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  • Ressentir le sublime du CD « Reynaldo Hahn Poèmes & Valses » de Pavel Kolesnikov : mon enthousiasme du 2 juillet dernier rejoint ce 11 août 2022 par l’enthousiasme de Jed Distler sur ClassicsToday.Com : un événement discographique absolument exceptionnel !..

    En procédant ce jeudi 11 août 2021 à ma revue quotidienne de mes sites musicaux et discographiques préférés du Web,

    j’ai le plaisir de constater que l’enthousiasme de mon article «  » du 2 juillet dernier

    vient d’être rejoint et partagé par Jed Distler sur l’excellent site Resmusica, en un bel article archi-significatif, intitulé, lui, « Heavenly Hahn from Pavel Kolesnikov« ,

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    que voici :

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    Heavenly Hahn From Pavel Kolesnikov

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    Review by: Jed Distler

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    71ECCyoTfhL._SL1200

    Artistic Quality: 10

    Sound Quality: 10

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    Most pianists who’ve recorded all or some of the 53 piano miniatures encompassing Reynaldo Hahn’s Le rossignol éperdu understandably emphasize the music’s inherent charm. By contrast, Pavel Kolesnikov searches for and often achieves profundity _ voilà ! He does this by way of generally slower tempos that lend themselves to a wide palette of dynamic gradations, variety of touch, and rapturous long-lined legato. Kolesnikov’s soft introduction to the opening selection Frontispice presages the interpretation’s brooding and muted subtext, while the closing selection Ouranos conveys a transparent, almost disembodied sound-world unmatched by other recordings of this piece. On the other hand, Les noces du duc de Joyeuse takes deliciously playful and supple wing, as do the rapid figurations in La fête de Terpsichore.…

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    Indeed, each of Kolesnikov’s 19 selections from this cycle are models of interpretive refinement and sensitivity _ oui. Similarly, Kolesnikov elevates six admittedly salon-ish pieces from Hahn’s Prèmieres valses to high art ; listen to Ninette’s staggeringly controlled downward scales, Valse noble’s soaring grandeur, or notice the perfect alignment and articulation of No. 6 _ Assez vite _ ‘s speedy figurations and you’ll agree. In short, there’s no better Reynaldo Hahn piano collection on the market _ en effet ; et c’est incontestable ! Atypical of Hyperion, the booklet notes offer fanciful commentary from the pianist _ oui : et j’en ai cité de marquants extraits en mon propre article du 2 juillet dernier… _ rather than useful composer/repertoire information.

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    Recording Details:

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    Album Title: Poèmes & Valses
    Reference Recording: Le Rossignol éperdu (complete) : Earl Wild (Ivory Classics)
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    • HAHN, REYNALDO:
      Le rossignol éperdu (excerpts) ; Premières valses (excerpts)
    • Pavel Kolesnikov (piano)

     

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    J’ajoute ici que cet article-ci de Jed Distler m’a appris l’existence d’un double CD _ paru chez le label Ivory Classics : 72006 _ de l’intégrale des 53 pièces du Rossignol éperdu de Reynaldo Hahn par le magnifique pianiste virtuose qu’a été Earl Wild (Pittsburgh, 26 novembre 1915 – Palm Beach, 23 janvier 2010),

    un double CD paru en décembre 2001…

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    Le merveilleux Pavel Kolesnikov, né à Novosibirsk en 1989, lui, vit à Londres…

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    Écoutez-ici les 17′ 26″ des 6 pièces des « Premières Valses » de Reynaldo Hahn  _ Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1947 _ figurant sur ce miraculeux CD Hyperion  CDA68383…

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    En comparant les pièces du Rossignol éperdu par Earl Wild telles qu’elles sont accessibles sur you tube,

    et les interprétations de Pavel Kolesnikov en son récent CD Hyperion,

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    je dois dire c’est bien sous les doigts enchantés de Pavel Kolenikov que se découvre et se rencontre en l’éclat simple et vertigineux de tout son mystère le génie tout pur de Reynaldo Hahn…

    Et avec quelle somptueuse évidence !

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    Ce CD miraculeux est un événement discographique absolument exceptionnel…

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    Ce jeudi 11 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’alchimie rendue évidente, solaire, de la sublime pureté ravélienne en le velours subtil de ses secrets, ou une révélation : une batterie d’éloges sur l’éclat jubilatoire du CD Roth-Tiberghien-Degout comportant la merveille des 2 Concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel…

    Ce samedi 30 juillet 2022,

    je consacre une troisième fois un article de mon « En cherchant bien » à l’admirable réalisation, pour Harmonia Mundi,  du CD « Maurice Ravel Concertos pour piano Mélodies« , le CD HMM 902612 des Siècles, avec Cédric Tiberhien et Stéphane Degout, sous la baguette de François-Xavier Roth.

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    Mes deux articles précédents, «  « et «  », dataient du 12 août 2020 et du 31 mai 2022.

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    En y ajoutant l’article de Jean-Charles Hoffelé, en son Discophilia, « Vers le sombre «, en date du 28 mai 2022 ;

    et celui de Patrice Lieberman, sur Crescendo, « Ravel plus magique que jamais, avec Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et Les Siècles « , en date du 24 juin 2022…

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    Ce soir, 30 juillet, c’est l’article de Matthieu Roc intitulé « Stéphane Degout, Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et Les Siècles dans Ravel «, paru le 27 juillet dernier sur le site de ResMusica,

    que je tiens à citer ici… :

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    François-Xavier Roth poursuit chez Harmonia Mundi son exploration de répertoire ravélien, avec le Concerto pour la main gauche, le Concerto en Sol, et la Pavane pour un Infante défunte. Mais le fil conducteur de ce disque est le piano de Cédric Tiberghien, qui accompagne aussi Stéphane Degout dans un florilège de mélodies.

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    Le programme commence avec un éblouissant _ voilà qui d’entrée est dit _ Concerto en Sol, explosif de joie, de couleurs, de contrastes enivrants _ voilà _ dans l’Allegramente. Les couleurs magnifiques _ oui _ de l’ensemble Les Siècles et ses splendides instruments d’époque _ c’est bien sûr important… _, le piano boisé et distingué (un merveilleux Pleyel de 1892) sous les doigts enchantés de Cédric Tiberghien _ oui, oui, oui _ nous entraînent vers l’ivresse _ ravélienne. L’introspection sereine et progressivement fantasque _ voilà : beaucoup de Ravel est là aussi, dans ce glissement à la fois contrôlé et éclaté… _ de l’Adagio assai nous reconduit tout naturellement vers l’espièglerie déjantée _ oui _ du Presto. Une interprétation ébouriffante et régénérante _ les deux.

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    La Pavane pour une infante défunte est insérée à mi-parcours, pour varier un peu l’écoute parmi les mélodies pour baryton et piano. Cédric Tiberghien y démontre comme on peut y être dansant, brillant, voire étincelant _ oui  _ tout en restant dans un registre nostalgique et méditatif _ vers le sombre... Un modèle d’équilibre, qui regarde moins vers Chabrier (Ravel dixit) que vers les Gymnopédies de Satie _ sans jamais y céder : seulement un regard…

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    Le Concerto pour la main gauche est encore l’occasion de jouer des contrastes _ oui _, de la brillance _ ravélienne _, des couleurs _ toujours. À partir des douleurs sombres des premiers accords _ voilà _, émerge progressivement une exubérance flamboyante qui les transcende et les balaye _ à la Ravel, profondément. La joie du son l’emporte _ voilà _ sur la souffrance et la mutilation, et c’est bien le sens de cette œuvre magnifique _ pour Paul Wittgenstein _ qui est exalté. Rien de lugubre ni de macabre _ assez aux antipodes de Ravel, en effet. Des interrogations, certes, même des tâtonnements _ oui _ admirablement rendus (l’Andante), mais les réponses sont tellement éclatantes et jouissives ! _ c’est tout à fait cela ; ou l’idiosyncrasie ravélienne… Encore une grande réussite pour François-Xavier Roth, qui sent la pulsation _ oui, vibrante _ de cette musique de Ravel comme personne, et qui sait y jouer des couleurs, des nuances _ voilà _ avec un bonheur réellement communicatif.

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    La virtuosité jusqu’au-boutiste de Cédric Tiberghien se ressent aussi dans l’accompagnement des mélodies chantées par Stéphane Degout. Leurs esthétiques peuvent paraître complètement différentes _ certes, au départ de leur inspiration _ : autant Tiberghien va à fond dans son expressivité avec un toucher chantant, percussif, autant Degout semble gourmé, concentré sur sa ligne et les intentions qu’il veut donner à son phrasé. Et pourtant, ces deux discours se superposent très bien et s’enrichissent mutuellement _ oui. Les Don Quichotte à Dulcinée font pleurer dans sa chanson épique et rire dans la chanson à boire. Tiberghien donne une dimension cosmique à la prière, et décrit l’ivresse et les éructations de Don Quichotte avec un humour digne des Marx brothers. Stéphane Degout est évidemment parfait _ comme toujours : quel chanteur ! _ de noblesse, de grandeur et d’émotion à la fois contenue et délirante _ encore un trait éminemment ravélien.

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    Le sommet est atteint dans le Kaddish, morceau de bravoure ô combien difficile, donné ici en araméen et avec accompagnement de piano. Stéphane Degout réussit à ne pas trop prendre sa stature de prophète (ce qui lui serait pourtant facile), et à rester orant, concentré sur le sens de ce texte antique et admirable, prière de deuil et action de grâce. Les vocalises de la fin, faciles pour cet ancien baroqueux, rayonnent d’espoir _ oui _, et la louange exprimée est proprement admirable _ absolument.

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    Sainte et les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé sont au même niveau dans ce programme riche et varié. Réellement, un disque exemplaire _ voilà _ : tous les interprètes y excellent, et Ravel triomphe _ oui, oui, oui.

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    Maurice Ravel (1875-1937) :

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    Concerto en Sol M. 83 ;

    Pavane pour une infante défunte M. 19 ;

    Concerto pour la main gauche M. 82 ;

    Don Quichotte à Dulcinée M. 8441 ;

    Deux Mélodies hébraïques A. 22 ;

    Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé M. 64 ;

    Sainte M. 9.

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    Cédric Tiberghien, piano Pleyel 1892 ;

    Stéphane Degout, baryton ;

    ensemble instrumental Les Siècles, direction : François-Xavier Roth.

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    1 CD Harmonia Mundi.

    Enregistré en décembre 2020 et septembre 2021 à la Philharmonie de Paris.

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    Livret en français et en anglais.

    Durée : 73:54

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    Une réalisation discographique qui fait pleinement honneur au génie musical singulier et si personnel de Ravel,

    homme aussi ferme et discret en sa vie que compositeur parfait à l’œuvre et en son œuvre. 

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    Et c’est par de telles splendides réussites musicales discographiques que le fascinant mystère Ravel révèle, peu à peu, lentement, à nous qui l’admirons, ses pudiques, discrets et suprêmement élégants, secrets…

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    Rendons grâce à ces musiciens et à leurs performances travaillées et inspirées, qui nous les font, ces subtils secrets, pas à pas, approcher, et délicatement musicalement, avec raffinement, mais sans maniérismes, solairement, comme ici, jouir de leur alchimie naturelle, spontanée, et tellement évidente en sa pureté ravélienne ainsi à la perfection révélée…

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    Ce samedi 30 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jouir de tout le piquant piano de Bela Bartok, par le jeu merveilleux de Zoltan Kocsis…

    Sur la lancée de mon article d’hier, « « ,

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    je me suis jeté, avec une gourmandise jubilatoire, dans l’écoute des 8 CDs de extraordinaire coffret Philips « Zoltan Kocsis plays Bartok » _ 475 6720 _, dans l’œuvre pour piano seul du maître (Nagyszentmiklos, 25 mars 1881 – New-York, 26 septembre 1945)…

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    Soit un voyage musical passablement dépaysant,

    et merveilleux,

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    par la double grâce du génial compositeur, si singulier, et de son génial interprète (Budapest, 30 mai 1952 – Budapest, 6 novembre 2016), si magnifique…

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    Ce samedi 9 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un « Ravel plus magique que jamais », celui de François-Xavier Roth et les Siècle, Cédric Tiberghien et Stéphane Degout, justement célébré en sa lumineuse évidence par Crescendo…

    Pour continuer l’élan Ravel de mon article d’hier «   » ;

    ainsi que mes articles «  » du 31 mai 2022 ;

    « « , du 12 août 2020 ;

    et «  » du 27 mars 2018 ;

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    voici un nouvel article très justement enthousiaste,

    intitulé « Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et les Siècles« ,

    sur le blog Crescendo, et sous la signature de Parice Lieberman, en date d’hier 24 juin 2022,

     

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    célébrant le bonheur évident du merveilleux CD « Maurice Ravel Concertos pour piano Mélodies » _ le CD Harmonia Mundi HMM 902612.

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    Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, Francois-Xavier Roth et Les Siècles

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    LE 24 JUIN 2022 par Patrice Lieberman

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    Maurice Ravel(1875-1937) : Concerto pour piano, Concerto pour la main gauche, Pavane pour une infante défunte, Mélodies. Cédric Tiberghien, piano ;  Stéphane Degout, baryton, Les Siècles, direction : François-Xavier Roth. 2022.  73’52 – Textes de présentation en français et anglais.  Harmonia Mundi HMM 902612

     

     

     

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    Ce n’est pas tous les jours qu’un nouvel enregistrement vient revendiquer une place en haut de classement dans une discographie aussi riche que celle des concertos pour piano de Ravel _ de fait…  Est-ce à dire que le collectionneur devrait se débarrasser des précieuses versions Michelangeli/Gracis et Argerich/Abbado du Concerto en sol ? Ou du témoignage historique de Perlemuter/Horenstein ? Ou des deux gravures dirigées par Pierre Boulez avec en solistes Krystian Zimerman et Pierre-Laurent Aimard (ce dernier parfait dans le Concerto pour la main gauche, mais un peu guindé dans celui dit en sol) ? Ou des excellents Collard/Maazel ? Certes, non. Mais cette nouvelle version est désormais à compter au nombre des meilleures _ voilà.  D’autant plus, qu’elle propose le premier enregistrement des éditions révisées Ravel Edition de ces deux partitions concertantes _ oui _, éditions révisées auxquelles Cédric Tiberghien a pris part comme membre du comité de lecture.  Une évidence musicale et éditoriale !

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    Ce qui fait si fortement pencher la balance en faveur de ce nouveau venu, c’est l’extraordinaire clarté _ oui ! _ et la mise en avant des inouïes richesses orchestrales de ces partitions obtenues par la direction fouillée et analytique (mais certainement pas clinique) du chef _ oui ! _, alliée aux superbes timbres des instruments d’époque _ voilà ! _, à commencer par les fabuleuses sonorités des vents, si authentiquement français _ c’est très juste. Si on y ajoute la chaleur des cordes en boyau des archets des Siècles et l’oreille infaillible du chef, on obtient un tissu orchestral d’une rare transparence _ oui _ qui permet mieux que jamais d’apprécier l’originalité de l’écriture et de l’instrumentation de Ravel _ les deux ! _, écrin parfait pour un soliste tout simplement inspiré _ lui aussi.

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    La prestation de Cédric Tiberghien serait d’ailleurs remarquable sur un piano actuel, mais le choix d’un beau Pleyel « Grand Patron » de 1892 (hélas, non représenté dans l’excellent livret) est vraiment à saluer _ parfaitement ! Le caractère et la sonorité de cet instrument sont à mille lieues des monstres de puissance et d’homogénéité que sont devenus les pianos de concert contemporains. On est charmé ici par la clarté _ oui, oui _ de l’instrument, par ces basses sans lourdeur, ce médium soyeux, ces aigus cristallins et légèrement percussifs si typiques de ce grand facteur. C’est ainsi que dans l’Adagio assai du Concerto pour piano, le timbre de l’instrument permet d’éviter la lourdeur mécanique qu’on constate si souvent à la main gauche dans le soliloque d’ouverture du piano que Tiberghien construit -comme l’ensemble du mouvement- avec patience, délicatesse et imagination _ oui. Et que dire des superbes interventions des vents dont l’imbrication avec le piano est tout simplement parfaite ? Magnifiquement joué par Stéphane Morvan, le cor anglais Lorée de 1890 -ni nasillard, ni trop vibré- dialogue merveilleusement avec le soliste. Mais tant d’autres détails sont perçus avec une totale clarté _ encore _, comme les harmoniques de harpe qui semblent venues d’un autre monde dans un premier mouvement où à certains moments l’orchestre sonne comme un gamelan. La façon dont les bois, vifs et moqueurs, dialoguent avec un piano hyperactif et transparent dans le Presto est un régal _ absolument délectable. 

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    Toutes les qualités du soliste, de l’orchestre et du chef se retrouvent bien sûr également dans le Concerto pour la main gauche. Dès l’entrée menaçante du contrebasson, la transparence des timbres orchestraux est une merveille. Après l’introduction cataclysmique menée de main de maître par Roth, Tiberghien saura tout au long de l’œuvre faire preuve autant de fermeté que de délicatesse  _ les deux _ (et le beau Pleyel n’y est pas pour rien _ en effet ! _), et ce jusqu’à l’apothéose finale de l’œuvre.

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    Après avoir brillé dans les concertos, Cédric Tiberghien offre en guise de bis la si galvaudée Pavane pour une infante défunte, rendue ici avec dans une atmosphère de rêverie un peu parfumée _ oui _ quoique sans minauderie aucune.

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    Le pianiste se montre aussi un accompagnateur de choix pour le baryton Stéphane Degout -invariablement viril, ferme _ oui _, à la voix chaude _ et grave _, à l’articulation claire _ toujours, comme c’est absolument nécessaire… _ et au vibrato bien mené- dans trois cycles de mélodies de Ravel. Dans Don Quichotte à Dulcinée, on apprécie particulièrement la belle réussite des artistes dans l’hispanisante Chanson à boire qui clôture le cycle. Les Deux Mélodies hébraïques sont autant de réussites. Le Kaddisch est interprété avec beaucoup de dignité et en évitant l’émotion facile, alors que l’Enigme éternelle est rendue avec une vraie simplicité dépourvue de toute ironie.

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    Stéphane Degout aborde les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé _ ces chefs d’œuvre… _ sans préciosité dans ce cycle destiné à l’origine à une mezzo-soprano, alors que Tiberghien ne fait pas vraiment regretter l’ensemble de neuf musiciens de la partition originale, surtout dans l’exquis halo de piano _ oui _ de Soupir. Et c’est sur la belle mélodie de jeunesse Sainte (toujours sur texte de Mallarmé) que les deux complices mettent le point final à une superbe _ et enthousiasmante, voilà ! _ parution.

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    Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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    Patrice Lieberman

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    Bravo, et un très grand merci !

    Le génie ravélien est ici parfaitement offert à percevoir, en sa plus lumineuse évidence, ombres comprises, à notre écoute…

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    Ce samedi 25 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa