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  • Un somptueux Quatuor à cordes opus 12 de Felix Mendelssohn par le Minguet Quartett

    Passionné que je suis

    par la musique de chambre _ tout particulièrement _ de Felix Mendelssohn (1809 – 1847),

    …

    me voici _ tout spécialement _ transporté par l’interprétation

    que donne présentement le Minguet Quartett,

    …

    en son splendide CD String Quartets vol. 2 de Felix Mendelssohn,

    le CD CPO 777 931-2,

    …

    du merveilleux Quatuor à cordes opus 12 du compositeur,

    composé en Angleterre et en Écosse en 1829

    _ un Mendelssohn, en la fleur de la jeunesse de ses fougueux et élégants 20 ans.

    …

    …

    C’est en effet le descendant et héritier de l’esprit Sturm und Drang de ses maîtres

    _ Carl Friedrich Zelter (1758 – 1832),

    élève de Carl Friedrich Christian Fasch (1736 – 1800),

    qui avait succédé, au poste de deuxième claveciniste, à CPE Bach, en 1755, à la cour de Frédéric le Grand à Potsdam… _,

    …

    à partir de l’immense Carl Philipp Emanuel Bach (1714 – 1788),

    …

    que j’apprécie tant !

    …

    …

    Une interprétation du Minguet Quartett

    qui sait allier

    _ ô combien merveilleusement _

    la fougue et le feu

    de ce Sturm und Drang

    …

    à la grâce et l’élégance

    héritées, elles, de Mozart…

    …

    …

    Soit une réalisation discographique mendelssohnienne parfaite !!!

    …

    …

    Ce dimanche 21 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Rendre le feu de Dieu – Mendelssohn en sa grâce : le miracle du CD « Works for Cello and Piano », par Daniel Müller-Schott & Jonathan Gilad, magnifiques !

    Je veux saluer

    de la plénitude joyeuse de mon enthousiasme

    de délectation renouvelée _ je passe et repasse ce magique CD en boucle !!!! _

    …

    la merveille discographique

    qu’est le CD d’œuvres pour violoncelle et piano de Felix Mendelssohn

    que nous donnent ces jours-ci les magnifiquement et merveilleusement inspirés

    Daniel Müller-Schott _ sur son violoncelle « Ex Shapiro » : « instrument créé par Matteo Gofriller, à Venise, en 1727« , précise le livret _

    et Jonathan Gilad _ cette fois-ci encore et à nouveau toujours prodigieux de justesse et de vie !!!! _,

    …

    en un CD Orfeo intitulé simplement

    Works for Cello and Piano,

    …

    et, surtout,

    interprété

    avec l’étincelle de vie et le souffle léger, souple et profond,

    de la joie vraie

    qui convient

    à ce compositeur,

    qui, lui-même, est

    et est demeuré, à jamais _ en une éternité spinozienne ! _,

    la juvénilité vive, mature et accomplie

    incarnée

    …

    _ cf ce précédent article mien (du 9 janvier 2010) :

    …

    Découvrir (encore) au CD des oeuvres (encore) inédites de Félix Mendelssohn

    à propos de Félix Mendelssohn :

    un créateur de génie que décidément j’affectionne spécialement !

    …

    dans la filiation musicale du plus brillant des fils Bach,

    Carl-Philipp-Emanuel Bach (1714-1788),

    via le très excellent maître berlinois de Felix : Carl-Friedrich Zelter (1758-1832) !

    …

    ne l’oublions pas

    …

    afin de mieux goûter,

    en la plénitude de son immensément généreuse palette,

    la flamme de vie

    qui anime toujours, et si intensément, toute la musique,

    jeune à jamais,

    de Felix Mendelssohn !.. _  :

    …

    soit, pour ce sublime enregistrement, le CD Orfeo C 750 101 A…

    …

    …
    Le programme,

    idéalement composé,

    s’ouvre

    magnifiquement _ le ton de fond (ainsi que la pulsation de vie fondamentale !) en est donné ! _

    par les jubilatoirement

    à jamais _ voilà l’éternité spinozienne ! _ juvéniles

    Variations concertantes opus 17,

    …

    intitulées primitivement Andante con Variazoni, quand elles furent achevées, à Berlin, le 30 janvier 1829

    _ Felix (Felix Mendelssohn, Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 6 novembre 1847) allait avoir vingt ans dans quatre jours… _,

    et composées par Felix pour son frère cadet Paul (1812-1874),

    banquier _ il avait repris la banque de leur père _

    et surtout excellent violoncelliste _ « de niveau quasi professionnel« , indique le livrettiste du CD _ :

    …

    « c’est à lui _ Paul Mendelssohn _ que furent dédiées les Variations concertantes opus 17

    dans la première édition parue chez Mechetti à Vienne ;

    et c’est avec lui que le compositeur _ Felix _ testa ces pages

    avant de les créer et de les faire imprimer » :

    …

    d’où leur caractère, si éminemment sensible en cette interprétation que je dirai

    de feu,

    et de vie

    et d’intimité

    si heureuses, joyeuses…

    …

    Entre les deux Sonate für Violoncello und Klavier :

    …

    la première, la Sonate en si bémol majeur opus 45

    _ « dans sa première édition, intitulée, à juste titre, « Sonate für das Pianoforte und Violoncello« , suivant en cela la tradition des cinq sonates pour violoncelle de Beethoven, pour lesquelles le piano est mentionné en premier. Cependant, Mendelssohn réussit encore mieux que Beethoven à équilibrer les deux instruments, même si le piano conserve toujours un rôle de leader« , indique toujours mieux que pertinemment le livrettiste de ce CD, Joachim Draheim _,

    achevée le 13 octobre 1838,

    et commentée _ merveilleusement ! _ ainsi, en 1839, par l’ami et admirateur de Mendelssohn qu’était Robert Schumann, en un article de sa Neue Zeitschrift für Müsik :

    …

    « Si lui aussi (= Mendelssohn) a le sourire aux lèvres,

    c’est celui de la joie que lui procure son art, du plaisir tranquille de l’intimité ;

    partout ce regard bienveillant, ce bien-être intérieur, cette quiétude, cette grâce de l’esprit !

    Cette sonate est l’une de ses toutes dernières œuvres ;

    j’aimerais, sans être mesquinement réprimandé, pouvoir expliquer la différence entre ses compositions d’aujourd’hui et celles d’hier ! Elles me semblent toutes aspirer à davantage de musique, de finesse, de transfiguration.

    Si je ne craignais pas d’être mal compris, je dirais même qu’elles sont plus mozartiennes…

    Cette sonate est la plus pure qui soit,

    sa musique est la plus parfaite qui soit,

    une sonate si belle, si limpide, si originale,

    comme seules peuvent en produire les plus grands artistes,

    et surtout une sonate pour les familles les plus cultivées, idéale après la lecture de poèmes de Goethe ou de Lord Byron« …

    _ Schumann est lui aussi un pur génie !

    …

    et la seconde, la Sonate en ré majeur opus 58

    achevée à Leipzig, en mai-juin 1843,

    …

    entre ces deux grandes sonates, donc,

    …

    Daniel Müller-Schott et Jonathan Gilad

    viennent nous offrir

    aussi

    4 pièces brèves

    merveilleuses, elles aussi,

    de délicatesse et de vie _ et de chant ! :

    …

    d’abord, deux transcriptions pour violoncelle et piano

    réalisées par Daniel Müller-Schott lui-même

    de deux des plus célèbres lieder de Felix Mendelssohn :

    …

    _ la transcription du lied « Sur les ailes du chant« , l’opus 34/2 _ sur un poème de Heinrich Heine _ ;

    …

    _ suivie de celle du lied « Chant du roseau«  (« Sur l’étang impassible« ), l’opus 71/4 _ sur un poème de Nikolaus Lenau _ ;

    …

    puis deux pièces pour violoncelle et piano composées par Felix pour des amis,

    mais que, beaucoup trop modestement, « Mendelssohn,

    très critique envers lui-même,

    ne considérait pas dignes d’être publiées » :

    …

    _ « le bref Assai tranquillo en si mineur _ sans numéro d’opus, donc… _,

    écrit dans le style d’une « romance sans paroles »,

    (…) en cadeau d’adieu à son ami et successeur au poste de Directeur de la musique à Düsseldorf Julius Rietz » ;

    …

    _ puis, le Lied ohne Worte, en ré majeur pour violoncelle et piano

    …

    _ qui est « l’unique « romance sans paroles » à ne pas être écrite pour piano seul« … _,

    dédié à la violoncelliste virtuose française Lise Barbier Christiani ;

    et qui ne fut _ donc _ publié qu’après la mort du compositeur, en 1868,

    et auquel fut alors attribué le numéro d’opus 109…

    …

    Tout le prix de cet enregistrement discographique

    si merveilleusement pétillant de vie

    de ces œuvres pour violoncelle et piano

    de Felix Mendelssohn-Bartholdy

    tient à la magie

    de l’interprétation

    des deux _ magnifiquement jeunes _ interprètes

    _ Daniel Müller-Schott, né à Munich en 1976, a 34 ans ;

    et Jonathan Gilad, né le 17 février 1981, à Marseille, a 29 ans…

    …

    Leur jeu

    _ je l’ai comparé sur ma platine à celui des très bons Jan Vogler et Louis Lortie, en un CD Berlin Classics 01 15182BC _

    est celui même

    de la jeunesse…

    …

    …

    Dans un ordre similaire _ si c’est possible ! voire sensé !! _ de perfection _ ou vie ! _ de l’interprétation,

    mais pour violon et piano, cette fois,

    …

    je veux signaler aussi,

    au passage,

    le magistralement magique CD

    que viennent de réaliser les tout aussi prodigieux

    Vadim Repin _ au violon _

    et Nikolai Lugansky _ au piano _ :

    …

    les Violin Sonatas de Franck, Grieg et Janáček,

    pour Deutsche Grammophon ;

    …

    soit le CD Deutsche Grammophon 477 8794 Violin Sonatas

    de Franck, Grieg & Janáček.

    …

    La sonate en la majeur de César Franck,

    tout spécialement,

    n’a probablement jamais aussi splendidement

    _ intensément et avec la profondeur (à la française !) qui lui convient ! _

    rayonné !!!

    …

    A vos platines !

    …

    Titus Curiosus, le 19 octobre 2010

  • « Vive Rameau ! » : le « feu » du génie de Rameau en un jubilatoire CD Rameau (« Zoroastre » et « Zaïs ») par Ausonia et Frédérick Haas

    Le CD Rameau Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« , méritait mieux que l’allusion trop rapide que je m’étais (un peu cavalièrement ! mais provisoirement) permise en un récent (le 21 mars) article « Musique et peinture en vrac _ partager enthousiasmes et passions, dans la nécessité et l’urgence d’une inspiration » _ en attente de mieux, de plus détaillé, il est vrai, promettais-je… Probablement faute de tout à fait assez de l’énergie nécessaire, de ma part alors, pour lui rendre assez justice : d »où ce « vrac » un peu cavalier, en effet !..

    …

    Or lui voici consacré, ce jour,

    à ce CD Rameau Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« , par Ausonia et Frédérick Haas,

    un article très positif et très juste (!!!) de Christophe Huss sur le site de Classics Today France ;

    …

    en voici la teneur :

    …

    « Le concept est porteur : un pot pourri géant « best of Rameau » _ et c’est bien de cela qu’il s’agit, sur une galette unique de 67′ 49 » : « un pot pourri géant « best of Rameau »« … Pourvu qu’il soit bien choisi et articulé, interprété par de bons musiciens, conscients du style, le compositeur se charge du reste _ et avec quelle maestria !.. Même si, pour ce qui me concerne, très personnellement, ma boulimie ne se contente pas sans maugréer quelque peu (!) d’une telle « économie » (de la part du chef-interprète des œuvres, comme de celle de l’éditeur-investisseur) : je vais y revenir…

    …

    Frédérick Haas, claveciniste et chef d’orchestre _ et maître d’œuvre de ce CD _, a choisi de mettre en regard « Zoroastre » et « Zaïs« , deux ouvrages contemporains (1748 et 1749), mais opposés _ en leur style… Le premier (documenté en DVD dans une interprétation de Christophe Rousset), tragique, se nourrit d’oppositions et de combats. « Zaïs » est un ouvrage lumineux : « La péripétie n’est qu’irisation de surface », synthétise Haas dans son excellent préambule _ page 12 du livret, particulièrement remarquable, selon la politique éditoriale de Jean-Paul Combet, dès la création (et conception !) d’Alpha, en 1998…

    …

    Contrairement à la tendance _ endémique, dominante _ des dix dernières années _ c’est bien vu ! que de dérives (je me retiens de donner des noms, même s’ils me démangent…)… _, Haas fuit la surenchère _ pour la vie dans la justesse seulement ! _ dans l’agitation rythmique. Son Rameau a du punch, mais s’intéresse _ on ne peut mieux raméliennement ; cf, par exemple le choix de textes (par Catherine Kintzler et Jean-Claude Malgoire) « Musique raisonnée« , aux Éditions Stock, en octobre 1980 _ surtout au son et à la matière orchestrale, infiniment variés : de l’opulence de l’ouverture _ justement célébrissime : un des sommets de l’art orchestral de Rameau ! _ de « Zaïs« , à la scintillance extrême de l’accompagnement de l’air « Chantez, Oiseaux chantez » _ plage 4 de ce présent CD. Partout, la couleur _ un facteur-clé de Rameau ! _ est juste (écoutez l’amalgame bois/cordes dans l’accompagnement de « Cruels tyrans » _ plage 7 : la musique nécessite l’écoute !!!).

    …

    Plus que nulle part ailleurs, une filiation entre l’étrangeté _ oui ! délicieuse !!!  _ de certains univers sonores de Rameau et ceux de Berlioz m’ont frappé _ oui !.. Ces deux compositeurs ont véritablement été des inventeurs de sons orchestraux _ oui !.. de génie ! Frédérick Haas traite Rameau de « fou visionnaire et brûlant », signe qu’il l’a bien compris_ je cite in extenso la phrase de Frédérick Haas, et son développement, si juste : « Rameau manifeste une intelligence hautaine, impitoyable et sensible : ce théoricien assoiffé de maîtrise est aussi un fou visionnaire et brûlant, un explorateur insatiable qui a soumis la musique de son temps au feu de toutes les expérimentations possibles et s’est rendu maître de l’harmonie et du temps. Et Rameau met impitoyablement son interprète à l’épreuve, car sa musique est à la fois monumentale et fragile, architecture éblouissante et volupté de sons : elle possède un tremblé inimitable, une palpitation enivrante. « L’expression est l’unique objet du musicien », « la vraie musique est le langage du cœur »… et aucune ne saurait être plus exigeante« , analyse avec une lucidissime finesse, et d’expert !, Frédéric Haas, page 12 de cet excellent livret !

    …

    La prononciation s’inspire des travaux du tandem Dumestre-Lazar sur « Le Bourgeois gentilhomme » _ DVD Alpha 700 : un incontournable ! Cette assimilation est très patente chez Arnaud Richard, basse très autoritaire, mais se remarque aussi chez Eugénie Warnier, par exemple dans le dialogue « C’en est donc fait, perfide » _ plage 8.

    …

    À la lecture de la notice _ éminemment précieuse, donc ! _ comme à l’écoute de ce trésor (!), qui est d’ores et déjà à ranger parmi les disques de l’année _ pourquoi non ? _, il est évident que chez Haas et ses musiciens les actes suivent la parole (en l’occurence les écrits) _ oui ! Ce disque, enregistré par Hugues Deschaux _ un gage de beauté ! _, inspiré comme à ses plus grandes heures _ la grâce qu’on espère d’un enregistrement discographique !!! _, est un miracle _ voilà ! _ de bout en bout.

    …

    — Christophe Huss
    …
    A comparer avec l’évocation (!) d’un article alors « à venir » _ mais je l’écris ici ! _ à propos de ce CD Alpha 142, dans le « Musique et peinture en vrac » de ce blog-ci le 21 mars dernier :

    …

    le très beau CD Alpha Rameau “Que les mortels servent de modèles aux dieux…“, une “suite” composée d’extraits des opéras “Zoroastre“ (”Opéra en cinq actes Représenté pour la première fois par l’Académie Royale de Musique, le 5 décembre 1749 et remis au Théâtre le mardi 4 Janvier 1756” sur un livret de Louis de Cahusac) et “Zaïs“ (”Pastorale héroïque” de Jean-Philippe Rameau, composée, elle aussi, sur un livret de Louis de Cahusac : “la pièce comporte un prologue et quatre actes ; et a été créée à l’Académie Royale de Musique le jeudi 29 février 1748“) ; qu’interprète, cette riche “suite” _ tout en contraste de “couleurs” : côté “ombres”, pour “Zoroastre” ; côtés lumières, pour “Zaïs“… _, l’Ensemble Ausonia, que dirige l’excellent Frédérick Haas (avec Mira Glodeanu, comme premier violon et “maître de concert“) ; et Eugénie Warnier, soprano, et Arnaud Richard, basse _ tout à fait convaincants ! :

    …

    un choix très intelligent et fort judicieux de pièces orchestrées et chantées (et dansées !!!)

    _ de la part de Frédérick Haas : cf ses choix, déjà remarquablement “intelligents”, pour nous faire entrer avec délicatesse et clarté dans le massif si richement diapré et infiniment subtil et simple, tout à la fois, des “pièces de clavecin” (et les “Ordres“) de François Couperin (CD Alpha 136 “Pièces de clavecin des Livres I & II” de François Couperin) _

    qui nous donne enfin à ré-entendre un peu (!) de la musique de scène, sublime

    _ avec orchestres, solistes (aux deux créations, chantaient les très grands Jélyotte et Marie Fel : lui de Lasseube, en Béarn _ entre Oloron et Pau _ ; elle, bordelaise…) ; n’y manque (un tout petit peu) qu’un (petit) aperçu des chœurs, très heureusement présents, aussi, dans ces œuvres scéniques si festives… _

    de Jean-Philippe Rameau :

    …

    quelle peine, voire quel scandale, de le (= l’œuvre de Rameau) donner _ sur la scène, à l’opéra, au concert et au disque _ si peu !.. Au moins, ce CD répare-t-il un brin pareille injustice !..
    …

    Titus Curiosus, le 21 mars

    …

    Bref, nous sommes impatients d’écouter de nouveau _ encore ! encore ! encore ! _ cette sublime musique de Rameau, en d’autres de ses pièces

    (qui ne dorment que trop !!! et l’argument du caractère circonstanciel du choix des « morceaux » d’un « opéra », en fonction des artistes disponibles, présents, ou pas, ce soir-là ; ou des « demandes » du pouvoir, ou des attentes du public : contingentes, capricieuses ; ne saurait compenser notre faim _ inapaisée ! _ de musique et de beauté !..) ;

    …

    et interprétée, cette sublime musique de Rameau, avec une telle intelligence (de sensibilité) de direction, qu’est ici celle de Frédérick Haas ;

    …

    et avec une générosité que notre époque _ avare, mesquine : qui choisit (aussi) si mal ses richesses et ses pauvretés ! _ rend de plus en plus méritoire, voire héroïque ;

    …
    nous, Français, ignorons si scandaleusement notre patrimoine musical…

    …

    « Vive Rameau !« , s’écriait déjà au début du siècle passé, au concert, Claude Debussy (à la re-création de « La Guirlande« , à la Schola Cantorum, en 1903)…

    …

    Debussy, qui écrivait ceci, en novembre 1912 :

    « L’immense apport de Rameau est ce qu’il sut découvrir de la « sensibilité dans l’harmonie » ; qu’il réussit à noter certaines couleurs, certaines nuances dont, avant lui, les musiciens n’avaient qu’un sentiment confus« …

    Comme c’est magnifiquement senti et vu et dit !..

    …

    Et encore ceci de Debussy, dans la revue de la S.I.M. _ = le bulletin français de la Société Internationale de Musique (que dirigeait Jules Écorcheville) _, le 15 janvier 1913 :

    « Pourquoi tant d’indifférence pour notre grand Rameau ? Pour Destouches, à peu près inconnu ? Pour _ François _ Couperin, le plus poète de nos clavecinistes, dont la tendre mélancolie semble l’adorable écho venu du fond mystérieux des paysages où s’attristent _ rappelés par le Verlaine des « Fêtes galantes« , probablement _ les personnages de Watteau ? Cette indifférence devient coupable, en ce qu’elle donne aux autres pays _ si soigneux de leurs gloires (l’Allemagne, de Bach, l’Angleterre, de Purcell : pour commencer) _ l’impression que nous ne tenons guère aux nôtres _ que dirait Debussy en 2009 ?.. _, puisqu’aucun de ces illustres français ne figure sur les programmes » _ des concerts… Et encore ceci : « Souhaitons qu’à côté de la Société Bach, qui s’occupe si activement de cultiver le souvenir de cet ancêtre de toute musique, il se fonde une Société Rameau, celui-là est notre ancêtre par le sang ; nous devons bien cet hommage à son esprit…« 

    …

    Un très beau disque, donc, que ce CD Alpha 142, « Que les mortels servent de modèles aux dieux…« ,

    excellemment « pensé » et excellemment « interprété » (d’un même geste, si je puis m’exprimer ainsi), dans l’esprit du maître,

    avec le feu

    _ intelligent et sensible (si harmonieusement mêlés, unis, ce « feu » de l’ »intelligence » et ce « feu » de la « sensibilité », par la grâce d’une imagination musicale si inventive !!!), jusqu’en la force bouleversante des (quelques, rares, bien placées !) dissonances !!! _ ;

    …
    avec le feu de son génie :

    « Vive Rameau !« …

    …

     Titus Curiosus, le 11 avril 2009

    …

    En bonus (très personnel),

    je joints ici le programme d’un concert Rameau de La Simphonie du Marais, que dirige Hugo Reyne (et dont j’étais alors « conseiller artistique ») auquel j’ai assisté, camescope à la main, en la chaire (superbement baroquissime !), à l’église Sainte-Walburge à Bruges, lors du Festival des Flandres, à Bruges, de l’année 1993 _ il s’agit d’un programme Rameau (plus Rebel, en ouverture, et Haendel, en conclusion ; avec le baryton Thierry Félix), donné le soir de la cérémonie des obsèques du roi Baudouin, et radiodiffusé en direct sur les antennes de la radio belge et en Corée du Sud _ le 7 août 1993 ; dans une atmosphère de très intense _ le terme « extra-ordinaire » lui convient ! _ unanime recueillement ; qui me marque encore ! :

    …
    En ouverture du concert, le « chaos » (inaugural ! il allait inspirer Joseph Haydn, pour sa « Création« …) des « Éléments » de Jean-Fery Rebel ;

    l’air « Profonds abîmes du Ténare« , du « Temple de la Gloire« , de Jean-Philippe Rameau ;

    l’ouverture de « Zaïs«  (présente sur ce CD Alpha 142, à la plage 1) ;

    l’air « Monstre affreux, monstre redoutable !« , de « Dardanus » ;

    l’ouverture de « Hippolyte et Aricie » ;

     l’air « Puisque Pluton est inflexible« , de ce même « Hippolyte et Aricie » ;

    l’ouverture de « Zoroastre » ;

    l’air « Éveillez-vous » de « Zaïs«  (présent sur ce CD, à la plage 2) ;

    l’ouverture du « Temple de la Gloire » ;

    puis, extraits de l’entrée « La Fête du Soleil » des « Indes galantes » :

    l’air « Soleil, on a détruit tes superbes asiles » ;

    l’adoration au Soleil : « Brillant Soleil ! » ;

    et la dévotion au Soleil : « Clair flambeau du monde ! » ;

    et, en conclusion, l’ouverture de « Music for the Royal Fireworks« , de Georg Friedrich Haendel…

    …
    J’y repense (et le réécoute) avec une immense émotion : Hugo Reyne avait intitulé ce (magnifique) concert

    « Des Ténèbres aux Lumières« …

    …

    Ce ne fut que le lendemain que Bruges (la-morte ? cf l’œuvre de ce nom de Georges Rodenbach) se remit à revivre… Rameau est vivant.