Étiquette : Girolamo Frescobaldi

  • Ferrare pour mémoire, avec Frescobaldi : une bienvenue contribution de Frédéric Muñoz…

    Avec ce très remarquable article de l’excellent Frédéric Muñoz :

    « Girolamo Frescobaldi, le prince de Ferrare, fête ses 440 ans« …

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    Girolamo Frescobaldi, le prince de Ferrare, fête ses 440 ans

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    Né en 1583, à l’époque charnière de la fin de la Renaissance, apparait comme l’un des plus grands maitres du clavier en Europe à l’orée du baroque, marqué intensément par le premier tiers du XVIIᵉ siècle. Sa renommée dépassera la péninsule italienne, et il deviendra le maitre de nombreux claviéristes tels Froberger, Tunder, Kerll, un savoir qui s’entendra jusqu’à Johann Sebastian Bach.

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    Sa naissance à Ferrare en 1583 et ses premières années de musicien

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    vient au monde le 13 septembre. Très tôt il découvre la musique auprès de Luzzasco Luzzaschi, célèbre compositeur représentant la fin de la Renaissance à qui l’on doit notamment des Madrigaux pour 1, 2 et 3 voix féminines connus sous le nom de Concerto delle dame di Ferrara. Vers l’âge de vingt ans, Frescobaldi se rend à Rome une première fois, puis à Bruxelles pour présenter et éditer sa première œuvre constituant un Livre de Madrigaux à 5 voix. Ce voyage jusque dans les Flandres lui a sans doute permis de rencontrer Jan Pieterzoon Sweelinck, surnommé « l’Orphée d’Amsterdam », autre immense musicien et disait-on faiseur d’organistes.

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    Sa vie à Rome au service du pape

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    Revenu à Rome après son voyage dans les Flandres, Girolamo Frescobaldi prend, à 25 ans, ses fonctions à la Basilique Saint-Pierre en octobre 1608 auprès du pape Urbain XVIII. Il joue également dans la cathédrale Saint-Jean de Latran, résidence de l’évêque de Rome (le pape) qui possède un orgue monumental de 24 pieds en montre construit par le facteur Luca Biagi en 1599. Cela ne l’empêche pas d’effectuer quelques séjours importants, chez les Gonzague à Mantoue et auprès du duc de Toscane, Ferdinando II ainsi que les Medicis à Florence. Vers 1610 il rencontre Claudio Monteverdi à Mantoue et envisage un temps de s’y installer, mais garde son poste d’organiste du pape à Rome. À nouveau il est attiré ailleurs et notamment à Florence en 1621 auprès de Ferdinand II de Médicis pour lequel il dédie un livre de Canzone. Finalement il revient une nouvelle fois à Rome où sa renommée est devenue internationale. C’est l’époque où il publie ses plus grands recueils, les Fiori musicali et les Livres de Toccate pour clavier. Frescobaldi demeure désormais définitivement à Rome, organiste officiel du Pape jusqu’à sa mort. On sait peu de choses sur ses dernières années, il meurt emporté par une fièvre en 1643, il est enterré dans la Basilique des Saints-Apôtres

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    L’œuvre d’un génie du clavier

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    L’œuvre musicale de Frescobaldi se distingue par un style très personnel, reconnaissable par ses capacités exceptionnelles de mélodiste évoquant souvent l’improvisation. Son discours se caractérise par le chromatisme et la dissonance, la modulation et les ruptures rythmiques. Il excelle dans le contrepoint et reste l’un des pères de la fugue classique. Essentiellement célèbre pour ses œuvres pour clavier, Frescobaldi laisse également divers recueils destiné au chant (Arie musicali, Madrigali, Motets et Messes).

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    Les recueils de compositions destinés au clavier se répartissent en sept Livres écrits entre 1608 et 1645, le dernier étant posthume. On y trouve les principales formes musicales de ce temps destinées au clavier soit pour une utilisation de type profane : Toccate, Canzoni, Balletti, Ciaconne, Passacagli, Ricercari, Capricci… ainsi que des Danses et Fantaisies, ou de type sacrée : Hymnes, Magnificat, Messes. Le clavecin est l’instrument idéal pour traduire ces textes notamment pour les œuvres à caractère profane. Parfois l’orgue est préférable pour des pièces où l’évocation liturgique est évidente : Toccate per l’Elevazione, Messes et Magnificat. De plus on remarque dans sa production l’existence de deux autres Livres de Canzoni pour ensemble d’instruments.

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    Son ouvrage le plus célèbre reste les Fiori Musicali (Fleurs musicales) datant de 1635 et comprenant trois Messes et pièces diverses. Cette œuvre majeure se situe dans ces années fastes du premier tiers du XVIIᵉ siècle qui a vu naitre les plus grands livres d’orgue en Europe. En effet cette époque charnière engendre un nouveau langage. En Allemagne Samuel Scheidt publie sa Tabulatura nova, Jehan Titelouze en France compose ses Hymnes et Magnificat, Francisco Correa de Arauxo édite à Alcalà de Henares sa Facultad organica. Autant de musiques savantes d’esprits supérieurs qui scellent une apogée dans l’écriture pour le clavier au début de la période dite baroque.

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    L’apport de la musique de Frescobaldi pour toutes les générations suivantes

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    De son vivant Frescobaldi instruit de nombreux élèves dont plusieurs allemands : Franz Tunder, Johann Caspar Kerll et le plus célèbre d’entre eux,  _ le magnifique _ Johann Jakob Froberger (1616-1667). Il se rend à Rome auprès de Frescobaldi en 1637 pour travailler durant plus de trois années. A l’instar de son maitre il compose dans les mêmes formes musicales qui en font le plus prestigieux successeur de Frescobaldi et l’un des plus grands maitres du clavier en Allemagne avant Johann Sebastian Bach. Ce dernier se procure un exemplaire en 1713, et s’en inspirera pour plusieurs de ses propres œuvres : Fugue, Canzone… D’autres compositeurs ont bénéficié de son influence dont Dietrich Buxtehude et toute l’école de l’Allemagne du Nord, d’où leur surnom de « Méridionaux du nord » portés par le fameux _ à très juste titre _ Stylus phantasticus. Le rayonnement de l’organiste papal ne faiblit pas au cours du temps et se verra ravivé avec le retour au baroque, initié dès les années 1950. Aujourd’hui, Frescobaldi occupe une place de tout premier rang pour les claviéristes _ oui, davantage que pour les mélomanes jusqu’ici _, tant au niveau de l’étude du clavier que pour sa place au concert et dans une discographie des plus abondante.

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    Crédit photographiques : Orgue de Saint-Jean de Latran © Frédéric Muñoz

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    Ce vendredi 6 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Encore et toujours l’étendue et la portée du tropisme ferrarais : une nouvelle pépite discographique du magnifique Francesco Corti, sur un clavecin de Philippe Humeau, son CD « Frescobaldi and the South », le CD Arcana A 547…

    Et toujours dans le rayonnement intense de l’insistant tropisme ferrarais,  voici une nouvelle pépite du prodige Francesco Corti au clavecin : le CD Arcana A 547 « Frescobaldi and the South« …

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    Alors que je possède depuis sa parution ce CD enchanteur (!),  j’ai pourtant attendu jusqu’ici de le chroniquer sur mon blog…

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    Mais voici que le toujours sagace Jean-Charles Hoffelé vient, lui, de le faire sur son très riche et très souvent pertinent site Discophilia, sous le tout simple intitulé « Méditerranée«  _ alors que la cité natale de Frescobaldi, la Ferrare des Este, sur un des bras secondaires du Pô, et dans la proximité brumeuse de son large delta, se trouve proche, elle, de l’Adriatique…

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    Voici donc ce très intéressant article « Méditerranée » :

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    MÉDITERRANÉE

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    La belle idée, faire pencher le romain Frescobaldi _ de naissance ferraraise, le 13 septembre 1583, et formé à Ferrare par le ferrarais Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607)… Et ce n’est qu’en sa 20e année, en 1603, que Girolamo Frescobaldi quitte Ferrare et vient s’installer à Rome… _ vers la pointe de la botte ! Evidemment Francesco Corti ne va pas prendre pour l’armature de son récital, dans le plus roide, le plus savant _ et austère _ des pages coulées de la plume de Frescobaldi. Capriccio, Gagliarda, Balletto _ imaginatifs… _ dament le pion aux quelques Toccatas choisies, brillantes, et enlevées comme tel par le geste leste du claveciniste aidé par les couleurs vermeilles d’un spectaculaire clavecin italien _ oui _ signé Philippe Humeau. _ bravissimo à lui aussi !

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    L’exubérance est bien le propos des auteurs napolitains _ dont le génialissime et éminemment singulier Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1513), qui a séjourné à Ferrare de 1594 à 1596 : en 1594, Gesualdo avait épousé en secondes noces Éléonore d’Este, sœur de Cesare d’Este, l’héritier présomptif du duc Alphonse II d’Este (Ferrare, 22 novembre 1533 – Ferrare, 27 octobre 1597) ; et de Carlo Gesualdo Luzzasco Luzzaschi a assurément profité ces années-là de la proximité musicale… _ , écoutez seulement la Toccata prima de Bernardo Storace ou l’explicite Consonanze stravaganti de Giovanni de Macque : partout, la danse s’invite _ oui ! _, et le brio réhausse jusqu’à la nostalgie (la Toccata nona de Frescobaldi). L’instrument, lui aussi, commande ce flot de lumière _ oui _ qui rendra la Battaglia si réaliste jusque dans l’effondrement de l’armure.

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    Passionnant _ comme à chaque fois ! _, Francesco Corti a ouvert grand la porte d’un autre monde du clavecin ultramontain, ce voyage mériterait _ assurément _ d’autres étapes.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Frescobaldi and the South.
    Intendomi chi può che m’intend’io

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    Girolamo Frescobaldi
    (1583-1643)

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    Toccata prima, F 2.01
    Toccata decima, F 2.10
    Partite sopra Ruggiero, F 2.15
    Capriccio sopra La Battaglia, F 2.31
    Balletto e ciaccona, F 2.32
    Gagliarda seconda, F 3.28
    Toccata nona « Non senza fatiga si giunge al fine », F 3.09
    Capriccio nono, di durezze, F 4.09
    Toccata settima, F 3.07
    Recercar con obligo di cantare la quinta parte senza tocarla, F 12.44*
    Gagliarda quinta, F 3.31
    Cento partite sopra passacagli, F 2.29

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    Giovanni de Macque (ca. 1550-1614)

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    Capriccio sopra re fa mi sol
    Consonanze stravaganti
    Prima Gagliarda (2 versions)

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    Rocco Rodio (ca. 1530-ca. 1620)

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    Terza ricercata

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    Scipione Stella (1558-1622)

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    Partita sopra la Romanesca

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    Francesco Lambardo (1587-1642)

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    Toccata
    Gagliarda

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    Michelangelo Rossi (ca. 1601-1656)

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    Toccata prima
    Corrente terza

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    Bernardo Storace (XVIIe siècle)

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    Ciaccona

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    Giovanni Salvatore (début XVIIe siècle-ca. 1688)

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    Canzon francese Seconda, del nono tuono naturale

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    Luigi Rossi (ca. 1597-1653)

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    Passacaille del seigr. Louigi

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    Francesco Corti, clavecin
    Andrés Locatelli, flûte à bec

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    Un album du label Arcana A547
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    Photo à la une : le claveciniste Francesco Corti – Photo : © DR

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    Un CD essentiel

    afin de continuer à pénétrer l’idiosyncrasie frescobaldienne en la richesse de ses contextes italiens…

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    Ce dimanche 17 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les « Madrigali per cantare sonare a uno, e doi, e tre Soprani fatte per la Musica del gia. Seg. Duca Alfonso d’Este » (1601) de Luzzasco Luzzaschi : deux interprétations discographiques à comparer, par La Venexiana en 2009, et par La Néréide, en 2022…

    Le balisage des musiques pour Ferrare qu’vec passion j’ai entrepris depuis le début de ce mois d’août 2023 _ avec, tout particulièrement, les transmissions musicales que je qualifierai de « ferraraises« ,

    auprès de la cour ultra-raffinée des Este, des ducs Alfonse I (Ferrare, 21 juillet 1476 – Ferrare, 31 octobre 1534), Hercule II (Ferrare, 4 avril 1502 – Ferrare, 3 octobre 1559) et Alphonse II (Ferrare, 22 novembre 1533 – Ferrare, 27 octobre 1597) ;  ainsi que des cardinaux Hippolyte I (Ferrare, 20 mars 1479 – Ferrare, 3 septembre 1520) et Hippolyte II (Ferrare, 25 août 1509 – Rome, 2 décembre 1572),

    entre Adriaen Willaert (Roselaere, ca. 1490 – Venise, 7 décembre 1562), Cipriano de Rore (Ronse-Renaix, ca. 1515 – Parme, septembre 1565), Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607) et Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 13 septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643)… _

    m’a conduit, via ce maillon majeur que constituent, pour l’histoire ultra-sensivle de la musique, la vie et l’œuvre du ferrarais Luzzasco Luzzaschi, au CD qui vient tout juste de paraître pour le label Ricercar _ RIC 455, enregistré à Centeilles au mois d’août 2009  _ « Luzzaschi – Il Concerto segreto » de l’Ensemble La Néréide _ avec les voix des 3 soprani Camille Allérat, Julie Roset et Ana Vieira Leite…  _,

    interprétant les « Madrigali per cantare sonare a uno, e doi, e tre Soprani fatte per la Musica del gia. Seg. Duca Alfonso d’Este » de Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 16 septembre 1605).

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    Que je n’ai inévitablement pas manqué de comparer tout de suite au lumineux CD « Luzzasco Luzzaschi – Concerto delle Dame » du label Glossa, enregistré par La Venexiana _ soit le CD n°6 du mirifique coffret de 12 CDs « L’Arte del Madrigale«  GCD 920930, un CD enregistré à Pinerolo au mois d’août 2009, avec la prestation somptueuse des 3 parfaites soprani que sont Roberta Mameli, Emanuela Galli et Francesca Cassinari _ interprétant les mêmes 12 Madrigaux.

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    Ce vendredi 15 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce qui s’est transmis de splendide musique à Ferrare du temps de la très raffinée cour des Este, tout au long du XVIe siècle : Josquin des Prés, Adriaen Willaert, Cipriano de Rore, Luzzasco Luzzaschi, Girolamo Frescobaldi…

    Josquin des Prés (Beaurevoir, ca. 1450 – Condé-sur-l’Escaut, 27 août 1521),

    Adriaen Willaert (Roeselare, ca. 1490 – Venise, 7 décembre 1562),

    Cipriano de Rore (Ronse-Renaix, ca. 1515 – Parme, 20 septembre 1565),

    Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607),

    Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 13 septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643) : 

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    4 générations de musiciens-compositeurs d’un extrême raffinement,

    qui sont ou bien ferrarais de naissance,

    ou bien passés par la cour de Ferrare sous les ducs d’Este

    _ ce qui fut en effet la situation de la ville et de son territoire, sous les Este, de 1146 (avec Azzolino d’Este) jusqu’à 1598 (avec César d’Este) ;

    1146, quand, à la mort de Guillaume Adelardi, le dernier de la famille ferraraise des Adelardi qui régnait jusqu’alors sur la ville, la seigneurie de Ferrare passa comme dot de sa nièce la Marchesella à Azzolino d’Este, l’époux de celle-ci ;

    le 12 avril 1471, Borso d’Este (Ferrare, 24 août 1413 – Ferrare, 20 août 1471) est investi duc de Ferrare par le pape Paul II Barbo dans la basilique Saint-Pierre à Rome. Paul II désirant faire pièce aux ambitions territoriales vénitiennes en Italie et renforcer les États de l’Église, accepte le jour de Pâques 1471 de conférer à Borso d’Este et à ses successeurs le titre de duc de Ferrare. La maison d’Este s’assure ainsi le rang que Borso convoitait depuis des années, mais elle a dû, pour ce faire, confirmer formellement une allégeance au Saint-Siège qui se révèlera fatale, en 1597-98, aux descendants de Borso d’Este, ses arrière-petits-neveux Alphonse II d’Este (1533 – 1597) et le cousin de celui-ci, César d’Este (1562 – 1628)… Le successeur du brillant Borso d’Este (1413 – 1471) au duché de Ferrare étant son frère le brillantissime Ercole I d’Este (Ferrare, 26 octobre 1431 – Ferrare, 25 janvier 1505) ;

    et 1598, quand le duc Alphonse II d’Este décédé le 27 octobre 1597 sans descendance mâle, fit que Ferrare fut déclarée par le pape Clément VIII Aldobrandini, fief pontifical vacant, et que la Dévolution déclarée de la cité, fit que César d’Este (Ferrare, 1er octobre 1562 – Modène, 11 décembre 1628), seulement petit-fils bâtard du duc Alphonse Ier d’Este, fut chassé par les armes et banni de Ferrare (César d’Este s’est alors replié sur le fief impérial, lui, de Modène), la ville de Ferrare et son territoire passèrent sous le contrôle politique et administratif direct du Saint-Siège, et cela jusqu’à leur intégration dans le Royaume de Piémont-Sardaigne en 1859… _ :

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    Ercole I d’Este (Ferrare, 26 octobre 1431 – Ferrare, 25 janvier 1505),

    Alfonso I d’Este (Ferrare, 21 juillet 1476 – Ferrare, 31 octobre 1534),

    Ercole II d’Este (Ferrare, 4 avril 1508 – Ferrare, 3 octobre 1559),

    Alfonso II d’Este (Ferrare, 22 novembre 1533 – Ferrare, 27 octobre 1597) ; 

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    avant qu’en 1598, sous l’action du pape Clément VIII Aldobrandini (Fano, 24 février 1536 – Rome, 3 mars 1605 ; élu pape le 30 janvier 1592), ait lieu la malheureuse Dévolution de Ferrare, échappant désormais à la brillante et très mélomane dynastie des Este…

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    À regarder donc d’un peu plus plus près…

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    Ce vendredi 1er septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa