Étiquette : Henri Ledroit

  • Musiques de joie : le sublime Air de cour « Quand on vous dit que l’on vous ayme… » de Joseph Chabanceau de La Barre (1633 – 1678) par le sublime Henri Ledroit (1946 – 1988), en 1984 et en 1987

    Au sein du _ merveilleux _ répertoire de l’Air de cour français,

    la place royale, au disque, revient sans conteste au sublime

    Henri Ledroit (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1943),

    …

    et tout spécialement dans ses interprétations d‘Airs

    de Joseph Chabanceau de La Barre (Paris, 21 mai 1633 – Paris, 6 mai 1678) ;

    …

    dont le possède 2 CDs absolument magnifiques,

    stupéfiants de vie, charme et beauté  :

    …

    _ le CD Joseph Chabanceau de La Barre Airs de cour,

    soit le CD Fy FYCD 117,

    enregistré en studio à Paris du 7 au 9 août 1984,

    et comportant 14 Airs, 

    extraits du Livre d’Airs à 2 parties avec les seconds couplets en diminutions, du compositeur, publié en 1669 ;

    avec au luth et au théorbe Matthias Spaeter ;

    …

    dont le merveilleux Un feu naissant vient d’enflammer mon cœur…

    …

    …

    _ et le CD d’hommage Henri Ledroit (contreténor),

    publié par INA Mémoire vive IMV 021, en 1996,

    et comportant 4 Airs de cour de Joseph Chabanceau de La Barre ;

    avec Anne-Marie Lasla à la viole de gambe et Aline Zylberajch au clavecin,

    enregistrés live dans le cadre des Journées Lully du Centre de Musique Baroque de Versailles, en 1987 :

    …

    « Si c’est un bien que l’espérance« ,

    « Depuis quinze jusqu’à trente« ,

    « Ah ! je sens que mon cœur va mourir« 

    et « Quand on vous dit que l’on vous ayme » : mon préféré ; je le repasse en boucle…

    …

    Un clic, et vous les écoutez ici.

    …

    …

    De ce merveilleux Air Quand on vous dit que l’on vous ayme

    …

    on peut aussi comparer

    cette interprétation-là d’Henri Ledroit en 1987,

    avec la viole de gambe d’Anne-Marie Lasla et le clavecin d’Aline Zylberajch, dans le CD INA Mémoire vive

    …

    avec celle-ci d’Henri Ledroit en 1984,

    avec le luth de Matthias Spaeter, dans le CD Fy… 

    …

    …

    La voix

    et l’art de dire et chanter d’Henri Ledroit

    sont _ pour l’éternité _ frémissants de vie…

    …

    …

    Henri Ledroit,

    fauché par la camarde en mai 1988,

    n’a pas eu de vrai successeur

    dans ce chant français si délicat et fort…

    …
    …
    Ce dimanche 31 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la Cantate Was betrübst du dich, meine Seele, de Christoph Bernhard (1628 – 1692), par le génial Henri Ledroit et le Ricercar Consort

    Ce soir,

    en même temps qu’un honneur à une sublime musique :
    …

    la Cantate « Was betrübst du dich, meine Seele » de Cristoph Bernhard
    (Kolberg, 1er janvier 1628 – Dresde, 14 novembre 1692),
    extraite des Geistliche Harmonien, erster Theil, de 1665, à Dresde
    …
    un hommage à un sublime chanteur
    _ précocement disparu _ :
    …
    le génial Henri Ledroit
    (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1988),
    …
    en un CD superlatif,
    le CD Ricercar 034008 « Deutsche Barock Kantaten (I) » ;
    …
    comportant aussi des Cantates de
    Franz Tunder,
    Dietrich Buxtehude,
    Heinrich Schütz,
    Johann-Philipp Krieger,
    Johann-Rudolf Ahle,
    et l’empereur Léopold Ier,
    …
    avec le Ricercar Consort
    …
    constitué de
    François Fernandez et Mihoko Kimura, violons,
    Philippe Pierlot, Gail Ann Schröder et Kaori Uemura, basses de viole,
    et Guy Penson, orgue et clavecin ;
    …
    et sous la direction artistique de cet inlassable défricheur qu’est Jérôme Lejeune.
    …
    …
    Un programme fabuleux de beauté,
    enregistré les 9, 10 et 11 octobre 1985,
    en l’église Saint-Apollinaire de Bolland, en Belgique.
    …
    …
    Cette musique des anges à écouter ici
    …
    je l’avais découverte au concert _ dix mois auparavant cet enregistrement _
    par le même sublime Henri Ledroit, chantant à à peine deux mètres de moi,
    au Temple du Hâ à Bordeaux, le 18 décembre 1984 :
    …
    j’en possède un enregistrement…
    … 
    C’était mon tout premier concert de musique baroque.
    …
    Quel choc !
    Inoubliable !!!
    …
    …
    Ce samedi 9 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
    …
    …
    Demain, ce sera, je m’en avise à l’instant,
    le 32e anniversaire de la disparition d’Henri Ledroit.
    ….
    « A thing of beauty is a joy for ever :
    Its loveliness increases ; it will never
    Pass into nothingness ; but still will keep.
    A bower quiet for us, and a sleep. »
    …
    John Keats, Endymion
  • La Rêveuse en un CD Buxtehude pour la troisième fois : une merveilleuse réussite !

    L’Ensemble La Rêveuse

    _ autour de Florence Bolton et Benjamin Perrot _

    nous offre maintenant un troisième CD Mirare

    _  MIR 442 : un CD de cantates pour voix seules _

    consacré à Dietrich Buxtehude (1637 – 1707),

    et à des compositeurs plus ou moins de son cercle, à Lübeck

    ou Hambourg,

    _ avec, en effet, aussi, des œuvres de Franz Tunder (1614 – 1667 : le beau-père de Buxtehude),

    Johann Philipp Förtsch (1652 – 1732, musicien à Hambourg),

    Gabriel Schütz (1633 – 1710/11, né à Lübeck)

    et Christian Geist (ca. 1650 – 1711 ; lui aussi a exercé à Hambourg),

    à l’époque du développement, là, du somptueux stylus fantasticus…:

    …

    il s’agit d’œuvres conservées en manuscrits à la Bibliothèque d’Uppsala

    dans les richissimes Fonds Düben… _,

    …

    après un CD Buxtehude – Reincken, en 2009 _ MIR 074 _,

    et un autre Dietrich Buxtehude, en 2017 _ MIR 303 _,

    de musique instrumentale, ceux-là :

    …

    un CD Buxtehude Cantates pour voix seule _ Manuscrits d’Uppsala,

    avec la participation très engagée _ et magnifique _ de la superbe soprano Maïlys de Villoutreys.

    …

    …

    Ce CD est véritablement enchanteur.

    …

    …

    Et je dois dire que, personnellement,

    il me rappelle

    le tout premier concert de musique baroque auquel _ sidéré et ébloui ! _ j’ai assisté

    _ j’étais au premier rang _ :

    …

    c’était le mardi 18 décembre 1984, au Temple du Hâ, à Bordeaux ;

    …

    un récital Heinrich Schütz (1585 – 1672) – Dietrich Buxtehude (1637 – 1707)

    _ avec aussi des œuvres de Heinrich Schmelzer (1671 – 1600), Carl Friedrich Abel (1723 – 1787) et Christoph Bernhard (1627 – 1697) _

    par le sublissime Henri Ledroit,

    …

    avec Daniel Cuiller, Michèle Sauve, violons,

    Pere Ros, viole de gambe,

    et Jean-Charles Ablitzer, à l’orgue.

    …

    …

    Ce souvenir demeure, forcément, extrêmement vivant…

    …

    …

    Ce lundi 17 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Interpréter les Descentes d’Orphée aux Enfers de Marc-Antoine Charpentier : une parfaite réussite de Vox Luminis et A Nocte Temporis

    Marc-Antoine Charpentier (1643 – 1704)

    me tient tout spécialement à cœur,

    …

    ne serait-ce que par la découverte que je fis d’une partie des musiques crues perdues

    de son petit opéra de 1678 Les amours d’Acis et Galatée,

    sur un livret de Jean de La Fontaine (1621 – 1695)

    _ cf mon livret au CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, de La Simphonie du Marais dirigée par Hugo Reyne

    (CD EMI 7243 S  45229 2 5),

    un programme de concert et de disque conçu à l’occasion du tricentenaire de la mort du poète en 1995,

    et qui comporte pas mal de bien belle musique de Charpentier…

    …

    Cf aussi les précisions que j’en donne

    en mon article  du 18 avril 2009…

    …

    Cf aussi la note de Catherine Cessac à propos de cette découverte

    à la page 138 de son « Marc-Antoine Charpentier » en l’édition de 2004, chez Fayard…

    …

    …

    Aussi m’est-il hors de question

    de laisser passer le CD Orphée aux Enfers

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    de Lionel Meunier et Reinoud van Mechelen,

    …

    soit le CD Alpha 566 qui paraît présentement ;

    …

    et comporte Orphée descendant aux Enfers (H.471)

    et La Descente d’Orphée aux Enfers (H.488)

    _ ce dernier petit opéra nous étant hélas parvenu incomplet,

    privé d’un possible Acte 3 des retrouvailles aux Enfers d’Orphée et Eurydice ;

    dont on ignore même si un tel Acte 3 a été composé, puis perdu, ou bien si l’œuvre a été laissée en cet état inachevé par Charpentier lui-même :

    le manuscrit ne comportant aucune indication qui permettrait de trancher quelle a été l’intention du compositeur…

    …

    …

    Une excellente occasion de comparer quelques interprétations de ces œuvres,

    présentes parmi les CDs de ma discothèque.

    …

    …

    Je retrouve ainsi

    le bouleversant CD Ricercar RIC 037011 intitulé Orphée descendant aux Enfers,

    enregistré en 1987

    par l’unique _ et hélas irremplacé _ Henri Ledroit (1946 – 1988),

    un an à peine avant son décès prématuré.

    …

    Ainsi que le CD Erato 063011913-2 de La Descente d’Orphée aux Enfers,

    enregistré en 1995 par Les Arts Florissants,

    avec Paul Agnew en Orphée…

    …

    …

    Autant la version (d’Orphée descendant aux Enfers) du Ricercar Consort est émouvante,

    avec les tempi qui conviennent,

    et bouleversent :

    à fendre l’âme !

    …

    autant la version (de La Descente d’Orphée aux Enfers) des Arts Flo déçoit,

    avec des tempi trop rapides, inadéquats au sujet…

    _ que l’on compare ainsi, pour commencer, l’ouverture primesautière de l’œuvre par les Arts Flo en 1995

    avec l’ouverture, infiniment plus juste, en gravité, par Vox Luminis aujourd’hui… 

    …

    …

    Le présent CD

    des Ensembles Vox Luminis et A Nocte Temporis,

    est, lui, une parfaite réussite !!!

    …

    qui rend parfaitement la tension inhumaine du drame des Enfers,

    et toute la tendresse d’Orphée…

    …
    …

    Bravo !!!

    …

    …

    Les livrets de ces deux œuvres (de 1683 et 1686 ; toutes deux pour Mademoiselle de Guise) de Marc-Antoine Charpentier

    n’indiquent pas le nom du librettiste ;

    …

    mais s’inspirent précisément, les deux, des Métamorphoses d’Ovide :

    au livre X et aux vers 1 à 63,

    …

    avec le choix d’Ixion, Tantale et Tityos _ et non pas Orion, ni Sisyphe _

    comme ombres infernales suppliciées à l’infini, sans terme à venir jamais,

    avec lesquelles dialogue tendrement Orphée, en sa catabase.

    …

     

    …

    À comparer avec la Nekuia du chant XI de l’Odyssée d’Homère ;

    et les Catabases du chant VI de l’Éneïde de Virgile

    et de l’Enfer de la Divine Comédie de Dante.

    …

    …

    « Effroyables enfers« , ne sont-elles pas les premières paroles d’Orphée

    dans l’Orphée descendant aux Enfers (de 1683) ?

    …

    et « Affreux tourments« , celles d’Ixion, Tantale et Titye

    au début du second acte de La Descente d’Orphée aux Enfers (de 1686) ?..

    …

    …

    Auxquelles répondent

    et la « douce harmonie » qui « frappe l’oreille« 

    de Tantale

    dans l’œuvre de 1683 ;

    …

    et « la touchante voix » et « la douce harmonie » qui « suspend le rigoureux tourment« 

    d’Ixion, Tantale et Titye

    dans l’œuvre de 1686…

    …

    Car tel est bien l’extraordinaire efficace du chant d’Orphée

    …

    dont ces œuvres de Marc-Antoine Charpentier nous font, à leur tour, ressentir la magie

    _ au moins pour un moment _

    consolatrice…

    …

    …

    Marc-Antoine Charpentier applique,

    avec la merveilleuse tendresse qui caractérise son art,

    ce qu’il a appris des Oratorios _ sacrés _ de Carissimi à Rome,

    à l’esprit français des soirées intimes chez Mademoiselle de Guise.

    …

    …

    Ce jeudi 23 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa