Étiquette : Hector Berlioz

  • En hommage à l’immense chef berliozien John Nelson (1941 – 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025, ce « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz, par le grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz…

    En tout simple hommage, et ému, à l’immense chef berliozien John Nelson (San Jose, Costa Rica, 6 décembre 1941 – 31 mars 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025

    – j’ai appris la nouvelle ce petit matin du 4 avril, par ma lecture de l’hommage (« Décès du chef d’orchestre John Nelson« ) que vient de lui rendre, hier soir, la rédaction de ResMusica ; ainsi que par celui de Jean-Pierre Rousseau, sur son blog, « L’admirable John Nelson » : ces deux, précieux aussi par les riches liens musicaux qu’ils comportent ; connectez-vous y !.. – ,

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    voici le podcast de cet admirable « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz (La-Côte-Saint-André, 8 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), par le très grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz – regardez aussi la vidéo (de 2′ 06) du tout début de ce « Sanctus » par Michael Spyres ce jour-là à Saint Paul…

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    Voici aussi une brève très émouvante vidéo de cette présentation (de 4′ 21) de ce concert (et enregistrement live) par John Nelson lui-même, à Londres, ce 8 mars 2019… 

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    Et je me permets de renvoyer aussi ici à mon modeste article – emblématiquement admiratif – , « L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement… » en date du 15 avril 2023 ,

    que je redonne ici…

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    L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement…

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    — Ecrit le samedi 15 avril 2023 dans la rubrique “Musiques”.
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    Le degré éblouissant de réussite musicale du double CD Erato 5054197481383 de la magnifique _ et très originale _ symphonie dramatique « Roméo et Juliette » et de la percutante et frémissante scène lyrique « Cléopatre » d’Hector Berlioz, sous la direction électrisante de vie, en même temps qu’infiniment délicate, claire et juste, du chef d’orchestre John Nelson,

    a quelque chose de très surprenant et formidablement réjouissant à la fois,

    qui nous emporte…

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    Comme si nous redécouvrions en leur vérité musicale la plus intense et la plus profonde ces deux formidables chefs d’œuvre de Berlioz qui nous ont pourtant déjà enchantés…

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    Que l’on écoute ainsi le presque inaugural _ soit la plage 3 du premier CD de ce double album Erato _ sublime « Premiers transports que nul n’oublie » de Joyce DiDonato _ ici en sa prise en concert public à Strasbourg le 7 juin 2022 _ de « Roméo et Juliette« , pour un tout premier avant-goût de cette si merveilleusement  réussie interprétation collective de l’œuvre :

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    la direction dynamique, fluide, inspirée, claire, souple, tellement juste, de John Nelson _ idéal berliozien dans chacune de ses réalisations ! _,

    à la tête d’un hypersensible vivant et délicat à la fois Orchestre Philharmonique de Strasbourg,

    le Coro Gulbenkian et le Chœur de l’OnR _ au rôle si important dans cette œuvre (de « symphonie dramatique » riche et complexe (en même temps qu’évidente et si naturelle…), de Berlioz _,

    et bien sûr les superbes chanteurs solistes que sont la mezzo-soprano Joyce DiDonato, le ténor Cyrille Dubois _ qu’on écoute les 2′ 44 de son idéal (quel jeu ! quelle diction ! quel charme !) « Scherzetto de la reine Mab«  à la plage 5 du premier CD… _ et le baryton Christopher Maltman…

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    Ce dont rend très bien compte l’excellent détail de l’article de Charles Sigel, le 7 avril dernier, sur le site de ForumOpéra.com

    pour ce qui concerne la « Cléopatre » extraordinaire, elle aussi _ un must discographique ! _, du second CD de ce double album, dans l’interprétation-incarnation absolument superlative (!!!) _ au moins au niveau de celles de la merveilleuse Janet Baker _ de Joyce DiDonato…

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    Un généreux double album indispensable…

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    Ce samedi 15 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et,
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    pour conclure cet article-ci, ce vendredi 4 avril 2025 :
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    dix mille mercis aux enregistrements – à commencer par les discographiques : ma discothèque personnelle est riche de la plupart des enregistrements berlioziens de John Nelson… – qui nous permettent d’accéder instantanément à ces bijoux musicaux d’éternité – voilà ! – , dans de telles sublimes interprétations
    – via tout une bien précieuse chaîne (médiatique et technologique) de transmissions, diffusions et partages de la beauté musicale, un peu secourable, celle-ci, particulièrement ces derniers temps-ci du retour jusque chez nous de la barbarie, issue de la bêtise et la méchanceté étrangement (Freud, au secours !) contagieuses de quelques uns, monstrueux, qui ont accédé aux pouvoirs en quelques Etats, et à l’hubris impérialiste terriblement vorace : le sinistrissime bouffon Dr Folamour (de ce formidable visionnaire qu’a été Stanley Kubrick) pour notre malheur (mondial, planétaire même…) s’est, mais oui, incarné…

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    Vive – et que survive longtemps – musicalement – par les disques, les podcasts, les vidéos… – l’excellent passeur de musique qu’a été – et demeure à jamais, pour toujours, et pour nous tous qui aimons la belle musique… – John Nelson…

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    Ce vendredi 4 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le paradoxe du CD « Reflet » (Berlioz – Duparc – Koechlin – Debussy – Ravel – Britten) de Sandrine Piau : l’envoûtement d’un irrésistible art du chant, et non sans défaut, quasi à la lisière de l’abstrait…

    Oui,

    c’est bien un très étonnant paradoxe que cet étrange hiatus, sur lequel nous passons, entre une prononciation du texte  parfois encore déficiente _ cf cet hélas bien significatif article « À La-Chaux-de-Fonds, le lutrin de Sandrine Piau et le brio de Jean-François Verdier«  de Jacques Schmitt en date du 27 novembre 2022 sur le site de ResMusica, rendant compte d’un concert à La-Chaux-de-Fonds ; ou encore mon article « «  en date du 31 juillet 2019, à propos du CD Alpha 445 « Si j’ai aimé« , enregistré en mars 2018 à Metz… _ de la part de la chanteuse _ des consonnes trop souvent savonnées, ainsi que quelques aigus à la limite du supportable… _,  et la pénétrante séduction, absolument envoûtante, voilà !, de cette entente parfaite entre ce timbre d’or, somptueux, de la voix de miel de Sandrine Piau, et un orchestre Victor Hugo _ du nom du poète né à Besançon, « ce siècle avait deux ans »… _, lui aussi d’une soie somptueuse infiniment délicate sous la baguette idéalement idoine de son chef, le parfait Jean-François Verdier _ à un degré tout simplement prodigieux !.. _, qui marque le passionnant nouveau CD « Reflet » Alpha 1019, d’une sidérante Sandrine Piau et d’un admirable Orchestre Victor Hugo sous la baguette de son excellent chef Jean François Verdier,

    soit le CD Alpha 1019

    _ dont voici, en forme de brève mise en bouche, une vidéo (de 3′ 08) du « Clair de lune«  de Claude Debussy…

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    Et cela,

    tout spécialement dans les mélodies trop mal connues encore de Charles Koechlin, « Pleine eau« , « Aux temps des Fées » _ écoutez comme c’est beau (3′ 03)… _ et « Épiphanie« , et les mélodies françaises, méconnues elles aussi, d’un Benjamin Britten de tout juste 14 ans : « Nuits de juin« , « Sagesse » _ découvrez ! (3′ 07)… _, « L’Enfance » et « Chanson d’automne » _ et aussi ceci (1′ 54)… _,

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    comme, et surtout, dans ces irrésistibles et inégalables sommets, voilà !,  que sont les « 3 poèmes de Stéphane Mallarmé » du décidément génialissime Maurice Ravel,

    à se pamer de bonheur ici :

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    « Soupir » (4′ 02), « Placet futile » (4′ 16) et « Surgi de la croupe et du bond » (3′ 03)…

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    Comme si Sandrine Piau pouvait se permettre l’enchantement de seulement fredonner, jusqu’à la douce ivresse, les paroles…

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    Quel art _ quasi à la lisière de l’abstrait, dirais-je... _ du timbre et de la voix !!!

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    Ce jeudi 8 février 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le musicalissime Berlioz de John Nelson avec Joyce DiDonato et Cyrille Dubois dans « Romeo et Juliette » et « Cléopatre » : une confirmation…

    Et une nouvelle confirmation d’appréciation d’un de mes précédents articles, après, hier, la confirmation de mon « Cyrille Dubois, ténor, décidément parfait…« , par l’excellent article de ResMusica « Cyrille Dubois, ou les charmes du ténor de grâce« , sous la signature de Catherine Scholler,

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    avec cet excellent article-ci, à nouveau sur le site de ResMusica, et cette fois sous la signature de Jean-Christophe Le Toquin, « Roméo et Juliette, symphonie vraiment dramatique, avec John Nelson« , en date d’avant-hier 16 mai,

    comme confirmation dee mon article du samedi 15 avril dernier, intitulé « « …

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    Voici donc cet article d’avant-hier sur ce très marquant CD double de John Nelson, comportant aussi la sublime « Cléopatre » de Berlioz, avec Joyce DiDonato :

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    Roméo et Juliette, symphonie vraiment dramatique avec John Nelson

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    John Nelson poursuit son cycle Berlioz pour Erato avec Roméo et Juliette. De cette « symphonie dramatique » visionnaire, le chef et ses musiciens en osmose résolvent l’équation de la musique pure et du drame. La cantate Cléopâtre s’inscrit dans cet élan et est élevée en condensé prémonitoire des Troyens.

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    Ne craignons pas _ du tout ! _ de le dire, cet enregistrement, qui combine prises en concert et sans public dans la Salle Erasme de Strasbourg en juin dernier, est une réussite _ absolument _ majeure. Certes les attentes étaient fortes au vu de l’affiche, avec les mêmes chef, chœurs et orchestre que pour les Troyens (Clef d’Or ResMusica) unanimement _ et à fort juste titre !!! _ célébrés. Mais le succès n’était pas acquis, car la Damnation de Faust qui avait suivi (Erato) était _ un peu _ moins convaincante. Ici, Nelson retrouve les sommets de la discographie _ oui. Pas tant _ mais si : aussi ! _ en raison des qualités des interprètes _ vraiment superlatifs, transcendés, eux aussi _ , que de ce qu’accomplit _ sublimement le chef _ John Nelson avec eux. Fort de son expérience de l’opéra berliozien – il est le seul chef à avoir pleinement rendu justice _ oui ! _ aux Troyens, à Benvenuto Cellini et à Beatrice et Benedict (les enregistrements de Colin Davis dans ces deux derniers ouvrages cèdent le pas sur ceux de Nelson) – son Roméo et Juliette et sa Cléopâtre réalisent le rêve visionnaire de Hector Berlioz de fusionner musique et théâtre _ oui _, pureté symphonique et incarnation dramatique _ c’est on ne peut plus juste que de le souligner ainsi.

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    Revenons à la forme de l’œuvre imaginée par Berlioz : Roméo et Juliette est une « symphonie dramatique », autrement dit, explique-t-il, une « symphonie avec chœurs ». Non un « opéra de concert », ni une cantate. Et c’est bien ainsi que les plus grands chefs l’ont interprétée, Charles Munch le flamboyant (avec Boston, RCA), Colin Davis le brillant (préférer la version Philips avec le London Philharmonic Orchestra), Seiji Ozawa l’équilibré (Boston encore, DG). Tous ils dirigent une symphonie. Dans l’histoire de l’interprétation, Michael Tilson Thomas avait à notre sens marqué une inflexion notable en faisant de l’œuvre une précurseuse de West Side Story (San Francisco Symphony, Clef ResMusica, SFS Media). John Nelson va encore plus loin, et le fait avec un orchestre français.

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    Sur le plan orchestral, la version strasbourgeoise tutoie les interprétations de référence sans s’en démarquer, ce qui est déjà une belle réussite. Mais pour la Scène d’amour et la scène au Tombeau des Capulets, qui sont précisément les deux acmés de cette partition et probablement de tout l’œuvre berliozien, John Nelson et l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg dépassent leurs prédécesseurs en réalisant la fusion _ voilà ! _ des genres symphoniques et lyriques. Avec eux et dans ces deux chefs-d’œuvre absolus _ oui, oui, oui ! _ , on ne sait plus où on est, dans une symphonie ou dans un opéra de concert, et c’est sans importance : on est au cœur du drame _ voilà _, celui de l’amour et de la mort. Les moyens mis en œuvre pour parvenir à cet état de grâce ne sont pas hors normes, l’orchestre n’est pas plus virtuose ou spectaculaire que les autres, simplement les musiciens atteignent un état d’osmose _ oui _ avec le chef et la musique où il ne reste que la vie sublime et tragique. Soit exactement ce que recherchait Berlioz _ absolument !

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    Si les parties chantées n’atteignent pas _ pas tout à fait, peut-être ; et encore… _ le sublime _ oui, c’est bien ce que vise et obtient ici Berlioz _ de celles dévolues à l’orchestre, et c’est bien ainsi que l’entendait Berlioz pour Roméo et Juliette, elles sont _ au moins _ un écrin précieux, et la distribution _ formidable _ réunie contribue au succès. Face à une Joyce DiDonato aux interventions magnifiquement suspendues, mystérieuse, au timbre presque androgyne, ses partenaires masculins sont au contraire surprenamment incarnés et démonstratifs. Le très redoutable scherzetto de la Reine Mab est abordé avec verve _ magnifique ! un trait superbement français… _ par Cyrille Dubois, qui signe là une interprétation d’anthologie _ absolument ! Dans la partie finale, Christopher Maltman s’impose comme un Père Laurence à l’autorité biblique, sûr du pouvoir subjuguant de son timbre pour mettre un terme _ pacifiant _ aux rivalités des deux familles. On pourra trouver cela excessif (et être un peu gêné par un vibrato prononcé) et préférer l’humanité d’un José Van Dam (avec Ozawa), mais c’est affaire de goût. Les chœurs, le Coro Gulbenkian et le Chœur de l’Opéra national du Rhin sont d’un engagement superlatif _ oui _, leur colère « Perfides, point de paix! Non » est à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

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    Cléopâtre _ ce chef d’oeuvre éblouissant ! _ est l’occasion d’entendre Joyce DiDonato dans un _ très _ grand morceau, et de la retrouver dans une interprétation de Reine _ oui _, après sa Didon des Troyens. Si vocalement elle ne se démarque pas des interprétations de référence de ses grandes consœurs anglo-saxonnes Janet Baker (avec Colin Davis, Philips _ mais pas seulement lui… _) et Jessye Norman (avec Ozawa, Decca), et si on pourra légitimement toujours préférer la diction irréprochable des tragédiennes Anna Caterina Antonacci (avec Nézet-Séguin, BIS), Véronique Gens (Louis Langrée, Erato), cette version se rapproche par son art consommé de la direction _ oui _ de celle de Lucile Richardot avec Gardiner en concert (DVD Versailles Spectacles).

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    Ce qui est formidable avec Joyce DiDonato, ce n’est pas tant sa noblesse, la puissance veloutée de ses aigus, son sens du drame, c’est qu’elle émerge de la musique _ voilà. La prima donna s’efface pour être « simplement » la reine à l’orée de la mort. Là où tous les chefs exception faite de Gardiner dirigent Cléopâtre comme une cantate de jeunesse, ce qu’est cette œuvre composée pour le Prix de Rome (et qui effraya le jury au point qu’il refusa contre toute attente de lui donner le Premier Prix), John Nelson dirige cette partition avec l’intensité _ voilà _ des Troyens. Et comme il a raison ! _ évidemment ! On en donnera trois courts exemples. L’introduction ? Elle est soudaine et presque brutale, comme Berlioz le fera pour ouvrir ses Troyens. Chez tous les autres chefs, elle est un prélude, mais chez John Nelson, c’est déjà le drame tout entier, tout de suite _ oui _, et dont l’entrée de la mezzo n’est que la continuité. Même procédé pour la Méditation. Les accords sombres et mystérieux, une des trouvailles géniales du jeune Berlioz, sont un préliminaire chez les autres, ils sont un opéra en soi chez John Nelson. Avec lui, on ne pense plus à l’intervention à venir de la reine, et quand elle entame son invocation « Grands pharaons, nobles Lagides », on en est presque étonnés. L’effet n’en est pas moins saisissant. Dernier exemple, la conclusion. Les mots ultimes de la reine « Cléopâtre en quittant le vie / redevient digne de César! » sont suivis des silences _ oui _ et soubresauts _ voilà _ de l’orchestre représentant les effets _ terribles _ du venin dans le corps de la femme trahie. Cette exclamation peut être chantée comme un dernier défi, comme chez Antonacci. Avec Joyce DiDonato, le dernier mot « César ! » est éteint, presque inaudible _ en effet… Ce que la diva perd en éclat, le drame le récupère en vérité _ dramatique : absolument tragique. Car si son « César ! » s’entend à peine, c’est que le poison exerce déjà _ voilà, en quelques longues secondes tétanisantes, syncopées _ son emprise _ finalement _ mortelle. Et l’orchestre _ symphonique _ de John Nelson nous donne à vivre _ oui _ les derniers instants de Cléopâtre avec une acuité _ voilà _, un réalisme anthropologique _ oui _ que seul Gardiner avant lui nous proposait.

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    Ainsi cet album de John Nelson n’est pas juste un grand enregistrement de plus dans la discographie. Pour Roméo et Juliette et Cléopâtre, il réalise _ pleinement, royalement même : sublimement ! _ le rêve fou de Berlioz de fusionner _ voilà _ la musique pure et le drame.

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    Hector Berlioz (1803-1869) : Roméo et Juliette op. 17 H.79 ; Cléopâtre.

     

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    Joyce Di Donato, mezzo-soprano ; Cyrille Dubois, ténor ; Christopher Maltman, basse ;

    Coro Gulbenkian (dir. Jorge Matta) ; Chœur de l’Opéra National du Rhin (dir. Alessandra Zuppardo) ;

    Orchestre Philharmonique de Strasbourg, direction : John Nelson.

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    2 CD Erato.

    Enregistrés Salle Erasme à Strasbourg du 3 au 9 juin 2022, en public et sans public.

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    Notice de présentation de Christian Wasselin.

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    Durée : 72:26 et 39:29

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    Deux réalisations somptueuses donc, et indispensables, par conséquent, en ce merveilleux double album Erato 5054197481383…

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    Ce jeudi 18 mais 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement…

    Le degré éblouissant de réussite musicale du double CD Erato 5054197481383 de la magnifique _ et très originale _ symphonie dramatique « Roméo et Juliette » et de la percutante et frémissante scène lyrique « Cléopatre » d’Hector Berlioz, sous la direction électrisante de vie, en même temps qu’infiniment délicate, claire et juste, du chef d’orchestre John Nelson,

    a quelque chose de très surprenant et formidablement réjouissant à la fois,

    qui nous emporte…

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    Comme si nous redécouvrions en leur vérité musicale la plus intense et la plus profonde ces deux formidables chefs d’œuvre de Berlioz qui nous ont pourtant déjà enchantés…

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    Que l’on écoute ainsi le presque inaugural _ soit la plage 3 du premier CD de ce double album Erato _ sublime « Premiers transports que nul n’oublie » de Joyce DiDonato _ ici en sa prise en concert public à Strasbourg le 7 juin 2022 _ de « Roméo et Juliette« , pour un tout premier avant-goût de cette si merveilleusement  réussie interprétation collective de l’œuvre :

    …

    la direction dynamique, fluide, inspirée, claire, souple, tellement juste, de John Nelson _ idéal berliozien dans chacune de ses réalisations ! _,

    à la tête d’un hypersensible vivant et délicat à la fois Orchestre Philharmonique de Strasbourg,

    le Coro Gulbenkian et le Chœur de l’OnR _ au rôle si important dans cette œuvre (de « symphonie dramatique » riche et complexe (en même temps qu’évidente et si naturelle…), de Berlioz _,

    et bien sûr les superbes chanteurs solistes que sont la mezzo-soprano Joyce DiDonato, le ténor Cyrille Dubois _ qu’on écoute les 2′ 44 de son idéal (quel jeu ! quelle diction ! quel charme !) « Scherzetto de la reine Mab«  à la plage 5 du premier CD... _ et le baryton Christopher Maltman…

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    Ce dont rend très bien compte l’excellent détail de l’article de Charles Sigel, le 7 avril dernier, sur le site de ForumOpéra.com

    pour ce qui concerne la « Cléopatre » extraordinaire, elle aussi _ un must discographique ! _, du second CD de ce double album, dans l’interprétation-incarnation absolument superlative (!!!) _ au moins au niveau de celles de la merveilleuse Janet Baker _ de Joyce DiDonato…

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    Un généreux double album indispensable…

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    Ce samedi 15 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa