Étiquette : Gran Partita

  • Le lumineux Ligeti mozartien (voilà !) du CD « Kammerkonzert and other works » (for Wind Quintets) des Siècles et François-Xavier Roth enregistré en 2016 : un bienvenu rattrapage de ma discothèque personnelle, en ce début janvier 2026, pour le plus grand bonheur de musique…

    Il se trouve que le lumineux Ligeti mozartien – voilà ! voilà ! – du CD Harmonia Mundi HMM905370 « Kammerkonzert and other works » (for Wind Quintets) des Siècles et François-Xavier Roth – enregistré en 2016 à Soissons du 12 au 14 avril 2016 – , paru d’abord en 2017 pour le discret label – arlésien – Musicales Actes-Sud, et reparu en 2023 pour le plus visible label – arlésien lui aussi – Harmonia Mundi – pourquoi ? pourquoi ? – manquait à ma discothèque personnelle ;

    or voici que ce début d’année 2026, un très bienvenu destockage de CDs Harmonia Mundi, a fait parvenir chez mon disquaire préféré ce CD, qui vient de me permettre, pour mon bonheur de mélomane féru des splendides  musiques pour harmonie, tant de Mozart – telle la sublimissime Gran Partita KV 361 – que de György Ligeti, de rattraper enfin ce malencontreux défaut de ma discothèque…

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    Sur ce CD que je n’avais pas repéré lors de sa première parution, en 2017, pour le discret label Musicales Actes-Sud, cf l’article de Benoît Sitzia « Les Siècles pour Ligeti » paru sur le site de ResMusica le 27 février 2017 – il m’avait échappé... – :

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    Les Siècles pour Ligeti

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    les siecles actes sud ligetiL’orchestre Les Siècles, reconnu entre autre pour son engagement atypique à défendre le répertoire moderne sur instruments d’époque, nous propose un disque consacré au répertoire de la deuxième moitié du XXe siècle avec un programme dédié à la musique de chambre du compositeur hongrois György Ligeti (1923-2006). Menés par leur chef et fondateur François-Xavier Roth, les solistes de l’orchestre repartis en groupes chambristes nous livrent un enregistrement d’une rare qualité qui force l’admiration.

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    Pour cette belle monographie, trois œuvres appartenant à deux « manières » du compositeur nous sont proposées et ordonnancées comme une arche allant du quintette à vent à l’orchestre de chambre.
    Ce chemin débute avec les Six bagatelles pour quintette à vent composé en 1953 d’après six des onze pièces pour piano solo que compte Musica ricercata (1951-53). Ici les solistes des Siècles font preuve d’une vivacité rythmique et d’une clarté de jeu qui rendent hommage au caractère « naïf » et provocateur de cette œuvre de jeunesse qui fut censurée jusqu’en 1969. L’équilibre des voix et des timbres rendu par le quintette offre une lecture renouvelée et aérée d’une œuvre qui souffre trop souvent d’appesantissements et nous livre ainsi tout les détails de l’écriture du premier Ligeti.

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    Le célèbre Kammerkonzert pour treize instrumentistes poursuit ce chemin musical prometteur. Cette œuvre de 1970 en quatre mouvements constitue un véritable jalon dans l’histoire de la musique, et consacre l’aboutissement d’une deuxième « manière » du compositeur hongrois. Ici Roth et Les Siècles subjuguent dès le premier mouvement grâce à une formidable construction des textures  orchestrales tout en conservant le contrôle dynamique et formel de ce grand déploiement contrapuntique, offrant ainsi une clarté d’écoute rare pour cette œuvre.
    Dans le deuxième mouvement une expressivité travaillée permet de conserver une couleur instrumentale homogène tout en faisant ressortir pleinement les fragments mélodiques, apportant ici le lyrisme nécessaire à l’écoute de cette œuvre dans sa grande forme. Le troisième mouvement, inscrit dans une écriture verticale et obsessionnelle, exige une grande rigueur rythmique et dynamique que les instrumentistes et leur chef transcendent. L’équilibre harmonique est saisissant et le choix d’une interprétation plus analytique permet un contraste bienvenue dans l’écoute globale de l’œuvre.
    En conclusion, le quatrième mouvement confirme toute les qualités énoncées précédemment tout en offrant une lecture des plans timbraux et sonores très contrastée ce qui permet à l’architecture de ce Kammerkonzert de se déployer comme un récit limpide, permettant à tout auditeur de cheminer au sein de ce kaléidoscope sonore.

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    Pour finir, les Dix pièces pour quintette à vent (1968) nous permettent de façon concrète d’effectuer une synthèse des deux œuvres précédentes. Ici encore les solistes des Siècles nous livrent une interprétation précise et maîtrisée. Les dix pièces courtes alternent écriture de groupe et pièces « concertantes » destinées à chacun des instruments du quintette. La conduite formelle claire ne cède en rien à l’exigence de l’écriture qui aime jouer sur les contradictions de la tessiture naturelle des instruments et du registre de jeu qui leur est imposé par le compositeur. Le dernier mouvement, noté Presto bizzaro, conclu très théâtralement cette œuvre dont Ligeti prit soin de noter sur la partition une citation de Lewis Caroll : «…mais… » il y eut une longue pause « C’est tout?  » demanda Alice timidement {…}.

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    Alors gageons – oui, oui – que Les Siècles et François-Xavier Roth nous offriront d’autre enregistrements aussi brillants portant la musique d’hier et d’aujourd’hui avec cet engagement qui les caractérise.

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    György Ligeti (1923-2006), Les Siècles Live – György Ligeti (1923-2006) : Six Bagatelles (1953) pour quintette à vent, Kammerkonzert (1970) pour treize instruments et Dix pièces pour quintette à vent (1968). Marion Ralincourt, flûte, Hélène Mourot, hautbois, Christian Laborie, clarinette, Michaël Rolland, basson, Pierre Rougerie, cor, Les Siècles dir. François-Xavier Roth. Notice descriptive du projet contenant éléments de programme et interview, biographie du compositeur et des interprètes en Français et en Anglais. Durée : 44’01. 1 CD Musicales Actes Sud.

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    Que ce me soit aussi l’occasion de rappeler ici mes 3 articles « Le génie transcendant de György Ligeti admirablement servi et magnifié par Isabelle Faust, Jean-Frédéric Neuburger et les siècles dirigés par François-Xavier Roth en un subjuguant CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » : un irradiant joyau… » en date du 11 juin 2025, « Du CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » au double CD « Kurtag – Jatekok – Pierre-Laurent Aimard : la présence commune de « Aus der Ferne – hommage à Alfred Schlee » de György Kurtag…« , en date du 12 juin 2025, et « Sur l’admirable CD « Ligeti – Violin, Piano and Romanesc Concertos » des siècles dirigés par François-Xavier Roth, un article ce lundi 11 août du très fin Jean-Charles Hoffelé, deux mois jour pour jour après le mien, le 11 juin dernier…« , en date du 11 août 2025,

    consacrés tous trois au merveilleux resplendissant CD Harmonia Mundi HMM 905 382 « Ligeti – Violin, Piano & Romanesc Concertos  » des Siècles, François-Xavier Roth, ainsi qu’Isabelle Faust et Jean-Frédéric Neuburger.

    Un CD qui fait date !

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    Mozart – Ligeti : une merveilleusement lumineuse filiation,

    pour notre plus grand bonheur de musique !

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    Viva Mozart ! Viva Ligeti ! Viva la musique !

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    Ce lundi 5 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle appréciation du double CD du concert d’adieu « Mozart – Beethoven » de Nikolaus Harnoncourt à Zurich en novembre 2011

    Avec un peu de retard sur la parution en octobre 2021 du double CD « Farewell from Zurich » de Nikolaus Harnoncourt _ soit l’album de 2 CDs Prospero 0020 _,

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    que j’avais chroniqué le 9 octobre 2021, en rapportant la chronique sur ce même double CD, ce même jour, intitulée « Atelier«  de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia, en un article que j’avais intitulé « « ,

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    voici que le site de ResMusica publie, à son tour, sur ce même CD-événement, et sous la plume de Bénédict Hévry, un article excellemment détaillé intitulé « Les ravageurs adieux zurichois de Nikolaus Harnoncourt enfin publiés » ;

    c’est-dire ici enfin écoutés...

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    Voici donc cette chronique de ce jour :

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    Les ravageurs adieux zurichois de Nikolaus Harnoncourt enfin publiés

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    La label suisse Prospero publie enfin les bandes des ultimes concerts de Nikolaus Harnoncourt à la Tonhalle de Zürich en novembre 2011. Sont opposées plus que réunies la Sérénade « Gran Partita » de Mozart et la Symphonie n° 5 de Beethoven.

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    Le 10 février 2011 s’éteignait à quatre-vingt huit ans Claus Helmut Drese, ancien intendant de l’Opéra de Zürich. Dès ses débuts sur place, il avait invité Nikolaus Harnoncourt à assurer la direction musicale de la trilogie montéverdienne confiée scéniquement à Jean-Pierre Ponnelle _ oui : un triple événement, qui fit date. Le chef autrichien dirigea là, par la suite, ses premiers opéras de Mozart dans la fosse, dont entre autres un Idoménée appelé à faire date _ lui aussi, à nouveau.

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    Pour cet ultime concert de novembre 2011, dédié à la mémoire de Drese _ voilà _, Amadeus était derechef convié pour une très singulière Sérénade « Gran Partita » KV 361 tantôt pulpeuse, tantôt ironique cérémonie des Adieux : une vision entre rires et larmes, entre drame intense et confidences intimes (les trios des deux menuets !), dont le sublime adagio se mue en procession quasi funèbre, la romance en sublime et crépusculaire oraison. Amoureusement préparée _ en effet _ dans le moindre détail l’été précédent, en la demeure austère de St-Georgen du maestro, par douze vents solistes et une contrebasse à cordes (dont sont tirés de surprenants effets au fil du pénultième thème et variations) issus de la phalange locale hélvétique, cette présente captation n’est pas sans quelques minimes scories liées aux aléas du direct – un hautbois premier soliste au son un rien pincé et nasillard, des cors faiblards à l’orée de l’adagio – ni sans quelques énoncés disruptifs, tels ceux du premier thème du Molto allegro liminaire, ou de l’ultime reprise du second menuet expédié prestissmo, bien dans la manière théâtrale et dramatique si typique du chef : le final affiche une hardiesse presque intrépide par ses rebonds rythmiques presque rageurs. Mais il règne aussi ailleurs, dans les vastes espaces nocturnes des mouvements intermédiaires, un sentiment d’indicible sérénité _ voilà _ presque fraternelle – les échanges entre clarinettes et cors de basset – de fragile beauté _ oui _ entre instantanéité hédonisme et geste architectural _ pour cette œuvre sublime… L’élévation du discours musical y reste toujours à hauteur d’homme, subtile exploration des replis de l’âme, sans l’écrasante monumentalité d’un Klemperer, ou sans les abysses métaphysiques d’un Furtwängler (tous deux chez Warner). Harnoncourt par cette alternance de force et de tendresse _ oui _, d’emportement et de sagesse, tourne le dos à son propre enregistrement « officiel » de studio avec les Wiener Bläsersolisten (Teldec/Warner, 1984), disque-manifeste bien plus univoque et quelque peu péremptoire de linéarité.

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    En seconde partie de ces concerts, Nikolaus Harnoncourt, musicien du « Tragique » par excellence, convoque Beethoven pour une torrentielle _ voilà _ (re)lecture de la Symphonie n° 5. Des diverses versions sous sa direction aujourd’hui couramment disponibles, voici sans aucun doute la plus radicale  _ oui _, la plus discutable, mais aussi la plus passionnante, l’ultime enregistrement live pour Sony avec le Concentus Musicus se révélant, en comparaison, de conception proche, mais d’avantage classique et unitaire dans sa réalisation destinée au disque, malgré un contexte là aussi live. A Zurich, l’approche interrogative _ voilà _ au plus près du texte n’empêche nullement ici une restitution de l’œuvre hautement suggestive et personnelle _ mais oui.

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    Le premier mouvement atteint une raucité implacable et incendiaire _ oui _ par ses tempi échevelés mais assumés, par le travail sur le «grain» sonore, (cordes senza vibrato, petite harmonie très présente et sèchement articulée, cuivres pointus, présence des timbales) que par ces tempi échevelés ou par ces ruptures discursives quasi expressionnistes (tempo fluctuant, retard « calculé » de l’attaque des cors à 0’43 ou à 2’05 , generale-pause prolongée et angoissante lors de la coda à 5’50, aux ultimes mesures précipitées accelerando, à la limite de l’implosion). Rarement le Destin _ voilà _ aura-t-il été ainsi saisi à la gorge ! L’Andante con moto respire davantage, avec un très subtil éclairage des voix secondaires, avec cette alternance ambivalente d’ambiances tantôt nostalgiques tantôt conquérantes, avec de très solides assises des cordes graves. Le scherzo – joué comme à l’habitude pour Harnoncourt avec sa grande reprise – et le final enchaîné sont plus proches de conception des autres enregistrements du maître, notamment dans l’articulation et l’agogique du fugato du trio, ou le surlignage des détails d’orchestration (choral de trombones, traits irradiants du piccolo) mais sans, par exemple, l’excentricité étonnante des accords conclusifs de l’ultime captation viennoise. Cependant, règne ici avant tout cette force mate _ voilà _, cette urgence de l’instant, cette électricité palpable et suffocante _ oui _ liée au direct dans ce contexte si particulier d’Adieux à un orchestre chéri. Après un dernier accord d’une puissance tellurique et dévastatrice, (oserions-nous dire karajanesque ?) le public ne rompt un long silence pour de très enthousiastes vivats qu’après plusieurs secondes, estomaqué par cette écrasante leçon de rhétorique quasi guerrière et cette vision de l’œuvre placée sous tension permanente.

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    Il est heureux que ces concerts à l’aura légendaire aient pu reparaître cinq ans après la disparition de Nikolaus Harnoncourt, avec l’aval de la veuve du maestro dans des conditions techniques idéales, et avec le support d’une présentation luxueuse. Pour compléter ce portrait idoine d’un artiste en perpétuelle interrogation _ oui… _, quelques extraits des répétitions des deuxième et troisième mouvements de la Symphonie n° 5 montre à quel point la dialectique discursive du chef s’éloigne du simple texte pour rejoindre, par des images suggestives, la plus palpable des réalités musicales. En soi, cette précieuse dizaine de minutes – hélas uniquement traduite en anglais dans le libretto – demeure pour le profane une leçon de musique _ oui _, par delà les querelles autour d’une introuvable ou improbable « authenticité ».

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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sérénade n° 10 en si bémol majeur KV 361 « Gran Partita ». Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 5 en ut mineur, opus 67 augmentée d’extraits de la répétition des deuxième et troisième mouvements.

    Philharmonia Zürich, direction : Nikolaus Harnoncourt.

    2 CDs Prospero.

    Enregistrés du 25 au 27 novembre 2011 en la grande salle de la Tonhalle de Zürich.

    Textes de présentation en allemand, anglais, français et japonais.

    Durée totale : 100 min.

     

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    Une réalisation mémorable.

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    Ce vendredi 4 février 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Cette merveille qu’est la Gran Partita de Mozart, dans l’atelier Harnoncourt ; et c’est sublime…

    Cet absolu chef d’œuvre de Mozart qu’est la Gran Partita (K. 361)

    _ cf, par exemple, mes précédents articles des 15 mars 2020 :  ; et 22 août 2021 :  … _

    vient de bénéficier d’une splendide _ et très mémorable ! _ réalisation discographique,

    avec la publication, par le label Prospero, du CD PROSP 0020,

    d’un enregistrement, à la Tonhalle de Zürich, en novembre 2011, de Nikolaus Harnoncourt,

    dirigeant 12 instrumentistes à vent (2 hautbois, 4 clarinettes, 2 bassons, 4 cors) + 1 contrebasse, en cette mozartienne sublime Gran Partita…

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    Et je dois dire qu’après plusieurs écoutes répétées,

    je ne peux qu’abonder dans le commentaire qu’en vient de donner, ce jour même, Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia,

    en un très juste article, très adéquatement intitulé « Atelier« …

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    À Zürich, Nikolaus Harnoncourt aura bâti la part majeure de son legs lyrique, depuis le légendaire _ oui ! _ cycle Monteverdi réglé par Jean-Pierre Ponnelle. Mais il y eut aussi pléthore de concerts avec le Philharmonia Zürich tiré de la fosse, durant les trente-six années de sa présence dans la cité helvétique, et c’est à l’orchestre seul qu’il fit ses adieux en novembre 2011.

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    La 5e Symphonie de Beethoven fit couler pas mal d’encre, lecture échevelée, révolutionnaire par ses tempos cravachés et ses allures de folie théâtrale, un monde d’excès qui ne cesse de surprendre, et que de précieuses séquences de répétitions des 2e et 3e mouvements (hélas pas du premier) éclairent en partie _ en effet : c’est tout à fait précieux ! C’est nous faire entrer dans « l’atelier Harnoncourt » et montrer le sorcier en action.

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    Ce concert désormais historique _ oui _ s’ouvrait chez Mozart, avec la « Gran Partita » de Mozart, jouée comme un théâtre d’ombres _ oui ! _, emplie de silences disposés comme autant de ponctuations mystérieuses _ absolument ! _, surprenant toujours (le vielle à roue qu’il fait entendre dans un Adagio pris quasi andantino, sa signature !), irritant toujours, et toujours renouvelant l’écoute _ voilà ! Pas la moindre routine ici !!!

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    Une interprétation ? Non, à la fin de sa vie, Nikolaus Harnoncourt s’était définitivement débarrassé de cette chimère, il continuait à traquer _ au pur présent ! _ la vérité, sa vérité, tout n’était plus qu’expérimentation _ de celle du fil-de-ferriste osant franchir les abîmes… _ et les œuvres autant d’ateliers _ voilà! _ ouverts à son art. Fascinant concert _ oui !!! _ , édité à la perfection dans ce beau petit livre-disque à l’iconographie choisie, hommage magnifique _ oui _ à ce génie _ oui _ qui nous manque.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Farewell
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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)
    Sérénade No. 10 en si bémol majeur, K. 361 « Gran Partita »

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    Ludwig van Beethoven(1770-1827)
    Symphonie No. 5 en ut mineur, Op. 67

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    Philharmonia Zürich
    Nikolaus Harnoncourt, direction

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    Un album de 2 CD du label Prospero Classical PROSP 0020
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Nikolaus Harnoncourt, en 2011 – Photo : © Marco Borggreve

     

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    L’enchantement est bien _ à jamais _ là !

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    Ce samedi 9 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le grand souffle pur de Mozart : ce chef d’oeuvre enthousiasmant qu’est la Gran Partita K. 361

    Parmi les toniques chefs d’œuvre de Mozart,

    courrons respirer le grand souffle pur de la Gran Partita K. 361.

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    Par exemple

    dans l’interprétation de l’Akademie für Alte Musik Berlin

    que propose l’article de Jean-Charles Hoffelé, intitulé « À l’air libre« ,

    sur son site Discophilia, en date du vendredi 19 août dernier :

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    À L’AIR LIBRE

    L’intrada Largo du premier volet de la Gran Partita, ombré, réfléchi, pourra surprendre. Musique pour un jardin ou un temple ? Le Molto Allegro ne sera pas molto. Les souffleurs de l’Akademie pensent grand, voient large. Le geste est altier, les sonorités subtilement dosées au point que l’ensemble prend parfois les couleurs d’un orgue.

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    Les cors impérieux mettent leurs épices dans ce concert qui soudain s’anime. Voilà, on quitte le temple, le cérémonial s’absente, les danses vont suivre, prodigieuses de timbres et d’accents, vertes ou capiteuses, un autre orgue, celui d’un parfumeur, et le geste chorégraphique s’impose, donnant le temps aux danseurs. Mais que paraisse l’Adagio et soudain c’est la nuit qui impose une scène d’opéra où le hautbois, la clarinette et le cor de basset s’enlacent pour un trio magique. Final irrésistible, à figures marquées, aux accents lestés.

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    Le disque s’ouvre sur la Sérénade No. 11, petite merveille écrite pour hautbois, clarinettes, cors et bassons, chacun par deux, vrai poème nocturne que les souffleurs colorent d’un nuancier saisissant de poésie. D’autres opus espèrent cette équipe de magiciens. Que l’Akademie s’y colle !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Wolfgang Amadeus Mozart
    (1756-1791)

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    Sérénade pour vents No. 11 en mi bémol majeur, K. 375
    Sérénade pour vents No. 10 en si bémol majeur, K. 361 « Gran Partita »

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    Akademie für Alte Musik Berlin

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    Un album du label harmonia mundi HMM902627
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    Photo à la une : © DR

     

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    Ce dimanche 22 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa