immergée et, sombrant, finir par se noyer…) ;

    …

    dans le « vivre«  une vie, en effet, singulière ;

    et précieuse, par là, jusqu’à (impayable et inachetable qu’elle est, ou serait, cette vie singulière-là!) ne pas avoir de prix marchand !.. en dépit de tout ce que peuvent en « penser«  et clamer de par le monde tous les « Directeurs«  (aussi « haut-placés«  soient-ils, « en pouvoir«  : tant politique qu’économique ! et avec « haut-parleurs«  de mondiale diffusion ; tant à L’Oréal qu’au gouvernement de la République, par exemple…),  tous les « Directeurs de ressources humaines«  de par notre monde : l’expression, parlante pourtant, finira bien par être « vraiment«  entendue !.. _

    …

    en une mission _ d’éducation à l’autonomie de la personne et de la personnalité ; cf ce que dit Theodor Adorno de la « vie mutilée » en ses sublimes Minima Moralia _ Réflexions sur la vie mutilée, plus que jamais d’actualité en leur intempestivité ! versus les avancées, à la Attila (« le désert croît«  ; l’herbe ne repousse plus…), du nihilisme de l’ultra-libéralisme... Il y a toujours péril aux endormis (graves) de la vie… _ rien moins que « civilisationnelle« ,

    versus le raz-de-marée du nihilisme _ en sa version de la déferlante de la chimère de la misérable cupidité… _ :

    …

    combien je rejoins Baldine en ce diagnostic

    de la décisivité et urgence

    de cette action professorale _ philosophique, au premier chef… _

    humaine-là !.. :

    …

    …

    tout ce qui vient la « saper« 

    _ et pour quels misérables profits ? de quelques uns de si (consternamment !) ridicules : cela est au passage évoqué avec atterrement ! sans s’y apesantir, bien sûr ; mais c’est dit !) _

    étant par là une atteinte, terriblement grave, au « civilisationnel » :

    rien moins !..

    …
    Je détacherai aussi, en cette si belle conférence de Baldine,

    l’émotion

    se dégageant de son évocation, toute vibrante de vie, en conclusion,

    de sa « lecture« 

    _ romaine d’abord, in situ, lors de sa visite de la grande exposition Sebastiano del Piombo, aux Scuderie del Quirinale (8 février – 18 mai 2008) ; puis activement méditative : patiemment, par le penser et l’écrire, en son studiolo !.. _

    de la Pietà de Viterbe de Michel-Ange et Sebastiano del Piombo,

    …

    « lecture » _ ré-improvisée ! pour nous, vers les 62′ de l’enregistrement _ dont le détail, passionnant _ riche d’une érudition « ouverte«  toujours intensément « curieuse«  en sa prospection (comme il se doit !) : pour l’accroissement de toujours un poil plus d’intelligence de la qualité même du ressenti ! _,

    est _ splendidement ! avec sprezzatura ! voilà ! _ très délicatement narré _ quelle vibrante écriture ! _

    en son plus récent livre paru aux Éditions Passage d’encres en avril 2010,

    La Pietà de Viterbe _ Une double invention de Michel-Ange et Sebastiano del Piombo…

    …

    Le centre-cœur de l’analyse _ tableau à l’appui :

    celui des pages 136-137 du Pouvoir esthétique… _

    étant constitué du démaillage

    aussi hyper-précis que parfaitement _ quelle performance ! _ clair

    _ et renvoyant à maints exemples : que nous pouvons nous figurer… _

    des pouvoirs esthétiques

    entrelacés,

    voire enchevêtrés,

    quand ils ne s’affrontent pas _ comme c’est parfois, ou même souvent, la cas _, mais conjuguent hyper-habilement et redoutablement leurs hyper-subtiles efficacités… 

    …

    Charles Quint aurait pu penser et (se) dire :

    quand le Prince de Machiavel

    et le Courtisan de Castiglione

    forment une seule et même personne

    de pouvoir _ réalisant en quelque sorte ainsi l’auctoritas désirée (par le prince)… _

    idéalement accomplie !

    …

    …

    Comment remercier de tout cela

    et l’auteur

    de ces si lumineux livres

    et la conférencière

    si profondément généreuse

    en son action de penser (avec nous) en acte

    en sa conférence ?!!

    …

    Eh bien ! en nous réjouissant à notre tour

    par l’écoute _ active ! _ de cette superbe conférence

    de cette intelligence à l’œuvre _ lumineusement en acte ! toujours ! _ des modalités

    magnifiquement élucidées _ voilà ! _ des processus esthétiques :

    …

    plus que jamais actifs, eux,

    tous azimuts, et selon tant de styles, dans mille pratiques

    ô combien redoutablement efficaces ! _ cf mon article du 12 septembre 2010 : les enjeux fondamentaux (= de civilisation) de l’indispensable anthropologie esthétique de Baldine Saint-Girons : “le pouvoir esthétique”… _

    dans le monde « comme il va« , c’est-à-dire tel qu’il fonctionne

    et « fait ses affaires » _ son business et son show, son cirque _

    aujourd’hui…

    …

    …

    Revoici,

    en forme de « confirmation« , en quelque sorte,

    la quatrième de couverture du Pouvoir esthétique,

    passablement éclairante, il me paraît ! _ plus que jamais _, en sa présentation :

    …

    « Mettre en évidence «le pouvoir esthétique»,

    c’est souligner l’intrication _ eh ! oui… _ des questions de l’esthétique à celles de l’éthique et du politique _ un point tout à fait capital ! D’où le concept d’« esth-éthique«  très judicieusement développé aux pages 126 à 130..

    Le pouvoir naît d’un vouloir et se heurte à d’autres pouvoirs _ issus d’autres vouloirs : certes… Sous la diversité des apparences, il concerne la force de l’apparaître _ voilà ! _, compris en ses trois temps : projet, stratégie, effets.

    …

    Faut-il _ c’est là le projet _ plaire, inspirer ou charmer ? Rechercher la dignité du beau, la gravité du sublime ou la suavité de la grâce ? Parmi les trois figures de la laideur ou du mal, notre adversaire est-il d’abord la difformité qui dissone, la médiocrité qui enlise, ou la violence qui révulse ?

    Le beau peut être médiocre et violent : il ne saurait manquer d’harmonie.

    De même, le sublime peut être compatible avec la difformité et la violence : il disparaît avec la médiocrité.

    Et la grâce peut être dépourvue de beauté et d’originalité : la douceur ne saurait lui faire défaut.

    …

    À chaque combat _ ainsi _ sa technique _ et donc sa stratégie _ : l’imitation des meilleurs, l’invention du nouveau, l’appropriation de traits gracieux.

    …

    De là des résultats _ et voilà les effets _ divergents : l’admiration va à ce qui plaît, l’étonnement à ce qui inspire, la gratitude à ce qui charme. Rompre les trois cercles maudits du mépris niveleur, de la médiocrité agressive et de l’envie négatrice, tel est l’enjeu.

    …

    Dans quelle mesure ces trois grands types de pouvoir esthétique sont-ils exclusifs, chacun des deux autres ?

    Si Burke dégagea, au milieu du XVIIIe siècle, ce qu’on peut appeler le dilemme esthétique entre beau et sublime, est-on aujourd’hui _ voilà l’enjeu présentissime de la question ! _ fondé à parler d’un trilemme esthétique entre beau, sublime et grâce ?« 

    …

    Nous mesurons alors

    combien les enjeux de ce pouvoir esthétique

    complexe et si étendu en ses effets

    sont bien l’affaire affairissime (!), la plus « affairée » (!)

    des « affaires » _ = business, show et cirque médiatique ! _ les plus en usage

    de notre monde le plus « contemporain » et high tech !,

    qui soit !

    …
    Titus Curiosus, le 27 janvier 2011