Étiquette : François-Xavier Roth

  • Sur son violoncelle Gennaro Gagliano ayant appartenu au chef et violoncelliste John Barbirolli, Astrig Siranossian nous offre un bien joli récital-hommage « Sir ! – Elgar – Bruch – Britten »…

    Sur son beau violoncelle Gennaro Gagliano, ayant appartenu au chef et violoncelliste Sir John Barbirolli (Londres, 2 décembre 1899 – Londres, 29 juillet 1970),

    la jeune violoncelliste Astrig Siranossian (née à Lyon le 19 décembre 1988) vient nous offrir, avec le CD Alpha 1217 « Sir ! – Elgar – Bruch – Britten« , un bien joli récital-hommage, avec Nathanaël Gouin au piano, et le London Symphony Orchestra dirigé par François-Xavier Roth – enregistré à Londres au mois d’avril 2024 pour le « Concerto pour violoncelle Op. 85 » de Sir Edward Elgar (Lower Broadheath, 2 juin 1857 – Worcester, 23 février 1934) et « Kol Nidrei Op. 45«  de Max Bruch (Cologne, 6 janvier 1838 – Berlin, 2 octobre 1920) ; et à Paris, salle Colonne, au mois de mai 2025 pour la « Sonate pour violoncelle Op. 65 » de Lord Benjamin Britten (Lowestoft, 22 novembre 1913 – Aldeburgh, 4 décembre 1976) et « Salut d’amour Op. 12«  d’Edward Elgar… 

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    Bien sûr, on garde le souvenir le plus ému de la génialissime Jacqueline Du Pré (Oxford, 16 janvier 1945 – Londres, 19 octobre 1987) interprétant le Concerto pour violoncelle d’Elgar, avec John Barbirolli dirigeant le London Symphony Orchestra, en 1965 – écoutez ça ici ! (29′ 54) : de la braise… – ;

    ou de Janos Starker interprétant Kol Nidrei – composé par Max Bruch pour la communauté juive de Liverpool en 1880 – , avec Antal Dorati dirigeant le même Symphony Orchestra, pour Mercury en 1962 – écoutez çà ici (9′ 56), c’est sublime…

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    Un bien beau récital-hommage…

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    Ce vendredi 7 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le lumineux Ligeti mozartien (voilà !) du CD « Kammerkonzert and other works » (for Wind Quintets) des Siècles et François-Xavier Roth enregistré en 2016 : un bienvenu rattrapage de ma discothèque personnelle, en ce début janvier 2026, pour le plus grand bonheur de musique…

    Il se trouve que le lumineux Ligeti mozartien – voilà ! voilà ! – du CD Harmonia Mundi HMM905370 « Kammerkonzert and other works » (for Wind Quintets) des Siècles et François-Xavier Roth – enregistré en 2016 à Soissons du 12 au 14 avril 2016 – , paru d’abord en 2017 pour le discret label – arlésien – Musicales Actes-Sud, et reparu en 2023 pour le plus visible label – arlésien lui aussi – Harmonia Mundi – pourquoi ? pourquoi ? – manquait à ma discothèque personnelle ;

    or voici que ce début d’année 2026, un très bienvenu destockage de CDs Harmonia Mundi, a fait parvenir chez mon disquaire préféré ce CD, qui vient de me permettre, pour mon bonheur de mélomane féru des splendides  musiques pour harmonie, tant de Mozart – telle la sublimissime Gran Partita KV 361 – que de György Ligeti, de rattraper enfin ce malencontreux défaut de ma discothèque…

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    Sur ce CD que je n’avais pas repéré lors de sa première parution, en 2017, pour le discret label Musicales Actes-Sud, cf l’article de Benoît Sitzia « Les Siècles pour Ligeti » paru sur le site de ResMusica le 27 février 2017 – il m’avait échappé... – :

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    Les Siècles pour Ligeti

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    les siecles actes sud ligetiL’orchestre Les Siècles, reconnu entre autre pour son engagement atypique à défendre le répertoire moderne sur instruments d’époque, nous propose un disque consacré au répertoire de la deuxième moitié du XXe siècle avec un programme dédié à la musique de chambre du compositeur hongrois György Ligeti (1923-2006). Menés par leur chef et fondateur François-Xavier Roth, les solistes de l’orchestre repartis en groupes chambristes nous livrent un enregistrement d’une rare qualité qui force l’admiration.

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    Pour cette belle monographie, trois œuvres appartenant à deux « manières » du compositeur nous sont proposées et ordonnancées comme une arche allant du quintette à vent à l’orchestre de chambre.
    Ce chemin débute avec les Six bagatelles pour quintette à vent composé en 1953 d’après six des onze pièces pour piano solo que compte Musica ricercata (1951-53). Ici les solistes des Siècles font preuve d’une vivacité rythmique et d’une clarté de jeu qui rendent hommage au caractère « naïf » et provocateur de cette œuvre de jeunesse qui fut censurée jusqu’en 1969. L’équilibre des voix et des timbres rendu par le quintette offre une lecture renouvelée et aérée d’une œuvre qui souffre trop souvent d’appesantissements et nous livre ainsi tout les détails de l’écriture du premier Ligeti.

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    Le célèbre Kammerkonzert pour treize instrumentistes poursuit ce chemin musical prometteur. Cette œuvre de 1970 en quatre mouvements constitue un véritable jalon dans l’histoire de la musique, et consacre l’aboutissement d’une deuxième « manière » du compositeur hongrois. Ici Roth et Les Siècles subjuguent dès le premier mouvement grâce à une formidable construction des textures  orchestrales tout en conservant le contrôle dynamique et formel de ce grand déploiement contrapuntique, offrant ainsi une clarté d’écoute rare pour cette œuvre.
    Dans le deuxième mouvement une expressivité travaillée permet de conserver une couleur instrumentale homogène tout en faisant ressortir pleinement les fragments mélodiques, apportant ici le lyrisme nécessaire à l’écoute de cette œuvre dans sa grande forme. Le troisième mouvement, inscrit dans une écriture verticale et obsessionnelle, exige une grande rigueur rythmique et dynamique que les instrumentistes et leur chef transcendent. L’équilibre harmonique est saisissant et le choix d’une interprétation plus analytique permet un contraste bienvenue dans l’écoute globale de l’œuvre.
    En conclusion, le quatrième mouvement confirme toute les qualités énoncées précédemment tout en offrant une lecture des plans timbraux et sonores très contrastée ce qui permet à l’architecture de ce Kammerkonzert de se déployer comme un récit limpide, permettant à tout auditeur de cheminer au sein de ce kaléidoscope sonore.

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    Pour finir, les Dix pièces pour quintette à vent (1968) nous permettent de façon concrète d’effectuer une synthèse des deux œuvres précédentes. Ici encore les solistes des Siècles nous livrent une interprétation précise et maîtrisée. Les dix pièces courtes alternent écriture de groupe et pièces « concertantes » destinées à chacun des instruments du quintette. La conduite formelle claire ne cède en rien à l’exigence de l’écriture qui aime jouer sur les contradictions de la tessiture naturelle des instruments et du registre de jeu qui leur est imposé par le compositeur. Le dernier mouvement, noté Presto bizzaro, conclu très théâtralement cette œuvre dont Ligeti prit soin de noter sur la partition une citation de Lewis Caroll : «…mais… » il y eut une longue pause « C’est tout?  » demanda Alice timidement {…}.

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    Alors gageons – oui, oui – que Les Siècles et François-Xavier Roth nous offriront d’autre enregistrements aussi brillants portant la musique d’hier et d’aujourd’hui avec cet engagement qui les caractérise.

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    György Ligeti (1923-2006), Les Siècles Live – György Ligeti (1923-2006) : Six Bagatelles (1953) pour quintette à vent, Kammerkonzert (1970) pour treize instruments et Dix pièces pour quintette à vent (1968). Marion Ralincourt, flûte, Hélène Mourot, hautbois, Christian Laborie, clarinette, Michaël Rolland, basson, Pierre Rougerie, cor, Les Siècles dir. François-Xavier Roth. Notice descriptive du projet contenant éléments de programme et interview, biographie du compositeur et des interprètes en Français et en Anglais. Durée : 44’01. 1 CD Musicales Actes Sud.

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    Que ce me soit aussi l’occasion de rappeler ici mes 3 articles « Le génie transcendant de György Ligeti admirablement servi et magnifié par Isabelle Faust, Jean-Frédéric Neuburger et les siècles dirigés par François-Xavier Roth en un subjuguant CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » : un irradiant joyau… » en date du 11 juin 2025, « Du CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » au double CD « Kurtag – Jatekok – Pierre-Laurent Aimard : la présence commune de « Aus der Ferne – hommage à Alfred Schlee » de György Kurtag…« , en date du 12 juin 2025, et « Sur l’admirable CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » des siècles dirigés par François-Xavier Roth, un article ce lundi 11 août du très fin Jean-Charles Hoffelé, deux mois jour pour jour après le mien, le 11 juin dernier…« , en date du 11 août 2025,

    consacrés tous trois au merveilleux resplendissant CD Harmonia Mundi HMM 905 382 « Ligeti – Violin, Piano & Romanesc Concertos  » des Siècles, François-Xavier Roth, ainsi qu’Isabelle Faust et Jean-Frédéric Neuburger.

    Un CD qui fait date !

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    Mozart – Ligeti : une merveilleusement lumineuse filiation,

    pour notre plus grand bonheur de musique !

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    Viva Mozart ! Viva Ligeti ! Viva la musique !

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    Ce lundi 5 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De l’importance de l’orchestre dans les Concertos pour Piano de Ravel : une perplexité…

    Ayant énoncé en mon article d »hier « L’impeccablement ravelien « Tombeau de Couperin » de Christian Macelaru dirigeant l’Orchestre National de France le 28 février 2025 : clarté, lumière et couleurs irradient en toute plénitude le jeu ; le plus pur Ravel est bien là… » ma très profonde admiration pour la parfaite conduite par Christian Marcelaru de l’Orchestre National de France dans le triple admirable CD « Ravel Paris 2025 » – il me faudra bien sûr y revenir… – ,

    il me faut aujourd’hui avouer ma persistante perplexité face à la réalisation bancale à mes yeux et surtout oreilles du CD Alpha 1162 « Ravel – Piano Concertos » du merveilleux Nelson Goerner (!!!)  et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Kazuki Yamada  – un CD enregistré à Monaco les 29 mars et 1er avril 3025…

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    Face au sublimissime – oui – jeu de piano de Nelson Goerner, cet orchestre ne fournit pas, à mon gout, l’écrin ravelien dont celui-ci a besoin ;

    surtout par comparaison avec la prestation ravelissime de l’Orchestre National de France conduit si raveliennement par le si ravelien ici Christian Macelaru…

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    Parmi les orchestres que j’oserais qualifier eux aussi de « raveliens« , je puis citer au premier chef aussi l’admirable Les Siècles, et sous la direction du magnifique François-Xavier Roth, dont j’ai maintes fois, en les articles de ce blog encherchantbien.fr , fait l’éloge…

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    Réussir à se couler, au concert comme au disque, dans la si subtile pâte orchestrale de Ravel n’est pas donné à tout le monde…

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    Ce samedi 20 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La Valse, de Ravel : par quel chef et par quel orchestre ? Klaus Mäkelä (à Paris en 2024) ? ou bien plutôt Francois-Xavier Roth (à Paris en 2019), Eduard van Beinum (à Amsterdam en 1958), Jean Martinon (à Chicago en 1967)…

    Vient de paraitre pour le label Decca le CD 487 0959 « Berlioz – Ravel – Klaus Mäkelä – Orchestre de Paris » comportant, outre la « Symphonie fantastique » Op. 14,, « La Valse » M. 72.

    Et c’est l’article intitulé « Fantastique » de Jean-Pierre Rousseau sur son blog qui m’a fait connaître la parution et la qualité de ce CD de Klaus Mäkelä, du moins pour ce qui concerne l’interprétation du chef d’œuvre éponyme de Berlioz :

    « Pour moi – concluait-il son article – le choix aujourd’hui est clair : la grande version moderne – rien moins ! – c’est Klaus Mäkelä, qui ne craint pas la confrontation avec ses glorieux aînés Charles Munch et Igor Markevitch« …

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    En revanche, et plutôt étonnamment, pas un mot ici sur l’interprétation par Klaus Mäkelä de « La Valse » de Ravel ; ce qui m’a mis la puce à l’oreille…

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    Or il se trouve que pour ma part, et à l’écoute très attentive de ce CD, je ne suis pas du tout séduit par cette ravélienne « Valse » de Klaus Mäkelä – enregistrée à la Philharmonie à Paris le 30 septembre 2024 – , pas assez fine, ni subtile, à mon goût.

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    Et surtout par comparaison avec l’interprétation que je porte au pinacle : celle, jubilatoirement fruitée – sur instruments de l’époque de la création, en 1920 : l’œuvre fut créée publiquement le 12 décembre 1920 par les Concerts Lamoureux dirigés par Camille Chevillard – , de François-Xavier Roth et les siècles – enregistrée elle aussi à la Philharmonie à Paris, au mois de novembre 2019 – , présente dans le CD Harmonia Mundi HMM 905282 « Maurice Ravel – La Valse – Mussorgsky orch. Ravel – Les Tableaux d’une exposition ».

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    Et pour celle-ci, absolument enthousiasmante (!), je renvoie volontiers au bel article de Stéphane Friédérich « Les Tableaux d’une exposition si français et la Valse de Ravel si viennoise » de ResMusica à la date du 28 avril 2020,

    dont je retiens ici cet entier paragraphe :

    « Toutes les qualités exploitées dans les Tableaux d’une exposition sont magnifiées – voilà ! – dans La Valse, enthousiasmante. La qualité de l’étagement des plans sonore ne contrarie pas la pulsation naturelle de la danse. La finesse de l’interprétation exploite la sensualité de cette « ultime » valse – ravélienne. Elle nous paraît infiniment viennoise et, plus exactement, mahlérienne. Le poison – sic – distillé dans les harmonies ravéliennes joue sur deux plans inconciliables : la noblesse de la danse et la trivialité des pas. Les instruments parfois à contre-emploi comme ces harpes “percussives”, ces bois qui “hurlent” jusqu’à donner une impression de chaos – voilà, voilà ! – , tout semble osciller entre l’ordre et la désinvolture, la caresse devenue une gifle. Maîtriser la laideur : tel est le prix de la beauté nous révèlent les interprètes – tout cela est justissime. De fait, voilà l’une des versions les plus intéressantes et personnelles au sein d’une immense discographie. Elle complète les legs « classiques » de (Sony), (Mercury), (Deutsche Grammophon), , (RCA), (Decca)… »…

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    Et j’ai aussi été très sensible à cet article très fouillé de Tristan Labouret « Pourquoi La Valse de Ravel est l’œuvre la plus jouée au monde« , sur bachtrack, le 5 jancvier 2023.

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    Et j’ai aussi ré-écouté, au sein du CD Decca Eloquence 482 5491 « Franck – Psyché – Variations symphoniques – Ravel – Bolero – La Valse- Rapsodie espagnole » d’Eduard van Beinum dirigeant l’orchestre du Concergebouw, cette somptuosissime « Valse« , que jauge excellemment, en son article du 29 juillet 2018 , »Valse mortelle« , le très bon Jean-Charles Hoffelé :

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    VALSE MORTELLE

    Il y a un tropisme français chez Eduard van Beinum, ses Debussy, ses Berlioz, ses Ravel dévoilent une poétique orchestrale qui aura modifié la nature sonore du Concertgebouw telle qu’il l’avait héritée de Willem Mengelberg.

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    Ce mélange détonant d’élégance et de cruauté – oui ! oui ! la formule est justissime ! – éclate dans une Valse vampirique, d’une suavité vénéneuse – voilà ! – , étrange course à l’abîme – oui – dont les envoûtements fascinent : cet orchestre si mobile, qui mord à la vitesse d’un aspic, sait être d’une seconde à l’autre sec puis voluptueux ; c’est celui de Ravel-même – voilà, voilà ! – , ce qu’illustre au même degré de perfection une Rapsodie espagnole moite, inquiétante, pleine de rumeurs et d’ombres dont les gitaneries n’auront jamais été aussi cante jondo. Mais le Boléro lui-même, somptueusement étouffant, participe de la même saturation de l’espace.

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    Ce triplé Ravel est faramineux, après lui (ou avant dans l’ordre du disque), les Franck distillent une toute autre lumière. Psyché rêvé, très tendrement composé dans les soieries d’un orchestre décidément faramineux, est cent coudées au-dessus de ce que tous les orchestre français pouvaient alors y faire et les Variations symphoniques, où le jeune Géza Anda dissipe le brouillard en phrasant tout, sont un modèle de style prenant le contrepied de l’estampe incarnée par Walter Gieseking et Landon Ronald, autre version majeure du 78 tours. Mais c’est à ce Ravel parfaitement délétère – sic – que vous irez d’abord.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Rapsodie espagnole, M. 54
    La Valse, M. 72
    Boléro, M. 81

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    César Franck (1822-1890)
    Psyché, FWV 47
    Variations symphoniques pour piano et orchestre, FWV 46

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    Géza Anda, piano
    Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam
    Eduard van Beinum, direction

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    Un album du label Decca 4825491 (Collection « Eloquence Australia »)

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    Photo à la une : © DR

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    Et je retiens aussi, toujours en ma discothèque personnelle, l’interprétation impeccable de Jean Martinon dirigeant le Chicago Symphony Orchestra, en le CD n°10 du coffret Martinon RCA 88843062752 – enregistrée à Chicago le 16 mai 1967 – ,

    sur laquelle voici un lien à mon article du moment du Covid, le 26 avril 2020 : « Musiques de joie : la frénésie rageuse de la Valse de Ravel, par Jean Martinon, Martha Arcgerich et Nelson Freire, et Beatrice Rana« …

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    Voilà quelques propositions de sentiers d’écoute pour savourer le plus jubilatoirement possible cet absolu chef d’œuvre – ravageur – de Ravel qu’est ce joyau, « La Valse« , préalablement intitulé « Wien » par Ravel…

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    Ce vendredi 13 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa