Étiquette : écoute

  • Quel interprète choisir au disque pour l’extraordinaire Sonate pour violoncelle seul Op. 8 de Zoltan Kodály ? Qui, après (ou avec) Janos Starker ?..

    C’est mon article « Un magique bijou bartokien ! : le CD « Béla Bartók – 44 Duos – including Bartók’s original field recordings » d’Alexandra Preucil, violon, et Antoine Tamestit, alto : une miraculeuse merveille de musique !!!« , en date du 11 août dernier, qui en me faisant découvrir que la violoniste superbe de ce CD – en idéal duo avec le merveilleux altiste Antoine Tamestit – , Alexandra Preucil, était la petite fille du violoncelliste d’exception qu’a été l’immense Janos Starker (Budapest, 5 juillet 1924 – Bloomington, 28 avril 2013), m’a mis sur la piste des plus magnifiques interprétations, au disque, de celui-ci, avec, au tout premier rang, ce chef d’œuvre singulier qu’est la « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 (composée en 1915 et créée le 7 mai 1918 par Jenö Kerpely) de Zoltan Kodaly (Kecskemet, 16 décembre 1882 – Budapest, 6 mars 1967), un compositeur que personnellement je porte au pinacle… 

    …

    Et demandant à mon disquaire préféré s’il avait en rayon des CDs de Janos Starker, il me cite un CD paru assez récemment de cette « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8, le CD Urlicht Audiovisual « Janos Starker – Kodály – Duo for violin and cela Op. 7 – with Elmira Darvarova – Sonata for solo cell Op.8 » – cette dernière en une reprise d’un enregistrement pour le Period Records SPL-510, de 1950…

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    Revenu avec ce CD à mon domicile,

    je commence à essayer de répertorier les CDs de ma discothèque comportant une interprétation de cette célébrissime « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 de Kodály ;

    et je parviens à mettre ainsi peu à peu la main sur quelques interprétations de choix, même si quelques autres – telles celles de Truls Mörk et Peter Wispelwey, par exemple, ou Jean-Guihen Queyras… – , pour le moment, demeurent encore cachées à ma vue  :

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    Et si je ne mets pas la main sur l’interprétation de Pierre Fournier en 1959 – fait-elle partie ou pas de ma discothèque ? je n’en ai pas souvenir… – ,

    je déniche celle de Paul Tortelier pour EMI de 1977,

    celle de Miklos Perényi pour Hungaroton – sans date d’enregistrement ; et écoutez ceci...  – ;

    celle de Julian Steckel pour Avi-Music en 2018 – cf mon article du 3 septembre 2022 : « Superbe Julian Steckel dans un éblouissant CD de trois chefs d’oeuvre de Zoltan Kodaly« … – ;

    celle de Daniel Müller-Scholl pour Orfeo de 2019 – cf mon article du 23 décembre 2019 : « De Zoltan Kodaly (1882-1967), ce chef d’oeuvre foudroyant qu’est sa Sonate pour violoncelle seul, opus 8 (de 1915)« … – ;

    celle de Marc Coppey pour Audite en 2020 – cf mon article du 16 avril 2022 : « Du « Duo pour violon et violoncelle » Op. 7 de Zoltan Kodaly, l’été 14, comparer diverses interprétations discographiques _ ou la plus grande proximité avec la voix humaine…«  ; et écoutez ceci… – ;

    et tout récemment, celle du jeune Simon Tetzlaff pour Hänssler de 2025 – cf mon article du 4 janvier 2026 : « Admirer le CD « Kodaly – Sibelius – Ysaÿe » du jeune Simon Tetzlaff, violoncelliste, avec sa sublimissime incarnation de la géniale Sonate pour violoncelle seul Op. 8 de Kodaly, et une miraculeuse « Malinconia » de Sibelius, en un duo magnifique avec le piano de feu de Kiveli Doerken : un flamboyant CD de début pour le très imposant, déjà, Simon Tetzlaff…«  ; et écoutez ceci… – …

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    Et ces divers articles passionnés témoignent de mon degré d’admiration pour ce chef d’œuvre absolu qu’est cette « Sonate pour violoncelle seul » Op. 8 (de 1914) de l’immense Zoltan Kodaly,

    et de ma recherche poursuivie de ses meilleures interprétations…

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    Et à défaut de pouvoir présenter ici cette interprétation de Janos Starker, en son grand geste épique – peut-être un brin raide, un brin froid, malgré sa fulgurance… – , de l’enregistrement du CD Period Records SPL-510 de 1950 repris dans ce récent CD d’Urlicht Audiovisual UAV-5983 (d’une durée de 27′ 36),

    voici à écouter ici le podcast d’une autre interprétation de Janos Starker (d’une durée voisine de 27′ 56), saisie, celle-ci, en 1957…

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    Et nous pouvons mesurer tout ce qu’apportent de vie à ce chef d’œuvre sidérant de Zoltan Kodaly (de 1915) de jeunes magnifiques interprètes d’aujourd’hui :
    Julian Stekel, Daniel Müller-Schott, Marc Coppey, Simon Tetzlaff, par exemple,
    par rapport au grand Janos Starker, en 1950, en le CD de réédition d’Urlich Audiovisual de l’année dernière : un témoignage d’époque marquant…
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    D’où le vif intérêt évident d’être bien vigilant dans ce que peut venir nous proposer d’enthousiasmant l’actualité discographique…
    Et nous en avons bien besoin parmi tout ce qu’a de morose et d’affligeant-consternant, tragique, notre époque…
    La musique ayant ce considérable pouvoir de nous enthousiasmer, pourvu qu’on l’écoute avec attention et amour, à défaut de soi-même la jouer…
    Et l’écouter ainsi, et en jouir, est déjà un privilège – culturel indispensable : à défendre, préserver et aider à son extension à tous, à un moment où scandaleusement la culture devient une variable d’ajustement de la part de tant de misérables pouvoirs décérébrés, à tous les échelons : en train de suicider, rien moins,  la civilisation… – vital… 

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    À suivre…

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    Ce mardi 18 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Approfondir la jouissance de la mélodie « Nahandove » qui ouvre les « Chansons madécasses » de Maurice Ravel…

    Louée soit la passionnante séance du « Labo du chanteur » de Thomas Dolié avant-hier samedi,

    …

    à laquelle j’ai consacré mon article détaillé d’hier dimanche 12 mai « « ,

    et qui m’a si heureusement permis de prêter enfin toute l’attention qu’elle mérite à cette sublime mélodie « Nahandove » qui ouvre de sa si bouleversante sensualité le recueil des 3 « Chansons madécasses » (en 1925-26), cet absolu chef d’œuvre,

    que j’avais jusqu’ici, assez étrangement, négligé, à la différence

    des 3 mélodies _ « Asie« , « La Flûte enchantée » et « L’Indifférent » _ de « Shéhérazade » (en 1903),

    des 5 mélodies _ « Le Paon« , « Le Grillon« , « Le Cygne« , « Le Martin-pêcheur » et « La Pintade »  _ des « Histoires naturelles » (en 1906),

    des 3 mélodies _ « Soupir« , « Placet futile » et « Surgi de la croupe et du bond » _ des « Poèmes de Mallarmé » (en 1913),

    ou des 3 mélodies _ « Chanson romanesque« , « Chanson épique » et « Chanson à boire » _ de « Don Quichotte à Dulcinée » (en 1932-33),

    ces recueils aussi sublimes les uns que les autres, en la différence de leur très forte géniale singularité, chaque fois,

    que je connaissais et appréciais mieux jusqu’ici :

    …

    faute de cette attention extrêmement détaillée que nous a fait partager le magnifique travail patient de mise en place de ce « Labo du chanteur« …

    …

    …

    Grâce soit ainsi rendue à Thomas Dolié _ et à Stéphane Trébuchet, au piano _ de nous avoir ainsi permis de pénétrer d’un peu plus près, et surtout plus profondément, en le détail de ses arcanes, la splendide teneur poétique et musicale vraiment extraordinaire de cette bouleversante et géniale « Nahandove« …

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    …

    Je voudrais aussi citer au passage l’exergue magnifique _ de Jean Cocteau, en son « Le Secret professionnel« … _ que Marcel Marnat a placé en en-tête de son merveilleux « Maurice Ravel« , en 1986 :

    …

    « Aidé par les musiciens, je pourrais éblouir les lecteurs crédules. Mais, outre que les musiciens, tiennent les articles de techniciens pour incompréhensibles, je ne suis pas technicien et cherche avant tout à me faire bien comprendre. « On ne peut aimer une musique, me disait M. Marnold, sans savoir à fond le contrepoint et l’harmonie. » C’est prétendre qu’on ne peut jouir d’un arbre sans connaître la nature de ses fibres, d’un plat sans être cuisinier« .

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    Voilà.

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    Mais écouter les musiciens éclairer leur composition, ou ici interprétation, de l’expérience partagée, ainsi que de l’explicitation tatonnante, de leur très précis et très patient travail de « mise en place« , et cela jusqu’au résultat final lui aussi donné à partager, en bout de course, et reçu par notre propre écoute un peu plus et un peu mieux alors éclairée et jouissive _ et elle-même, cette écoute ainsi mieux attentive, un peu mieux elle-même ainsi « mise en place«  par toute cette riche et complexe expérience, peu à peu, lentement et aussi par éclairs soudains de conscience, assimilée et ingérée, et partagée, c’est important et même crucial : écouter devenant alors presque, restons bien sûr et forcément modestes !, l’équivalent amateur et passionné, un rang en dessous tout de même, ne nous leurrons pas !, d’un métier (celui de musicien professionnel) lui-même en perpétuel chantier et progrès (work in progress) ; l’affaire d’une vie assez longue pour s’enrichir, step by step, de ces divers progrès musicaux-là… _ par une telle séance de « Labo du chanteur« , comme celle de ce samedi,

    grandit aussi, en commençant par les considéables infimes progrès de précision d’attention de notre écoute, la jouissance éprouvée au résultat final, devenu évident et fluide, de leur efficace et très beau travail de musiciens, comme miraculeusement effacé alors des stigmates et traces de leurs patients et continus très exigeants efforts de dépassement d’eux-mêmes, en cette performance ainsi partagée avec nous, qui les avons, jouissivement aussi, écoutés servir le mieux possible, en nous l’offrant ainsi, au final de la séance, l’œuvre elle-même, ici « Nahandove« , ce chef d’œuvre _ mal connu encore _ du compositeur, ici Maurice Ravel…

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    Et le travail sur la musique, tant celui de réalisation de la part des interprètes, que celui d’écoute de la part des mélomanes, va bien sûr se poursuivre, il n’est jamais achevé : l’un comme l’autre constituant un perpétuel, infini, et profond, très heureux chantier ; vital même, par-delà les péripéties en tous sens d’une vie, de nos vies : à dimension rien moins que d’éternité…

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    Ce lundi 13 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un « Ravel plus magique que jamais », celui de François-Xavier Roth et les Siècle, Cédric Tiberghien et Stéphane Degout, justement célébré en sa lumineuse évidence par Crescendo…

    Pour continuer l’élan Ravel de mon article d’hier «   » ;

    ainsi que mes articles «  » du 31 mai 2022 ;

    « « , du 12 août 2020 ;

    et «  » du 27 mars 2018 ;

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    voici un nouvel article très justement enthousiaste,

    intitulé « Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et les Siècles« ,

    sur le blog Crescendo, et sous la signature de Parice Lieberman, en date d’hier 24 juin 2022,

     

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    célébrant le bonheur évident du merveilleux CD « Maurice Ravel Concertos pour piano Mélodies » _ le CD Harmonia Mundi HMM 902612.

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    Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, Francois-Xavier Roth et Les Siècles

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    LE 24 JUIN 2022 par Patrice Lieberman

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    Maurice Ravel(1875-1937) : Concerto pour piano, Concerto pour la main gauche, Pavane pour une infante défunte, Mélodies. Cédric Tiberghien, piano ;  Stéphane Degout, baryton, Les Siècles, direction : François-Xavier Roth. 2022.  73’52 – Textes de présentation en français et anglais.  Harmonia Mundi HMM 902612

     

     

     

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    Ce n’est pas tous les jours qu’un nouvel enregistrement vient revendiquer une place en haut de classement dans une discographie aussi riche que celle des concertos pour piano de Ravel _ de fait…  Est-ce à dire que le collectionneur devrait se débarrasser des précieuses versions Michelangeli/Gracis et Argerich/Abbado du Concerto en sol ? Ou du témoignage historique de Perlemuter/Horenstein ? Ou des deux gravures dirigées par Pierre Boulez avec en solistes Krystian Zimerman et Pierre-Laurent Aimard (ce dernier parfait dans le Concerto pour la main gauche, mais un peu guindé dans celui dit en sol) ? Ou des excellents Collard/Maazel ? Certes, non. Mais cette nouvelle version est désormais à compter au nombre des meilleures _ voilà.  D’autant plus, qu’elle propose le premier enregistrement des éditions révisées Ravel Edition de ces deux partitions concertantes _ oui _, éditions révisées auxquelles Cédric Tiberghien a pris part comme membre du comité de lecture.  Une évidence musicale et éditoriale !

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    Ce qui fait si fortement pencher la balance en faveur de ce nouveau venu, c’est l’extraordinaire clarté _ oui ! _ et la mise en avant des inouïes richesses orchestrales de ces partitions obtenues par la direction fouillée et analytique (mais certainement pas clinique) du chef _ oui ! _, alliée aux superbes timbres des instruments d’époque _ voilà ! _, à commencer par les fabuleuses sonorités des vents, si authentiquement français _ c’est très juste. Si on y ajoute la chaleur des cordes en boyau des archets des Siècles et l’oreille infaillible du chef, on obtient un tissu orchestral d’une rare transparence _ oui _ qui permet mieux que jamais d’apprécier l’originalité de l’écriture et de l’instrumentation de Ravel _ les deux ! _, écrin parfait pour un soliste tout simplement inspiré _ lui aussi.

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    La prestation de Cédric Tiberghien serait d’ailleurs remarquable sur un piano actuel, mais le choix d’un beau Pleyel « Grand Patron » de 1892 (hélas, non représenté dans l’excellent livret) est vraiment à saluer _ parfaitement ! Le caractère et la sonorité de cet instrument sont à mille lieues des monstres de puissance et d’homogénéité que sont devenus les pianos de concert contemporains. On est charmé ici par la clarté _ oui, oui _ de l’instrument, par ces basses sans lourdeur, ce médium soyeux, ces aigus cristallins et légèrement percussifs si typiques de ce grand facteur. C’est ainsi que dans l’Adagio assai du Concerto pour piano, le timbre de l’instrument permet d’éviter la lourdeur mécanique qu’on constate si souvent à la main gauche dans le soliloque d’ouverture du piano que Tiberghien construit -comme l’ensemble du mouvement- avec patience, délicatesse et imagination _ oui. Et que dire des superbes interventions des vents dont l’imbrication avec le piano est tout simplement parfaite ? Magnifiquement joué par Stéphane Morvan, le cor anglais Lorée de 1890 -ni nasillard, ni trop vibré- dialogue merveilleusement avec le soliste. Mais tant d’autres détails sont perçus avec une totale clarté _ encore _, comme les harmoniques de harpe qui semblent venues d’un autre monde dans un premier mouvement où à certains moments l’orchestre sonne comme un gamelan. La façon dont les bois, vifs et moqueurs, dialoguent avec un piano hyperactif et transparent dans le Presto est un régal _ absolument délectable. 

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    Toutes les qualités du soliste, de l’orchestre et du chef se retrouvent bien sûr également dans le Concerto pour la main gauche. Dès l’entrée menaçante du contrebasson, la transparence des timbres orchestraux est une merveille. Après l’introduction cataclysmique menée de main de maître par Roth, Tiberghien saura tout au long de l’œuvre faire preuve autant de fermeté que de délicatesse  _ les deux _ (et le beau Pleyel n’y est pas pour rien _ en effet ! _), et ce jusqu’à l’apothéose finale de l’œuvre.

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    Après avoir brillé dans les concertos, Cédric Tiberghien offre en guise de bis la si galvaudée Pavane pour une infante défunte, rendue ici avec dans une atmosphère de rêverie un peu parfumée _ oui _ quoique sans minauderie aucune.

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    Le pianiste se montre aussi un accompagnateur de choix pour le baryton Stéphane Degout -invariablement viril, ferme _ oui _, à la voix chaude _ et grave _, à l’articulation claire _ toujours, comme c’est absolument nécessaire… _ et au vibrato bien mené- dans trois cycles de mélodies de Ravel. Dans Don Quichotte à Dulcinée, on apprécie particulièrement la belle réussite des artistes dans l’hispanisante Chanson à boire qui clôture le cycle. Les Deux Mélodies hébraïques sont autant de réussites. Le Kaddisch est interprété avec beaucoup de dignité et en évitant l’émotion facile, alors que l’Enigme éternelle est rendue avec une vraie simplicité dépourvue de toute ironie.

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    Stéphane Degout aborde les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé _ ces chefs d’œuvre… _ sans préciosité dans ce cycle destiné à l’origine à une mezzo-soprano, alors que Tiberghien ne fait pas vraiment regretter l’ensemble de neuf musiciens de la partition originale, surtout dans l’exquis halo de piano _ oui _ de Soupir. Et c’est sur la belle mélodie de jeunesse Sainte (toujours sur texte de Mallarmé) que les deux complices mettent le point final à une superbe _ et enthousiasmante, voilà ! _ parution.

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    Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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    Patrice Lieberman

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    Bravo, et un très grand merci !

    Le génie ravélien est ici parfaitement offert à percevoir, en sa plus lumineuse évidence, ombres comprises, à notre écoute…

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    Ce samedi 25 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Comment devons-nous prendre la question « Michael Spyres : baryton ou ténor ? » du magazine ResMusica ?..

    Voilà que hier 14 décembre,

    je découvre sur le site de ResMusica, et sous la plume de Patrice Imbaud, avec le titre punchy « Michael Spyres : baryton ou ténor ?« ,

    cette malicieuse question posée à la revendication de Michael Spyres de « barytenor » ;

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    cf mes précédents articles sur le sujet ; par exemple celui du 23 octobre dernier : …

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    Voici donc le questionnement quasi inquisiteur de cet article bien détaillé de ResMusica :

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    Michael Spyres : baryton ou ténor ?

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    Avec ce nouvel enregistrement « Baryténor » Michael Spyres n’en finit pas nous étonner par son exceptionnelle facilité vocale lui permettant d’assumer indifféremment tous les emplois de ténor ou de baryton, de Mozart à Korngold.

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    Particularité vocale rare, mais non exceptionnelle comme nous le rappelle Michael Spyres dans une notice où sont évoqués nombre de « baryténors » qui ont marqué l’histoire du chant, de l’opéra baroque à nos jours…. Il s’agit en fait de voix centrale, anciennement appelée « taille », dotée d’un grave profond (« basse taille » ou baryton) et d’aigus lumineux (« haute taille » ou ténor), bénéficiant d’un large ambitus (3 octaves pour Michael Spyres) dont on peut rapprocher les barytons Verdi et les barytons Martin, dotés également d’aigus faciles, plus ou moins puissants. Mais ce large ambitus autorise-t-il autant d’aisance dans les deux tessitures ? Ce florilège d’airs d’opéra, avec lequel il a donné un concert en novembre à Strasbourg, nous fournit une esquisse de réponse.

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    Si l’on est d’emblée séduit par le timbre, la technique, la puissance, la diction et la souplesse de la ligne _ en effet ! _, il faut bien reconnaitre que la voix ne semble pas aussi épanouie et homogène _ tiens donc… _  dans les deux tessitures. Dans les airs de ténor : « Fuor del mar » (Idomeneo), « ô Dieux ! Ecoutez ma prière » (Ariodant), « Qu’ai-je vu ? » (La Vestale), « Mes amis, écoutez l’histoire » (Le Postillon de Longjumeau), « Ah ! mes amis, quel jour de fête » (La Fille du régiment), le chant parfois se tend dans le haut du registre, les aigus se serrent, tandis qu’apparait un léger vibrato serré mal contenu. A l’inverse les airs de baryton rayonnent de facilité, de legato, d’aigus filés nous paraissant en général plus convaincants qu’il s’agisse de l’air du Comte Almaviva : « Hai gia vinta la causa » des Noces, de la sérénade de Don Giovanni : « Deh, vieni alla fenestra », ou de celui du Comte de Luna du Trouvère : « Il balen del suo sorriso ». Pagliacci de Leoncavallo, La Veuve joyeuse de Lehár ou Carmina Burana de Orff confirment largement cette préférence.

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    Cet excellent enregistrement, admirablement soutenu par Marko Letonja à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, permettra à chacun de se faire une opinion…

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    Airs de

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Idomeneo ; Le Nozze di Figaro ; Don Giovanni.

    Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817) : Ariodant.

    Gaspare Spontini (1774-1851) : La Vestale.

    Gioachino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia ; Otello.

    Adolphe Adam (1803-1856) : Le Postillon de Longjumeau.

    Gaetano Donizetti (1797-1848) : La Fille du regiment.

    Giuseppe Verdi (1813-1901) : Il Trovatore.

    Ambroise Thomas (1811-1896) : Hamlet.

    Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Contes d’Hoffmann.

    Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin.

    Ruggero Leoncavallo (1857-1919) : Pagliacci.

    Franz Lehar (1870-1948) : Die lustige Witwe.

    Maurice Ravel (1875-1937) : L’Heure espagnole.

    Carl Orff (1895-1982) : Carmina Burana.

    Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Die tote Stadt.

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    Michael Spyres, baryténor ; Chœur de l’Opéra National du Rhin ; Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction : Marko Letonja.

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    1 CD Erato.

    Enregistré du 25 au 29 aout et du 14 au 15 octobre 2020 au Palais de la Musique de Strasbourg. Notice trilingue : anglais-français-allemand. Durée : 84:30

     

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    Chacun pourra juger en bonne connaissance de cause…

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    Mais nous connaissons bien aussi l’histoire du parcours de la voix de Michael Spyres, baryton,

    qui n’a certes en rien ménagé ses efforts afin de devenir aussi à l’aise dans le registre de la voix de ténor que dans le registre qui était d’abord le sien, de la voix de baryton…

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    Et il faut être rudement inquisiteur pour dénicher, à l’écoute, ce qui peut distinguer l’aisance d’interprétation de sa voix, et de ses efforts, dans sa tenue, à la scène comme au disque, de chacun de ces registres de voix… 

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    Lui faisant tout pour rendre le moins perceptible possible par l’auditeur de son art d’interprétation des rôles, ce passage de l’un à l’autre de ces deux registres ;

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    cf par exemple mon article du 22 octobre dernier :  ;

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    ou bien, aussi, mon article du 25 octobre suivant, qui reprenait quelques articles bien antérieurs : 

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    Admirable Michael Spyres !

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    Chanter est un art qui s’apprend et se cultive sans cesse…

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    Ce mercredi 15 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa