Étiquette : Glenn Gould

  • A propos de l’épatante Angela Hewitt au piano : un Bach solidement vivant et jouant naturellement, aux antipodes de l’imposture du sinistre Glenn Gould…

    L’article « Pré-Carré »  que le bon Jean-Charles Hoffelé consacre ce jour sur son site Discophilia au coffret Hyperion  CDS 44621/47 de 27 CDs « Angela Hewitt – The Bach Recordings » – cliquer sur le lien pour accéder à sa lecture – me donne une excellente occasion de redire tout le charmant et pur plaisir que cette jubilatoire pianiste canadienne me donne :

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    Ainsi en mes articles successifs en date des

    3 août 2018 « Dans les Goldberg, et au piano, une très tonique et plus que plaisante Angela Hewitt » ,

    15 décembre 2019 « Epatante Angela Hewitt, cette fois dans les 6 Partitas de Bach (BWV 825 à 830) » – j’y qualifiais la pianiste Angela Hewitt de « une amie de la meilleure compagnie musicale qui soit« … – ;

    10 janvier 2020 « Comparer les interprétations des Variations Goldberg au piano : Angela Hewitt… » – avec cette éloquente conclusion de la comparaison de ces diverses interprétations des « Goldberg » au piano : « Ma préférence va à l’interprétation d’Angela Hewitt« … – ;

    et 26 juin 2025 « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« …

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    D’Angela Hewitt (Ottawa, 26 juillet 1956), et à propos de ses CDs Bach,

    Jean-Charles Hoffelé dit aujourd’hui tout simplement ceci,

    de très juste :

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    PRÉ-CARRÉ

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    Et si Angela Hewitt était plutôt XVIIIe ? Parcourant ses premiers volumes de Sonates de Beethoven – mais Jean-Charles Hoffelé ne dit rien ici de ses très beaux Mozart ; cf ici mon article du 26 juin 2025 : « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« … – , et soupirant, j’ai repris ses deux – magnifiques !!! – disques Scarlatti. Soudain des couleurs, des phrasés, un son qui est un peu plus que son joli son habituel. Il fallait que je redonne une chance à ses Bach, après tout elle seule au Canada aura osé enregistrer autant le Cantor que Glenn Gould – Toronto, 25 septembre 1932 – Toronto, 4 octobre 1982 ; sur lui, cf mon article réaliste en date du 17 janvier 2025 : « Joël Dehais, rhumatologue et musicien, dressant un superbe portrait hyper-réaliste des pathologies physiologiques et névrotiques de Glenn Gould à son Steinway, à l’Académie de Bordeaux…« … – , pas plus qu’une indication tant ils sont l’un pour l’autre l’anti-matière – et c’est peu dire, en effet ! La vie versus la névrose…

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    Justement, Hypérion regroupe les 27 CDs qu’elle lui aura consacrés entre 1994 – les Inventions, début prudent surveillé par le fondateur Ted Perry – et 2018, quand elle publie sa seconde proposition – merveilleuse ! – des Partitas, Simon Perry ayant pris le relais entre temps. Elle sera également revenue sur son Clavier bien tempéré, et sur les Golberg, manière de changer d’angle de vue plutôt que de perfectionner.

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    Quoi dire ? Le toucher tout simple – sans chichis – souligne assez la modestie – sans façons – de l’approche, la musicalité n’oublie pas les danses des Suites et des Partitas, débrouille sans esbrouffe – voilà ! – les audaces des deux versions du Clavier bien tempéré, la seconde étant l’épure que la première refusait, plus aventureuse et moins certaine y compris de doigts. Les Goldberg sont assez magnifiques, tenues deux fois d’un seul geste, en noir et blanc pour l’essai, avec beaucoup plus de couleurs et de variations d’éclairage dans la nouvelle approche, on sent que l’expérience – jubilatoire ! –  Scarlatti – les CDS Hyperion 67 613 et 68 184 : je les aime beaucoup, même si c’est au piano… – a porté ses – excellents – fruits. Les Partitas sonnent un peu plus sévères, factuelles les deux fois, mais comment ne pas admirer la clarté des polyphonies – voilà ! –  dans ce clavier jamais sec et jamais gras – mais jubilatoire.

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    Et la fantaisie ? Elle ne manque pas – en effet – , écoutez simplement le Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii, le Concerto Italien, l’Aria variata à l’italienne, le grand geste osé de l’Ouverture à la française, décidément Bach libère chez elle une certaine imagination que justement les Scarlatti indiquaient – c’est tout à fait cela ; et pour ma part, j’idolâtre l’idéalement juvénile Domenico Scarlatti… Merveille, utile de surcroit, le disque de transcriptions, avec beaucoup de raretés, mais surtout tous les Kempff, où elle n’a pas à rougir face aux gravures du pianiste de Positano.

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    Tout fut enregistré en studio, et plutôt bien, mais à chaque fois en miroir des « Bach Tours » qu’elle donnait des deux côtés de l’Atlantique, certainement ce qui rend cette somme si vivante – voilà, voilà ! – , sinon les Concertos uniment décevants, seul bémol de ce qui est, face à celle d’Ivo Janssen, son exact opposé, la plus cohérente des entreprises pour qui voudra son Bach d’abord au piano.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Angela Hewitt, piano
    The Bach Recordings

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    Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    CD 1. ℗ 1994
    Fantaisie en ut mineur, BWV 906
    15 Invention à deux voix, BWV 772-786
    15 Inventions à trois voix (Sinfonias), BWV 787-801
    Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur, BWV 903

    CDs 2-3. ℗ 1995
    Sonate pour clavier en ré mineur, BWV 964
    Suite française No. 1 en ré mineur, BWV 812
    Suite française No. 2 en ut mineur, BWV 813
    Suite française No. 3 en si mineur, BWV 814
    6 Kleine Präludien du « Klavierbüchlein für Wilhelm Friedemann Bach »
    Prélude en ut majeur, BWV 924
    Prélude en sol mineur, BWV 930
    Prélude en ré majeur, BWV 925
    Prélude en ré mineur, BWV 926
    Prélude en fa majeur, BWV 927
    Prélude en fa majeur, BWV 928

    6 Kleine Präludien
    Prélude en ut majeur, BWV 933
    Prélude en ut mineur, BWV 934
    Prélude en ré mineur, BWV 935
    Prélude en ré majeur, BWV 936
    Prélude en mi majeur, BWV 937
    Prélude en mi mineur, BWV 938

    5 Kleine Präludien (Kellner Sammlung)
    Prélude en ut majeur, BWV 939
    Prélude en ré mineur, BWV 940
    Prélude en mi mineur, BWV 941
    Prélude en la mineur, BWV 942
    Prélude en ut majeur, BWV 943

    Prélude en ut mineur, BWV 999
    Suite française No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815
    Suite française No. 5 en sol majeur, BWV 816
    Suite française No. 6 en mi majeur, BWV 817
    Prélude et Fugue en la mineur, BWV 894

    CDs 4-5. ℗ 1997
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    CDs 6-7. ℗ 1998
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 8-9. ℗ 1999
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CD 10. ℗ 2000
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CD 11. ℗ 2001
    Concerto nach Italienischen Gusto, BWV 971
    Capriccio en si bémol majeur sur le départ de son frère bien-aimé, BWV 992
    Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii Ohrdrufiensis en mi majeur, BWV 993
    Duetto en mi mineur, BWV 802
    Duetto en fa majeur, BWV 803
    Duetto en sol majeur, BWV 804
    Duetto en la mineur, BWV 805
    Ouvertüre nach Französischer Art, BWV 831

    CD 12. Bach Arrangements. ℗ 2001
    Sinfonia (No. 1, extrait de la Cantate « Wir danken dir, Gott, wir danken dir, BWV 29 » ; version Kempff)
    Siciliano (No. 2, extrait de la Sonate pour flûte et clavecin en mi bémol majeur, BWV 1031 ; version Kempff)
    Nun komm, der Heiden Heiland, BWV 659 (version Kempff)
    Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 645 (version Kempff)
    Ich ruf’ zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639 (version Kempff)
    Sheep may safely graze (No. 10, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd!, BWV 208 » ; version Mary Howe)
    Jesu, joy of man’s desiring (No. 10, extrait de la Cantate « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » ; version Myra Hess)
    Wenn wir in höchsten Nöten sein, BWV 641 (version Angela Hewitt)
    Das alte Jahr vergangen ist, BWV 614 (version Angela Hewitt)
    In dulci jubilo, BWV 729 (version Lord Berners)
    Herzlich tut mich verlangen, BWV 727 (version Sir William Walton)
    Meine Seele erhebt den Herrn, BWV 648 (version John Ireland)
    O Mensch, bewein’ dein’ Sünde gross, BWV 622 (version Herbert Howells)
    Sanctify us by thy goodness (No. 5, extrait de la Cantate « Jesus nahm zu sich die Zwölfe, BWV 22 » ; version Harriet Cohen)
    Die Seele ruht in Jesu Händen (No. 3, extrait de la Cantate « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott, BWV 127 » ; version Harold Bauer)
    Passacaglia en ut mineur, BWV 582 (version Eugen d’Albert)
    Alle Menschen müssen sterben, BWV 643 (version Angela Hewitt)

    CD 13. ℗ 2002
    Toccata en ut mineur, BWV 911
    Toccata en sol majeur, BWV 916
    Toccata en fa dièse mineur, BWV 910
    Toccata en mi mineur, BWV 914
    Toccata en ré mineur, BWV 913
    Toccata en sol mineur, BWV 915
    Toccata en ré majeur, BWV 912

    CDs 14-15. ℗ 2003
    Les 6 Suites anglaises (Intégrale)
    No. 1 en la majeur, BWV 806
    No. 2 en la mineur, BWV 807
    No. 3 en sol mineur, BWV 808
    No. 4 en fa majeur, BWV 809
    No. 5 en mi mineur, BWV 810
    No. 6 en ré mineur, BWV 811

    CD 16. Fantasia, Aria & Other Works. ℗ 2004
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 904
    Aria variata alla Maniera Italiana, BWV 989
    Sonate en ré majeur, BWV 963
    Partie en la majeur, BWV 832
    Suite en fa mineur, BWV 823
    Adagio en sol majeur, BWV 968
    Fugue en ut majeur, BWV 953
    Jesus, meine Zuversicht, BWV 728
    Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 691
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 944

    CDs 17-18. Concertos avec clavier. ℗ 2005
    Concerto pour clavier No. 1 en ré mineur, BWV 1052
    Concerto pour clavier No. 7 en sol mineur, BWV 1058
    Concerto brandebourgeois No. 5 en ré majeur, BWV 1050
    Concerto pour flûte, violon et clavier en la mineur, BWV 1044
    Concerto pour clavier No. 4 en la majeur, BWV 1055
    Concerto pour clavier No. 3 en ré majeur, BWV 1054
    Concerto pour clavier No. 2 en mi majeur, BWV 1053
    Concerto pour clavier No. 5 en fa mineur, BWV 1056
    Concerto pour clavier No. 6 en fa majeur, BWV 1057

    Alison Mitchell, flûte (I) – Emma Sholl, flûte (II · BWV 1057) – Australian Chamber Orchestra – Richard Tognetti, violon solo, direction

    CDs 19-20. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 21-22. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CDs 23-24. ℗ 2014
    L’Art de la fugue, BWV 1080
    Vor deinen Thron tret ich hiermit, BWV 668a

    CD 25. ℗ 2016
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CDs 26-27. ℗ 2019
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    Un coffret de 27 CD du label Hypérion CDS44621/47

    Photo à la une : la pianiste Angela Hewitt, au milieu des années 1980, quand elle grave son premier LP Bach publié en 1986 par Deutsche Grammophon, non inclus dans cette boîte – Photo : © DR

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    Une idéale jeunesse de Bach sous les doigts si vivants et si simplement joueurs d’Angela Hewitt, à l’épatant piano !

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    Ce samedi 27 juin 2026, Titus Curiosus, Francis Lippa

  • Servir et respirer Bach au piano (suite) : l’excellent exemple de Fabrizio Chiovetta (suite) cette fois en son superbe CD « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » de 2015, ou la perspicacité de son choix de la liberté de son très pur, délicat et délicieux, jeu de piano…

    À la croisée des réflexions de mon article d’hier 11 mai « « L’Art de la Fugue « , ou l’art de respirer Bach : exprimer une vie intense et vibrante à l’approche de la rencontre avec Dieu… Ce que nous dit le beau récit inspiré, à son piano, de David Lively en son CD « L’Art de la Fugue » du Palais des Dégustateurs… » et de celles de la série récemment entamée des articles consacrés à mes écoutes des CDs Aparté AP395 « Brahms » – enregistré à Dobbiaco en décembre 2024 – et Aparté AP238 « Beethoven » – enregistré à Dobbiaco en janvier 2020 – de l’excellent pianiste, au jeu pur, Fabrizio Chiovetta, « L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ? » et « Approfondir l’appréhension du merveilleusement délié jeu de piano de Fabrizio Chiovetta : son splendide très pur CD « Beethoven – Op. 109, 110, 111 – Fabrizio Chiovetta »…« , en date des 8 mai et 23 avril derniers,

    je désire, ce mardi 12 mai, faire l’éloge de son vraiment superbe CD Aparté AP126 « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » – enregistré à Dobbiaco du 27 au 29 mars 2015   – , dont j’admire la très grande réussite de son choix de la liberté de son très pur jeu de piano (!) jusque dans le sacro-saint Jean-Sébastien Bach, et cela alors que, biberonné au Baroque, et très amateur de clavecin – ainsi à un Pierre Hantaï, à un Benjamin Alard, à un Francesco Corti, va ma prédilection… – , j’ai toujours quelque réticence à me tourner vers des interprétations de la musique pour claviers de Bach au piano…

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    Mais, et à l’abri des délires interprétatifs de certains – que j’exècre : je pense, par exemple, au tout fou Jean Rondeau au clavecin… – , j’aime tout particulièrement le jeu libre et pur, inspiré et parfaitement respiré, au piano ou au piano-forte, d’un Stephen Kovacevich, d’un Ronald Brautigam ou d’un Alexei Liubimov, ou encore d’un Ammiel Bushakevitz – une de mes assez récentes découvertes au CD… – , parmi ceux auxquels va ma prédilection de mélomane discophile – à l’inverse, je déteste l’usurpateur Glenn Gould – , nous proposant au CD des interprétations d’œuvres réussissant, en leur absolue spontanéité conquise (par leur inlassable patient, très exigeant et supérieurement probe – et c’est là un réquisitionné absolu ! – travail d’interprète), à nous faire comme accéder à l’improvisation même, sur le champ de sa création au départ en chantier, du compositeur lui-même, tel un Beethoven – spécialement en ses ultimes miraculeux chefs d’œuvre de la fin de sa vie… – , à son piano, et relevant peu à peu sur le papier ce qui vient de sourdre à l’instant tout neuf de son jeu ainsi improvisé et essayé, et qu’il choisit ainsi, en se donnant la peine de l’inscrire alors à l’encre sur une portée de papier, de retenir, et pour l’éternité, à destination de qui – et d’abord de lui-même qui le rejouera – s’attèlera, ensuite – et par la suite des temps à venir – ,  à le rejouer, partition sous les yeux, ou, mieux encore, apprise et désormais sue par lui aussi, l’interprète, par cœur – et par le cœur… – , se l’étant comme vitalement incorporé en ses doigts et en sa tête, et en son corps devenu hyper-sensible, exalté, possédé et transcendé par cette musique, dont il a accepté, lui l’interprète, de se faire l’hôte passager, à l’instant lumineux de son jeu, et ainsi l’hôte aussi de l’autre, le compositeur, qui vient ainsi à ce moment alors musicalement l’habiter…

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    Et à cette liste de pianistes auxquels va ma prédilection, j’ajoute désormais, et Aline Piboule – son piano, à elle aussi, admirablement respire ! – , et Fabrizio Chiovetta, que je viens donc de tout récemment découvrir, en leurs CDs, à leur pianos…

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    Et de fait, à l’écoute jouissive de cette délicate délicieuse interprétation par Fabrizio Chiovetta de la Suite anglaise n°4 en fa majeur BWV 809, la Partita n°1 en si bémol majeur BWV 825, et l’Ouverture à la française en si mineur BWV 831, je ressens le profond sentiment jubilatoire de liberté, tant du compositeur à son écritoire, que de l’interprète à son clavier : « Ce qui, dans ces œuvres, révèle les ressources de l’improvisateur – nous y voici… – , la fantaisie – voilà ! – de celui qui construit en jouant« , ainsi que le déclare lumineusement Fabrizio Chiovetta à la page 7 du livret du CD, en son entretien de février 2016, à Genève, avec l’excellent écouteur qu’est Sylvain Fort…

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    « J’y entends, comme interprète, la liberté stupéfiante – voilà ! – de cette musique. (…) Je suis fasciné par les chemins de traverse que Bach se ménage sans perdre la cohérence du discours. C’est de là que vient l’humanité – a-mécanique – de Bach. (…) L’adoption des formes reçues de la rhétorique musicale n’est que le prétexte à ces jeux infinis – jouissifs. (…) Il y a dans cette inspiration un esprit de pastiche, un humour sérieux que je trouve irrésistibles« …

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    Et pour cela, « la liberté de Bach appelle la liberté de l’interprète. La richesse inouïe de l’invention propre à Bach ouvre à l’interprète des dizaines de pistes de possibles, des alchimies illimitées. » Et « j’espère – poursuit Fabrizio Chiovetta – qu’on sent dans cette interprétation, dans ce disque, d’autres possibles – prêts à éclore, adjacents, latents. L’interprète idéal de Bach, selon moi, n’est pas celui qui sculpte une version définitive, mais celui qui fait percevoir à l’auditeur la présence secrète – sous-jacente – d’autres pistes : dans ce cas, on suit Bach à la trace, on voit se profiler des pistes, des hypothèses, qui sont abandonnées mais restent bien présentes à l’esprit« …

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    Bach improvisant jubilatoirement à l’envi dans le canevas suivi des formes reçues avec cette fantaisie-là assumées…

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    Ce mardi 12 mai 2026, Titus Curiosus  – Francis Lippa

  • L’enchantement inouï de la magique grâce féline du miraculeux « Rachmaninoff » du très jeune Vsevolod Zavidov : un miracle musical et discographique !

    Les mots simplement manquent pour dire l’enchantement inouï de la magique grâce féline du miraculeux CD Alpha 1212 « Vsevolod Zavidov plays Rachmaninoff«  – enregistré au studio Teldex à Berlin au mois de mai 2025 – du jeune Vsevolod Zavidov – il est né à Moscou en 2005 – , et après (ou plutôt d’après) son éblouissant magistral concert donné à La Roque d’Anthéron le 5 août 2023 – à l’âge alors de 17 ans ! –  : un miracle musical et discographique !

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    Voici, du moins, les mots que consacre à ce CD Serge Martin en son article du magazine Crescendo en date du 16 avril dernier, « Vselovod Zavidov : une révélation dans un programme Rachmaninoff inspiré » :

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    Vsevolod Zavidov : une révélation dans un programme Rachmaninoff inspiré

    par Serge Martin
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    Sergei Rachmaninov (1873-1943) : Trois mouvements de la partita n°3 pour violon transcrits par Rachmaninoff, Etudes-Tableaux op.33, Variations sur un thème de Corelli op.42, Vocalise op.3 n°14 (transcrit par Zavidov).

    Vsevolod Zavidov, piano.

    Texte de présentation en anglais, français et allemand.

    61’39. Alpha 1212

    …

    Festival de La Roque d’Anthéron, 5 août 2023, le concert apéritif de 18h de cette journée anniversaire, devient en une heure trente l’événement – rien moins ! – de la saga Rachmaninoff à La Roque d’Anthéron. Au l’affiche, Vsevolod Zavidov, un jeune musicien de 17 ans qui affiche sans vergogne trois transcriptions de la 3e Partita de Bach par le compositeur, les Etudes-Tableaux op.33 et les Variations Corelli op.42. Ce programme, il l’a – ardemment ! – travaillé dans la datcha familiale aux environs de Moscou. Un endroit où il n’est plus retourné : il vit désormais en Occident où il est l’élève de Nelson Goerner – en personne ! –  à la haute Ecole de Musique de Genève.

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    C’aurait pu n’être que la démonstration brillante d’un jeune fort en thème. Ce fut un concert d’une maturité radicale – voilà ! Un moment d’exception – en quelque sorte miraculeux… – que le disque nous propose aujourd’hui complété par la fameuse Vocalise : non pas celle transcrite par Earl Wild qu’il avait joué à La Roque, mais bien sa propre transcription réalisée par la suite sur un piano de fortune dans un petit village de Toscane.

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    Et c’est parti pour une bonne heure – 61 ‘ 39 – d’un bonheur total. On savoure un Bach allant, à la fois fluide et rigoureux dont la légèreté reste sensible aux accents de danse. On monte d’un cran avec les Etudes-Tableaux op.33, des pièces qui deviennent des créateurs d’atmosphères : volontaire dans l’allegro non troppo initial, le piano de Zivadov passe de la fluidité volatile de l’Allegro ou à un Moderato sautillant et interrogatif. Il s’était fait réfléchi dans le Grave, il nous entraine dans le tourbillon évanescent du Presto ou la solidité obstinée de l’Allegro con fuoco. Dans le Moderato, le pianiste devient une tête chercheuse en charge de solutionner une musique énigmatique avant de magnifier la gravité conquérante du Grave final. Un véritable assaut d’atmosphères fugitives qui semblent créer à chaque coup un tableau imaginaire.
    …

    On passe ensuite à la page sans doute la plus dense de Rachmaninoff avec ces Variations Corelli dont on ne sait jamais trouver la clé mais qui nous emportent dans un torrent d’incitants tour à tour amusés, précipités, hésitants, interrogatifs ou conquérants pour terminer dans les trois dernières variations par une redoutable montée en puissance dans une agitation aussi folle que maîtrisée. Rarement cet imposant massif de variations ne nous aura paru aussi divers tout en respectant par ailleurs une cohérence dans les enchainements qui subjugue.

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    En complément, nous découvrons la transcription du pianiste de cette ensorcelante Vocalise que paradoxalement le compositeur – lui-même – ne réalisa jamais pour le piano. Zavidov semble ici avoir trouvé et créé son bis incontournable, instant d’absolu – voilà ! – dans une fluidité limpide – oui.

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    Le récital d’un grand esprit qui a les moyens techniques de ses exigences mais n’en abuse jamais. On n’a – assurément – pas fini de parler de Vsevolod Zavidov.

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    Son 10 Livret 10  Répertoire 10 Interprétation 10

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    Et regardez ici le trailer de présentation de ce CD par Svevolod Zavidov lui-même (4′ 14) ;

    ainsi que cette autre très brève vidéo-ci (de 1′ 27)…

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    Et surtout venez vous enchanter vous-même aux miraculeuses 61′ 39′ du CD de ce piano félin si exemplaire…

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    Ce dimanche 19 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Post-scriptum :

    …

    « Magnifique ! Un modèle de stabilité posturale procurant une optimale liberté des doigts«  :

    à mon envoi de cet article, vient ainsi de répondre, d’expert en posture de musiciens, l’ami Joël Dehais,

    rhumatologue et musicien.

    …

    Soit un parfait contre-exemple à l’imposture, et pas seulement posturale, Glenn Gould…

  • La passation de présidence de l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux entre le médecin rhumatologue et musicien Joël Dehais et chimiste spécialiste des terres rares Patrick Maestro, élégance et humilité…

    La séance de rentrée de janvier 2026 de l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux était consacrée hier 15 janvier à deux communications :

    …

    la première – assez brève – , celle du président sortant pour l’année 2025, le Pr Joël Dehais, était sobrement intitulée « Propos sur la vie : florilège littéraire en forme de discours« ,

    et la seconde – plus développée – du président entrant pour l’année 2026, le Dr en chimie du solide, spécialiste des matériaux, Patrick Maestro, était encore plus sobrement intitulée « Les Terres rares« , sur un sujet notamment d’actualité ces derniers temps par ses considérables enjeux géopolitiques…

    …

    Que cela me soit l’occasion de renvoyer ici à mon article du 17 janvier 2017, intitulé « Joël Dehais, rhumatologue et musicien, dressant un superbe portrait hyper-réaliste des pathologies physiologiques et névrotiques de Glenn Gould à son Steinway, à l’Académie de Bordeaux…« , à propos de cette communication de Joël Dehais en date du 16 janvier 2025, intitulée, elle, « Regards croisés sur Glenn Gould« …

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    La conférence, hier 15 janvier 2026, d’adieu à la présidence de Joël Dehais avait la particularité, toute d’élégance et d’humilité vraie, de ne comporter nul discours de son auteur lui-même, mais seulement un collage riche – rapide, à feu très nourri… – de citations à méditer issues de très nombreux auteurs, écrivains, poètes, romanciers, essayistes, philosophes, etc. à propos de la vie, de ses expériences et de ses œuvres, face à la promesse – en forme d’universelle épée de Damoclès – de la disparition à venir de la personne ;

    et du recours que peut – et doit – y constituer l’éventuel secours de sauvetage de la culture et de ses institutions – démocratiques… – , dans leur durée un peu plus large, de continuité et diffusion et partage, face au néant destructeur de la barbarie…

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    Quant à la communication sur « Les Terres rares » du Dr en chimie Patrick Maestro, très pédagogique et très claire sur une réalité dont nous entendons beaucoup parler ces derniers temps, principalement pour des raisons surtout géopolitiques,

    en plus de l’éclairage très accessible qu’elle a donné au public très attentif, elle a permis à l’assistance de faire aussi la connaissance d’une personnalité tout à fait sympathique, et humble, elle aussi, au-delà de sa très précieuse science et de la diversité formidable de ses applications…

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    Belle et riche année 2026 à cette Académie bordelaise !..

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    Ce vendredi 16 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa