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  • Découvrir le double CD des 2 Concertos pour piano de Brahms par Herbert Schuch et le Bochumer Symphoniker dirigé par Tung-Chieh Chuang : du plaisir…

    Du pianiste Herbert Schuch (Timisoara, 13 septembre 1979),

    je possède le marquant coffret de 8 CDs OEhms OC 012 « Herbert Schuch – The OEhmsclassics Recordings« , paru au mois d’août 2015…

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    Et voici que paraît, cette fois chez Naïve, le CD Naïve V 8450 « Herbert Schuch – Brahms – the Piano Concertos« , avec le Bochumer Symphoniker placé sous la direction de Tung-Chieh Chuang – enregistrés live à Bochum du 9 au 12 septembre 2022 et du 16 au 19 juin 2023 –  ;

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    un double album dont vient de faire l’éloge, hier jeudi 3 juillet, Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia, en un article intitulé « Ungarisme » ;

    que voici :

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    HUNGARISME

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    Écoutez seulement _ un jubilatoire commencement d’écoute, en effet ! – comme Herbert Schuch s’approprie le Finale du Deuxième Concerto. Des tziganes y dansent, le clavier piaffe, les rythmes s’exaltent, et le piano sous ses doigts est un autre orchestre – voilà ! – , ce que Tung-Chieh Chuang entend ; la fusion dans les contrastes, l’art d’être au plus près dans chaque repli, chaque éclat, et il y en a de nombreux, le pianiste réinterprétant considérablement au point que j’ai plus d’une fois la sensation d’une recréation.

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    L’alliage s’avérera au long des deux concertos plus d’une fois foudroyant. Puis, une pincée de plus de paprika, avec la Cinquième Danse hongroise où Gülru Ensari – l’épouse turque de Herbert Schuch –  le rejoint pour faire résonner le cymbalum fantasmagorique qu’ensemble ils ajoutent. Génial !, au point qu’on voudrait par eux les vingt autres Danses.

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    Les paysages plus nordiques du Premier Concerto seront tout aussi saisissants, sans pour autant tirer au spectaculaire. Comme pour le concerto-ballade qu’est le Deuxième, Herbert Schuch sculpte le son et l’espace, après le maelström subtilement détaillé par les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bochum, il n’entrera pas droit comme William Kappell sous le feu roulant de Dimitri Mitropoulos, mais en phrasant.

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    Tout le mouvement abondera en surprises, saisissant cette poétique diffuse que tant auront survolée d’un geste impérieux : on reconnaît le musicien, qui veut d’abord chanter – voilà – , jusque dans le plus ténu d’un Adagio apaisé, onde frisante à la surface d’un lac de haute montagne transformée en son, magique simplement. Le Rondo fusera, et à nouveau tout un imaginaire balkanique y éclatera, somptueux, enivrant – voilà, voilà – , chant et danse mêlés, signe que cette nouvelle intégrale nous réinvente des opus qu’on croyait connaître.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms (1833-1897)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en ré mineur, Op. 15
    6 Klavierstücke, Op. 118 (extrait : No. 2. Intermezzo)
    5 Lieder, Op. 49 (extrait : No. 4. Wiegenlied – version pour piano solo : Schuch, d’après les arrangements de Reger et Cortot)
    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en si bémol majeur, Op. 83
    21 Danses hongroises, WoO 1 (extrait : No. 5 en fa dièse mineur – version originale à quatre mains)*
    16 Valses, Op. 39 (extrait : No. 15 en la majeur – version originale à quatre mains)*
    3 Intermezzos, Op. 117 (extrait : No. 1 en mi bémol majeur)

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    Herbert Schuch, piano
    *Gürlu Ensari, piano
    Bochumer Symphoniker
    Tung-Chieh Chuang, direction

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    Un album du label naïve V8450
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    Photo à la une : le pianiste Herbert Schuch – Photo : © Felix Broede

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    Du plaisir…

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    Ce vendredi 4 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Année Ravel 2025 : et maintenant la fête – miraculeuse ? – d’éblouissants justissimes Concertos de Ravel par le piano de l’idoinement ravelienne Yeol Eum Son, et le Residentie Orkest The Hague sous la direction elle aussi idoine et parfaite d’Anja Bihlmaier…

    Cette année « Ravel 2025 » vient décidément combler discographiquement, mois après mois de cette grande année 2025 – et nous n’en sommes qu’en juin : l’année n’est pas finie – , les fervents raveliens que nous sommes…

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    Car voici que ce mois de juin 2025 le label Naïve vient nous offrir un assez stupéfiant – une merveilleuse et rafraîchissante surprise ! qui renouvèle complètement la discographie ! rien moins… – éblouissant CD Naïve V 8447 « Ravel – Concertos – Bach/Wittgenstein« , par une pianiste – Yeol Eum Son , née le 2 mai 1986 à Wonju (Corée du Sud) – qui avait déjà attiré – en juin 2024 – notre attention – mais pour d’autres compositeurs que Ravel, et principalement Korngold… – ,

    comme en témoignait notre article «  » en date du 20 juin 2024, il y a tout juste un an, à propos de l’émouvant et plein de charme CD Naïve V 8122 « Wien nur du allein« , viennois :

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    Le délicieux moment de charme pur d’Erich Wolfgang Korngold, dans le CD « Love Music » des magnifiques Yeol Eum Son et Svetlin Roussev…

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    Ecrit le jeudi 20 juin 2025 dans la rubrique “Histoire, Musiques”.

