Étiquette : Franz Schubert

  • Interpréter les Lieder de Schubert : Alice Coote, mezzo-soprano, avec le piano de Julius Drake, un admirable lumineux CD !

    Bien sûr ne manquent pas, au disque, de sublimes interprétations des sublimes Lieder de Schubert…

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    Alors comment situer en cette très belle discographie le récent « Schubert 21 Songs« , soit le CD Hyperion CDA 68169, de l’excellente mezzo-soprano Alice Coote, avec le piano hyper-attentif de l’excellent Julius Drake ?..

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    Eh bien, au plus haut !!! 

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    Quel sublime art de dire et de chanter

    avec une telle fluidité, tendresse, lumineuse clarté, et parfaite justesse.

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    Pour ne rien dire du parfait accompagnement, avec une si délicate écoute en dialogue, de Julius Drake au piano…

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    Sur ce magnifique CD d’Alice Coote et Julius Drake,

    je partage donc pleinement l’appréciation de Patrice Lieberman en son article « Alice Coote et Julius Drake touchent juste dans Schubert« ,

    paru sur le site Crescendo le 8 août dernier…

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    Alice Coote et Julius Drake touchent juste dans Schubert

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    LE 8 AOÛT 2022 par Patrice Lieberman
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    Franz Schubert(1797-1828) : An den Mond, D.259; Wandrers Nachtlied I(Der du von dem Himmel bist), D.224; Im Frühling, D.882,Der Zwerg, D. 771;Ständchen, D. 957; Seligkeit, D.443; Abendstern, D.806; Der Tod und das Mädchen, D.531; Litanei über das Fest Aller Seelen, D.343; Rastlose Liebe, D.138; Ganymzed, D.544; An Silvia, D.891; Der Musensohn, D.764; Lachen und Weinen, D.777; Erlkönig, D.328; Nacht und Träume, D.827; Auf dem Wasser zu singen, D.774; Im Abendrot, D.799; Frühlingsglaube, D.686; Wanderers Nachtlied II (Über allen Gipfeln), D.768; An den Mond, D.2396. Alice Coote (mezzo-soprano); Julius Drake (piano). 2022. 71’36.Textes de présentation en anglais, textes chantés en allemand et anglais. Hyperion  CDA68169

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    C’est un très beau _ oui ! _ et généreux florilège du lied schubertien que nous offrent ici l’excellente mezzo Alice Coote et son non moins excellent compatriote et partenaire (on n’ose utiliser ici le terme d’accompagnateur), le subtil Julius Drake _ excellents, et même parfaits, tous deux, en ensemble, dans leur admirable perception de l’idiosyncrasie schubertienne : à saluer bien bas !

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    La mélodie schubertienne n’a cessé d’attirer les plus grands chanteurs depuis l’aube de l’enregistrement sonore _ en effet _, et il est _ très _ bon – même si certains garderont pour toujours une indéfectible allégeance à certains interprètes d’un passé plus ou moins récent – de voir comment une des meilleures vocalistes de la génération moyenne aborde ce type de répertoire aujourd’hui _ mais oui !

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    Autant l’annoncer tout de suite, cette parution est une très belle réussite _ oui ! D’abord, par sa programmation intelligente qui mélange avec intérêt certains des Lieder les plus connus de l’auteur (Le Roi des Aulnes, La Jeune fille et la Mort, la célébrissime Sérénade) avec d’autres connus  ou moins connus, comme la Litanei über das Fest Aller Seelen (Litanie sur la Fête de Toussaint).

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    La mezzo britannique qui met son beau timbre soyeux _ oui _ au service de ce genre si piégeux qu’est le lied trouve avec un naturel confondant _ mais oui ! _ un heureux moyen terme _ oui, un très juste équilibre, en effet… _ entre la priorité accordée au beau chant ou celle à conférer à la déclamation dramatique plutôt qu’à la ligne mélodique. Sur le plan purement vocal, Alice Coote fait valoir un magnifique mezzo aux couleurs claires _ lumineusement et délicatement claires ! _ et aux registres homogènes _ voilà _ ainsi qu’une maîtrise technique irréprochable _ en  effet. Articulant toujours avec soin _ oui : comme c’est absolument nécessaire _, elle fait entendre parfaitement _ oui ! _ chaque mot des poèmes, impeccablement enchâssés dans une ligne mélodique menée, grâce à une respiration  parfaitement _ oui ! _ maîtrisée, avec une grande sûreté et sans la moindre distorsion _ toutes ces appréciations sont de la plus grande justesse… Qui plus est, elle se montre fine et sensible interprète d’une musique dont elle saisit le caractère d’intimité _ oui _ et de confidence _ oui _ à la perfection _ voilà. Si son approche générale est de ne pas faire de ces morceaux des mini-drames, elle se hasarde cependant à jouer les quatre protagonistes du Roi des Aulnes – le narrateur, l’enfant, le père et le Roi – en variant habilement son timbre pour chacun d’entre eux, mais sans _ jamais _ tomber dans la caricature.

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    De même, Alice Coote évite tout sentimentalisme _ oui _ dans la Sérénade rendue avec beaucoup d’élégance mais sans le moindre sentimentalisme, et elle est également sensible à l’agitation de Rastlose Liebe ou à l’entrain de Der Musensohn.

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    Dans Auf dem Wasser zu singen, elle rend très bien – parfaitement aidée par Julius Drake, partenaire aussi _ merveilleusement _ attentif qu’imaginatif –  le balancement du bateau comme le flux et le reflux de l’eau. La chanteuse se montre particulièrement prenante dans l’hymne panthéiste qu’est le splendide et profond Im Abendrot, sur un poème du peu connu Karl Lappe.

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    On l’aura compris: ce disque – dont on se demande d’ailleurs pourquoi Hyperion a attendu près de cinq ans pour le sortir – mérite _ absolument ! _ sa place dans la discothèque de tout amateur du genre.

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    Son 10 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 9

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    Un admirable lumineux CD, donc,

    et tout à fait indispensable !

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    Ainsi qu’à conseiller à qui désire découvrir en toute sa palette et intime évidence le sublime génie du lied de Schubert !

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    D’Alice Coote,

    je possède le très beau _ et lumineux et tendre, lui aussi _ CD Hyperion CDA67962 « L’Heure exquise _ A French Songbook« , avec le piano de Graham Johnson, enregistré en octobre 2012…

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    Ce lundi 15 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se réenchanter à des chefs d’oeuvre interprétés de frais : de Schubert (II), le « Schwanengesang », par Julian Prégardien et Martin Helmchen (double CD Alpha 748)

    Après le second volet _ le Quintette à cordes avec 2 violoncelles D. 956_ du double CD Alpha 748,

    et l’appréciation qu’y porte Matthieu Roc, sur ResMusica,

    proposée en mon article d’avant-hier (« « ),

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    voici que ce jeudi 19 janvier 2022,

    c’est Jean-Charles Hoffelé qui consacre la chronique de ce jour sur Discophilia, au premier volet de ce double CD Alpha 748 :

    le Schwanengesang D. 957, magistralement porté par le ténor Julian Prégardien et le piano de Martin Helmchen…

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    Pourquoi si tardivement ces deux articles  consacrés à de double CD paru cet automne ?

    De même que pourquoi si tard mes deux propres articles ?..

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    Parce que ces interprétations, magistrales, nécessitaient, pour être les plus justes possible, le temps de la maturation de l’écoute…

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    Voici donc cet article intitulé « La mort ?« …

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    LA MORT ?

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    D’un tempo filant, son piano comme une guitare, Martin Helmchen emporte à tout crin le ténor d’Evangéliste de Julian Prégardien, Ganymède certain de ne pas mourir dans l’étreinte de l’aigle Zeus, et lui distillant des charmes. Vite, on ne saurait mourir !

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    Mais la mort, c’est le Quintette, symphonie à cinq cordes, qui proclame son héros et le précipite au brasier, un Siegfried prêt au sacrifice dès la première rage des archets. Cet album nous cause d’Allemagne, noir, empoisonné, fatal ; au travers de Schubert, il convoque les affres d’un destin, celui d’une civilisation qui s’est exhaussée dans un imaginaire à jamais perdu hors des notes et des mots qu’il aura produits.

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    Ces deux disques nous parlent de la conscience historique que de jeunes interprètes, des Allemands d’aujourd’hui _ voilà : a-romantiques,  _, ont de leur âme, car outre-Rhin, l’âme est encore affaire de culture, on en rêverait en bord de Seine où la culture n’est plus qu’une _ inconsistante _ « manifestation »…

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    Mais ne dévions pas. Julian Prégardien et Martin Helmchen sectionnent leur Schwanengesang après Aufenthalt, qui est un avertissement, « Fliessen die Thränen » _ « Mes larmes coulent »... D’un côté _ Ludwig _ Rellstab et sa poésie du sentiment, jusqu’à la vaine révolte, de l’autre _ Heinrich _ Heine et ses vers déjà d’un autre monde. Entre, Martin Helmchen met la respiration d’une Romance sans parole _ de Felix Mendelssohn _, comme un regret d’un temps _ de  vie et heureux _ à jamais révolu.

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    Puis le Chant du cygne retentit à nouveau, les brumes, l’abîme, la voix blanchie face au double _ « Der Doppelgänger« … _, le sinistre défi de L’Atlas. Un mot encore, pour Julian Prégardien qui parvient (le sait-il seulement ?) à être à la fois de timbre Ernst Haefliger et de mot Peter Schreier _ probablement : le double compliment est d’importance.

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    Et puis, rincés, vidés, furieux peut-être, le noir Quintette vous engloutira dans son abyme _ mais implacablement a-romantique. Terminus.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    CD 1

    Franz Schubert (1797-1828)

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    Schwanengesang, D. 957
    Schwanengesang, D. 744
    Quintette pour cordes en ut majeur, D. 956

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    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)

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    Adagio non troppo (No. 3, extrait des « Lieder ohne Worte, Op. 30 »)

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    Fanny Mendelssohn-Hensel (1809-1847)

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    Schwanenlied (No. 1, extrait des « 6 Lieder, Op. 1 »)

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    Julian Prégardien, ténor
    Martin Helmchen, piano

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    CD 2

    Franz Schubert

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    Quintette pour cordes en ut majeur, D. 956

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    Christian Tetzlaff, violon
    Florian Donderer, violon
    Rachel Roberts, alto
    Tanja Tetzlaff , violoncelle
    Marie-Elisabeth Hecker, violoncelle

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    Un album de 2 CD du label Alpha Classics 748
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    Photo à la une : le ténor Julian Prégardien – Photo : © Peter Rigaud

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    Ce mercredi 19 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se réenchanter à des chefs d’oeuvre réinterprétés de frais : le Quintette à cordes avec 2 violoncelles D. 956 de Schubert, par Christian Tetzlaff, Florian Donderer, Rachel Roberts, Tanja Tetzlaff et Marie-Elisabeth Eckert (CD Alpha 748) _ ou la sublime transparence invisible rendue idéalement sensible…

    Il y a maintenant longtemps que j’apprécie le jeu vivantissime, direct et justissime du violoniste Christian Teztlaff _ et tout spécialement  dans ses interprétations de musique de chambre, comme à l’annuel Festival Spannungen (im Kraftwerk Heimbach).

    Ainsi, et simplement pour commencer, peut-on se reporter à l’indispensable coffret Avi-music 8553100 de 14 CDs de Concerts-live, là, de 1999 à 2006 ; cf là-dessus mon article du 14 novembre 2010 : …

    Mais bien d’autres CDs d’enregistrements avec Christian Tetzlaff à ce Festival Spannungen, ont suivi.

    Et je ne dis rien ici des divers CDs enregistrés plus récemment par Christian Tetzlaff, en soliste aussi, pour l’excellent label finnois Ondine…

    Voici donc ces liens-ci à d’autres articles, à propos de bien des très remarquables CDs enregistrés Live au Festival Spannungen au fil des années,

    en date des 17 octobre 2009 (),

    13 janvier 2018 (),

    2 novembre 2018 (),

    3 novembre 2018 (),

    3 septembre 2019 ()

    et 31 octobre 2019 ()…

     

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    Or voici qu’au mois d’octobre 2021 dernier,

    est paru un stupéfiant double CD (Alpha 748) consacré à quelques œuvres ultimes de Franz Schubert :

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    d’une part, pour un premier CD, les Lieder réunis posthumément sous le titre de « Schwanengesang« , interprétés ici par le ténor Julian Prégardien et le pianiste Martin Helmchen ;

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    et, d’autre part, pour le second CD, le sublimissime Quintette à cordes avec deux violoncelles D. 956, interprété ici par les violonistes Christian Tetzlaff et Florian Donderen, l’altiste Rachel Roberts, et les violoncellistes Tanja Tetzlaff et Marie-Elisabeth Hecker…

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    En une interprétation splendide et nette, bouleversante en son a-romantisme parfaitement bienvenu ;

    qui renouvelle complètement l’écoute de ce singulier sublime chef d’œuvre

    ainsi lumineusement dépoussiéré…

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    Voici ce qu’en dit excellemment Matthieu Roc, en sa chronique de ResMusica de ce dimanche 16 janvier 2022.

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    L’article est intitulé « Chant du Cygne et Quintette à cordes : un Schubert ultime et étonnamment proche« .

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    Réunir dans le même album Schubert _ le double CD Alpha 748 _ un cycle de Lieder et le Quintette à cordes en ut peut paraitre étrange, commercialement parlant. Mais de fait, le projet se justifie assez bien _ cf la présention qu’en propose, aux pages 8 à 10, et sous le titre de « La Virgule fantôme« , le regretté Jacques Drillon (décédé le 25 décembre 2021)... _, et de deux manières.

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    D’abord, il s’agit d’écritures parmi les toutes dernières de Franz Schubert, son chant du cygne personnel en quelque sorte _ voilà _ : le Quintette en ut a été composé deux mois avant sa mort _ le 19 novembre 1828, à Vienne _, et les Lieder du recueil Schwanengesang ont été rassemblés par son éditeur _ Tobias Haslinger _ quelques mois après _ en 1829. On nous le présente ici redéployé en deux cycles plus petits mais plus cohérents : un cycle pour les poèmes de Ludwig Relistab, un autre sur ceux de Heinrich Heine, encore prolongé par une délicieux Lied de Fanny Mendelssohn, lui aussi sur un texte de Heine.

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    Le deuxième élément d’unité du programme réside dans l’interprétation de ces deux œuvres, qui présente une identité de vue commune _ oui _, à la fois étonnante et tout à fait convaincante. Aussi bien le Schwanengesang que le Quintette en ut nous sont livrés dans une lecture d’une précision aiguë _ oui _, avec une urgence de vivre envers et contre tout _ oui _, et en même temps, dans une sorte de distanciation _ a-romantique, donc… _ vis-à-vis des émotions. On peut donc enfin écouter ces pièces sublimissimes sans avoir ni la larme à l’œil ni le ventre noué, et pourtant, on est entièrement absorbé par le déroulement des états d’âme du mythique « Wanderer », par leur vérité criante, ou par les éclairages et nuages du Quintette. Cette subversion de l’émotion _ musicalement transcendée _ est pour le moins inhabituelle. Elle nous fait rencontrer un Schubert qui aurait dépassé son propre romantisme _ voilà _, et qui aurait entendu Olivier Greif et Thomas Adès. Un Schubert de notre temps, plus lucide et plus fraternel _ plus proche, donc, en un sens _, mais aussi plus exigeant que jamais _ oui…

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    Julian Prégardien a une voix qui n’est ni excessivement belle ni excessivement puissante, mais il dispose de tous les talents pour être un prodigieux chanteur de Lieder, et il le montre. Sa palette de couleur est assez restreinte, plutôt mate, mais il en joue pleinement, avec tact, et avec une intelligence des textes remarquable _ voilà. Il a une façon de tendre ses lignes, d’ombrer sa voix, de jouer des nuances qui lui permet de dépeindre les paysages et les climats, aussi justement que les émotions les plus subtiles _ voilà. Dans In der Ferne, il arrive à exprimer une déréliction inouïe. Rien que ce lied-là, chanté de la sorte, met en abyme toute la Belle meunière et le Voyage d’hiver réunis. Le Ständchen qui suit se positionne au-delà de toutes les antinomies crucifiantes (espoir/désespoir, joie/tristesse, éros/thanatos…) et, comme le Leiermann, ouvre des horizons métaphysiques. Le lied Am Meer (un autre exemple… mais tous seraient à décrire) est une merveille : les espaces d’eau et d’air deviennent si immenses qu’on se sent physiquement seul et dénudé. Die Stadt, fascinant d’obscurité lumineuse, prend une proximité troublante avec Pfizner et Berg _ oui. Ce deuxième mini-cycle sur les textes de Heine est particulièrement pertinent dans sa modernité, borné d’abord par le Lied _ intitulé « Schwanengesang« … _ D. 744 de Schubert et en fin, par le Schwanenlied de Fanny Mendelssohn. Ce concentré de poésie et d’analyse du désespoir culmine avec un Doppelgänger presque schumannien, mais qui dépasse la tentation de la schizophrénie en la dissolvant dans l’hyper-lucidité. C’est peu dire que Martin Helmchen soutient parfaitement son ténor. L’identité de vue des deux artistes est totale _ oui _, jusqu’à pouvoir échanger les fonctions : l’un pleure ou crie quand l’autre décrit, l’un colore quand l’autre détimbre, etc., et alternativement. Un ravissant Lied ohne Worte _ de Felix Mendelssohn _ pour piano seul démontre, s’il en était besoin, la sensibilité et la délicatesse extrêmes _ oui _ de Martin Helmchen. Après six écoutes consciencieuses et une ré-écoute des géants du XXᵉ siècle (Hotter, Andres, Raucheisen…), il faut bien lâcher le mot : nous sommes devant une interprétation géniale, et en même temps, une reconstruction adroite du Schwanengesang de Schubert.

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    Cette publication – à ne manquer sous aucun prétexte – est encore enrichie par une version du Quintette en ut qui est au même niveau d’excellence. Là aussi, pas d’hédonisme sonore, et pas de complaisance _ non plus. Là aussi, une rigueur et une précision extrêmes _ voilà _, dans le geste comme dans la recherche de sens. Là aussi, une finesse de ligne proche de la rupture _ oui _ et une transparence de son à la limite de l’invisible _ oui, oui… Christian et Tanja Tetzlaff entraînent leurs collègues Florian Donderer, Rachel Roberts et Marie-Elisabeth Hecker dans leur fougue _ a-romantique _ et leur cohésion d’ensemble _ oui. L’Allegro impose le choix de la lecture : exigence et transparence. L’Adagio, si propice aux écartèlements émotifs, s’en détourne et nous emmène dans la sérénité, comme un merveilleux nocturne doucement trans-illuminé. Le Scherzo retentit comme une manifestation de joie, ou du moins comme une réconciliation, qui devient le plus naturellement du monde une danse dans l’Allegretto. Un Schubert renouvelé, essentiel, et indispensable _ c’est cela.

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    Franz Schubert (1797-1828) :

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    Schwanengesang D. 744 ;

    13 Lieder parmi les 14 du Schwanengesang D. 957 ;

    Quintette à cordes D. 956.

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    Félix Mendelssohn (1809-1847) :

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    Lied ohne Worte op. 30 n° 1.

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    Fanny Mendelssohn (1805-1847) :

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    Schwanenlied.

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    Julian Prégardien, tenor ; Martin Helmchen, piano ;

    Christian Tetzlaff, violon ; Florian Donderer, violon ; Rachel Roberts, alto ; Tanja Tetzlaff, violoncelle ; Marie-Elisabeth Hecker, violoncelle.

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    2 CD Alpha.

    Enregistrés en juin et octobre 2020 dans la Sendesaal à Brême, Allemagne.

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    Présentation (de Jacques Drillon) et textes en allemand, français et anglais.

    Durée totale des 2 CDs : 113:14

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    Un double album incontournable !!!

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    Ce dimanche 16 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En forme de Voeu Musical pour l’année 2022 : écouter Boris Berman jouer Johannes Brahms…

    En forme de bon vœu musical pour l’année 2022,

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    écouter-regarder la vidéo _ reçue d’Éric Rouyer le 18 décembre dernier _ de Boris Berman (d’une durée de 6′ 21) jouant la Chaconne de la Partita n° 2 en ré mineur de Johann-Sebastian Bach, transcrite pour piano, et la seule main gauche, par Johannes Brahms,

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    en avant-première d’un CD musical à paraître courant 2022 dans l’excellent label du Palais des Dégustateurs,

    en un programme qui comportera, outre cette pièce,

    et toujours de Johannes Brahms :

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    les Variations op 21 n°1 et n°2 ;

    l’Albumblatt, une pièce découverte et authentifiée en 2012 ;

    ainsi que la transcription pour piano de Variations extraites du Sextuor à cordes op. 18.

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    Un programme qui a été enregistré le 7 décembre 2021 au Couvent des Jacobins de la Maison Louis Jadot à Beaune.

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    Et hier 1er janvier 2022, Éric Rouyer, par courriel, m’a aussi adressé ceci :

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    Pour démarrer l’année _ 2022 _, une critique érudite d’un musicologue sans complaisance mais intègre _ Hervé Pennven _ qui ne sélectionne qu’un seul disque par mois _ dans le sommaire du n° 343 de la revue La Nef : à propos du CD Haydn-Schubert de Boris Berman, le CD PDD 025 du Palais des Dégustateurs.

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    Avec mes meilleures pensées pour cette nouvelle année 2022.

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    Éric Rouyer

     

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    Grand merci

    pour ces magnifiques réalisations !!!

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    Ce dimanche 2 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa