Étiquette : Fabrizio Chiovetta

  • L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ?

    Voici que je découvre – avec des années de retard ! 17, précisément, et à son 14ème CD, depuis le tout premier, paru en 2009 pour le label Palexa… – l’exceptionnel talent de toucher de piano du genevois Fabrizio Chiovetta : son tout récent CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119«  – enregistré au Gustav Mahler Hall à Dobbiaco du 3 au 6 décembre 2024 – me bouleverse au plus profond du cœur, et cela dans ces sublimissimes œuvres-chefs d’œuvre comptant parmi les plus hauts sommets de tout l’art du piano que sont les 7 « Fantasien » Op. 116 (de 1892), les 3 « Intermezzi » Op. 117 (de 1892), les 5 « Klavierstücke » Op. 118 (de 1893) et les 4 « Klavierstücke » Op. 119 (de 1893) de Johannes Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897)…

    Comment ai-je donc pu ignorer jusqu’ici cet art à ce point merveilleux d’un piano qui me va si puissamment droit au cœur, en autant de galettes discographiques :

    1 (Robert Schumann) du label Palexa, en 2009,

    1 (Joseph Haydn) du label Artalinna, en 2014,

    3 (Franz Schubert, Joseph Haydn, puis Frank Martin) du label Claves, en 2013, 2014 et 2024,

    et 8 du label Aparté, en 2016 (Johann-Sebastian Bach), 2017 (Robert Schumann, puis Rääts, Part et Godecki), 2018 (Wolfgang-Amadeus Mozart), 2020 (Ludwig van Beethoven) et 2023 (Robert Schumann),

    avant cette découverte éblouie , ce mois d’avril 2026, de ce tendrissime CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119«  ?…
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    De fait, avant cette éblouissante découverte du CD Aparté AP 395 « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119« , ma discothèque personnelle ne comportait qu’un seul CD comportant ke jeu au piano de Fabrizio Chiovetta : le CD Aparté AP 332 « Mozart – Bruch – Messina – Berthaud – Chiovetta » des 8 « Pièces pour clarinette, alto et piano » Op. 83 de Max Bruch, et le sublimissime « Trio des Quilles » K. 498 de Mozart…

    Que de manques discographiques à combler ! À commencer par son Mozart AP 198 de 2018 et son Beethoven AP 238 de 2020…

    Avec pareil ultra-sensible interprète tel que le genevois Fabrizio Chiovetta…

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    Comment ai-je donc pu ainsi passer à côté d’eux sans y porter vraiment mon attention ?
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    En 1892, Brahms revient au piano pour livrer ses ultimes pages – d’adieu follement attendri (et sobre, sans la moindre once de gras ni de pathos)… – pour l’instrument : quatre recueils (Ops. 116, 117, 118 et 119) à l’écriture dépouillée, presque ascétique, avant les Vier Gesange qui clôtureront – en sublime beauté aussi – son œuvre, en 1896.

    “Jouer un intermezzo du Brahms tardif, c’est comme marcher dans la neige : la moindre trace reste” – et pour jamais, en effet, si intense est la marque : à dimension d’éternité…

    Fabrizio Chiovetta embrasse ces chants du départ sans détour, avec l’élégance – qui lui est consubstantielle et fondamentale, bouleversante en son absolue pureté et absolu naturel… – qui est la sienne.

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    Un absolu chef d’œuvre d’interprétation, sans pareil…

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    Avant-hier 21 avril, le bon Jean-Charles Hoffelé a consacré à ce CD impressionnant, bouleversant de tendresse sobre, ce notable article-ci, « Paysages de fantaisie » :

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    PAYSAGES DE FANTAISIE

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    Un bon ange – et même bien davantage que bon ! – s’est penché sur ce disque, et d’abord sur le piano, un splendide – oui ! – Steinway modèle D No. 578418 (bravo à l’éditeur qui le documente dans sa fiche technique, que les autres en prennent de la graine !) boisé, sans clairon dans l’aigu, au médium sonore, aux graves de voix humaine.

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    La prise de son d’Ambroise Helmlinger rend tout l’espace, à la fois intime et profond, de la – splendide ! – Salle Gustav Mahler de Dobbiaco, une partie des mystères somptueux des Dolomites qui enserrent le village où Gustav Mahler composa son Chant de la Terre semble s’être infusée dans les sfumatos que Fabrizio Chiovetta distille en peintre.

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    Au-delà de la pure – saisissante !!! – beauté sonore, qui saisit dès les tempêtes et les replis des Fantaisies, s’imposent l’autorité – sans effort – du discours, et surtout la présence d’un corps harmonique rayonnant jusque dans le plus sombre, d’une intensité sonore – bouleversante en sa pureté – jusque dans le plus dolce, le plus « perdu » (la 4e pièce de l’Opus 116, les Intermezzi) qui me rappellent quelqu’un. Une telle présence – voilà ! – , une telle densité physique – voilà, voilà ! – signait déjà les albums Brahms impérissables laissés par Julius Katchen, dont Eloquence prépare une nouvelle édition qui révélera quelques inédits. Y aurait-il hommage ?
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    Quatre cahiers de cet adieu à un certain monde qui semble suspendu au-dessus des Klavierstücke de Schönberg ? La Ballade de l’Opus 118 piaffe soudain, délivrant un paysage de fantaisie, un peu chasse, croqué d’un pinceau magique, manière de ne pas faire toujours, partout, ce crépuscule dont tant se seront délectés. L’allégement du clavier – oui, oui ; et en absolues fluidité et clarté : c’est somptueux de naturel ! – y fait penser à Wilhelm Kempff, et plus encore dans l’Opus 119, collections d’irréalités – quasi hors-monde… – suspendues ou filant au trot (l’Intermezzo en ut, un cheval se promène dans le paysage). Puis la Rhapsodie fait danser sa tempête, et soudain, sous les doigts de Fabrizio Chiovetta, le jeune Brahms, maître des orages, reparaît.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms
    (1833-1897)

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    7 Fantasien, Op. 116
    3 Intermezzi, Op. 117
    6 Klavierstücke, Op. 118
    4 Klavierstücke, Op. 119

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    Fabrizio Chiovetta, piano

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    Un album du label Aparté AP395
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    Photo à la une : le pianiste Fabrizio Chiovetta –
    Photo : © Guillaume Megevand

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    Et je renvoie aussi ici à 3 de mes articles,

    en date des

    15 septembre 2019 : « La question de la spécificité des Intermezzi de Brahms : à propos d’une interprétation d’Evgueni Koroliov« ,

    15 octobre 2019 « La singularité du jeu d’Evgeni Koroliov dans la collection des Intermezzi de Brahms« ,

    et 17 août 2025 « Et quel interprète choisir pour les sublimes Intermezzi conclusifs de Brahms ? Forcément avec humilité et franchise, devant l’éternité…« …

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    Ce jeudi 23 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un autre chef d’oeuvre de Mozart pour la clarinette : le  »Kegelstatt Trio » K. 498, en une nouvelle belle interprétation au disque : enchanteur et troublant…

    Le 13 février dernier,

    alors qu’en mon article « Le plaisir pénétrant, érotique même, mais sublimé, de radieuse innocence conquise, de la clarinette de Mozart : l’enthousiasmant CD « Pierre Génisson – Mozart 1791″, avec la soie de Concerto Köln, en 2022… » je me félicitais de l’usage enchanteur que Mozart divinement fit de la clarinette,

    en même temps je regrettais un peu que fut absent de ce CD Erato 5054197732331 « Pierre Génisson – Mozart 1791 » le merveilleux « Kegelstatt Trio » K. 498, de 1786, pour Stadler…

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    Et voici que ce jeudi 20 février je découvre sur le site de ResMusica, et sous la plume de Jean-Luc Caron, l’article intitulé « Messina, Berthaud, Chiovetta : lecture magnétique de trios de Mozart et Bruch« ,

    qui me met aussitôt sur la piste de ce CD Aparté AP 332 « Mozart – Bruch – Messina – Berthaud Chiovetta » comportant cet adoré « Kegelstatt Trio » K. 498,

    dans lequel, cette fois, c’est l’excellent Patrick Messina qui est à la clarinette…

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    Messina, Berthaud, Chiovetta : lecture magnétique de trios de Mozart et Bruch

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    L’heureuse association du clarinettiste , de l’altiste et du pianiste  illumine deux partitions incontournables issues de l’esprit de Wolfgang Amadeus Mozart et de celui de .

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    Avec le Trio pour piano, clarinette et alto dit « Les Quilles », en mi bémol majeur (K.498), Mozart semble avoir pour la première fois _ en 1786 _ composé pour cette formation instrumentale inhabituelle. Nous sommes à Vienne en 1786. Si ultérieurement son intérêt pour la clarinette s’intensifiera encore _ voilà _, les potentialités de l’instrument ont retenu longtemps son attention. C’est le contact avec le fameux virtuose Anton Stadler (1753-1812) au sein d’une loge maçonnique qui l’incitera à confier à son génie créateur des musiques comme le Quintette K.581 (1789), le Concerto pour clarinette K.622 (1791) et d’autres chefs-d’œuvre encore. Pour l’anecdote, précisons que le surnom attribué à ce Trio K. 498 résulte sans doute d’une confusion entre cette pièce et les Duos pour cors (K. 487 à 496a) composés la même année. Le Trio _ lui _ est créé chez le futur baron von Jacquin, botaniste distingué, dont la fille Franziska deviendra une élève zélée de Wolfgang.

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    De manière inusitée l’œuvre commence par un Andante franchement monothématique puisque le premier thème est entendu une quarantaine de fois tandis que le second thème se montre proche du premier. L’absence du tempo Allegro attendu n’empêche donc pas Mozart de parer cette partie d’une coloration instrumentale délicieuse _ voilà _, homogène, dépassant nombre de conventions tout en mettant en route une économie de moyens (on pense à Joseph Haydn). Tonique, le mouvement suivant, noté Menuetto, s’enrichit d’une brillante cohérence. Le dernier mouvement, Rondeau, est un Allegretto, dans lequel la clarinette majestueuse doit à l’évidence au second motif du premier mouvement et parachève la grande unité de cette partition polyphonique bénéficiant des sections contrastées jamais amputées de la précieuse et légère poésie mozartienne _ c’est bien cela…

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    L’équilibre parfait imaginé entre les trois instrumentistes fait merveille à l’écoute d’une complicité évidente _ rn effet : ils sont très attentifs les uns aux autres… Bénéficiant de leurs interactions délicates, les trois musiciens de cet enregistrement déploient un jeu rigoureux _ peut-être un poil trop _ et de toute beauté _ oui. Ils parviennent ainsi à traduire toute la richesse mélodique et virtuose de la partition.

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    On se souvient de comme d’un compositeur allemand ayant excellé dans ses grandes œuvres chorales et pour ses deux merveilleux concertos pour violon. On connait moins ses partitions de musique de chambre pourtant de belle facture et appréciables pour leur beauté sonore et leur structure classique accomplie. Les Huit Pièces op. 83 ont été élaborées vers la fin de la vie du maître (1910). Elles révèlent un compositeur plein de noblesse et apte à enfanter une musique développée avec maestria et conçue pour faire ressortir les qualités de chaque instrument. Plutôt conservateur et romantique, positionné dans le sillage de Brahms, Bruch compose dans le registre de la tonalité et offre à sa musique une accessibilité patente, s’opposant aux innovations de son temps, visant en particulier tant Max Reger que Richard Strauss, ses contemporains.

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    Son habileté et son sens de l’équilibre, parfaitement suivis et traduits par les musiciens de cette parution, se déroulent au cours des pièces majoritairement adagio : n° 1, 3, 5 (Air roumain), et 6 (Chant nocturne), mais aussi allegro : n° 2, 4 et 7, ou encore Moderato : n° 8.

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    Un enregistrement délicat et engagé fêtant tour à tour ou de concert la clarinette, l’alto et le piano.

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    Max Bruch (1838-1920) : Huit Pièces pour clarinette, alto et piano, op. 83 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Trio en mi bémol majeur « Les Quilles », K.498.

    Patrick Messina, clarinette ; Lise Berthaud, alto ; Fabrizio Chiovetta, piano.

    1 CD Aparté. Enregistré réalisé en novembre 2022 à l’Auditorium Darius Milhaud, Aix-en-Provence.

    Notice de présentation en français et anglais.

    Durée : 51:00

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    Mozart nous fait toujours beucoup beaucoup de bien !

    Et tout spécialement avec le son enchanteur et troublant de la clarinette…

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    Ce jeudi 20 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa