Étiquette : « Exposer la musique _ Le festival du Trocadéro (Paris 1878) »

  • La découverte in extremis de ma journée luzienne de lundi 29 septembre, à travailler avec Martine Blandin, la lectrice-correctrice du texte à faire parvenir à l’imprimeur du « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz : la découverte de l’identité de la personne située la plus à gauche sur la photo du dîner conclusif de la journée de festivités diverses, à Ciboure et à Biarritz, le 24 août 1930, d’hommages à Maurice Ravel : Suzanne Blanché, l’épouse de Ramiro Arrué…

    Lundi dernier 29 septembre, dix heures non-stop de travail hyper-assidu chez moi à Saint-Jean-de-Luz, pour établir la version finale à faire parvenir illico presto à l’imprimeur du « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, qui doit paraître ce mois d’octobre-ci pour Jakintza à Ciboure…

    …

    Une question qui a déjà été abordée précédemment avec mon co-auteur, Guy Lalanne, le président de Jakintza, revient ainsi sur le tapis – soulevée par la curiosité tenace et archi-légitime de Martine Blandin – : qui est donc la personne située le plus à gauche sur la photo bien connue de 7 personnes, dont Maurice Ravel, prise à ce qui fut probablement le dîner conclusif, après le concert donné à l’hôtel du Palais à Biarritz, le soir du 24 août 1930 ?

    …

    Soumise par mes soins – il y a donc quelque temps déjà – au regard archi-expert de Manuel Cornejo, celui-ci avait été formel, il ne s’agissait certainement pas d’Hélène Jourdan-Morhange, comme l’avait lestement prétendu l’auteur pas assez rigoureux de ce « Ravel – Portraits basques » bourré de bien trop d’erreurs – et lequel ne voulait rien entendre d’avoir pu commettre, lui, mazette !, des erreurs !..

    Qui donc alors était cette personne ? Guy Lalanne s’était demandé, étant donné le bras de son voisin sur la photo, Jacques Thibaud, posé sur l’épaule de cette élégante dame, s’il ne pouvait pas s’agir là de Madame Jacques Thibaud, présente elle aussi, auprès de son mari le brillant violoniste, tout le long de cette journée d’hommages rendus à Maurice Ravel, à Ciboure, le matin, comme à Biarritz, le soir, de cette mémorable journée de festivités raveliennes du 24 août 1930…

    …

    Lundi soir dernier 29 septembre, au final de notre harassante journée de 10 heures non-stop de travail de mise au point du texte, vers 20h 20, j’ose tenter de joindre au téléphone Manuel Cornejo, même si je sais qu’il est, particulièrement en ce moment, très très pris…

    De fait, pas de réponse au bout de fil ; rien que le répondeur…

    Suivi un peu plus tard de la réception d’un rapide sms explicitant la présente indisponibilité à me répondre, de l’ami Manuel Cornejo…

    …

    Mais la très fine Martine Blandin, la scrupuleuse lectrice-correctrice, m’avait confié peu avant ce coup de fil de 20h 20, qu’elle avait une hypothèse à soumettre, empruntée justement à un texte trouvé, par sa vive curiosité en alerte, sur Internet, de Manuel Cornejo lui-même, affirmant que le document que constitue cette photo qui était conservé au Palazzetto-Bru-Zane à Venise – jusque-là Martine Blandin ignorait tout de cette institution – , parlait d’une certaine « Madame Blanchet, amie luzienne mélomane » : un bel indice de recherche à ouvrir…

    Mais Martine Blandin me confie aussitôt qu’elle soupçonne que, sous cette mention d’une « Madame Blanchet, amie luzienne mélomane« , pourrait se cacher en fait une certaine Suzanne Blanchet (ou Blanché), luzienne en effet, et épouse, ajoute-t-elle, elle l’a découvert, du très fameux peintre de la basquitude Ramiro Arrué…

    Un ami avéré, lui, de Maurice Ravel, lequel lui a même dédicacé « À Ramiro Arrue Maurice Ravel : cordial souvenir » une photo (cliché Henri Manuel) d’eux deux parmi la foule assistant à la partie de pelote au fronton de Ciboure au matin de ce même 24 août 1930,

    ainsi que prend soin de l’indiquer, aux pages 2596-97  de la Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel (édition Gallimard-collection Tel, de mars 2025), Manuel Cornejo, en une précieuse note de bas de page : « Ramiro Arrue (1892-1971) ayant assisté aux cérémonies comme un cliché le prouve qui le réunit avec Maurice Ravel dans le public lors de la partie de pelote basque« …

    …

    Là -dessus, Martine Blandin regagne son domicile provisoire à Socoa, sur ce questionnement un peu plus précis, mais demeuré en suspens de confirmation de la part de Manuel Cornejo à ce moment...

    …

    Mais voilà que, à 23h 54, toujours ce lundi 29 septembre, Manuel Cornejo m’adresse le courriel décisif de réponse suivant :

     » Cher Francis,

    Bonsoir,

    En hâte, l’information sur Mme Blanchet – selon cette orthographe-ci – vient du site internet du Palazzetto Bru Zane de Venise https://www.bruzanemediabase.com/mediabase/documents/maurice-ravel-entoure-damis institution qui conserve un exemplaire du cliché en question. Il est possible – voilà ! – que le nom de Blanchet soit inscrit au verso du cliché conservé – sic. Le responsable scientifique est Etienne Jardin : etienne.jardin@gmail.com

    Le cliché fut d’abord reproduit dans la première édition du livre de Jankélévitch sur Ravel aux éditions Rieder en 1939, mais avec pour seuls noms – alors, en 1939 – en légende de la planche X : Maurice Ravel, Mme Barrientos, Mlle Madeleine Grey, Jacques Thibaud – Jankélévitch évite de citer le nom de cette « Madame Blanchet » qui ne lui parle pas…

    En grande hâte, amitiés,

    Manuel ».

    …

    Et à 23h 57, il se trouve que je dors..

    Mais toujours travaillé par cette question, je me réveille vers 4h 00, et consultant alors mon portable posé sur la table de nuit, je découvre alors stupéfait la teneur de ce courriel de minuit de l’ami Manuel.

    …

    Et quelle formidable surprise pour moi que cette mention des noms et du Palazzetto Bru-Zane et surtout Étienne Jardin ! 

    …

    Et à 4h 23 , j’adresse dare-dare le courriel suivant à Guy Lalanne et Martine Blandin :

    « Voici la réponse de Manuel Cornejo – je la retransmets telle quelle… – à la question que je lui ai adressée hier soir, sur son répondeur, à 20h 20,

    en l’assortissant du commentaire suivant :

    L’extraordinaire de cette affaire est que je connais très bien Étienne Jardin  : c’est lui qui a été rien moins que le correcteur de mes 2 contributions au colloque sur le compositeur Lucien Durosoir (1878-1955) qui s’est tenu au Palazetto Bru-Zane à Venise les 19 et 20 février 2011 ; et nous continuons depuis lors de correspondre…  
    J’ai cherché aussi à faire inviter Étienne Jardin en 2022 chez Mollat pour un entretien avec lui à la Station Ausone ; mais hélas sans succès : son passionnant livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) » (aux Éditions horizonsd’attente, en 2022) a été jugé un peu trop pointu pour intéresser un public suffisamment nombreux pour remplir la Station Ausone où ont lieu les enregistrements de conférences et entretiens, comme celui que j’ai eu, le 17 avril dernier avec Manuel Cornejo sur son édition de la Correspondance de Ravel… Une pile d’exemplaires du livre sera cependant bien exposée au rayon Musique de la librairie Mollat…
    Et en mon article « Ecouter Anne-Charlotte Rémond présenter, en son Musicopolis, « L’Exposition de 1878, un panorama musical de son époque », à partir du passionnant travail d’Etienne Jardin en son « Exposer la musique _ Le Festival du Trocadéro (Paris 1878) » » en date du 12 novembre 2022, on trouvera des liens aux 4 précédents articles, en date des 17 juin, 22 juin, 1er juillet et 5 juillet 2022, que j’ai consacrés, sur mon blog encherchantbien.fr  , à ma lecture commentée du très riche travail qu’offre l’enquête parfaitement originale de ce livre d’Étienne Jardin…
    Étienne Jardin est aimable et très compétent.
     Je vais donc immédiatement lui demander à lui aussi l’origine de la présence de ce nom de Mme Blanchet sur cette photo conservée au Palazzetto Bru Zane !
    Et en cherchant sur les archives de mon blog le nom d’Étienne Jardin, on trouvera la mention des divers articles que je lui ai consacrés, à propos de ses travaux de recherche, ou bien dans lesquels simplement je le mentionne…. 
    À suivre…
    Francis »
    …

    Et à 4h 25, dans la foulée de mon enthousiasme, j’adresse à l’ami Manuel Cornejo le courriel suivant :

    « Merci, cher Manuel.

    Étienne Jardin est un ami à moi !

    C’est lui qui a été le correcteur des articles de mes 2 contributions au colloque sur Lucien Durosoir au Palazetto Bru-Zane à Venise en février 2011…

    Nous continuons de correspondre.

    J’avais cherché à le faire inviter chez Mollat pour un entretien à la Station Ausone.
    Mais son livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris 1878) » avait été estimé trop pointu pour pouvoir réunir suffisamment de public à la Station Ausone…

    Je vais donc lui adresser un courriel à propos de cette photo du 24 août 1930 conservée au Palazetto Bru-Zane…

    À suivre…

    …

    Et il me faut ajouter surtout que Suzanne Blanché (Saint-Jean-de-Luz, 21 janvier 1896 – Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1958), épouse (le 16 mars 1929 à Saint-Jean-de-Luz)  du fameux peintre Ramiro Arrué (1892-1971) – consulter ici son acte de naissance sur lequel ont été rajoutées les dates de son mariage, en 1929, et de son décès, en 1958… – , est aussi liée de près à Dominique Hiriart (1849-1926), qui a été témoin à la fois au mariage des parents de Suzanne : Joseph Blanché et Marie-Thérèse Malbos, à Saint-Jean-de-Luz, le 17 février 1892 – consulter ici l’acte de leur mariage – , ainsi qu’à sa naissance, le 21 janvier 1896 – éplucher ici l’acte de naissance de Suzanne Blanché – , à Saint-Jean-de- Luz ; les Hiriart domiciliés au 30 rue Gambetta, et les Blanché domiciliés au 34 rue Gambetta, étaient aussi des voisins…

    Et Dominique Hiriart (1849 – 1926) est le cousin au second degré de Marie Delouart (1840 – 1917), la mère de Maurice Ravel (1875 – 1937) ; et il est aussi le père de Magdeleine Hiriart (1875 – 1968), l’épouse de Charles Gaudin (1875 – 1910), la grand-mère paternelle de mon amie et correspondante luzienne Maylen Gaudin-Lenoir (1942)…

    Le monde est petit….

    Francis »

    …

    Et mardi soir, en réponse à mon envoi d’un courriel à Guy Lalanne indiquant ces découvertes de l’identité de Suzanne Blanché, fille  de Joseph Blanché et Marie-Thérèse Malbos, libraire à Saint-Jean-de-Luz, et épouse du fameux Ramiro Arrué, Guy me répondra, enthousiaste :  « J’ai bien connu la librairie Malbos qui était dans une rue perpendiculaire à la rue Gambetta vers le marché à proximité du magasin Hiriart« .

    …

    Et de retour à Bordeaux mardi après-midi, et ayant un peu repris mes esprits,

    c’est à 5h 27 ce mercredi 1er octobre que j’adresse le courriel suivant à l’ami Étienne Jardin :

    …

    « Cher Étienne,

    de retour à Bordeaux de 3 jours passés à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure d’ultimes mises au point avec la lectrice-correctrice, Martine Blandin, du texte de mon livre avec Guy Lalanne « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel » à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, qui doit partir incessamment chez l’imprimeur, le nom de Suzanne Blanché (orthographe correcte) est finalement apparu afin de réussir à légender correctement une des photos prises lors des festivités d’hommage à Maurice Ravel le 24 août 1930…
     
    Et c’est mon ami l’infatigable Manuel Cornejo qui a relevé sur le site du Palazetto où est conservée la photo le nom de cette « Madame Blanchet », en réalité Suzanne Blanché, épouse de Ramiro Arrué, grâce au légendage d’un exemplaire de cette photo conservée en effet au Palazzetto…
     
    Voici la question que j’ai, cher Étienne, à te poser :
    qu’en est-il du légendage de cette photo conservée au Palazzetto ?
    Et de la présence de ce nom mal orthographié (pour quelles raisons ?..) « Mme Blanchet » ?
    pour désigner la luzienne Suzanne Arrué, née Blanché…
     
    Les autres personnes présentes sur cette photo sont :
    le violoniste Jacques Thibaud, Maurice Ravel, la chanteuse Maria Barrientos, Mesdames Turgeon mère et filles (qui sont-elles donc ?..) et la chanteuse Madeleine Grey…
    La photo pourrait avoir été prise au restaurant « La Réserve de Biarritz », situé en fait sur le territoire limitrophe de la commune d’Anglet, le soir du 24 août 1930…
     
    Le repas de midi de ce 24 août 1930, organisé par Charles Mapou, avait eu lieu, lui, au restaurant « La Réserve » de Ciboure : Guy Lalanne possède même le plan de table des convives dessiné de la main de Charles Mapou, et que lui a aimablement remis Jérome Cézard, un des petits-fils de celui-ci – le luzien Jérôme Cézard (né à Saint-Jean-de-Luz le 12c avril 1976) est en effet le fils de Micheline Mapou (Paris 16e, 15 juin 1913 – Saint-Jean-de-Luz, 4 mai 2004) et Maurice Cézard (Paris 7e, 23 juin 1914 – Évreux, 27 janvier 1983)… Cf ici mon article « Qui sont les membres de la famille de Charles Mapou présents au déjeuner festif de 26 convives, organisé à la Réserve à Ciboure le 24 août 1930 en l’honneur de Maurice Ravel…«  en date du 23 avril dernier.
    Et le concert du soir de ce 24 août, s’était tenu, lui, à l’Hôtel du Palais à Biarritz,
    pas très loin du restaurant « La Réserve de Biarritz« , qui se situe un peu plus haut sur le plateau, non loin du phare de Biarritz…
     
    Bien à toi, cher Étienne,
     
    Francis,
    à Bordeaux« 
    …
    Avec alors cette réponse d’Étienne Jardin, magnifique, à 9h 40 ce mercredi matin 1er octobre :

    « Cher Francis,

    Merci pour les nouvelles. 
    Pour répondre à ta question : une copie de la photo en question se trouve dans le fonds des éditions Leduc que nous avons récupéré il y a quelques années. Au dos de cette photo, de la main de Madeline Grey – voilà ! – il y a une identification – par Madeleine Grey elle-même – des différentes personnes présentes, notamment cette « Mme Blanchet, amie mélomane de Saint Jean-de-Luz ».
    La faute – d »avoir ignoré qu’il s’agissait de Suzanne Arrué, née Blanché – vient donc d’ici – en fait de Madeleine Grey, l’autrice du légendage griffonné au verso de la photo – , mais je vais corriger la page Bru Zane Mediabase selon tes découvertes – avec, au départ, la lecture, puis les très justes intuitions de recherche, de Martine Blandin : et c’est ensuite, et pour obtenir confirmation, que je vous ai joints, Manuel Cornejo et toi-même, cher Étienne, et que j’ai recherché avec les outils de recherche dont j’ai un usage familier les généalogies de Suzanne Blanché (fille de Joseph Blanché et son épouse Marie-Thérèse Malbos) et de Ramiro Arrué ; Suzanne Blanché et Ramiro Arrue se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 16 mars 1929…
    Amitiés,
    Etienne »

    …

    Avec aussi, en forme de cerise sur le gâteau de ces divers féconds échanges, ce beau courriel conclusif de Martine Blandin, magnifique interlocutrice !, reçu ce mercredi 1er octobre à 12h 31 :

    « Bonjour Francis,

    Que de lecture ce matin ! – certes. Tout ce que vous m’avez envoyé est absolument passionnant ! Quand on commence à tirer un fil…, toute la pelote suit – voilà ! Ce qui est pour le curieux un indice devient aussi pour lui une piste ouverte de recherche !
    J’ai découvert beaucoup de choses
    – oui ! – ces derniers jours, dont l’existence du Palazzetto Bru-Zane et le site. Et c’est le seul endroit je crois qui mentionnait – parce que celui qui le gère, l’ami Étienne Jardin, est ultra-compétent, hyper-sérieux et parfaitement rigoureux – le nom de « Mme Blanchet, amie mélomane à Saint-Jean-de-Luz« , alors que cette photo circule partout, avec de fausses informations (dans la Revue musicale de décembre 1938, la légende est seulement « Maurice Ravel entouré d’un groupe d’amis« ) – sans parler du légendage défectueux de cette photo à la page 234 du trop désinvolte « Ravel – Portraits basques«  : bourré d’erreurs..
    Mais encore fallait-il faire le lien
    – tout est là ! – avec Suzanne Blanché-Arrue, et je crois quand même, en toute modestie, que c’est moi qui l’ai supposé d’abord – mais oui ! Vous en avez eu l’idée… Encore fallait-il en avoir la preuve – apportée d’une part par mes recherches généalogiques menées illico presto sur la biographie et la famille de la luzienne Suzanne Blanché (c’est moi qui ai découvert l’orthographe correcte de son nom de jeune fille) ; puis, d’autre part, par mes échanges sur le vif de demandes de précisions avec mes amis les formidables chercheurs que sont Manuel Cornejo et Étienne Jardin…
    Donc, nous avons bien travaillé ensemble ?
    – très bien même, avec cette très belle découverte sur Suzanne Arrué, dont la famille luzienne était amie avec les luziens et voisins Hiriart, cousins, et ce n’est pas peu,  des Delouart-Ravel…

    J’aime bien la devise : « La RAVELOPHILIE est un BONHEUR ! »…

    Martine Blandin ».

    …

    …

    Voilà comment en prenant soin de nous parler et d’échanger avec le plus de précisions possibles nos connaissances et nos intuitions de recherches avec des amis à la fois curieux, rigoureux et compétents, nous parvenons en toute modestie et humilité vraies à aider à faire progresser, pas après pas, step by step, pièce après pièce, patiemment et avec suivi, la connaissance…

    Et c’est en effet passionnant.

    …

    Ce mercredi 1er octobre 2025, Titus Curiosus- Francis Lippa

  • Où se recoupent les perspectives fonctionnelles du Directeur de recherches et publications du Palazzetto Bru-Zane, et celles de l’objet ici ciblé à explorer, « l’exposition de la musique », du livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878) » : la féconde et passionnante piste de recherche travaillée par Etienne Jardin, sur un pan jusqu’ici délaissé de la musique française, entre Berlioz et Debussy

    C’est autour du concept  même d’ « Exposer la musique« ,

    …

    tel qu’il s’est initialement formé et développé dans l’esprit inventif, patient et à terme efficace, d’Ernest L’Épine (Paris, 12 septembre 1826 – Paris, 4 février 1893), le promoteur finalement heureux de l’intuition originale publiquement exprimée dès 1854, puis rappelée avec énergie en 1863 et 1876 _ « les textes d’Ernest L’Epine réclament, pour la musique, l’équivalent du Salon de peinture et de sculpture« , lit-on  à la page 93 du livre d’Étienne Jardin ; et « sa formulation à la veille de chaque exposition parisienne _ de 1855, 1867 et 1878 _ indique bien que ce type d’événement apparaît à son auteur comme un moment stratégique pour lancer ses auditions périodiques« , qui lui tiennent puissamment à cœur !.. _ d’intégrer à l’Exposition universelle de Paris, qui doit se tenir au Trocadéro, en 1878, une série éminemment spectaculaire pour le public d’auditions de concerts, qui se dérouleront effectivement du 6 juin au 10 novembre 1878, dans une très vaste salle de concerts spécialement édifiée ad hoc pour de telles exhibitions musicales, d’une part,

    …

    mais aussi, d’autre part, eu égard aux fonctions mêmes de la très dynamique Fondation du Palazzetto Bru-Zane – Centre de musique romantique française, et du riche travail méthodique, précis et excellemment documenté, d’exploration de son Directeur des recherches et publication qu’est Étienne Jardin, je veux dire, ici, en cette mission d’ »exposer la musique« ,

    …

    et donc au carrefour-rencontre de perspectives _ naissantes, déjà, au XIXe siècle, et archi-développées aujourd’hui… _ de regards spécialement dynamisés par cet objectif très ciblé d’exposer le mieux possible au public les concerts mêmes de musique _ à une époque où n’existaient bien sûr pas encore les enregistrements discographiques ni radiophoniques… : le grand public ne pouvait donc découvrir-entendre-écouter la musique qu’interprétée effectivement au concert… _,

    …

    que prend place aujourd’hui le passionnant et très fécond travail de 384 pages, que vient nous offrir, avec son livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878)« , qui vient de paraître aux Éditions horizonsd’attente,

    Étienne Jardin.

    …

    …

    Et la démarche de recherche d’Étienne Jardin se penche donc aussi, au delà de l’histoire assez récente alors des expositions universelles _ Londres, 1851 ; Paris, 1855 ; Londres, 1862 ; Paris, 1867 ; Vienne, 1873 ; Philadelphie, 1876 ; Paris, 1878 _ sur l’histoire bien intéressante, elle aussi, et bien plus en amont, des concerts publics, dans l’histoire de la musique.

    …

    …

    Quant à l’usage ici, par Étienne Jardin, du terme de « festival » pour cette dense succession de 105 concerts donnés lors des cinq mois de cette exposition universelle de Paris en 1878, s’il n’est jamais prononcé par quiconque pour cette manifestation de 1878 : de fait, « les observateurs de l’époque se bornent à ne considérer que des séries de concerts, entremêlées certes, mais tout à fait dissociées. (…) La notion de festival telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est pas encore forgée en 1878. Le mot se voit d’ailleurs encore utilisé pour désigner une grande réunion d’artistes, un concert monstre unique. Faute de terme pour le penser, l’unité de ces auditions échappe aux commentateurs« , lit-on page 298.

    Et il faut attendre 1881, avec le « Rapport administratif sur l’Exposition universelle« , pour obtenir « le premier document à traiter le festival dans son unité. Au chapitre « Notice sur les auditions musicales », après une nouvelle description par séries, le rapporteur considère le phénomène dans son ensemble et calcule tous les concerts pour donner une idée de l’ampleur de la tâche accomplie : « Ces auditions musicales, dans les 108 séances qui se sont données, dont 65 pour la France et 43 pour l’étranger (…) ont fait connaître les écoles et les interprètes de tous les pays. Quels rapprochements curieux, quelles comparaisons fécondes… », lit-on encore page 301. Voilà.

    …

    …

    La venue et le rassemblement en un laps de temps limité _ au moins une journée au cours des cinq mois allant du 6 juin au 10 novembre 1878 _ et en un même lieu _ au Trocadéro, à Paris _ d’une énorme foule, tant nationale qu’internationale _ les moyens de transport ont connu un formidable essor au XIXe siècle _, fournissait ainsi une formidable occasion à saisir de mettre en présence, aux yeux aussi des très nombreux spectateurs, et pas seulement à leurs oreilles, ce qui se donnait à connaître en matière de composition musicale à leur époque _ depuis 1830 surtout, et après la précédente exposition universelle à Paris, en 1867 _ et en les diverses nations représentées pour l’occasion à l’exposition ;

    et cela en une période de l’histoire de la musique plutôt négligée jusqu’ici par les historiens de la musique en France, disons entre les noms majeurs de Berlioz et de Debussy…

    …

    …

    Étienne Jardin précisant, à ce sujet, que le choix des œuvres présentées à écouter interprétées aux concerts donnés à ce « festival » du Trocadéro de 1878, selon la sélection de la commission réunie ad hoc lors de multiples séances de préparation, privilégiait le point de vue des compositeurs demandeurs de présentation-exposition de leurs œuvres, plutôt que celui des attentes supposées de la part du public, très divers, susceptible d’assister à ces auditions de musique interprétées par les instrumentistes de l’orchestre et les chœurs de chanteurs, voire au grand orgue Cavaillé-Coll construit expréssément pour l’événement :

    …

    « Le concert montre les interprètes. Son public vient entendre des pièces dont il contemple l’exécution. (…) La musique, au concert, est exhibée pour elle-même« , lit-on ainsi page 33…

    …

    …

    Ce mardi 5 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Ut pictura musica », une clarissime recension du passionnant et très riche « Exposer la musique _ Le festival du Trocadéro (Paris, 1878) » d’Etienne Jardin, par Laurent Bury, sur son Wanderersite.com…

    En répose à mon vœu que son « riche « Exposer la musique » trouve son chemin effectif auprès de son lectorat potentiel…« ,

    Étienne Jardin vient de me faire parvenir une très belle première recension, intitulée « Ut pictura musica« , de ce passionnant « Exposer la musique _ Le festival du Trocadéro (Paris 1878)« , rédigée par Laurent Bury, sur son site wanderersite.com,

    que je m’empresse bien sûr de relayer ici _ avec mes propres menues farcissures, en vert…

    …

    …

    …

    …

    Le titre intrigue tout d’abord _ en effet ! _ : que peut bien vouloir dire « exposer la musique » ? Exposer des instruments, comme cela se fait dans la plupart des capitales européennes ? Et le sous-titre rend plus perplexe encore : on croit se rappeler qu’il y eut bien, dans l’édifice qui précéda l’actuel Trocadéro, une gigantesque salle de concerts, mais qui a jamais entendu parler d’un « festival » en 1878 ? _ et ce terme, en effet, ne fut pas alors employé… Il y a une quinzaine d’années, la Cité de l’architecture et du patrimoine avait publié, en partenariat avec Actes Sud, un volume intitulé Le Palais de Chaillot, où le texte signé Pascal Ory était accompagné d’un CD-ROM permettant la visite virtuelle du bâtiment conçu par Gabriel Davioud, architecte du Théâtre du Châtelet, et dû à l’ingénieur Jules Bourdais, pour la troisième Exposition universelle organisée par la France _ après celles de 1855 et 1867, sous le Second Empire. Autrement dit, le livre que fait paraître Étienne Jardin aux éditions Horizons d’attente est consacré au rôle _ oui _ qu’a pu jouer la musique lors de cette manifestation, et l’on comprend très vite que son curieux titre est parfaitement justifié _ mais oui ! _, dans la mesure où les organisateurs dudit événement et leurs contemporains ont eux-mêmes employés l’expression très inhabituelle d’ « exposition musicale » (par exemple dans le journal Le Temps, en juin 1878), pour désigner ce que l’on qualifierait bien plutôt aujourd’hui de festival.

    …

    La formule apparaît d’autant plus judicieuse que, dans les discours de l’époque, un rapprochement ne cesse d’être fait entre deux arts fort diversement traités par l’État : les défenseurs de la musique invoquent en effet l’exemple des musées et des salons annuels, institutions financées par les autorités, qui estiment donc nécessaire d’encourager les « beaux-arts ». La musique semble alors être le parent pauvre _ voilà _, dans la mesure où, jusqu’au milieu du XIXe siècle, elle doit se contenter de l’initiative privée _ voilà _ pour subsister ; c’est surtout vrai des compositions non scéniques, mais même l’Académie royale ou impériale de musique n’a pas toujours été aussi soutenue que son nom pourrait le laisser penser. Autrement dit, il était urgent que le gouvernement consacre des fonds à aider la musique selon ses modalités spécifiques d’exposition : auditions périodiques permettant de découvrir la production des compositeurs vivants (équivalent du Salon annuel de peinture _ voilà _) et concerts historiques permettant de faire entendre les grandes œuvres du passé (équivalent du musée _ oui _). A l’approche des deux premières Expositions universelles parisiennes, celles de 1855 et de 1867, l’écrivain et dramaturge Ernest l’Épine remettait sur le tapis son projet, sans jamais trouver une oreille favorable. La troisième _ celle de 1878, donc _ allait lui accorder une revanche, puisqu’il fut décidé qu’une série de concerts accompagnerait l’exposition des arts, de l’artisanat et de l’industrie. Il ne manqua pas de journalistes hostiles à cette manifestation pour dénoncer le Salon des Refusés que constituaient ces auditions, où avaient trouvé place des compositeurs jugés « ratés » ou contaminés par l’école allemande.

    …

    Et si, comme l’annonce modestement Étienne Jardin à la fin de son livre, il reste à écrire une histoire musicale de la Salle des fêtes du Trocadéro de son inauguration 1878 jusqu’à sa démolition en 1937, son volume pose magnifiquement la première pierre de cette entreprise _ oui. Grâce à ses recherches exhaustives _ tout à fait : car il se trouve que des œuvres qui n’ont jamais été publiées par leurs auteurs, et dont les partitions manuscrites ou bien ont disparu, ou bien sont ne sont pas publiquement répertoriées _ dans les archives du Ministère de l’agriculture et du commerce, le musicologue attitré du Palazzetto Bru Zane propose en effet une vision panoramique _ oui ! _ de cette « Exposition musicale » injustement dédaignée (alors que l’Exposition de 1889 et ses gamelans balinais ayant influencé Debussy a bien davantage attiré l’attention). Après avoir montré que le terme « festival » _ utilisé d’abord et depuis longtemps en Angleterre _ était alors encore peu usité en France, et réservé aux exécutions musicales réunissant une foule _ parfois même « monstrueuse« … _ d’exécutants, Étienne Jardin retrace _ avec minutie, et c’est passionnant à suivre… _ les différentes étapes d’un processus qui fut, en lui-même, étonnamment rapide – le président MacMahon annonça en avril 1876 une manifestation qui ouvrirait le 1er mai 1878 et durerait cinq mois –, non sans remonter _ aussi, et c’est là aussi éclairant _ jusqu’aux origines de la forme du concert public et « savant » en France.

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    Une Commission des auditions musicales se réunit pour la première fois neuf mois _ seulement _ avant l’ouverture de l’exposition _ le 1er mai 1878 _, les deux mamelles de ses délibérations étant donc précipitation et confusion. Certaines problématiques alors primordiales sembleront aujourd’hui bien désuètes, comme ces débats sur la nationalité des compositeurs (fallait-il considérer comme françaises les œuvres crées à Paris mais écrites par des étrangers ? Ne fallait-il tolérer que les musiciens naturalisés ?), mais ce serait oublier que la capitulation de Sedan était encore présente dans tous les esprits, c’est pourquoi l’Allemagne ne fut évidemment pas conviée à participer à la fête musicale _ en effet ; de même que la chute de l’Empire napoléonien, en 1815, a déchaîné l’expansion des nationalismes en Europe, et en ses colonies. Il était hors de question d’interpréter le moindre morceau de Wagner, mais, non sans une certaine ironie, ce sont des Teutons qui dominèrent les programmes symphoniques _ via le off du Festival, et les iniatives des institutions invitées… _, le tiercé gagnant étant Mendelssohn-Bach-Haendel, suivis de loin, chez les vivants, par Verdi, Saint-Saëns et Gounod.

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    Faute de moyens financiers _ ainsi qu’au vu de la brièveté des délais impartis, aussi _, très peu d’orchestres étrangers purent faire le déplacement, certains pays devant se contenter d’envoyer un contingent de choristes, ou des représentants de cette « Musique pittoresque » _ censée intéresser (et drainer à l’Exposition) un plus large public… _, catégorie dans laquelle auraient dû se trouver réunis les chants bretons ou corses (grands absents en fin de compte), les tziganes et autres danseurs folkloriques.

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    Sur l’immense scène du Trocadéro, il fallait un orchestre doublé, mais comme l’immense salle (4700 places) ne devait servir que l’été et en plein jour, il ne parut pas nécessaire d’y installer éclairage ou chauffage – mais le système de ventilation fut complimenté. L’acoustique posait quelques problèmes de réverbération, et le grand orgue Cavaillé-Coll ne fut _ un peu tardivement _ livré qu’en août _ mais avec un grand succès de foule… Une programmation jugée trop sérieuse explique peut-être les résultats médiocres en termes de fréquentation, une fois passée l’excitation de l’inauguration. En marge des concerts officiels, un « festival off » comme on ne disait pas encore, sut davantage attirer les foules, en proposant une offre plus diversifiée _ ou éclectique _ mêlant théâtre parlé, fanfares militaires et musique légère.

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    Tout au long de ces trois cent cinquante pages, on suit avec plaisir le récit mené de main de maître _ oui ! _ par Étienne Jardin, truffé d’informations dûment référencées _ oui, Étienne Jardin est un chercheur très scrupuleux _, et émaillé de passages qui montrent un beau sens de la formule, où l’humour a lui aussi _ mais oui ! _ sa place. A une époque où il n’existe à Paris aucune salle véritablement destinée à accueillir les auditeurs, « Tel un bernard‑l’ermite, le concert se trouve des lieux de vie qui n’ont pas été conçus pour lui » (33). Comme le Salon du Livre encore récemment hébergé là où venait de se déroulait le Salon de l’Agriculture, les concerts donnés dans des cirques devaient _ jusqu’alors _ composer avec certains « désagréments olfactifs », mais en cherchant des sites dédiés, « la France tente de sortir du crottin » (119). Les organisateurs des concerts du Trocadéro ne savent bientôt plus où donner de la tête : « Entre les réflexions sur la date à laquelle débute la modernité musicale _ à établir… _ et les réclamations faites afin d’obtenir la gratuité des toilettes pour les artistes, le spectre des interventions de la commission est décidément bien vaste » (179). La manifestation ne vise qu’à édifier le public : « Là réside peut-être la plus grande originalité de l’expérience du Trocadéro en 1878 : l’audace – ou l’irresponsabilité – de penser une série de  concerts sans se soucier de sa rentabilité » (231). Ou encore, à propos du prestige dont jouissent les organistes bien qu’invisibles dans leur tribune, en partie comparable à celui des virtuoses de la première moitié du siècle : « Le compositeur-interprète n’est pas mort : il est simplement caché » (298).

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    S’il est curieux de désigner le baron Isidore Taylor par son deuxième prénom, d’où une homonyme surprenante avec le claveciniste Justin Taylor (note 28, page 89), le volume est remarquablement dénué de coquilles : tout au plus trouvera-t-on sur la même page 227 deux orthographes pour le compositeur Victor Verrimst, et une étrange féminisation du Théâtre de l’Ambigu-Comique, page 237 _ ainsi que trois autres, aux pages 254, 332 et 334.

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    On attend désormais _ mais oui ! _les éventuels prochains épisodes de cette riche histoire, mais on se déclare surtout prêt à suivre Étienne Jardin dans toute autre aventure où il lui plaira d’entraîner son lecteur _ voilà…

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    Cf aussi mon article du 22 juin dernier,

    et l’excellente métaphore du sismographe que met si judicieusement en œuvre Rémy Campos, en sa lumineuse Préface au travail d’Étienne Jardin :

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    « « …

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    Ce vendredi 1er juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa