Étiquette : douceur

  • Musiques de joie : la tendresse, à la française du très doux François Couperin

    François Couperin

    (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733)

    est un musicien tout à fait singulier.
    …
    La joie que sécrète sa musique,
    d’une délicatesse rare,
    est probablement la plus pure expression de la tendresse à la française…
    …
    J’ai choisi ici le Concert « dans le goût théâtral », de 1724,
    soit le huitième de ses dix Concerts dits des Goûts réunis,
    qui font suite à ses quatre premiers Concerts, dits Concerts Royaux.
    …
    Et dans l’interprétation,
    en 1973,
    de
    Sigiswald Kuijken, Lucy Van Dael, Janine Rubinlicht, violons,
    Wieland Kuijken, Sigiswald Kuijken, Adelheid Glatt, violes de gambe,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, Frans Brüggen, flûtes traversières,
    Barthold Kuijken, Oswald Van Olmen, flûtes à bec,
    Bruce Haynes, Jürg Schaeftlein, Paul Dombrecht, hautbois,
    Hansjürg Lange, Milan Turkovic, bassons,
    et Robert Kohnen, clavecin.
    …
    Soit le CD RCA Victor GD 71968.
    …
    …
    Une joie tendre discrète, mais profonde…
    …
    Un répertoire succulent
    qu’on n’entend vraiment plus assez en ce XXIe siècle :
    pourquoi pareille si injuste désaffection ?
    …
    Voir aussi, pour l’exemple, cette vidéo d’extrait de concert.
    …
    …
    Ce vendredi 15 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Le jeu infiniment poétique d’Ivo Kahanek dans des Concertos pour piano d’Antonin Dvorak et Bohuslav Martinu

    Il existe pas mal de très belles versions

    du Concerto pour Piano et Orchestre en sol mineur Op. 33 d’Antonin Dvorak _ de 1876 ;

    dont au moins deux versions par Rudolf Kirkusny, une avec George Szell (en 1954), l’autre avec Vaclav Neumann (en 1991) ;

    celle par Sviatoslav Richter avec Carlos Kleiber (en 1963) ;

    ou celle par Pierre Laurent Aimard avec Nikolaus Harnoncourt (en 2001)... _ ;

    …

    alors que les Concertos pour piano de Bohuslav Martinu

    sont bien moins courus par les pianistes,

    même tchèques

    _ dans le coffret Rudolf Firkusny (Sony 19075922812) The Complete RCA and Columbia Album Collection, se trouvent les Concertos n° 2, 3 et 4 de Martinu en un enregistrement de 1993 ;

    cf mes articles Firkusny du 29 septembre 2019 et du 21 février 2020 :  et … _ ;

    …

    et notamment le Concerto n° 4 « Incantation » _ de 1956,

    soit 80 ans plus tard…

    …

    …

    C’est pourquoi je tiens à saluer la performance d’Ivo Kahanek

    _ il est né le 23 mai 1979 à Frydek-Mistek,

    près d’Ostrava et Hukvaldy, la ville natale de Leos Janacek _

    en ce très beau CD Supraphon SU 4236-2,

    avec le Bamberger Symphoniker, dirigé par Jakub Hrusa, en 2017…

    …

    …

    Et je rejoins ici l’appréciation de Maciej Chiżyński,

    le 11 octobre 2019,

    sur le site de Res Musica,

    en un article intitulé

    Ivo Kahanek dans les Concertos pour piano de Dvorak et Martinu…

    …

    …

    Ivo Kahánek dans les concertos pour piano de Dvořák et Martinů

    …

    …

    Ce jeudi 5 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958…

    Il y a déjà bien longtemps que j’aime _ tout simplement _ le piano _ naturel, sans la moindre affèterie ! _ d’Adam Laloum

    _ cf mon article du 21 janvier 2019 : …

    …

    …

    Alors que je ne suis pas sans réticence

    devant les sonates pour piano de Schubert _ et leurs redoutables infinies longueurs…

    …

    …

    Eh bien ! Adam Laloum nous livre semble-t-il ici la clé

    _ renversante ! _

    de l’intimité de Schubert lui-même à son piano

    …

    en son interprétation d’une douceur absolue

    des Sonates

    en Sol majeur « Fantaisie » D.894

    et en Ut mineur D. 958

    …

    en un admirable CD Harmonia Mundi HMM 902660.

    …
    …

    Voici ce qu’en a dit le 18 février dernier Jean-Charles Hoffelé

    en son blog Discophilia,

    sous le titre Schubert enfin.

    …

    …

    SCHUBERT ENFIN

    Adam Laloum se sera beaucoup cherché d’un éditeur l’autre, un talent pareil devait trouver bon port, sa venue chez harmonia mundi, les micros si attentifs d’Hugues Deschaux dans l’Eglise du Bon Secours et un Steinway réglé au cordeau lui font mieux qu’un cadre idéal : ils lui donnent la liberté de réaliser à plein ce qu’il promettait _ et avait donné, à l’occasion ! Je trouve ici Jean-Charles Hoffelé bien sévère !

    …

    …

    Le défi n’était pas aisé : pas de Sonate plus difficile (chez Schubert et ailleurs) que la « Fantasie ». Vladimir Ashkenazy l’aura adorée, et le premier aura su y respirer ce chant qui hésite, ne se configure pas, s’arrête, se répète, dévie. Une sonate ? Quatre poèmes _ distincts _ qui ne peuvent s’incarner sans un autre “compositeur” qui saura les respirer _ à la Radu Lupu, aussi….

    …

    …

    Et ici, Adam Laloum est simplement saisi par le génie si particulier de cette musique qui n’a jamais eu d’équivalent en termes de poésie pure. Alors il ne m’en voudra pas trop tôt de rappeler que peu ont su trouver les notes justes, et qu’il me semble qu’il s’y souviendrait peut-être d’Ashkenazy et de Kempff. Il est surtout lui-même, timbrant, respirant, ombrant, chantant pour lui _ oui : Adam Laloum chante pour lui, et avec quelques partenaires chambristes, aussi… _  dans cette éloquence secrète qui est le cœur de Schubert. Avec une palette de timbres composée par un peintre.

    …

    …

    Cette sol majeur est impérissable, jouée ainsi pour soi-même, et portée dans un son qui veut aussi parler à d’autres. La pondération relative qu’il met aux escarpements de la Sonate en ut mineur le montre non pas plus prudent, mais comme saisi par une conscience de ce qui s’y joue.

    …

    …

    Richter l’emportait dans un combat digne d’un Roi des aulnes, Laloum _ lui _ la construit avec ce qui serait un sentiment tragique, quelque chose d’irrémédiable que l’on veut éviter et qui surviendra quand même. Tout cela fait dans un clavier qui évoque _ oui _ plutôt qu’il ne proclame _ jamais rien de péremptoire chez Laloum, en effet. À mesure, l’œuvre étend son aile, les paysages se dévoilent, tout cela se construit, implacable et pourtant secret _ oui, à partager ainsi. Adam Laloum serait-il devenu cet aigle du piano _ est-ce le symbole qui convient ? Par ce qu’il peut surplomber ?.. _ que j’espérais ? Ce disque est grand _ absolument.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Schubert (1797-1828)

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    Sonate pour piano No. 18 en sol majeur, D. 894
    Sonate pour piano No. 19 en ut mineur, D. 958

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    Adam Laloum, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM 902660
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    Photo à la une : le pianiste Adam Laloum – Photo : © Harald Hoffmann/Sony Music Entertainment

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    Ce samedi 22 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Savoir interpréter les Lieder et Mélodies de Liszt : André Schuen, baryton, après Cyrille Dubois, ténor

    Le mardi 5 novembre dernier

    en mon article  ;

    puis le lundi 25 novembre suivant,

    en mon article ,

    …

    j’ai souligné la délicieuse performance du jeune ténor français Cyrille Dubois _ né en 1985, il a 34 ans _

    dans un magnifique récital O lieb ! _ soit le CD Aparté AP200 _, accompagné par l’excellent pianiste Tristan Raës.

    …

    …

    Et voici que nous est proposé un nouveau très remarquable CD de Lieder et Mélodies de Liszt,

    intitulé Franz Liszt Petrarca Sonnets 47 – 104 – 123 _ le CD Avi-music 8553472 _

    par le non moins jeune baryton allemand André Schuen _ né en 1984, il a 35 ans _,

    accompagné par le non moins remarquable pianiste Daniel Heide.

    …

    …

    Ces deux CDs ont en commun

    les Tre Sonetti di Petraca

    ainsi que la mélodie française, sur des vers de Victor Hugo, Oh ! Quand je dors.

    …

    …

    A cette nuance près qu’André Schuen interprète les deux versions, de 1842-46 et de 1864-82,

    de ces Tre Sonetti di Petrarca pour voix et piano

    _ Daniel Heide interprétant la version pour piano seul de ces Tre Sonetti di Petrarca, extraites de la Deuxième année : Italie, des Années de pèlerinage, de Liszt ; cf mon article du 27 juin dernier à propos de l’interprétation par Francesco Piemontesi (CD Orfeo C 982 191) de ces mêmes Tre Sonetti di Petrarca pour piano seul : … _,

    alors que Cyrille Dubois en interprète seulement la première version (de 1846).

    …

    …

    Quant à la mélodie Oh ! Quand je dors,

    André Schuen en interprète la version de 1842 revisitée en 1859,

    alors que Cyrille Dubois en interprète la seconde version, de 1859.

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    …

    Et voici ce qu’a dit du CD d’André Schuen et Daniel Heide

    Maciej Chiżyński en un article sur le site de Res Musica du 14 décembre dernier,

    intitulé Tre sonetti del Petrarca de Franz Liszt dans trois versions du compositeur :

    …
    …

    Tre sonetti del Petrarca de Franz Liszt dans trois versions du compositeur

     

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    …

    Une confrontation d’interprétations passionnante,

    pour deux très remarquables CDs.

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    Ce mardi 17 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa