Étiquette : Francis Bacon

  • Brillant coup de projecteur de Jean-Pierre Poussou sur les Pré-Raphaélites anglais pour la rentrée de l’Académie de Bordeaux, ou comment les visiteurs français de la Tate Gallery se pressent devant, s’attardent et s’enchantent aux Turner, et passent indifférents devant les Pré-Raphaélites qui ne leur parlent pas : un courant de peinture idéologique passablement rétrograde, et sans guère de postérité avant, au XXe siècle, la puissance émotionnelle éblouissante de Francis Bacon et Lucian Freud…

    Très brillant coup de projecteur – et très remarquablement illustré ! – , hier après-midi 17 septembre, de l’académicien Jean-Pierre Poussou sur les Pré-Raphaélites anglais , pour la rentrée de l’Académie Nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux, ou comment les visiteurs français de la Tate Gallery à Londres se pressent devant, s’attardent et s’enchantent aux toujours éblouissants Turner – de John Mallord William Turner (Londres, 23 avril 1875 – Londres, 19 décembre 1851) : impressionnistes avant l’heure : ils ont beaucoup marqué la formation du jeune Claude Monet (Paris, 14 novembre 1840 – Giverny, 6 décembre 1926)… – , et passent d’un pas rapide très indifférents – voire rétifs… –,  devant les Pré-Raphaélites qui ne leur parlent en rien et ne les touchent pas – même si certaines images, telle l‘ »Ophélie » de Millais (de 1851-1852) , sont dans leurs souvenirs, comme une illustration largement diffusée de la noyée de l’« Hamlet » de Shakespeare, celle qui, selon Arthur Rimbaud, « flotte comme un grand lys« …

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    Fichier:John Everett Millais - Ophelia - Google Art Project.jpg

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    Soit  un courant de peinture – de la seconde moitié du XIXe siècle anglais – d’abord et surtout idéologique, constitué d’un mélange de religiosité passablement rétrograde – même si la notion de progrès n’a bien évidemment pas de sens en Art ! mais mon qualificatif de « rétrograde«  concerne ici l’évolution des mentalités et des mœurs, ainsi que de la religiosité, du moins à ce qu’il me semble… – et d’érotisme – assez vénéneux ici – , mais puissamment refoulé celui-ci, et bien mal assumé alors – pas un seul nu représenté en leurs œuvres : schoking ! – pour un groupe de  peintres tels que – et ce sont bien eux les trois fondateurs de ce mouvement pictural : en 1847, Hunt, Rossetti et Millais débattent dans l’atelier de ce dernier, de l’une des œuvres les plus représentatives du talent de l’artiste Raphaël, La Transfiguration (au Vatican, à Rome). « Nous la condamnions pour son dédain grandiose de la simplicité et de la vérité, pour les poses pompeuses des Apôtres et les attitudes du Sauveur, contraires à une spiritualité vraie. » Ce tableau avait, à leurs yeux, marqué un pas décisif vers la décadence de l’art à l’époque de la Renaissance italienne… – William Holman Hunt (Londres, 2 avril 1827 – Londres, 7 septembre 1910), John Everett Millais (Southampton, 8 juin 1829 – Londres, 13 août 1896) et Dante Gabriel Rossetti (Londres, 12 mai 1828 ) Birchington-on-Sea, 10 avril 1882), qui s’échangeaient aussi – et nonobstant leur moraline – , leurs épouses-maîtresses – telles, par exemple les très belles Elisabeth Siddal (Holborn, 25 juillet 1829 – Blackfriars, 11 février 1862) et Jane Morris, née Burden (Oxford, 19 novembre 1839 – Bath, 26 janvier, 1914)… –  :

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    Portrait d

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    Et un mouvement pictural cependant sans guère de postérité, même en Angleterre…

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    Avant que ne surviennent, en Angleterre au XXe siècle, le stupéfiant choc des génies proprement picturaux, et la puissance émotionnelle étourdissante, sidérante, et d’un Francis Bacon (Dublin, 28 octobre 1909 – Madrid, 28 avril, 1992) et d’un Lucian Freud (Berlin, 8 décembre 1922 – Londres, 20 juillet 2011)…

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    Une conférence passionnante, donc, qui nous a beaucoup beaucoup appris par ses remarquables précisions historiques sur un aspect artistique notable – ainsi que, aussi, ses notables à-côtés passablement contradictoires… – de l’Angleterre victorienne :

    « Les préraphaélites avaient pour dessein, entre autres, de rendre à l’art un but fonctionnel et édifiant – voilà : d’abord et surtout idéologique – : leurs œuvres avaient pour fonction d’être morales. Mais cela n’excluait pas leur désir – aussi – d’esthétisme. Le but de ces artistes était de s’adresser à toutes les facultés de l’humain : son esprit, son intelligence, sa mémoire, sa conscience, son cœur… et non pas seulement – hélas ! – à ce que l’œil voit. Les préraphaélites aspiraient à agir sur les mœurs – voilà, voilà ! – d’une société qui, à leurs yeux, avait perdu tout sens moral – voilà, voilà ! – depuis la révolution industrielle« .

    « La franchise et l’application étaient les mots d’ordre – du moins affichés – de cette nouvelle «école» : on n’imite plus les grands maîtres de la Renaissance. En opposition à l’académisme – suiviste – victorien, ils voulaient retrouver la pureté artistique – sic – des primitifs italiens, prédécesseurs de Raphaël, notamment en imitant leur style. Ils privilégiaient le réalisme – du moins selon eux… – , le sens du détail et les couleurs vives« …

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    Très très peu de paysages pour ces peintres se prétendant pourtant réalistes, à l’exception d’un très beau « The Dead Sea from Siloam« , peint lors d’un de ses voyages en Palestine, en septembre 1854, par William Holman Hunt, et conservé au Musée de Birmingham :

    A typical detailed study made in the Holy Land depicting a view from the Mount of Offence, looking towards the Dead Sea and the Mountains of Moab – morning. Hunt appears to have begun this watercolour around Sept 1854 as indicated in a letter to Thomas Combe: ‘Tomorrow morning I am to rise ere the sun to go out to finish a sketch which I commenced on the Mount of Offence…last year about this time‘. Today the Mount of Offence is identified with the southern and lowest peak of the Mount of Olives, to the south-east of Jerusalem.

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    The Dead Sea from Siloam by William Holman Hunt

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    Un point d’histoire de la peinture fort bien réalisé et très enrichissant, donc, par Jean-Pierre Poussou, hier après-midi 17 septembre, à l’Académie Nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux, pour cette rentrée d’automne…

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    Et voici qu’au final de ma relecture de cet article, je m’aperçois que les illustrations de tableaux de ces peintres Pré-Raphaélites que je viens de choisir pour illustrer mon article, n’ont vraiment pas grand chose de rétrograde ni de repoussant, bien loin de là… Elles n’ont donc pas grand chose de représentatif de ce que j’ai qualifié pourtant d’inintéressant ou de répulsif pour les visiteurs français de la Tate Gallery, si rétifs à ces Pré-Raphaélites qui ne leur parlent vraiment pas, qu’ils croisent au pas de charge leurs tableaux, sans leur accorder, pressés qu’ils sont en leur séjour toujours trop bref à Londres, un minimum de soigneuse attention…

    Et donc je m’avise que moi-même je continue de résister à rapporter, même à titre de simples documents représentatifs, à montrer en exemples d’images, ici – en m’en faisant en quelque sorte le relais visuel – , ces œuvres que je trouve en effet rétrogrades et répulsives – à ma sensibilité picturale, à mon goût personnel, du moins… –, en mon article sur ce qu’a si bien dit, narré et commenté, détaché – exemplairement, lui – , de ces Pré-Raphaélites anglais, hier à l’Académie de Bordeaux, Jean-Pierre Poussou…

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    Ce vendredi 18 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Des mérites comparés de ce qu’apprend vraiment d’un livre une vidéo brève (de 9′) de monologue de son auteur et une vidéo longue (de 45′) de vrai dialogue de l’auteur avec un interlocuteur compétent et qui a vraiment lu le livre, en long et en large, sur lequel ils vont ouvertement échanger…

    Ce mercredi matin 16 septembre 2026,

    et en complément illustré par 2 vidéos à mon article d’hier « Un courriel à l’ami bruxellois Pascal Chabot, en avant-propos à mon article détaillé à venir sur son très essentiel « Nos vies encapsulées – Quel devenir pour l’humanité ? » : de l’art d’apprendre (et enseigner) à combiner harmonieusement l’utile, commode, et le subtil, fondamental, avec la plus délicate et désirable, et jubilatoire, justesse…« ,

    je désire méditer ce matin sur les mérites comparés de ce qu’apprend vraiment, vraiment, d’un livre une vidéo brève (de 9′) de monologue de son auteur – l’ami Pascal Chabot présentant son passionnant et très riche « Nos Vies encapsuléées – quel devenir pour l’humanité ?«  , paru le 27 août dernier aux PUF… – et une vidéo longue (de 45′) de vrai dialogue un peu développé et beaucoup plus détaillé de l’auteur avec un interlocuteur compétent et qui a vraiment lu le livre, en long et en large, sur lequel ils vont ouvertement échanger… – ici le philosophe Olivier Jacquemond (né à Paris le 17 novembre 1980), vrai lecteur patient et vraiment attentif de ce si riche et très important livre de Pascal Chabot, bruxellois, né à Liège en 1973…

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    Dans un cas, un résumé squelettique de la part de l’auteur, pressé – pressuré ! – qu’il est par la brièveté du temps trop chichement accordé (9′) pour l’enregistrement compté et prédéterminé de la vidéo de présentation de son livre;

    dans l’autre cas, une investigation vraiment ouverte sur l’altérité en dialogue de l’interlocuteur et de l’auteur, à partir d’abord des questions qui sont venues à l’esprit du lecteur très très attentif – et très compétent, et lui-même curieux… – du livre, et dont bénéficie le vagabondage en partie improvisé issu des questions venant à l’esprit des deux interlocuteurs se répondant l’un l’autre, sans pré-méditation, sur le vif de leur dialogue ouvert, que nous offre la vivante détaillée vidéo (de 45′)…

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    Une durée ouverte et libre d’entretien important beaucoup, beaucoup, pour commencer à pénétrer un peu vraiment en les arcanes du travail ouvert de penser de l’auteur, déposé en ce livre, et amener, à sa suite, le regardeur-auditeur, potentiel lecteur à venir, à sa suite, à désirer à son tour se plonger dans la traversée-aventure de lecture du livre ; ce qui est la fonction effective de la diffusion de tels entretiens…

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    Dans un cas, il s’agit de simple communication informative – de l’ordre, le temps hélas pressant, du résumé trop rapide, qui énumère plutôt des thèmes généraux que des thèses un peu précises et vraiment fouillées, ouvrant sur une vraie singularité de ce qu’apporte vraiment le livre… – qui court au plus pressé, même de la part de l’auteur du livre ;

    dans l’autre, d’un premier début d’analyse un peu, déjà, détaillée, de ce qu’il y a de vraiment marquant dans le livre, à partir de détails relevés par la lecture de l’interlocuteur compétent qui a pris soin de vraiment lire et relire – peut-être plusieurs fois en entier le livre – , par confrontation improvisée, là sur le champ, des regards et paroles de l’auteur et de son interlocuteur compétent – et si possible empathique, en confiances respectives, qui ouvrent bien des chemins… –, telle une illustration des incomparables mérites de la véritable curiosité attentive et exploratrice, et de l’ouverture irremplaçable à l’altérité – voilà ! – de chacun des deux interlocuteurs de l’entretien sur le vif de leurs écoutes (et lectures) respectives ; l’auteur continuant d’apprendre ainsi – mais oui ! – de ce qu’avait relevé de son penser sa propre écriture…

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    D’où mon attachement personnel à l’entretien en présentiel – comme ils disent – en une durée suffisante pour se permettre d’aller un peu fouiller dans les coins des phrases les plus singulières du livre…

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    Plusieurs fois en ses admirables, et de plus en plus longs et détaillés – au 3e livre ! – , Essais – le mot dit déjà tout : essayer, s’essayer, rechercher : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier » et un souffle de vie pour continuer de penser et écrire… – , Montaigne réaffirme, au passage, sa très simple détestation des résumés – et de la simple squelettique communication.

    Ce qui n’a en rien nui au prodigieux succès, immédiat, de son livre – irrésumable ! – une fois publié, au point même, avec son lecteur anglais Francis Bacon, de fonder le genre de l’essai… Même si à ce moment de l’histoire de la culture et du livre, le lectorat était forcément limité, et de qualité…

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    Et j’ai plaisir à rappeler ici la vidéo (de 64′) de mon entretien à la Station Ausone – de la librairie Mollat à Bordeaux – le 22 novembre 2022 avec l’ami Pascal Chabot sur son Avoir le temps : Essai de chronosophie, ainsi que Après le progrès et Les sept stades de la philosophie et Global burn-out et L’Âge des transitions et Exister, résister _ ce qui dépend de nous et Traité des libres qualités…

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    Ces temps-ci ne sont hélas guère propices ni à la générosité, ni à l’ouverture à l’altérité …

    Mais ne perdons pas notre part d’optimisme quant au « devenir » un peu plus humain, moins cruel – selon le critère très justement privilégié par Pascal Chabot – de l’humanité : à construire de mieux en mieux, plus que jamais, par nos efforts et œuvres personnels et collectifs, contre vents et marées contraires…

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    Ce mercredi 16 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un très émouvant et très beau concert-lecture « Requiem in memoriam Michel de Montaigne » hier au Temple du Hâ à Bordeaux, en superbe conclusion musicale et poétique au 8e mois Montaigne, cette année 2025…

    Quel magnifique concert-lecture In memoriam Montaigne hier 29 novembre au Temple du Hâ, à Bordeaux, en conclusion de ce riche mois Montaigne 2025 organisé par Violaine Giacomotto-Charra et Anne Bouscharain,

    tant par le choix raffiné des œuvres du programme (parfaites musiques ET parfaits poèmes baroques !)
    que par leur interprétation : extrêmement sentie, intense et émouvante…
    Et en ce lieu qui nous est cher…
     
    Bravissimo à tous !
     
    Même si Eustache Du Caurroy (1549-1609), Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), Claude Le Jeune (1528-1600) ainsi que Jean de Sponde (1555-1595) étaient des huguenots – Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635), lui, était catholique…
    Et si, comme l’a excellemment souligné Concetta Cavallini jeudi dernier à l’Académie de Bordeaux, le dernier mot de Montaigne (1533-1592), en son sublime essai testamentaire (III, 13) « De l’expérience », est sur l’amour chevillé au corps de la vie, et pas sur les horrifiques terreurs de la mort et des cadavres…
     
    D’autre part, 
    le « Libera me, Domine » d’Isaac Sarrau de Boynet (1685-1772), chanté le 28 janvier 1716 pour honorer la mémoire du Roi-Soleil (décédé le 1er septembre 1715), est une œuvre vraiment splendide, dans l’esprit des Grands Motets si beaux du grand Henry Dumont (1610-1684)…
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    Je me rends personnellement assez peu aux concerts,
    préférant l’écoute sereine (et matériellement répétée) des CDs chez moi…
    Je suis un mélomane passionné.
     
    Le précédent concert auquel je me suis rendu, presque par hasard – je me trouvais immobilisé à Saint-Jean-de-Luz par ma voiture en panne et en réparation ! – était un sublime concert d’orgue à l’église saint-Vincent de Ciboure le 6 octobre 2024, par le merveilleux Benjamin Alard…
    Et je tenais à venir, en plus d’écouter jouer Benjamin Alard, aussi le remercier de vive voix de sa présence à la tribune de Sainte-Croix, pour les obsèques-hommage de/à Jacques Merlet : je n’avais pas pu le remercier alors
    – cf mon article du 31 août 2014 : 
     
    Sublime concert de Benjamin ce soir-là aussi, l’année dernière, à Ciboure
    – cf mon article du 16 octobre 2024 :
     
    Et dès l’article d’ouverture de mon blog encherchantbien.fr le 3 juillet 2008, intitulé « le carnet d’un curieux », je plaçais ce blog sous la protection de l’ombre tutélaire de Montaigne, mon voisin des collines surplombant les douces rives de la Dordogne en mon enfance à Castillon-la Bataille
    – cf mon article de ce 3 juillet 2008 :
     
    Voici donc ce passage « montanien » en question :

    J’évoquerai l’ombre tutélaire et protectrice (depuis un 13 septembre 1592) – l’ombre “amie” – de Montaigne, et l’humour infini – “tant qu’il y aura(it) de l’encre et du papier” ; ainsi qu’« à sauts et à gambades” – de ce merveilleux (et humble) essayeur gascon ;

    Montaigne – le maître (sans disciple), dans les couloirs limpides du labyrinthe duquel (à qui consent de jouer – en « diligent lecteur » tout de même ! – à l’y suivre, ou plutôt ac-compagner, et converser avec !..) – introduit lumineusement le récent livre, indispensable, de mon ami Bernard Sève, “Montaigne. des règles pour l’esprit” (aux PUF en octobre 2007) –

    Montaigne “fondant”- au participe présent du verbe “fonder” – , et sans le moins du monde le chercher, par la seule grâce (et autorité – non didactique, loin de la chaire et du moindre “titre”) de son espiègle exemple – cf le défi à “l’indiligent lecteur” : “Quitte mon livre !” – ;

    Montaigne « fondant » donc – sans rien « fonder » – ce qui va tout aussitôt, et en Angleterre d’abord (où “il” est aussitôt traduit), devenir un genre, et littéraire, et philosophique – lui ne les disjoint certes pas ! ou plutôt “il” n’est pas, lui, Montaigne, dans (dedans, enfermé dans) les “genres”, tant son génie mutin et facétieux en même temps qu’il n’y a – vraiment pas ! – plus sérieux ni grave, est, “à sauts et à gambades”, trans-genres –

    Montaigne “fondant”, donc, pour dorénavant en quelque sorte, si j’ose dire – lui n’en sait fichtre rien ! et combien s’en rirait ! – , “fondant”, si l’on y tient, l’”essai” – lui ne disant (et c’est la chose même !) qu’“essais“, au pluriel et sans article – tel, ou tels, par exemple, ceux, très vite (dès 1597), ceux de Francis Bacon : celui (1561-1626) du tournant du XVIIème siècle élisabéthain,  pas le génie tourmenté – pictural – , et sublime, du siècle qui vient de passer (1909-1992, pour cet autre), un des « fondateurs », ce Bacon de Verulam là, philosophe et politique (« chancelier d’Angleterre« ), par l’”essay“, donc, de la “méthode expérimentale” du connaître (qui est un juger)…

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    Encore un grand merci et très reconnaissant à vous tous.
     
    Partager les joies lumineuses de l’art fait grand bien !!! Surtout en ces moments assez noirs…
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    Avec un tout spécial merci à Françoise Richard – dirigeant son bel Ensemble Orfeo (Jean-Emmanuel Filet étant à l’orgue positif et au Grand Orgue Gaston Maille du Temple du Hâ) et Joël Dehais à la viole de gamme… –
    qui m’a rappelé très gentiment jeudi soir à l’Académie de Bordeaux nos voyages de découvertes fabuleuses à Rome (Domus Aurea, Palazzo Altemps, Villa Médicis, etc.)
    et à Prague, il y a trente ans déjà…
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    Ce dimanche 30 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Qu’attendre de la surprise de la fiction que vient nous proposer Philippe Desan avec son « Montaigne – La Boétie – Une ténébreuse affaire » ?..

    Qu’attendre de la surprise de la fiction que vient nous proposer _ aux Éditions Odile Jacob _ le très érudit et perspicace Philippe Desan avec son « Montaigne – La Boétie, une ténébreuse affaire » ?..

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    Je me le suis demandé en l’achetant tout de même _ sur le nom de Philippe Desan, d’abord ; mais aussi sur la mention de repérage de dates et de lieux très précis en tête de chacun des chapitres de ce livre : un gage de confiance indispensable pour le passionné de repérages spatiaux et temporels d’orientation que je suis ! _, après avoir bien hésité devant pareil scandaleux mélange des genres, entre recherche historique et roman (page 5), voire polar (4ème de couverture)…

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    Ce soir, j’en suis _ pour le moment un peu perplexe, pris à total contrepied que je suis de ce que je me représente jusqu’ici de Montaigne à travers la fréquentation de ce que lui-même présente et détaille de sa personne en ses très consubstantiels « Essais« … _, à la page 79 de ma première lecture, peu après le récit du décès _ voire meurtre : indirectement suggéré par une délicate et très habile succession de menus détails-indices suggestifs, mais jamais massivement affirmé comme tel, un tel meurtre de La Boétie de la main même, insistante à diverses reprises, de son ami (« parce que c’était lui, parce que c’était moi…« ) Montaigne… _, le 18 août 1583, d’Étienne de La Boétie, à la page 73…

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    Mais attendons bien sûr la lecture exhaustive des 376 pages de cette fiction de Philippe Desan avant de prononcer _ très fervent montaignien que je suis ; cf ce qu’y disait de ma vénération pour mon très admiré voisin Montaigne (j’ai vécu toute mon enfance à Castillon-la-Bataille, et me suis rendu maintes fois à pied à la sublime tour de Montaigne : une promenade d’un peu plus de 16 kilomètres aller-retour…) l’article liminaire de présentation de ce blog même, le 3 juillet 2008 : « « … _ mon tout personnel avis…

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    Voici, au passage, ce que j’écrivais de mon affection pour Montaigne en l’article de présentation de mon blog « En cherchant bien » du 3 juillet 2008 :

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    J’évoquerai l’ombre tutélaire et protectrice (depuis un 13 septembre 1592) _ l’ombre “amie”... _ de Montaigne, et l’humour infini _ “tant qu’il y aura(it) de l’encre et du papier” ; ainsi qu’”à sauts et à gambades”… _ de ce merveilleux (et humble) essayeur gascon ;

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    Montaigne _ le maître (sans disciple), dans les couloirs limpides du labyrinthe duquel (à qui consent de jouer, en « diligent lecteur » tout de même ! à l’y suivre, ou plutôt ac-compagner, et converser avec !..) introduit lumineusement le récent livre, indispensable, de Bernard Sève, “Montaigne. des règles pour l’esprit” (aux PUF en octobre 2007) _ ;

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    Montaigne “fondant” _ au participe bien présent du verbe “fonder” _, et sans le moins du monde le chercher, par la seule grâce (et autorité _ non didactique, loin de la chaire et du moindre “titre”… _) de son espiègle _ non didactique, j’insiste, mais très ludique et malicieux _ exemple _ cf le défi à “l’indiligent lecteur” : “Quitte mon livre !”… _ ;

    …

    Montaigne « fondant » donc _ sans rien chercher du tout à « fonder » en fondateur… _ ce qui va tout aussitôt, et en Angleterre d’abord (où “il” est très vite traduit), devenir quasi immédiatement un genre, et littéraire, et philosophique _ lui ne les disjoint certes pas ! ; ou plutôt “il” n’est pas, lui, Montaigne, dans (dedans, enfermé jamais dans) des “genres”, tant son génie mutin et facétieux, en même temps qu’il n’y a, et vraiment pas !, plus sérieux ni grave ; tant son génie mutin et facétieux  est, “à sauts et à gambades”, absolument trans-genres… _ ;

    …

    Montaigne “fondant”, donc, pour dorénavant en quelque sorte, si j’ose dire _ et lui n’en sait fichtre rien ! et combien s’en rirait ! _, “fondant”, si l’on y tient, l’”essai” _ lui ne disant (et c’est la chose même !) qu’“essais“, au pluriel et sans article… _,

    tel, ou plutôt tels, par exemple, ceux, très vite (dès 1597), de Francis Bacon _ Francis Bacon, celui (1561-1626) du tournant du XVIIème siècle élisabéthain, pas le génie tourmenté, pictural, et sublime, du siècle qui vient de passer (1909-1992, pour cet autre) _ ; un des « fondateurs », ce Bacon de Verulam-là, philosophe et politique (« chancelier d’Angleterre« ), par l’”essay“, donc, de la “méthode expérimentale” du connaître (qui est forcément un peser et supposer, sous diverses coutures, un juger)…

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    Et juste au moment précis où je m’apprête à mettre en ligne cet article-ci, voici que tombe le courriel hebdomadaire de la Librairie Mollat annonçant la séance de présentation par l’auteur, Philippe Desan, à la Station Ausone, vendredi 20 septembre prochain, à 18 h, de son tout récent livre ;

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    présentation que voilà :

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    « Philippe Desan est l’un des plus grands spécialistes de Montaigne, c’est avec bonheur _ nous allons bien voir… _ qu’il s’essaye _ voilà ! _ aujourd’hui au roman.

    Dans Montaigne – La Boétie, une ténébreuse affaire, il rend compte de la complexité _ tiens donc… _ de cette amitié légendaire« …

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    …

    Ce qui ne fait que renforcer ma curiosité

    _ et je dois encore ajouter que j’ai déjà rencontré Philippe Desan à divers colloques tenus à Bordeaux à l’université à propos de notre très cher Montaigne ; ainsi que lors de présentations de quelques uns de ses travaux montaigniens à la librairie Mollat…

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    Ce mercredi 11 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa