Étiquette : Editions Arléa

  • Et l’écriture superbissime de Pierre Veilletet (1943 – 2013) réunie et publiée par ses amis d’Arlea, en les 800 pages de « Oui, j’ai connu des jours de grâce « : un bijou de littérature probe et lumineuse…

    Oui, l’écriture de Pierre Veilletet (Momuy, 2 octobre 1943 – Bordeaux, 2 janvier 2013 ) est somptueuse en sa lumineuse et tendre sobriété…

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    Ainsi que nous offre la merveilleuse occasion de le constater la réunion superbissime de ses principaux livres publiés, intitulée ici « Oui, j’ai connu des jours de grâce – œuvres 1986 – 2010« , que nous proposent magnifiquement les éditions Arléa… 
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    Ce lundi 26 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En parcourant très attentivement par la lecture les 9 livres jusqu’ici publiés de Jean-Marie Planes concernant son Bordeaux et son Sud-Ouest, c’est une œuvre qui a précisément pour sujet et pour cœur brûlant la ville de Bordeaux (et le Sud-Ouest limitrophe), consubstantiellement liés à la vie si sensuellement sensible, en son écriture, de son auteur, qui se découvre et nous atteint, à la lecture, au plus proche et délicatement intense de nous…

    En parcourant très attentivement par la lecture soigneuse, attentive aux moindres détails – assez souvent à décrypter… – les 9 livres jusqu’ici publiés de Jean-Marie Planes qui concernent – et émanent, à vif, de – son Bordeaux et son Sud-Oest – « Le Jardin public« , en 1994 (Confluences) ; « Une Ville bâtie en l’air« , en 1996 (Confluences) ; « Les Quinconces« , en 1999 (Confluences) ; « Tsanga, tsanga, fragments malgaches« , en 1999 (Mollat) ; « Une Chanson qui nous ressemble« , en 2001 (Confluences) ; « Reste avec nous car le soir tombe« , en 2004 (Mollat) ; « Le Chemin de Macau« , en 2017 (Arléa) ; « Une Vie de soleil« , en 2019 (Arléa) ; « En visitant les musées de Bordeaux« , en 2021 (Confluences)…  ; et restent à publier d’autres recueils de ses très nombreux articles, par exemple de critique littéraire, pour le journal Sud-Ouest – ,

    c’est une œuvre qui a précisément pour sujet et pour cœur brûlant la ville de Bordeaux (et le Sud-Ouest limitrophe), consubstantiellement liés à la vie – ressentie ainsi que remémorée : mais pourquoi donc écrire, sinon pour apprendre à être d’abord tellement mieux à soi, face à l »écoulement des jours qui filent, passent et fuient… – si sensuellement sensible, en son écriture, de son auteur, qui se découvre et nous atteint, à la lecture, au plus proche et délicatement intense de nous..

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    Et cela, dans un style, assez à la Chardonne, où règne une immense pudeur de fond de maintien, au final contrôlée ; en particulier concernant les personnes de son privé, le plus souvent, sinon toujours, minimalement indiquées, au très furtif passage, par une simple initiale – pas davantage – de prénom…

    Mais c’est l’enchantement profus et généreux, via le filtre-tamis des mots, du ressenti des impressions si nuancées et si délicates – sans la si petite que ce soit ombre-tache de mauvais goût de préciosité, ni encore moins le moindre soupçon d’exhibitionnisme : pouah ! – de l’auteur, ainsi qu’un art impressionniste parfait des touches fines de la palette raffinée et pourtant sobre – le mot précis toujours juste faisant instantanément et en finesse, j’y insiste, mouche en son phrasé svelte, vibrant et cursif… – de ses descriptions cursives – tout va toujours très vite, et file : à la Morand ; mais lui avait le cœur sec, et je remarque au passage que Jean-Marie Planes ne manquait jamais de le relever chaque fois qu’il évoque Morand… – de lieux et de paysages, qui  règne en l’écriture somptueuse – à la fois sobrement retenue et délicieusement épanchée : un oxymore réussi, qu’il s’autorise en s’y livrant à son écritoire… – de Jean-Marie Planes, pour enchanter, avec humilité et simplicité tempérée – c’est bien sûr là un très heureux effet du bienvenu climat dont nous jouissons à Bordeaux… – , la lecture à laquelle nous sommes ainsi, du coin de notre œil de lisant – et comme par-dessus l’épaule de l’écrivant à l’œuvre, juste en train, lui, à l’instant même, tout frais, de l’effectuer à sa plume sur le papier… – , autorisés à nous pencher, en lisant ce qu’il vient, consentant à peine, mais tout de même se livrant ainsi en ce filtre propice et incitateur de la joie de l’écriture, de nous laisser un peu regarder – et ainsi l’accompagner un peu aussi, lui, de notre complicité approbatrice de simple lecteur à distance, en temps en en lieu, de ce qu’il nous laisse, et a laissé, désormais, qu’il n’est plus là… – , au fil de la souplesse toute d’élégance foncière de la course respirante et maintenant, désormais, respirée, de ses phrases qui s’écrivaient alors, en son présent de vivant et écrivant – l’un après l’autre – à vif…

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    Beaucoup, beaucoup, nous est ainsi donné-laissé à recueillir, à notre tour de simple lecteur un peu attentif, en cette distance de délicatesse si magnifiquement retenue et millimétrée, en sa pudeur, d’épanchements, de sa délicieuse sprezzatura à l’écritoire, de Jean-Marie Planes – sur cette sprezzatura, lire l’indémodé et admirable « Livre du Courtisan«  de Baldassare Castiglione (1478 – 1529)…

    Le style, fluidissime, étant au service de l’extraordinaire précision – parfois pudiquement floutee… – , du rendu, par l’expression ainsi maîtrisée de l’écriture, du vécu même, fulgurant et à vif – jouissant et souffrant, brûlant même parfois, à l’occasion, tout à la fois tout cela, oxymoriquement, quasi en permanence… – , de l’auteur qui nous a quittés il y a maintenant un an, le 16 janvier 2025…

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    Ce lundi 19 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa