Étiquette : diction française

  • Le talent de Véronique Gens dans Chausson

    Ce jour,

    en son blog Discophilia

    du site Artamag,

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    Jean-Charles Hoffelé chante

    comme il se doit

    le très grand talent de musicienne-chanteuse

    de Véronique Gens,

     

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    en un CD consacré à Ernest Chausson (1855 – 1899) :

    le CD Alpha 441.

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    L’article est intitulé

    Mer vive :

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    J’abonde absolument en cet éloge

    justissime

    de l’art de l’interprétation

    de Véronique Gens.

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    MER VIVE

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    Le Poème de l’amour et de la mer traîne derrière lui une tradition du vague, du triste, de l’esseulé, que Victoria de Los Angeles, Nedda Casei ou Irma Kolassi auront secouée à force de dire les mots _ ouf ! _, alors que tant de mezzo les auront noyés dans le tragique _ du pathos. Affaire de timbre aussi _ certes _, les trois pré-citées éclaircissaient leurs voix (même Kolassi), faisant entendre les rythmes des poèmes de Maurice Bouchor ; affaire d’orchestre aussi, et aucune ne fut vraiment aidée dans ce domaine.

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    Véronique Gens, elle, a cette chance : l’orchestre très mobile que lui règle Alexandre Bloch fait entendre toutes les subtilités _ oui _ qu’y a mises Chausson, fluide, précis dans le souple _ un wagnérien, certes, mais à la française _ ; cette liane _ oui : serpentine… _  porte et entoure la voix ardente _ oui _ de la soprano, qui anime chaque mot, emporte chaque élan _ surtout : l’élan de la phrase important bien davantage que les mots séparés… _, distille comme l’orchestre une lumière _ voilà : vibrante sans excès _ dont l’œuvre est souvent privée.

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    Éclairé par ces émotions, le tragique pourra paraître sans emphase _ pathos _, l’amer se distiller dans des étouffements, des feulements : lorsque l’œuvre vire au sombre, n’est-ce pas l’étrangeté d’abîmes que Schönberg mettait dans son Pelleas und Melisande qui s’invite soudain ?

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    Pour ce Poème _ vraiment _ magnifique _ en effet ! _, le disque serait absolument gagnant, la Symphonie qui lui fait suite n’est pas absolument de la même eau – Frederick Stock, Dmitri Mitropoulos, Charles Munch, Pierre Monteux, Paul Paray auront parlé ici avec une autre intensité – mais du moins donne-t-elle tout à entendre de cette partition complexe, où Claude Debussy semble sourdre de l’ombre de César Franck.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernest Chausson (1855-1899)
    Poème de l’amour et de la mer, Op. 19
    Symphonie en si bémol majeur, Op. 20

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    Véronique Gens, soprano
    Orchestre National de Lille
    Alexandre Bloch, direction

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    Un album du label Alpha Classics 441
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    Photo à la une : la soprano Véronique Gens – Photo : © DR

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    Chausson vaut assurément le détour.

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    Surtout ainsi incarné

    par la voix souple et profonde, sans pathos aucun,

    mais ô combien lumineuse,

    de Véronique Gens.

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    Ce jeudi 28 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La reconnaissance du triomphe du génie de Stéphane Degout dans « Les Nuits d’Eté » d’Hector Berlioz et Théophile Gautier : quand l’incarnation et l’imageance d’une interprétation atteignent, elles aussi, au sublime de l’oeuvre portée, soient, et la mélodie et le poème…

    Les lauriers s’abattent

    ces jours derniers

    sur le merveilleux baryton Stéphane Degout !

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    Cf mon article enchanté du 19 janvier dernier : …

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    Ce jour,

    le miracle de sa performance dans les si merveilleuses Nuits d’été de Berlioz

    se voit célébré _ comme il convient _ par l’excellent Jean-Charles Hoffelé,

    en sa chronique Discophilia

    sur le site Artamag,

    par un article justement intitulé Nuits obscures :

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    NUITS OBSCURES

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    Ce n’est pas faire injure à François-Xavier Roth et à ses Siècles, moins encore à Tabea Zimmermann, que d’avouer que j’ai sauté à pieds joints _ mais moi aussi ! _ par-dessus leur Harold en Italie aussi surprenant que déconcertant : cet orchestre éruptif _ oui _, cet alto magique, vrai personnage _ sans doute _, ont leurs atouts, vous y viendrez ou pas, mais je crois bien que comme moi vous fondrez _ absolument ! _ dans la mélancolie _ somptueusement jouissive, mais sans pathos du tout ! du fait de son parfait naturel… _ de ces Nuits d’été inattendues où Stéphane Degout vole tranquillement la vedette _ parfaitement ! mais oui !!! _ à deux siècles de mezzo-sopranos _ et pas des moindres : Régine Crespin, Janet Baker, pour commencer ; somptueusement géniales déjà, elles aussi…

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    Affaire de timbre _ mais oui ! _ – ce creusement, ce sfumato du medium _ voilà ! _ qui – paradoxe ! – précise pourtant _ sans rien gâcher, mais dans la plénitude, au contraire, de l’élan porteur de chaque phrase, qui nous transporte et emporte sereinement par son art du naturel jusqu’au sublime !!! _ les mots, ce legato où les syllabes viennent vous étreindre _ oui _ comme un chant de violoncelle _ mais oui ! _, ah, Gautier n’aurait pas osé les imaginer, mais Berlioz en serait lui aussi _ peut-être _ surpris _ et là se situe bien le génie de l’interprétation (et d’un interprète), un jour de grâce (divinement béni) de la plus parfaite invention et justesse d’inspiration. L’imageance de l’interprète est elle aussi sublime, en sa plus que parfaite incarnation de ces poèmes !

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    C’est l’art qui cache l’art _ parfaitement, encore : pas un seul grain de voix qui soit là forcé _, cet enveloppement visionnaire _ oui, oui ! _ qui transporte _ parfaitement ! _ vers un horizon chimérique _ nimbé _, cette voix où le poème s’incarne _ oui _ dans une telle noblesse _ oui _ et avec tant d’émotion _ nous en tremblons de jubilation et reconnaissance. Qui chantait la mélodie ainsi ? Plus personne en tous cas depuis Charles Panzéra dont Stéphane Degout ressuscite ici les mânes. Venez vous y étourdir _ oui _, et rêver dans cette nuit sans lune _ absolument fidèle à l’univers du poème de Théophile Gautier, compris et donné, ici, comme probablement jamais auparavant ! _, infini sépulcre _ oui _, venez danser avec le fantôme _ de la rose disparue.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Hector Berlioz (1803-1869)

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    Les Nuits d’été, H. 81B
    Harold en Italie, H. 68

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    Stéphane Degout, piano
    Tabea Zimmermann, alto
    Les Siècles
    François-Xavier Roth, direction

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    Un album du label harmonia mundi HMM 02634
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    Photo à la une : le baryton français Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

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    L’intelligence du critique (Jean-Charles Hoffelé)

    sait donc ici rejoindre

    celle

    _ exceptionnelle, à un tel degré d’intuition et d’imageance, il faut aussi le souligner :

    disons véritablement géniale ! _

    de l’interprète (Stéphane Dégout),

    …

    qui sait _ si merveilleusement : chapeau bien bas l’artiste ! _

    se mettre à la parfaite _ sublime ! _hauteur

    …

    et du poème (de Théophile Gautier) 

    et de la mélodie (d’Hector Berlioz) :

    sublimes

    _ déjà….

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    Jamais nous n’avons si bien perçus et compris

    et la mélodie (de Berlioz)

    et le poème même (de Gautier) ! Aussi !

    Quel art sublime de la diction…

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    C’est dire le génie tout à fait exceptionnel de Stéphane Degout,

    et de l’apport très fructueux à sa réalisation musicale

    de François-Xavier Roth

    et des Siècles.

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    Ce vendredi 22 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa