Étiquette : humour

  • Impressions de souvenirs à la lecture d’un portrait de sa grand-mère par sa petite-fille

    Ce jour,

    sans être, je l’espère, trop intrusif dans les vies de personnes amies,

    …

    j’aimerais narrer quelques impressions de souvenirs personnels pas très précis,

    suite à ma lecture d’un très beau texte, assez singulier et fort,

    d’un portrait d’une grand-mère (1882 – 1988) par sa petite-fille.

    …

    …

    C’est un bien beau texte, et singulier, que ce portrait de votre grand-mère alsacienne, A., née S..

    Elle avait un sacré tempérament ; que le récit, par C., d’une partie de sa vie semble éclairer au moins partiellement,
    par les péripéties un peu dures de son parcours (au moins tel que vécu par elle) de jeunesse.

     
    Il me semble me souvenir _ mais peut-être est une reconstruction de mon imagination (?) _ d’avoir croisé votre grand-mère A. en son très grand âge
    au 20 avenue G. C., au cours d’une ou deux visites à votre mère,
    quand j’ai enseigné au Lycée A. K., tout à côté, dans les années 80…
     
    De toutes façons, votre mère se souciait assez de sa vieille mère, tenace, et à la forte personnalité ; et elle en parlait un peu ;
    mais jamais pour s’en plaindre ou s’en lamenter, non. Et l’image que je gardais d’elle n’avait rien de négatif, au contraire…
    D’où ma légère surprise en lisant ce portrait « vécu » par vous, C..
    Il est vrai que S. n’était jamais négative.
    Et quand elle faisait preuve d’une douce ironie (jamais appuyée), c’était toujours avec un beau sourire, pacifié.
    Et d’ailleurs le terme d’ironie est inapproprié ; c’était de l’humour, avec tendresse. Du moins tel que je l’ai vécu.
     
    Votre récit, C., a quelque chose du merveilleux et dur (sinon cruel) des contes (germaniques ?) tels que les a analysés Bruno Bettelheim…
     
    Je me souviens aussi que l’étage où votre grand-mère habitait, rue du T. P., donnait aussi rue C.-de-S.,
    au-dessus d’une boutique qu’il me semble avoir été une crémerie.
    J’ai toujours été très sensible à la disposition des lieux : j’aime me repérer.
    Mon oncle (décédé en 1982 et qui a habité rue P. jusqu’en 1979, au décès de ma tante) habitait tout près de là, rue P. ;
    et de ses fenêtres on pouvait apercevoir l’immeuble de cette crémerie, qui faisait face à la rue P.…
    Tout cela (qui remonte à assez loin) est demeuré tel quel dans ma mémoire.
     
    Et longtemps j’ai pensé, aussi, que la longévité de S. (1914 – 2014) approcherait probablement celle de sa mère (1882 – 1988)…
    Des femmes tenant bien debout, solides, tenaces.
     
    Je me souviens aussi que S. m’avait parlé de N. S.
    _ lointainement apparentée _,
    que j’avais entendue chanter à Bordeaux ; S. peut-être aussi : elle allait aux concerts…
     
    J’ai aussi retrouvé quelque chose du sourire de S. dans le sourire de P.-Y. ; une semblable forme d’humour.
     
    Rien n’est passé. Tout demeure.
    Même quand la Cerisaie est proche d’être abattue…
    Et S. aimait aussi beaucoup le théâtre. Pour sa profonde capacité poétique de vérité.

    …

    …

    Ce samedi 4 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la joie paradoxale du sombre et incisif Quatuor de Debussy par le Parkanyi Quartet

    Le plutôt ombrageux Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918)

    _ cf aussi l’encre acerbe de son Monsieur Croche… _

    n’a pas la réputation d’être particulièrement un joyeux,

    y compris, et bien sûr d’abord et surtout, en sa musique…

    …

    Et encore n’ai-je pas lu les 449 pages du récent ouvrage de Benjamin Lassauzet, paru aux Éditions Hermann au mois de juillet 2019, L’Humour de Claude Debussy…

    …
    …

    Pourtant sa musique

    non particulièrement joyeuse, en effet,

    génère beaucoup de joie,

    sinon à l’interpréter, pour le musicien ou chanteur

    qui vient physiquement l’incarner,

    …

    du moins à l’écoute attentive _ et exigeante _ du mélomane…

    …

    …

    J’en veux pour exemple

    ce chef d’œuvre puissant et subtil qu’est son Quatuor à cordes,

    en sol mineur,

    créé le 29 décembre 1893 à la Société Nationale de Musique, à Paris.

    …

    …

    Alors quelle interprétation au disque choisir ici ?

    …

    …

    J’opte, et après écoute de plusieurs CDs,

    _ de même que pour mon choix à propos du Quatuor de Ravel _

    pour l’incarnation, incisive et puissante, du Párkányí Quartet

    _ István Párkányí et Heinz Oberdorfer, violons, Ferdinand Erblich, alto, et Michael Müller, violoncelle _,

    enregistrée à Deventer, aux Pays-Bas, en décembre 2003 ;

    …

    soit, à nouveau, le superbe CD Praga Digitals PRD 250 312.

    …

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    Debussy réclame une forte présence d’incarnation.

    …

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    Si Debussy n’a pas le charme poli, élégant, soyeux, de Ravel,

    sa musique, tout autant d’esprit français,

    est d’une merveilleuse et constamment inventive _ sans formules à suivre et dérouler, ou répéter _ subtilité

    qui nous comble, elle aussi, d’une enivrante puissante joie musicale.

    …

    …

    De ce Quatuor en sol mineur de Claude Debussy,

    voici aussi un très éloquent podcast, en 1958, par le Budapest String Quartet

    _ Joseph Roisman et Alexander Schneider, violons, Boris Kroyt, alto, et Mischa Schneider, violoncelle.

    …

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    Ce dimanche 14 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le saisissant voyage musical du volume 8 de la série « Haydn 2032 » du Giardino Armonico, « La Roxolana » : Eisenstadt, Eszterhaza, Kromeriz, en Transylvanie et Constantinople

    L’entreprise haydnienne

    _ chez Alpha _

    de Giovanni Antonini et son Il Giardino Armonico,

    …

    envisageant de nous donner le tour complet des Symphonies _ au nombre de 104 _ de Joseph Haydn,

    accompagnées de musiques connexes qui mettent en valeur _ et fouillent et révèlent _ leur identité musicale

    …

    est d’ores et déjà une très grande réussite

    avec ses sept premiers volumes :

    …

    La Passione (Symphonies n° 39, 49 « La Passione » et 1 ; et l’Ouverture de Don Juan ou le Festin de pierre, de Christoph Willibald Gluck),

    Il Filosofo (Symphonies n° 46, 22 « Der Philosoph » et 47 ; et une Symphonie de Wilhelm Friedemann Bach),

    Solo e Pensoso (Symphonies n° 42, 64 et 4 ; et l’Ouverture de L’Isola disabitata),

    Il Distratto (Symphonies n° 60 « Il Distratto« , 70 et 12 ; et l’Ouverture de Il Maestro di cappella, de Domenico Cimarosa),

    L’Homme de génie (Symphonies n° 80, 81 et 19 ; et une symphonie de Joseph Martin Kraus),

    Lamentatione (Symphonies n° 3, 26 « Lamentatione« , 79 et 30 « Alleluja« )

    et Gli Impresari  (Symphonies n° 67, 65 et 9 ; et l’Ouverture de Thamos, König in Egypten, de Wolfgang Amadeus Mozart)

    …
    …

    Or voici que le volume 8 La Roxolana

    nous offre,

    …

    en plus des Symphonies n° 63 « La Roxolana« , 43 « Mercury » et 28 de Joseph Haydn,

    …

    un passionnant détour

    par, d’une part, les 7 Danses populaires roumaines de Bela Bartok

    et, d’autre part, la Sonate anonyme Jucunda (de Kromeriz, vers 1677-1680)

    _ peut-être une œuvre de Paul Joseph Vejvanovsky.

    …
    …

    Au principe de cette vaste entreprise

    de très longue haleine,

    …

    une intuition du musicologue autrichien Christian Moritz-Bauer

    selon qui la genèse des diverses Symphonies de Joseph Haydn

    aurait partie assez étroitement liée

    à l’intérêt porté à des musiques de scène

    données à la cour même des princes Eszterhazy

    _ à Einsenstadt et à Eszterhaza _,

    ou dans leur cercle viennois…

    …

    …

    Le résultat musical discographique

    est proprement enthousiasmant.

    …

    …

    Jamais la musique de ce facétieux Joseph Haydn

    _ lui qui a donné tant d’importance à l’humour du scherzo… _

    n’a sonné avec tant de vie et de lumières…

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    Ce vendredi 31 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Personne et personnage de Bioy dans le portrait enchanteur qu’en trace René de Ceccatty en notre entretien du 10 octobre dernier à la Bibliothèque de Bordeaux

    Pour poursuivre

    en accédant à son immensément riche détail

    la _ merveilleuse ! _ conversation bioyesque du 10 octobre dernier

    avec René de Ceccatty

    en l’Auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck

    _ cf mon article du 11 octobre :   _,

    …

    voici, en vidéo,

    ce portrait enchanteur que trace René de Ceccatty

    de Bioy,

    sur fond du cercle des très proches de Bioy,

    …

    mais aussi du meilleur de la littérature argentine

    dont Bioy constitue un des très précieux éléments ;

    …

    cette vidéo est une vraie merveille

    de justesse d’un portrait.

    …

    …

    Quelques précisions a posteriori de René de Ceccatty,

    au visionnage de cette vidéo :

    …

    …

    « J’ai commis, entre autres probablement, deux erreurs factuelles.

    Cinelandia date de 2012, et non 2008 ou 2010, comme je dis en hésitant.

    Et ce n’est pas avec Facundo Bo que j’ai traduit le Fausto Criollo d’Estanislao Del Campo. Je l’ai traduit seul, en demandant de temps à autre des explications et des contrôles à Alfredo Arias.

    En revanche, avec Facundo, j’ai traduit Cachafaz de Copi. Mauvais souvenir, parce que Facundo, malade, a dû abandonner les répétitions et être remplacé, alors que c’était une pièce qui lui tenait tellement à cœur et qu’il l’avait traduite avec moi.

    Ce genre de bégaiements de la vérité est inévitable hélas dans les entretiens oraux. Mais j’ai sans doute dit d’autres bêtises, hélas…« 

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    Ce vendredi 18 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa