Étiquette : Francis Lippa

  • L’hommage du Monde (et Renaud Machart) à Jacques Merlet, le jour même de son décès, le 2 août 2014

    En avant première aux deux hommages au grand Jacques Merlet que Marcel Pérès rendra à Bordeaux

    demain samedi 12 décembre _ par un entretien avec moi-même, Francis Lippa _ au 91 de la rue Porte-Dijeaux, à la librairie Mollat, à 16 heures ;

    et après-demain dimanche 13 décembre _ par un concert avec orgue, clavecin, etc. _ à l’église Saint-Paul, 22 rue des Ayres,

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    et en plus du rappel de mon article du mois d’août 2014 Tombeau de Jacques Merlet en son idiosyncrasie _ à un grand bordelais

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    je me permets de rappeler ici le très bel hommage que Renaud Machart rendit dans le journal Le Monde le jour même du décès de Jacques, le 2 août 2014 par l’article magnifique que voici.

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    Mort de Jacques Merlet, producteur à France Musique

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    Le Monde.fr | 02.08.2014 à 17h09 • Mis à jour le 04.08.2014 à 15h20 |
    Par Renaud Machart

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    Le producteur de radio Jacques Merlet qui fut, sur France Culture et France Musique, l’un des acteurs les plus importants du mouvement en faveur de la musique et des orgues anciennes, est mort à Paris, le 2 août, des suites d’une maladie respiratoire. Il avait 83 ans.

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    Sa carrière sur les ondes de Radio France, où il officiait depuis plus de trente ans, avait été interrompue brutalement par une attaque cérébrale survenue à Lyon, après un concert, en novembre 2000. Privé d’une partie de ses mouvements et de la parole, Jacques Merlet laissait orphelins des milliers d’auditeurs qui adoraient ses émissions pleines de fantaisie, d’imprévu, de coups de gueule et de blagues à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

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    GOÛT DE LA NOUVEAUTÉ

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    Ce bon vivant à l’optimisme inébranlable était parvenu à se rééduquer partiellement, à l’aide du professeur Philippe van Eeckhout, orthophoniste attaché au Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière, à Paris, qui lui sera fidèle jusqu’à la dernière heure. Il était même parvenu à prononcer un beau discours lorsque les insignes de l’Ordre des Arts et des Lettres lui avait été remis par le ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon en janvier 2003. Mais une deuxième attaque, en 2005, devait réduire à néant les énormes progrès faits en compagnie du médecin et avec le soutien de ses nombreux amis musiciens qui lui faisaient de fréquentes visites dans les établissements où il avait été soigné.

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    Né le 5 décembre 1931, à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Jacques Merlet se distingue par son goût de l’aventure et de la nouveauté. Son amie France Debès, qui fut sa belle-sœur, résumera joliment sa personnalité dans un discours prononcé lors de son intronisation par la Confrérie de la lamproie, en 1998 :

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    « Sa passion première est la découverte, la seconde étant de faire partager ses trouvailles. »

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    Merlet s’intéresse très tôt à l’orgue, étudie l’organologie et fréquente l’enseignement d’Olivier Messiaen. C’est grâce à la radio que Jacques Merlet peut agir en passeur de passions, se mettant au service d’une génération de musiciens spécialisés dans la musique ancienne qu’on surnommera plus tard les « baroqueux » (un terme qu’il n’aimait d’ailleurs guère).

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    SES ÉMISSIONS, DE VÉRITABLES UNIVERSITÉS POPULAIRES

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    Son soutien sera essentiel en un temps où la pratique des instruments anciens était encore une sorte de dissidence maquisarde, boudée par les institutions et le gotha de la musique classique. Il est peu de musiciens, aujourd’hui parfaitement établis à l’échelle internationale, tels Jean-Claude Malgoire, William Christie, Jordi Savall ou Philippe Herreweghe – et tant d’autres, vivants ou disparus –, que Jacques Merlet n’aura pas repérés dès leurs débuts et immédiatement promus à l’antenne de France Musique. L’homme faisait transporter les micros de sa chaîne partout où il lui semblait que le talent s’exprimait.

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    Comment oublier ses « directs » de Saintes, l’été, ou à Pâques, pour un concert de leçons de Ténèbres des Arts florissants ? Ses veillées de Noël avec son complice érudit Jean-Yves Hameline, ses conversations excentriques avec le claveciniste Scott Ross ? Ses « Matins des musiciens » au cours desquels la soprano Sophie Boulin expliquait en direct l’art des ornements dans les airs de cours français ?

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    Merlet pouvait aussi aussi bien parler de musique du Moyen Age que de la Renaissance, mais sa passion était l’époque baroque. Il contribuera beaucoup à faire connaître le catalan Jordi Savall, dont les premiers enregistrements de la musique pour viole de gambe de Marin Marais n’avaient pas encore gagné la discothèque de millions d’auditeurs que le film Tous les matins du monde (1991), d’Alain Corneau, d’après le livre de Pascal Quignard, allait lui apporter. Ces émissions étaient une véritable université populaire, alors que les conservatoires français ne reconnaissaient pas encore cette pratique et étaient loin d’admettre en leur sein les départements de musique ancienne qu’ils abritent aujourd’hui.

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    FIGURINES DES SCHTROUMPFS

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    Ne se reposant sur aucun laurier – ne se reposant d’ailleurs guère et enchaînant les reportages et enregistrements –, Jacques Merlet délaissait vite les « anciens » pour les plus jeunes générations, pour qui sa curiosité était toujours en éveil. Il les recevait chez lui, dans son grand atelier de peintre de la rue Jouffroy, à Paris, où les milliers de disques, de livres, d’objets rapportés de ses nombreux voyages constituaient une étonnante caverne d’Ali Baba. Les jeunes confrères de la presse ou de la radio étaient aussi conviés avec les amis de toujours, et c’était autour de la table de sa cuisine (où, sur le haut d’une armoire, trônait une armée de figurines des Schtroumpfs !) que l’homme de radio, excellent maître queux, régalait cette joyeuse compagnie de mets du Sud-Ouest largement arrosés de crus gouleyants.

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    Combien de fois n’est-il pas allé présenter à l’antenne sa rituelle cantate de Bach du dimanche matin après avoir dormi quelques petites heures seulement ? Et le déjeuner pantagruélique qui suivait l’émission se terminait souvent à l’heure du souper ! Certes, Jacques Merlet avait un appétit – et un physique – d’ogre, mais, ainsi que l’a écrit Télérama, en 1998, l’homme avait avant tout « un appétit d’orgue ». Car son nom restera légendairement attaché au milieu organistique et, plus précisément, à celui des orgues anciennes. A France Culture d’abord, à la fin des années soixante, puis à France Musique, il a produit des centaines d’émissions dévolues à des instruments rares, oubliés, menacés de disparition ou de restauration désastreuse.

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    POIL À GRATTER

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    Véritable poil à gratter de ce milieu encombré de querelles de chapelle, Jacques Merlet ne cessera de se battre pour le respect des instruments, dont tant d’exemples avaient été massacrés par des restaurations indignes. Sillonnant la France (mais aussi l’Espagne, un pays et une culture qu’il adorait), toquant à la porte des responsables publics, dénonçant les basses-œuvres et trompettant les hautes réussites, il aura fait beaucoup pour la cause organistique.

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    Ami des meilleurs facteurs, spécialistes et interprètes (Xavier Darasse, Michel Chapuis, Francis Chapelet, etc.), il découvrait vite les talents à peine éclos, tels celui de Jean Boyer, qu’il enregistre pour la radio alors que le jeune organiste est fraîchement majeur, ou, plus récemment, Benjamin Alard ou Serge Schoonbroodt, entre autres musiciens qu’il aura aidés et promus.

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    JOUEUR D’ORGUE AMATEUR

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    Jacques Merlet jouait aussi de l’orgue en amateur et improvisait aux claviers entre deux séances d’enregistrement faites directement au Nagra ou avec le concours de ses réalisateurs Périne Menguy, Marianne Manesse, Geneviève Douel, Rosemary Courcelle, Chantal Barquissau, François Bréhinier et Michel Gache qui suivaient à grands pas cet infatigable et imprévisible Wanderer sur les routes de France et de Navarre.

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    En avril, au rez-de-chaussée de la Villa Lecourbe, la maison de repos parisienne où il résidait, une fête avait été organisée à laquelle participaient beaucoup de ses amis musiciens devant le personnel soignant, médusé de voir autant de monde réuni. Après avoir écouté ses amis Florence Malgoire, Laurent Stewart et Benjamin Alard jouer, Jacques Merlet avait fini par se saisir de son orgue électronique et improviser, à demi-couché sur une chaise roulante, une polyphonie faite de dissonances furieuses et de fragments de faux plain chant. L’homme avait perdu la parole, mais la musique, décidément, ne l’avait jamais quitté.

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    Renaud Machart

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    Jacques Merlet demeure à jamais vivant par tous les fruits de ses œuvres,

    tant du côté des artistes-musiciens qu’il a considérablement aidés à faire connaître et aimer de par le monde,

    que du côté des mélomanes, dont il a formé si excellemment le goût _ et la curiosité de découvrir tant de vraies beautés musicales.

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    Et artistes-musiciens comme mélomanes, nous lui sommes _ et demeurons _ fidèlement reconnaissants.

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    Et faut-il ajouter que Bordeaux doit bien davantage que ces deux humbles hommages de décembre 2015, à la librairie Mollat et à l’église Saint-Paul,

    à cet immense bordelais que fut _ et qu’est, à jamais _ Jacques Merlet ?..

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    Titus Curiosus, le 11 décembre 2015

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    P. s. :

    de Renaud Machart, on peut aussi écouter les podcasts des 5 superbes émissions de France-Musique des 27–28–29–30–31 octobre 2014 : Jacques Merlet In Memoriam, qui nous offre de ré-entendre la voix et les enthousiasmes de cet immense passeur d’enthousiasmes que fut Jacques Merlet…

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    Et au final de la cinquième de ces émissions,

    Renaud Machart ne manque pas de remercier l’aide que lui ont apportée à la conception de cet hommage radiophonique France Debès, Irène Bloc, Sylvia Gomez-Vaez. Grâce leur soit à elles aussi rendue…

     

  • La probité tranquille de François Azouvi, en son enquête sur la mémoire des Français sur Auschwitz : un entretien avec Francis Lippa

    Le mardi 20 décembre, le salon Mollat du « 91 rue Porte-Dijeaux » a reçu le philosophe François Azouvi présentant, en un entretien avec le philosophe Francis Lippa, son tout récent livre d’enquête historique : Le Mythe du Grand Silence _ Auschwitz, les Français, la mémoire…

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    Le podcast de cet entretien (de 70′) donne à ressentir l’efficacité sereine de la magnifique probité toute de sobriété et de précision tant dans l’étendue de la documentation réunie _ cinq années durant, apprenons-nous : elle est stupéfiante ! _ que dans la délicatesse infiniment nuancée des analyses de François Azouvi, en son enquête historique pour déterminer ce que furent les variations, de 1944-45 à aujourd’hui de la mémoire des Français _ aujourd’hui : c’est-à-dire plus précisément et surtout les déclarations solennelles du Président de la République Jacques Chirac, « avec le discours du 16 juillet 1995 et la déclaration de repentance des évêques de France du 30 septembre 1997« , page 383. « Non que leur nouveauté soit radicale : ils répètent, l’un, le discours du même Chirac du 18 juillet 1896 au Vél’d’Hiv’, l’autre la déclaration de repentance du père Dupuy du 21 septembre 1986. Mais la solennité des deux événements, leur caractère public, leur confèrent une importance immense et font la véritable conclusion du processus de reconnaissance que j’ai essayé de retracer« , précise encore François Azouvi, page 383. Et nous savons bien tous, depuis Benedetto Croce ou Lucien Febvre, que « toute Histoire est contemporaine » de l’historien qui la réalise en son travail (au présent !) d’historien… Et que c’est cette situation-là qui précisément et justement permet, pas après pas, œuvre après œuvre, les progrès, par petits sauts, de la connaissance historienne, en sa propre historicité : riche et heureuse… Là-dessus, on lira aussi les travaux de réflexion sur sa discipline _ dont les indispensables Le Fil et les traces et Mythes, emblêmes, traces, traduits par l’ami Martin Rueff _, de Carlo Ginzburg… 

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    Ce travail, à la croisée de la démarche historienne _ surtout, et la plus méthodique et méticuleuse, comme il se doit, évidemment ! _ et de la réflexion philosophique _ aussi, dans la filiation des travaux de Paul Ricœur sur la mémoire et l’Histoire… _ de François Azouvi, porte sur l’historicité des représentations collectives, en l’occurrence ici celles des Français.

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    Et il me semble que c’est en cela que la focalisation de François Azouvi se démarque un peu de celles des grands historiens que sont, par exemple, Annette Wiewiorka et Georges Bensoussan, autorités en la matière. Et c’est la sous-partie intitulée « Traumatisme, refoulement, retour du refoulé« , aux pages 372 à 378 du chapitre « Le Mythe du Grand Silence« , pages 365 à 378, qui précise minutieusement et sans désir de polémiquer, sereinement et sobrement, le détail circonstancié et minutieux des désaccords avec les uns et les autres, avec ce qu’apporte à ce dossier de la mémoire des Français, ce travail patient, rigoureux et au résultat magnifique, de François Azouvi…
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    François Azouvi inscrit ainsi ce travail sien-ci dans le droit fil de son précédent Descartes et la France _ histoire d’une passion nationale ; ainsi que La Gloire de Bergson _ essai sur le magistère philosophique. Travail qui s’inscrit dans une réflexion continuée sur ce qu’est la tradition _ universaliste et singulière : ensemble _ de la France et ce que signifie être français _ une question présente aussi dans l’entretien avec Antoine Compagnon (à propos de son récent La Classe de rétho...) que Jean Birnbaum présente page 12 du supplément littéraire du Monde de ce vendredi 30 novembre 2012, et qui tombe (avec un étrange et merveilleux à-propos !) sous mes yeux :

    « Tout naturellement, la question m’est venue : ce récit d’apprentissage n’est-il pas justement un roman national, c’est-à-dire une fiction dont le héros principal s’appelle « l’angoisse d’être français » ? Et cela vous pose-t-il « problème », à vous aussi ?« , s’interroge (et interroge Antoine Compagnon) Jean Birnbaum.

    «  »Oui, bien sûr, tout mon livre est consacré au problème que cela pose », a répondu Compagnon. »

    Qui développe sa réponse : « Ce texte soulève la question : vivre dans ce pays, qu’est-ce que cela signifie ? Et s’identifier à lui, qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? (…) La France, c’est d’abord la langue, l’identification à une certaine langue. En écrivant ce livre, j’avais envie de retrouver les mots qui étaient les nôtres à cette époque _ 1965-66 _, et qui allaient avec un certain mode de vie que je connais très mal, celui de la province, celui de la ruralité aussi, qui n’est jamais très loin dans les familles françaises. Vous savez, chaque année, je vais me balader au Salon de l’Agriculture, porte de Versailles. Puis je retourne au même endroit, quinze jours plus tard, pour le Salon du livre. A mes yeux, ce sont deux aspects complémentaires de l’identité française.« 

    Et relevant la référence qu’Antoine Compagnon fait à « l’historien Ernest Renan (1823-1892), auteur du fameux Qu’est-ce qu’une nation ?, et dont une citation trône en exergue de La Classe de rétho, nous retombons sur le « problème » de l’identité française comme fable collective et comme récit imaginaire. Et donc sur cet ensemble complexe de récits et de contre-récits, de valeurs et de contre-valeurs, qui s’impose à chacun d’entre nous, à la manière d’une libre fiction, d’une véritable discipline littéraire », conclut son article Jean Birnbaum…  Fin de l’incise sur la question de l’identité française.

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    Je forme donc le vœu que ce très beau, très probe, sobre autant que précis et très délicat _ et non polémique : il faut bien le souligner… _ travail de François Azouvi rencontre la lecture attentive de la communauté des historiens français, à propos de la mémoire et de l’oubli, et des diverses formes de silence, des Français, en leur diversité, de ce que fut ce qui a été qualifié de « génocide« , de « holocauste« , puis de « Shoah« , et auquel on donne le nom métonymique de « Auschwitz » : afin de faire avancer sereinement l’établissement de cette histoire de la mémoire des Français face à l’entreprise d’extermination très effective des Juifs d’Europe et de France par les Nazis…

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    Là dessus, les patients _ un peu curieux _ pourront se reporter à mes articles _ de ce blog _ sur les ouvrages
    de Timothy Snyder Terres de sang _ L’Europe entre Hitler et Staline :

    chiffrage et inhumanité (et meurtre politique de masse) : l’indispensable et toujours urgent « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder ;

    d’Ivan Jablonka Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus _ une enquête :

    Entre mélancolie (de l’Histoire) et jubilation de l’admiration envers l’amour de la liberté et la vie, le sublime (et très probe) travail d’enquête d’Ivan Jablonka sur l’ »Histoire des grands parents que je n’ai pas eus ;

    et de Florent Brayard Auschwitz, enquête sur un complot nazi :

    Le travail au scalpel de Florent Brayard sur les modalités du mensonge nazi à propos du meurtre systématique des Juifs de l’Ouest : le passionnant « Auschwitz, enquête sur un complot nazi »

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    À suivre…

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    Titus Curiosus, ce 30 novembre 2012

     

  • Sur nos propres opérations imageantes face à l’imageance même de quelques chefs d’oeuvre de l’Art _ au cinéma et ailleurs _, le regard lumineux de Marie-José Mondzain en sa conférence à la librairie Mollat le 16 mai 2012

    Pour présenter son livre Images (à suivre) _ au cinéma et ailleurs (paru aux Éditions Bayard au mois d’octobre dernier) _ cf mon article du 26 octobre 2011 Dans et par le battement des images, les aventures du sujet (tenir bon ou céder) vers sa liberté : le livre (montanien !) « Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs » de Marie-José Mondzain… _,

    Marie-José Mondzain s’en entretenue mercredi 16 mai dernier avec Francis Lippa à la librairie Mollat, au 91 de la rue Porte-Dijeaux :

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    le podcast, prodigieusement passionnant, de cet entretien lumineux sur ce qu’est prêter toute l’attention qu’elle mérite à l’imageance même des images au cinéma (et ailleurs : partout où brûle le génie de l’esprit, tant en ses fulgurances qu’en le suivi et poursuivi de son déploiement en une œuvre _ ou chef d’œuvre _ d’art : à ressentir et suivre par qui vient s’y livrer…), dure 66 minutes…

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    Le cheminement du penser vibrant de Images (à suivre) _ au cinéma et ailleurs poursuit et renouvelle _ en permanence : avec une étonnante densité et légèreté, tout à la fois (au fil avançant, continué et poursuivi de ses phrases), parfaitement réjouissantes, sinon même jubilatoires !!! _ la veine de celui, admirablement fondateur, de Homo spectator (aux Éditions Bayard, aussi : en 2007) 

    et après ses magistraux, déjà, Le Commerce des regards (aux Éditions du Seuil, en 2003) et Image, icône, économie _ les sources byzantines de l’imaginaire contemporain (Seuil, 1996) ;

    sans oublier le très remarqué _ mondialement !.. _ L’Image peut-elle tuer ? (Bayard, 2002),

    pour s’en tenir ici à ce qui concerne spécifiquement, en son œuvre publié, le pouvoir des images, et plus encore, celui des « opérations imageantes » _ du « spectator« … _, pour reprendre sa si juste expression…

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    Or, l’entretien chaleureusement adressé à son interlocuteur, et avec une impressionnante densité d’attention de la part du public présent, prolonge avec et par les modulations de sa voix chaude et la précision ultra-fine et si admirablement claire _ lumineuse ! _ de son discours, la jubilation dansante, et en permanence surprenante en même temps qu’incroyablement enrichissante, de son écriture, en chacun de ses livres…

    Jamais le fil tellement riche du penser de Marie-José Mondzain n’étant si peu que ce soit embrouillé _ dans la générosité de ses efflorescences et rhizomes _, ni perdu…

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    Au passage, elle nous offre la suggestion de partager les travaux-chantiers-livres de réflexion de deux amis avec lesquels elle s’adonne à de régulières séances de recherches en dialogues :

    Le Tempo de la pensée de Patrice Loraux (aux Éditions du Seuil, en 1993) ;

    et le recueil d’articles (2004-2010) Corps et cadre _ Cinéma, éthique, politique de Jean-Louis Comolli (aux Éditions Verdier, en mars 2012) :

    deux ouvrages très importants !..

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    A l’oral _ la conférence _ comme à l’écrit _ le livre _,

    rencontrer le penser vibrant et lumineux de liberté et justesse de Marie-José Mondzain

    est une expérience tout à la fois parfaitement simple et très impressionnante :

    tant l’exercice de son génie sait nous rendre _  avec la sobre précision et clarté du déploiement de ses intuitions et analyses _,

    tellement mieux sensible à ce qui se présente et donne à nous, à ressentir…

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    Titus Curiosus, ce 22 mai 2012

  • Dialogue sur le penser des Arts : lire le « Philosophie de l’art » de Fabienne Brugère et Julia Peker, ou comment apprendre des avènements progressifs des Arts, aujourd’hui

    Mardi soir 23 novembre,

    dans les salons Albert-Mollat de la rue Vital-Carles,

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    Francis Lippa a dialogué (le podcast dure 50 minutes)

    avec Fabienne Brugère

    sur son (avec Julia Peker) Philosophie de l’art,

    qui vient de paraître aux Presses Universitaires de France.
    …

    Bien plus qu’un manuel

    destiné peut-être d’abord aux Étudiants de Philosophie (et Esthétique),

    ce livre important _ et passionnant ! _ de 269 pages

    est loin de consister en un simple panorama _ exposé factuel _ de l’état présent de la réflexion philosophique, même la plus pointue et la mieux lucidement ouverte

    sur ce que sont les activités et productions artistiques,

    en particulier aujourd’hui _ et cela, en toute la richesse de leur profuse et complexe diversité ! en priorité en ce qui concerne les Arts plastiques _, en ce tournant du millénaire,

    …

    mais qu’il propose bel et bien un véritable creusement

    profondément éclairant (philosophiquement !)

    de ce qu’est pour les artistes

    _ et les plus authentiques, tout spécialement ! les auteures ont (très heureusement) privilégié les exemples qu’elles apprécient ou préfèrent ! auxquels va toute leur sympathie… On pourra le compléter, je me permets de le suggérer ici, par la lecture très substantielle du très beau et très riche 53 œuvres qui (m’) ébranlèrent le monde, de Bernard Marcadé, paru l’année dernière aux Éditions Beaux-Arts (et sous-titré Une lecture intempestive de l’Art du XXème siècle…) : un livre de « regards« , lui aussi exemplaire !.. sur les Arts depuis L’origine du monde, de Gustave Courbet, en 1866, à l’Hommage aux hirondelles, de Niele Toroni, en 1997… _

    …

    un véritable creusement, donc,

    de ce qu’est pour les artistes

    …

    le penser _ leur penser _ même (à l’œuvre ! œuvrant ! « à l’ouvrage« , dirait un Jean Dubuffet…),

    ouvert, tendu, secret, mais se manifestant peu à peu, cheminant plus ou moins sourdement, en effet, mais obstinément « instaurant« ,

    selon le concept que les auteures empruntent (très judicieusement) à Étienne Souriau (cf son Vocabulaire d’Esthétique…)

    _ pour ma part, j’aurais aussi fait appel au concept de poiesis (et de poïétique) que manie un Mikkel Dufrenne (cf, par exemple, son très beau travail Le Poétique…) _

    …

    le penser même, œuvrant,

    de leur activité singulière artiste ;

    …

    et dont l’œuvre

    (ou les œuvres _ les productions en tous genres, et parfois fort divers !..)

    _ ce concept est magnifiquement « travaillé«  par Fabienne Brugère en son chapitre II, « L’œuvre (dé)grisée« , déployé de la page 81 à la page 132 _

    …

    n’est (ou ne sont) à certains égards qu’un témoin, une trace,

    un résidu,

    voire un déchet

    …

    _ si l’on consent à mettre un peu ses pas dans ceux d’un Antonin Artaud (cf Le Pèse-Nerfs…),

    comme semble s’inciter à le faire, peut-être, Julia Peker, auteure d’un très récent Cet Obscur objet du dégoût, que Fabienne Brugère a publié dans la collection Diagnostics qu’elle dirige aux Éditions Le Bord de l’eau : c’est, me semble-t-il, au moins, ce qui vient colorer certains des chapitres de ce Philosophie de l’art, et en particulier sa conclusion : pour ma part, je résiste tout de même quelque peu, comme cela peut se soupçonner discrètement à l’audition de notre conversation, à la coloration quasi trash de ce penchant (surtout quand on l’applique aux Arts), dans lequel, et toujours pour mon humble part, je verrais comme les vestiges d’une sorte d’imprégnation, même up to date (ainsi appliquée aux Arts _ ou à la Culture, sinon à la Civilisation ! _, tout spécialement : vers un trash chic !!!) du masochisme nihiliste (mortifère !) contemporain, contre lequel Nietzsche, en son Zarathoustra (un livre pour tous et pour personne, le sous-titrait-il, plus que jamais intempestivement actuel !!!), par exemple,

    …

    contre lequel Nietzsche

    appelait à un vigoureux sursaut

    (de vie !) :

    …

    « Encore un siècle de lecteurs, et l’esprit va se mettre à puer« , diagnostiquait-il en sa lucidité magnifique !

    en un chapitre capitalissime de ce Zarathoustra : « Lire et écrire« …

    …

    On aperçoit alors où peut mener la dérive hors de l’enthousiasme du « spectateur«  dé-passionné !..

    …

    Même si jamais le ton de Fabienne,

    ni en l’écriture magnifiquement déployée du livre,

    ni en l’éclat de sa parole claire et éloquemment détaillée (et illustrée de très judicieux exemples donnant à ressentir aussi, selon l’aisthesis, ce que ses concepts affutés excellemment dégagent en son analyse), en sa conférence,

    n’a cette coloration décadente…

    …

    Fabienne choisissant, a contrario, de privilégier toujours l’empathie d’une approche positive,

    amie,

    envers la démarche, toute de fragilité _ en l’exposition la plus audacieuse à l’altérité dans sa plus extrême singularité : celle d’à son meilleur et le plus authentique… _ des artistes,

    et s’interdisant tout surplomb _ qui serait seulement conceptuel _ qui pontifierait, de haut, et froidement, en quelque sorte.

    …

    C’est en tout cas cela que j’ai moi-même voulu signifier en insistant un peu sur l’exigence de valeur des artistes eux-mêmes _ et pas celle des critiques extérieurs ! _, en leur parcours poïétique, en leur working progress « instaurant« , avec la plus haute rigueur : celle de la probité de ce qui se cherche

    en leur penser-expérimenter-œuvrer, donc…

    …

    Et qui peut donner lieu,

    et sans forcément que cela soit recherché comme une « marque » pour seulement se faire remarquer, se _ bourdieusement… _ distinguer _ sur un marché (dramatiquement concurrentiel !) de consommation-achat-vente, par exemple… _

    à un style :

    …

    cf le beau mot de Buffon

    en son Traité du style : « le style, c’est l’homme même« ,

    …

    en son improbable singularité, donc ;

    en sa propre, quasi monstrueuse, altérité à lui-même, se découvrant, sourdement ;

    …

    ou, encore : le « Je est un autre » d’Arthur Rimbaud…

    …

    Alors l’exposition _ par l’artiste, qui en propose en quelque sorte l’offre,

    ou, mieux encore et plutôt, en fait (absolument !) le don (gracieux !) :

    de cet exposer même !

    (et sans exhibitionnisme !! est-il seulement besoin de le mentionner ?.. :

    cela ne peut être que discret, intime ! quasi secret, et à la sauvette…) _,

    …

    ou mieux encore _ Fabienne le développe ! _ la « rencontre »  !

    …

    _ par le rencontreur même : qui veut bien se laisser aller (= consentir à…) s’y exposer, à son tour, en une expérience (dont l’intensité de l’enthousiasme _ de l’aisthesis : du corps propre s’y ouvrant… _ peut même aller jusqu’à une quasi explosion du ressenti… ;

    même si tout cela ne peut être, de même aussi pour lui, forcément !, que discret, intime, quasi secret, et comme à la sauvette !

    et en symétrique de l’intimité ultra-sensible, quasi à hurler silencieusement, de l’artiste lui-même !)

    …

    en une expérience

    qui peut, donc, à l’occasion (assez rare ! tout de même…), se révéler, intensément, très forte :

    …

    cf là-dessus l’analyse tout bonnement sublime (!) qu’en livre, en toute sa générosité, Baldine Saint-Girons en son très grand (!! : je ne le recommanderai jamais assez !) L’Acte esthétique (aux Éditions Klincksieck) ;

    …

    et nous sommes là, en pareille « rencontre«  (activement esthétique ! donc), considérablement plus loin que ne pouvait aller le spectator (à la suite de celui d’Addison et Steele…) toujours passablement refroidi, lui, et, somme toute, toujours assez compassé (par quelque, tout de même, sorte de tampon-filtre anesthésique précautionneux…),

    d’Adam Smith :

    …

    dont Fabienne Brugère nous donne une somptueusement lumineuse analyse, aux pages 193 à 207 de son chapitre Le Spectacle de l’Art… Et c’est même là un temps fort magnifiquement éclairant de ce travail ! Quand on le rapporte aux autres conséquences, un peu mieux connues, elles,  des analyses d’Adam Smith… ;

    …

    et sur ce spectator, justement,

    on ne saurait faire l’impasse sur le décisivement magistral, lui aussi, Homo spectator,

    de mon amie Marie-José Mondzain (aux Éditions Bayard)… :

    Homo spectator et L’Acte esthétique sont des lectures absolument indispensables !!!… _

    …

    alors

    _ et je reprends le fil de mon élan après cette incise consacrée au spectator… _

    l’exposition,

    ou mieux encore la « rencontre »  !

    _ en son ultra-sensibilité aussi discrète, intime, que puissamment explosive ! _,

    d’un tel processus

    improbable et fragile

    est, en effet,

    un merveilleux cadeau

    …

    _ donné (par l’un), reçu (par l’autre) : les deux ayant su (et appris à) _ c’est une force ! _, hors train-train, y consentir…

    …

    Donnant lieu, cette « rencontre » un peu rare,

    à une expérience _ hors préméditation, ni calcul ;

    et elle-même, forcément (ainsi en aval), elle aussi un peu rare,

    en pareille discrétion et secret (aux antipodes du moindre exhibitionnisme hystérisé !) de « rencontre«  des intimités des ultra-micro-sensibilités ainsi ouvertes et offertes !.. _

    de joie,

    …

    à peut-être, qui sait ?,

    daigner

    _ c’est la visitation de l’Ange ! le passage (ultra-furtif et si peu repérable, pour peut-être savoir, à l’instant de son apparaître si fugace, l’alentir, et accueillir, et recevoir ! s’en faire l’hôte le plus humblement dévoué…) de la Grâce ! _

    …

    daigner

    partager

    …

    _ expérience proprement esthétique que cette joie singulière-là…

    …

    …
    Inutile de préciser, donc,

    que,

    à mon tour

    de lecteur de ce livre,

    …

    je partage dans toute sa plénitude cette démarche _ toute amicale _ d’accueil

    et de sympathie,

    …

    celle de la curiosité ouverte et amie, affectueuse,

    de Fabienne Brugère

    …

    à l’égard

    de ce que nous avons qualifié, en notre conversation,

    d’ »expérimentation« 

    audacieuse, courageuse

    _ en l’audace, toute de probité, de sa fragilité discrète même… _,

    d’artistes contemporains…

    …

    Bravo donc pour ce travail passionnant

    d’exploration

    quant aux Arts

    pensant vraiment

    _ et autrement que conceptuellement :

    …

    à travers quelque aisthesis

    donnant, d’une façon ou d’une autre, à s’exposer (sans s’exhiber)

    à d’autres que soi,

    sans fausse posture

    (ou imposture : hystérisée en quoi que ce soit) de soi… :

    …

    au service d’un autre Soi (étrangement plus grand que soi,

    et cela pour chacun ! pas que pour l’artiste !)

    qui vient discrètement,

    « se trouvant«  ainsi alors en cette « expérience » d’aisthesis

    partagée,

    s’y découvrir… _

    …

    bravo donc

    pour ce travail passionnant

    qu’est ce Philosophie de l’art

    de Fabienne Brugère et Julia Peker…

    …

    …

    Titus Curiosus, le 26 novembre 2010

    …

    …

    Post-scriptum :

    …

    le mardi 25 janvier 2011,

    j’aurai la grande joie de dialoguer à la librairie Mollat, au 91 de la rue Porte-Dijeaux,

    avec la magnifique Baldine Saint-Girons

    …

    _ cf et son génial Fiat lux : une philosophie du sublime, au Quai Voltaire ;

    et son si merveilleux L’acte esthétique, aux Éditions Klincksieck _ :

    …

    à propos de son dernier important essai d’esthétique, Le Pouvoir esthétique,

    aux Éditions Manucius,

    …

    dont voici

    _ cf aussi mon article de présentation, en date du 12 septembre 2010 : les enjeux fondamentaux (= de civilisation) de l’indispensable anthropologie esthétique de Baldine Saint-Girons : “le pouvoir esthétique”… _

    la quatrième de couverture :

    …

    Mettre en évidence «le pouvoir esthétique», c’est souligner l’intrication des questions de l’esthétique à celles de l’éthique et du politique. Le pouvoir naît d’un vouloir et se heurte à d’autres pouvoirs. Sous la diversité des apparences, il concerne la force de l’apparaître, compris en ses trois temps : projet, stratégie, effets. Faut-il plaire, inspirer ou charmer ? Rechercher la dignité du beau, la gravité du sublime ou la suavité de la grâce ? Parmi les trois figures de la laideur ou du mal, notre adversaire est-il d’abord la difformité qui dissone, la médiocrité qui enlise, ou la violence qui révulse ? Le beau peut être médiocre et violent : il ne saurait manquer d’harmonie. De même, le sublime peut être compatible avec la difformité et la violence : il disparaît avec la médiocrité. Et la grâce peut être dépourvue de beauté et d’originalité : la douceur ne saurait lui faire défaut. À chaque combat sa technique : l’imitation des meilleurs, l’invention du nouveau, l’appropriation de traits gracieux. De là des résultats divergents : l’admiration va à ce qui plaît, l’étonnement à ce qui inspire, la gratitude à ce qui charme. Rompre les trois cercles maudits du mépris niveleur, de la médiocrité agressive et de l’envie négatrice, tel est l’enjeu. Dans quelle mesure ces trois grands types de pouvoir esthétique sont-ils exclusifs, chacun des deux autres ? Si Burke dégagea, au milieu du XVIIIe siècle, ce qu’on peut appeler le dilemme esthétique entre beau et sublime, est-on aujourd’hui fondé à parler d’un trilemme esthétique entre beau, sublime et grâce ?

    …

    A suivre…