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    C’est le double vif intérêt que je porte et au compositeur Erich-Wolgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957)  _ ma discothèque personnelle compte à ce jout 27 CDs Korngold ; et cf mes articles« « , «  « , « « , « « , des 23 février 2020, 8 juin 2020, 13 août 2022, 14 août 2022, par exemple _ et au violoniste Svetlin Roussev ( Ruse-Bulgarie, 5 avril 1976) _ je l’ai découvert (et beaucoup apprécié !) récemment, à l’écoute du passionnant CD « Ravel à Gaveau«  ; cf mon article du 7 juin dernier « « … _, ajouté à la publication hier mercredi 19 juin sur son site Discophilia de l’article de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Wien nur du allein« , qui m’a fait d’abord découvrir, ensuite chercher à me procurer, le CD Naïve v 8122 « Love Music » de la pianiste Yeol Eum Son et du violoniste Svetlin Roussev _ un CD enregistré à Hanovre du 13 au 15 avril 2022…

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    Écoutez par exemple ceci (d’une durée de 7′ 01).

    Ou cela (d’une durée de 5′ 14).

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    WIEN NUR DU ALLEIN

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    Bonne pioche : Svetlin Roussev dégotta un jour une copie manuscrite d’une œuvre inédite de Franz Waxman. Cette fois, le compositeur d’Hollywood n’avait pas jeté son dévolu sur Carmen, mais sur Tristan et Isolde. Si Jascha Heifetz avait vu la partition, il l’aurait faite sienne comme la Fantaisie sur « Carmen ». Le charme fou _ oui ! _ qu’infuse Waxman à l’érotisme de Wagner _ oui ! _ est l’amorce d’un _ bien _ beau programme où l’archet savoureux de Svetlin Roussev fait une halte à Vienne _ voilà ! _, dans l’accompagnement si musical, si inventif de Yeol Eum Son dont j’avais tant goûté les Sonates de Mozart (voir ici).

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    C’est merveille pour les trois Alt-Wiener Tanzweisen de Kreisler, où il infuse plus de nostalgie que d’autres, préférant chanter (et même murmurer) plutôt que briller _ oui _, merveille toujours _ et surtout, pour ma part… _ pour les Korngold, Lied de Marietta _ de « Die Tote Stadt » _ tenu, gourmé, si senti, pièces tirées de Beaucoup de bruit pour riendélicieusement descriptives, assaisonnées d’une pincée d’ironie _ en effet _, si bien vues (et quel mariage archet-clavier !).

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    Puis soudain le feu, l’élan, l’appassionato absolu avec une lecture transcendante de la Sonate de Strauss, son grand opus de jeunesse, pas entendu aussi détaillé et aussi emporté à la fois, si chanté, depuis la gravure de Wolfgang Schneiderhahn. Coda à la limite du silence où l’archet semble dire les mots de Träume _ de Wagner _, finement transcrits par Leopold Auer.

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    Disque précieux _ absolument délicieux ! _ d’un violoniste trop rare _ mais oui ! _ qui a trouvé sa partenaire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Love Music

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    Franz Waxman (1906-1967)

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    Tristan and Isolde: Love Music

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    Erich Wolfgang Korngold(1897-1957)

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    Mariettas Lied zur Laute (extrait de « Die tote Stadt »)
    4 Pièces pour « Much Ado About Nothing » de Shakespeare

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    Fritz Kreisler (1875-1962)

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    Alt-Wiener Tanzweisen (No. 1. Liebesfreud – No. 2. Liebesleid –
    No. 3. Schön Rosmarin)

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    Richard Strauss (1864-1949)

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    Sonate pour violon et piano en mi bémol majeur, Op. 18, TrV 151

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    Richard Wagner (1813-1883)

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    Träume (No. 5, extrait des « Wesendonck-Lieder » ; version pour violon et piano : Leopold Auer)

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    Svetlin Roussev, violon
    Yeol Eum Son, piano

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    Un album du label naïve V8122
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    Photo à la une : la pianiste Yeol Eum Son et le violoniste Svetlin Roussev – Photo : © Young Hun O 

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    On pourra comparer l’interprétation des 4 pièces de « Much Ado About Nothing« , Suite Op. 11 (de 1918-19), d’Erich-Wolfgang Kornold par Svetlin Roussev et Yeol Eum Son, enregistrées en avril 2022 à Hanovre, aux plages 3 à 6 de ce CD « Love Music » Naïve V 8122, avec celle de Gil Shaham et André Previn, en leur CD Deutsche Grammophon 439886-2 « Barber – Korngold« , enregistrées en juin 1993 à Londres _ écoutez-ici (d’une durée de 5′ 35)…

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    Ce CD « Love Music » de Yeol Eum Son et Svetlin Roussev :

    un programme de charme pur et une interprétation absolument délicieux…

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    Ce jeudi 20 juin 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et voici que ce mois de juin 2025-ci, c’est avec Ravel que vient nous emballer, et même  nous stupéfier d’admiration !, Yeol Eum Son, et cette fois avec le parfaitement ravelien aussi – mais oui ! – Residentie Orkest The Hague, sous la direction idoinement ravelienne (!) elle aussi – chapeau bien bas… – d’Anja Bihlmaier – née le 11 octobre 1978, à Schwäbisch Gmünd, en Allemagne.

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    Cf ici le justissime article « Ravel compris » – un titre qui déjà dit beaucoup ! – que Jean-Charles Hoffelé consacre ce 28 juin même à ce stupéfiant éblouissant – miraculeux ? – CD Ravel de la magnifique pianiste coréeenne :

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    RAVEL COMPRIS

    On l’oublie parfois, mais les abimes du Concerto « à une patte », selon la formule – même – de Ravel, ont « précédé » de peu – et même bien plus que cela, tant les compositions lentes (et perfectionnistes) de ces deux Concertos par Ravel complètement s’entremêlent ! – les ébrouements solaires, les fantaisies « jazz » du Concerto en sol.

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    Dans son beau texte – passionnant ! – , qui poursuit le lacis des correspondances entre ces deux œuvres dissemblables seulement par l’apparence, Yeol Eum Son éclaire une part du propos de son disque

    – elle y met aussi l’accent sur l’irréfragable césure-fracture qu’a causé à la composition de Ravel l’effroyable Grande-Guerre ; et elle indique ainsi au passage que Ravel n’a plus jamais rien composé pour le piano seul après son sublimissime « Tombeau de Couperin » (1914 – 1917), qui ouvre d’ailleurs selon elle la « seconde période » de Ravel… ; d’où la renonciation de Yeol Eum Son d’adjoindre en ce CD aux deux Concertos des pièces pour piano seul de Maurice Ravel, et son choix final de quatre pièces de Bach dans des transpositions pourla main gauche du commanditaire du Concerto pour la main gauche Paul Wittgenstein…

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    La vigueur – splendide et naturelle, sans surtout jamais rien forcer – de son Concerto en sol montre sa grande sonorité, c’est toujours admirablement mené jusque dans le rêche voulu par l’orchestre de La Haye, cette vigueur rythmique sans dureté – toute en douceur rayonnante de la force… – ne fait pas traîner les deux Allegros, on s’en doute, et dans son soleil même le premier mouvement a plus d’ombres qu’attendu – en effet : la subtilité ravélienne est très justement rendue tant par la pianiste que par l’orchestre : le dialogue-osmose entre les deux est parfait. La cadence est assez fabuleuse, manière de préparer un des plus beaux Adagio assaique j’ai entendus, pesée parfaite, temps suspendu, une pincée de nostalgie, l’élégance un peu désabusée, quelque chose d’unique – et d’idoinement ravelien, faut-il y insister ? Non… Finale trépidant, un petit côté Ensor à l’orchestre, diablement attachant – oui ! – tout cela.

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    Et le Concerto en ré ? Livre d’abîmes certes, cette main gauche gourmande de tout le clavier a quelque chose de diabolique – oui ! – , assez Samson, mais dans le grand épisode central, Yeol Eum Son ose la diversité kaléidoscopique, les télescopages, une sorte de fantaisie débridée – oui : à la Ravel… – qui s’apaisent lors des cadences, parenthèses de songes d’un noir d’encre, où semble se lover le souvenir – oui – de Scarbo.

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    Complément pris chez – Paul – Wittgenstein, rares, éclairants, ajouts bienvenus – mais oui ! et très au-delà des rapports plus que difficiles de Ravel avec son commanditaire viennois… – à un nouveau – très – beau disque des Concertos de Ravel qui décidément ont de la chance, mais puisqu’elle a si bien commencé ici, Yeol Eum Son ferait bien d’oser – oui, oui – le face à face avec le piano seul.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Concerto pour piano et
    orchestre en sol majeur,
    M. 83

    Concerto pour piano main gauche et orchestre
    en ré majeur, M. 82

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750) / arr. Paul Wittgenstein (1887–1961)

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    Prélude en ut majeur,
    BWV 846/1 (No. 1, extrait de “Das wohltemperierte Klavier I”)

    Prélude en ut mineur, BWV 999
    Partita No. 1 en si bémol majeur, BWV 825 (extrait : VII. Gigue)
    Sonate pour flûte et clavecin en mi bémol majeur, BWV 1031
    (extrait : II. Siciliano)

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    Yeol Eum Son, piano
    Residentie Orkest The Hague
    Anja Bihlmaier, direction

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    Un album du label naïve V8447
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    Photo à la une : la pianiste Yeol Eum Son – Photo : © Marco BorggreveMais aujourd’hui  

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    Oui,

    ce Ravel-ci de Yeol Eum Son, Anja Bihlmaier et le Residentie Orkest The Hague – aucun d’entre ces magnifiques musiciens n’est français : c’est dire là combien Ravel est désormais idéalement saisi et compris en toute sa profondeur et ses délicatissimes nuances de par le monde entier… – , est bien un « Ravel » formidablement – miraculeusement ? – « compris« ,

    ainsi que viennent superbement le renforcer les très lucides analyses détaillées de la pianiste elle-même, en son précieux « A propos de cet enregistrement« , aux pages 9 à 12 du livret du CD, dans lequel non seulement Yeol Eum Son compare très précisément avec infiniment de finesse ces deux « Concertos » à la fois jumeaux – et parallèles – et dissemblables de Maurice Ravel, mais aussi distingue deux grandes périodes de composition de Maurice Ravel, fracturées par la tragédie effroyable de la Grande Guerre – et il faut ajouter aussi qu’après les décès de Claude Debussy (en 1917) et Gabriel Fauré (en 1924), Maurice Ravel devient le grand compositeur français, dont on va s’arracher les prestations, tant en tant que pianiste, que comme chef d’orchestre, de par le monde entier !.. – ;

    je la cite :

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     » « Quelle doit être la dernière pièce de ce puzzle ? » – qu’allait être le programme de ce CD Ravel… Je me suis posé cette question dès que j’ai commencé à élaborer ce projet en septembre 2022 – 20 septembre 2022 : date du tout premier enregistrement de ce CD Ravel, à La Haye. Pendant presque deux ans, je ne pouvais me décider. Le compléter avec des pages pour piano seul de Ravel paraissait évident – elle aurait pu choisir « Le Tombeau de Couperin » M. 68 (1914-1917), ou bien la version originale, composé à Lapras, en Ardèche, de « La Valse » pour piano seul M. 72b (1919-1920), qui font bien partie de ce que Yeol Eum Son qualifie de la « seconde période de création de Maurice Ravel« , mais alors ont désormais cessé les publications de partitions de ses œuvres pour piano seul… – , et pourtant cette idée ne me convenait pas. J’ai compris finalement la raison : le Ravel d’avant 1914 – celui de l’essentiel des pièces pour piano seul publiées comme telles par Ravel  : il n’en publiera donc plus après 1918 – m’a toujours paru éloigné de celui de l’après 1918 – soit le Ravel des deux « Concertos » : ses deux dernières très grandes œuvres (composées en 1929-1930 et 1929-1931)… Des compositeurs différents auraient pu signer la « Sonatine » (1903 – 1905) et « Le Tombeau de Couperin » (1914 – 1917), comme le « Trio pour piano » (1914) et la « Deuxième Sonate pour violon » (1923 – 1927), ou encore « Daphnis et Chloé »  (1909 – 1912) et le « Bolero » (1928), en dépit du matériau naturellement « commun »  à toutes ces compositions. (…)

    Il m’a semblé que les quatre pièces de J. S. Bach formaient un bon complément. Je les joue dans les arrangements pour la main gauche réalisés par Paul Wittgenstein, le commanditaire du « Concerto pour la main gauche », ce qui les relie indirectement aux œuvres de Ravel « …

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    Et ce CD est rien moins qu’une splendide éblouissante fête qui nous est ainsi offerte comme miraculeusement à partager !!!

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    Un CD absolument marquant !

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    Ce samedi 28 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le génie musical du duc Philippe d’Orléans (1674 – 1723), par le génie d’interprétation de Leonardo Garcia Alarcon (La Plata, 1976), en la « Suite d’Armide ou Jerusalem délivrée » (Fontainebleau, 1704) : la révélation extraordinaire d’un sublime chef d’œuvre marquant du Baroque français enfin exhumé…

    C’est bien l’incroyable révélation d’un sublime chef d’œuvre – enfin exhumé ! – du Baroque français, la tragédie en musique en un prologue et cinq actes « Suite d’Armide ou Jerusalem délivrée » – créée à Fontainebleau le 14 octobre 1704, et plusieurs fois rejouée en privé, mais jamais mise au répertoire de l’Académie royale de musique ; avec une unique source musicale conservée, à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris… – , que le génie d’interprétation de Leonardo Garcia Alarcon (La Plata, 1976), dirigeant sa Cappella Mediterranea et son Chœur de chambre de Namur – toujours magnifiques ! regardez cette brève vidéo (de 3′ 10) du chœur « Unissons nos cœurs à jamais« …  – , vient mettre splendidement à la disposition de notre écoute avec le magnifique double CD Château de Versailles Spectacles CVS 125 (Collection Opéra français n° 12 « Suite d’Armide ou Jerusalem délivrée« 

    – regarder ici cette brève vidéo de présentation (de 1′ 30) par Leonardo Garcia Alarcon lui-même… – ,

    avec aussi un casting parfait de chanteurs idoines : Marie Lys (Hermione), Véronique Gens (Armide), Gwendoline Blondeel (la Voix de Clorinde, une Suivante d’Armide, une Nymphe), Cyrille Dubois (Renaud), Nicolas Scott (Adraste, Alcaste, un Vieux Berger), Fabien Hyon (Vaffrin, un Guerrier), Victor Sicard (Tancrède), David Witczak (Ismen, Tissapherne)…

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    De ce très marquant et magnifique (!!!) événement musical et discographique, ont tout récemment témoigné,

    Charles Sigel, sur le site forumopera.com , en un article sobrement intitulé « Philippe d’Orléans, Suite d’Armide ou Jérusalem délivrée« , à la date du 7 avril dernier ;

    et, sur son blog Discophilia, Jean-Charles Hoffelé, avant-hier 23 juin, en un article intitulé « Armide retrouvée« …

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    Les voici donc :

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    CD
    7 avril 2025
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    Une redécouverte qui a tout d’une révélation
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    On pourrait croire qu’il s’agit d’une curiosité, mais c’est tout le contraire – que oui ! Servi par un cast impeccablement choisi, cet enregistrement, né d’un concert donné en 2023 au salon d’Hercule de Versailles et soulevé par la direction ardente – oui – de Leonardo García Alarcón, met en lumière un compositeur pour le moins inattendu – de nous tous jusqu’ici ! – et une œuvre singulière – absolument !

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    Le régent Philippe d’Orléans en 1715, par J.-B. Santerre

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    De ce prince, le Régent, on savait en somme – assez – peu de choses. Qu’il avait mené une vie de plaisirs, passablement dissolue, allant de petits soupers en soirées galantes avec ses « roués » – oui, oui… – , qu’il avait passé nombre d’années à attendre la mort de Louis XIV, son oncle, avant d’assurer la Régence (de 1715 à 1723) pendant la minorité de Louis XV.
    On se souvenait aussi de la mélancolie de Philippe Noiret dans Que la fête commence de Bertrand Tavernier (et de la gaillardise chaffouine de Jean Rochefort dans le rôle de l’Abbé Dubois).

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    Ce qu’on savait un peu, c’est que cet homme de volupté et de goût – oui – , mais assez avisé en politique, était fort cultivé, qu’il dessinait et gravait, et collectionnait les tableaux. Qu’il fit décorer le Palais-Royal, à Paris, qui lui était échu en apanage, dans un style nouveau préparant les courbes aimables du Louis XV.

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    Mais surtout que Philippe d’Orléans, fils de Monsieur, frère de Louis XIV, et de la Princesse Palatine, était fort mélomane. Que tout en s’intéressant à la géographie, aux mathématiques ou à l’optique, il avait pris des leçons de musique (et de composition) auprès de Charpentier – excusez du peu ! – , puis de Bernier, Campra et enfin Gervais à partir de 1700-1701. Saint-Simon, qui ne l’estimait guère, concède que « le duc d’Orléans aimait extrêmement la musique ; il la savait jusqu’à composer ». Le prince pratiquait le clavecin, la guitare, la flûte traversière, la viole de gambe et le chant, et avait bon goût : faisant nommer Charpentier et Bernier à la tête de la Musique de la Sainte-Chapelle ; favorisant Campra, protégeant Marais, Forqueray, Desmarest, Hotteterre, etc. ; faisant du Palais-Royal un foyer d’italianisme – voilà – , y accueillant des castrats, Pasqualino Tiepoli et Pasquale Betti, et nommant Charles-Hubert Gervais surintendant de sa musique.

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    Leonardo García Alarcón © D.R.

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    Gervais, collaborateur ou davantage ?

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    Gervais, justement, collabora (jusqu’à quel point ?) à l’élaboration de Penthée, l’autre opéra du Régent, et de cette Suite d’Armide dont vraisemblablement il assura la direction lors de la création le 14 octobre 1704 dans la galerie des Cerfs du palais de Fontainebleau où séjournait alors la cour.

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    Puis l’opéra fut redonné au Palais-Royal : « Il y eut au Palais-Royal un divertissement qui charma tous ceux qui eurent le bonheur de s’y trouver. Plus de 80 Concertans des plus habiles dans leur Art y firent répétition sous la conduite de Mr Gervais d’un Opéra intitulé Suite de l’opéra de Renaud & Armide. La surprise des Auditeurs fut grande, & quoiqu’ils eussent attendu beaucoup ce qu’ils entendirent fut trouvé beaucoup au-dessus de ce qu’ils attendaient. […] Je crois ne devoir rien dire davantage de ce divertissement, sinon qu’il semble qu’Apollon Dieu de la Musique ait versé ses connaissances dans le sein de quelqu’autre Dieu : je dis quelqu’autre Dieu, parce qu’il est des hommes que leur naissance et leur mérite mettent au dessus des Dieux de la Fable », écrit le Mercure Galant, dont les allusions à la « naissance » et au « mérite » désignent le Duc sans avoir à le nommer.

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    Véronique Gens et Marie Lys © Bastien Lansbergen

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    Dans l’élan de Lully

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    Ce qui est étonnant dès le prélude orchestral au premier monologue d’Herminie qui ouvre l’opéra, c’est la beauté et la richesse de l’orchestration (rappelons qu’on est là quelque trente ans avant – mais oui ! – l’Hippolyte et Aricie de Rameau…). Un opulent tissu de cordes et des contrechants de flûtes à bec colorent en arrière-plan une déclamation qui s’inscrit dans la postérité de la tragédie lyrique de Lully, où Marie Lys est superbe de passion contenue, de diction, de phrasé et de timbre. L’air assez bref « Qu’à son trépas » qui suit le long récitatif et s’appuie sur d’étonnantes cordes graves (violes de gambe et « basses de violons ») donne à Marie Lys l’occasion de montrer combien sa voix semble avoir encore gagné en richesse dans les graves, sans avoir rien perdu de sa lumière dans le registre supérieur.

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    Tandis que la malheureuse Herminie se désole que Tancrède, non seulement la réduise en esclavage, mais reste de surcroît rétif à son amour, Armide se lamente de n’avoir pas eu plus du succès avec Renaud (l’ami de Tancrède) qui est resté sourd à ses ardentes sollicitations… Résolue à se venger, elle promet d’épouser celui (d’Adraste ou de Tissapherne ou de « cent guerriers fameux ») qui occira Renaud.

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    Fragonard : Renaud dans les jardins d’Armide (vers 1760). Musée du Louvre

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    Italianismes

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    Véronique Gens, à qui la redécouverte de la tragédie lyrique doit tant, dessine une Armide vengeresse, à la voix certes plus mûre, mais royale de phrasé et de douleur blessée. « Je chercherais moins sa perte si je l’avais moins aimé », dit-elle… Gens a l’art de rehausser la poésie du baron de Longuepierre qui n’est peut-être pas de la qualité de celle de Philippe Quinault, et fait un usage copieux de fatal courroux, atteinte mortelle, charme affreux, juste vengeance, et autre cruel vainqueur…

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    Mais le Régent lui aussi l’améliore sérieusement : il passe avec naturel d’un style récitatif déclamé (sans doute, comme Lully, avait-il écouté la Champmeslé) à des airs plus mélodiques (qui témoignent de son goût pour la musique italienne). On remarque son habileté à animer le discours, en changeant le tempo à la fin du dialogue des deux femmes, sur « L’Amour causa mes malheurs ».

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    On remarque aussi un certain penchant au sarcasme dans le duo des prétendants, rivalisant de panache surjoué : Adraste (le ténor Nicholas Scott) et Tissapherne (la basse-taille David Witczak) comme les valets, Vaffrin, l’écuyer de Tancrède, et la suivante d’Armide (le ténor Fabien Hyon et le soprano Gwendoline Blondeel) mêlent leur voix pour un finale du premier acte qui semble s’inscrire dans la tradition de la comédie-ballet.

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    Fabien Hyon et Gwendoline Blondeel © Bastien Lansbergen

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    Souplesse des déplorations

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    Ce qui est plus personnel, c’est le pathétique de la nouvelle déploration, « Dans cette nuit de trouble et de douleurs », d’Herminie (Marie Lys, décidément magnifique) racontant à Vaffrin les avanies de Tancrède : c’est d’abord un arioso, très souple, que ponctue le continuo, dans une écriture calquée sur les affects du texte ; de là, insensiblement, on passe à nouveau sur « heureux et chers liens » à un air tendre où elle évoque la douceur de la captivité, quand, prisonnière de celui qu’elle aimait, son ennemi, elle le voyait sans cesse. Ce syndrome de Stockholm donne lieu à une mélodie effusive sur un lumineux accompagnement des cordes, d’une belle inspiration.

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    De même que la fière plainte, « Amour, funeste amour » d’Armide sur un ostinato mordant de cordes graves, aux effets dramatiques puissants.

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    Autre témoignage d’un talent d’orchestrateur très singulier (qui permet à la Cappella Mediterranea de déployer toutes ses couleurs), la « symphonie » précédent l’invocation de l’enchanteur Ismen (à nouveau David Witczak, qui peut là faire sonner toute sa puissance, un beau timbre très plein de baryton et son agilité dans les ornements).

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    Dans une scène très théâtrale (on ignore tout bien sûr d’une éventuelle mise en scène), Philippe d’Orléans fait appel à des bassons obligés, sur un tapis de cordes graves et des roulements de timbales imitant le tonnerre, pour des effets spectaculaires qui semblent préfigurer Spontini voire Berlioz.

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    En avance sur son temps

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    Cette scène fantastique est bâtie largement, avec, non moins pittoresque et colorée, une danse des Démons, à nouveau très appuyée sur les basses, scandée et vigoureuse, sur quoi surenchérit un chœur des Démons (le Chœur de Chambre de Namur comme toujours parfait – oui – de précision et de couleurs variées).

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    Le cantabile d’Ismen qui s’ensuit, très large, montre à nouveau les multiples talents du prince. Qui sans doute disposait d’interprètes de première force (il en avait les moyens) si l’on en juge par la difficulté et l’âpreté du monologue d’Armide, disant à la fois sa joie de terrasser bientôt Renaud et sa douleur de le perdre.

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    C’est à nouveau une manière d’arioso, très tragédie lyrique, montant jusqu’au plus haut de la tessiture, et s’interrompant pour de brèves ritournelles mélodiques, et des fusées des violons. L’ultime phrase,, « Et tu pourras alors le suivre et mourir de douleur d’avoir percé son cœur », est une manière de lamento, qui à nouveau sonne très en avance sur son temps.

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    Nicholas Scott © Bastien Lensbergen

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    Évidemment qu’on s’interroge : quelle est la part de la réalisation de l’orchestration par Leonardo García Alarcón dans le chatoiement de l’orchestre ? Une part aussi difficile à mesurer que celle de Charles-Hubert Gervais, qui peut-on penser n’est pas mince… * voir note importante en bas de page !

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    Une dramaturgie qui a de la force

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    Le livret a ses faiblesses (les clichés cités plus haut), mais d’un point de vue dramaturgique il a de la force.

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    Ainsi l’apparition de Tancrède (on change de personnage principal) au troisième acte. Victor Sicard dit autant qu’il chante, et avec beaucoup de largeur, et même de grandeur, la longue plainte du héros, se morigénant d’avoir tué Clorinde. Là encore le Régent (ou Gervais) passe avec décontraction du récit à l’air, pour revenir au récit, et ainsi de suite. Et que dire de la scène fantastique en Technicolor de la tempête, du vaste tintamarre, de « l’enchantement » (le mot est dans le texte) au milieu duquel Tancrède entend la voix de Clorinde. Mais ces timbales, ces violons agités, ces éclairs, sont peut-être moins audacieux que le discours décousu du héros, l’écriture hachée disant son désarroi, puis s’apaisant (sur un tapis de flûtes à bec) quand il entre dans le royaume de la mort.

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    Contrastant avec la terribilità de l’apparition de Tancrède, celle de Renaud s’entourera d’un frais bocage musical, à renfort de flûtes, pizzicati de cordes et chœur des Nymphes. Autant l’écriture vocale pour Tancrède avait été heurtée et expressionniste, autant celle pour Renaud est séraphique et virginale – oui. Cyrille Dubois est aussi limpide dans ce registre pastel que Victor Sicard est puissant dans le sien. Beauté du timbre, délicatesse des phrasés, fierté des accents – voilà, voilà – dans son dialogue avec la fausse Armide (l’excellente Gwendoline Blondeel), puis éclat de son chant triomphal, « C’est étendre trop loin », Cyrille Dubois déploie toute la palette du héros solaire. Et c’est l’une des réussites de cet enregistrement que ce jeu sur les couleurs de voix.

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    Le concert au salon d’Hercule en 2023 © D.R.

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    Les prémisses d’une sensibilité nouvelle

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    On mentionnera encore les belles déplorations d’Herminie à l’acte IV. Son lamento « Ô vue, hélas, à mes yeux si chère » sur un tapis songeur de cordes et de flûtes à bec (deux pupitres de « dessus de violon » et deux de flûtes) est d’un pathétique qui lui aussi semble en avance sur son temps. Ces courbes, ces inflexions, semblent augurer une sensibilité nouvelle. De même que le bucolique de la scène du Vieux berger (Nicholas Scott), avec accompagnement de trois hautbois.

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    Toile de Jouy et Hameau de la Reine avant l’heure…

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    En revanche, le double chœur des Chrétiens et des Sarrasins au début de l’acte V sonne encore très grand genre et Grand Siècle, comme la plainte d’Armide « Attends, Hélas ! Je vais cesser de vivre » où Véronique Gens est superbe de tragique – oui.

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    Entrelacs

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    Comme si le Régent balançait entre deux époques (c’est le cas, d’ailleurs), il s’offrira encore quelques originalités d’écriture, d’abord le duo d’Armide avec Renaud où les deux voix s’entrelacent et se recouvrent, puis l’élégie de Renaud « Heureux, et trop heureux » (Cyrille Dubois très inspiré – oui ! – ), enfin la nouvelle fusion des deux voix réconciliées, « Ô bonheur trop digne d’envie », culminant en un unisson, « Aimons-nous à jamais », adorné de flûtes, frémissant et sensible.

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    Tout comme le duo d’amitié quasi amoureux de Tancrède et Renaud, célébrant leurs retrouvailles : nouvel entrelacs de voix, et non moins charmant, non moins voluptueux, celles d’un ténor et d’une basse-taille.

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    Avant une autre symphonie richement colorée et un chœur final triomphant. L’enregistrement a heureusement conservé les applaudissements du public de la Salle de Concerts de Namur, saluant une redécouverte qui a tout d’une révélation.

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    * Information puisée à la source (Leonardo García Alarcón lui-même) : Aucune modification n'a été apportée à l'orchestration ; ce qu'on entend ici correspond exactement à la partition du Régent, telle qu'éditée par le Centre de Musique Baroque de Versailles. Ce n'en est que plus étonnant.
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    La Cappella Mediterranea pendant le concert de Namur © D.R.

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    Et maintenant l’article « Armide retrouvée » de Jean-Charles Hoffelé :

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    ARMIDE RETROUVÉE

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    On ne sait trop ce qu’apporta la plume du Régent à l’Hypermnestre de Gervais, quelques parties de tambour ?, mais jusqu’ici ce fut le seul écho de son art, en fait rien. C’est assez dire à quel point la révélation – voilà !!! – de sa Suite d’Armide fait sens.

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    Le neveu du Roi Louis XIV s’y révèle un compositeur de première force – absolument ! – , participant au renouveau – post-lullyste (Lully est décédé en 1687) – de la tragédie lyrique dont il avait savouré – dès sa jeunesse : il est né à Saint-Cloud le 2 août 1674 – les arcanes dans sa longue fréquentation des ouvrages de Lully. Son génie s’affranchit – fréqentant des compositeurs familiers du génie italien, tel Marc-Antoine Charpentier qui avait fait le voyage de Rome et appris auprès du grand Carissimi… – des conventions de l’époque – modulations saisissantes, orchestre opulent, débordé de couleurs, vocalité libre. Dans cet art si français qui semble se métamorphoser sous nos yeux pour anticiper Mondonville, des italianismes s’instillent – voilà ! – , un chant expressif éloigne le genre des rigueurs lullystes – à l’instar d’un Collasse composant sur un livret de La Fontaine son « Astrée« …

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    Et si Philippe d’Orléans avait écrit avec son Armide le fermoir des grandes tragédies suscitées par son oncle Louis XIV ? Avec lui un âge nouveau paraît, et à l’écoute de cette partition somptueuse – voilà ! – on ne peut que s’étonner – mais oui ! – de la voir enfin seulement enregistrer. Il suffisait d’en voir la musique – mais qui en avait eu vraiment la curiosité jusqu’ici ? – pour en savoir la valeur.

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    Leonardo García Alarcón lui rend sa magnificence – oui ! – , animant les intrigues et les sortilèges (les dernières scènes de l’Acte III), ardant les combats (celui à l’écart de la scène de Tancrède et Argant, la bataille qui emplit l’Acte V), suspendant les épisodes lyriques et faisant les divertissements brillants au possible.

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    Il a pour lui une distribution parfaite – oui !!! – , Véronique Gens, Armide idéale, Cyrille Dubois, Renaud conquérant au ténor éclatant, Victor Sicard, Tancrède tourmenté, Marie Lys, Herminie touchante, chœurs impeccables, restitution exemplaire qui laissent espérer demain, la résurrection de Penthée par les mêmes – mais oui, mais oui .

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Philippe d’Orléans
    (1674-1723)

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    Suite d’Armide ou Jérusalem délivrée,
    tragédie en musique en 1 prologue et 5 actes

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    Marie Lys, soprano
    (Herminie)
    Véronique Gens, soprano
    (Armide)
    Gwendoline Blondeel, soprano (La voix de Clorinde, Une suivante d’Armide, Une Nymphe)
    Cyrille Dubois, ténor (Renaud)
    Nicholas Scott, ténor (Adraste, Alcaste, Un vieux berger)
    Fabien Hyon, ténor (Vaffrin, Un guerrier)
    Victor Sicard, baryton (Tancrède)
    David Witczak, baryton (Ismen, Tissapherne)

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    Chœur de Chambre de Namur
    Cappella Mediterranea
    Leonardo García Alarcón, clavecin, direction

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    Un livre-disque de 2 CD du label Château de Versailles Spectacles CVS125
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Leonardo García Alarcón –
    Photo : © Benoît Lambert

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    Une re-découverte majeure du répertoire baroque français

    offerte ainsi spendidement à notre jouissance par ce merveilleux double CD !

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    Ce mercredi 25 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une parenthèse discographique non jubilatoire pour une fois : découvrir le CD « Pressentiment – Janacek – Schumann – Schoenberg – Brahms » de Claire Désert : à la rencontre fantastique d’une prescience musicale estompée, toute en brumes, d’un tragique à venir et qui viendra…

    La pente de mes goûts musicaux – ainsi qu’existentiels ! – me porte, c’est certain, vers le jubilatoire ; et de la compagnie amicale de certaines musiques, je sais pouvoir en effet compter, à leur meilleur, sur une merveilleuse et fidèle formidable exaltation de joie…

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    Cependant je m’autorise ici une petite parenthèse en orientant aujourd’hui ma curiosité musicale et discographique vers le CD Mirare MIR 758 « Pressentiment – Janacek – Schumann – Schoenberg – Brahms » que vient de nous proposer la pianiste Claire Désert – Angoulême, 5 mai 1967 – ,

    suite à ma lecture de l’article enthousiaste – sur ce CD – sorti la plume de Jean-Charles Hoffelé, le 19 juin dernier, et que celui-ci a intitulé rien moins que « Maître-disque » !

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    Et peut-être aussi et surtout du fait de ma passion pour l’œuvre de musique de chambre et de piano si étrangement génialissime, et bouleversante, de Leos Janacek, qui me parle beaucoup…

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    Et admirez ici, au passage, cette éblouissante vidéo (de 5′ 47) du fantastique mouvement « Pressentiment. Con moto » qui ouvre si sublimement la Sonate « 1. X. 1905 » de Leos Janacek sous les doigts transfigurés et hypnotiques de Claire Désert, en ouverture de cette aventure audacieuse – comme en aveugle et dans le brouillard… – dans l’exploration aventureuse de l’étrange – à la Edgar Allan Poe (1809 – 1849), en ses « Histoires extraordinaires« … – que Claire Désert nous propose – en ce décidément peu banal, extraordinaire, CD – : une exploration musicale hallucinée du « temps suspendu et angoissé du pressentiment« …

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    MAÎTRE-DISQUE

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    Il y aurait comme une contradiction dans le programme, du moins sur le papier – en effet ! Que viennent faire ici – en ce programme de CD – les Valses Op. 39 de Johannes Brahms ? – on peut d’entrée se poser la question…

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    Il suffit d’entendre l’album – intitulé « Pressentiment » – pour comprendre. La porte sur l’autre monde, le monde moderne – terriblement angoissant et angoissé – , qu’ouvre – en 1905 – la Sonate de Leoš Janáček qui fascinait tant Radu Lupu, est l’autre issue de cette maison où dansaient sous le péristyle les Valses de Brahms, que Claire Désert ombre d’une nostalgie, celle du monde d’hier qui sait déjà – en le pressentant musicalement… – celui de demain, manière de boucler la boucle temporelle à l’envers, comme une apostille à ce si beau disque. – dont l’ordre proposé à l’écoute du CD est le suivant : Janacek – 1905, puis Schumann – 1839, Schoenberg –  1909 et enfin Brahms – 1866…

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    La tension – tragique – de la Sonate de Janáček est menée a poco, avec un art souverain des gradations, des suspensions, des interrogations, quelque chose de schubertien – délicat et lumineux donc… – dans ces paysages de brouillard et de glace, tout un imaginaire qui me donne envie de l’entendre parcourir le Sentier, se perdre dans les Brumes – qui suivront pour Janacek – , mais non, elle aura choisi les si difficiles Nachtstücke, en trouvant l’étrange poésie où paraît déjà – en 1839 – l’ultime Schumann, ce dont elle a la prescience dans son jeu empli de fantômes – voilà ! : plutôt loin des tropismes de mon univers personnel, donc, si je puis et ose dire….

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    Merveille triste – voilà ! – qui prépare aux directions perdues, à la nuit sans lune de l’Opus 11 où Schönberg s’approche de la raréfaction, et des éclipses que Webern poursuivait sous ses yeux, cycle génial qui échappe souvent à ceux qui n’en voient pas le sous-texte : Claire Désert nous le fait entendre. Brahms peut – lui aussi – venir, mais il ne nous consolera pas – serait-ce là masochisme ?.. – ; le pari de cet opus singulier – qu’est ce CD – , l’un des achèvements de l’art de la pianiste, est remporté.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Leoš Janáček (1854-1928)

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    1.X.1905 – Sonate pour piano en mi bémol mineur,
    JW 8/19

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    Robert Schumann
    (1810-1856)

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    4 Nachtstücke, Op. 23

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    Arnold Schönberg
    (1874-1951)

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    3 Klavierstücke, Op. 11

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    Johannes Brahms
    (1833-1897)

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    16 Valses, Op. 39 (version pour piano seul)

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    Claire Désert, piano

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    Un album du label Mirare MIR758
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    Photo à la une : la pianiste Claire Désert – Photo : © Jean-Baptiste Millot

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    Une expérience fantastique – et infernale : à la Dante, après Virgile… – , et à l’inverse exact du jubilatoire – qui exalte et que j’aime arpenter et fréquenter… – , qui bouleverse très effectivement…

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    Une petite parenthèse, en effet, comme j’avais commencé par dire, et qui fait frissonner…

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    Ce lundi 23 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa