Étiquette : élégance

  • Kristian Bezuidenhout : aussi magnifique dans Haydn que dans Mozart !

    Les sonates pour piano de Mozart par Kristian Bezuidenhout

    étaient merveilleuses d’alacrité

    en même temps que d’élégance et de vie.

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    Quelle miraculeuse justesse !

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    En bien,

    le premier volume de ses sonates pour piano de Josef Haydn (Hob.XVI: 6, 20 & 48) par lui

    _ le CD Harmonia Mundi HMM 902273 _

    sont tout aussi miraculeuses

    de joie !

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    Et je me retrouve à nouveau cette fois

    du même avis que Jean-Charles Hoffelé

    en l’article de son blog Discophilia, du site Artamag,

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    intitulé Caprices et rêveries.

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    CAPRICES ET RÊVERIES

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    Son cycle Mozart achevé, Kristian Bezuidenhout rend une visite à Haydn dont on espère les mêmes prolongements, car dès l’entre-deux de l’Allegro moderato de la Sonate en ut mineur, tout est dit : la fantaisie jusqu’à l’étrange, le sens des notes qui se disent à demi, les ponctuations plus suggérées qu’assénées, tout un vocabulaire subtil qui est celui du sentiment plutôt que l’humeur.

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    Et quel phrasé, quelle conduite articulée, quelle précision dans la diction du clavier tout au long de l’Andante : affaire de pianiste, certainement, mais d’instrument aussi : le Paul McNulty d’après Walter & Sohn (1805) si goûté par Viviana Sofronitzky, est vraiment une merveille dont le jeu élégant et précis de Kristian Bezuidenhoutépouse chaque subtilité.

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    C’est Haydn qui en sort grandi, à force de tendresse et de fantaisie, jusque dans le choix des arpèges et des ornements qui se varient selon les œuvres pour le sentiment comme pour le langage : la Partita en sol, œuvre de jeunesse, éclate d’une vitalité impertinente.

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    Les deux merveilles sont gardées pour la fin, les deux mouvements si contrastés de la Sonate en ut sont saisissants sous les doigts du jeune homme, avec leur caractère d’improvisation capricieuse, et les Variations en fa mineur regardent vers le Sturm und Drang derrière leurs charmes. Magique. Vite, la suite.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Joseph Haydn (1732-1809)

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    Sonate en ut mineur, Hob. XVI:20
    Variations en sol majeur sur le thème « Gott erhalte Franz, den Kaiser », Hob. I:430
    Partita (Divertimento) en sol majeur, Hob. XVI:6
    Sonate en ut majeur, Hob. XVI:48
    Variations en fa mineur, Hob.XVII:6

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    Kristian Bezuidenhout, pianoforte

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    Un album du label harmonia mundi HMM902273
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    Photo à la une : le pianofortiste Kristian Bezuidenhout – Photo : © Marco Borggreve

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    Ce jeudi 11 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Cette mine d’intuitions passionnantes qu’est le « Dictionnaire amoureux de l’esprit français », du turco-suisse Metin Arditi

    Le mardi 26 février dernier,

    …

    et suite à mon écoute, le dimanche 24, de l’émission Musique émoi, d’Elsa Boublil,

    qui lui était consacrée

    _ cf mon article …  _,

    …

    j’avais brièvement présenté

    mon très vif plaisir de l’entame

    _ jusqu’à la page 167 / 661, ce premier soir de lecture : j’en arrivais à l’article Debussy, après l’article Dada _

    de ma lecture de ce très riche travail

    _ de l’helvéto-turc Metin Arditi (né à Ankara le 2 février 1945) _,

    sur un sujet qui de très loin, moi aussi, et depuis très longtemps,

    me travaille :

    …

    je veux dire

    les mystères et arcanes de ce « esprit français« 

    auquel je suis tellement sensible, moi aussi, dans les Arts

    _ et sans nationalisme aucun (ni encore moins de sourcilleuse exclusivité !), est-il utile que je le précise ?!

    …

    Il s’agit seulement du simple constat renouvelé chaque fois

    et non sans surprise

    _ je ne le recherche en effet pas du tout ! Non, mais cela vient me tomber dessus,

    et me ravir et combler… _

    de ce qui vient au plus profond secrètement me toucher,

    et me fait fondre de délectation :

    telle la reconnaissance d’affinités intenses comme congénitales…

    …

    …

    Voici,

    pour aller d’emblée à l’essentiel de ce que vais un peu discuter,

    le résumé

    …

    Dans ce dictionnaire, l’écrivain sélectionne des traits selon lui exemplaires de la culture française, comme le culte de l’élégance, le sens de l’ironie et l’art de la conversation _ rien à redire, bien sûr, à cet excellent choix-ci. Les entrées abordent aussi bien les institutions, les personnalités et des aspects historiques, de l’Académie française à Louise de Vilmorin, en passant par la haute couture, l’impressionnisme et Jacques Prévert.

    …

    puis la quatrième de couverture de ce Dictionnaire amoureux de l’esprit français, de Metin Arditi,

    publié aux Éditions Plon et Grasset :

    …

    Dictionnaire amoureux de l’Esprit français :

    « Je voudrais bien savoir, dit Molière _ plaidant ici pro domo _, si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. » Partant de ce constat, Metin Arditi examine d’une plume tendre _ en effet _ les formes dans lesquelles s’incarne cet impératif de séduction _ oui… _ : le goût du beau _ davantage que du sublime _, le principe d’élégance _ oui, toujours ! a contrario de la moindre vulgarité _, le sens de l’apparat _ un peu survalorisé par l’auteur, selon moi _, mais aussi le souci de légèreté _ fondamental, en effet _, l’humour _ oui, avec toujours un léger décalage… _, l’art de la conversation _ très important : civilisateur _, un attachement historique à la courtoisie _ parfaitement ! _, l’amour du trait _ d’esprit et parole, seulement _ assassin, la délicatesse _ c’est très, très important aussi !!! l’égard et ses formes, envers l’autre _ du chant classique « à la française » _ la quintessence peut-être du goût français _, un irrésistible penchant pour la théâtralité _ surévalué à mon goût, à contresens de la délicatesse et de la discrétion, selon moi _, l’intuition du bon goût _ oui ! _, la tentation des barricades _ à l’occasion, faute de parvenir à assez se bien faire entendre _, une obsession du panache _ surévaluée, elle aussi, comme le penchant à la théatralité : le panache de Cyrano illustrant la couverture du livre ! _, et, surtout, une _ sacro-sainte et irrépressible ! _ exigence de liberté _ oui, cela, c’est incontestable : ne jamais être comdamné à emprunter des voies toutes tracées, ou disciplinaires ; mais disposer d’une capacité permanente d’invention, et de singularité. En un mot, le bonheur à la française _ oui : à savourer assez paisiblement et durablement en sa profonde et somme toute discrète intensité. À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité _ mais non assignable à des traits fermés et une fois pour toutes donnés, invariants… _, ce dictionnaire rappelle que l’esprit français est, surtout, un inaltérable cadeau _ d’ouverture et fantaisie. Une lecture qui fait plaisir… et pousse à réfléchir _ et discuter, entamer le dialogue.

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    Voici aussi le texte accompagnant le podcast de l’émission Musique émoi du dimanche 24 février dernier,

    qui reprend ces diverses thématiques :

    …

    Metin Arditi, amoureux  comme personne de  l’esprit français, examine d’une plume légère et souvent espiègle les  diverses formes dans lesquelles s’incarne en France le désir de plaire.

    …

    « On ne considère en France que ce qui plaît », dit Molière, « C’est la grande règle, et pour ainsi dire la seule ».

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    Partant de cet indiscutable constat, l’auteur de ce dictionnaire,  lui-même amoureux  comme personne de l’esprit français, examine d’une  plume légère et souvent espiègle les diverses formes dans lesquelles  s’incarne en France le désir de plaire : au fil des siècles se sont  développés le goût du beau, bien sûr, mais aussi le principe d’élégance,  le sens de l’apparat, le souci de légèreté, l’humour, l’art de la  conversation, un attachement historique à la courtoisie, la délicatesse  du chant classique « à la française », le penchant pour la théâtralité,  l’amour du juste, le goût des barricades, du panache, oui, du panache,  et, surtout, une exigence immodérée de liberté. Ce dictionnaire parle de  Guitry et de Piaf, de Truffaut et de Colette _ oui _, mais aussi de Teilhard de  Chardin, Pascal, Diderot, Renan, Péguy, les prophètes qui ont nourri  les artistes de leur pensée et les ont libérés dans l’exercice de leurs talents.

    …
    L’esprit français a aussi ses interdits. Ne jamais être lourd…  Ne pas faire le besogneux… _ c’est en effet capital ! Et Nietzsche vénérait tout spécialement cet aspect-là de l’esprit français… Comment plaire, sinon ?

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    Au fil des pages, ce dictionnaire rappelle que le goût des belles choses a _ aussi _ un prix _ économique, financier _, qu’un tel bonheur ne vient pas sans facture _ à régler in fine ! À défaut,  l’esprit français ne serait pas ce qu’il est… _ assez impécunieux…  Sans vouloir  transformer un pays qui, c’est heureux, n’est pas transformable, on  pourrait peut-être imaginer, ça et là _ mais c’est bien un vœu pieux ! une pure vue de l’esprit… _, quelques mesures aptes à diminuer _ mais est-ce vraiment réaliste ? _ le montant de l’addition.

    …
    À l’heure où chacun s’interroge sur la délicate question de l’identité du pays, ce dictionnaire rappelle combien l’esprit français est un  cadeau _ sans prix, eu égard au bonheur (d’être vraiment d’esprit français).

     

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    …

    Je regrette aussi que manquent en ce Dictionnaire amoureux

    certaines entrées

    que pour ma part je trouve bien plus essentielles

    que Sacha Guitry ou Edmond Rostand,

    …

    telles

    Joachim du Bellay, Montaigne, Marivaux, Chardin, Monet, Paul Valéry, Pierre Bonnard, Charles Trenet, par exemple,

    qui,

    les uns comme les autres,

    ont si merveilleusement _ et idiosyncrasiquement : un trait lui aussi bien français ! _ su chanter

    l’incomparable douceur de notre France.

    …

    …

    En tout cas,

    j’éprouverais un très vif plaisir à dialoguer de tout cela

    avec Metin Arditi,

    s’il venait à Bordeaux.

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    …

    Ce jeudi 7 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un somptueux Quatuor à cordes opus 12 de Felix Mendelssohn par le Minguet Quartett

    Passionné que je suis

    par la musique de chambre _ tout particulièrement _ de Felix Mendelssohn (1809 – 1847),

    …

    me voici _ tout spécialement _ transporté par l’interprétation

    que donne présentement le Minguet Quartett,

    …

    en son splendide CD String Quartets vol. 2 de Felix Mendelssohn,

    le CD CPO 777 931-2,

    …

    du merveilleux Quatuor à cordes opus 12 du compositeur,

    composé en Angleterre et en Écosse en 1829

    _ un Mendelssohn, en la fleur de la jeunesse de ses fougueux et élégants 20 ans.

    …

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    C’est en effet le descendant et héritier de l’esprit Sturm und Drang de ses maîtres

    _ Carl Friedrich Zelter (1758 – 1832),

    élève de Carl Friedrich Christian Fasch (1736 – 1800),

    qui avait succédé, au poste de deuxième claveciniste, à CPE Bach, en 1755, à la cour de Frédéric le Grand à Potsdam… _,

    …

    à partir de l’immense Carl Philipp Emanuel Bach (1714 – 1788),

    …

    que j’apprécie tant !

    …

    …

    Une interprétation du Minguet Quartett

    qui sait allier

    _ ô combien merveilleusement _

    la fougue et le feu

    de ce Sturm und Drang

    …

    à la grâce et l’élégance

    héritées, elles, de Mozart…

    …

    …

    Soit une réalisation discographique mendelssohnienne parfaite !!!

    …

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    Ce dimanche 21 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un très original et marquant CD Purcell « Songs and Dances » par les excellents Musiciens de Saint-Julien du parfait François Lazarevitch

    J’aime énormément la musique de Henry Purcell (1659 – 1695),

    …

    et j’apprécie beaucoup, beaucoup,

    CD après CD _ chez Alpha, depuis l’origine _,

    le travail discographique et musical _ d’excellence _ de François Lazarevitch,

    à la tête de ses Musiciens de Saint-Julien.

    …

    …

    Cette fois,

    et à nouveau

    _ à chaque fois, même ! _,

    …

    me voici surpris,

    et enchanté,

    …

    par ce que le talent de l’artiste

    réussit à tirer de ces chefs d’œuvre _ à nuls autres pareils _ de Purcell

    _ et quelle perte absolue, de fait, fut sa mort pour la musique en Angleterre, dans le siècle qui suivit…

    …

    …

    Ici,

    en ce CD Purcell Songs and Dances,

    …

    soit le CD Alpha 419,

    …

    nous voici cette fois un peu pris à contrepied,

    …

    d’une part,

    du fait par la place que prennent dans la constitution même du programme,

    les airs chantés par le contreténor Tim Mead,

    …

    et d’autre part,

    par la primauté des sons aigus de la flûte

    _ tant la flûte à bec que la flûte traversière (auxquels il faut ajouter le son aigu lui aussi de la musette) _

    de François Lazarevitch,

    menant la danse de ses Musiciens de Saint-Julien,

    …

    quand nous nous attendons plutôt

    à la gravité berçante et plongeante des sonorités des hautbois et bassons,

    …

    c’est-à-dire surtout des graves

    _ même si existent incontestablement ici aussi des hautbois et des bassons _,

    …

    dans l’interprétation de la musique

    à la fois si profonde et si chantante _ et incomparablement dansée, avec une supérieure élégance : à la française ! _ de Purcell.

    …
    …

    Purcell est un génie de la musique,

    …

    et François Lazarevitch n’est pas du tout mal non plus

    en grâce musicale !!!

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    A nouveau une réussite discographique et musicale

    qui fait date !

    …

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    Ce samedi 6 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa