Étiquette : Discophilia

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

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    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

    …

    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

    …

    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

    …

    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

    …

    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

    …

    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

    …

    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

    …

    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

    …

    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

    …

    ce qui s’impose ici…

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    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

    …

    Et qu’on en juge ici : 

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    LE PLEIN ET LE VIDE

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    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

    …

    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

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    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

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    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

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    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

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    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

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    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

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    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

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    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

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    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

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    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un épatantissime CD « Ravel – Reflections » par un brillantissime subtilissime Anton Gerzenberg : une grandissime « révélation » !..

    Pour reprendre le très opportun titre « Révélation » choisi par le bon Jean-Charles Hoffelé en son justissime article « Révélation » en date du 23 juin dernier sur son site Discophilia – qui m’avait conduit à commander illico presto ce CD Prospero PROSP0130 « Ravel – Reflections – Balakirev – Liszt – Godowski«  à mon disquaire préféré – ,

    et dont voici la teneur :

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    RÉVÉLATION

    Tant de lumière dans Ondine, et des couleurs comme jetées à plein baquet, un si grand son ouvert, infini, qui ose ainsi éclairer en nuit américaine le nocturne vampirique qui ouvre Gaspard de la nuit ?

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    Anton Gerzenberg, Premier Prix du Concours Géza Anda de 2021. Ce ne sont pas les échos des épreuves du Concours – de 2021 – que l’on entend ici, mais des captations en direct – live – réalisées – au mois d’avril 2025 – à Partenkirsche Kempen. Le Steinway est – absolument – superbe, l’acoustique de la salle donne une aura supplémentaire à ce jeu si ample – oui – qui sait réduire la focale lors d’un Gibet glacial, et mieux l’ouvrir pour ce Scarbo sulfureux en diable – en un esprit parfaitement idoine…

    …

    Ravel est le fil conducteur – en effet – de ce disque épatant – épatantissime, dirai-je même – , Jeux d’eau pleins préférant le jaillissement – vivace – au perlé, Valses nobles et sentimentales pensées orchestre – les premiers accords sonnent sans le « serré » obligé chez des pianistes moins virtuoses, les fantômes s’invitent à mesure, l’ultime est étrange comme il faut – mais écoutez aussi cet Islamey impeccable, où les doigts volent, poudroyant autant de couleurs, ou encore la palette solaire – déliciosissime – des – déjà merveilleux, magiques ! –  Jeux d’eau à la Villa d’Este, sans oublier la grande fantaisie délirante osée par Godowsky sur la Fledermaus, sacrant un virtuose « à l’ancienne » qui ose être moderne. Joseph Moog n’est plus seul à rêver à l’âge d’or des pétrisseurs d’ivoire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ravel Reflections

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Gaspard de la nuit,
    M. 55

    Jeux d’eau, M. 30
    Valses nobles et sentimentales, M. 61

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    Mili Balakirev (1837-1910)

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    Islamey, Op. 18

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    Franz Liszt (1811-1886)

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    Les jeux d’eaux à la Villa d’Este (No. 4, extrait des « Années de Pèlerinage III »)

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    Leopold Godowsky (1870-1938)

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    Die Fledermaus – Métamorphoses symphoniques [No. 2] sur des thèmes de Johann Strauss

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    Anton Gerzenberg, piano

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    Un album du label Prospero Classical PROPS0130 (Collection “Geza-Anda Stiftung“)…

    Photo à la une : le pianiste Anton Gerzenberg –
    Photo : © Anna Tena

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    je ne peux qu’abonder, et avec une jubilation multipliée par dix, à l’enthousiasme de cet excellent critique de disques :

    un interprète superlatif, Anton Gerzenberg – né à Hambourg le 7 août 1996 – s’est ici en effet révélé, en ce programme magnifiquement composé, qui plus est,

    en ce superbissime CD « Ravel – Reflections – Balakirev – Liszt – Godowski » – enregistré à Kempen au mois d’avril 2025…

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    Et regardez et écoutez le témoignage ramassé d’Anton Gerzenberg en la vidéo de ce Trailer de 5′ 20…

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    Ce mercredi 8 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un chef d’œuvre aujourd’hui oublié et un jalon important jusqu’ici négligé de l’histoire de la musique maintenant splendidement restitué au CD par Christophe Rousset et ses Talens lyriques : l’ »Ifigenia in Tauride »(créée à Vienne le 4 octobre 1763) de Tommaso Traetta (1727 – 1779)…

    C’est un chef d’œuvre aujourd’hui bien oublié et pourtant un jalon important jusqu’ici négligé de l’histoire de la musique qui vient de nous être splendidement restitué maintenant au CD par Christophe Rousset et ses Talens lyriques, pour le label de très grande qualité Aparté : l’ »Ifigenia in Tauride » (créée à Vienne le 4 octobre 1763) de Tommaso Traetta (Bitonto, 30 mars 1727 – Venise, 6 avril 1779), avec ce magnifique double album (de 159′) Aparté AP 399 – enregistré à Innsbruck du 27 au 29 août 2025 – ,

    une nouveauté discographique très heureusement signalée par les articles de Pierre Degott « Résurrection d’Ifigenia in Tauride de Tommaso Traetta » pour ResMusica le 23 juin dernier et Jean-Charles Hoffelé « Iphigénie viennoise » sur son site Discophilia le 3 juillet dernier …

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    Articles que voici – avec mes menues farcissures en rouge – :

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    Résurrection d’Ifigenia in Tauride de Tommaso Traetta

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    Les Clefs du mois

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    À la tête d’une distribution de haut vol, insuffle vie et passion – oui – à un – important – maillon manquant – de l’histoire de la musique : voilà – entre Gluck et l’école napolitaine finissante. Une découverte qui réjouira – oui ! – tous les amoureux de l’opéra italien du XVIIIᵉ siècle.

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    Le festival de musique ancienne d’Innsbruck 2025 aura été l’occasion de deux découvertes musicales majeures, l’Ifigenia in Aulide (1718) de Caldara et l’Ifigenia in Tauride (1763) de Traetta. Seul le deuxième ouvrage, semble-t-il, a été jugé digne d’intéresser le public discophile. Il est vrai que l’esthétique musicale de Traetta, à l’instar de celles de ses contemporains Gluck, Jommelli et Sacchini, frappe l’auditeur par son recours à des formes musicales traditionnelles, mais également par ses tentatives de « moderniser » l’opera seria en y introduisant différents courants propres à la sensibilité de la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Créé à Vienne juste un an – et c’est bien sûr à souligner – après l’Orfeo de Gluck, avec dans le rôle d’Oreste le castrat Gaetano Guadagni, créateur également du rôle d’Orfeo, l’opéra Ifigenia in Tauride fait bel et bien partie de ces opéras dits « réformés » que l’on écoute aujourd’hui avec le plus grand intérêt – et plaisir : absolument. Encore très tributaire encore de l’aria ABA’, l’ouvrage fait la place belle au récitatif accompagné, aux ensembles vocaux et surtout au chœur, ce dernier jouant un véritable rôle dramatique dans une action qu’il ne fait pas que commenter. En cela, il se détache très nettement – oui – des opéras napolitains encore en vigueur dans les années 1760, et cela pour le plus grand bonheur – voilà ! – de tous.

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    L’action, on s’en doute, est peu ou prou – forcément – la même que celle de l’Iphigénie en Tauride de Gluck. Y a été introduit le personnage de Dori, qui en trahissant le tyran Toante et les prêtres du temple, aide le fidèle Pilade à sauver du sacrifice son ami Oreste, condamné à être exécuté par Iphigénie.

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    Du côté des performances vocales, l’enregistrement regorge – mais oui – de très belles découvertes – d’interprétation. Au grain de voix plus dramatique que les deux autres sopranos, savonne quelque peu ses vocalises même si elle propose une prestation de belle qualité. , en Pilade, impressionne par un joli timbre argenté et des vocalises à la vitesse supersonique. Non moins virtuose, dispose d’un timbre rond, frais et charnu, d’un suraigu puissant et nourri et d’un flair dramatique qui lui permet de rendre compte de la complexité – voilà – des sentiments d’Iphigénie. En Toante le ténor australien possède lui aussi tous les atouts vocaux pour faire vivre un personnage tout d’une pièce : des vocalises acérées, des aigus percutants et un timbre d’une grande beauté qu’on espèrerait entendre dans un rôle de personnage plus sympathique. Le contreténor polonais sera sans doute une révélation. Dans le rôle – d’Oreste – conçu pour Guadagni, il triomphe non pas par la virtuosité vocale mais par l’onctuosité de la ligne vocale, par un legato rond et crémeux et surtout par l’expressivité de son chant – voilà. Ses airs ainsi que son duo avec Iphigénie comptent ainsi parmi les plus belles réussites – en effet – de la partition.

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    À la tête de ses Talens Lyriques, est l’artisan de cette belle réussite musicale. Énergique sans être frénétique – jamais chez lui… – , sa direction vive et précise – oui – soigne aussi bien les parties solistes que les ensembles instrumentaux et les chœurs. On notera enfin la belle participation de l’ensemble vocal , très sollicité dans cet opera seria réformé où la place du chœur est une remarquable innovation.

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    Tommaso Traetta (1727-1779) : Ifigenia in Tauride, dramma per musica in tre atti. Livret de Marco Coltellini.Avec Rocío Pérez, soprano (Ifigenia) ; Rafał Tomkiewicz, contre-ténor (Oreste) ; Suzanne Jerosme, soprano (Pilade) ; Alasdair Kent, ténor (Toante) ; Karolina Bengtsson, soprano (Dori). Ensemble NovoCanto. Les Talens lyriques, direction : Christophe Rousset.2 CD Aparte. Enregistrés en août 2025 lors du Festival de musique ancienne d’Innsbruck.

    Notice de présentation trilingue (anglais, allemand et français). Durée totale : 159:00

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    Et 

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    IPHIGÉNIE VIENNOISE

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    Le 4 octobre 1763, le palais du château de Schönbrunn accueillait cette Ifigenia in Tauride composée par Tommaso Traetta pour le couple impérial. Gaetano Guadagni venait – événement très marquant ! – d’incarner l’année précédente sur la scène viennoise l’Orfeo de Gluck, Traetta releva le défi – voilà ! – de lui écrire cet Oreste élégiaque et blessé qui ne pâlit pas devant l’aède de son prestigieux rival.

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    Certains auront sacré la puissance dramatique – voilà ! – si suggestive du chef-d’œuvre de Traetta à la même aune que le geste plus uniment lyrique – oui – de l’opéra de Gluck, l’écoute de cette résurrection captée dans le cadre du Festival d’Innsbruck – le livret documente par de beaux clichés la mise en scène élégante de Nicola Raab – leur donne raison – oui.

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    Le livret habile de Marco Coltellini – Montepulciano, 24 mai 1724 – Saint-Pétersbourg, Novembre 1777 – sert les intentions novatrices du compositeur, les da capos creusent les sentiments, augmentent la vérité des portraits psychologiques, la plume – dramatique très expressive – de Traetta est inspirée au point qu’on ne songe guère – voilà : Traetta sait très bien s’en démarquer – à l’emprise que Gluck étendait sur l’apogée déclinante de l’opera seria.

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    Les airs virtuoses sont stupéfiants – voilà ! – autant par leurs pyrotechnies que par leur impact émotionnel – surtout – , mais comment ne pas entendre dans les pages lyriques des mélodies déjà – mais oui... –  mozartiennes ? Ecoutez seulement – plage 2 du CD n° 2 – le sommeil d’Oreste et son air « Deh ! per pieta, placatevi » (avec un violoncelle concertant surprenant) si finement chanté par Rafał Tomkiewicz. À lui le redoutable défi de reprendre ce rôle écrit pour Guadagni, il le fait avec une grâce certaine – oui – qui rend son Oreste si émouvant – voilà.

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    Splendide (et supra virtuose) l’Ifigenia de Rocío Pérez (« So, che pieta de’ miseri ») alors que Suzanne Jerosme offre son timbre versicolore à un Pilade dont la psyché est finement saisie par Traetta (« Grazie, pietosi Dei »). Karolina Bengtsson confère une vraie présence à Dori. Alasdair Kent ne rend-il pas l’odieux Toante supportable ? Sa présence scénique devait être à la hauteur de son chant dardé qui fascine, décidément un ténor à suivre.

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    Après la renaissance discographique d’Antigona – paru en 2000 pour le label Decca – , il fallait bien que Christophe Rousset et ses Talens Lyriques reviennent enfin à Traetta ; aidés par Novo Canto ils en magnifient le théâtre inventif – voilà, voilà – , capturant toutes les subtilités – absolument – dont Traetta aura empli cette somptueuse – c’est le mot juste ! – Ifigenia in Tauride, laissant espérer qu’il se pencheront demain sur cette Armida composée elle aussi pour Vienne deux années auparavant – cette Armida de Traetta a été créée à Vienne le 3 janvier 1761.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Tommaso Traetta
    (1727-1779)

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    Ifigenia in Tauride

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    Rocío Pérez,
    soprano (Ifigenia)
    Rafał Tomkiewicz,
    contre-ténor (Oreste)
    Suzanne Jerosme,
    soprano (Pilade)
    Alasdair Kent, ténor (Toante)
    Karolina Bengtsson, soprano (Dori)

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    Novo Canto
    Les Talens Lyriques
    Christophe Rousset, direction

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    Un livre-disque de 2 CD, au livret soigné, du label Aparté AP399

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    Photo à la une : © DR

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    Pas seulement donc un jalon important de l’histoire de la musique,

    mais un somptueux chef d’œuvre d’opéra seria de Traetta, splendidement servi ici au disque pour le label Aparté par la direction très juste, à la fois dramatique et subtile, de Christophe Rousset : une importante et très marquante réalisation ! 

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    Ce lundi 6 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un éblouissant idoinement idiosyncrasique CD Szymanowski par Szymon Nehring, au piano, et Marin Alsop dirigeant le Polish National Radio Symphony Orchestra, avec la Symphonie n°4 concertante Op. 60 et un choix de 10 Mazurkas de l’Op. 50 : une révélation magique !

    C’est proprement une révélation subjuguante pour nos oreilles de mélomane amoureux fou de l’œuvre de Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1882 – Lausanne, 29 mars 1937), que cet éblouissant idoinement idiosyncrasique CD Szymanowski par Szymon Nehring, au piano, et Marin Alsop dirigeant le Polish National Radio Symphony Orchestra – un CD renversant, comportant la Symphonie n°4 concertante Op. 60, ainsi qu’un choix de 10 Mazurkas extraits de l’Op. 50, qui en comporte 20 – que vient nous proposer le label Rubicon RCD 1215 – enregistré d’une part à Katowice au mois de mars 2025 pour la Symphonie concertante, et d’autre part à Varsovie au mois de mai 2022 pour les Mazurkas – , dont j’ai découvert l’existence le 20 juin dernier par un article intitulé « Dans les Tatras » de Jean-Charles Hoffelé paru ce jour-là,

    et que je me suis empressé d’aller illico presto commander à mon disquaire préféré, et ai reçu hier 2 juillet : un éblouissement enchanteur dès la première écoute de ses 52′ 38 – dont voici, et à défaut d’extraits disponibles de ce CD, une trop brève (et frustrante) vidéo de présentation (de 53′)…

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    Voici donc d’abord ce précieux et remarquable article « Dans les Tatras » de Jean-Charles Hoffelé,

    qui m’a fait connaître et commander ce magique CD :

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    DANS LES TATRAS

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    Au centre de son premier disque, enregistré alors qu’il n’avait que 22 ans, tout l’art de Szymon Nehring s’employait – déjà – à son meilleur dans les Variations, Op. 3 (voir ici),  après un album Chopin (voir ici) et un autre consacré à des partitions pour piano et orchestre de compositeurs minimalistes, il fallait bien qu’il revienne à Szymanowski.

    …

    Pas Métopes ni Masques, mais la Symphonie concertante – où il tient le piano – et un grand bouquet – de piano seul, cette fois – pris dans les Mazurkas, Op. 50, une immersion dans l’autre Szymanowski, celui qui, à compter d’Harnasie – un superbe ballet, Op. 55, créé en 1923 – , assume une langue devenue plus rude – voilà… – incarnée dans les idiomes stylisés d’un certain folklore, garant comme chez Bartók d’une radicalisation de la syntaxe, d’une épure des rythmes – voilà, voilà : c’est là très justementt perçu.

    …

    Le début de la Symphonie concertante – de 1932 – semble émaner de l’étoffe des songes, l’art si subtil – oui – du pianiste, ses colorations irisées – oui, oui, oui – font entendre la petite mélodie de berger comme jadis l’évoquait Arthur Rubinstein – dédicataire de cette œuvre pour piano et orchestre, créée à Poznan le 9 octobre 1932, avec Karol Szymowski au piano… L’élégie atmosphérique de l’Andante est elle aussi rêvée, et les danses du Finale – dont la partie centrale sonne avec une poésie introuvable ailleurs (et pourtant Leif Ove Andsnes, Louis Lortie, Ewa Kupiec) – évite l’effet bruitiste, la raideur qui souvent empèsent l’œuvre d’ailleurs dès son premier mouvement : Marin Alsop évitera même le charivari de la coda, rendant lisible l’effervescence du piano – tout cela est en effet splendide…

    …

    Magique !  – voilà !!! – , comme les dix Mazurkas de l’Opus 50 – de 1924- 26 – , dites avec une élégance nostalgique – oui – , sans appui mais pas sans vertige – oui, oui, oui – , très façon Bartók – absolument ! Szymon Nehring sait bien qu’elles sont les chefs-d’œuvre les plus délaissés du piano de Szymanowski, d’ailleurs les dix autres auraient pu tenir – eh oui ! – sur le disque, absence qui – bien évidemment – avive les regrets.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Karol Szymanowski
    (1882-1937)

    …
    Symphonie No. 4, Op. 60
    « Symphonie Concertante »

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    Mazurkas, Op. 50 (10 extraits : No. 1. Sostenuto ;
    No. 2. Allegramente ;
    No. 3. Moderato ;
    No. 4. Allegramente ;
    No. 11. Allegretto ; No. 6. Vivace ; No. 13. Moderato ; No. 18. Vivace ; No. 17. Moderato ; No. 16. Allegramente)

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    Szymon Nehring, piano
    Polish National Radio Symphony Orchestra
    Marin Alsop, direction

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    Un album du label Rubicon RCD 1215
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    Photo à la une : le pianiste Szymon Nehring, avec Marin Alsop –
    Photo : © DR

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    Karol Szymanowski est bien présent, incarné, dans ce si merveilleux CD – contrasté et varié, et subtil… – de Szymon Nehring et Marin Alsop dirigeant l’idiosyncrasique Polish National Radio Symphony Orchestra…

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    Une excellente entrée, donc, à la magie complexe et tellement prenante de l’œuvre bouleversante et si sensuelle – mais pas que – , de Karol Szymanowski…

    Un très grand disque !

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    Ce vendredi 3 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa