Étiquette : histoire de la musique

  • Pour une histoire ré-évaluée d’une certaine surestimation de Bach vis-à-vis de Vivaldi et de Telemann, installée depuis 1830…

    C’est la re-découverte, en 1830, à l’aube du succès européen du romantisme, de la sublimissime « Passion selon Saint-Mathieu » de Johann-Sebastian Bach (1685 – 1750) par le grand Felix Mendelssohn (1809 – 1847), à un moment du revival religieux du christianisme après le Congrès de Vienne de 1815, ainsi qu’un développement en Europe du nationalisme germanique, qui a placé au premier rang des compositeurs admirés et joués en concert, le nom de Bach, bien oublié  pourtant alors depuis le décès de celui-ci en 1750 – et accaparé, ce nom de Bach, à la fin du XVIIIe siècle par deux de ses fils : le Bach de Hambourg, Carl-Philipp-Emanuel Bach (1714 – 1788) et le Bach de Londres, Johann-Christian Bach (1735 – 1762) – , et qui a bientôt fait triompher son renom, d’abord dans l’Allemagne pré-bismarckienne, et puis dans toute l’Europe, durablement marquée par le règne sociétal de la musique de Wagner (1813 – 1883)…

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    Le nom (et tout l’œuvre musical) d‘Antonio Vivaldi (1678 – 1741) étai(-en)t complètement passé(s) aux oubliettes, avant leur re-découverte récente – dans les années 30 du XXe siècle, à partir de la redécouverte des manuscrits dits de Turin de Vivaldi... – , et le revival du baroque musical – aux 2/3 du XXe siècle… – , mais en un genre de musique – de divertissement – estimé moins sérieux, et un poil trop hédoniste pour tenir le plus haut du pavé… 

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    Et il en va de même du nom et du renom posthume – après son décès à Hambourg le 25 juin 1767  –  de Georg-Philipp Telemann (1681 – 1767), pourtant bien plus célèbre de son vivant non seulement en Allemagne, mais dans l’Europe tout entière ; et alors que son œuvre orchestral a servi de modèle, à Leipzig, au Café Zimmermann, à son ami et successeur – à Leipzig,donc – Johann-Sebastian Bach…

    Ici encore en un genre de musique – orchestral : les Suites, les Concertos pour concerts publics… – estimé moins sérieux et digne de respect que la componction – solennelle – de la musique pour l’église…

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    Et c’est cette longue histoire de la hiérarchie des renoms des divers compositeurs qui continue ainsi de peser, tant sur la connaissance-méconnaissance du grand public des mélomanes, mais aussi sur l’économie – décisive ! – de la production tant de concerts que de disques diffusant la musique auprès des mélomanes,

    et cela, en dépit même du succès désormais avéré du Baroque musical…

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    Bach avant Vivaldi et avant Telemann : une affaire de hiérarchie de réputation des noms…

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    J’en veux pour preuve ces deux très significatifs CDs – tous deux publiés par le même label Harmonia Mundi – que je me suis très récemment procurés – cf mes deux articles des 30 septembre, il y a tout juste un mois, et 29 octobre derniers, c’est-à dire hier même : « L’inventivité prodigieuse et superlativement jubilatoire de Georg Philipp Telemann servie comme jamais par une éclatantissime Isabelle Faust et l’Akademie für Alte Musik Berlin : un CD diaboliquement à feu et à vif ! Quelle merveille !!! » et  » Vacances vénitiennes baroques avec Gli Incogniti d’Amandine Beyer, et le bien beau hautbois d’Emmanuel Laporte… On s’envole…« … – , qui viennent splendidement confirmer les injustices de l’ordre des réputations trop bien installées, entre Johann-Sebastian Bach, d’une part, et Antonio Vivaldi et Georg-Philipp Telemann, d’autre part, dans le genre de la musique orchestrale la plus jubilatoirement  jouissive : celle des Suites et Concertos pour ensembles orchestraux…

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    Avec un tout spécial très grand remerciement, ici, à Isabelle Faust et l’Akademir für Alte Musik Berlin, et leur étincelant formidablement jouissif CD Harmonia Mundi HMM 902756 « Georg Philipp Telemann – Violin Concertos – Overture – Suite – Fantasie« , rendant merveilleusement et pleinement justice, et avec quel brio, à l’humaniste que fut, sa longue vie durant, l’immensément généreux Georg-Philipp Telemann, organisateur de brillants et jouissifs concerts, tant à Leipzig – avant Johann Sebastian Bach –  qu’à Hambourg – avant son filleul, Carl-Philipp-Emanuel Bach : son successeur choisi par lui pour Hambourg… 

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    Ce jeudi 30 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouveaux compléments à la rédaction de mon CV de philosophe rechercheur en divers azimuts : histoire de la musique et histoire de la photographie, aussi : un troisième volet…

    En complément à mes deux précédents efforts, les 20 et 26 janvier derniers, de constituer un CV un peu présentable et recevable, en vue de me faire agréer, accepter – chose qui représente à mes yeux un épouvantable Everest à gravir, hors de ma complexion tant naturelle que culturelle ! – ,

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    sont aussi présentes à mon esprit, deux autres entreprises de recherche-déchiffrage-défrichage-découverte, les deux exprimées lors de colloques s’étant tenus en Lot-et-Garonne, à Aiguillon en 1996, et Agen en 2021 :
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    _ la première, en 1996, du temps de mon état de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, pour le colloque organisé à Aiguillon par les soins de l’ami Alain Paraillous le 19 septembre 1996, consacré aux ducs d’Aiguillon « La vie quotidienne au château d’Aiguillon du temps de sa splendeur (1775-1785) »,
    dont le numéro de la Revue de l’Agenais 17e année n°1 (janvier-mars 2000) a rendu compte, et comportant la publication, aux pages 39 à 50, de ma contribution : « la bibliothèque musicale des ducs d’Aiguillon : un aperçu historique ».
    Et sur mon blog, voici 3 articles faisant référence, au passage, à ce travail d’histoire de la musique de 1996, en date successivement :
    et du 26 septembre 2021, en un article qui me paraît intéressant aussi sur l’amplitude de mon parcours de rechercheur passionné : «  ».
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    _ et la seconde concerne mes recherches sur le contexte familial (riche et fécond) des encore étonnantes inventions photographiques du génial Louis Ducos du Hauron (Langon,1837 – Agen, 1920), l’inventeur à Lectoure en 1868 de la photographie de couleurs (cf là-dessus mon article en date du 15 juillet 2023 : « ) ;
    des recherches entreprises à partir de ma découverte, le 3 décembre 2020 de l’oeuvre et du génie très singulier de Louis Ducos du Hauron : « Langon rend hommage à un des inventeurs, langonnais, de la photographie en couleurs, en 1868 : Louis Ducos du Hauron ».
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    Sur mes recherches de l’environnement familial de Louis Ducos du Hauron (en l’occurrence ses 3 neveux, Amédée Ducos du Hauron (1867- 1937), Raymond de Bercegol (1869 – 1949) et Gaston Ducos du Hauron (1870-1970), qui tous les trois ont été des collaborateurs occasionnels de ses inventions,
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    je me permets de renvoyer aux 3 articles suivants de mon blog « En cherchant bien »,
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    Et au passage, je tiens à signaler ici la désagréable  surprise – blessante pour moi – qu’a été la découverte du pur et simple plagiat dont a été victime mon patient travail de recherche de la généalogie des trois neveux de Louis Ducos du Hauron, lors de ma lecture du Tome 148 n°3 (juillet septembre 2021), aux pages 298 à 30, de la Revue de l’Agenais, Tome 148 n°3 (juillet-septembre 2021), sans que son auteur ait jamais pris la peine de prendre contact avec moi, alors qu’il faisait référence (très discrètement) à mon blog-ami de la librairie Mollat ! : il se contente en effet de 2 notes de bas de page, en très petits caractères,
    aux pages 298 (Francis Lippa en contact avec des membres de sa famille – c’est-à-dire certains des descendants d’Alcide Ducos du Hauron –  a essayé (sic !) dans son blog de constituer la descendance actuelle des différentes branches http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/2020/12/ et suite…),
    et 301 http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/20201/01/05/un-essai-de-recollection-du-parcours-dans-ladministration-de-lalgerie-damedee-ducos-du-hauron-entre-1898-et-1927/ ), ainsi qu’une mention, elle aussi en très petits caractères, au sein de la figure 11, page 300 (« Cettre fratrie – des 10 enfants d’Alfred de Lamarque et son épouse Etiennette Ducos du Hauron – est extraite du blog Mollat de Francis Lippa »), renvoyant aux articles (de décembre 2020, puis du 5 janvier 2021) de mon blog « En cherchant bien »… 
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    Et il me faut ajouter que quand l’auteur de ce pur et simple plagiat de longues et patientes recherches égrenées au fil d’articles successifs de mon blog – qui en revanche a été l’occasion d’une amitié vraie et poursuivie avec Joël Petitjean, LE spécialiste de Louis Ducos du Hauron, lecteur que je sais quotidien de mon blog ! – , a remarqué une erreur de généalogie de ma part (j’avais attribué faussement à Marie-Louis-Amédée Ducos du Hauron, né à Agen le 24 mars 1867 et décédé à Alger le 14 juillet 1935, la date de naissance de son frère aîné Henri-Amédée-Lionel, né à Agen le 9 février 1866, et précocement décédé, à Agen, le 11 juillet 1866), ce monsieur, injoignable au téléphone, n’a pas non plus pris soin de m’en avertir, afin de me permettre de publier le rectificatif qui s’imposait ; tout en recopiant sans scrupule l’ensemble des résultats de mes travaux (y compris une ou deux erreurs de frappe de ma part : qu’il n’avait pas pris soin, lui, de vérifier…).
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    Lors de la publication des Actes du colloque « Ducos du Hauron (1837 – 1920) » qui s’est tenu au Théâtre d’Agen le 27 novembre 2021 – et j’y étais présent, en simple spectateur au dernier rang de la salle ; et j’ai posé une question après l’intervention (brillante) de Joël Petijean -, dans le Recueil des travaux de l’Académie d’Agen 3e série tome XVI, 2022,
    dans son « Complément pour la biographie de Ducos du Hauron » (aux pages 143 à 153), Alain Serventi a repris les généalogies détaillées qu’il avait pu découvrir sur mon blog « En cherchant bien » à nouveau comme si c’était lui-même qui les avait recherchées et établies, sans m’en attribuer la paternité ; à peine les relie-t-il à mon blog en ces mêmes 2 petites notes de bas-de-page, aux pages 152 (« Francis Lippa en contact avec des membres de sa famille – c’est-à dire certains des descendants d’Alcide Ducos du Hauron – a essayé (sic !) dans son blog de constituer la descendance actuelle des différentes branches. http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/2020/12/ et suite… »)
    et 153 (« http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/20201/01/05/un-essai-de-recollection-du-parcours-dans-ladministration-de-lalgerie-damedee-ducos-du-hauron-entre-1898-et-1927/ »).
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    Ce manque de courtoisie entre chercheurs me choque et continue de me blesser : pas un mot de regret de pareille désinvolture déontologique à mon égard…
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    Voilà ce troisième volet pour compléter mon CV de rechercheur passionné.
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    Et il me faut aussi ajouter, ce jour, que la communication téléphonique que je viens d’avoir ce lundi matin avec Joël Petitjean vient de m’apprendre le décès le 8 août dernier, à Clichy, de Claude Lamarque (9 août 1941 – 8 août 2024), le plus jeune des petits-fils de Gaston Ducos du Hauron (et arrière-petits-neveux de l’inventeur Louis Ducos du Hauron), avec lequel je m’étais à plusieurs reprises entretenu au téléphone (cf en particulier mon crucial article du 20 décembre 2020 : «  »…
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    Ce lundi 27 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Comment passer de l’écoute d’un CD enchanteur à un CD qui ne souffre pas trop de la comparaison ? D’interprétations de Domenico Scarlatti (1685 – 1757) à des interprétations d’Hélène de Montgeroult (1764 – 1836), compositrice toute de fraîcheur et vitalité, entre Mozart et Mendelssohn…

    C’est toujours une difficulté pour le mélomane discophile de passer d’une écoute enthousiaste d’un CD _ tel le CD Arcana A 568 « Domenico Scarlatti – A Man of Genius – Sonatas 1752-1753 » du merveilleux claviériste qu’est Francesco Corti (cf mon article d’hier 1er octobre « « )… _ à l’écoute d’un CD suivant,

    et consacré à l’œuvre d’un compositeur qui supportera de passer immédiatement, en l’occurrence, après un génie aussi exceptionnel que le merveilleux Domenico Scarlatti (Naples, 1685 – Madrid, 1757)…

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    Eh bien ! la surprise toute récente d’une écoute au vol, sur mon autoradio, en allant faire mes courses un matin de cette semaine, sur l’antenne de France-Musique, d’extraits d’un CD d’Elisabeth Pion _ j’ai retenu le nom de l’interprète _ interprétant sur un très beau piano-forte des œuvres de la compositrice Hélène de Montgeroult (Lyon, 2 mars 1764 – Florence, 20 mai 1836), m’a convaincu de me mettre à la recherche d’exemplaires de CDs de cette compositrice jusqu’ici inconnue de moi…

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    Ainsi,

    si je n’ai pas encore réussi à dénicher ce CD Atma Classique ATM 2885 « Amadeus et l’Impératrice » d’Elisabeth Pion,

    au moins, ai-je pu mettre la main, d’une part, sur le CD Seulétoile 09 « Hélène de Montgeroult – Portrait d’une compositrice visionnaire« , de Marcia Hadjimarkos, piano-forte, Beth Taylor, mezzo-soprano, et Nicolas Mazzoleni, violon _ enregistré à Pressy-sous-Dondin, en Bourgogne, du 12 au 16 septembre 2022 _,  et d’autre part, le triple album Brilliant Classics 96247 « Hélène de Montgeroult – Complete Piano Sonatas« , de Simone Pierini, sur un très beau piano-forte J. Haselmann (ca première décennie du 19e siècle) _ enregistré du 15 au 17 juin 2021, à Monte Compatri, en Italie.

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    Une musique séduisante et toute de fraîcheur, et les deux fois interprétée avec grâce et jubilation sur de superbes instruments tout à fait idiosyncrasiques pour servir cette musique peu courrue,

    et dont l’écoute, via ces CDs, ne pâtit absolument pas, toutes proportions bien sûr gardées, de suivre l’écoute _ enchanteresse pour moi _ du CD de Domenico Scarlatti servi si merveilleusement par ce magicien qu’est Francesco Corti…

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    Et sur ces deux très réussies réalisations discographiques, 

    j’ai pu trouver, en cherchant un peu sur le Net, ces deux articles suivants,

    du 6 octobre 2023, sous la plume de Christophe Huss : « Hélène de Montgeroult. Sonates pour piano, Simone Pierini« , pour Le Devoir, de Montréal ;

    et du 10 décembre 2023, sous la plume de Jean Lacroix : « Hélène de Montgeroult, sur un pianoforte carré d’Antoine Neuhaus« , pour le magazine belge Crescendo…

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    Hélène de Montgeroult. Sonates pour piano, Simone Pierini

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    Alors que cette fin de semaine Arion, Mathieu Lussier et la pianiste Élisabeth Pion présenteront _ en concert _ un Concerto pour piano d’Hélène de Montgeroult (1764-1836), les enregistrements de la musique pour piano de cette dernière se multiplient. Cette compositrice, assurément parmi les plus intéressantes _ voilà… _ révélées ces dernières années, nous avait été dévoilée par Edna Stern. La pianiste avait opéré des choix pour montrer comment Montgeroult, à partir du classicisme, pouvait évoquer parfois Scarlatti _ nous y voici !!! _ et annoncer Schubert. Une nouvelle façon d’explorer est de tout prendre et de faire son choix soi-même. La possibilité est offerte par deux intégrales des 9 Sonates pour piano de Montgeroult désormais disponibles : l’une de Nicolas Horvath parue en novembre 2021 chez Grand Piano ; et l’autre de Simone Pierini. Différence majeure et notable : l’instrument, un Steinway capté de manière assez dure pour Horvath, et un superbe pianoforte, conçu entre 1800 et 1810 par Haselmann, pour Pierini. Deux pianistes compétents, mais une bonne dose de charme _ oui, oui, oui ; et c’est incontestable ! _ supplémentaire ici _ écoutez ici les podcasts de ces 3 CDs.

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    Hélène de Montgeroult, sur un pianoforte carré d’Antoine Neuhaus

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    LE 10 DÉCEMBRE 2023 par Jean Lacroix
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    Hélène de Montgeroult (1764-1836) : Onze Études pour la main droite, pour la main gauche ou pour les deux mains, pour pianoforte ; Six Nocturnes à voix seule avec accompagnement de pianoforte ; Sonate en la mineur pour forte piano avec accompagnement de violon op. 2 n° 3.

    Marcia Hadjimarkos, pianoforte ; Beth Taylor, mezzo-soprano ; Nicolas Mazzoleni, violon.

    2022.

    Notice en français.

    61.50.

    Seulétoile SE09.

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    L’intérêt pour Hélène de Montgeroult s’est développé depuis 2006, lorsque le musicologue français Jérôme Dorival a publié à Lyon, chez Symétrie, une biographie consacrée à cette compositrice d’origine aristocratique qui échappa à la guillotine lors de la Terreur, en improvisant sur La Marseillaise devant le tribunal révolutionnaire, avant d’être la première femme à devenir professeur de piano au Conservatoire de Paris. Ces deux dernières décennies, plusieurs pianistes se sont intéressés à ses nombreuses Études, écrites entre 1788 et 1812 et publiées en 1816 dans son Cours complet pour l’enseignement du fortepiano. Bruno Robillard (2006), Nicolas Stavy (2009), tous deux pour Hortus, Edna Stern (2017, Orchid Classics) ou Clare Hammond (2021, BIS) en ont proposé une sélection.

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    Le présent enregistrement, sous-titré « Portrait d’une compositrice visionnaire », consiste en une approche différente. Dans une esquisse biographique insérée, Jérôme Dorival précise : Aucun enregistrement de la musique de Montgeroult sur un piano de son temps n’ayant encore été réalisé, il était donc urgent de le faire, et le choix d’un pianoforte carré français du début du XIXe siècle se révèle très judicieux, parce qu’il est vraiment contemporain de sa musique _ voilà _ et parce que les destinataires de ses œuvres jouaient ce genre de pianos. C’est à cette tentative d’authenticité que s’est attelée la Française d’origine américaine Marcia Hadjimarkos, qui a été l’élève de Jos van Immerseel au milieu des années 1990, et s’est spécialisée dans les instruments anciens. Son programme d’Études de Montgeroult recoupe un peu celui de Clare Hammond (quatre morceaux), mais, parmi les onze pièces qu’elle propose, trois sont enregistrées pour la première fois.

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    C’est un pianoforte carré de 1817 d’Antoine Neuhaus, natif de Vienne, installé à Paris en 1809, où il exerça jusqu’en 1827, qui a été choisi. Comme l’explique Matthieu Vion, son restaurateur en 2021, il n’existe que deux instruments de la production de Neuhaus qui soient connus. On lira la description par Vion de celui qui a été retenu ici (photographie en couleurs), les détails concernant le meuble, la mécanique et les registres. On découvrira, grâce aux détails fournis dans une longue note par Marcia Hadjimarkos, qu’il dispose de quatre pédales activant quatre registres, à savoir la pédale forte, le jeu de luth, le jeu céleste et le jeu de basson, et les considérations que l’artiste en déduit quant à son propre choix, notamment pour l’utilisation de la pédale. La variété d’effets et de couleurs que l’on peut obtenir en associant un toucher sensible aux différents registres du piano carré permettent de produire une riche palette sonore et d’évoquer une multitude d’atmosphères et d’émotions _ voilà qui est intéressant.

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    Le mélomane est ainsi transporté _ oui _ dans un univers expressif, débordant de noble vitalité _ oui, oui _, que Marcia Hadjimarkos sert avec une souplesse de chaque instant _ absolument ; écoutez-ici les podcasts de ce CD. Les études choisies montrent l’éventail de ces « leçons », à destination des deux mains, de la main droite ou de la main gauche, Montgeroult, selon son habitude pédagogique, ajoutant une précision quant à chaque contenu : « pour bien accorder le chant avec l’accompagnement » ; « pour les notes pointées » ; « pour la difficulté du ton », etc. L’interprète signale encore que les études sont souvent écrites dans un style plus romantique que classique, préfigurant ainsi les pages de compositeurs comme Schubert, Mendelssohn, Schumann ou Chopin. Les propositions de Clare Hammond, pour BIS, sur un Steinway qui soulignait les audaces harmoniques, et celles de Marcia Hadjimarkos, dans sa recherche d’authenticité, feront bon ménage côte à côte dans une discothèque.

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    L’intérêt de cet album consiste aussi dans les compléments aux études. Montgeroult a souvent évoqué l’art du chant dans son Cours complet et était attirée par l’art vocal italien. Pourtant, sa production dans ce domaine est des plus minimes : les six Nocturnes à voix seule avec accompagnement de piano, la plupart sur des textes de Métastase autour de l’amour, sont gravés ici pour la première fois. Si l’on y ajoute la Sonate en fa mineur pour fortepiano avec accompagnement de violon qui figure en fin d’album, on aura fait le tour de sa musique de chambre, autre pan, limité mais non négligeable, qui rappelle notamment que cette aristocrate, qui tenait salon parisien, joua souvent avec des violonistes, comme Giovanni Battista Viotti. La mezzo-soprano Beth Taylor et le violoniste Nicolas Mazzoleni sont de dignes partenaires _ oui _ de Marcia Hadjimarkos.

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    Son : 9  Notice : 10  Répertoire : 9  Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

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    De bien belles découvertes, tout à fait jouissives, et un peu hors des sentiers battus et rebattus :

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    entre Scarlatti (1685 – 1757) et Mozart (1756 – 1791), et Mendelssohn (1809 – 1847) et Chopin (1810 – 1849) _ je veux parler bien sûr de leurs styles… _, si l’on veut grosso modo situer Hélène de Montgeroult (1764 – 1836) et son œuvre singulière _ et son piano-forte… _ dans l’histoire de la musique.

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    Ce mercredi 2 octobre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le « Une Histoire vivante de la musique _ Du Psaume à Pierre Boulez », de Mélanie Levy-Thiébaut : un ouvrage qui mérite assurément bien son nom !

    Ma curiosité _ empathique _ envers la personnalité et l’œuvre musical de la compositrice Graciane Finzi _ cf mon article du vendredi 30 juin dernier : « « … _

    m’a amené à désirer connaître aussi le travail de parcours de l’Histoire de la Musique de sa fille, la chef d’orchestre Mélanie Levy Thiébaut, « Une Histoire vivante de la musique _ du psaume à Pierre Boulez » _ cf aussi cette très attractive vidéo Mollat de 8′, en date du 3 avril 2022 _,

    un ouvrage substantiel de 290 pages paru le 2 février 2022 aux Éditions Flammarion…

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    Ce mercredi 12 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa