Étiquette : Federico Mompou

  • La délicieuse délicatesse du piano de Luis Fernando Pérez dans un lumineux récital d’ »Encores »…

    C’est un délicieux récital d’ »Encores » que viens nous offrir le lumineux piano de Luis Fernando Pérez (né à Madrid en 1977) dans un parfaitement délicat récital de 17 pièces de bis de concerts – de Xavier Montsalvatge, Carlos Guastavino, Isaac Albéniz, Enrique Granados, Federico Mompou, d’abord et surtout, mais de pas mal d’autres aussi… – , en un très réussi CD Mirare MIR 792 – enregistré à Madrid du 26 au 29 décembre 2022… – intitulé « Encores« …

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    C’est l’article intitulé « Apostilles » mis en ligne sur son site Discophilia par Jean-Charles Hoffelé le 21 octobre dernier qui m’a fait connaître l’existence, et la valeur, de ce délicieux récital de brèves pièces-cadeaux de fins de concerts chères à ce très délicat pianiste qu’est Luis Fernando Pérez…

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    Ce vendredi 24 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les aventures d’une oreille (suite) : découvrir et admirer Valentin Silvestrov en 2024, comme avoir découvert et admiré Lucien Durosoir, en 2008 : une modeste contribution à un désembourbement des oreilles…

    Dans mes articles concernant Valentin Silvestrov (et ses splendides « Bagatelles », qui m’enchantent !), je n’avais pas, volontairement, cité Brahms, bien que pensant très fort à ses sublimes « Intermezzi » finaux, 
    alors que j’évoquais, dans mon article un peu de fond en date du 29 décembre «  », le sublime Federico Mompou de la sublimissime « Musica callada », Domenico Scarlatti, Johann-Jakob Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes, à diverses époques un peu discrètes et profondes, intensément intimes, de l’histoire de la musique…
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    Je n’avais pas non plus cité les merveilleux « Moments musicaux » de Schubert, que beaucoup peuvent relier eux aussi à ces miraculeuses « Bagatelles » de Silvestrov ;
    Brahms et Schubert venant bien sûr très vite ici à l’esprit de nombreux mélomanes ;
    mais probablement un peu moins Mompou, Domenico Scarlatti, Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes…
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    Et je m’interroge encore :
    pourquoi m’a-t-il fallu attendre le présent saisissant CD « Shostakovich – Silvestrov – Ettore Causa – Boris Berman » pour ressentir cette éperdue admiration envers la musique de Valentin Silvestrov ?..
    Ettore Causa, altiste, est, bien sûr, avec Boris Berman, pianiste, lui aussi magnifique !
    Ce qui m’a permis au moins de revenir écouter, ré-écouter mieux, et admirer avec la justesse qui leur convient, les divers CDs Silvestrov de ma discothèque personnelle…
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    Pourquoi Silvestrov n’est-il donc pas aujourd’hui qu’il est vivant et parmi nous, à l’âge de 85 ans, universellement reconnu comme son œuvre le mérite ?..
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    En tout cas ces successifs CDs « Silvestrov » du Palais des Dégustateurs (du cher Eric Rouyer) font excellemment leur office pour désembourber quelques oreilles encore un peu trop paresseuses…
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    C’est aussi cette expérience-là de « désembourbement » des oreilles, que j’avais éprouvée à l’égard de la musique de Lucien Durosoir à l’écoute elle aussi subjuguée du CD Alpha 125 « Lucien Durosoir – Quatuors à Cordes – Quatuor Diotima », un véritable saisissement, elle aussi,
    comme en témoigne mon article du 4 juillet 2008 « Musique d’après la guerre » .
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    Un article qui m’a conduit quelques 30 mois plus tard à Venise au Palazzetto Bru Zane, le 21 février 2011, pour donner deux contributions au beau colloque «Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique » :
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    Ces aventures de l’oreille, une autre expression tombée sous ma plume, assez fantastiques à vrai dire, sont absolument merveilleuses !
    Quelle chance nous avons !
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    Et de pouvoir aussi, si peu que ce soit, la partager, cette chance…
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    Ce mercredi 1er janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Ce que m’apporte la méditation sur les « Bagatelles » (ou « Moments musicaux ») de Valentin Silvestrov dans la préparation de mon entretien à venir mardi 14 janvier prochain, à la Station Ausone, avec l’ami philosophe Bernard Sève à propos de son magistral « Les Matériaux de l’art »…

    M’étant remis à la lecture plus passionnante que jamais _ son regard incisif de « penser » est tout aussi profond et essentiel que formidablement ample _ du magistral « Les Matériaux de l’art » _  j’adore le croisement (et lien charnel) de ce pluriel-ci avec ce singulier-là ! _ de l’ami Bernard Sève _ avec qui je m’entretiendrai de ce travail puissant, large et profond, le mardi 14 janvier prochain à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux _,
    et méditant sur la palette infinie des degrés d’ « artisticité » des œuvres _ un concept essentiel de ce livre… _,
    et sur l’inépuisable infinité des liens que toute création artistique rencontre et affronte pour aimer s’y confronter _ telle l’huitre perlière face à son grain de sable… _, et à son tour aller une marche plus loin et « créer », face aux « matériaux » qui déclenchent jubilatoirement, en forme d’infini dialogue nourri, acharné et ouvert avec ce qui devient ainsi, par ce geste comme à nouveau inaugural, son « matériau » à elle, en faveur de sa propre inventivité (que je nomme pour ma part _ et d’après les travaux si pertinents de Marie-José Mondzain _ « imageance », un mot forgé à partir d’un actif participe présent…),
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    je relis _ du verbe « relier », mais aussi du  verbe « relire » ; à la source et base-fondation de toute « culture » qui tant soit peu se tient… _ ces fécondissimes intuitions de Bernard Sève, à la musique bouleversante et carrément sidérante de Valentin Silvestrov, qui présentement vient m’enchanter aux disques ;
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    et tout particulièrement à ce que lui, Valentin Silvestrov, nomme très modestement, humblement, en son œuvre, « Bagatelles », ou encore « Moments musicaux » _ on pourrait dire aussi « Intermezzi »… _,
    et qui forment d’abord, et fondamentalement, son tout simple et nécessaire atelier d’improvisations, inspirées et inspirantes, respirées,
    en vue, possiblement, peut-être _ et c’est ce qui est espéré pour plus tard, et plus loin, à l’épreuve du temps _, mais cela c’est le temps à venir qui pourra, lui, se prononcer, d’ « œuvres » notées sur quelque support un peu durable et éventuellement matériellement transmissible, et pas trop vite effaçable non plus ; 
    mais le processus n’est jamais, non plus, lui-même vraiment tout à fait achevé, du moins l’artiste vivant et en capacité de « jouer », et poursuivre son œuvrer ; 
    « tant qu’il y aura de l’encre et du papier », dirait notre cher Montaigne, ainsi que notre cher Proust…
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    Et sur ce travail compositionnel de ces « Bagatelles », je me permets de citer ici ces mots éclairants de Tatjana Frumkis aux pages 13 et 14 du livret du CD PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » :
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    « Les deux dernières décennies de travail de Silvestrov sont caractérisées par le sens de l’intimité, de « faire de la musique pour soi-même » _ sans considération de public. Le flot de petites formes avec leurs titres récurrents, valses, berceuses, postludes, nuits, barcarolles, sérénades, élégies et pastorales, entre autres, se poursuit encore aujourd’hui. Tous ces titres sont conditionnels et peuvent être facilement remplacés par le terme générique « bagatelle », introduit par le compositeur lui-même, ou « moment », un autre terme qu’il utilise. Selon Silvestrov, la principale impulsion créative _ voilà le geste de départ ! _ pour composer est une intonation, une exclamation ou un motif qui émerge momentanément et ne quitte pas l’oreille interne du compositeur _ c’est dèjà là un indice de quelque chose qui insiste pour exister si peu que ce soit, minimalement, pour le moment au moins… Une bagatelle est donc une occasion « pure » de capturer, de définir et « arrêter le moment » sans l’accabler de ce qu’on appelle le travail thématique. Puis, pour reprendre les mots du compositeur, commence un « duo avec le silence », d’abord mené par lui-même avec son inimitable toucher de piano en apesanteur (« comme s’il marchait sur de la glace au printemps »). Au début, toutes les bagatelles existent « oralement » _ sans écriture notée. Silvestrov poursuit : « Si les bagatelles survivent _ résistent, insistent _ à plusieurs jeux, encore plus, si une année passe et que je continue à y revenir encore et encore, c’est le signe qu’elles existent, ne peuvent pas être annulées et doivent être écrites ». Ce processus, de « matérialisation de l’immatériel » _ à partir de ce que Silvestrov nomme ailleurs des « graines d’intonation« … _, est très laborieux et parfois douloureux lorsqu’il s’efforce de capturer avec la plus grande précision une composition qui est née sous ses doigts, non pas une improvisation, mais une œuvre entièrement composée « prête ». C’est ainsi que les cinq premiers opus sont apparus : ils ont d’abord été enregistrés par le compositeur sur le CD (Bagatellen und Serenaden ECM, 2007), et ce n’est que plus tard qu’ils ont été couchés sur le papier et publiés sous le titre Bagatelles for piano op. 1-5 (M.P. Belaieff). (…) Jusqu’à présent, le volume de Belaieff est la seule publication de la « bagatelle epic »  _ ou les « épopées bagatelles » _ (Silvestrov), autrement dite écrite à la main, qui se compose aujourd’hui de plus de 300 opus. Les pièces de caractère ne sont plus ici des « petits riens musicaux » (traduction littérale du mot bagatelle), mais élevées au rang de « nobles insignifiants », comme Silvestrov les appelle , en plaisantant à moitié. »
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    Tout se tient donc, et est consubstantiellement lié, entrelacé en ces sentes improbables et intriquées de la création, même s’il faudra, aussi, à quelques moments ultérieurs, et choisir et trancher_ et coucher ce qui devient alors œuvre sur le papier… _,
    et laisser l’œuvre s’émanciper de soi, et vivre sa vie à elle, de par le plus ou moins vaste monde, à côté et loin de soi, 
    telle la bouteille confiée aux courants assez aléatoires de la mer dans l’espérance aléatoire de quelque destinataire qui la recevra, ou pas…
     
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    Sur ma découverte (sidérante !) de l’œuvre musical de Valentin Silvestrov,
    que pour ma part je place aussi du côté singulier hyper-intimiste bouleversant en leur pudeur et modestie des chants de la nuit de Federico Mompou (sa « Musica callada« …) et Domenico Scarlatti, mais aussi Louis Couperin, Froberger, ainsi que leurs amis luthistes,
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  • En poursuivant ma lecture enchantée du « Livre des amis » de Jean Clair, en son écriture splendide de lucidité, justesse et poésie…

    En poursuivant ma lecture enchantée du « Livre des amis » de Jean Clair,

    dont j’avais dernièrement rendu compte en mon article du 11 février dernier « « 

    _ mes articles précédents dataient du 24 janvier « « , du 26 janvier «  » et du 28 janvier « « ... _,

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    je viens, ce vendredi 23 février 2024, d’en lire 8 nouveaux articles,

    et dans cet ordre-ci de lecture :

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    _ l’article absolument magnifique (!), de 1993, « Équilibres et envols« , consacré à l’œuvre de la sculptrice Roseline Granet (1936)

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    _ le très bel article, mâtiné de mélancolie, de 2011, « Philippe Roman en Engadine« , consacré à l’œuvre du peintre Philippe Roman (1927 – 1999)

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    _ l’article assez intrigant, de 1992, « Speculum mundi« , consacré à l’œuvre du peintre Paolo Vallorz (1931 – 2017)

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    _ l’article, de 2018, « Les Vies silencieuses », consacré à l’œuvre du peintre Xavier Valls (1923 – 2006) _ et qui m’évoque l’extraordinaire, et catalan, lui aussi, Federico Mompou, un compositeur à nul autre pareil…

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    _ le passionnant et très éclairant article, de 1981, « Réflexions sur la sculpture à propos et en l’honneur de Joseph Erhardy« , sculpteur (1928 – 2012), 

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    _ l’article, de 2008, « La Brûlure de l’encre« , consacré à l’œuvre du peintre Pierre Alechinsky (1921)

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    _ l’article, une analyse magnifique, de 2003, « Kairos. La notion de moment décisif dans l’œuvre de Cartier-Bresson« , consacré à Henri Cartier-Bresson (1908 – 2004), photographe 

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    _ l’article, de 1982, « Petite métaphysique de la photographie« , consacré lui aussi à l’œuvre de Henri Cartier-Bresson (1908 – 2004)

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    L’écriture de Jean Clair y est constamment splendide de lucidité , de poésie, et, bien sûr, de justesse…

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    À suivre…

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    Ce vendredi 23 février 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa