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  • L’art du chant français du règne de Louis XIV : Dumesny, haute-contre de Lully, par Reinoud van Mechelen et A Nocte Temporis

    Dès le 17 novembre dernier,

    j’avais consacré un petit article

    au remarquable CD Alpha 554 Dumesny haute-contre de Lully

    de Reinoud van Mechelen et A Nocte Temporis.

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    Ce vendredi 10 janvier,

    sur son blog Discophilia,

    Jean-Charles Hoffelé consacre un intéressant article

    intitulé La Voix de Lully

    à ce CD.

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    Le voici :

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    LA VOIX DE LULLY

    Bernard Clédière parti _ après le succès de Proserpine en 1680 ; il avait chanté dans Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée, Atys, Isis, Psyché, Bellérophon et Proserpine de 1673 à 1680 _, Dumesny devint le premier haute-contre de la fin du règne musical de Lully, créateur de Persée, Phaéton, Amadis, Roland, Armide, Acis et Galatée _ de 1682 à 1686. Sa haute stature, son port noble charmèrent le Florentin autant que sa voix subtile qui aimait à briller dans les emplois passionnés. Lully disparu _ le 22 mars 1687 _, Dumesny continua à fasciner les compositeurs de la génération suivante avant que l’embonpoint et le déclin de son instrument à la justesse de plus en plus incertaine l’éloigne de la scène où il lui fallait six bouteilles de champagne par soirée.

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    L’illustration de l’album ne manque pas de piquant, on y voit Reinoud Van Mechelen, casserole _ de cuivre _ en main, rappelant que notre haute-contre, jeune homme, fut cuisinier de l’Intendant Foucault à Montauban _ beaucoup des grands chanteurs du Baroque français étaient originaires du Midi. Admiratif, le public pince sans rire lui adressait en guise de compliment : « Ah ! Phaéton, est–il possible/ Que vous ayez fait du bouillon ? ».

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    L’occasion est belle pour Reinoud Van Mechelen de parcourir les plus beaux airs que chanta Dumesny, du Persée (1682) de Lully à Amadis de Grèce (1699) de Campra, y mettant une discrète prononciation d’époque qui ne parvient pas à déparer les élégies et les plaintes, les magiques chants de sommeil, comme les airs plus expansifs (« Ma vertu cède au coup » du Théagène et Cariclée de Desmarest).

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    Au rang des premières, une merveille, « Infortuné, que dois-je faire ? » de la Didon de Desmarest et plus encore « Amour, que sous tes lois » du Céphale et Procris d’Elisabeth Jacquet de la Guerre, ouvrage qui finira bien par trouver les bonheurs du disque.

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    La voix souple, le timbre élégiaque du ténor _ oui _ se marient aux décors nostalgiques dont il cerne lui-même ses mots ; comme les couleurs de A Nocte Temporis lui font un écrin profond !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Dumesny, haute-contre
    de Lully

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    Airs et scènes extraites d’œuvres de Jean-Baptiste Lully, Pascal Collasse, Henry Desmarest, Marin Marais, Louis de Lully, Marc-Antoine Charpentier, Elisabeth Jacquet de la Guerre, Charles-Hubert Gervais, André Cardinal Destouches, André Campra

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    Reinoud Van Mechelen, ténor
    A Nocte Temporis, mezzo-soprano

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    Un album du label Alpha Classics 554
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    Photo à la une : le ténor Reinoud Van Mechelen – Photo : © Senne Van der Ven

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    Une très remarquable contribution

    à une meilleure connaissance du chant lullyste français,

    en plus du charme tendre de sa beauté.

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    Ce vendredi 10 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

     

  • Dire Schubert : admirable lecture de Ian Bostridge dans le Winterreise de Schubert (et Müller), avec Thomas Adès au piano

    Ian Bostridge est un merveilleux schubertien

    _ cf aussi son extraordinaire essai : Le Voyage d’hiver de Schubert : anatomie d’une obsession.

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    Son Winterreise de Franz Schubert (et Wilhelm Müller),

    soit le CD Pentatone PTC 5186 764,

    est plus qu’admirable :

    sublimissime !

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    Voici ce qu’en disait le 20 décembre 2019,

    en un très éloquent article

    simplement intitulé Dire,

     Jean-Charles Hoffelé

    en son blog Discophilia :

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    DIRE

    Ian Bostridge souffre d’un tropisme Winterreise, qui songerait à le lui reprocher ? Il revient _ une fois encore : la troisième ; la première fois, c’était avec Julius Drake, et la seconde fois, avec Leif Ove Andnes _ arpenter _ oui, pas à pas _ le cycle en se laissant conduire _ oui _ par le piano fraternel _ oui _ de Thomas Adès, abîme de douceur _ oui, et d’écoute _ où sa voix parvenue comme au bout d’elle-même ne chante plus, mais dit _ voilà ! _ avec des tendresses, des tristesses qui refusent le tragique _ aux antipodes du moindre maniérisme. Cet abandon du chant pour le mot _ voilà _ en déconcertera plus d’un, d’autant que Thomas Adès revenant de son côté au manuscrit original de Schubert présente un texte plus nu _ oui.

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    Ce Winterreise sans décor _ de théâtre _ force l’audition par la seule poésie _ absolument ! _ et Bostridge à l’encontre de tant de ténors revenant tardivement au cycle, et des plus grands – Haefliger, Patzak, Dermota même qui simplement y vint à son automne – qui y chargeaient le texte de chant quitte à pousser leurs instruments, célèbre _ oui _ autant Wilhelm Müller _ le poète _ que Schubert _ le compositeur.

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    Lecture donc _ oui _, au plus noble sens du terme, que j’écoute fasciné par un art ayant abandonné tout artifice _ oui ! _, lui que tant ont cru si longtemps n’être justement que cela.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Schubert
    (1797-1828)
    Winterreise, D. 911

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    Ian Bostridge, ténor
    Thomas Adès, piano

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    Un album du label Pentatone PTC5186764
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    Photo à la une : le ténor Ian Bostridge – Photo : © Simon Fowler

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    Une lecture indispensable, donc.

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    Ian Bostridge est un admirable interprète.

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    Ce mercredi 8 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ré-écouter au CD la grandissime voix de Dmitri Hvorostosky : une compilation de live avec l’Orchestre de l’Opéra de Vienne

    Dmitri Hvorostovsky,

    baryton magnifique,

    né le 16 octobre 1962 à Krasnoïarsk,

    nous a quittés _ si tôt _ le 22 novembre 2017, à Londres.

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    Or voici qu’Orfeo publie

    une magnifique compilation d’enregistrements live,

    soit le CD Orfeo C 966 181 B,

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    tous avec l’Orchestre de l’Opéra de Vienne,

    saisis entre mai 1994 et novembre 1916,

    avec différents chefs :

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    Placido Domingo, dans Les Puritains, de Bellini ; Simone Young, dans Le Barbier de Séville, de Rossini ; Seiji Ozawa, dans La Dame de Pique, de Tchaikovsky ; Vjekoslav Sutej, dans Don Carlo, de Verdi ; Michael Güttler, dans Rigoletto, de Verdi ; Kirill Petrenko, dans Eugène Onéguine, de Tchaikovsky ; Marco Armiliato, dans Simon Boccanegra, de Verdi ; Speranza Scappuci, dans La Traviata, de Verdi ; et Jesus Lopez Cobos, dans Un Bal Masqué, de Verdi.

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    Soient de purs moments d’éternité.

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    Voici ce que,

    le 27 décembre dernier

    Jean-Charles Hoffelé, en son blog Discophilia,

    en disait,

    en un très bel article d’hommage

    intitulé Baryton absolu :

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    BARYTON ABSOLU

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    Le public de l’Opéra de Vienne l’adulait, faisait un triomphe à son Posa, à son Rigoletto, il y aura chanté plus qu’ailleurs le répertoire italien, baryton Verdi qu’il était de ligne, de timbre, de souffle comme chez nous l’est aujourd’hui Ludovic Tézier. Et évidemment, il fut à Vienne l’Onegin et le Yeletsky absolus.

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    De tout cela, le disque nous aura plus ou moins bien entretenu, mais les captations en scène que dévoile aujourd’hui l’Opéra de Vienne augmentent considérablement des rôles connus que le théâtre vivant _ enregistré live _ transfigure : Dmitri Hvorostovsky était en représentation un athlète de physique, de voix, donnait à ses personnages une incarnation subtile _ voilà _, une présence ensorcelante _ et là est toute la magie du grand art ! _, l’entendre dans l’élan _ oui _ de l’action revient à se souvenir de cette emprise _ oui _ qu’il avait sur vous dès qu’il paraissait et même avant d’avoir proférer le moindre son : cet œil _ de braise _ , ces épaules, ce maintien _ puissants _ reparaissent dans la nature même de sa voix _ voilà le miracle de la présence charnelle de telles (très rares) voix.

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    Tout ici rayonne _ oui _ de cette sombre splendeur _ oui _, mais une incarnation subjugue _ entre toutes _, tardive pourtant : le 4 juin 2016, Dmitri Hvorovstovsky reprenait son Simon Boccanegra étrenné sur la même scène quatre années plus tôt : la grande scène du Conseil à l’Acte I (« Plebe, Patrizi Poppolo ») qui le montre dans un entourage si relevé – l’Amelia de Barbara Frittoli, le Gabriele de Francesco Meli, le Fiesco de Ferruccio Furnaletto, plaide pour qu’Orfeo édite la représentation au complet.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Vincenzo Bellini (1801-1835)
    “Ah! Per sempre io ti perdei” (extrait de “I puritani”)
    Gioacchino Rossini
    (1792-1868)
    “All’idea di quel metallo” (extrait de “Il barbiere di Siviglia”)
    Piotr Ilyitch Tchaikovski(1840-1893)
    “Ya vas lyublyu” (extrait de “La Dame de Pique, Op. 68, TH 10”)
    “Vi mnye pisali … Kogda bi zhizn domashnim krugom”
    (extrait de “Eugène Onéguine, Op. 24, TH 5”)
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    “Alzati … Eri tu che macchiavi” (extrait de “Un Ballo in Maschera”)
    “Pari siamo !” (extrait de “Rigoletto”)
    “Plebe ! Patrizi ! Popolo !” (extrait de “Simon Boccanegra”)
    “Pura siccome un angelo” (extrait de “La Traviata”)
    “Signora ! Per vostra maestà” (extrait de “Don Carlo”)…

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    Dmitri Hvorostovsky, baryton

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    avec :
    Patrizia Ciofi, Barbara Frittoli, Violeta Urmana, Marina Rebeka, Olga Guryakova, sopranos
    Francesco Meli, Michael Schade, Ramón Vargas, ténors
    Ferruccio Furlanetto, basse

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    Orchester und Chor der Wiener Staatsoper
    Marco Armiliato, Plácido Domingo, Jesús López Cobos,
    Seiji Ozawa, Kirill Petrenko, Simone Young, direction

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    Un album du label Orfeo C966181B
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    Photo à la une : le baryton Dmitri Hvorostovsky – Photo : © Pavel Vaan & Leonid Semenyuk

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    Le CD conserve
    et nous transmet pour toujours
    l’éclat de ces transfigurés moments de lumière-là…
    Merci ! 

     

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    Ce mardi 31 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De Zoltan Kodaly (1882-1967), ce chef d’oeuvre foudroyant qu’est sa Sonate pour violoncelle seul, opus 8 (de 1915)

    Dans un récent article

    _ du 3 septembre dernier :  _,

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    je disais le plus grand bien de l’interprétation de Julian Steckel 

    dans 3 chefs d’œuvre pour violoncelle de Zoltan Kodaly,

    ses opus 4 (Sonatine pour Violoncelle et Piano),

    7 (Duo pour Violoncelle et Violon)

    et 8 (Sonate pour Violoncelle seul),

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    et tout particulièrement ce chef d’œuvre absolu

    qu’est la Sonate pour Violoncelle seul, opus 8,

    du très très grand Zoltan Kodaly (1882 – 1967).

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    Je parlais aussi _ et bien sûr pour m’en réjouir ! _ de la pléthore présente

    _ et tout spécialement en Allemagne _

    d’excellents jeunes violoncellistes.

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    Et voici que paraît un somptueux récital

    _ intitulé #CelloUnlimited _

    d’œuvres pour violoncelle seul du XXè siècle,

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    dont la Sonate pour violoncelle seul, opus 8, de Kodaly (en 1915),

    par l’excellent Daniel Müller-Schott,

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    à côté de la Sonate pour violoncelle seul, opus 134 de Prokofiev (de 1953),

    de la Sonate pour violoncelle seul, opus 25 n° 3 d’Hindemith (de 1922),

    de la Serenade de Hans Werner Henze (de 1949),

    d’une Cadenza du violoncelliste lui -même (de 2018),

    d’une Sonate pour violoncelle seul de George Crumb (de 1955)

    ainsi que du Chant des Oiseaux de Pau Casals (de 1939).

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    Et les confrontations de ces œuvres sont, déjà,

    par le fait même de leur mise en réseau,

    passionnantes !

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    Voici le commentaire que donne de cette interprétation superlative-ci

    de la Sonate de Kodaly

    par Daniel Müller-Schott

    Jean-Charles Hoffelé en l’article de ce jour de son blog Discophilia,

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    sous le titre d’Ivresse  :

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    IVRESSE

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    Qui pourrait contester ce fait établi : János Starker s’était, croyais-je pour toujours, approprié la Sonate pour violoncelle seul de Zoltán Kodály. Beaucoup, et les plus grands violoncellistes d’abord à commencer par Paul Tortelier y auront tenté d’y faire entendre d’autres voix, mais enfin Daniel Müller-Schott de son archet aigu, me replonge dans le grand geste épique _ voilà _ que seul jusqu’ici Starker osa incarner _ incarner une oeuvre est essentiel.

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    Ce violoncelle doit brûler : dès l’Intrada, il prend feu dans des sonorités admirables et ose le cri, la stupeur, et dans le Finale inhumain, dansera, ivre. Quelle version à couper le souffle où ce si beau violoncelliste, toujours soucieux d’une certaine perfection sonore, s’affranchit de cette attention. Il le peut ; même en forçant son instrument, la noblesse de sa sonorité _ voilà _ résiste, cette touche si sûre, ce son si pur ne peuvent s’abdiquer _ la grandeur est nécessairement oxymorique.

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    Le programme de l’album est passionnant, panorama éloquent _ mais oui _ du violoncelle solo au XXe siècle, de l’esquisse _ inachevée, Prokofiev étant mort avant d’avoir pu l’achever _ de la Sonate que Prokofiev voulait écrire pour Rostropovitch au Chant des oiseaux de Pau Casals en passant par la Sérénade déconcertante de Henze ou la Sonate de Crumb dont les pizzicatos disent d’emblée l’étrangeté, en passant par les gestes modernistes de la Sonate d’Hindemith. Mais c’est à l’œuvre de Zoltán Kodály _ un chef d’oeuvre qui vous foudroie _ que vous reviendrez d’abord.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Zoltán Kodály (1882-1967)
    Sonate pour violoncelle, Op. 8
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Sonate pour violoncelle en
    ut dièse mineur, Op. 134

    Paul Hindemith (1895-1963)
    Sonate pour violoncelle,
    Op. 25 No. 3

    Hans Werner Henze
    (1926-2012)
    Sérénade pour violoncelle
    Daniel Müller-Schott (né en 1976)
    Cadenza
    George Crumb (né en 1929)
    Sonate pour violoncelle
    Pablo Casals (1876-1973)
    El cant dels ocells

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    Daniel Müller-Schott, violoncelle

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    Un album du label Orfeo C984191
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    Photo à la une : le violoncelliste Daniel Müller-Schott – Photo : © Uwe Arens

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    Une admirable interprétation-incarnation

    de ce chef d’œuvre émouvantissime

    de Zoltan Kodaly !

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    Ce lundi 23 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa