Étiquette : Franz Liszt

  • Les mélodies françaises de Franz Liszt par Katharina Konradi, soprano, et Daniel Heide au piano, en l’exact contre-pied du récital « So Poétique ! » de mélodies françaises avec orchestre de Cyrille Dubois et le Brussels Philharmonic dirigé par Pierre Dumoussaud : l’art subtil et délicat de bien chanter la mélodie française et son expression minimale du plus intense, frêle, fragile et furtif de l’intime…

    Il se trouve que le récital de mélodies françaises de Franz Liszt par Katharina Konradi, soprano, et Daniel Heide au piano, en leur CD Ccvi-Music 4868024 « Franz Liszt – Un cycle imaginaire – Complete French Songs » qui vient de paraître – et que je me suis procuré sur la foi de l’article « Pépite » de Jean-Charles Hoffelé en date du 10 avril dernier… – , se trouve, du moins à mon oreille et à mon goût, en exact contre-pied du passionnant récital du CD Alpha 1214 « So Poétique ! » de mélodies françaises avec orchestre de Cyrille Dubois et le Brussels Philharmonic dirigé par Pierre Dumoussaud,

    auquel je viens de consacrer mon article très enthousiaste d’hier 12 avril : « Une nouvelle brillantissime pépite du très épatant ténor Cyrille Dubois : un superbissime récital de mélodies françaises avec orchestre, le CD « So Poétique ! « avec le Brussels Philharmonic dirigé par un excellent Pierre Dumoussaud. Un trésor de plus que ravissantes découvertes de l’art français du chant entre 1870 et 1914… » ;

    or, s’ils ne comportent aucun poème commun, ces deux récitals de mélodies françaises de Katharina Konradi et Cyrille Dubois font toutefois entendre les voix de deux poètes communs : Victor Hugo et Alfred de Musset…

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    Mais il se trouve aussi que l’exhibitionnisme virtuose exacerbé de Franz Liszt est à l’absolu antipode du goût musical français de l’intime le plus délicat et subtil…

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    Et d’autre part, il se trouve encore que l’aigu de la voix de soprano de cette interprète qu’est Katharina Konradi, ainsi que la lisibilité par trop incertaine de la prononciation de ses mots français – un facteur hélas rédhibitoire ! – , sonnent à mes oreilles à mille lieues de l’infiniment raffiné plaisir, déjà, de l’onctueux timbre de voix de ténor de Cyrille Dubois, et surtout de son art parfait de précise et subtile – clarissime ! un pur bonheur !… -, prononciation des vers des poèmes ainsi mis en musique en ces délicieuses mélodies françaises avec orchestre…

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    Écoutez-ici « Oh ! Quand je dors » S. 282/2 (de 4′ 38), sur un poème de Victor Hugo…

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    Je ne suis décidément pas un lisztien : dont acte ! Mais cela, je le sais depuis longtemps…

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    Ce lundi 13 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’éblouissante virtuosité des « 12 Grandes Études « de Liszt, en 1837, servie à la perfection par le piano même de Liszt à Bayreuth, un Steingraeber de 1873 , touché par la sensualité chaleureuse, légère et profonde, de la magistrale Aurélia Visovan…

    Robert Schumann, fervent admirateur pourtant de Liszt, publia en son « Neue Zeitschrift für Musik », en 1839, un compte-rendu assassin des « 12 Grandes Etudes » S. 137, que Franz Liszt avait publiées en 1837 :

    « S’il atteignait des sommets étonnants en tant qu’interprète, le compositeur, lui, restait à la traîne. (…) Lors’il s’affranchit de toute retenue, l’effet, aussi saisissant soit-il, ne compense guère la beauté sacrifiée. (…) Ce sont de véritables études de tempête et de tumulte – des études pour au plus dix ou douze âmes dans le monde ; dans des mains moins aguerries, elles ne susciteraient que le rire »…
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    Soit l’interprète Liszt versus le compositeur Franz Liszt ; « l’effet saisissant, affranchi de toute retenue » versus « la beauté sacrifiée », pour reprendre les mots de Robert Schumann en sa critique…
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    Blessé gravement par cette critique acerbe de Robert Schumann (Zwickau, 1810 – Bonn, 1856), Franz Liszt (Raiding, 1811 – Bayreuth, 1886) – en 1839, ils ont respectivement 29 et 28 ans – attendit rien moins que douze longues années – de 1837 à 1849 – pour achever le chantier qu’il avait donc repris, et transformer ces encore trop méconnues aujourd’hui « 12 Grandes Etudes » S. 137 en les bien plus célèbres – et courues, elles, des interprètes, au concert comme au disque, depuis lors… – « Etudes d’exécution transcendante » S. 139, qu’il publiera, donc, en 1849…
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    Dans un vraiment sublime CD Passacaille PAS 1151 « 12 Grandes Etudes – Liszt  » – enregistré du 28 février au 2 mars 2025 dans la Steingraeber Haus à Bayreuth – , et sur le piano Steingraeber (de 1873, restauré) de Liszt à Bayreuth – où Liszt se rendait séjourner auprès de sa fille Cosima (1837 – 1930) et de Richard Wagner (1813 – 1883), mariés en 1870… – , la magique Aurelia Visovan – née à Sziget Matmaliei, en Roumanie, le 20 juin 1990 – vient nous offrir une interprétation fabuleuse, merveilleuse de sensualité chaleureuse, de cette étourdissante – et si affollante pour la plupart des interprètes qui osent venir s’y frotter… – virtuosité lisztienne, qui n’aurait sans conteste pas manqué de ravir l’exigeant Robert Schumann lui-même : la beauté désirée par Schumann est bien maintenant là, éminemment sensible – peut-être aussi bien, mais oui !, que par Franz Liszt lui-même, si jamais Robert Schumann a pu entendre Franz Liszt les jouer lui même au concert ; et pas seulement les lire avec sévérité en partition…
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    Cet enregistrement des « 12 Grandes Etudes » S. 137 par Aurelia Visovan a une durée de 83’ 30 ;
    quand l’enregistrement – double CD Pentatone PTC 5187 052, enregistré à Lugano en avril et mai 2021 (avec la Sonate en si mineur S. 178)  – de leur révision en les « Etudes d’exécution transcendante » S. 139 par l’excellent Francesco Piemontesi  – né à Locarno le 7 juillet 1983 : un interprète que j’apprécie particulièrement… – , lui, a une durée de 66’ 06…
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    Un CD d’Aurelia Visovan souverainement magique, à savourer avec une considérable admiration :
    une absolue révélation !
    – même pour quelqu’un qui, comme moi, exècre le dévergondage de virtuosité pour la virtuosité (type Grigory Sokolov qui s’écoute jouer…) : un travers auquel sait parfaitement échapper ici, en singulière et tout à fait subtile beauté, la merveilleuse Aurelia Visovan..
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    Ce vendredi 27 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Les passionnantes questions-réflexions d’Ammiel Bushakevitz sur Schubert et la « Fantaisie », à propos de sa « Wanderer Fantaisie » Op. 15 (D. 760), sa « Sonate-Fantaisie » Op. 78 (D. 894), la « Fantaisie pour piano à 4 mains » Op. posthume 103 (D. 940) et la « Fantaisie pour violon et piano » Op. posthume 159 (D. 934)…

    Non seulement le CD Hänssler Classic HC 240 25 « Franz Schubert – Fantasies » est une merveille musicale et discographique absolue

    – cf ce que j’en disais hier en mon article « Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…« … – ,

    mais sont également passionnantes les 4 questions-réflexions que son interprète magicien, qu’est Ammiel  Bushakevitz, nous livre en s’adressant à lui-même, en dialogue, aux pages 2 à 4 du livret de ce magistral CD, en ouverture à son programme de « Fantasies« …

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    Ces questions, les voici donc :

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    _ 1)  « Why do you choose to perpetuate the title of Fantasy for what is clearly a sonata ? » – c’est-à-dire la grande Sonate 0p. 78, D. 894…

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    Et voici sa réponse :

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    « I’ll begin by quoting Robert Schumann : « Fantaisie à la Schubert ; Schubert expresses Jean Paul, Novalis and Hoffmann in tones. » Schumann’s diary entrance of August 1828 refers to Schubert’s expansive G major – sol majeur – sonata, D. 894. Schumann considered this the most perfect of all Schubert’s sonatas, where « in a not unusual external form and layout, everything internal is designed unusually and fantastically ». The fantasy to wich Schumann is referring is not the musical genre, but rather the work’s escapist, otherwordly nature. Written in october 1826, two years before Schubert’s death at the age of 31, the sonata is the last of just three piano sonatas published during his lifetime. It is uniquely serene : voices intertwine in conversation and mysticism lingers in the air. In Keats‘ « Ode to a Nightingale », wich could just as well have been an ode to Schubert, the sensation is summed up perfectly : ‘‘Fade far away, dissolve and quite forget what thou among the leaves hast never known ». »

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    _ 2)  « But is it that strange sonata really a fantasy ?« 

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    Ammiel Bushakevitz prend alors soin de bien distinguer ce qui sépare la nouvelle acception de ce terme de « Fantaisie« , à l’aube du Romantisme, à partir de 1815 (les « Fantasiestücke in Callot’s Manier » de E.T.A. Hoffmann), de ce qu’avaient été les Fantaisies de Johann-Sebastian Bach et surtout son fils Carl-Philipp-Emanuel Bach :

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    « The unusual title for the first edition, « Fantasy or Sonata », was given not by Schubert, by his canny publisher, Tobias Haslinger, likely reflecting the improvisional and long-limbed character of the first movement wich is marked with the utterly Schubertian indication of  molto moderato e cantabile. Schumann referred to the entire work as a « Fantasy-Sonata » and Franz Liszt called it a « Fantasy » in an 1868 letter.

    Perhaps the Romantic Age brought new meaning to the term. Forget the dusty Fantasien of J.S. and his son C.P.E. Bach with their improvised overtures and highly formalized fugues. Curtainup : this is the dawn of the fantastic. E.T.A. Hoffmann published his « Fantasiestücke in Callot’s Manier » in 1815 and Mary Shelley (born the same year as Schubert – en 1797 –) published « Frankenstein » in 1818. Schubert was in step with the politics and literature of his age. Perhaps the title of Fantasy just fitted in with the tumultuous times« .

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    _ 3) « What about Schubert’s other fantasies  ?« 

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    « Schubert wrote a few fantasias as a teenager, but by far the most important are his three mature fantasies : The Fantasy for piano four hands D. 940 – autre magistral chef d’œuvre !!! cf mes remarques en mon article du 19 juillet 2024 « La merveille absolue du CD « Franz Schubert – Leonid Desyatnikov » de Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy, à quatre mains : un sommet d’interprétation, tout de naturel, de ces bouleversants chefs d’oeuvre schubertiens…« , à propos du merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902 716 « Franz Schubert – Leonid Desyatnikov » de Pavel Kolesnikov et Samson Tsoy… – , the Fantasy for piano and violin D. 934, and the « Wanderer »  Fantasy for piano solo D. 760. The latter two are thematic elaborations of successful Lieder that he has written : « Sei mir gegrüsst » and « Der Wanderer ». I can’t help thinking that the latter’s title might be shaped by one of the most influential gothic novels of the time : Charles Robert Maturin‘s « Melmoth the Wanderer » (1820). It marked litterature from Goethe to Baudelaire and was probably the talk of town in the Viennese Cafés frequented by Schubert. In fact, il might have been the reason why Schubert changed the title of his 1816 song « Der Unglückliche » to « Der Wanderer » in his 1821 second version.« 

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    _ 4) « Is that what inspired the title for the C major – ut majeur – fantasy ?« 

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    « Well, Schubert himself never called it the « Wanderer » Fantasy. The earliest reference to the nickname was probably by Liszt, who performed it many times and referred to it as the « Wanderer – Dithyramb ». Schubert allegedly (yet famously) could not play the piece himself throwinh his hands up near the end and exclaiming « let the devil play this ! ». This was the dawn of a new Zeitgeist, intoxicated with the virtuosity of Liszt and Paganini. Yet the beating heart of the Fantasy is the Adagio, who’s dactylic « Wanderer » rhythm links the entire work. This foreshadows the Leitmotiv used by later composers, such as Liszt in his B minor – si mineur – Sonata and Dante Sonata, wich he described as a « Fantasia quasi sonata ». The idea of the Wanderer is at the core of Romantic Age. Existential alienation was something that Schubert himself understood all too well and he must have felt a deep rapport with Schmidt von Lübeck‘s poem : « I am a stranger everywhere »…

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    Et toutes ces réflexions-réponses que se propose alors en dialogue avec lui-même Ammiel Bushakevitz, en la rédaction de ces 3 pages pour le livret de son CD – c’était à Paris le 14 août 2024 ; l’enregistrement du CD avait eu lieu à Eppelheim du 8 au 11 janvier précédent – , sont de fait passionnantes quant à ces choix du qualificatif de « Fantaisie » pour ces diverses pièces de Schubert…

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    Comment alors ne pas réver d’un second CD de Fantaisies de Schubert par Ammiel Bushakevitz,

    avec, cette fois la participation d’un compère pianiste pour la Fantaisie à quatre mains, en fa mineur, D. 940, Op. posthume 103,

    et d’un compère violoniste pour la Fantaisie pour piano et violon, en ut mineur, D. 934, Op. posthume 159 ?

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    La boucle de pareilles magistrales interprétations de ces 4 Fantaisies de la maturité de Schubert, la D. 760,  la D. 894, la D. 940, et la D. 934, pourrait ainsi être bouclée…

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    Ce dimanche 13 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La poésie toute de délicatesse de Tanguy de Williencourt brossant de son art du piano les paysages vaporeux de Franz Liszt (2)…

    Comme en réponse à mon article «  » du 30 septembre dernier _ il y a 3 jours… _,

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    voici ce jeudi 3 octobre l’article « Grand Liszt » de Jean-Charles Hoffelé,

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    qui permet de comparer nos approches respectives de cette superbe réalisation discographique, le CD Mirare MIR 746 « Muses – Franz Liszt » de l’excellent Tanguy de Williencourt…

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    GRAND LISZT

    Les héroïnes _ égéries, en fait _ de Liszt sont le prétexte _ seulement ?.. Peut-être : j’ai éprouvé moi aussi ce soupçon… _ de ce voyage qui s’attarde longuement _ et très heureusement _ en Suisse. La nature dorée du beau Steinway du Kulturzentrum de Toblach _ oui, et il faut en effet insister sur son apport… _ est un parfait miroir pour l’élégance native _ oui ! _, la fluidité _ oui _, le grand son ouvert _ oui _ que Tanguy de Williencourt dispense au long de l’album.

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    Au lac de Wallenstadt atmosphérique, jeux d’eau quasi ravéliens d’Au bord d’une source, méditation et orage appassionato pour une ombreuse Vallée d’Obermann dont la donnée romanesque ne s’absente jamais, Cloches de Genève irréelles à force de nuances, quatuor parfait _ oui ! _ qui fait regretter _ c’est très juste _ de ne pas avoir toute la Première Année de pèlerinage sous de tels doigts de poète _ si sensible aux atmosphères des lieux.

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    L’art de phrasé emplit le Liebestraum, plus encore l’Impromptu en fa dièse majeur qui lui répond en ajoutant un rossignol, il envolera une saisissante Bénédiction de Dieu dans la solitude avant d’anoblir les tourments et les visions de la Sonate _ que j’ai personnellement resssentie comme plus abstraite… _, dont l’arche est mise en lumière avec une rare science de la tension harmonique, qui déjà surprenait dans la Vallée d’Obermann : ce piano si kaléidoscopique ne craint pas l’épique, infuse une poésie et un lyrisme qui empêchent _ très justement _ de tonitruer, vraie leçon de style _ oui… _ d’un musicien dont chaque disque surprend en bien.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Muses

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    Franz Liszt (1811-1886)

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    Liebestraum en la bémol majeur, S. 541/3 (Oh Lieb, so lang du lieben kannst)
    Années de pèlerinage I, S. 160 – Suisse (4 extraits : II. Au lac de Wallenstadt, IV. Au bord d’une source, VI. Vallée d’Obermann, IX. Les cloches de Genève)
    Impromptu en fa dièse majeur, S. 191 (Nocturne)
    Bénédiction de Dieu dans la solitude, S. 173/3
    Sonate pour piano en si mineur, S. 178

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    Tanguy de Williencourt, piano

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    Un album du label Mirare MIR746
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    Photo à la une : le pianiste Tanguy de Williencourt –
    Photo : © Jean-Baptiste Millot

     

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    Une nouvelle fois merci !

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    Ce jeudi 3 octobre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa