Étiquette : Edith Bruck

  • A propos de Laszlo Krasznohorkai, Prix Nobel de Littérature 2025 : l’avoir lu et lui avoir parlé en 2018

    À l’annonce du Prix de Nobel de Littérature décerné avant-hier jeudi 9 octobre à Laszlo Krasznahorkai, je me suis souvenu de l’avoir lu (son « La Mélancolie de la résistance« ), et de lui avoir aussi parlé lors de sa venue le 3 avril 2018 à la Librairie Mollat…

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    Voici les deux articles de mon blog encherchantbien.fr qui en font foi :

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    _ celui du 4 avril 2018 : « L’exquise politesse d’Europe centrale : Laszlo Krasznahorkai  » ;

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    _ celui du 6 avril 2018 ; « Laszlo Krasznahorkai, ou la phrase sans point« …

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    J’ai vu aussi, et je possède également le DVD du film de Bela Tarr « Les Harmonies Weckmeister » tiré de son « La Mélancolie de la résistance » ; mais les deux n’en pas tout à fait rencontré mon enthousiasme – un trop plein de confusion qui verse dans le chaos… – , à la différence de mes lectures de ses compatriotes hongrois Imre Kertész (Prix Nobel de Littérature en 2002) et Edith Bruck,

    ou encore Peter Nadas…

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    Ce samedi 11 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Obsèques demain samedi 2 août à Rome d’Adriana Asti : nouvel échange de courriels, tôt ce matin vendredi 1er août, avec l’ami René de Ceccatty, prenant à Gênes le train pour Rome…

    Voici ce nouvel échange de courriels, très tôt ce matin, avec l’ami René de Ceccatty prenant à Gênes le premier train pour Rome :

     

    René de Ceccatty, à 5h 57 :

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    Cher Francis, 

    je n’ai pas accès à la Repubblica en ligne. Mais je vais acheter les journaux. J’ai finalement moi-même écrit un article pour le Monde qui le fera paraître dans les jours qui viennent.
    Le destin des étoiles a voulu que Adriana soit morte en même temps que Bob Wilson qui l’avait dirigée dans Oh les beaux jours (qu’elle a joué un peu partout dans le monde, en italien et en français, notamment au théâtre de l’Atelier), et 21 ans jour pour jour après Laura Betti à qui l’opposait une grande jalousie par rapport à Pasolini…

    Je file dans quelques minutes pour prendre le train puisque, comme je te l’ai écrit, je vais à Rome assister à l’enterrement (demain à 11h dans l’église des artistes de la piazza del popolo). J’en profiterai pour aller embrasser Edith Bruck dont je suis en train de terminer la traduction de son livre Lettre de Francfort.
    Amitié
    René
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    De Francis Lippa, à 6h 57 :
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    Cher René,


    l’événement est douloureux,
    mais c’est comme une grâce que ce « destin des étoiles », cette conjoncture des décès ce même 31 juillet 2025 d’Adriana Asti et Bob Wilson,
    ainsi que cet alignement des dates de disparitions, celui d’Adriana Asti, avec celui il y a 21 ans jour pour jour de Laura Betti…
     
    De même que la proximité physique de l’église de la Piazza del Popolo, Santa Maria de Montesanto, où aura lieu demain samedi à 11h la cérémonie des obsèques d’Adriana,
    et du domicile d’Edith Bruck, Via del Babuino,
    qui te facilitera la visite de cette grande dame et ami chère
    dont je me réjouis de ta traduction en chantier de sa Lettre de Farncfort…
     
    Existe donc un cercle encore bien vivant et chaleureux des œuvres de la culture et des amitiés, 
    en ce moment d’avancées terrifiantes de la barbarie, qui se rapprochent…
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    Merci de tout cela, René,
    Francis
    P.s. :
    cet article mien d’avant-hier
    à un moment où l’adresse de ce blog En cherchant bien va changer,
    pourra t’intéresser… 
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    Ce vendredi 1er août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Enchantement ébloui du nouveau Hélène Cixous : le délicieux, effrayant et hilarant tout à la fois, et justissime d’écriture, « Et la mère pond vite un dernier oeuf »…

    Spécialement adressé à mon nom à l’adresse de mon libraire préféré, et avec dédicace « pour Francis Lippa grand lecteur de cœur, Hélène avec Haya et Isha« , et déposé, m’attendant, au rayon Musique,

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    le tout nouveau Hélène Cixous, « Et la mère pond vite un dernier œuf« , se révèle à nouveau et immédiatement, dés les trois premiers chapitres _ « L’an 2021 nuit« , « La vie est une chasse » et « Je n’ai pas été en c. c.« … _ que je viens de commencer à lire avec jubilation ce dimanche, d’un enchantement absolu…

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    De nouveau, cette merveilleuse intelligence si aiguë et justissime ô combien ! jointe à un style éblouissant et à surprises constantes, d’une page à l’autre, d’une ligne à l’autre, d’un mot _  joué, très souvent, en son « rêvoir« … _ à l’autre…

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    Je ne peux m’empêcher de m’empresser de le signaler tout de suite, dès la lecture, déjà, de la page 29 _ puisque c’est là que j’en suis, pour l’heure, en ma toute première lecture de ce nouvel opus (vite ou pas vite ?) « pondu » par Hélènee Cixous : d’autres lectures-relectures suivront, bien sûr, afin de poursuivre et continuer encore, toujours un pas de plus plus loin, et parfaire, à notre tour, en notre jouissif exercice du lire, la joie infiniment renouvelée des déchiffrages des multiples cryptages de cet écrire poursuivi, en chacun de ses livres, tellement suivis ou plus exactement entre-suivis, l’un après l’autre, et plus encore l’un avec l’autre (ainsi faut-il vraiment tout lire ! et on ne le regrettera fichtrement pas !..) en un opus in fine unique, comme pour Montaigne ou pour Proust, d’Hélène Cixous, au nombre desquels cryptages ceux de l’Inconscient follement joueur, malin, ludique, avec lequel l’autrice joue aussi et d’abord elle-même en son fécond « rêvoir« , après en être elle-même consubstantiellement jouée, en ses rêves nocturnes qu’elle reprend et amplifie de sa propre imageance, en cet actif-passif et follement éclairant « rêvoir« , donc, auquel, de livre en livre, Hélène Cixous se livre,, en la jouissance peu banale, et même réellement extra-ordinaire, du propre plaisir, au présent constamment activé et jubilatoirement ré-activé, de son si passionnant écrire et ré-écrire, à son écritoire fidèle, et en la reprise-lecture-ré-écriture retissée, telle la Pénélope d’Ulysse, de ses anciens cahiers d’écrire ardemment ainsi relus et re-fouillés, et autres carnets de bord, emplis de noms de parents et cousins Jonas (d’Osnabrûck), d’Eve Klein, sa chère et si dynamique mère, infiniment présente et archi-fidèlement revenante, elle même si joueuse et infatigable voyageuse-marcheuse-arpenteuse de par le monde entier, jusqu’en Australie et Nouvelle-Zélande, toujours avec son inusable sac-à-dos et chaussée de ses inusables godasses de marche, et cela jusqu’en son ultime vieillesse de centenaire (Strasbourg, 14 octobre 1910 – Paris, 1er juillet 2013)… : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier« , dirait notre cher Montaigne, ainsi que la force et l’énergie d’un souffle de vie, tellement positive : soit les « pulsions de vie » arquées face à la « pulsion de mort« , dirait Freud, pour ce qu’il en est de cette folle fécondissime et géniale énergie d’écrire, et cette fois-ci en ce tellement réjouissant jouissif « Et la mère pond vite un dernier œuf » d’Hélène Cixous (Oran, 5 juin 1937)… _ sur les 137 pages que compte ce livre si délicieux et effrayant tout à la fois de vérité, et suprêmement hilarant, aussi, forcément, face au constat hallucinant des catastrophes qui ne manquent pas de se succéder, à la fois identiques et à la fois autres, chaque fois particulières _ et même singulières _, clamés, de temps en temps _ Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Paul Celan, Vann Nath (page 25), Primo Levi (page 26), et aussi Piotr Rawicz, et puis Imre Kertész, Edith Bruck, etc. _, d’une langue de témoin à une autre langue de témoin de ces successives répétitives catastrophes, et nous tomber dessus, au coin de maintes rues, emportant et mordant et accablant tant et tant de malencontreuses proies qui n’en ont pas échappé _ quand d’autres, qui, eux, ont réussi, comme miraculeusement, à s’en sortir, en gardent pourtant à vie, sans rémission ni guérison jamais, de permanentes cicatrices-séquelles toujours à vif… _ , au passage de leur folie, dans les tourbillons sauvages barbares diablement malins de l’Histoire mondiale, qui n’en sont certes pas, et à jamais, à un vilain tour de cochon près…

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    « La vie est une chasse, dis-je.

    Je suis un lièvre. Pas grand. Je dévale la longue pente blanche à toute vitesse. Si une neige, elle n’est pas froide, ou bien je ne la sens pas. À toute vitesse une grosse pintade me poursuit pour me mettre à mort. La pente est raide. Elle a ses limites. Même si je cours comme l’éclair, il n’y a nulle part où se cacher. Je me retourne, je suis en bas, je suis acculée, je vois l’ennemi, fondre bientôt sur moi. Un dernier recours : terrifier l’ennemi. Il me faudrait un pistolet, l’abattre, je n’ai pas d’arme, ou bien pousser un tel cri qu’il soit épouvanté. Mais les lièvres n’ont pas de voix. Seulement un rêve de cri. Faute de cri, je me brandis moi-même, je deviens petit, noir, dur comme une balle, je vise, puisse l’ennemi me prendre pour une arme, mais pour l’instant l’animal qui charge ne semble pas me voir changée en munition, je n’ai plus d’espace, la distance entre nous diminue, je suis au bord du rêve, au bas de la page je vois ma fin, s’approcher, c’est une grosse pintade grise.

    Fin du lièvre. Reste le livre. » , page 14.

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    Ce dimanche 10 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bouleversant « Je te laisse dormir » d’Edith Bruck, ou la somptueuse conversation poursuivie – continuée avec Nelo Risi (1920 – 2015), le compagnon de sa vie…

    Ce lundi 2 octobre,

    achèvement de ma deuxième lecture bien attentive du « Je te laisse dormir » (2017-2018) d’Édith Bruck, le troisième volet (aux pages 195 à 318) du volume intitulé « Je te laisse dormir » ;

    en complément de son « L’Hirondelle sur le radiateur » (2014-2015 ; aux pages 9 à 184), premier volet de ce volume, et de « L’Homme Nelo Risi » (un discours prononcé par Edith le 13 octobre 2016 ; et retranscrit ici aux pages 187 à 191), deuxième volet : 

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    un volume de 320 pages qui paraît jeudi prochain 6 octobre, en une traduction de René de Ceccatty, aux Éditions du sous-sol…

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    J’ai accédé à quelques uns des divers récits de survie et vie d’Édith Bruck _ parmi ceux qui  ont été traduits en français _ par ma  lecture, en janvier 2022, tout d’abord, de son stupéfiant « Le Pain perdu«  _ paru, aux Éditions du sous-sol, en une traduction de René de Ceccaty, le 7 janvier 2022 _ (« Il Pane perduto » avait paru en 2021 aux Éditions La Nave di Teseo),

    bientôt, très vite, suivie de ma lecture de son « Qui t’aime ainsi » _ paru le 21 janvier 2022, en Points-Seuil, en une traduction de Patricia Amardeil, datant d’avril 2017… _ :

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    cf la succession de cette sélection de 9 articles miens de janvier et février 2022 :

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    _ «  » (7 janvier 2022)

    _ «  » (8 janvier)

    _ «  » (10 janvier)

    _ «  » (11 janvier)

    _ «  » (12 janvier)

    _ «  » (13 janvier)

    _ «  » (22 janvier)

    _ «  » (10 février)

    _ «  » (11 février 2022)

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    puis ces 3 articles récents de septembre et octobre 2023 :

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    _ «  » (18 septembre 2023)

    _ «  » (28 septembre)

    _ «  » (1er octobre 2023)

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    Et maintenant,

    le somptueux récit « Je te laisse dormir«  _ « Ti lascio dormire«  est paru en 2019 aux Éditions La Nave di Teseo _ est une longue bouleversante lettre de 122 pages qu’Édith Bruck adresse à son compagnon de 58 ans de vie (rencontré, à Rome, au Palazzo Marignoli, Via del Corso (in « Je te laisse dormir » page 187), ou bien/et au restaurant Otello, via della Croce (in « Le Pain perdu« , page 152) le 9 décembre 1957, puis épousé le 17 mars 1966 au Capitole de Rome _ cf la rapide mention de cet événement à la page 154 du « Pain perdu« … _, Nelo Risi (Milan, 21 avril 1920, Rome, 17 septembre 2015), décédé en leur domicile du 72 Via del Babuino, à Rome, ce 17 septembre 2015 :

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    Page 197 :

    « Cette nuit _ la date précise n’est pas indiquée : au cours de l’été 2017… _, comme souvent dans le demi-sommeil, l’esprit occupé par toi _ voilà _,  j’ai pensé t’écrire _ un medium absolument capital pour Édith Bruck, si fondamentalement, consubstantiellement, écrivain, depuis ses premiers écrits, en 1945... J’ai carrément pris cette décision. Sans bien encore savoir quoi te dire, mais ça ne m’inquiète pas. Je sais, d’expérience _ de toute sa vie d’écriture, dès 1945, donc… _ que l’idée me suffit, que c’est une nécessité _ de révélation de et à soi-même, d’abord. Les mots se multiplieront tout seuls et d’un mot en naîtra un autre emportant avec lui _ en sa formidable dynamique révélatrice _ quelque chose de déjà mûr _ voilà… _, prêt à voir le jour sur la page _ voilà, voilà.

    Tout doucement je me suis levée pour ne pas te réveiller _ « Ti lascio dormire«  ; l’expression apparaîtra un peu plus loin, à la page 204… _, comme si tu étais encore près de moi et comme si je n’avais pas compté, il y a près de deux ans _ c’était le 17 septembre 2015 ; nous sommes donc ici l’été 2017… _, l’effroi dans mon regard, tes quatre derniers souffles brefs. ensuite plus rien, rien que les cris d’Olga (notre aide à domicile dans la dernière période de ta longue maladie _ d’Alzheimer, apparue lors du premier malaise à Assise, l’été 2004 _), « C’est fini ! C’est fini ! » et mes cris inarticulés « Non non non ! », avant que je ne me jette sur le divan du salon où recroquevillée comme un fœtus je me suis détachée du réel« …

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    Et pages 203 – 204 :

    « Je ne sais pas pourquoi, mais pour la première fois _ depuis presque deux ans _ je m’assois devant ma vieille Olivetti pour t’écrire. Que de choses il nous restait à nous dire et combien il en restera ! _ en cette conversation déjà perpétuelle et ainsi perpétuée. Une énormité, malgré les soixante années _ du 9 décembre 1957 de leur rencontre romaine, au 17 septembre 2015 des derniers souffles de Nelo, à leur domicile du 72 Via del Babuino… _ l’un près de l’autre, qui n’ont pas suffi, pas à moi en tout cas, pour avoir la liberté _ totale et absolue _ de nous parler. La liberté, avec toutes ses limites, tu l’as vécue, en bien ou en mal ; moi _ asymétriquement en leur couple _, je l’ai subie, du fait de « mon amour indulgent », comme une de mes amies l’a défini _ en une relation aimante réciproque et mutuelle, oui, mais pas tout à fait symétrique…

    Tu étais et tu es _ toujours _ tout pour moi : langue, patrie, famille, père et mère. L’homme le meilleur que j’aie jamais rencontré, et pourtant j’en ai tellement rencontré, de passage dans ma vie errante, et même les meilleurs, les plus cultivés, valaient moins que toi. Personne ne t’est comparable, à toi qui te sous-estimais dans le souci obsessionnel de défendre ta dignité, ta liberté et ton honnêteté. Tu n’étais pas en mesure de faire quelque chose pour de simples raisons de survie. L’argent, pour toi, laïque, non baptisé, c’était vraiment les excréments du Diable. Tu ne savais même pas ce qu’était une facture ! Et je t’aimais pour cela aussi ; le pouvoir, l’argent sont la ruine du monde, répétais-tu« …

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    Et page 204, 12 lignes plus bas :

    « Quand je me réveille, le matin, souvent, en me levant, je tourne la tête vers ta place et une phrase tant de fois répétée échappe toute seule à mes lèvres :

    _ Je te laisse dormir.« 

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    Puis, page 205 – 206 :

    « Depuis ce soir-là _ du jour de tes derniers souffles, le 17 septembre 2015 _, je n’ai plus touché mon stylo : tu te souviens que tu ne le supportais plus dans ma main, quand, dans les derniers temps _ en 2014-2015… _ de ta maladie _ d’Alzheimer _, je prenais ces rares notes qui sont par hasard devenues un livre _ le terrifiant et sublime « L’Hirondelle sur le radiateur« … _ ? Après ta disparition, je me suis dit que je n’écrirais plus jamais ; et puis, il y a quelques jours _ cet été 2017 _, en pleine nuit, j’ai décidé de le faire pour te raconter _ à toi, Nelo, sur le déroulé du papier… _ des choses sur moi, sur nous après toi _ « On se marie pour poursuivre la conversation » (Ford Maddox Ford) et « Pourquoi permettre à la mort de l’interrompre ? » (Julian Barnes) sont les deux parfaits exergues de cette formidable conversation reprise et poursuivie (dès lors aussi sur le papier…) de ce superbe « Je te laisse dormir« … _, parce que, dans la vie, il y a toujours un avant et un après, et quand le vide paraît me suffoquer et pèse trop, il est temps d’écrire, mon unique liberté _ voilà ! et revoici ce capital « Écrire pour respirer ! » si consubstantiel à l’écrivain qu’est fondamentalement Édith Bruck, au-delà de la personne d’Édith Steinschreiber (née à Tiszabercel le 3 mai 1931, et passée par Auschwitz en 1944 ; et bien d’autres épreuves ensuite…) : il faut y insister... ; cf mon article du 11 février 2022 : « « … _ Quand, la nuit, mes bras s’allongent vers ta place déserte et que mon corps se retrouve dans l’espace qui t’était réservé au risque de tomber, il est temps d’écrire.

    Mes jours ne sont plus inutiles, durant les nuits, je ne sens plus aussi souvent ta main, mais je sais que tu es là et que tu m’effleures le dos. (…)

    L’écriture est oxygène _ voilà, voilà ! _, elle purifie _ en décantant vraiment et démêlant, pour commencer, les situations enchevêtrées et difficiles… En te parlant, en t’écrivant, j’ai l’impression d’émerger du puits obscur où je suis tombée _ à ton décès _ et de remonter vers la lumière, vers la blancheur _ lumineuse, éclairante et illuminatrice _ de la page que je remplis pour toi » _ pour reprendre et continuer – poursuivre l’indispensable aimante conversation (asymétrique, aussi ; mais c’était mutuellement accepté ainsi, en l’état de leurs tempéraments de fond si contrastés…) interrompue un moment de presque deux ans : entre nous deux.

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    Ce lundi 2 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa