Étiquette : Hugo Reyne

  • De très émouvantes Sonades pour le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin, par La Simphonie du Marais

    Pour célébrer avec éclat et justesse le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin (1668 – 1733),

    …

    Hugo Reyne et son ensemble La Simphonie du Marais _ créé en 1987 _

    nous offrent un très beau et très émouvant CD,

    intitulé Les Nations réunies & autres Sonades,

    constitué de l’ensemble des sept Sonades composées par François Couperin,

    entre 1690, pour la Pucelle,

    et 1710, pour la Convalescente ;

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    et publié par le label créé par Hugo Reyne Musiques à la Chabotterie.

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    Quatre d’entre ces Sonades,

    la Pucelle (devenue La Française),

    La Visionnaire, devenue L’Espagnole,

    L’Astrée, devenue La Piémontaise,

    et La Convalescente, devenue L’Impériale,

    constitueront les 4 Sonades en trio du recueil Les Nations, publié en 1726.

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    Les Sonades en trio

    La Steinkerque (de 1692),

    & La Superbe (d’environ 1700),

    ainsi que la Sonade en quatuor La Sultane (d’environ 1700),

    ne seront pas reprises en recueil par François Couperin.

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    Ce très réussi CD

    parfaitement _ et même idéalement _ dans l’esprit du compositeur,

    comporte aussi les pièces de clavecin suivantes :

    La Visionnaire (de 1730),

    La Superbe, ou la Forqueray (de 1722)

    & La Convalescente (de 1730).

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    Ainsi que,

    pour clore en beauté le concert,

    La Paix du Parnasse, extraite de l’Apothéose de Monsieur de Lully,,

    proposée ici comme un Tombeau de François Couperin.

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    Le CD est dédié à Maurice Reyne, disparu le 22 février dernier.

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    Un superbe hommage,

    que cette parfaite si délicate musique.

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    Ce vendredi 8 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une pensée pour le départ de Jean-Marie Amat

    Le prestigieux et très aimable et accessible créateur du Saint-James _ Cours de l’Intendance, à Bordeaux, puis à Bouliac _, le chef Jean-Marie Amat, vient de nous quitter, ce lundi 5 mars, après une terrible maladie.

    …

    Ayant tout récemment rencontré _ c’était le 7 février dernier, il y a tout juste un mois, à la galerie Arrêt sur l’Image (de Nathalie Lamire-Fabre), pour une petite séquence filmée (de 2′) qui fut amplement diffusée sur FR3 _ son actuel successeur au Saint-James de Bouliac, le très talentueux _ et fort sympathique ! _ Nicolas Magie,

    je m’étais enquis auprès de ce dernier de ce que devenait Jean-Marie Amat ;

    et Nicolas Magie m’avait informé de l’état de santé de celui-ci… J’en étais navré.

    …

    Et j’avais raconté à Nicolas Magie mon extraordinaire souvenir d’avoir dîné avec Jean-Marie Amat et ses assistants, dans la cuisine même où était préparé, au CAPC de Bordeaux, un somptueux repas de gala, le jeudi 12 novembre 1992, pour l’anniversaire des 400 ans de la mort de Montaigne _ le plus prestigieux titulaire, à jamais, de la mairie de Bordeaux ; et décédé dans la tour de son château de Montaigne le 13 septembre 1592… _ ;

    un repas de 20 (ou plutôt 30) convives _ je ne me souviens pas s’il y avait deux ou trois tables de dix convives chacune : trois, me semble-t-il _, autour de Jacques Chaban-Delmas (et des personnes de la Mairie) et de Jacques Valade (et des personnes du Conseil Régional d’Aquitaine, afin de célébrer _ en musique ad hoc aussi _ le plus illustre des maires de Bordeaux.

    …

    Quant à moi, pour ce concert privé, j’avais fait des recherches sur la totalité des références à la musique et aux musiciens présentes dans les Essais de Montaigne : pour n’en découvrir que fort peu _ à l’exception d’usages métaphoriques de ce mot de « musique«  et son champ lexical ! _ ;

    à part l’anecdote bien connue de la coutume instituée par le père de Montaigne de faire réveiller son fils aîné par le son harmonieux de la flûte…

    Mais Montaigne ne cite jamais un seul nom de compositeur, ni de musicien-interprète.

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    En France, le premier écrivain à le faire, sera, un demi-siècle plus tard, La Fontaine _ profondément mélomane, ainsi qu’auteur de chansons, et surtout du livret de l’opéra (de Collasse) L’Astrée, créé le 28 novembre 1691, à l’Académie royale de Musique, à Paris _ ; cf mon texte de présentation dans le livret du CD (paru en 1995) Un Portrait musical de Jean de La Fontaine (CD EMI-Virgin 7243 5 45229 2 5) _ pour lequel j’avais mené, une année durant, des recherches approfondies, couronnées d’extraordinaires découvertes concernant le « petit opéra«  « Les Amours d’Acis et Galatée« , de Marc-Antoine Charpentier, donné en privé à Paris, chez Monsieur de Rians, en 1678, sur un livret de Jean de La Fontaine, supposé jusqu’alors inachevé, et surtout jamais mis en musique !..  

     

    …

    A cette époque de Montaigne, en France, en effet,

    ni les musiciens-interprètes, ni les musiciens-compositeurs, n’étaient quasiment jamais cités dans les compte-rendus des cérémonies officielles :

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    ainsi ceux qui accompagnèrent la cérémonie de mariage de Louis XIII et Anne d’Autriche à la cathédrale saint-André de Bordeaux, le 28 novembre 1615, demeurent-ils anonymes pour nous…

    On ne peut re-trouver trace de leur présence qu’en recoupant avec beaucoup de patience les documents qui demeurent les plus divers…

    …

    Conseiller artistique de la Simphonie du Marais (et son chef, Hugo Reyne),

    je filmais, donc, au camescope les 4 musiciens _ dont Hugo Reyne et Pierre Hamon _ qui accompagnaient, au rez-de-chaussée, dans l’immense salle du CAPC, avec de la musique du temps de Montaigne, ce très brillant repas, servi, lui, sur trois très grandes tables rondes, dans une des galeries de l’étage…

    …

    Ensuite, j’ai dîné à plusieurs reprises au Bistroy du Saint-James, à Bouliac…

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    Je me souviens donc avec pas mal d’émotion de Jean-Marie Amat.

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    Ce mardi 6 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Par ce lien à cet article-ci : Gastronomie : disparition à Bordeaux du chef Jean-Marie Amat

    on peut écouter l’hommage ému de Nicolas Magie à Jean-Marie Amat.

  • Un délicieux (et très arcadien) CD François Couperin : Les Muses naissantes

    François Couperin (1668 – 1733) est un compositeur particulièrement difficile à « attraper » par les interprètes, au comble de la rencontre la plus improbable entre le plus subtil raffinement et l’évidence du plus simple naturel, en la sprezzatura toute française de sa délicate et fluente musique…

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    Eh bien, c’est cet impossible miracle que réalise en ce CD intitulé Les Muses naissantes (CD Ricercar RIC 387) l’ensemble de petit effectif _ ils sont huit : Atsushi Sakai & Marion Martineau : violes ; Morgane Eouzan : flûre ; Bojan Cicic : violon, Guillaume Cuiller & Vincent Blanchard : hautbois ; Nicolas André : basson ; et Brice Sailly : clavecin  _ La Chambre claire, réuni autour du claveciniste et chef Brice Sailly ; que rejoint pour délicieux 5 Airs sérieux, Emmanuelle De Negri, soprano.

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    LES MUSES NAISSANTES

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    François Couperin est un compositeur qui me tient tout particulièrement à cœur :

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    En 1995,

    quand pour le tricentenaire de la mort de La Fontaine (1621-1695), Hugo Reyne et moi-même avons composé le programme du passionnant CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine, par La Simphonie du Marais (CD EMI – Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5),

    ce CD comportait deux œuvres de François Couperin, rendant ainsi hommage à la poésie délicate de Jean de La Fontaine :

    …

    la sonate L’Astrée, composée par François Couperin vers 1695

    _ en clair hommage à l’opéra Astrée (créé le 28 novembre 1691 sur la scène de l’Académie royale de Musique) de Pascal Collasse sur un livret de Jean de La Fontaine _ ;

    et l’Air à boire l’Epitaphe d’un paresseux, composé sur un poème _ malicieux _ de La Fontaine par François Couperin, qui publie l’Air en 1706

    _ probablement pour avoir découvert ce poème

    jadis écrit, avant 1660, en hommage non dénué d’humour au généreux (et fastueux) mécénat de Nicolas Fouquet qui rétribuait le poète de son cénacle,

    en conclusion, en forme de pirouette poétique, de la notice nécrologique de Jean de La Fontaine parue dans le Mercure galant :

    le poète venait de rendre son âme à Dieu le 13 avril 1695…

    Et de ce spirituel hommage nécrologique,

    La Fontaine a hérité la réputation parfaitement usurpée d’avoir été un paresseux !!!

    …

    Nicolas Fouquet, L’Astrée, Honoré d’Urfé :

    on voit que, via la sublime poésie de Jean de La Fontaine,

    les références de François Couperin, en 1695 comme en 1706, remontent, non sans quelque nostalgie (arcadienne ?), loin, loin, dans la plus délicate poésie, pleine de grâces, et même féérique, du siècle qui venait de s’écouler…

    …

    On relira aussi avec profit le merveilleux et très détaillé portrait de François Couperin que donna Philippe Beaussant.

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    Ce jeudi 22 février 2018, Titus-Curiosus – Francis Lippa

     

  • Curiosité, inspiration et génie : splendeur de la conférence (artiste et rigoureuse) de Mireille Delmas-Marty au Festival Philosophia 2010 à Saint-Emilion

    Hier, sur la foi de la satisfaction de ma découverte l’an passé du Festival « Philosophia » (à Saint-Émilion),

    avec, notamment les conférences (superbes !) d’Olivier Mongin et Bernard Stiegler _ le « thème«  de cette cuvée-là était « le monde » (« à l’heure de la mondialisation« ) ; cf mon article (avec lien au podcast) de compte rendu, le 31 mai 2009 : « Très fortes conférences d’Olivier Mongin et Bernard Stiegler à propos de ce qu’est “faire monde”, à l’excellent Festival “Philosophia” de Saint-Emilion« … _,

    j’avais hâte de renouveler l’expérience,

    d’autant que le « thème » de cette année-ci était « l’imagination » _ un mets de choix pour qui s’intéresse à la poïétique ! à la création par l’esprit (en acte et à l’œuvre !) : artistique et autre…

    …

    Un dilemme, toutefois, se posait à moi :

    à l’heure de 15 heures 30,

    et l’anthropologue Franco La Cecla

    et la juriste, professeur au Collège de France, Mireille Delmas-Marty

    proposaient simultanément deux (très prometteuses) conférences :

    le premier, au Clos Fourtet, sur le sujet de « L’Imagination au masculin » ;

    la seconde, répondant aux questions de l’excellent Nicolas Truong _ l’animateur de rencontres dans le cadre du Festival d’Avignon : Le Théâtre des idées : 50 penseurs pour comprendre le XXIème siècle… _, sur le sujet de « Imaginaire et rigueur : imaginer un droit mondial« …

    …

    De Franco La Cecla _ aujourd’hui professeur d’anthropologie culturelle à Milan et Barcelone, ce natif de Palerme a aussi enseigné à la faculté d’architecture à Venise et été « consultant » auprès de Renzo Piano… _, j’avais découvert avec beaucoup de plaisir et d’intérêt, en 2004, d’abord le passionnant et très incisif Je te quitte, moi non plus _ ou l’art de la rupture amoureuse, puis, dans la foulée, Le Malentendu _ sur une question que j’estime cruciale, au sein des rapports humains ! et sur les conseils d’Isabelle, libraire au rayon « Sciences humaines » de la librairie Mollat : le livre est paru en 1997 aux Éditions Balland _, et Ce qui fait un homme, paru aux Éditions Liana Levi en 2002 ;

    ce mois-ci, je me suis plongé avec satisfaction encore _ et je dois en rédiger, pour ce blog, un compte-rendu _ dans le délicieusement incisif, lui aussi, Contre l’architecture (aux Éditions Arléa) : c’est-à-dire vis-à-vis de certaines dérives du « gratin » des architectes les mieux (!) reconnus internationalement (= sur le marché !) au détriment du souci (et de la qualité) de l’urbanisme ! un enjeu d’importance, on peut (et on pourra) en juger… ;

    …

    quant à Mireille Delmas-Marty,

    pour goûter tout spécialement _ et c’est un euphémisme ! _ la diffusion, le matin entre 6 et 7 heures (quand je prends la route pour gagner mon lieu de travail), de ses splendides cours au Collège de France ; de même que sa participation, parfois, à l’excellent « Le Bien public« , d’Antoine Garapon, le mercredi de 11 heures à midi ; les deux sur l’antenne de France-Culture

    _ une exception (pour combien de temps encore ?) que ce France-Culture ! dans un paysage audio-visuel se dégradant (= dégradé !) à vitesse grand V, parmi les effluves nauséabonds triomphants (= « l’air du temps » !) de l’affairisme et du populisme conjugués de la com’, dans tant de médias, ces temps-ci…

    je me suis précipité dès sa parution, sur son tout récent Libertés et sûreté dans un monde dangereux (aux Éditions du Seuil) _ j’y consacrerai aussi un article ; j’ai déjà indiqué que Michaël Foessel le citait en son important État de Vigilance _ Critique de la banalité sécuritaire !

    cf mon article du 22 avril dernier : « Le courage de “faire monde” (face à la banalisation esseulante du tout sécuritaire) : un très beau travail d’anthropologie à incidences politiques de Michaël Foessel« … _,

    …

    Mireille Delmas-Marty est, à mes yeux, un contemporain majeur !

    …

    Et sa conférence _ en la salle des Dominicains _ m’a comblé :

    rien que pour des contributions de cette qualité-là, un Festival (de philosophie) tel que Philosophia se justifie !!!

    …

    Voici ce que, dès la première heure ce matin,

    et pour remercier son remarquable interviewer _ les meilleures conférences étant les conversations vivantes !!! _

    j’écrivais à Nicolas Truong :

    …

    De : Titus Curiosus

    Objet : Philosophia hier à Saint-Emilion + des curiosités croisées
    Date : 30 mai 2010 09:09:14 HAEC
    À :   Nicolas Truong

    …

    Cher Nicolas Truong,
    …
    d’abord, j’ai plaisir à vous féliciter pour la qualité de votre « dialogue » avec Mireille Delmas-Marty,
    même si l’
    opération est, ici, éminemment facilitée _ et comment ! _ par la personnalité « d’exception » (= géniale ! tout bonnement ! cf le concept tel que le propose Kant en sa Critique de la faculté de juger…) d’un interlocuteur tel que Mireille Delmas-Marty :
    une personnalité
    _ et un esprit ; et un auteur _ proprement admirable !
    …
    Avec et de l’ »inspiration » et du « génie » (tout à la fois poïétique et conceptuel : mais les deux sont-ils, de fait, séparables ? _ peut-on séparer radicalement la métaphore du concept ? ce point a aussi été abordé, en la (très belle !) conférence, à 17 heures de Jean-Jacques Wunenburger : « L’Imagination au cœur de l’existence« … _),
    car ils se sont fait parfaitement (= très clairement) « sensibles » _ au public hyper attentif ! _ cette heure et demie là, en la salle des Dominicains :

    …

    merci à elle ! et merci à vous de lui avoir permis

    et d’en faire preuve, en son exposé en répondant à vos questions « centrales«  _ c’est important d’avoir su (si) bien préparer (sur le fond !) la rencontre _

    et en sachant si bien en exposer quelques tenants et aboutissants « théoriques« , sinon « épistémologiques« , à l’œuvre en sa recherche juridique : toujours vivante ; continûment en chantier, ainsi qu’elle l’a elle-même indiqué à propos de nouvelles éventualités (= hypothèses, pistes, programmes) de recherche _ l’institution du Collège de France, par François Ier, en 1530, est une institution prodigieuse…

    …
    « Inspiration« , « Génie » : c’est d’ailleurs là
    LA question de fond

    (= LE fondamental !)

    qui devait être « traitée » par une manifestation « philosophique » telle que « Philosophia« 

    se donnant pour « thème«  (= matière à problématisations ! par les conférenciers invités : « à plancher » !) l’imagination…
    …
    Mireille-Delmas-Marty l’abordant, elle,

    et à partir de vos excellentes questions, donc,
    à partir de sa pratique propre _ particulière et empirique : juridique ! _

    de ce qu’elle nomme les « forces imaginantes » du Droit ;

    …

    et pas « théoriquement » (ou philosophiquement, si l’on préfère),
    ainsi qu’elle l’a précisé, en réponse à ma question _ à la fin _, de son « impasse« , en sa conférence, sur le « champ » plus spécifiquement « philosophique » (théorique ! voire épistémologique) de l’exploration _ c’est une dynamique ! _ de la faculté d’imagination :

    …

    le concept de « génie » tel qu’il est exploré par Kant en sa Critique de la faculté de juger,
    L’Institution imaginaire de la société
    , cet ouvrage majeur du XXème siècle, et l’exploration de Cornelius Castoriadis ;
    mais aussi
    , moins repérés, L’Invention intellectuelle de Judith Schlanger (aux Éditions Fayard, en 1983)

    et La pensée vive _ essai sur l’inspiration philosophique de Marianne Massin _ la fille de Jean et Brigitte Massin, les musicologues…

    …

    Je pense aussi aux travaux (bien connus) d’Edgar Morin ;

    ainsi qu’à ceux de Nicole Lapierre : Pensons ailleurs ;

    ainsi que ceux d’un François Jullien : par exemple Penser d’un dehors (la Chine), en dialogue avec Thierry Marchaisse, ici : en 2000, un livre passionnant !..

    …

    J’étais d’autant plus « aux anges »
    que je venais d’être déçu par le non professionnalisme de la conférencière que j’avais écoutée l’heure d’avant (en un exposé réduit à 40 minutes : à son plus grand soulagement !),
    qui n’avait rien de vraiment senti, ni de personnel à « dire« ,
    pas davantage que le (moindre) désir de susciter l’attention et la compréhension du public présent _ à un point caricatural d’égocentrisme (carriériste ? et germano-pratin ?) ! me suis-je dit en mon for intérieur : c’est ainsi que j’ai ressenti la « performance« …

    Quelques ressucées _ à propos de Gaston Bachelard et d’Henry Corbin _ d’une thèse universitaire sienne (déjà ancienne, a-t-elle elle même avoué-proclamé) + quelques aperçus sur son dernier ouvrage publié (de plus fraîche mémoire, lui), lui suffisant apparemment !

    D’ailleurs, ce dernier livre que je suis en train de lire est lui-même fort brouillon, à mon goût ; et je ne le recommanderai pas !
    …
    Heureusement,
    la conférence à 17 heures de Jean-Jacques Wunenburger
    (maîtrisant, lui, son sujet) fut tout à la fois et (bien plus) sérieuse (précise, éclairante) et (bien mieux) inspirée :

    le conférencier non seulement avait « préparé« , lui, sa conférence _ et pas seulement « ramassé«  précipitamment (entre deux trains…) quelques anciennes « notes« , sans prendre la peine (ou si peu, de rien « situer » auprès d’un public non universitaire guère averti ni du bachelardisme, ni du soufisme décortiqué par Corbin !) : un défaut que ne se permettrait pas un professeur de Terminales de lycée!) _ mais il recherchait « vraiment » (et avec talent !) la compréhension réceptive du public (tel qu’il était) : il l’a trouvée ! en sachant « se faire pédagogique » et « vivant » ! _ encore faut-il au moins le désirer ! et désirer partager sa pensée, sa recherche, ses explications, ses lumières…
    …
    Au passage _ à propos de la sélection des intervenants à Philosophia _,
    je regrette que les « décideurs » de Philosophia aient négligé de faire appel
    à Marie-José Mondzain : sur l’image !

    …
    Bref,

    vos questions

    allaient à l’essentiel ;
    et j’ai bien apprécié, déjà, votre question d’ouverture
    de l’échange

    invitant Mireille Delmas-Marty à présenter (= « situer » !!!)  ce qui dans son histoire personnelle avait pu l’ »incliner » à ces (et ses) recherches _ quant à un « droit mondial« , tant « se construisant«  (de bric et de broc : très empiriquement ; et non sans dissensions, en son disparate !..), qu’« à essayer (de proposer) à construire«  ! _

    et à leurs modalités idiosyncrasiques : assez originales (« artistes« ) dans le milieu juridique, en particulier…
    …
    Le faisceau du souci « protestataire«  (en faveur de la justice _ et à rebours des aspects de « conservation«  du Droit positif établi…) de l’héritage (familial) protestant,
    et de la « curiosité » tous azimuts
    _ et notamment en faveur de « singularités« , tout spécialement d’artistes ! en leurs gestes ! plus qu’en des « concepts » : d’artistes tels que Paul Klee (au Bauhaus), ou Vieira da Silva, parmi d’autres encore… _ de la personnalité propre de la conférencière

    ainsi que sa « méthode » (bricolée « sur le tas« , et au fil des circonstances de ses rencontres, découvertes et « explorations« , surtout _ ainsi a-t-elle entamé, nous a-t-elle confié, des études de biologie, de médecine, de chinois (aux Langues Orientales : deux ans !), de même que de philosophie ; à côté de sa vive curiosité artistique ! _)

    d’hypothèses de travail très « pratiques«  _ dans le champ du Droit (tant « fait« , que « se faisant« , et « à faire« , c’est-à-dire « à inventer« , « créer«  ! : dynamiquement !) et de son « analyse«  de tout cela _ résultant de « regards croisés« 

    …
    m’ont personnellement bien éclairé
    quant au plaisir (passionné !) que j’éprouve chaque fois

    à écouter les exposés de recherche de Mireille Delmas-Marty (au Collège de France) donnés sur France-Culture.
    …
    Mireille Delmas-Marty constituant pour moi, ainsi, un « contemporain majeur » !
    ….

    Comme je vous l’ai dit très rapidement,
    ma propre « curiosité« 
    …
    _ ainsi mon blog sur le site de la librairie Mollat a-t-il pour sous-titre : les « carnets d’un curieux » ;
    cf son article de présentation, le 8 juillet 2008 :
    « le Carnet d’un curieux »

    voilà ! _
    …
    ma propre curiosité, donc,

    est, elle aussi, « croisée » :
    elle est née à la fois, les deux « se tissant« ,
    du silence de mon père
    , né le 11 mars 1914 à Stanislawow en Galicie (non loin de la Bolechow dont traite l’enquête _ superbe ! _ de Daniel Mendelsohn en ses Disparus),
    ainsi que du tropisme argentin (éloigné : outremer) d’Adolfo Bioy Casares, cousin de ma mère (toujours vivante, elle : elle a 92 ans ; et une excellente mémoire !) ;
    et nous avons de nombreux cousins passionnants en Argentine ;
    tel Francisco Erize qui dirigea les Parcs Nationaux d’Argentine et est l’auteur de nombreux ouvrages sur la faune et la flore de son immense pays…
    Sa mère, Jeannette Arata de Erize dirige encore (depuis les années 50) le Mozarteum Argentino, au Teatro Colon (qui vient de brillamment rouvrir) ;
    elle connaît le « gratin » des musiciens-artistes, et pas seulement les Argentins tels que Marta Argerich ou Daniel Barenboim…
    …
    Mais mon côté Gascon, voisin de Montaigne _ j’ai vécu mon enfance à Castillon-la-Bataille, à moins de deux heures à pied de la tour de Montaigne) _
    m’entraîne souvent vers la prolixité _ gaspilleuse du temps de qui me lit ou m’écoute : il me faut toujours mieux y veiller !!!
    …
    Aussi,
    me contenterai-je à ce point de ce déjà bien trop long message
    de vous adresser _ afin de donner à « pénétrer » un peu ma propre « curiosité« … _ les liens suivants d’articles de mon blog :
    …
    l’un concerne la session 2009 de « Philosophia » (avec les exposés d’Olivier Mongin et de Bernard Stiegler
    _ dont le site « Ars Industrialis » a publié en avril 2008 mon article (je vous l’adresserai une autre fois !) « Pour célébrer la rencontre« … _ : « Très fortes conférences d’Olivier Mongin et Bernard Stiegler à propos de ce qu’est “faire monde”, à l’excellent Festival “Philosophia” de Saint-Emilion »
    …
    deux autres, les travaux très percutants du très remarquable Michaël Foessel :

    « La Privation de l’intime » (au Seuil) : « la pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie »

    et « Etat de vigilance _ Critique de la banalité sécuritaire » (au Bord de l’eau) : « Le courage de “faire monde” (face à la banalisation esseulante du tout sécuritaire) : un très beau travail d’anthropologie à incidences politiques de Michaël Foessel« .

    …
    La « poiesis«  _ clé des « forces imaginantes » : c’est le concept qu’a magnifiquement proposé hier Mireille Delmas-Marty _ m’intéresse tout particulièrement.
    …
    Cf mes 2 articles sur le livre (puis la conférence chez Mollat, en compagnie de Michel Deguy) de Martin Rueff « Différence et identité«  (chez Hermann) à propos de la poétique de Michel Deguy :
    « la situation de l’artiste vrai en colère devant le marchandising du “culturel” : la poétique de Michel Deguy portée à la pleine lumière par Martin Rueff _ deuxième parution »

    et
    « De Troie en flammes à la nouvelle Rome : l’admirable “How to read” les poèmes de Michel Deguy de Martin Rueff _ ou surmonter l’abominable détresse du désamour de la langue »

    …
    J’avais aussi, plus lointainement (= avant l’ouverture de mon blog : le 3 juillet 2008),
    composé un article sur le livre majeur de mon amie Marie-José Mondzain « Homo spectator«  (chez Bayard),
    en lui proposant de nommer « imageance » le processus (« imageant« ) qu’elle analyse…

    …
    Mon plus récent article porte sur l’admirable film « Copie conforme »
    ainsi que sur l’essai de Frédéric Sabouraud « Abbas Kiarostami _ Le cinéma revisité« 
    (aux Presses Universitaire de Rennes) :
    « Jubilation de la déprise du cinéma d’Abbas Kiarostami : la question de l’amour du couple de “Copie conforme” ; et la profonde synthèse de la “lecture” de Frédéric Sabouraud en son “Abbas Kiarostami _ le cinéma revisité” »

    …
    …
    Voilà.
    J’espère ne pas trop vous importuner avec cette avalanche de lectures trop longues…
    …
    J’apprécie, cher Nicolas Truong, votre « regard croisé » !
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    Une autre fois,

    je vous adresserai l’historique de mes curiosités : j’avais rédigé un CV pour France-Musique, à l’occasion d’une émission (de François Dru : « le kiosque des amateurs » _ pour le vingtième anniversaire du Centre de Musique Baroque de Versailles, en direct du Château de Versailles, le 22 septembre 2007) dont j’étais l’invité :
    car je suis aussi passionné de musique ;
    j’ai été « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais (et Hugo Reyne) durant la décennie 90
    (je suis le co-auteur (avec Hugo Reyne) du programme du CD « Un portrait musical de Jean de La Fontaine« , paru chez EMI en 1996 :
    et à l’occasion des recherches duquel j’ai découvert un petit opéra de La Fontaine et Marc-Antoine Charpentier : « Les Amours d’Acis et de Galatée«  (donné à Paris en février 1678) ;
    Catherine Cessac mentionne cette « découverte » en la seconde édition de son « Marc-Antoine Charpentier« , aux Éditions Fayard, parue en août 2004) ;
    …
    j’ai tenu une chronique d’esthétique pour l’éditeur de CDs Alpha (Jean-Paul Combet : un ami !) ;
    ainsi que rédigé des livrets de CDs (« L’orgue Dom Bedos de Sainte-Croix de Bordeaux« , par Gustav Leonhardt : CD Alpha 017 ;
    « Le Sermon sur la mort » de Bossuet, par Eugène Green : CD Alpha 920)
    ;
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    et donnerai les 19 et 20 février prochain (2011) 2 conférences au colloque « Lucien Durosoir 1878-1955 »
    qui se tiendra à l’Institut de la musique française romantique (la Fondation Bru-Zane), à Venise

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    Cf mon article « Musique d’après la guerre »

    à propos du CD des « 3 Quatuors à cordes » de Lucien Durosoir, par le Quatuor Diotima (CD Alpha 125 : admirable ! sublimissime ! de la hauteur des Quatuors de Debussy et de Ravel, tragique en plus !).
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    De même que j’ai écrit 2 essais (inédits) :
    « Lire « Liquidation » d’Imre Kertész _ ce qui dure d’Auschwitz« 
    _ Imre Kertész (génial !) n’est pas assez lu en France, en dépit de (la célébrité seulement nominale ! de) son Prix Nobel en 2002 ! _
    et « Cinéma de la rencontre _ à la ferraraise« , sous titré « Un Jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) _ à la Antonioni« …
    dont j’ai présenté une « synthèse » (avec projection de la séquence ferraraise de « Par delà les nuages« , en 1995) à la galerie La Non Maison à Aix-en-Provence, le 13 décembre 2008.
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    Je suis un ami de Michèle Cohen, la galeriste de La NonMaison,
    et de
    (l’immense) Bernard Plossu _ plus et mieux célébré (jusqu’ici) à l’étranger : États-Unis, Italie, Espagne, Belgique, qu’en France _ :
    « L’énigme de la renversante douceur Plossu : les expos (au FRAC de Marseille et à la NonMaison d’Aix-en-Provence) & le livre “Plossu Cinéma” »

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    Enfin, il m’arrive aussi de « faire le modérateur » de conférences à la librairie Mollat :

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    cf ces podcasts récents :
    avec mon ami Yves Michaud

    (il a mis un lien vers mon blog sur son blog Traverses in Libération)
    pour son « Qu’est-ce que le mérite ?«  (aux Éditions Bourin) :

    pour la conférence d’Yves Michaud le 13 octobre 2009
    « Où va la fragile “non-inhumanité” des humains ? Lumineux déchiffrage du “mérite” tel qu’il se dit aujourd’hui, par Yves Michaud le 13 octobre dans les salons Albert-Mollat »

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    et avec l’historienne Emmanuelle Picard

    pour « La Fabrique scolaire de l’histoire«  (aux Editions Agone) :
    pour la conférence d’Emmanuelle Picard le 25 mars 2010 

    « De la latitude de faire comprendre la complexité de l’Histoire : l’éclairante conférence d’Emmanuelle Picard à propos de “La Fabrique scolaire de l’Histoire” »

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    De quoi vous noyer sous pareille avalanche !
    J’ose espérer que vous aurez le temps d’y picorer si peu que ce soit…
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    Bien à vous,
    et très heureux de vous avoir rencontré,
    et ainsi « croisé » votre propre « curiosité« 
    _ celle qui vous anime, aussi, à Avignon, dans le cadre d’un autre Festival…
    …
    Titus Curiosus

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    Voilà.
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    C’est dire si le dialogue de Mireille Delmas-Marty

    sur l’invention (« se faisant » comme « à faire » : entre « technique du Droit » et « art du Droit » !)

    d’un Droit mondial,

    avec ses enjeux pour une humanité peut-être « moins inhumaine » _ ce fut un pan majeur de son intervention ! et ce qui anime et illumine son travail ! _

    m’a passionné !

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    Démêler la complexité dans un esprit de justice et de justesse,

    et en préservant (ou/et faisant progresser) les droits de l’indétermination et de la plasticité (= vraie liberté) de la singularité de la personne ! face à tant de pouvoirs _ cf Michel Foucault en la fécondité d’esprit de ses dernières années, luttant (en « pensant« …) contre la montre… _ qui les broient…

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    Voilà la flamme qui « inspire » Mireille Delmas-Marty en son œuvre d’ »imageance«  _ je reprends ici le concept que j’ai proposé à Marie-José Mondzain : autre battante constructive et patiente !

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    Et quand le podcast de cette conférence sera disponible,

    j’ajouterai un lien « en » cet article

    afin de contribuer à sa plus large diffusion…

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    Titus Curiosus, ce 30 mai 2010